Observatoire Géostratégique                   numéro 104      /     5 décembre 2016

LYNCHAGE MÉDIATIQUE DE BERNARD SQUARCINI : ÇA SUFFIT !

« Afin que l’on ait bien conscience que, même dans ce pays, qui a inventé les droits de l’homme et du citoyen, qui clame haut et fort son souci de justice, l’innocent peut être condamné, emprisonné, détruit »1. Ce n’est pas n’importe quel homme qui l’écrit, qui le clame avec force ! C’est Christian Iacono, élu local de Vence, innocent accusé du crime le plus odieux pour un père, un grand-père, condamné à tort à une lourde peine de prison. Ce citoyen français a payé au prix fort le prix d’un mensonge de son petit-fils entériné par policiers, experts (médecins, psychologues), magistrats (siège et parquet) en première instance et en appel, sans que cela n’émeuve outre mesure les bonnes âmes qui sont légions dans notre pays.

Or, à quoi assiste-t-on depuis plusieurs semaines ? Un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, qui fut pendant cinq ans, directeur central du renseignement intérieur (DCRI, service français de contre-espionnage)2 est l’objet d’une chasse à l’homme, d’une chasse à courre incroyable au mépris des droits élémentaires de la défense dans une démocratie digne de ce nom. Ce sont aux moins trois de ses principes fondamentaux qui sont bafoués, violés quotidiennement par des médias hystériques qui tiennent leur bouc émissaire et le font brûler à petit feu sur leur bûcher médiatique. Et cela dans la plus grande indifférence. Il est utile de s’y arrêter un court instant pour mieux appréhender la nature des enjeux de l’affaire Squarcini puisque c’est de cela dont il s’agit.

LA VIOLATION DE LA PRÉSOMPTION D’INNOCENCE

Le rappel du droit. En dépit du sacro-saint principe de la présomption d’innocence (article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du Conseil de l’Europe ratifiée par la France en 1974), l’honneur d’un homme, d’un fonctionnaire est jeté aux chiens sans la moindre pudeur, sans la moindre retenue. Nous sommes les témoins ahuris d’une surenchère médiatique qui frise l’indécente tant elle est excessive. Il n’entre certainement pas dans notre propos de nous prononcer sur la nature des charges qui pèsent contre lui, n’ayant pas la moindre connaissance du contenu de son dossier pénal. Mais, nous pouvons au minimum nous émouvoir qu’un état de droit, une démocratie qui se proclame patrie des droits de l’homme, puisse tolérer ce genre de dérive totalitaire : condamné, voire lynché médiatiquement avant d’avoir été jugé pénalement. La machine médiatique se met en marche, s’emballe. Tous ceux qui ont quelques comptes à régler avec l’intéressé l’accompagnent lâchement dans sa marche inéluctable.

Le rappel des faits. La curée ne date pas d’aujourd’hui. Elle commence dès 2012 avec un ouvrage entièrement à charge fondé comme de bien entendu sur de nombreux témoignages anonymes3. Cela se poursuit ensuite en avril 2014 avec sa condamnation dans l’affaire dite des fadettes (factures détaillées) d’un journaliste du Monde dans l’affaire Bettencourt4. Les conditions de lancement de cette procédure d’écoute ne sont pas très claires au regard du donneur d’ordres. Mais ce n’était rien comparé au traitement auquel il a droit depuis plusieurs mois en 2016. C’est de l’acharnement à jet continu.
Jean Daspry

1 Christian Iacono, Le mensonge, Sudarènes éditions, 2016, p. 2.
2 Étienne Pellot/Bernard Squarcini, Renseignement français. Nouveaux enjeux, Éditions Ellipses, 2013.
3 Olivia Recasens/Didier Hassoux/Christophe Labbé, L’espion du président, Robert Laffont, 2012.
4 « Fadettes » du Monde : Bernard Squarcini condamné à 8 000 euros d’amende, www.lexpress.fr , 8 avril 2014.

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POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE FRANÇOIS FILLON : LE RETOUR DU GÉNÉRAL ?

