Observatoire Géostratégique

numéro 187 / 16 juillet 2018

Bravo à l’équipe de France de football,
Bravo à Didier Deschamps,
Bravo aux autorités russes pour l’organisation de cette coupe du monde exceptionnelle.
La rédaction

(O)TANT VA LA CRUCHE À L’EAU QU’À LA FIN ELLE SE BRISE…

« Je ne veux pas d’une Europe qui soit juste une zone de libre-échange rattachée à l’OTAN ». Ségolène Royal ne pouvait résumer aussi en ces quelques mots choisi (prononcés il y a déjà quelques années) le dilemme des Européens face à la machine de guerre américaine qui a pour nom Alliance atlantique et qui a pour siège Bruxelles (plus précisément Evere, à proximité de l’aéroport de Zaventem). Présentée depuis sa création en 1949 comme un instrument de sécurité collective entre alliés (Cf. son article 5), l’Alliance atlantique l’est de moins en en moins. À la recherche permanente de nouveaux adversaires, d’ennemis (le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 et de nouveau la Russie après l’URSS), elle peine à justifier sa raison d’être dans un monde déboussolé. Les critiques les plus virulentes, toutes choses égales par ailleurs (seul le général de Gaulle en avait tiré les conclusions en quittant la structure militaire intégrée) ne viennent pas ou plus du continent européen, mais d’Outre-Atlantique, le siège réel de l’église atlantiste.

Elle subit désormais les coups de boutoir du 45ème président des États-Unis, Donald Trump1. C’est pourquoi, le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN (Bruxelles, 11-12 juillet 2018) était aussi attendu que le précédent (25 mai 2017) qui voyait les premiers pas otaniens de Donald Trump, l’arrivée d’un nouvel élu (Monténégro) et l’inauguration d’un nouveau siège de ce machin.

Après avoir été une machine de guerre contre l’URSS, durant toute la durée de la guerre froide, l’OTAN est en permanence à la recherche d’un nouvel élan. Elle n’est en réalité qu’un vulgaire théâtre d’ombre, un théâtre de marionnettes, les ficelles étant tirées à Washington. Désormais, depuis l’arrivée de Donald Trump, la question de la survie de l’Alliance atlantique se pose en termes crus.

LA MACHINE DE GUERRE ANTI-SOVIÉTIQUE

Il est important de rappeler quels sont les objectifs et missions de l’OTAN à sa création en 1949, de s’interroger sur le calendrier de l’élargissement de l’Alliance atlantique avant de mesurer les évolutions enregistrées depuis la fin de la Guerre froide.

Objectifs et missions

L’Organisation du traité de l’atlantique nord (OTAN), North Atlantic Treaty Organisation (NATO) en anglais ou Alliance Atlantique est une organisation politico-militaire de sécurité collective créée en 1949 à partir du Traité de l’Atlantique Nord signé à Washington le 4 avril 1949. L’Alliance avait pour vocation initiale d’assurer la sécurité de l’Occident au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en prévenant d’éventuelles réminiscences allemandes et en luttant contre les ambitions de conquête de l’URSS. En 2017, elle regroupe 28 pays en Europe et Amérique du nord, et a signé de nombreux partenariats de défense militaire, notamment avec ses anciens ennemis du bloc soviétique. L’esprit et les buts du traité sont exposés dans le Préambule et dans les trois premiers articles. Le Pacte a pour objet d’assurer collectivement la sécurité des États signataires. La référence à la charte de l’Atlantique de 1941 et à la charte des Nations unies de 1944 est constante. Comme elles, le texte du traité mentionne les grands principes sur lesquels doit reposer l’ordre international : la liberté des peuples, le règne du droit, la justice, la coopération économique et le refus de l’emploi de la force pour résoudre les conflits, sauf en cas de légitime défense.

Guillaume Berlat
16 juillet 2018

1 Guillaume Berlat, Le monde selon Donald Trump…, www.prochetmoyen-orient.ch , 29 mai 2017.

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SYRIE : WASHINGTON ET PARIS JOUENT LES PROLONGATIONS !

Beyrouth, 14 juillet 2018.

