Observatoire Géostratégique                      numéro 76       /      23 mai 2016

SACRE ALAIN GACHET !

Ingénieur des Mines, Alain Gachet est un inventeur génial, un baroudeur courageux et un fabuleux découvreur d’eau. D’abord pétrolier, puis chercheur d’or, il consacre désormais sa vie à sauver des populations en faisant jaillir de l’eau potable dans les régions les plus hostiles de la planète. Le récit de ses aventures nous donne un livre passionnant1 et aussi haletant que les plus grands romans d’espionnage…

Embauché en 1977 par la société pétrolière française Elf-Aquitaine, il va pratiquer durant quatre ans un sport de haut niveau : l’exploration de la mer du nord et la vie à bord de plates-formes battues par les tempêtes. Ses réussites attirent déjà les foudres des technocrates carriéristes qui pullulent dans les grandes sociétés françaises. En 1987, il est mis au placard au Gabon pour interpréter des kilomètres d’échographie sismique dans un bureau exigu sur la presqu’île de Port-Gentil. En juillet 1989, on l’envoie superviser une opération de repérage sismique dans le sud de Lambaréné, zone de forêt vierge près du lac Onangué, proche de la Mission du Dr. Schweitzer, au bord de l’Ogodué. Il y découvre la grande forêt primaire, ses gorilles et la sagesse des Pygmées.

Après d’autres épopées au Kazakhstan, puis au Congo-Brazzaville en pleine crise à la veille des génocides rwandais, un agent de la CIA lui soumet des images radar de la région produites par la navette spatiale américaine. On peut y lire des pistes clandestines destinées à acheminer des armes à travers la forêt vierge… Pour faire plier l’URSS, Ronald Reagan vient de lancer son programme de « Guerre des étoiles » qui repose sur les satellites et les navettes spatiales. La guerre change, ses techniques aussi. Les foyers de confrontations civilo-régionales se multiplient. En 1997, délaissant les guerres civiles africaines, Alain Gachet quitte Elf qui se privatise, crée sa propre société et devient chercheur d’or dans les monts du Chaillu, à l’ouest du Congo où il retrouve ses amis pygmées. Ces derniers l’initient aux subtilités d’une pensée sauvage2 qui anticipe parfois les avancées scientifiques les plus modernes.

A la croisée de la connaissance des structures élémentaires de la parenté et de celle des plissements géologiques de la planète, Alain Gachet comprend qu’il doit franchir l’Atlantique pour aller se former aux meilleurs outils radar d’observation de la terre qu’aucun ingénieur n’utilise encore. Ces technologies lui ouvrent des domaines d’exploration insoupçonnés. Elles vont lui permettre de découvrir des gisements métallifères et pétroliers au cours de nouvelles missions en Centrafrique. En 2002, alors qu’il recherche du pétrole pour la Shell, l’utilisation du radar lui permet de détecter une fuite d’eau gigantesque dans le désert de Syrte en Libye. Cette fuite de plusieurs milliards de mètres cubes d’eau n’avait, jusque-là, jamais été détectée. Cette découverte sera à l’origine de son invention – le système Watex (Water Exploration) -, qu’il va s’acharner à mettre au point pendant deux ans. Ce système expert, qui élimine tous les effets de surface, à l’image du télescope Hubble3, qui gomme tous les effets atmosphériques, lui permettra de faire de spectaculaires découvertes d’aquifères profonds.

Richard Labévière

1 Alain Gachet : L’Homme qui fait jaillir l’eau du désert – A la recherche de l’eau profonde. Editions Jean-Claude Lattès, octobre 2015.
2 Claude Lévi-Strauss : La Pensée sauvage. Editions Plon, 1962.
3 Le télescope spatial Hubble est un télescope spatial développé par la NASA avec une participation de l’Agence spatiale européenne qui est opérationnel depuis 1990.