« On ne subit pas l’avenir, on le fait » (Georges Bernanos). A ce stade très préliminaire de la campagne pour les élections présidentielles en France, les sondages – avec toute la marge d’erreur qu’ils comportent – prédisent la victoire de l’élu de la primaire de droite et du centre face à la candidate du Front National. Il n’est dès lors pas inutile de s’interroger sur le programme du candidat « Les Républicains ». Que propose-t-il s’agissant de son action internationale future, de sa politique étrangère, de sa diplomatie, après l’échéance de mai 2017 ? Pour éclairer notre lanterne, nous ne disposons à ce stade que des déclarations publiques1 et des écrits du candidat François Fillon (ouvrage2 ou presse écrite3) pour tenter d’esquisser les contours de la politique étrangère et de son corollaire, la diplomatie de l’éventuel président de la République.

Il est vrai qu’il aurait fort à faire tant « notre politique étrangère et européenne traduit l’ampleur de notre déclin »4. Après avoir exploré les fondements conceptuels qui l’inspirent sur le long terme, il nous appartient d’envisager quelle pourrait en être sa déclinaison concrète au quotidien. En s’inspirant de la chanson de Guy Béart, nous essaierons logiquement de passer insensiblement des grands principes aux grands sentiments5.

FONDEMENT CONCEPTUEL : LES GRANDS PRINCIPES

Après sa prise de fonctions, le nouveau président de la République devra déterminer la politique étrangère de la France qu’il entend suivre durant son quinquennat afin d’éclairer à la conduite de la diplomatie par son futur ministre des Affaires étrangères.

La détermination de la politique étrangère : la fixation du cap du navire

L’inspiration générale. Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre lors du scrutin du 27 novembre 2016 a commencé à dérouler les grandes lignes de force de ce que pourrait être sa politique étrangère dans l’hypothèse où les électeurs le désigneraient en mai 2017 comme successeur de François Hollande à la présidence de la République. Rappelons qu’une authentique politique étrangère vaut par la cohérence et la constance de son dessein. A cette fin, François Fillon propose un « changement de cap » pour assurer la sécurité et le rayonnement de la France. Il envisage pour la France un « rôle de puissance d’équilibre ». En dernière analyse, François Fillon se revendique du réalisme dans les relations internationales. Clairement et dans les paroles, François Fillon fait sien l’héritage gaulliste, mot-valise par les temps qui courent6.

Les grandes lignes. Les principes énoncés plus haut se déclineraient ainsi dans la future politique étrangère de François Fillon : primauté à la défense des intérêts de la France ; attachement à l’indépendance et à la souveraineté du pays ; poursuite de l’alliance avec les États-Unis tout en ne tombant pas dans la vassalisation ; importance d’un dialogue permanent avec la Russie pour contribuer au règlement des crises ; attachement à une Europe des nations ; resserrement du lien franco-allemand ; retour au réalisme dans notre politique moyen-orientale avec une certaine emphase mise sur le sort des chrétiens d’Orient, contribution au règlement de la crise syrienne ; encadrement de la mondialisation…. Aucune mention de l’avenir de la Françafrique ne figure à ce stade dans ses déclarations.

La conduite de la diplomatie : la route du navire

Une diplomatie cohérente. Pour mettre en œuvre sa politique étrangère, François Fillon précise sa pensée diplomatique, sorte de route du navire dont il a fixé au préalable le cap. Son programme diplomatique opère la synthèse de plusieurs traditions de la droite française : politique confessionnelle, antiatlantisme modéré, culte du chef7, retour de la Realpolitik des intérêts nationaux contre l’idéalisme des interventions au nom des droits de l’homme. Au futur chef de la diplomatie, il impose une feuille de route, une méthodologie : parler à tout le monde (« En diplomatie, si on ne parle qu’à ses amis, on ne parle à personne. Sortons de la logique des blocs et de la guerre froide »). L’objectif recherché est de rendre audible la voix de la France qui va de pair avec son redressement économique. François Fillon sait que la diplomatie internationale est faite d’imprévus, de surprises (Cf. les révolutions arabes au sujet desquelles il reconnaît avoir commis des erreurs d’appréciation comme la fermeture de notre ambassade à Damas). Elle n’est pas une science exacte.