L’armée gouvernementale syrienne vient de hisser le drapeau national dans les quartiers de Deraa, jusqu’à présent aux mains des jihadistes. Située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Damas, Deraa est d’autant plus symbolique que c’est là – en mars 2011 – qu’a commencé la révolte anti-gouvernementale. Hâtivement présenté, comme une « révolution pacifique » par la presse occidentale, ce mouvement a, dès le départ généré une « mobilisation de confrontation », tournant vite à la lutte armée contre les forces de l’ordre. Aidés par leurs homologues jordaniens, les Frères musulmans syriens y ont introduit des armes de guerres (M-16 américains et RPG) en proclamant que l’heure de la vengeance avait sonné, faisant allusion à leur tentative de coup d’Etat avortée à Hama en 19821.

Toujours à la pointe de la propagande, le quotidien Le Monde titre : « Deraa, l’étincelle de la révolution syrienne s’est éteinte… »2 S’ensuit une hallucinante diatribe anti-russe et anti-Bachar relevant davantage du parti-pris idéologique que d’une information maîtrisée, recoupée et responsable. Depuis mars 2011, Le Monde nous annonce le renversement imminent du « boucher de Damas ». La libération de Deraa constitue pour le quotidien, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, un cinglant démenti, sinon un cruel retour du réel signifiant que depuis le début de la crise syrienne, Le Monde nous désinforme et nous ment.

Les membres de la rédaction de prochetmoyen-orient.ch boycottent le quotidien depuis le milieu des années 1980, lorsque le triumvirat de l’imposture – Colombani, Minc et Plenel – a mis la main sur la prestigieuse entreprise d’Hubert Beuve-Méry pour en faire une plate-forme d’humeurs, de trafics d’influences et de propagande… A ce sujet, on peut lire et relire l’enquête définitive de Pierre Péan et Philippe Cohen parue en 20033.

Dans tous les cas de figures, il est assez piquant de voir en ce moment les « journalistes » du Monde rétropédaler pour essayer de justifier leurs mensonges syriens imposés aux lecteurs depuis plus de sept ans… Ne leur en déplaise, toujours est-il que l’armée syrienne a, désormais libéré plus de 80% du territoire nationale. Mais, la fin de partie est loin d’être sifflée, d’autant que Washington, Londres et Paris jouent les prolongations.

LE BUNDESTAG A AMPLEMENT RAISON

Dirigée par Alexander Neu, député Die Linke4, la Commission de défense du parlement allemand, vient d’affirmer que la présence militaire de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais en Syrie est conforme au droit international, « le gouvernement syrien ayant formellement demandé l’aide de Moscou, de Téhéran et du Hezbollah tandis que l’ingérence de la coalition dirigée par les États-Unis est jugée plus « complexe », la fourniture d’armes aux jihadistes engagés en Syrie constituant une flagrante violation du droit international.

La Commission du Bundestag a, aussi relevé que l’armée syrienne lutte – depuis des années – contre différents groupes terroristes, dont certains ont bénéficié d’un soutien militaire et financier (désormais prouvé) des Etats-Unis et d’autres pays européens dont la Grande Bretagne et la France. Par conséquent, plusieurs des meilleurs experts en droit international estiment que, non seulement l’intervention américaine n’est plus justifiable, mais qu’elle pourrait être attaquable devant la Cour pénale internationale (CPI) comme « crime de guerre ». Sur le terrain, les sanctuaires de Dae’ch sont, désormais démantelés. De fait, la « loi d’autodéfense » de la coalition dirigée par Washington est devenue caduque, les Etats-Unis devant envisager de cesser leur campagne militaire en Syrie et de plier bagages !

Selon plusieurs sources diplomatiques, ce dossier doit être l’un des points à l’ordre du jour de la rencontre Trump/Poutine à Helsinki ce lundi 16 juillet. Le président russe devrait demander à son homologue américain le démantèlement de la dizaine de bases militaires que les Etats-Unis maintiennent dans le nord-est de la Syrie. A n’en pas douter, l’homme d’affaires Trump devrait marchander ce retrait contre deux contreparties : Money first, des garanties permettant aux entreprises américaines de pouvoir participer à la reconstruction économique à venir de la Syrie qui s’annonce déjà comme l’un des marchés du siècle. De plus, le président américain se fera aussi porte-parole de son allié et ami israélien Benjamin Netanyahou, qui a déjà demandé à Vladimir Poutine – et ce, à plusieurs reprises – l’évacuation du Hezbollah et des Pasdarans iraniens du sud du pays, particulièrement du plateau du Golan occupé par la soldatesque de Tel-Aviv depuis juin 1967.

