Observatoire Géostratégique

numéro 213 / 14 janvier 2019

ROBESPIERRE AU ROND-POINT…

Nous avons le privilège de faire partie d’une génération dont les enseignements d’Albert Soboul, d’Albert Mathiez ou de Maurice Agulhon armèrent le désir de connaissance et une certaine passion de la France. Non sans une certaine pertinence, la lecture marxiste de la Révolution française – les livres de l’historien soviétique Boris Porchnev sur les jacqueries antifiscales de l’Ancien régime demeurent sans doute ce qu’on a écrit de mieux sur le sujet – voyait dans les Jacobins une espèce d’ anticipation des Bolcheviks d’Octobre 1917. Député d’Arras au nom du Tiers Etat, Maximilien Robespierre était le grand homme, qui en abattant la monarchie avait changé la France.

Puis, patatras… fin des années 1970, en pleine mode de la mal nommée « nouvelle philosophie », l’historien François Furet et sa disciple Mona Ozouf venaient casser ce qui s’était imposé comme l’un des grands moments de l’histoire nationale. En réduisant l’épisode de la Convention montagnarde à une terreur sanguinaire volontairement provoquée, cette lecture révisionniste imposait, à son tour, l’autre mythe : celui d’une « révolution thermidorienne », faisant des Sieyès, Cambacérès et des dantoniens Tallien ou Fréron de quasi-précurseurs de… François Bayrou !

Heureusement depuis, plusieurs livres importants dont celui de l’éditeur Eric Hazan – Une histoire de la Révolution française1 – ont remis l’église et la mairie au milieu du village. Dans ce mouvement salutaire de recentrage scientifique, peut-on dire, s’impose aussi le dernier ouvrage de Marcel Gauchet consacré à Robespierre2. On pensait n’avoir plus rien à apprendre sur l’archange de la Révolution. Erreur, profonde erreur ! Employant la méthode la plus sûre, consistant à relire l’intégralité des discours, textes et correspondances de l’Incorruptible, Marcel Gauchet, lui aussi, renouvelle, non seulement notre compréhension de la Révolution de 1789, mais aussi celle des contestations françaises, profondes, récurrentes et plus actuelles.

En effet, la puissance de la pensée de l’avocat d’Arras se fonde d’abord sur une réflexion concernant le pouvoir monarchique – dépositaire symbolique de la puissance exécutive – et ses ministres ! « Ce n’est pas le roi que je redoute le plus », dit ainsi Robespierre aux Jacobins le 10 avril 1791, « c’est cette tendance continuelle à remettre le pouvoir arbitraire dans les mains des ministres ». Il multiplie les mises en garde contre ce « système ministériel » qui tend à reconstruire un nouveau despotisme sur les ruines de l’ancien. « Cette crainte le met précocement en alerte dès 1790 », écrit Marcel Gauchet, « contre les périls de l’état de guerre, occasion rêvée pour le pouvoir exécutif d’accroître ses prérogatives. Ainsi propose-t-il de réserver le droit de paix et de guerre aux représentants de la nation, qui, eux, « auront toujours un intérêt direct et même personnel à empêcher la guerre ».

Aujourd’hui on saisit le Parlement, seulement après avoir envoyé nos armées en Libye, au Mali, en Syrie et ailleurs, sans même lui laisser la possibilité d’un droit de vote. Robespierre : « la plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa Constitution. Personne n’aime les missionnaires armés… » Un seul exemple : la presse parisienne nous avait annoncé la tenue d’élections générales en Libye à l’horizon décembre 2018. L’échéance est passée sans élection, mais personne n’en parle…

Cette interrogation sur les limites de la démocratie représentative et la faillite des corps intermédiaires, qui habite aujourd’hui nos ronds-points, est déjà au cœur de la réflexion de Maximilien Robespierre : « partout où le peuple n’exerce pas son autorité et ne manifeste pas sa volonté par lui-même, mais par des représentants, si le corps représentatif n’est pas pur et presque identifié avec le peuple, la liberté est anéantie », lance-t-il en mai 1791 à l’appui de son rejet de la rééligibilité des membres de la Constituante.

Infatigable lecteur des discours de la Constituante, Marcel Gauchet livre un point d’étape important : « Robespierre n’entrainait pas, mais il recueillait la confiance et accumulait une popularité spécifiquement faite d’autorité morale. [..] ».

