Observatoire Géostratégique

numéro 165 / 12 février 2018

FRANCOPHONIE : DERNIERES NOUVELLES DU FRONT !

Avec notre jeune quadragénaire de président de la République, Emmanuel Macron, il faut bien le reconnaître, cela secoue en permanence. Son mot d’ordre semble être, un jour, une idée. L’Élysée fait aujourd’hui de la francophonie une « cause nationale » (qu’en sera-t-il demain ?). Nous apprenons que le gouvernement d’Édouard Philippe a lancé le site Internet « monideepourlefrancais.fr » afin de recueillir les propositions des francophones en vue de la conception d’un « grand plan » pour le français, une sorte de politique par le numérique. C’est donc que la langue de Molière en a bien besoin. Notre président jupitérien le présentera officiellement, solennellement le 20 mars 2018. Les idées déposées sur la plateforme numérique « ne resteront pas lettres mortes » et viendront « nourrir ce grand plan pour le français et le plurilinguisme dans le monde », déclare Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors du lancement du site à Paris vendredi 26 janvier 2018.

Cette initiative intervient quelques semaines après la nomination de la franco-marocaine, Leïla Slimani comme sa représentante « personnelle » (celle du président de la République française) pour la Francophonie (6 novembre 2017)1 et où Soria Blatmann (l’épouse à la ville du député PS de la Seine et Marne, Olivier Faure qui devrait se recaser à l’UNESCO grâce à la généreuse intervention d’Audrey Azoulay2, ce qui commence à faire jaser Place Fontenoy3), conseillère technique droits humains, francophonie, rayonnement culturel, société civile à la présidence de la République cesse ses fonctions pour prévenir d’éventuels conflits d’intérêt avec son époux4. Une fois de plus, l’effet de surprise est parfait, total. La com’ fonctionne parfaitement au château et à Matignon. C’est déjà une bonne même une excellente chose. Mais, tentons d’aller au-delà de l’écume des jours que nous servent nos folliculaires patentés sur un sujet qui relève souvent de la tarte à la crème ? De quoi s’agit-il véritablement ? De quoi parle-t-on au juste ?

DE QUOI S’AGIT-IL VÉRITABLEMENT ?

Si le gouvernement décide soudainement de donner la parole aux citoyens, c’est qu’il commence à y avoir péril en la demeure et qu’il faut aller au-delà du mirage des chiffres trompeurs sur la réalité de la francophonie. La cause relève à l’évidence d’une ardente obligation française.

La parole aux citoyens : le bon sens populaire

Comment peut-on qualifier cet exercice que les anglo-saxons désignent par l’expression « bottom up », c’est-à-dire de bas en haut en Français dans le texte ? De salutaire exercice de démocratie participative, de démocratie citoyenne, d’opération « bravitude ». Qui pourrait s’en plaindre au moment où la crise de confiance entre les peuples et ses dirigeants n’a jamais été aussi importante ? Qui pourrait s’en plaindre au moment où la France, sous la forte impulsion de son jeune président que la terre entière nous envie, entend retrouver toute sa place dans le concert des nations ? Qui pourrait s’en plaindre au moment où la pratique de la langue française subit de plein fouet les coups de boutoir de la langue de Shakespeare sans parler du mandarin dans les organisations internationales et dans la vie courante ? Qui pourrait s’en plaindre au moment où le chef de l’État et son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères entendent conférer, de nouveau, toutes ses lettres de noblesse à la diplomatie d’influence dont l’un des principaux vecteurs est la pratique de la langue française ? C’est pourquoi, le président de la République, très présent sur la scène internationale, fait de la francophonie une « cause nationale », alors que le nombre de locuteurs français devrait quasiment tripler d’ici à 2050, de 274 millions aujourd’hui, à 750 millions, grâce à l’explosion démographique en Afrique, indique-t-on dans l’entourage du chef de l’État (les fameux milieux bien informés). Encore faut-il établir une différence entre le quantitatif et le qualitatif dans la francophonie !