Dans le même ordre d’idées, Vladimir Poutine pourrait exiger le retrait de plusieurs centaines de soldats des forces spéciales britanniques et françaises, également déployées dans le nord-est, officiellement en appui de plusieurs formations kurdes. Damas est d’autant plus remonté contre Paris, que la libération de Deraa a permis de découvrir – dans les stocks d’armes des jihadistes – différents types de matériels militaires français.

L’armée syrienne se serait ainsi emparée de plusieurs systèmes antichars APILAS fabriqués en France. L’APILAS est un système antichar sans recul tirant des roquettes à charge creuse d’un calibre de 112 mm, utilisé pour la destruction de chars de combat, de fortifications et d’abris. La portée des roquettes varie de 25 à 600 mètres, en fonction de la cible. Fabriquées par le groupe Nexter, ces armes auraient été acheminées depuis la Jordanie où des commandos français formaient différentes unités jihadistes depuis plusieurs années. Et différents officiels syriens ne cachent pas par leur ressentiment à l’égard de la France affirmant « qu’aucune entreprise française ne participera à la reconstruction économique du pays. Si l’on pourrait même envisager d’associer même des Américains, des Maltais ou des Papous… une chose est sûre : les Français ne remettront pas un pied en Syrie avant longtemps, très longtemps… »

En diplomatie, on finit toujours par récolter ce qu’on a semé. Encore bravo aux politiques proche et moyen-orientales de Messieurs Sarkozy, Juppé, Hollande, Fabius, Macron et Le Drian. Que par cynisme ou « réalisme » affairiste, l’Elysée et le Quai d’Orsay aient décidé de coller aux orientations décidées par Washington pour, notamment, signer des contrats d’armements avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU) est une chose. Invoquer en même temps les droits de l’homme si chers à la France éternelle et continuer à donner (en la matière) des leçons au monde entier en est une autre… Nos voisins allemands font preuve d’un cynisme commercial identique, voire encore plus offensif, mais au moins ont-ils la pudeur de se taire !

DANS LE SUD, TEL-AVIV AIDE LA QAÏDA

On l’a compris, la libération de Deraa ne siffle pas la fin de partie. Malgré des accords de « réconciliation » avec les jihadistes, la totalité des groupes terroristes est loin d’être totalement éradiquée. Dans la province de Deraa, le réduit terroriste concerne un carré d’une quinzaine de kilomètres par quinze. Et, c’est à partir de cette enclave – adossée au plateau du Golan annexé par Israël – que les dernières katibas jihadistes poursuivent leur « guerre sainte ».

Richard Labévière
16 juillet 2018

1 Dans la nuit du 2 au 3 février 1982, un commando des Frères musulmans composé de 200 hommes armés investit la ville de Hama, assassinant une centaine de personnes. À l’aube, l’état-major de l’organisation islamiste déclare dans un communiqué que Hama est considérée comme « ville libérée » et exhorte la population à se soulever contre les « infidèles ». Le président Hafez al-Assad décrète l’état de siège et mobilise l’armée, en premier lieu les forces spéciales et la 47e brigade blindée, afin de reprendre le contrôle de la ville. Le 15 février 1982, le ministre de la Défense, Mustafa Tlass, déclare que les groupes armés des Frères musulmans sont neutralisés. La ville de Hama reste néanmoins assiégée pendant 27 jours afin de réduire les derniers insurgés. Le bilan des victimes donne lieu à une guerre de communication variant entre 2000 et 25 000 victimes.
2 Le Monde, 13 juillet 2018.
3 Pierre Péan et Philippe Cohen : La Face cachée du Monde. Editions Fayard, 2003.
4 Die Linke (en français : « La Gauche ») est un parti politique allemand né de la fusion, le 16 juin 2007, du Parti du socialisme démocratique (ex-Parti socialiste unifié d’Allemagne), qui fut le parti officiel de la République démocratique allemande, et de l’Alternative électorale travail et justice sociale.