Richard Labévière

1 Eric Hazan : Une histoire de la Révolution française. Editions de la Frabrique, septembre 2012.
2 Marcel Gauchet : Robespierre – L’homme qui nous divise le plus. Editions Gallimard, septembre 2018.

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QUAND LA CHINE S’ÉVEILLERA VRAIMENT…

« Le monde est aveugle. Rares sont ceux qui voient » (Bouddha). Le moins que l’on puisse dire est qu’à l’heure de la révolution numérique, de la e-diplomatie, de l’intelligence artificielle…, les aveugles sont légions. Nos dirigeants, à quelques rares exceptions près, évoluent tels des somnambules dans le maquis d’affaires qui leur sont de plus en plus étrangères. Faute de pouvoir anticiper le monde de demain, ils pérorent sur le monde d’hier – sans avoir les talents de Stefan Zweig – et peinent à comprendre le monde d’aujourd’hui. L’Orient leur paraît d’autant plus compliqué qu’il est extrême surtout lorsqu’il s’agit de la Chine. L’ex-ministre des Affaires étrangères et du développement international (MAEDI), Laurent Fabius s’était pris d’une passion démesurée pour ce pays où il se rendait très régulièrement. Il ignorait que la diplomatie était une passion froide. Il ignorait également que la diplomatie était une passion pour les réalités. Il ignorait enfin que la diplomatie était une passion pour les intérêts bien compris de la France. À trop ignorer ces évidences, on finit par chevaucher des chimères.

Résultat : le réveil est douloureux et coûteux à maints égards. La diplomatie française se résume à une diplomatie candide du tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil avec la Chine. Elle débouche naturellement sur la découverte d’une réalité désormais incontournable : le réveil discret mais néanmoins visible de la Belle au bois dormant qui s’affirme au fil des jours. Mais, en dépit de cela, la diplomatie française jupitérienne demeure en quasi-léthargie alors qu’il y a urgence à réagir nationalement ou au niveau de l’Union européenne si cela est possible, faisable pour éviter que le mal ne se propage encore plus. En dernière analyse, le rôle du chef de l’État et de son ministre des Affaires étrangères – si tant est qu’il ait droit au chapitre dans la République jupitérienne et monarchique – ne consiste-t-il pas à conjuguer harmonieusement politique étrangère et intérêt national1 ? Nous n’en sommes pas encore parvenus à ce stade de prise de conscience et, encore moins, à une réaction ordonnée et réfléchie qui n’a rien à voir avec le buzz médiatique.

« Si la Chine ouvre ses portes, des mouches entreront forcément » (Deng Xiaoping)

TOUT LE MONDE IL EST BEAU, TOUT LE MONDE IL EST GENTIL 

L’affirmation de la puissance chinoise n’est pas récente. Elle date de la dernière décennie du siècle dernier et s’est considérablement affirmée et renforcée depuis le début du XXIe siècle sur tous les plans et sur tous les continents.

Une affirmation de la puissance chinoise : la Chine se dilate

Nous ne le répéterons jamais assez, l’affirmation de la puissance chinoise sur la scène internationale ne s’est pas faite en un jour. Elle est passée par plusieurs stades successifs : diplomatie de l’effacement, diplomatie de la présence et, aujourd’hui, diplomatie de l’influence. Tel est le constat auquel nous nous nous livrions, il y a plus d’un an déjà en notant les progrès considérables effectués par la Chine dans le concert des nations Le panda s’est lentement mais sûrement transformé en dragon dont on mesure la force à sa juste valeur2. Nous ne pouvons que renvoyer nos lecteurs à cette analyse qui n’a pas pris la moindre ride. Le professeur Serge Sur nous livre un diagnostic similaire dans sa présentation récente de la Chine en exergue d’une recherche académique sur ce pays : « Cette montée en puissance s’amorce après la mort de Mao en 1976Car la Chine est rapidement considérée comme la Success Story de la fin du siècle et de l’aube du XXIe, avant même la chute du mur de Berlin et l’ère postcommunisteLa compétition internationale l’aborde sur le terrain économique, en laissant largement de côté la dimension politiqueEnsuite, agir à l’extérieur de façon à se procurer les matières premières et l’énergie nécessaires au développement de l’appareil de production national, mais aussi à la conquête des marchés occidentaux Être en compétition avec les États-Unis en Asie au premier chefOn constate donc une emprise croissante sur l’espace considéré comme chinois, et une tendance à vassaliser les pays de la régionAu fond, on peut se demander si cette politique de China First n’est pas l’une des inspirations de la formule America First… »3.