Le mirage des chiffres trompeurs : la martingale des élites

Mais attention au mirage trompeur des statistiques auxquelles on peut faire dire ce que l’on veut. « Quand on regarde les chiffres, on peut faire ‘cocorico’, mais il n’y a aucune automaticité », met en garde le secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne appelant en particulier à un effort sur la formation et l’apprentissage du français. Un vrai travail en profondeur est de rigueur, s’impose si le français veut avoir une chance de retrouver la place importante qu’il occupait, il y a quelques décennies encore, dans le monde. « Cette plateforme donne le coup d’envoi d’un nouveau souffle pour la francophonie » abonde la gaffeuse ministre de la Culture, Françoise Nyssen.

Guillaume Berlat

1 Guillaume Berlat, La francophonie ou l’art du gadget, www.prochetmoyen-orient.ch , 13 novembre 2017.
2 Aziz Zemouri, Conseillère de Macron, l’épouse d’Olivier Faure quitte l’Élysée, www.lepoint.fr , 4 février 2018.
3 Dans les couloirs de l’agence onusienne, les nominations autour de la directrice générale sont scrutées de près, www.LaLettreA.fr , 8 février 2018, p. 3/9.
4 Arrêté du 2 février 2018 portant cessation de fonctions à la présidence de la République, JORF n° 0029 du 4 février 2018, texte n° 1.

lire la suite…

LA FRANCOPHONIE POLITIQUE DANS TOUS SES ETATS

Comme ambassadrice ou comme directrice générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) – devenue Direction générale de la mondialisation – l’auteure Anne Gazeau-Secret a toujours défendu la dimension francophone et la diplomatie culturelle qui l’accompagne. Elle continue à le faire au travers de rapports, souvent alarmants et sans langue de bois.

La Rédaction

 

La francophonie est-elle une cause perdue ? Ou demeure-t-elle un atout essentiel dans la course mondiale au développement de l’influence, ce que Joseph Nye a nommé dès les années 90 le softpower ? Les rapports sur le sujet se sont succédé, concluant tous qu’il allait de l’intérêt national de lui redonner visibilité et dynamisme mais, comme c’est hélas l’habitude en France, ils ont été immédiatement remisés dans le fond des tiroirs des décideurs politico-administratifs (sauf pour ce qui concerne l’idée d’une francophonie économique qui a fini par percer) : celui d’Hervé Bourges de fin 2007 « La renaissance de la Francophonie », ou encore plus récemment celui de Jacques Attali d’août 2014 « La francophonie et la francophilie, moteurs de la croissance durable ». Celui de Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger, sur « La francophonie : action culturelle, éducative, et économique » de janvier 2014. Ou encore le rapport d’information de la Commission des finances de l’Assemblée nationale de décembre 2015. Et bien d’autres.

Dans le contexte des bouleversements en cours qui interrogent les identités, des enjeux géoculturels qui deviennent structurants de la vie internationale, de la concurrence multi-acteurs en termes d’influence, de la disruption des modes de faire et de faire-savoir en conséquence de la domination des technologies numériques1, quelle est ou quelle devrait être la place de la francophonie dans la défense des intérêts de la France ?

UN ETAT DES LIEUX INQUIETANT

« Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » (Charles Peguy)

« Parler une langue, c’est aussi penser dans cette langue » (Metin Arditi) 

Comme le regrettait déjà il y a dix ans et à juste titre Hervé Bourges, c’est d’abord « en France qu’on ne croit pas à la francophonie et que le pays ne défend pas sa langue. » On le voit tous les jours dans les panneaux publicitaires, les noms des magasins, les menus des restaurants, les enseignements des universités et grandes écoles dispensés de plus en plus en anglais (plus de 50% à Sciences po), jusqu’au slogan de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024 « Made for sharing ».

La loi Toubon du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française est un rempart de plus en plus fragile face aux dérives linguistiques qui se multiplient en entreprise, dans le commerce, les transports ( SNCF), les médias, les universités , la recherche, et pire encore les institutions culturelles…

L’affaiblissement du rôle de l’Etat en est une des causes. La rareté flagrante des moyens publics, le recentrage de l’Etat sur des missions régaliennes qui sacrifient l’enseignement et la culture, l’autonomisation croissante des pôles universitaires, des collectivités locales, des acteurs associatifs y contribuent largement : la « privatisation » généralisée de nombre de secteurs d’activité semble un mouvement irréversible.