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MAGNIFIQUE 14 JUILLET 2018 – Richard Labévière. Comme d’habitude, nos armées assurent cette magnifique prestation unique au monde, avec le plus grand professionnalisme. Même si deux motards de la Garde républicaine se ramassent devant la tribune d’honneur, place de la Concorde. L’erreur de couleur du bidon de l’un des avions de La Patrouille de France -, larguant une trainée rouge au bord de la bande bleue du drapeau national dans le ciel de Paris. Là-encore ecce homo, mais il s’est trouvé un brillant esprit du SIRPA-air, du service de communication des armées pour oser affirmer qu’il n’y avait pas eu faute, mais une volonté délibérée de marquer le sacrifice de nos soldats morts au champ d’honneur par cette trainée rouge… dans le bleu. Ce grand cerveau aurait mieux fait de s’abstenir. En France, on aura certainement réalisé un grand progrès lorsqu’on aura compris que la communication – aussi brillante soit-elle – ne peut changer le réel !
 
 
DONALD TACLE ANGELA AU NATO – Guillaume Berlat. Comme tous les êtres un peu frustres, Donald Trump a quelques têtes de turc qu’il ne manque pas d’éreinter, à intervalles réguliers. Tel est le cas de la chancelière allemande, Angela Merkel. Comme tous les êtres un peu fragiles, des personnages honnis peuvent se transformer du jour au lendemain en personnages bénis. Tel est le cas de l’autocrate nord-coréen Kim Jong-un qu’il encense en 2018 après l’avoir traité de tous les noms d’oiseau en 2017. Revenons à nos moutons noirs, à savoir la très affaiblie chancelière allemande ! Avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN qui se déroulait dans les nouveaux locaux de l’église atlantiste (une sorte de Beaubourg peuplé d’inutiles et d’incapables vivant dans leur bulle à la recherche de nouveaux ennemis), pendant et après cette aimable sauterie, le président des États-Unis n’a pas retenu ses coups contre Angela Merkel.

Tout y est passé du refus de consacrer au moins 2% de son PIB particulièrement fourni à ses dépenses de défense à l’accusation gravissime d’être sous le contrôle de la Russie en raison de sa dépendance énergétique vis-à-vis de Gazprom en passant par le reproche d’inonder le marché américain de véhicules allemands. Diatribes formulées dans des tweets rageurs (une coutume bien établie pour faire l’ambiance), dans un entretien avec le secrétaire général de l’OTAN (repris en boucle sur les chaînes de télévision du monde entier). La République fédérale d’Allemagne est vilipendée pour faire des économies au détriment du contribuable américain et s’engraisser en faisant l’impasse sur ses dépenses de sécurité.

Tout cela ne convient guère à l’Oncle Donald qui veut faire rendre gorge à la pécheresse en exigeant qu’elle paie les arriérés, intérêt et principal. Jamais, les relations bilatérales n’avaient atteint un tel degré d’acrimonie du côté de Washington. C’est qu’au-delà de cette affaire de Clochermerle en apparence, il y va de plusieurs problématiques ou dimensions : bilatérale, européenne et transatlantique.

UNE DIMENSION BILATÉRALE

La relation bilatérale germano-américaine a toujours été au beau fixe pour des raisons évidentes tenant à l’histoire de la seconde guerre mondiale. Au cours de la fin du mandat de Barack Obama, la chancelière s’était émue de l’espionnage à grande échelle de ses bureaux depuis l’ambassade des États-Unis à Berlin. « Cela ne sait pas entre alliés », avait-elle dit. L’affaire avait été mise sous le boisseau. Les diatribes de Donald Trump contre son allié ont pris un tour conflictuel. Elles visent le secteur commercial (taxation des véhicules) et le secteur sécuritaire (partage du fardeau financier). Désormais, Donald Trump établit un lien entre les deux sujets. Se faire des revenus chiffrés en milliards dollars en exportant des voitures allemandes sur le sol américain tout en ne payant pas suffisamment pour sa sécurité assurée par les Américains est intolérable pour le président américain. Rappelons qu’à l’occasion du sommet de l’OTAN (Bruxelles, 11-12 juillet 2018), Donald Trump s’en était pris en particulier à l’Allemagne, sa cible favorite, accusée d’être « complètement contrôlée par la Russie » à cause de ses approvisionnements en gaz, visant le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne. 

« J’ai expliqué qu’en Allemagne, nous savons que nous devons faire plus, et c’est ce que nous faisons depuis un certain temps », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel. « Mais j’ai aussi clairement dit que nous sommes le deuxième plus grand fournisseur de troupes de l’OTAN », a-t-elle ajouté. Reste à savoir la suite de l’histoire qui pourrait empoisonner durablement la relation bilatérale. Nous ne disposons pas d’une boule de cristal pas plus que nous ne savons lire dans le marc de café.