Cette présentation objective permet de mieux appréhender la réalité chinoise d’aujourd’hui. Elle permet également de mettre en lumière l’aveuglement de nos dirigeants qui n’ont pas pu/su/voulu voir le revers de la médaille pour les intérêts bien compris de la nation française sur les plans économique, financier, social, politique, sécuritaire… Toutes choses bien concrètes que semble avoir bien compris le 45ème président des États-Unis, Donald Trump. Lui qui est considéré comme un superbe inculte dans les dîners en ville à Paris.

Un aveuglement des élites françaises : La France se délite

Intervenant dans la Vienne (le département français et non dans la capitale autrichienne) en août 2018, Laurent Fabius le magnifique se plaisait à citer Den Xiaoping, dirigeant de la République populaire de Chine de 1978 à 1992 : « Faire profil bas et attendre son heure ». Pour feu le ministre des Affaires étrangères, en l’occurrence, « l’heure de la Chine semble être venue ». Dans son intervention, il estimait que « l’un des enjeux majeurs (était) de constituer avec la Chine un monde multipolaire (…) afin d’éviter un tête-à-tête sino-américain ». Si l’heure de la Chine est bien venue, nous n’avons pu éviter une dangereuse confrontation sino-américaine commerciale qui a un parfum de guerre froide… du moins jusqu’à la prochaine crise. À l’instar du dossier syrien avec la réaction vigoureuse de la Russie et la résilience hors du commun du « boucher » Bachar al-Assad, Laurent Fabius n’a rien vu venir des ambitions impériales chinoises. Preuve d’un aveuglement de notre élite sur le grand dessein de Pékin comme sur bien d’autres dossiers internationaux. À quand le passage de tous ces traitres à la Patrie devant le tribunal de la bêtise et de l’incompétence ?

Sans parler de notre ex-ambassadrice en Chine – aujourd’hui ambassadrice à Moscou après être passée par Londres -, qui nous sert, dans un Ersatz de Mémoires un roman à l’eau de rose ne comportant aucune analyse stratégique pertinente4. Comme quoi, on peut être considéré comme l’une des meilleures spécialistes de ce pays, parler le mandarin et ne rien comprendre à ses forces profondes qui expliquent les dynamiques en cours et à venir… Et cela est d’autant plus préoccupant que le rôle du diplomate comme celui de l’homme d’État est d’anticiper l’avenir (gouverner, c’est prévoir). Comme en médecine, un mauvais diagnostic a toutes les chances de déboucher sur un mauvais remède ! Penser que c’est par une superbe visite officielle en Chine de Jupiter avec superbes photos sur papier glacé dans Paris Match et dans Gala que l’on va comprendre la Chine, que l’on va l’influencer sur le moyen et le long terme, aboutit tout simplement à se méprendre. Mais, telle est la dure réalité à laquelle nous sommes confrontés.

Gouverner, c’est prévoir a-t-on coutume de dire ! Pour ce qui est de la prévision sur la Chine, nous sommes loin du compte. Comme dit l’autre, les pandas gagnent à être mieux compris5. Les Occidentaux ne doivent pas être dupes. Il leur appartient simplement d’être réalistes. « Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités », nous rappelle fort à propos le général de Gaulle. À méditer en ces périodes de doute et d’hésitation !

LE RÉVEIL DE LA BELLE AU BOIS DORMANT : UNE RÉALITÉ INCONTOURNABLE

Les mouches ont changé d’âne. Fini son statut de spectateur du monde. Elle est désormais un acteur actif de la mondialisation.

Les attributs de la puissance6 : la Chine compte

La Chine ne se contente pas/plus d’un rôle de spectateur. Elle revendique aujourd’hui un rôle d’acteur clé dans la mondialisation dont elle a su habilement retirer tous les bénéfices. La Chine entend désormais être et jouer son rôle de grande puissance dans le monde. Elle réclame une suprématie en Asie7 et respect dans le monde. Pour cela, elle utilise au mieux de ses intérêts sa force économique pour étendre son influence géopolitique, y compris en remplissant le vide laissée par les États-Unis dans le monde depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump8. La Chine sait travailler sur le temps long tout en sachant saisir les opportunités qui se présentent à elle. On s’en aperçoit avec les fameuses « routes de la soie », présentées, il y a quelques mois encore, sous l’angle le plus candide et poétique. Désormais, même les plus ignares commencent à comprendre l’envergure du projet.