1°Des chiffres trompeurs pour décrire le monde de la francophonie

On évoque partout le chiffre de 230 millions de francophones au sens strict ou partiel. Soit 37 pays francophones, dont 31 ayant la langue française comme langue officielle soit seule soit parmi d’autres (parmi lesquels 23 pays africains) et 6 n’ayant pas la langue française comme langue officielle mais où plus de 20% de la population parle français (Tunisie, Algérie, Maroc, Liban, Andorre, Moldavie). Auxquels on ajoute 41 pays francophiles, où une petite partie des ressortissants a un intérêt pour la langue et la culture françaises, et qui sont généralement membres ou observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (Roumanie, Arménie, Qatar, Thaïlande, Vietnam, Ghana, etc.).

Même si l’ensemble de ces 78 Etats représente 1 milliard et demi d’habitants, il serait plus juste de parler de 130 millions de francophones réels (rapport Attali).

Quant à estimer que d’ici 2050 il pourrait y avoir 7 à 800 millions de francophones, du fait essentiellement de la croissance démographique en Afrique, cela reste très sujet à caution, notamment parce qu’il est loin d’être certain que les systèmes éducatifs de ces pays aient la capacité de former de bons francophones. Nous y reviendrons.

En revanche le rapport Attali enrichit à juste titre le sujet en y incluant le réseau des milliers de personnes « francophilophones », les deux concepts de francophilie et de francophonie étant liés : diasporas francophones (Libanais par exemple), élites formées dans le système français et n’appartenant pas nécessairement à des pays francophones (lycées français à l’étranger, étudiants). A noter enfin que la langue française demeure la cinquième ou sixième langue mondiale derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou l’hindi et qu’elle est parlée sur les cinq continents.

Au final, l’espace francophone est certes mondial, ce qui est fondamental, mais il n’a pas vraiment de centre ni de périphérie : il est hétérogène, très divers, marqué par l’histoire coloniale. Certains pays sont francophones mais pas ouvertement francophiles (l’Algérie n’est pas membre de l’Organisation Internationale de la francophonie – OIF). D’autres revendiquent leur désir d’appartenir à l’OIF mais ne sont ni francophones ni francophiles (candidature de l’Arabie Saoudite). Les pays d’Amérique latine restent en revanche foncièrement attachés aux valeurs portées par la culture française qui ont marqué leur histoire. D’autres pays s’intéressent à la francophonie pour des raisons économiques et commerciales : ainsi la Chine ou des pays africains comme l’Afrique du Sud, le Kenya, la Tanzanie.

2° Une action multilatérale marquée par le désengagement de la France – à l’exception de TV5 Monde

– L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dirigée depuis 2 ans par Mme Michaëlle Jean (ancienne gouverneure générale du Canada), et les opérateurs de la Francophonie (Agence Universitaire de la francophonie -AUF, Université Senghor, Association des maires francophones), ainsi que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) souffrent du désengagement évident de la France même si celle-ci reste un contributeur de poids.

L’OIF dispose d’un budget en 2016 de 72 millions dont 24 millions de contribution obligatoire et volontaire de la part de la France, qui prend en charge le loyer très élevé de son siège en plein coeur de Paris : 5,6 millions d’euros ! Soit l’équivalent de 500 bourses pour étudiants…. La baisse de la contribution de la France étant globalement de 25% par rapport à 2010, la contribution des Canadiens (Canada, Québec, Nouveau-Brunswick) est en passe de dépasser désormais celle de la France. Notre capacité d’influence en souffre, d’autant que nous ne disposons plus d’aucun poste de cadre à la direction de l’Organisation – tellement elle intéresse peu nos responsables politiques?

Malgré un effort de rationalisation de la gestion, les dépenses de fonctionnement restent trop élevées (un peu moins de 50%) par rapport aux programmes. L’OIF n’est pas un gros bailleur de fonds : seulement une trentaine de programmes. Ces derniers s’éparpillent entre les divers secteurs de coopération et il n’y a pas vraiment de priorités. La preuve en est la Déclaration du dernier Sommet de Madagascar en novembre 2016 , un véritable inventaire à la Prévert !. Certes Mme Jean s’est impliquée dans la nouvelle plateforme libresensemble qui s’adresse aux jeunes, pour lutter contre la radicalisation, ainsi que dans le développement de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes, programme d’ailleurs majoritairement financé par le Canada.