Deux priorités absolues. François Fillon entend recentrer sa diplomatie sur deux priorités : l’Europe et le rang de la France. S’agissant de l’Union européenne, qui se trouve aujourd’hui au bord de l’implosion (crise migratoire, Brexit…), le député de Paris souhaite proposer à ses partenaires de se concentrer sur trois objectifs : la sécurité, ce qui implique de mieux contrôler les frontières extérieures, de maîtriser les flux migratoires et de muscler notre défense commune ; la gouvernance de la zone euro qui devrait être dotée d’un vrai directoire politique au niveau des chefs d’état et de gouvernement ; les grands projets mobilisateurs en matière d’innovation et de recherche. La réalisation de cet objectif passe par une impulsion franco-allemande. Pour ce qui est de son rang, il considère qu’avec son réseau diplomatique, l’un des premiers au monde, la France se doit d’avoir une diplomatie mondiale mais aussi et surtout indépendante.

Il y a souvent loin de la coupe aux lèvres. Nous abordons ainsi le domaine des hypothèses, des conjectures… en un mot de la politique fiction, de la diplomatie fiction. Dans cette délicate entreprise, il convient, comme toujours, de savoir raison gardée et de ne pas galoper dans les nuages comme cela est si souvent le cas dans notre siècle de démagogie, de médiacratie, d’émotion et de compassion.

DÉCLINAISON CONCRÈTE : LES GRANDS SENTIMENTS

Une fois installé au Palais de l’Élysée en mai 2017, le putatif président de la République française, François Fillon devra, comme ses prédécesseurs, lutter contre deux pesanteurs incontournables : le poids des réalités et le choc des hommes pour mener à bien son projet international comme du reste son ambitieux programme de redressement intérieur sur le plan économique et social.

Le poids des réalités : le diktat de la Realpolitik

La théorie du moindre mal. François Fillon n’ignore pas « qu’on a jamais le choix entre le bien et le mal, mais entre le pire et le détestable » comme le soulignait autrefois Raymond Aron. Comment envisage-t-il de mettre en pratique ses orientations générales ? Nous nous en tiendrons à quelques grandes questions ? Comment envisage-t-il de rééquilibrer notre alliance avec les États-Unis sur les plans sécuritaire (en dépit de notre réintégration dans la structure militaire intégrée de l’OTAN), économique (quid du TTIP, du CETA ?), juridique (extraterritorialité du droit américain)… ? Comment envisage-t-il ses relations avec la Russie (levée des sanctions) ?8 Comment convaincre les partenaires européens de repenser le projet (« L’Europe doit être un instrument et non une religion », François Fillon9) ? Comment contribuer raisonnablement à une solution de la crise syrienne (avec qui et sur quelles bases) ? Comment mettre au pied du mur les États arabes qui épaulent en sous-main l’EEIL ?10 Quel rôle envisage-t-il pour la France en Libye, au Yémen ? Comment lutter efficacement contre le terrorisme sur les plans intérieur et extérieur ?11 En dernière analyse, comment envisage-t-il de rééquilibrer l’outil diplomatique au détriment de l’arme militaire (« Les bombes triomphent rarement des idées », général Didier Castres) ? Comment prévoit-il d’en finir avec cet interventionnisme qui conduit à toujours plus d’interventions pour effacer les séquelles des précédentes ?

La théorie de l’efficacité maximale. François Fillon pourrait s’inspirer du précepte d’un conseiller occulte à la réputation sulfureuse de Nicolas Sarkozy : « un bon président est celui qui s’inscrit dans les trois dimensions : le passé, le présent et l’avenir. Le rejet du passé est suicidaire. Le passé contient la totalité du matériau avec lequel on construit l’avenir »12. Comment compte-t-il redresser durablement la barre du navire France pour rompre avec la pratique du précédent capitaine qui naviguait à vue au gré des humeurs du moment ?

Pour être audible, attendue, entendue, la voix de la France doit être de nouveau frappée au sceau de la constance, de la raison, de l’équilibre, de la volonté de puissance. Elle doit revenir aux fondamentaux qui ont fait la force de la diplomatie gaullo-mitterrandienne : stratégie de long terme, patience stratégique, discrétion… pour répondre à la « mondialisation des crises » qui remet en cause les fondements de l’ordre international et le système de sécurité collective né au lendemain de la guerre froide. Elle doit en finir avec les imprécations et les invectives qui traduisent la faiblesse de celui qui en use. François Fillon devrait prendre pleinement en compte le fait qu’une tâche essentielle de la diplomatie consiste à modifier, voire à créer les équilibres qui rendront la paix possible (Dominique de Villepin13).