Guillaume Berlat
14 janvier 2019

1 Thierry de Montbrial/Thomas Gomart (sous la direction de), Notre intérêt national. Quelle politique étrangère pour la France ?, Odile Jacob, 2017.
2 Guillaume Berlat, Du panda au dragon : quand la Chine s’éveillera…, www.prochetoyen-orient.ch , 14 août 2017.
3 Serge Sur, La Chine se dilate dans La Chine au cœur de la nouvelle Asie, Questions internationales, n° 93, septembre-octobre 2018, pp. 4 à 10.
4 Sylvie Bermann, La Chine en eaux profondes, Stock, 2017.
5 Voir China Watch, supplément au Journal China Daily, 30 novembre 2018.
6 Valérie Niquet, La puissance chinoise en 100 questions, Tallandier, 2017.
7 Charles-Emmanuel Détry, Revendications et tensions en mer de Chine territoriale, dans La Chine au cœur de la nouvelle Asie, Questions internationales, n° 93, septembre-octobre 2018, pp. 45 à 52.
8 Peter S. Goodman/Jane Perlez, Paving a way to global power, The New York Times, 26 novembre 2018, pp. 1-10-11.

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PAVANE POUR UNE EUROPE DÉFUNTE – Guillaume Berlat. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Telle est l’adage qui semble avoir inspiré notre duettiste d’eurolâtres, de fédérastes, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne au Figaro1 et Michel Barnier, en charge de la négociation sur le « Brexit » au Monde2. Il est vrai que la maison brûle depuis plusieurs années et que les prochaines élections au Parlement européen (26 mai 2019) pourraient conduire à la débâcle des vieux partis de l’ancien monde. À nouveau monde, nouveaux élus. Les pompiers sont de sortie pour tenter de circonscrire le grand brasier qui consume le rêve européen. Mais, le problème se complique dans la mesure où le camion des pompiers n’a plus d’eau dans sa citerne et n’a plus de pression au bout de sa lance. C’est ce que l’on appelle la quadrature du cercle. Revenons à nos deux moutons noirs !

LE LEVEUR DE COUDE LUXEMBOURGEOIS DÉSABUSÉ

L’ex-premier ministre luxembourgeois possède l’immense mérite de mettre le doigt sur ce qui fâche après plusieurs années passées à la tête du monstre technocratique qui a pour nom commission européenne. Au cours de son entretien avec plusieurs journalistes de diverses nationalités, il marque son désarroi face à la lenteur des processus décisionnels au sein de l’Union européenne, au creusement de fossés sur le continent, à l’hypocrisie des dirigeants qui demandent à la Commission européenne de travailler à une meilleure protection des frontières extérieures tout en lui reprochant ses atteintes à la souveraineté des États, à l’hypocrisie d’une certaine partie de la classe politique britannique qui souhaite que l’Europe résolve les problèmes nés du « Brexit », à l’inflation normative, à la faiblesse de la dimension sociale de l’Union, aux dérives de la présidence roumaine (elle n’a pas encore tout à fait compris ce qu’implique la présidence de l’Union), à la poussée des démagogues (les « populistes ») … Il faut reconnaître que Jean-Claude Juncker manie parfois l’humour grinçant : « je met en garde contre la taxation de la stupidité ceux qu’inquiète l‘ampleur de la tâche ». Mais, les remèdes qu’il propose laissent pantois. Nous nous limiterons à quelques citations éloquentes. Sur la question migratoire, il « faut que des personnalités politiques dotées du sens des responsabilités aient le courage d’aborder ce thème conflictuel ». Nous sommes bien avancés. Sur les prochaines élections européennes, « je crains qu’il y ait des tentatives illicites de peser sur les élections européennes… Tous les États membres devraient unir leurs forces. L’Europe doit opposer un front uni aux trolls et aux groupes de pirates originaires de Chine ou de Russie ». Toujours la même antienne, si le résultat des élections européennes est mauvais, le bouc émissaire est tout trouvé : Vladimir Poutine avec l’aide de son cousin Xi Jinping. Mais, pas un mot sur l’Oncle Sam qui espionne sans vergogne les pseudo-ambassades de l’Union européenne aux quatre coins du monde sans parler du siège à Bruxelles. Tout cela n’est pas très sérieux pour ne pas dire que l’on est dans le ridicule achevé. Il faut arrêter de prendre les citoyens européens pour des gogos. S’ils censurent l’Europe, c’est qu’il y a des raisons plus graves tenant à l’absence de réponses aux défis qui les concernent au premier chef. Aucun diagnostic pertinent et par voie de conséquence pas la moindre idée nouvelle pour sortir l’Europe du marasme dans laquelle nos dirigeants successifs l’ont entrainée au cours des dernières décennies, en particulier dans le domaine économique et commercial3.