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UN MESSAGE DE RENE NABA – 15 juillet.

Message à la nation. Vous pouvez vous remettre à écouter la radio……. tranquille ! Eric Zemmour condamné en mai pour incitation à la haine religieuse a été zappé de la grille de RTL pour 2018 ( il lui reste l’émission Zemmour et Nauleau sur Paris Première). Et Frédéric Haziza le Harwey Weinstein du pauvre a été trappé de LCP. Patrick Cohen et Raphael Enthoven d’Europe 1 Un bon dégagement. Respirez à pleins poumons… En début de semaine, Bertrand Delais, le PDG de LCP, nous révélait que Frédéric Haziza ne faisait pas partie de la grille de rentrée de la chaîne. «Ça n’a rien à voir avec le fait divers dont on a entendu parler cette année, nous avait-il précisé. Il indiquait que l’absence de Frédéric Haziza à la rentrée était liée à l’arrêt de son émission politique. «À la place, nous lançons une émission commune avec Public Sénat. Et pour ne pas donner l’impression que l’une des deux chaînes avait l’avantage sur l’autre, il a été décidé de ne pas choisir le présentateur parmi nos équipes respectives. Dans ces conditions, Frédéric Haziza ne pouvait pas rester ».

 

FOUCHER : « LE REGIME SYRIEN ENTRAVE LE RETOUR DES REFUGIES » – L’Orient-la-Nuit/OLN, 14 juillet.

À l’occasion de la fête nationale française, l’ambassadeur de France Bruno Foucher choisit d’adresser des messages amicaux, mais non moins fermes, aux Libanais, dans le cadre d’une rencontre à bâtons rompus avec des journalistes de la presse écrite. Le premier message porte sur le blocage du gouvernement et ses conséquences sur la mise en œuvre de la conférence CEDRE d’avril dernier à Paris – qui prévoit de financer sur six ans des projets d’infrastructure en contrepartie de réformes structurelles devant être mises en œuvre par le nouveau cabinet – et celle de la conférence de Rome II de soutien à l’armée et aux Forces de sécurité intérieure de mars dernier. Ces deux conférences sont au cœur d’une « feuille de route entre le Liban et la communauté internationale » que la France a lancée puis construite, et pour laquelle l’ambassadeur, en mission au Liban depuis un an, a consacré la plus grande partie de son énergie. 

« Il y a une séquence de mars à avril dernier (…), celle d’un soutien international marqué pour le Liban », que celui-ci n’avait plus connu depuis un certain temps, affirme l’ambassadeur. Un soutien auquel les pays du Golfe ont été associés à l’issue de démarches faites dans les pays en question et cela en dépit des malentendus antérieurs (l’épisode de la démission forcée du Premier ministre Saad Hariri à Riyad en novembre 2017, NDLR) », dit-il, en constatant un retour à « une normalité indispensable » dans les rapports entre Riyad et Beyrouth. En atteste aussi le choix saoudien de « réactualiser sa ligne politique et diplomatique » en faveur de tels rapports. Cela pour dire que « la stabilité du Liban, son développement, la consolidation de son économie sont des sujets qui préoccupent l’ensemble de la communauté internationale », ajoute-t-il. Il est entendu en effet que le Liban est « un modèle de coexistence pour toute la région » : « Si les choses dérapent ici, on n’aura plus de raison d’espérer ailleurs. »

Un Parlement aux majorités « fluides » 

Mais ce « contrat passé entre la communauté internationale et le Liban (…) ne pourra avancer » sans la formation d’un gouvernement, condition préalable à la mise en œuvre des réformes « urgentes » prévues par la conférence de Paris. « Je trouve que le gouvernement tarde à se former », dit-il. Interrogé sur le nouvel équilibre des forces au sein du Parlement, il réfute la lecture d’une majorité acquise au Hezbollah. « Je crois que les majorités seront fluides et changeront en fonction des dossiers », dit-il. C’est sous cet angle d’ailleurs que la participation du Hezbollah, parti visé par les sanctions américaines, au sein du gouvernement ne devrait pas forcément constituer un obstacle à la mise en œuvre de CEDRE. « Nous entendons des craintes s’exprimer sur une collaboration sincère du Hezbollah à la mise en œuvre de la conférence, mais en pratique c’est avec la Primature et le CDR que les projets seront conduits », souligne-t-il.