Guillaume Berlat
5 décembre 2016


1 Discours du candidat à la primaire de la droite et du centre, François Fillon, Porte de Versailles, Paris, 25 novembre 2016.
2 François Fillon, Vaincre le totalitarisme islamique, Albin Michel, 2016.
3 François Fillon, « Nous devons être une puissance d’équilibre », Le Monde, 25 novembre 2016, p. 19.
4 Dominique de Villepin, Mémoire de paix pour temps de guerre, Grasset, 2016, p. 595.
5 Guy Béart, Les grands principes, chanson, 1999.
6 Marcel Gauchet, « La droite retrouve le sillon gaulliste », Le Monde, 30 novembre 2016, p. 24.
7 Cyrille Bret, La tentation de Moscou. La Russophilie de Fillon, de lointaines racines, Le Monde Débat, 26 novembre 2016, p. 7.
8 Benoît Vitkine, « Vladimir » et « François », une amitié géopolitique, Le Monde, 23 novembre 2016, p. 13.
9 Matthieu Goar, Un programme libéral et conservateur, Le Monde, 22 novembre 2016, p. 13.
10 Christian Chesnot/Georges Malbrunot, Nos très chers émirs, Michel Lafon, 2016.
11 Richard Labévière, Terrorisme, face cachée de la mondialisation Pierre Guillaume de Roux, 2016.
12 Patrick Buisson, La cause du peuple. L’histoire interdite de la présidence Sarkozy, Perrin, 2016, p. 259.
13 Dominique de Villepin, Mémoire de paix pour temps de guerre, précité.

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MADRID REPREND SES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC DAMAS – On se souvient qu’en mars 2012, Alain Juppé avait annoncé la fermeture de l’ambassade de France à Damas. « Nous sommes atterrés, désespérés, par cette décision » affirmaient alors les opposants des Comités de la coordination nationale syrienne. Lauréate du Prix Sakharov et du Prix Anna Politkovskaya, l’avocate Razan Zeitouni, membre des Comités locaux de coordination, estimait qu’il n’était « ni utile, ni justifié de fermer l’ambassade de Damas, cette décision entrainant des conséquences néfastes ». Décidée précipitamment, comme l’a montré la consigne de détruire les ordinateurs et de congédier tout le personnel local avec un chèque, sans évoquer les conditions de réouverture, cette décision, en fait avait déjà été envisagée quelques semaines plus tôt lorsque le Département d’Etat avait décidé – contre l’avis de son ambassadeur Robert Ford – de fermer l’ambassade américaine, en raison des graves problèmes de sécurité affrontés par les diplomates. Invoquant une situation sécuritaire moins alarmante et surtout le rôle de soutien et de témoignage que l’ambassade pouvait jouer pour les opposants, le Quai d’Orsay avait alors jugé contre-productive une telle mesure, et avait réussi à en convaincre Nicolas Sarkozy. Pourquoi, dans ces conditions, Alain Juppé avait-il pris cette décision, annoncée à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles ? Les familiers du dossier avançaient cette explication : il a simplement voulu, une fois encore, imiter les gouvernements américains et britanniques. Le premier avait annoncé l’évacuation complète des fonctionnaires américains présents en Syrie et la fermeture de son ambassade le 6 février 2012. Le second a annoncé le 1er mars que l’Ambassade du Royaume-Uni avait « suspendu tous ses services » et que « tout le personnel diplomatique avait été retiré de Syrie ». Aux citoyens britanniques requérant une assistance, il était conseillé de s’adresser à l’ambassade de n’importe quel autre pays de l’Union européenne ou d’appeler un numéro d’urgence à Londres. Depuis plus de quatre ans maintenant prochetmoyen-orient.ch et d’autres demandent la réouverture de l’ambassade de France à Damas. En vain ! Les Espagnols viennent de le faire, pour reprendre leur coopération anti-terroriste avec les services syriens de renseignement qui connaissent parfaitement, nombre et profils des jihadistes européens engagés en Syrie, notamment de ceux qui préparent le retour dans leur pays d’origine.
 