Le problème majeur que rencontre l’OIF est celui de son élargissement continu : un comité est censé travailler dès cette année à mieux définir les critères d’adhésion, beaucoup trop flous2. Il y a aujourd’hui 84 pays membres dont 54 de plein droit, 4 associés et 26 observateurs. La majorité de ces pays ne sont pas francophones, ce qui fait courir un risque majeur pour la langue française elle-même… Au Sommet de Madagascar ont été admis l’Argentine, le Canada-Ontario, la Corée du Sud comme observateurs, et la Nouvelle-Calédonie comme membre associé. En 2010 les Emirats arabes unis sont devenus observateurs, en 2012 le Qatar membre associé. Autres exemples : en 2012 l’Uruguay est admis comme observateur, en 2014 le Mexique et le Costa Rica. Quant au Kosovo, il a réussi à se glisser comme observateur depuis 2014. L’Arabie Saoudite a rempli un dossier de candidature et il a été extrêmement délicat, semble t’il, de considérer à Madagascar que l’on n’était pas en mesure de la retenir, à ce stade, pour des raisons de procédure : ce n’est donc que partie remise ? Ainsi, si l’on continue d’être attaché au respect des valeurs démocratiques de la francophonie, à l’usage de la langue française, ou a minima aux preuves d’une certaine francophilie, cette Organisation n’est-elle pas en train de perdre de son sens même ? C’est un fait que la problématique d’un équilibre à maintenir entre la logique de l’approfondissement et celle de l’élargissement à de nouveaux membres n’a été jusqu’à présent à l’ordre du jour d’aucune réunion au niveau politique- par crainte probablement que le consensus ne se brise…

Or comme aimait à le rappeler un de ses pères fondateurs, Leopold Sédar Senghor, «  il s’agissait d’élaborer, puis d’édifier un « commonwealth à la française »..par ensemble, j’entendais , j’entends toujours: entre nations qui emploient le français comme langue nationale, langue officielle ou langue de culture »( 1981). Il faudrait sans doute revenir à ces fondamentaux.

Anne Gazeau-Secret
12 février 2018

1 Disruption = « disruptif ». Le terme dérive du latin disrumpere, « briser en morceaux, faire éclater ». Dans le langage des entreprises du numérique, « l’innovation disruptive », c’est l’innovation de rupture, celle qui bouscule les positions établies, court-circuite les règles du jeu, impose un changement de paradigme. Selon le philosophe Bernard Stiegler, la « disruption » constitue une barbarie « soft » incompatible avec la socialisation. La fuite en avant technologique produit une perte de repères et une désespérance qu’il est impératif d’assumer afin de repenser l’élaboration des savoirs et la macroéconomie.
2 Ces critères sont de plus sans valeur contraignante et non respectés dans les faits, en dépit de l’existence de « statuts et modalités d’adhésion » adoptés lors du IXeme Sommet de la francophonie de Beyrouth de 2002 et précisés au Sommet de Bucarest en 2006.
3 On aurait pu imaginer aussi que le représentant personnel du chef de l’Etat pour la francophonie, distinct du ministre, s’implique fortement dans cette action interministérielle. N’ayant que peu de prise sur les administrations, ce fut une fonction purement honorifique. En tout cas pour plus de clarté et de cohérence, il vaut mieux que le ministre soit en même temps représentant personnel.

lire la suite…

 
 

DEFENSE : AJUSTEMENTS BUDGETAIRES ENFIN ! Richard Labévière. La démission estivale du CEMA – le général Pierre de Villiers – aura au moins servi à quelque chose : améliorer le quotidien de nos soldats, boucher les trous en effectifs et matériels, combler des retards criants de livraisons d’équipements et mieux prendre en cause les cyber-menaces. Autant d’ajustements destinés à rétablir le lien de confiance minimal entre les président de la République, le pays et nos armées.

Il est vrai que l’effort consenti est significatif, même s’il repousse les principaux engagements après le quinquennat que ce soit en dotation budgétaire, en augmentation des effectifs ou en livraison de matériels. En prévoyant une révision en 2021, les engagements inscrits dans la LPM (Loi de programmation militaire) – 2019 – 2025 – se conjuguent déjà au conditionnel, les « petits voleurs de Bercy » n’ayant pas dit leur dernier mot.

