Observatoire Géostratégique

numéro 226 / 17 avril 2019

Même si les situations sont très différentes, ce qui se passe au Soudan entretient quelques analogies avec le processus algérien qui n’a pas dit toutes ses ruses. Les événements libyens participent – eux-aussi – d’une anomie dont les dynamiques excèdent les limites des Proche et Moyen-Orient. Nous y reviendrons dans nos prochaines livraisons. Pour l’heure, il nous fallait remettre en perspective les dernières tribulations de l’OTAN et pointer l’une des dernières manifestations les plus morbides de notre actuelle déliquescence politique.

La rédaction

ADIEU AU PARTI SOCIALISTE !

Symptôme des plus morbides : le PS français a choisi comme tête de liste pour les élections européennes… un gamin qui vient de la droite néo-libérale, pour ne pas dire de l’extrême-droite ! En son temps, cet étrange personnage a rédigé un livre d’entretien avec… Mikheil Saakachvili – une créature mafieuse des Etats-Unis qui fût président de la Géorgie entre 2004 et 2013. A l’époque, celui qui deviendra tête de liste pour le PS milite activement en faveur de l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN et se dit proche de… Nicolas Sarkozy. Bravissimo au PS français ! Mais à y regarder de plus près, loin d’être un accident, cette chute abyssale correspond tellement aux régressions historiques d’une actualité qui se caractérise par l’implosion dramatique du politique !

Le Parti travailliste israélien a atteint péniblement 5%, lors des dernières élections législatives. En tombant, le Mur de Berlin n’a pas fait qu’aplatir les partis communistes traditionnels, il a aussi emporté les Sociaux-démocrates qui ne se sont jamais remis – eux-aussi – de la disparition d’un modèle économique alternatif. A partir des années 1980, les partis socialistes européens abandonnent le front des luttes économiques et sociales pour se replier sur la défense des minorités et des revendications sociétales les plus curieuses. En France, la mutation s’est opérée dès 1983, lorsque François Mitterrand a cédé à Jacques Delors et d’autres visiteurs du soir : le franc restait dans le système monétaire européen et sa logique de contraintes budgétaires. Le rêve des années Mauroy s’abîmait dans une reprise en main sans illusion, orchestrée par des petits voleurs de Bercy. Déjà !!!

UN FOSSOYEUR NOMME MITTERRAND

François Mitterrand avait dit qu’il laisserait le Parti socialiste dans l’état où il l’avait trouvé. Il a tenu parole ! Son bilan ? Maigrichon : à part l’abolition de la peine de mort, l’économie française fut restructurée selon les directives de la Banque mondiale et de la Commission européenne, prête à se conformer aux exigences à venir de la mondialisation néo-libérale. La réforme de l’Etat ne connut pas le plus petit début de mise en œuvre. Les lois de décentralisation (qui devaient être prolongées par une seconde réforme ambitieuse censée entreprendre la régionalisation de notre vieux système jacobin) tournèrent vite en une simple déconcentration redonnant encore plus de pouvoir aux administrations centrales.

Inventeur de La Trahison permanente, l’auteur du Coup d’Etat permanent se vautrait complaisamment dans tous les privilèges du système de prébendes de la monarchie républicaine. Ses maîtresses et sa fille cachée émargeaient aux deniers de l’Etat. Il faisait de l’escroc Bernard Tapie un ministre de la République. En politique étrangère, Roland Dumas réussit à lui tordre un peu le bras en faveur d’une tardive reconnaissance d’un Etat palestinien. Mais François Mitterrand se laissait abuser par les boniments du voyou Bernard Kouchner qui l’emmenait à Sarajevo trahir notre vieille alliance greco-russo-serbe.

Richard Labévière

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OTAN SUSPENDS TON VOL…

« Je ne veux pas d’une Europe qui soit juste une zone de libre-échange attachée à l’OTAN… » (Ségolène Royal). Qu’est-ce que l’OTAN ? L’OTAN est une des expressions de l’atlantisme. Qu’est-ce que l’atlantisme ? L’atlantisme est le courant politique conceptualisé au début de la guerre froide qui prône une alliance militaire centrée sur les États adjacents à l’océan Atlantique Nord et, par extension, entre l’Europe et l’Amérique du Nord (spécialement les États-Unis et le Canada). Cette alliance s’accompagne d’une coopération dans les domaines politiques, économiques et culturels. Ce courant politique donne pour objectifs à cette alliance d’assurer la sécurité des pays membres et de protéger les valeurs qui les unissent : la démocratie, les libertés individuelles, et l’État de droit (rule of law)1. Un retour en arrière s’impose pour mieux appréhender cette problématique de l’OTAN, de l’atlantisme et d’une éventuelle défense européenne, sorte de serpent de mer.