 
FRANCOPHONIE : DE L’ART CONSOMMÉ DU MENTIR-VRAI ! Jean Daspry – Dans le précédent magazine, nous avons tenté de dresser un bilan objectif du XVIe sommet de la Francophonie (Antananarivo, 22-27 novembre 2016)1, conférence au niveau des chefs d’État et de gouvernement dont aucun média n’a rendu compte. C’est peu dire la vacuité de ses résultats ! Nous estimons utile si ce n’est indispensable de livrer aux fidèles lecteurs de prochetmoyen-orient.ch le texte intégral de la communication intitulée « Le rayonnement de la Francophonie », présentée par Jean-Marc Ayrault et Audrey Azoulay lors du conseil des ministres du 30 novembre 20162.

Début de citation 

« Le ministre des affaires étrangères et du développement international, la ministre de la culture et de la communication et le secrétaire d’Etat chargé du développement et de la francophonie ont présenté une communication relative au rayonnement de la francophonie. Le Sommet de la Francophonie a consacré un nouvel ancrage de la Francophonie dans l’Océan indien et le retour de Madagascar sur la scène internationale. Premier Sommet de Michaëlle Jean, il a été l’occasion de dresser un bilan de son action à la tête de la Francophonie depuis deux ans. Une inflexion a été donnée aux travaux de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en matière de prévention de la radicalisation, d’éducation, de promotion de la langue française et de développement durable en appui à une « Francophonie des solutions ». Une place particulière a été accordée à la jeunesse avec la participation de 20 jeunes francophones au Sommet. La Conférence ministérielle précédant le Sommet a réaffirmé l’importance du français dans la vie internationale par l’adoption d’une résolution sur la mise en œuvre du Vade-mecum de 2006 relatif à l’usage de la langue française dans les organisations internationales. Concernant les demandes d’adhésion à l’OIF, les candidatures retenues sont les suivantes : l’Argentine, la province canadienne de l’Ontario et la Corée du Sud en tant qu’observateurs, et la Nouvelle Calédonie comme membre associé. Les prochains sommets de la Francophonie auront lieu en 2018 en Arménie et en Tunisie en 2020. Chaque année autour du 20 mars, « la semaine de la langue française et de la Francophonie » se fait l’écho de l’attractivité de la langue française et de la richesse et de la diversité des cultures francophones. De très nombreuses manifestations sont organisées dans le monde entier à l’initiative et avec le soutien du réseau culturel français. La langue française constitue le lien privilégié d’une communauté de 274 millions de locuteurs dans le monde. Son usage connaît par ailleurs une progression importante dans certaines régions du monde, portée notamment par des initiatives innovantes, par exemple le programme e-patrimoine ou encore le réseau francophone numérique (RFN) qui réunit 25 des plus grandes institutions documentaires de la francophonie pour construire et développer le portail d’une bibliothèque numérique francophone au service du rayonnement des cultures francophones et de la langue française. Même si la langue française est la seule langue parlée sur les cinq continents avec l’anglais, elle pourrait décliner si les efforts en faveur de l’enseignement du français ne sont pas renforcés. Dans ce contexte, le développement de ressources numériques pour apprendre et enseigner le français est indispensable.

1 Jean Daspry, Sommet d’Antananarivo : abîme de la Francophonie, www.prochetmoyen-orient.ch , 28 novembre 2016.
2 Communiqué du conseil des ministres, www.elysée.fr , 30 novembre 2016.

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NETTOYAGE ETHNIQUE AU SOUDAN DU SUD – AFP, 1er décembre.