Cela dit, la LPM, présentée jeudi dernier en conseil des ministres, pour la période 2019 – 2025, débloque 295 milliards d’euros. Pour 2018, le budget de nos armées se monte à 34,2 milliards et devrait bénéficier d’une hausse annuelle de 1,7 milliard d’euros jusqu’en 2022. Ensuite, des ajustements de 3 milliards sont prévus selon les modalités d’une révision de la LPM fixée à l’horizon 2021. Et la loi affiche l’objectif réclamé par l’OTAN – rappelé par le Président – d’atteindre les 2% du PIB consacrés à l’effort de défense en… 2025.

Lorsque l’on compare ces ajustements aux dernières augmentations des budgets de défense américains, chinois et russes, on se dit que cette mise à niveau française n’est pas du luxe. Et qu’on ne vienne pas prendre exemple sur nos « amis » britanniques en plein traumatisme post-Brexit qui continuent à décrocher pour s’en remettre de plus en plus aux Américains et aux industries américaines de défense : America First !

Par conséquent et pour une fois, on peut se féliciter et adresser un satisfecit à Florence Parly. La nouvelle LPM veut, d’abord envoyer un message clair en améliorant le sort des quelques 200 000 militaires français ! Cela dit, c’est tout de même la moindre des choses d’assurer des conditions de vie quotidienne décente, sinon attractive aux jeunes gens qu’on envoie au feu.

Globalement, la ministre de la Défense ne touche pas aux formats d’armées (terre, air, mer) définis par l’ancienne LPM, ni en nombre d’hommes, ni en catégorie de matériels : blindés, avions de chasse, frégates. La LPM consacre toutefois une légère remontée des effectifs pour les porter à 275 000 soldats et civils en 2025, contre 268 000 aujourd’hui. Au total, 6000 créations de postes sont envisagées, dont la moitié au cours du quinquennat, notamment pour renforcer les effectifs du renseignement (1500 postes), de la cyberdéfense (1500 postes), de la surveillance des sites sensibles (750 postes) et du soutien à l’exportation (750 postes).

Du côté de la Marine nationale, la livraison des quatre premiers sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) Barracuda – qui a déjà trois ans de retard – est annoncée d’ici à 2025, ainsi que celles des trois dernières frégates multi-missions (FREMM) et deux des premières frégates intermédiaires (FTI). Enfin, cette dernière LPM débloque le lancement des premières études pour la conception d’un porte-avions de nouvelle génération destiné à remplacer le Charles-de-Gaulle devant prendre sa retraite en 2038.

On parle bien – ici – de « remplacement » et non du deuxième porte-avions (PA-2), nécessaire afin d’assurer la permanence à la mer de notre Groupe aéronaval ! La question n’st toujours pas tranchée. Et en cette matière, il est faux – du moins approximatif donc inapproprié – d’avancer le seul argument du coût, sans tenir compte des retombées induites en matière de recherche, d’emplois et sous-traitance. Il suffit de rappeler que sans le Charles-de-Gaulle, la France n’aurait, tout simplement plus de filière aérospatiale !

Le coût du PA-2 – soit une enveloppe pouvant varier de 4 à 2 milliards d’euros – équivaut aux pertes, pillages et dommages causés chaque année aux 11 millions de kilomètres carrés de l’espace maritime français… On ne le répétera jamais assez : faudrait-il aussi en faire quelque chose !

En définitive, cette nouvelle LPM fixe un bon cap sans toutefois définir une feuille de route stratégique de long terme, une ambition, un grand dessein… Elle permet les ajustements nécessaires pour que la France continue à tenir son rang dans le monde. Lors des révisions annoncées en 2021, on verra si Bercy n’est pas repassé derrière le rideau avec ses grands ciseaux… Madame la ministre, encore un effort… notamment pour doter notre pays d’une réelle stratégique maritime et navale.

lire la suite…

 

CRASH D’UN F-16 ISRAELIEN EN SYRIE – RFI, 10 février.