4 Avril 1949, création de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN ou NATO sous son acronyme en langue anglaise)2. 4 avril 2019, soixante-dix après, qu’est devenue cette institution internationale ? Le résultat est mitigé, en demi-teinte. Le moins que l’on puisse dire est que le cœur n’y est plus tant ses évolutions intervenues depuis la fin de la Guerre froide, soit trente ans après, soulèvent de multiples questions importantes que pose Donald Trump3. Si tôt posées, si tôt évacuées tant elles mettent en cause les dogmes intangibles d’une église dont les fondations se fissurent. Un simple sommet des ministres des Affaires étrangères pour célébrer l’évènement4. Rappelons la genèse de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord en 1949 avant de nous souvenir du tournant de la fin de la Guerre froide en 1989 qui voit la renaissance de l’Alliance atlantique pour conclure sur les interrogations légitimes au sujet de la pertinence et de la pérennité de la structure en 2019 (« toujours vitale » pour certains, « en finir avec l’OTAN » ou « lui accorder sa retraite », pour d’autres) !

OUTIL DE SÉCURITÉ, INSTRUMENT D’ASSERVISSEMENT

Comment définir simplement l’Alliance atlantique créée en 1949 pour protéger les démocraties occidentales européennes et le Canada d’une menace de déstabilisation par l’ours soviétique et ses satellites ? Pour être un outil de sécurité, l’OTAN n’en demeure pas moins un instrument d’asservissement.

Outil de sécurité : l’assurance tout-risque de l’oncle Sam

Reportons-nous à la situation de l’Europe en 1945 et aux accords de Yalta ! Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la défaite de l’Allemagne nazie en mai 1945, la suspicion grandit entre les alliés du temps de la guerre. L’entrisme de Moscou à l’est inquiète à l’ouest. En mars 1946, l’ambassadeur des États-Unis à Moscou, George Kennan incite Washington à contenir (« containment ») l’expansion de la Russie avec vigilance et fermeté. Winston Churchill parle de « rideau de fer descendu à travers le continent de Stettin à Trieste ». Staline l’accuse de « calomnie ». En 1947, « l’année terrible » est marquée par l’entrée dans la « guerre froide » (Walter Lippmann), l’approfondissement des failles idéologiques entre Moscou et Washington. Deux Europe s’affirment sous la tutelle des deux Grands. En 1948, on assiste au « coup de Prague », au blocage des secteurs occidentaux de Berlin. L’antagonisme est-ouest constitue alors l’élément fondamental structurant l’ordre international de l’après-guerre.

A l’ouest, la réaction s’organise. Britanniques et Français concluent un traité d’alliance et d’assistance mutuelle le 4 mars 1947 à Dunkerque. Il s’élargit aux trois pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) qui créent « l’Union occidentale » à Bruxelles le 17 mars 1948. Ce traité comporte un engagement d’assistance automatique en cas d’agression. Mais comment convertir la défense européenne en défense occidentale ? Des négociations se tiennent d’abord entre anglo-saxons, élargies par la suite à plusieurs autres États entre les deux rives de l’Atlantique. Elles débouchent finalement par la signature du traité de l’Atlantique nord le 4 avril 1949 à Washington. Ses parties sont les cinq États du traité de Bruxelles auxquels se joignent le Canada, le Danemark, les États-Unis, l’Islande, l’Italie, la Norvège et le Portugal. Ce sont donc douze États qui forment l’avant-garde de la défense occidentale face à l’URSS5.

À l’est, la riposte s’organise. Le pacte de Varsovie est une ancienne alliance militaire groupant les pays d’Europe de l’Est avec l’URSS dans un vaste ensemble économique, politique et militaire.

Il est conclu le 14 mai 1955 entre la plupart des pays communistes du bloc soviétique par un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle. Nikita Khrouchtchev, qui en fut l’artisan, l’avait conçu dans le cadre de la guerre froide comme un contrepoids à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) qui avait vu le jour en avril 1949. La principale raison ayant motivé la formation du pacte de Varsovie, selon l’exposé des motifs, fut l’adhésion de la République fédérale d’Allemagne « en voie de remilitarisation » au traité de l’Atlantique nord au moment de la ratification des accords de Paris le 9 mai 1955. Le pacte de Varsovie est dissout en juillet 19916.

Instrument d’asservissement : les idiots utiles européens

Sur le plan de l’étymologie : le terme d’atlantisme est un dérivé d’atlantique, concept contenu dans l’appellation de l’« Organisation du traité de l’Atlantique Nord » (OTAN sous son acronyme français et NATO en anglais). Le mot atlantique est issu du grec atlantikos, Atlantique. Il est un dérivé d’Atlas, du nom d’une chaîne de montagnes situées en Afrique du Nord. L’adjectif "atlantique" qualifie ce qui concerne l’Océan atlantique et les pays riverains.