Et, ce monsieur dispose de milliers de fonctionnaires inutiles et incompétents qui nous coûtent un pognon de dingue pour un résultat aussi minable. À quand la commission de la hache à Bruxelles pour donner un sérieux coup de balai dans ce machin à produire quotidiennement de l’inutile ? Sans quoi, l’Union européenne est promise au même sort funeste que feu la société des nations (SDN). On comprend mieux à lire cette prose indigente que l’Europe va mal et ira de plus en plus mal dans le futur. Et dire que ce monsieur passe pour un grand expert de la chose européenne ! Encore une fausse valeur que nos médias présentent pour une authentique valeur.

Mais, nous n’avons pas tout vu, lu. Penchons-nous sur les rêveries de notre crétin des Alpes préféré qui raconte tout et surtout n’importe quoi si l’on prend la peine de prendre connaissance de l’intégralité de ses propos stupides !

LE CRÉTIN DES ALPES FRANÇAIS IGNORANT

Après avoir été commissaire européen, ministre des Affaires européennes puis des Affaires étrangères et aujourd’hui brillant au firmament du « Brexit » introuvable (le désormais « no deal »), Michel Barnier administre une nouvelle preuve de son incompétence notoire. Sa suffisance n’a d’égal que son insuffisance. Ne voilà-t-il pas que notre grand escogriffe, qui joue la gravure de mode, se prend à penser ! Le mot « pensée » est exagéré pour ce qui le concerne. Notre brillant esprit, négociateur en chef pour le « Brexit » découvre que l’Europe est confrontée à un double défi (générationnel et européen). Il tire cette conclusion à la lumière de la crise des « gilets jaunes », des crises, des frustrations, incertitudes, peurs, inégalités économiques et sociales, une « mondialisation féroce qui menace et précarise ». Il est vrai qu’il faut être une personnalité aussi importante pour parvenir à pareilles conclusions. Mais que propose notre diplomate hors-pair pour relever ces défis ? Pour les relever, il incite à (1) préparer nos concitoyens à l’idée que le monde qui vient est plus injuste, plus fragile, plus instable et à (2) réinventer nos pays, nos nations dans l’Europe. Mais, nous n’avons encore rien vu. Notre grand magicien européen évoque « quatre chantiers qu’il faut porter ensemble, au niveau européen, pour recoudre nos déchirures et resserrer les mailles de nos sociétés » : (1) Europe verte, (2) migration, (3) construction d’une économie bénéficiant à tous et (4) promotion de l’action extérieure et de la défense européenne. Cette excellente recette gastronomique est réhaussée d’un zeste de défense des valeurs et du modèle démocratique. Tout ceci reste bien sûr à un niveau de généralité attristant. Cela relève de la méthode du bon docteur Coué. On comprend mieux à lire cette prose indigente que l’Europe va mal et ira de plus en plus mal dans le futur. Et dire que ce monsieur passe pour un grand expert de la chose européenne ! Encore une fausse valeur que nos médias présentent pour une authentique valeur.

Au moment où la Roumanie prend la présidence semestrielle de l’Union européenne alors qu’elle est loin d’être exemplaire en termes d’état de droit4 et se trouve en pleine dérive illibérale5, le moins que l’on puisse dire est que l’avenir de l’Union européenne ne se présente pas sous les meilleurs augures. Ce ne sont pas les propos de salon à l’eau de rose de Jean-Claude Juncker et de Michel Barnier qui sont de nature à changer la donne de manière radicale. Ce serait plutôt le contraire tant nos Diafoirus semblent inaptes à poser un diagnostic pertinent et à trouver le ou les remèdes idoines. Il faudra s’y faire. La construction européenne ressemble de plus en plus à la chronique d’un échec annoncé, à la pavane pour une Europe défunte.