Un avion de combat F-16 israélien s’est écrasé en Israël et l’un des pilotes a été gravement blessé ce samedi, après avoir essuyé des tirs de la défense anti-aérienne syrienne. Ce fut une matinée agitée pour les habitants de la Galilée en cette journée du shabbat, raconte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Des sirènes à 4 heures 25 ce samedi matin les ont invités à descendre dans les abris après qu’un drone iranien lancé depuis la région de Palmyre dans le centre de la Syrie a pénétré l’espace aérien israélien. Un hélicoptère de combat de type Apache l’intercepte et réussit à l’abattre. Aussitôt après, l’armée israélienne riposte en frappant ce qui est qualifié ici de « systèmes de contrôles iraniens » en Syrie. Et pour la première fois un des appareils israéliens, un F-16, est touché par un missile sol-air syrien. Les deux pilotes s’éjectent et sont récupérés. L’un d’eux est cependant dans un état grave. L’appareil s’écrase quant à lui dans le nord d’Israël sans faire de blessés. Cette attaque constitue une grave violation de la souveraineté de l’Etat hébreu, affirme un porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. L’Iran, ajoute-t-on en Israël, « entraîne la région vers une escalade de violence dont il paiera le prix ». Au total, l’aviation israélienne a frappé douze objectifs, y compris trois batteries de défense anti-aériennes et quatre cibles iraniennes non précisées, a affirmé l’armée dans un communiqué. C’est, en tout cas, la première fois que l’armée israélienne annonce ouvertement avoir visé des cibles iraniennes depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, a encore indiqué le porte-parole des militaires. De leurs côtés, les forces de défense aérienne syriennes ont indiqué avoir répondu à une « nouvelle agression israélienne », selon l’agence de presse officielle Sana.

 

SYRIE : ISRAËL MENACE L’IRAN – Ouest-France, 10 février.

La situation se tend entre Israël et l’Iran allié de la Syrie après qu’un F16 israélien a été abattu. Israël explique avoir envoyé l’avion de chasse après qu’un drone iranien a été repéré dans son espace aérien. Le porte-parole de l’armée d’Israël tient l’Iran et le régime syrien pour responsables. Israël a prévenu samedi que l’Iran et la Syrie jouaient « avec le feu », alors que lui-même ne cherche pas l’escalade mais se tient prêt à toutes les éventualités après un brutal accès de tensions chez le voisin syrien. « Nous ne cherchons pas l’escalade, mais nous sommes prêts à différents scénarios », et « à faire payer cher » de tels actes, a indiqué le porte-parole de l’armée israélienne après qu’un F16 israélien s’est écrasé. L’un des pilotes a été gravement blessé. Des raids israéliens ont visé des cibles iraniennes et syriennes en Syrie après l’interception d’un drone lancé selon l’armée à partir du territoire syrien. Le F16 est tombé dans le nord du territoire israélien. C’est la première fois que l’armée israélienne dit ouvertement avoir pris pour cible des « cibles iraniennes » en Syrie depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, où l’Iran aide militairement le régime de Bachar al-Assad. Les hostilités semblaient se poursuivre. L’agence officielle syrienne Sana a rapporté que la défense anti-aérienne avait repoussé quelques heures plus tard une nouvelle attaque de l’armée de l’air israélienne près de la capitale Damas. L’accès de fièvre a commencé dans la nuit avec l’interception par l’armée israélienne d’un drone présenté comme iranien au-dessus de son territoire. « Un hélicoptère de combat a procédé à l’interception réussie d’un appareil sans pilote qui avait été lancé de Syrie et est entré en Israël », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué. « En représailles, l’armée a visé des cibles iraniennes en Syrie ». L’armée israélienne a prévenu qu’elle considérait « l’attaque iranienne et la riposte syrienne comme une violation grave de la souveraineté israélienne ». Elle surveille la situation « et est totalement prête à de nouvelles actions, en fonction de son évaluation de la situation et des nécessités ». « L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne », a tweeté le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. "L’armée israélienne a pris pour cible les systèmes de contrôle iraniens en Syrie qui ont envoyé le drone dans l’espace aérien israélien. Après des tirs massifs de la défense anti-aérienne syrienne, un F16 s’est écrasé en Israël. Les pilotes sont sains et saufs. L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne" Les avions israéliens ont essuyé « de multiples tirs de missiles anti-aériens » après que le drone a été abattu, a précisé l’armée. Les pilotes de l’un des avions ont dû s’éjecter et sont retombés en territoire israélien, où ils ont été emmenés à l’hôpital. L’un d’eux est gravement blessé. Leur avion s’est écrasé dans la région de la vallée de Jezreel, à l’est de la ville de Haïfa, dans le nord d’Israël, selon la police.

lire la suite…

 