L’atlantisme désigne une politique extérieure caractérisée par le soutien apporté aux Etats-Unis, notamment dans le cadre de l’OTAN. Conceptualisé au début de la Guerre froide, l’atlantisme prône une étroite coopération entre les Etats-Unis, le Canada et les pays européens dans les domaines politique, militaire, économique et culturel. L’objectif avoué consiste, en principe, à assurer la sécurité des pays membres de l’OTAN (clause de solidarité de l’article 5 qui veut qu’une attaque contre l’un de ses membres est considérée comme une attaque contre tous) et de protéger les valeurs qui les unissent : démocratie, libertés individuelles et Etat de droit.

L’atlantisme désigne aussi l’attitude politique, l’opinion, la doctrine de ceux qui font du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) la base de leur action extérieure et qui, au nom de ces principes, s’alignent de manière plus ou moins systématique, idéologique sur la politique extérieure des Etats-Unis qu’elle soit entièrement justifiée ou totalement infondée, ce qui arrive parfois7.

Guillaume Berlat
15 avril 2019

1 https://fr.wikiquote.org/wiki/Atlantisme
2 Éric Dior, 4 avril 1949. OTAN. Quand Trump trahit Truman…, Marianne, 15-21 mars 2019, pp. 56-59.
3 Philippe Gélie, L’OTAN fête ses 70 ans, dopée par l’hostilité de Trump, Le Figaro, 4 avril 2019, p. 7.
4 Gilles Paris/Jean-Pierre Stroobants, Une OTAN en plein désarroi fête ses 70 ans, à Washington, Le Monde, 4 avril 2019, p. 5.
5 Guillaume Berlat, Varsovie : comme un parfum de guerre froide, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 juillet 2016.
6 https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_Varsovie
7 Guillaume Berlat, L’atlantisme, une passion française, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 décembre 2017.

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COMMENT PEUT-ON ÊTRE EUROPEEN ? MédiumTransmettre pour innover. Directeur Régis Debray. Janvier/juin 2019 (numéro 58-59). Dernière livraison de l’excellente revue Médium en perspective des élections européennes de mai prochain. L’éditorial : Sisyphe heureux remet les pendules à l’heure. Extrait : « Pour l’europe, en substance, les arguments tiennent en quatre mots : la paix, la prospérité (attendue de la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes), la puissance (face aux empires qui se partagent le monde), et les valeurs européennes… On connaît les objections. La paix certes, mais quid de la sécurité déléguée à une tierce personne, dans une Union sans vraies frontières, ou qu’une Chancelière peut décider d’ouvrir sans consulter les principaux intéressés ? (…) Une union en marche, donc, mais pour aller où ? Faut-il imaginer Sisyphe heureux ? »

Au sommaire également, une brillante contribution signée Luc Debieuvre : « Pourquoi l’Europe n’existe pas au Moyen-Orient ? Aux yeux d’un arabe du Moyen-Orient, les Etats-Unis existent mais l’Europe reste une inconnue ». L’Europe n’existe pas pour le monde arabe, « en fait, elle ne semble exister qu’en Palestine occupée, où elle dépense de façon récurrente de fortes sommes destinées à reconstruire les hôpitaux ou les écoles qu’elle a financés et que l’armée israélienne a bombardé de la même façon récurrente ». Luc Debieuvre déplore « cet ensemble de plus en plus atomisé (…) Quand seul un noyau de puissances partageant les mêmes objectifs globaux aurait une chance de faire entendre sa voix, qu’est-ce que cette « Europe » d’aujourd’hui pourrait honnêtement inspirer aux pays du Moyen-Orient quand, à la première occasion d’une négociation de métro ou de centrale électrique, chaque pays ne regarde plus que ses propres intérêts nationaux ? » Extrêmement pédagogique, Luc Debieuvre – grand et fin connaisseur des Proche et Moyen-Orient – souligne aussi une « rivalité encore silencieuse mais croissante entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU) au Yémen et plus largement en mer rouge. Conclusion : « Europe-Moyen(Orient, une rencontre manquée. Le Moyen-Orient continuera à regarder vers le grand Ouest et plus encore, vers le Grand Est. Quant aux pays européens, ceux qui seront le mieux introduits, le plus à l’écoute, qui auront su bénéficier d’une présence sur place d’ambassadeurs lucides et ne cherchant pas à se cramponner à tout prix à leur poste, seront momentanément avantagés (…). L’Europe n’existe pas ; le Moyen-Orient non plus. Dans cette vaste destruction en cours du multilatéralisme, tant l’Europe que le Moyen-Orient apportent de l’eau au moulin bilatéral de l’Amérique de M. Trump ». A lire absolument.
 