1 Jean-Claude Juncker (propos recueillis par Hannelore Crolly/Silke Mülhher/Christoph Schiltz), « Il n’y a aucune raison de désespérer de l’Europe », Le Figaro, 31 décembre 2018, p. 7.
2 Michel Barnier, « Réinventer notre modèle est impératif », Le Monde, 1er – 2 janvier 2019, p. 18.
3 Jean-Michel Bezat, Il faut sauver « l’usine Europe », Le Monde, 8 janvier 2019, p. 19.
4 Éditorial, Inquiétantes dérives à Bucarest, Le Monde, 3 janvier 2019, p. 20.
5 Jean-Baptiste Chastand, La Roumanie en pleine dérive illibérale, Le Monde, 1er – 2 janvier 2019, p. 3.

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SYRIE : AVIS DE RECHERCHE ET MISE EN GARDE – Richard Labévière.

Mais où est passé le diplomate François Sénémaud, qui avait été nommé en juin dernier « représentant personnel du président de la République pour la Syrie » ? Plus de nouvelle, aucune trace, ni en Syrie, ni au Liban, ni en Béarn ou Navarre. Est-ce à dire que le président de la République n’est plus représenté sur le dossier syrien ? C’est à Alain Juppé que l’on doit la fermeture de notre ambassade à Damas dès… mars 2012. La décision n’était pas très judicieuse, nous privant ainsi d’yeux, d’oreilles et de langue dans ce pays pivot des Proche et Moyen-Orient. On connaît la suite contrainte par les belles âmes : Bernard-Henri Lévy, Jean-Pierre Filiu et autres donneurs de leçons sélectives hurlant avec les loups américains, britanniques, saoudiens et israéliens « Bachar dégage ! », François Hollande ayant même failli nous entrainer dans une nouvelle guerre au Proche-Orient. Relire à ce sujet Robespierre, comme vient de le faire Marcel Gauchet (notre Editorient) : « la plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa Constitution. Personne n’aime les missionnaires armés… » Et voilà que, comme à son habitude, la jeune Isabelle Lasserre -, ne donnant la parole qu’à ceux qui partagent ses obsessions idéologiques – interviouwe dans Le Figaro des 12 et 13 janvier derniers un certain… Nicolas Tenzer qui préside un « centre d’études et de réflexions » que personne ne connaît et dont il doit être le seul membre actif. Cet ami de Bernard Kouchner, qui a beaucoup abusé de fonds publics pour rédiger des rapports que personne n’a lu, nous redit avec force que Bachar est un horrible dictateur (le seul de la région, bien-sûr !) et qu’il doit partir… Non content de savoir – à leur place – ce qui est bon pour les Syriens, ce gugus affirme qu’ « en Syrie la France pourrait remobiliser les pays européens ». Lesquels et pour faire quoi ? Une nouvelle guerre ? Vraiment que de papier perdu… Evidemment, Isabelle Lasserre n’a jamais donné la parole à Alain Chouet, Majed Nehmé, Michel Raimbaud, Bassam Tahhan, Ayssar Midani, Frédéric Pichon, Alain Corvez, Jacques-Marie Bourget et bien d’autres. Le journalisme est un métier bien difficile !

 

REVELATIONS DE L’EXPERT ALGERIEN RACHID BENAÏSSA SUR L’UNESCO – 12 janvier.

L’expert algérien Rachid Benaïssa a révélé de graves dysfonctionnements à l’Unesco, où il a travaillé durant de longues années. « Quand j’ai rejoint l’Unesco, sur les 1 200 employés que comptait l’organisation, 800 étaient des Français, 200 des Occidentaux et les 200 autres venaient du reste du monde et représentaient un milliard de Chinois, un milliard d’Indiens et un milliard de musulmans. Autrement dit, ils faisaient de la figuration », a dénoncé le linguiste connu pour ses positions tranchées sur les questions religieuses et qui anathématise les partisans du schisme sunnites-chiites. « Je répétais tout le temps que cette organisation est qualifiée d’internationale alors qu’en réalité elle est française », a-t-il dit dans un récent entretien qu’il a accordé à une chaîne de télévision étrangère. « La France avait droit à 33 employés, comment s’est-on retrouvés avec 800 ? » s’est interrogé Rachid Benaïssa, en soulignant que « les Français font ce que bon leur semble à l’Unesco ». L’expert, aujourd’hui à la retraite, a indiqué que «900 ONG reçoivent des financements de l’Unesco, toutes sont chrétiennes et juives, seules trois sont musulmanes», avant d’appeler les pays arabes et musulmans à se retirer de cette «fausse organisation internationale», exclusivement au service des intérêts occidentaux et de ceux de la France, en particulier, selon lui. « Même la Seine est classée patrimoine universel », a-t-il ironisé, en estimant que ces pays ne perdraient rien à quitter cette organisation. « La Libye a fourni 4,5 millions de dollars pour financer le programme sur l’histoire générale de l’Afrique. Nous avions réuni les meilleurs experts au niveau mondia l», a affirmé Rachid Benaïssa pour expliquer que les pays arabes et musulmans injectent des fonds faramineux au profit de cette instance onusienne en charge de l’éducation, des sciences et de la culture. Il a ajouté que le prince saoudien Al-Walid Ben Talal a déboursé la bagatelle de 5 millions de dollars pour le financement d’un département lié à la civilisation anglaise, mettant en avant, ainsi, une grande aberration. Cet expert multilingue de renommée mondiale a confié que dans une séance de formation sur la lecture rapide, quelques semaines après son recrutement à l’Unesco, une Française a dicté un texte dans lequel il est dit que «nous, les Français, sommes en droit de condamner les pratiques des émirs arabes qui confèrent au boucher le droit de couper la main du voleur». Rachid Benaïssa a, alors, répondu qu’il n’était pas venu à l’Unesco «pour être insulté». La responsable française a rétorqué qu’elle assumait pleinement le choix du texte, a-t-il témoigné, en révélant qu’il avait été menacé de licenciement pour avoir aidé les musulmans de Bosnie.