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ISRAËL-PALESTINE : LA CONFÉRENCE INTROUVABLE…

« En politique, le pire crime est d’avoir des ambitions plus hautes que ses capacités » (Napoléon). Ce qui vaut pour la politique vaut pour la diplomatie, en général, et pour le règlement des crises au Proche et du Moyen-Orient, en particulier. Nous en faisons le constat quotidien avec le conflit israélo-palestinien sur lequel il ne nous revient pas de nous prononcer. Il nous semble opportun de nous pencher sur le projet avorté de réunion à Paris (30 mai 2016) d’une conférence internationale (une vingtaine de pays, ONU et Union européenne sans Israéliens et Palestiniens), idée lancée par Laurent Fabius, reprise par son successeur, Jean-Marc Ayrault.

Plusieurs questions légitimes se posent. Cette conférence était-elle opportune dans le contexte local, régional et international actuel ? Ne relevait-elle pas de la méthode Coué chère à l’ex-titulaire du Quai d’Orsay, expert patenté en diplomatie incantatoire ? Pour tenter de répondre à ces questions, il importe d’abord de se référer à la pratique diplomatique pour cerner les conditions empiriques du succès d’une conférence internationale. Il nous appartient, ensuite, d’analyser les hypothèques qui grevaient son succès et, enfin, les raisons qui ont conduit à son report par le président de la République.

LA THÉORIE OU LES CONDITIONS DU SUCCÈS D’UNE CONFÉRENCE

La réussite d’une conférence internationale peut s’apparenter à celle d’une recette de cuisine. Outre la nécessaire qualité des ingrédients, le tour de main du chef est indispensable

La nécessaire qualité des ingrédients

Préférer la paix à la guerre. « Un congrès est une fable convenue entre les diplomates, c’est la plume de Machiavel unie au sabre de Mahomet » (Napoléon). Traiter de l’alchimie qui préside au succès d’une conférence internationale revient à s’interroger sur la convergence entre guerre et paix. A partir de quel moment, les conditions sont-elles réunies pour que les belligérants privilégient la seconde par rapport à la première ? Il n’est un secret pour personne que la diplomatie est plus facile quand on marchande à partir d’une position de force. Il y a d’abord le temps de la négociation qui peut être très long (treize ans pour la négociation entre l’Iran et les Cinq sur le nucléaire) puis le temps du marchandage (quelques mois ou quelques semaines) et enfin le temps, tant attendu, de la signature (quelques minutes dans la plus grande solennité). L’expérience montre que l’obtention d’un accord est un art qui ne se fonde sur aucune règle établie.

Savoir comment aller à la paix. Toute négociation doit commencer par une compréhension de la situation au sein du camp adverse et par l’examen du contexte général. Quand on entreprend une négociation, il faut établir à quoi l’on veut aboutir et comment. Savoir où l’on veut aller, c’est l’essence même de toute diplomatie.

Ensuite, il faut trouver des formules ménageant tous les intérêts, toutes les susceptibilités et Dieu sait si elles sont grandes au Proche et au Moyen-Orient. Et c’est là qu’intervient la diplomatie qui « se propose de composer plus que d’opposer, sans composer au point de décomposer » (Comte de Saint-Aulaire, 1954). Elle consiste à rapprocher des points de vue divergents par le biais de la négociation qui est l’art d’obtenir le plus de concessions possibles des uns et des autres. Quel est son objectif ? Parvenir à la mise au point d’un accord dans lequel chacun s’y retrouve au-delà des concessions douloureuses auxquelles il doit consentir. L’indispensable tour de main du chef

Le recours à l’alchimie. En diplomatie, les seuls traités durables seraient les traités conclus entre les arrière-pensées. Pour y parvenir, la qualité du négociateur est essentielle. Souvenons-nous du talent de Talleyrand pour obtenir des concessions inespérées de la part des puissances vainqueurs lors du Congrès de Vienne en 1815 ! La lucidité est la qualité principale du bon négociateur : « il faut être lucide sur les risques inhérents à toute solution »1. Dans toute négociation, le risque principal est la rupture. Rompre la négociation est évidemment une option toujours sur la table quand les parties se trouvent dans une impasse ou quand l’un des deux campe sur des positions inacceptables. L’histoire des négociations entre Israéliens et Palestiniens constitue un cas d’école en la matière. Pendant une négociation au long cours, la meilleure stratégie reste la fermeté, la vigilance2 mais aussi un minimum de souplesse pour ne se fermer aucune option.