 
BREXIT : LA SALSA DU DÉMON – Jean Daspry. « La clairvoyance des gens bornés : ils comprennent tout mais à moitié » (Robert Merle). Afin de porter un jugement objectif sur la préscience, la clairvoyance de nos dirigeants – de droite comme de gauche – sur les questions internationales, en général et sur les questions européennes1, en particulier, il est toujours utile de se reporter à leurs déclarations prononcées au moment d’un fait majeur. Tel fut le cas lors des mal nommés « printemps arabes ». Tel est actuellement le cas du « Brexit », décision souveraine du peuple britannique du 23 juin 2016 (consulté par referendum) de quitter l’Union européenne !2 Que nous disait-on en 2016 ? Que nous dit-on aujourd’hui en 2009 surtout après le report au 31 octobre 2019 de la date du « Brexit »3 ? Le moins que l’on puisse dire est que la plaisanterie ne manque pas de sel, pour ne pas dire de piquant tant le ton a changé. D’une Angleterre paiera (explicite), nous sommes insensiblement passés à l’Europe paiera (implicite). Chronique d’une décennie de crise européenne.

QUE NOUS DISAIT-ON EN 2016 ? L’ANGLETERRE PAIERA…

Que n’a-t-on entendu de la bouche de nos dirigeants sidérés par une décision qu’ils n’avaient pas envisagée un seul instant ! Londres allait voir ce qui lui en coûterait de critiquer la construction européenne, sorte de vache sacrée de la religion des fédéralistes européens. Un calendrier contraignant est alors fixé. La procédure devrait être terminée à la fin du mois de mars 2019, à la veille des élections au Parlement européen. La substance devrait conduire à une capitulation britannique en règle. L’addition serait salée, on évoque un montant de 50 milliards d’euros pour éponger les dettes britanniques. Tels les Bourgeois de Calais si bien représentés par le sculpteur Rodin, ils iraient la corde au cou prendre connaissance de leur reddition en rase campagne. Ils auraient tous les inconvénients du divorce sans en avoir aucun des avantages. En prime, les plénipotentiaires britanniques, tels les Français qui avaient été convoqués à Rethondes le 22 juin 19404, auraient à passer sous les fourches caudines de l’élite des négociateurs de la Commission européenne, le sieur Michel Barnier. L’homme nous est présenté comme le nouveau Talleyrand de la diplomatie européenne. Il va sans dire, mais cela va mieux en le disant, que cette formalité serait une promenade de santé pour l’Union européenne et un chemin de croix pour le Royaume Uni, désuni pour la circonstance. Face au roc européen, le sable britannique volerait rapidement au vent. Nous allions voir ce que nous allions voir. Le délai fixé au mois de mars 2019 était impératif et ne souffrirait d’aucun report Dans les bonnes universités françaises, quelques diplomates éclairés expliquaient à des étudiants médusés l’art de la négociation à la lumière de l’expérience à venir du « Brexit ». Un remake de la parabole de David et Goliath mais, dans le cas d’espèce, le pot de fer ne ferait qu’une bouchée du pot de terre.

Voici quelques-unes des coquecigrues qui nous étaient débitées à longueur de mois par nos politicards, sornettes reprises à l’unisson par nos perroquets à carte de presse et autres histrions gavés aux fameux EDL (éléments de langage) gracieusement mis à leur disposition par des communicants zélés du Château, à l’instar de notre nouvelle porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Seuls quelques esprits retors s’interrogeaient sur la crédibilité d’un tel scénario binaire au fil de mois en février 20175, en août 20176, en novembre 20177, en décembre 20178, en août 20189, en novembre 201810, en décembre 201811. Force est de constater qu’ils prêchaient dans le désert tant la puissance de la doxa était forte. Une sorte de mensonge d’État permanent !

C’est qu’en trois ans, le ton a bien changé. Nous sommes passés des déclarations viriles à des explications controuvées.


1 Arthur Berdah/Marcelo Wesfreid, La sortie du grand débat parasite les européennes, Le Figaro, 11 avril 2019, p. 2.
2 Guillaume Berlat, Brexit : de Gaulle avait raison, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 juin 2016.
3 Cécile Ducourtieux/Jean-Pierre Stroobants/Cédric Pietralunga, L’UE se résout à un « Halloween Brexit », Le Monde, 12 avril 2019, p. 2.
4 L’armistice est signé le 22 juin 1940 entre le gouvernement du maréchal Pétain et le général Wilhelm Keitel, représentant l’armée allemande. Les Français sont représentés par le général Huntziger et Léon Noël. Il est signé dans la forêt de Compiègne en présence d’Hitler, .
5 Guillaume Berlat, Union molle et Brexit dur, www.prochetmoyen-orient.ch , 13 février 2017.
6 Guillaume Berlat, Brexit ou la petite musique de l’Europe, www.prochetmoyen-orient.ch , 28 août 2017.
7 Guillaume Berlat, Brexit or not Brexit ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 novembre 2017.
8 Guillaume Berlat, Brexit : fin de première manche, www.prochetmoyen-orient.ch , 18 décembre 2017.
9 Guillaume Berlat, Brexit : to deal or not to deal ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 13 août 2018.
10 Guillaume Berlat, Brexit : du mépris à la haine des peuples, www.prochetmoyen-orient.ch , 19 novembre 2018.
11 Guillaume Berlat, Divorce à l’anglaise : Brexit introuvable, Europe improbable, www.prochetmoyen-orient.ch , 3 décembre 2018.