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Deraa martyrisée, mais Deraa libérée, ses habitants reviennent. La Syrie a repris le contrôle de sa frontière sud-ouest avec la Jordanie, collaboratrice stipendiée d’une coalition perverse qui soutenait illégalement depuis 7 ans des rebellions mercenaires armées en leur fournissant armes, soutiens logistiques et renseignements. Le président Macron osa dire que l’action des précédents gouvernements français, ce n’était pas très malin… Difficile de critiquer plus clairement sans compromettre la France, sans clouer au pilori les Sarkozy, Juppé, Hollande et Fabius qui ont tant fauté. Macron a nommé un diplomate arabisant, bon connaisseur du Moyen-Orient, son ambassadeur à Téhéran, pour gérer l’épineux dossier Syrie, comme son représentant personnel. Le Drian court-circuité ? Tant mieux ! Le journal dit de référence a tant déformé et biaisé la perception de ce conflit que retourner l’opinion sera ardu. La Syrie attend des aveux complets.

Bernard Cornut

 

MACRON AN I : TWITTOCRATIE ET THÉÂTOCRATIE !

Un après le sacre de sa Majesté Macron 1er, de sérieux doutes se font jour sur les qualités du plus jeune président de la cinquième monarchie (pour les connaisseurs, cela se nomme République) que la France (entité immanente et transcendante) a bien voulu octroyer au bon peuple de l’Hexagone. Après le temps des louanges amplement méritées vient le temps ingrat des critiques mesquines1. Sa côte de popularité dévisse dangereusement dans divers domaines de son action : confiance dans les institutions, immigration, religion musulmane, justice sociale et démocratie, Union européenne.

Sur ce dernier volet, les Français sont déçus par la construction de l’Union européenne. Seul un Français sur deux considère que l’appartenance à l’Union européenne est une bonne chose2. Manifestement, nos concitoyens, qui ne manquent pas de bon sens en dépit de ce que pensent nos brillants énarques hors-sol, ne semblent avoir été séduits ni par ses homélies d’Athènes, ni par celles de la Sorbonne et d’Aix-la-Chapelle. Mais, Jupiter a toujours un tour dans son sac de magicien. Il est vrai que, même si son parti godillot qui a pour nom La République en marche arrière, est mis en tête des intentions de vote pour les élections européennes, ses formules agréables à entendre par boboland, sa politique européenne agace, à tout le moins, ne séduit pas.

Et Jupiter de faire un coup de génie en opposant les gentils « progressistes » (dont il fait partie) et les affreux « nationalistes » (ceux qui portent des gouvernements « populistes » au pouvoir en Europe). Le manichéisme dont Emmanuel Macron abuse est celui des antiques doctrinaires en mal d’arguments. C’est une impasse dans laquelle il se fourvoie, en diabolisant ceux qui ne veulent pas e son internationalisme dépassé. Pas certain que ceci calme les électeurs enclins au dégagisme. Fort habilement (l’ex-bras droit du candidat malheureux à la présidentielle, François Fillon) même s’il ne brille pas par ses étincelles, Bruno Retailleau, président du groupe LR (un parti en voie d’extinction) a beau jeu de dire que : « Sur l’Europe, opposer progressiste et nationaliste, c’est scandaleux ! Il se présente comme le seul choix ! Mais, Emmanuel Macron est à contretemps de l’histoire. Raisons pour laquelle il n’a pas de résultat ». Force est de constater que les bons sentiments ne font pas de bonne politique3.

Tout ceci risque de lui revenir en boomerang à la figure, le moment venu. Les Français sont si versatiles. Jupiter se voit fort injustement blâmé pour quelques défauts véniels.

Ali Baba
16 juillet 2018

1 Gérard Courtois, L’optimisme post-élection de Macron s’est dissipé, Le Monde, 10 juillet 2018, pp. 10-11.
2 Philippe Ricard, Les Français sont déçus par la construction de l’Union européenne, Le Monde, 10 juillet 2018, p. 11.
3 Ivan Rioufol, Le réveil des nations, un défi pour Macron, Le Figaro, 13 juillet 2018, p. 17.

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