 

ISRAËL MENE UNE ATTAQUE AERIENNE PRES DE L’AEROPORT DE DAMAS – Sputnik, 12 janvier.

La défense antiaérienne syrienne est entrée en action vendredi soir pour repousser une attaque portée par l’aviation israélienne près de Damas, selon l’agence de presse syrienne Sana. Les Forces aériennes israéliennes ont tiré vendredi, aux alentours de minuit, des missiles sur les environs de l’aéroport de Damas, rapportent la chaîne de télévision syrienne Ikhbariya. L’attaque israélienne s’est produite à 23h15 (21h15 GMT), déclenchant la défense antiaérienne syrienne. Selon une source militaire citée par Sana, «la plupart» des missiles ont été abattus, mais le raid a tout de même touché un des hangars de l’aéroport. Le fonctionnement de l’aérogare n’en a pas été perturbé. Selon le site Flightradar, un vol de Syrian Air a ainsi décollé pour Bahreïn à 23h58. Par le passé, Israël a mené plusieurs bombardements en Syrie contre les installations militaires de l’armée gouvernementale ou de ses alliés, affirmant viser l’Iran et le mouvement chiite Hezbollah, de grands ennemis de l’État hébreu. Cette nouvelle attaque intervient quelques semaines après le bombardement israélien contre la banlieue de Damas, qui a fait le 25 décembre trois blessés parmi les militaires syriens. L’attaque avait été effectuée depuis l’espace aérien libanais. Il s’agissait ainsi des premières frappes menées depuis que Donald Trump a annoncé le retrait des troupes américaines de Syrie. Vendredi 11 janvier, la coalition en a engagé la procédure.

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Au sein du gouvernement français, on a trouvé scandaleux qu’une cagnotte prétende soutenir un costaud qui a frappé à répétition un policier, et une secrétaire d’Etat a même suggéré qu’on tâche d’identifier les contributeurs. Ne faudrait-il pas donc aussi identifier précisément, pour les poursuivre, ceux qui ont contribué à financer et soutenir les rebelles armés en Syrie ? Et identifier ceux qui, dans l’entourage du ministre Juppé, en juillet 2011, ont fermement dissuadé des activistes syriens présents en France de participer au grand débat organisé alors à Damas par le gouvernement syrien, dans un hôtel, pour discuter ouvertement des réformes souhaitées et possibles. Mieux vaut toujours débattre que se battre.

Bernard Cornut

 

  1. Jean-Luc Mélenchon, le visage illuminé par l’apparition d’un leader des gilets jaunes, force l’admiration dans l’énergie qu’il dépense à récupérer ce mouvement – auprès duquel il se veut simplement ‘utile’. Mais l’entreprise est de taille. Pourquoi ne pas commencer par récupérer la ‘France Insoumise’ ?
  2. Affaire Benalla, psychodrame de Série-B érigé en affaire d’Etat par de suspicieux pères-la-pudeur, faux-culs et autres sous-marins trotskystes. En vente dans les kiosques les 15 août et 31 décembre.
  3. Un ‘expert’ qui passe à la télé est le copain d’un copain qui peut dire des choses sensées. Un ‘expert’ qui passe à la télé en plein été, c’est ce qui reste en magasin (les Ancelle et autres Basbous du 15 août). Un ‘expert’ d’une chaîne d’info continue, c’est un intermittent du spectacle dont on espère qu’il aura ce jour-là reçu sa pitance.
  4. « Il avait du pognon – et rond, et rond petit patapon,
    On dit que c’est un fripon – p’têtre bien qu’c’était bidon, ronron. Un coup des p’tits nippons, tonton ! »