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SOUDAN : LE PRESIDENT OMAR EL-BECHIR RENVERSE PAR L’ARMEE – MEE/Agences, 11 avril.

L’armée a mis fin aux trente ans de règne du président soudanais après des mois de manifestations populaires, mais les meneurs de la contestation rejettent le « coup d’État du régime » Le président soudanais Omar el-Béchir, au pouvoir depuis trois décennies, a été destitué par l’armée, au terme d’un mouvement de contestation populaire de plusieurs mois, a annoncé ce jeudi le ministre de la Défense, Awad Ahmad Ibn Auf. « J’annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef », a déclaré Ibn Auf à la télévision d’État. Le ministère a annoncé qu’un « conseil militaire de transition » succédait à Béchir pour une durée de deux ans. L’armée a également décrété un cessez-le-feu sur tout le territoire, imposé un mois de couvre-feu nocturne et annoncé avoir fermé les frontières et l’espace aérien jusqu’à nouvel ordre. Dans la matinée, les renseignements soudanais (NISS) avaient annoncé la libération de tous les prisonniers politiques. Selon le ministère de la Défense, le président déchu est actuellement détenu par l’armée. Dans la soirée, Awad Ahmad Ibn Auf a prêté serment en tant que président du Conseil de transition militaire.

« LA REVOLUTION CONTINUE »

Les meneurs de la contestation ont quant à eux rejeté le « coup d’État du régime ». « Déclaration importante : la révolution continue. » Telle a été la réaction concise du Comité des médecins soudanais suite à l’annonce que l’armée planifiait de prendre le contrôle du pays pour les deux prochaines années. L’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, a également annoncé qu’elle rejetait le « coup d’État » et appelé à la poursuite des manifestations jusqu’à ce que le pouvoir soit transféré à « un gouvernement civil de transition représentant les forces de la révolution. » « Le régime a mené un coup d’État militaire en présentant encore les mêmes visages et les mêmes institutions que ceux qui ont provoqué la colère de notre grande nation. Ceux qui ont détruit le pays et tué son peuple cherchent à voler chaque goutte de sang et de sueur répandue par la nation soudanaise pour secouer son trône », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Les activistes avaient averti depuis le matin, dans l’attente de l’annonce de l’armée, qu’ils accepteraient seulement que le pouvoir passe à un gouvernement civil, et beaucoup ont réagi avec colère à la déclaration télévisée du ministre de la Défense. Certains manifestants se sont moqués de l’annonce et ont insisté pour que leurs manifestations se poursuivent. Au cours des derniers jours, les manifestants ont remis en cause le rôle de l’armée à plusieurs reprises, même si sur le terrain, les soldats ont été célébrés pour avoir défendu les manifestants.