Juba – Un processus de nettoyage ethnique est en cours dans plusieurs régions du Soudan du Sud, ont affirmé jeudi des experts de l’ONU au terme d’une mission de dix jours dans ce pays en guerre depuis décembre 2013. Il y a déjà un processus régulier de nettoyage ethnique en cours dans plusieurs zones du Soudan du Sud, qui se traduit notamment par la faim extrême, des viols collectifs et la destruction de villages, a déclaré dans un communiqué Yasmin Sooka, la chef d’une délégation du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. Partout où nous sommes allés dans le pays, nous avons entendus des villageois dire qu’ils étaient prêts à répandre du sang pour récupérer leurs terres, a-t-elle ajouté, sans viser un camp en particulier. Beaucoup nous ont dit que le point de non-retour avait été atteint. Mme Sooka s’exprimait à la suite d’une visite de 10 jours de la délégation dans les villes clés de Bentiu (nord), Malakal (nord-est) et Wau (nord-ouest), mais aussi dans la capitale Juba, à la rencontre de responsables gouvernementaux, de membres de la société civile et de victimes du conflit. Mme Sooka avait déjà tenu mercredi une conférence de presse à Juba. Elle y avait évoqué des niveaux sans précédent de violences et de tensions ethniques partout au Soudan du Sud, sans pour autant utiliser le terme de nettoyage ethnique. Elle avait également soutenu que les forces fidèles au président Salva Kiir et les forces rebelles fidèles à l’ancien vice-président Riek Machar recrutent de force de nouveaux soldats, dont des enfants. Elle avait dès lors dit craindre une intensification des combats avec le retour de la saison sèche. Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 2,5 millions de déplacés. Dans le communiqué, la chef de la délégation de l’ONU a soutenu que tout est là pour que ce qui s’est passé au Rwanda se répète, et la communauté internationale a l’obligation de l’empêcher. A la mi-novembre, le conseiller spécial de l’ONU sur la prévention du génocide, Adama Dieng, avait déjà affirmé devant le Conseil de sécurité avoir vu au Soudan du Sud tous les signes qui montrent que la haine ethnique et le ciblage des civils peuvent déboucher sur un génocide si rien n’est fait pour l’empêcher. Rappelant les déclarations de M. Dieng, Mme Sooka a énuméré jeudi de nombreux signaux d’alerte d’un génocide imminent qui sont déjà présents: un conflit en cours, des identités ethniques polarisées, une déshumanisation, une culture du déni, des déplacements de population sur la base de l’ethnie et dans certains cas des indications de violations systématiques ainsi que d’une planification. Mais l’important, a-t-elle soutenu, c’est qu’il est encore temps de l’empêcher. Les experts de l’ONU ont renouvelé un appel en faveur d’un embargo sur les armes, de sanctions, du déploiement de 4.000 soldats de maintien de la paix supplémentaires et de la création d’un tribunal spécial sur les crimes de guerre.

 

DANS LA PRESSE LIBANAISE :

Spéculations sur la formation du gouvernement / Suites des déclarations du ministre sortant de l’Intérieur au sujet de la loi électorale dite de 1960

  • Les contacts se poursuivent entre Baabda, Meerab et la Maison du Centre. Selon des sources politiques bien informées, Gebran Bassil devrait prochainement s’entretenir avec Nader Hariri, directeur du cabinet de Saad Hariri, en vue de régler les problèmes liés à la gestation du nouveau cabinet, notamment au niveau du portefeuille que les Marada réclament. Elles font également état d’une possibilité d’une rencontre tripartite entre Bassil, N. Hariri et Wafic Safa, haut responsable du Hezbollah.
  • Le Hezbollah pour la formation rapide d’un gouvernement élargi d’union nationale regroupant toutes les composantes et pour l’adoption d’une loi électorale représentative, passage obligé, selon le parti à la réédification d’un Etat basé sur un véritable partenariat.
  • Le Ministre sortant (PSP) Waël Bou Faour : « Les querelles sur les portefeuilles cachent une volonté de consolider de nouveaux équilibres… Aujourd’hui l’équation est différente, et chacune des forces politiques a des alliés objectifs ou des alliés spontanés, ce qui empêche de prévoir la forme que prendront les alliances lors de la consultation électorale».

  • La OTV (pro-Aoun) estime que le débat sur la loi électorale n’a pas détourné les regards de la priorité absolue, à savoir la formation du gouvernement. Le pays a urgemment besoin, ajoute-t-elle, d’un gouvernement fédérateur et efficace d’abord, d’une loi électorale équitable ensuite, et d’élections législatives transparentes enfin. Ces trois impératifs s’inscrivent dans le cadre d’un calendrier clair et net, et toutes les tentatives de court-circuiter cet agenda national seront un coup d’épée dans l’eau, selon la OTV.