  5. La moitié du gouvernement israélien – retenez-moi ou je démissionne ! manifeste devant les fenêtres d’un présumé ripoux pour protester contre sa politique sécuritaire (et la leur), jugée ‘trop laxiste’ en Cisjordanie. Troubles du comportement ? A défaut de consulter le peuple, il est urgent de consulter la Faculté.

Dinall’uill

 

LES PASSEPORTS DIPLOMATIQUES DE M. BENALLA

L’affaire des passeports diplomatiques détenus – et utilisés – par Alexandre Benalla, a fait revenir sur le devant la scène médiatique l’ancien directeur adjoint de cabinet du président de la République. Pour rappel, il avait été contraint de quitter ses fonctions auprès du président Macron au début de l’été 2018 pour avoir participé, le 1er mai, à des opérations de maintien de l’ordre contre des manifestants sans disposer des titres nécessaires et en commettant à cette occasion des violences sur des personnes en cours d’interpellation. Dépourvu à partir de là de toutes fonctions officielles, Alexandre Benalla avait néanmoins conservé deux passeports diplomatiques dont il a fait usage à de nombreuses reprises durant l’été à des fins professionnelles privées. Il avait ce faisant volontairement ignoré les demandes de restitution qui lui avaient été adressées à la fois par le Quai d’Orsay et par l’Elysée.

Sollicité par les médias pour savoir quels avantages donnaient de tels documents, le Quai d’Orsay a précisé, à bon droit, que leur titulaire, s’il n’est pas un agent diplomatique, ne peut pas en aucune manière bénéficier par ce moyen des immunités diplomatiques prévues par la convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques. Il ne s’agit dans un tel cas que d’un sauf-conduit permettant à son détenteur de franchir plus aisément les contrôles aéroportuaires. Les autorités douanières et de sécurité en charge de ces contrôles peuvent même demander une fouille des bagages personnels de celui-ci, ce à quoi échappent en principe – sauf soupçon grave – les agents diplomatiques.

Le sujet a même été traité – et cette solution restrictive confirmée – par un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 20 septembre 2016. La cour s’y prononce très clairement sur le fait qu’un passeport diplomatique ne suffit pas à faire bénéficier son détenteur d’une quelconque immunité. De nationalité sénégalaise, l’intéressé était l’ancien président de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme, poursuivi en France pour des faits de corruption active et passive dans le cadre de son activité professionnelle. Pour échapper aux rigueurs de la justice pénale française, il entendait se prévaloir du passeport diplomatique dont il était toujours anormalement possesseur, et que même ses anciennes fonctions n’auraient pas dû justifier qu’il en bénéficie. En l’espèce la Cour de cassation a confirmé l’arrêt de la cour d’appel en considérant que le requérant « n’apparaît pas bénéficier de l’immunité conférée par la coutume internationale aux organes et entités qui constituent l’émanation d’un Etat ainsi qu’à leurs agents en raison d’actes qui relèvent de la souveraineté concernée[1] ».

L’attribution d’un passeport diplomatique est réglementée en France par un arrêté du 11 février 2009[2] (article 1er). Peuvent ainsi en bénéficier pour la durée de leurs fonctions ou de leur mission :

  • Les agents diplomatiques et consulaires en fonctions.
  • Le président de la République, le Premier ministre, le Président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale.
  • Les membres du gouvernement.
  • Les conseillers spécialisés occupant un poste de chef de service auprès d’une mission diplomatique à l’étranger (exemple , le conseiller culturel, le conseiller économique, etc.).
  • Les courriers de cabinet (personnes qui accompagnent une valise diplomatique lorsqu’il est nécessaire de la véhiculer sous bonne garde. Notez au passage qu’en diplomatie, le courrier est une personne et non une lettre, appelée « correspondance ».
  • Les titulaires d’une mission diplomatique ad hoc.

Jean-Paul Pancracio

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