TRENTE ANS DE REGNE AUTORITAIRE 

Dirigeant militaire et ancien ministre de la Défense, Omar el-Béchir a mené à bien un coup d’État en 1989, se donnant ensuite le titre de président du Conseil du commandement révolutionnaire pour le salut national. Il a ensuite dissous le gouvernement élu du pays, interdit les partis politiques et les syndicats, et introduit une série de mesures restrictives visant à renforcer son emprise sur le pouvoir, notamment l’instauration de l’État d’urgence et l’interdiction de manifester. Au début des années 1990, le Parti du congrès national (PCN), le parti au pouvoir dirigé par Béchir, « purgeait sans relâche les bureaucraties et le système judiciaire des “laïcs” et des personnes fidèles aux autres partis politiques », a indiqué Human Rights Watch. En octobre 1993, Omar el-Béchir s’est officiellement nommé président du Soudan, remportant une série d’élections ultérieures qu’il a pratiquement contrôlées. Depuis lors, l’homme d’État a systématiquement eu recours au droit militaire et à d’autres mesures restrictives pour conserver sa mainmise sur le pouvoir face à des problèmes économiques croissants, à l’isolement international dont a fait l’objet le Soudan et aux pressions politiques tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Pendant des décennies, Omar el-Béchir a été à la tête du PCN, lequel a soutenu en août 2018 sa candidature à sa réélection. À l’époque, Béchir s’était engagé à « satisfaire toutes les demandes de [son] peuple afin de surmonter les nombreuses crises auxquelles [il est] confronté en cette période critique de l’histoire de [son] pays », s’il était réélu lors des élections prévues en 2020, tout en promettant de consolider la loi islamique dans le pays. Cette promesse a toujours été une part essentielle de l’offre de Béchir au peuple soudanais, son plaidoyer pour un État islamique s’accompagnant d’une critique constante de la laïcité occidentale. Mais l’année dernière, le dirigeant de longue date du Soudan a essuyé des critiques croissantes au sein de son propre parti, des membres clés du PCN ayant rejeté sa candidature à la présidence, certains affirmant qu’il souhaitait rester au pouvoir uniquement pour éviter de se retrouver face à la Cour pénale internationale (CPI). La Cour a délivré des mandats d’arrêt à l’encontre de Béchir en 2009 et 2010 pour son rôle dans le génocide au Darfour moins de dix ans plus tôt, qui a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. La Cour accuse Béchir de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de génocide, concernant le meurtre, la torture, le viol et d’autres attaques systémiques contre des civils dans l’ouest du Soudan. Pendant plus de trente ans au sommet de l’État, Omar el-Béchir a régulièrement dénoncé les forces occidentales, les accusant de tenter de s’immiscer dans les affaires soudanaises et de vouloir le renverser. « Nous ne reviendrons jamais en arrière à cause des complots en cours contre nous », a-t-il déclaré en août.

PRESSIONS ECONOMIQUES

Cependant, ce sont des défis internes qui ont véritablement précipité la fin du régime de Béchir, qui a vu sa popularité décliner de manière drastique face à la crise économique que connaît le pays actuellement et à l’échec des efforts visant à y remédier. « Sa popularité a fortement diminué et le pays est soumis à différents types de crises, en plus de l’isolement international », avait déclaré le politologue Elimam Ahmed à MEE en août dernier. De fait, les manifestations de masse à travers le Soudan, qui ont débuté le 19 décembre dernier, avaient pour cause première la colère publique suscitée par la hausse du prix du pain. Elles se sont ensuite muées en un appel plus large visant à ce que le président se retire et permette une transition politique incluant toutes les tranches de la société. Le mois dernier, Omar el-Béchir a confié la direction du PCN à un nouvel adjoint, ce qui a été considéré par beaucoup comme une tentative d’endiguer les manifestations. Le président a également instauré un régime militaire, interdit les manifestations et raflé des centaines d’activistes pro-démocratie alors que les rassemblements se poursuivaient dans tout le pays. Pendant des mois, Béchir a insisté sur le fait que le changement politique ne pouvait se faire que par les urnes, continuant à imputer les troubles aux forces extérieures cherchant selon lui à détruire le Soudan

REPRESSION DE LA DISSIDENCE

Omar el-Béchir a fait l’objet de critiques de la part de groupes de défense des droits de l’homme durant presque toute sa présidence. Dernièrement, les autorités soudanaises ont été critiquées pour avoir arrêté arbitrairement, détenu et torturé des activistes de l’opposition, des journalistes et d’autres détracteurs présumés, pour avoir accusé d’apostasie des non-musulmans, expulsé illégalement des demandeurs d’asile et autorisé une répression violente contre les civils dans plusieurs régions du pays, entre autres. Mais alors que Béchir était recherché par la CPI et régulièrement condamné par des organisations de défense des droits de l’homme et des activistes au Soudan, il a conservé le soutien de plusieurs gouvernements mondiaux. En réalité, de nombreux pays l’ont soutenu ces derniers mois, notamment au Moyen-Orient et en Afrique, où certains dirigeants ont craint de voir les protestations populaires déborder du Soudan et se propager dans leurs pays. En décembre, quelques jours à peine avant le début des protestations au Soudan, Béchir s’est rendu à Damas pour rencontrer le président syrien Bachar al-Assad. Les deux dirigeants ont souligné la nécessité d’élaborer « de nouveaux principes pour des relations interarabes basées sur le respect de la souveraineté des pays et la non-ingérence dans les affaires intérieures », a rapporté à l’époque l’agence de presse syrienne SANA. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, accusé de mener sa propre répression contre la dissidence, a lui aussi soutenu Béchir, affirmant que le maintien de l’emprise du dirigeant soudanais sur le pouvoir était nécessaire pour la sécurité de l’Égypte. « L’Égypte soutient pleinement la sécurité et la stabilité du Soudan », a déclaré Sissi à un assistant de haut rang de Béchir en visite au Caire début janvier. Durant les premiers jours du mouvement de protestation soudanais, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Chine et les États-Unis ont également déclaré que le maintien de Béchir au pouvoir au Soudan était dans leur intérêt.