Après son adjoint Satterfield chargé du Proche-Orient, le secrétaire d’état américain Rex Tillerson est annoncé pour le 15 au Liban, pays hélas très peu enneigé cet hiver, dérèglement climatique oblige. Chaque jour une énorme pollution est générée par l’intense trafic embouteillé de grosses voitures et de vieux véhicules, et par d’innombrables groupes électrogènes, dans ce pays trop libéral et presque sans état, ni urbanisme, ni transports publics modernes, aux carburants pas chers et gaspillés. Chaque nuit le nuage de cette pollution tiède et brune redescend des collines en se refroidissant et se pose sur la mer. Au-delà des montagnes, dans la Syrie profonde, les Etats-Unis viennent, pour la 3ème fois, de bombarder massivement, près d’une raffinerie de Deir ez-Zor,  l’armée syrienne et ses milices alliées, illégalement, en toute impunité, comme le fait souvent et à sa guise l’état israélien voisin.

Bernard Cornut

 

CHASSE À L’HOMME ET PRÉSOMPTION DE CULPABILITÉ…

Drôle d’époque que celle où nous vivons aujourd’hui ! Celle des emballements médiatiques, des émotions, des fausses nouvelles, des bobards, des contradictions permanentes entre les paroles et les actes, des procureurs auto-désignés pour la circonstance… La question du harcèlement sexuel – il n’est pas question ici de nier la réalité d’un phénomène grave puni par la loi – fait la une des médias depuis les révélations de l’affaire Weinstein. La parole des femmes se serait libérée, nous dit-on. La machine à délation, la lapidation en ligne aussi avec tous les hashtags (#balancetonporc et #meetoo) et autres réseaux sociaux qui donnent le la de la bienpensance. Il ne se passe pas une seule journée sans que nos perroquets à carte de presse ne livrent en pâture le nom d’un coupable médiatique et cela sans autre forme de procès. Cela a pour nom la « justice 2.0 » dont le principe est : « vous êtes accusé… vous êtes condamné ! » (Cf. la caricature parue dans le volatil du 31 janvier 2018 en page 6).

L’avant-dernier en date est le jeune ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, transfuge de la droite, accusé de viol après qu’une première information ait été classée mais qui se retrouve sur la sellette bien malgré lui. Aussitôt, certains (certaines) réclament sa tête et exigent sa démission immédiate de ses fonctions au nom de la morale et de l’exemplarité. Accusé de viol (il aurait implicitement arraché le consentement de cette ancienne « call girl » à une relation sexuelle en échange d’une intervention auprès du Garde des Sceaux), puis d’abus de pouvoir (antienne très à la mode dans les relations de travail), il est présenté, une fois de plus, comme la victime expiatoire à brûler sur le bûcher médiatique pour satisfaire l’esprit de vengeance qui est dans l’air du temps. Nous éviterons de nous prononcer sur la réalité des faits, n’ayant pas eu accès au dossier. Pas plus que sur le dossier de harcèlement sexuel imputé aujourd’hui à Nicolas Hulot.

Qu’une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve tentent de calmer le jeu de l’opposition femmes-hommes, il y a quelques jours, et elles sont immédiatement traînées dans la boue au nom de la rupture de la solidarité féminine ! Au nom de la liberté d’expression, il y a certaines choses que l’on ne peut plus dire, d’idées que l’on ne peut plus défendre. On l’aura compris, la chasse à l’homme, avec quelques relents de maccarthysme, est ouverte, certaines pensant que cela va faire avancer la cause légitime des femmes victimes de violences intolérables. Car, au-delà de cet aspect quasi-anecdotique, le problème qui est posé est de plus grande ampleur (Cf. affaires Daval, Mathieu Gallet…). Il touche à un principe cardinal dans une démocratie, un état de droit, celui de la présomption d’innocence. Concept particulièrement galvaudé et malmené de nos jours, y compris par ceux qui devraient en être les gardiens, à savoir certains magistrats peu scrupuleux. De quoi s’agit-il au-delà d’une clause de style ? D’un garde-fou destiné à protéger tout citoyen (nne) contre l’arbitraire et non pas d’une lubie de juriste vétilleux. Au lieu de parler dans le vide reportons-nous à trois textes essentiels en la matière – qui dépassent le strict cadre hexagonal – dont une immense majorité ignore tant l’existence que le contenu.

Ali Baba

lire la suite…
 
 

Print Friendly, PDF & Email