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« Si nous perdons Alep…» ainsi parla, la veille de la déclaration de F. Hollande, l’un de ses conseillers français influents sur la Syrie, révélant ainsi sa totale subjectivité manipulatrice et sans doute manipulée. Le 29 novembre le président turc Erdogan déclara « ce n’est pas pour conquérir des territoires syriens ou irakiens que nous sommes intervenus, c’est pour la justice, c’est pour renverser le président Assad… ». Aveux, émotions, regrets, renoncements, ce n’est pas la justice. 69 ans après la Recommandation de créer deux Etats en Palestine, 26 ans après l’abusive Résolution avec recours à la force, unique au Moyen-Orient, appliquée avec excès contre l’Iraq qui avait voulu prendre Koweït en gage pour obtenir l’évacuation des territoires palestiniens occupés, la justice, c’est encore 2 poids et 2 mesures. Quand viendra enfin le temps des réparations légitimement dues ?

Bernard Cornut, depuis la place de Lausanne à Izmir.

 

LA MATIGNONAFRIQUE !

Curieux, très curieux le discours du président de la République annonçant qu’il renonçait à se lancer dans la bataille pour l’éventualité d’un second mandat ! Un discours à l’image de son quinquennat : totalement schizophrénique, expliquant qu’il avait réussi plein de choses au mieux de la conjoncture et du contexte international, raison pour laquelle il ne se représenterait et sans préciser clairement qu’il permettait ainsi à la primaire du PS de se tenir dans des conditions à peu près « normales » …

Toujours est-il qu’avant d’arriver à cette fameuse annonce du jeudi 1er décembre, le bras de fer entre l’Elysée et Matignon a fait des ravages et provoqué quelques dégâts collatéraux. Le lynchage médiatique déconstruit par notre Editorient de cette semaine s’inscrit dans les coulisses de cette sourde lutte qui, depuis l’été dernier, a opposé l’Elysée et Matignon pour l’investiture socialiste à l’élection présidentielle. « Certes, le Président reste maître du temps, mais Manuel est prêt », commentait récemment un conseiller du Premier ministre. Et « être prêt » signifiait disposer des fonds nécessaires à la compétition. Deux types de bailleurs de fonds étaient alors susceptibles de répondre aux collecteurs de pièces jaunes : les monarchies du Golfe et les pays africains. Les premières étaient déjà clairement engagées avec l’Elysée. Pour les seconds, la messe était loin d’être dite…

Retour sur images : c’est bien ce qui explique la grande colère de François Hollande lorsque – le 29 octobre dernier, sans crier gare – Manuel Valls s’envole pour le Togo et la Côte d’Ivoire. Un mois auparavant Manuel Valls a donné une interview à « Jeune-A-fric » qui a déjà mis à cran les gens de l’Elysée. Manuel Valls y dresse les louanges des grands démocrates que sont Ali Bongo, Idriss Déby et Macky Sall qui ne sont plus tout à fait en odeur de sainteté au Château… L’insubmersible Stéphane Fouks – actionnaire principal de l’agence de communication Havas Worldwilde (ex Euro-RSCG) – est à la manœuvre et actionne tous ses réseaux Françafrique-new-look ! Il s’agit prioritairement de mettre la main sur les anciennes chasses gardées de Nicolas Sarkozy et, par conséquent, de « dézinguer le Squale qui connaît la musique… », explique un porte-flingue de Matignon.

Dans cette logique, les mêmes qui trouvaient « normal » que l’ancien secrétaire général du Quai d’Orsay – Gérard Errera – parte du jour au lendemain pantoufler chez Blackstone – un fonds d’investissements américain pour l’Europe -, tout en manifestant des hauts le cœur à l’encontre de Manuel Barroso en partance pour Goldman Sachs, se mettent à tirer à boulets rouges sur Bernard Squarcini. Ce dernier, – crime de lèse-majesté – continuerait à recevoir les revues de presse de son ancien service…

Etienne Pellot

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