L’EROSION DU SOUTIEN

Cependant, même le soutien tacite à sa présidence s’est finalement érodé cette semaine, après que des milliers de manifestants ont franchi un cordon de sécurité pour organiser un sit-in dans le bâtiment des forces armées soudanaises situé dans le centre de Khartoum. Les participants au rassemblement, qui a duré plusieurs jours, ont appelé l’armée à intervenir pour soutenir leur mouvement. Cette semaine, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège ont également soutenu la revendication des manifestants en faveur d’une transition politique pour aider le Soudan à sortir de l’impasse. « Le temps est venu pour les autorités soudanaises de répondre à ces revendications populaires d’une façon sérieuse et crédible. Le peuple soudanais demande un système politique inclusif et doté d’une plus grande légitimité », ont déclaré ces pays dans un communiqué publié mercredi. Les États-Unis ont joué un rôle de premier plan dans l’isolement du Soudan sur la scène internationale, en maintenant le pays sur sa liste noire des États commanditaires du terrorisme. Toutefois, sous l’ancien président américain Barack Obama, Washington a cherché à assouplir les sanctions imposées au Soudan en échange d’une aide du pays dans les opérations de lutte contre le terrorisme. Des négociations étaient en cours pour retirer le Soudan de la liste des États commanditaires du terrorisme – une étape que Béchir considérait comme cruciale pour relancer l’économie en difficulté du pays –, mais celles-ci sont au point mort depuis que les protestations de masse ont éclaté l’an dernier.

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Pas besoin de longue enquête pour constater que Trump a influencé les élections israéliennes en déclarant reconnaître l’annexion en 1981 d’une prise de guerre de 1967, le Golan syrien. Pas besoin d’enquête pour comprendre que l’arrestation de Julien Assange à Londres est un crime contre la liberté d’informer et la transparence. Wikileaks avait révélé au monde l’ampleur des turpitudes, des mensonges et des manipulations commises par les institutions du renseignement et les forces armées des Etats-Unis, financées à nos dépens par la domination pourtant résistible du dollar, protégées par l’impunité organisée de dirigeants encore hors d’atteinte de la Cour Pénale Internationale malgré leurs mensonges avérés, leurs agressions illégales, leurs crimes de guerre. A quand la révolte des peuples du monde entier contre cette domination ?

Bernard Cornut

 

  1. « Il faut anticiper les délais », suggèrent de belles âmes catholiques lyonnaises qui souhaitent, contrairement au Pape François, qu’on n’attende pas le verdict final dans le procès Barbarin. Une pierre deux coups contre celui qui paye pour ses prédécesseurs : on évite tout risque d’une justice volage et on évacue un empêcheur d’adopter en rond.
  2. Question : combien l’Equateur et son Président répondant au doux prénom de ‘Lenin’ ont-ils été payés par les Etats Unis pour permettre à une police locale de pénétrer dans des locaux diplomatiques et y cueillir un journaliste qui y avait cherché refuge ? La réponse dans une prochaine livraison de Wikileaks.
  3. « L’Europe s’est faite d’immigrations et c’est sa richesse » déclare le Pape François au Maroc. « Il faut tout faire pour que les hommes puissent rester dans les pays qui les ont vus naître », lui fait écho le Cardinal Sarah. Répondre au drame des immigrés se noyant en Méditerranée ne devrait pas dispenser d’aider d’abord l’Afrique à se développer.
  4. Le Président Netanyahu a félicité ‘the Donald’ pour son succès aux élections législatives israéliennes, dont l’un des mérites est de tordre le cou à la théorie des ‘deux Etats’. « Je pense que nous avons une chance pour la paix avec ‘the Donald’ », a déclaré Netanyahu. Inversion de rôle et changement de noms ? Normal. Le monde marche sur la tête.
  5. Le vaisseau spatial israélien Beresheet tente d’alunir. Une bonne nouvelle pour les Palestiniens, qui n’y étaient pas précédemment installés ? Hélas, le vaisseau s’est crashé à son contact au sol. Cette manie des israéliens de transformer en drame toute tentative d’installation.

Dinall’uill

 

LE MÉTIER DE DIPLOMATE : UN PORTRAIT VÉRITÉ

Quantité n’est pas nécessairement synonyme de qualité. Nous en avons la preuve en découvrant l’abondante offre de littérature que nous proposent nos libraires préférés (voir quelques sites internet spécialisés). Les sommes ne sont pas automatiquement signe d’additions de bonnes idées. La longueur du propos est parfois le masque d’une confusion de la pensée. La notoriété n’est pas toujours gage de qualité surtout pour ceux (celles) qui produisent de la pseudo-analyse à jet continu à tel point que l’on peut se demander quand ils (elles) trouvent le temps de réfléchir. Sans tomber pour autant dans la caricature, il arrive, pour notre plus grand bonheur, de découvrir quelques petites perles qui dépassent en qualité nombre d’opus magnum.

Tel est le cas d’un petit opuscule par la taille (format Que sais-je ? et 129 pages) mais par grand par la valeur pédagogique et intellectuelle. Nous voulons parler de celui de Raoul Delcorde intitulé : « Le métier de diplomate »1. [Notons au passage qu’il est presqu’impossible de se procurer cet ouvrage dans l’Hexagone. Ce qui est bien dommage pour sa diffusion. Mais, par le truchement d’une bonne âme belge, nous avons pu l’obtenir]. Le terme de qualité nous paraît être le plus grand dénominateur commun à cet ouvrage atypique.

UN HOMME DE QUALITÉ

L’homme est diplomate (ambassadeur de Belgique à Ottawa après l’avoir été à Stockholm et à Varsovie) et enseignant (docteur en science politique et professeur invité à l’UCL au sein de laquelle il y enseigne les questions européennes). Il a le profil requis pour savoir ce dont il parle contrairement à d’autres bons esprits qui ont l’immense mérite de parler de ce dont ils n’ont pas la moindre connaissance. Les publications les plus récentes en fournissent une excellente illustration qu’il s’agisse de mémoires de diplomates (pur et vain exercice de narcissisme, de tout à l’ego) ou d’ouvrages d’universitaires, de chercheurs (inutiles et pompeux exercice de théorie abstraite sans rapport avec la réalité). Avec Raoul Delcorde, nous entrons dans le vif du sujet même si l’auteur apporte aux lecteurs quelques références utiles pour éclairer son propos La préface de Michel Dumoulin, membre de l’Académie belge) est tout à fait pertinente. Nous en retiendrons l’ultime phrase :

« S’appuyant sur une bonne connaissance de la littérature consacrée aux différentes facettes de la question, il constitue un bel outil de sensibilisation, d’information et de réflexion à propos d’un métier encore trop souvent marqué par des stéréotypes d’un autre âge, quand ce n’est pas par cette forme de mépris dont témoigne trop souvent notre temps pour ce qui est complexe et donc non réductible à l’immédiateté et au simplisme ».

UNE PRÉSENTATION DE QUALITÉ

On ne saurait mieux dire ! Comment Raoul Delcorde organise-t-il sa présentation ? Autour d’une présentation sur l’évolution du métier de diplomate suivie des développements sur le ministère des Affaires étrangères, l’ambassade, le consulat, la diplomatie économique, la diplomatie publique, le diplomate multilatéral, la diplomatie des sommets, la médiation, Peut-on enseigner la diplomatie ?, la diplomatie d’hier à demain. De manière habile, Raoul Delcorde conclut son propos par trois portraits de diplomates (Richard Holbrooke, Alva Myrdal et Robert Sylvercuys). La lecture de l’ouvrage est facilitée par une impression en gros caractères, des chapitres bien ordonnés, un style concis et précis.

La démonstration, le plaidoyer coulent de source. Nos amis belges nous donnent des leçons de logique, de cartésianisme, de clarté, de persuasion pragmatique dont devraient s’inspirer nos bonnes plumes gauloises. En un minimum de pages, nous disposons d’un maximum d’informations indispensables pour mieux appréhender le métier de diplomate dans toute sa variété et dans toute sa complexité. Ainsi, le défi est relevé.

UNE ANALYSE DE QUALITÉ

L’ambassadeur de Belgique nous entraîne dans un très intéressant voyage au cœur et au bout de la diplomatie alternant considérations conceptuelles, historiques mais aussi et surtout, ce qui fait l’intérêt de sa démarche, considérations concrètes tirées de sa propre pratique et de celles de bonnes plumes. À la manière d’un peintre impressionniste, Raoul Delcorde nous apporte, par touches successives, les fondamentaux du métier de diplomate à travers le temps tout en se projetant utilement dans le futur. Tout est bien analysé, senti et présenté. L’auteur est toujours au plus près d’une réalité qui lui est familière. Le propos est clair. Il ne tombe jamais dans le travers de la pédanterie à la Norpois. Tout est pesé, calibré pour permettre au lecteur averti et non averti de disposer d’une idée très précise des grandeurs et des servitudes de ce métier à propos duquel on raconte, trop souvent, tout et n’importe quoi par méconnaissance du sujet ou par mépris (Cf. la préface de Michel Dumoulin).

Le tout est équilibré. À l’issue de notre lecture, le tableau, la fresque est d’excellente facture tant il ne manque rien à la présentation du métier de diplomate à travers les âges et au défi de la e-diplomatie et de la crise du multilatéralisme.

Guillaume Berlat
15 avril 2019

1 Raoul Delcorde, Le métier de diplomate, Académie Royale de Belgique, Collection l’Académie de Belgique, 2018.

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