Le recours au tour de main. La discrétion reste la meilleure garantie pour éviter que le débat ne se déplace de la salle de conférence vers la place publique. Elle contribue à la mise en place d’un triptyque : diminution progressive de la tension jusqu’à une cessation durable des hostilités ; création des conditions de la confiance et, en dernière analyse, définition du cadre de l’accord : acceptation des principes généraux tout en ne perdant pas de vue que le diable se cache dans les détails. Et ce n’est qu’une fois toutes ces étapes franchies que l’on peut envisager de réunir une conférence chargée soit de régler les dernières difficultés, soit d’entériner officiellement un accord ad referendum (agréé entre experts) pour autant que leurs mandants s’y associent. Une fois encore, la dextérité du ou des négociateurs est fondamentale pour parvenir au résultat souhaité. Commencer par réunir une conférence revient à « mettre la charrue avant les bœufs ».

Non moins important pour le succès d’une conférence est le contexte global dans lequel elle intervient. Pour ce qui est de la conférence de Paris, le moins que l’on puisse dire est qu’il ne l’était pas !

LA PRATIQUE OU LES CONDITIONS DE L’ÉCHEC D’UNE CONFÉRENCE

Objectivement, le projet de conférence de Paris était, dès l’origine, grevé d’une double hypothèque : internationale et française.

Une hypothèque internationale

Américains et Russes. Ils sont plus que réservés sur cette initiative française, et cela, dès son lancement. Moscou ne semble pas prendre au sérieux ce qu’il considère comme un pur exercice déclaratoire. Washington n’apprécie guère cette ingérence sur un dossier qu’il estime être de sa compétence exclusive. Ce n’est pas à six mois des élections présidentielles que l’administration Obama va prendre des initiatives dans la région, va faire preuve de volontarisme pour faire avancer les choses. Si évolution il doit y avoir, elle n’interviendra au mieux qu’au printemps 2017. Interrogé sur la participation incertaine des États-Unis à la conférence ministérielle du 30 mai 2016, Jean-Marc Ayrault précise : « s’il faut décaler cette réunion de deux ou trois jours pour que John Kerry puisse venir, nous trouverons une date ». Cette réponse est la marque d’une grande improvisation, d’une très grande dépendance vis-à-vis de Washington. Ceci laisse songeur !

Israéliens et Palestiniens. Exclus de la négociation pour les empêcher de jouer les trouble-fêtes, leur situation respective est contrastée. Si, faute de mieux, les Palestiniens appuient le projet français, les Israéliens le récusent fermement ab initio (Cf. la réaction négative, voire hostile du premier ministre), privilégiant les négociations directes sans préalable (ou plus précisément l’absence de négociations), autrement dit des discussions en position de force avec l’équipe affaiblie de Mahmoud Abbas (absence d’autorité sur Gaza et soupçons sur sa famille dans les « Panama papers »). Pour mieux discréditer le projet français et doucher les ardeurs de Jean-Marc Ayrault qui arrive à Jérusalem avec la foi du néophyte3, Benyamin Netanyahou stigmatise « l’impartialité » de la France4. Dans son for intérieur, il compte sur l’arrivée à la Maison Blanche d’une administration plus favorable encore aux thèses israéliennes que l’actuelle.

Une hypothèque française

Un problème structurel. Drapés dans le voile de l’ignorance, nous croyons ce que nous voulons croire et nous ne voulons pas voir ce qui est en train de se passer au Proche et au Moyen-Orient. Revenons quelques instants sur le rôle négatif de Laurent Fabius dans cette affaire. Après ses « brillants succès » sur le dossier syrien, il se prend à vouloir relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens (juin 2015). Fidèle à sa diplomatie du gadget, il annonce le dépôt d’une résolution au Conseil de sécurité à l’automne, fixant les grandes lignes d’un accord assorti d’une date butoir, fin 2017. Faute de quoi, il brandit la menace de reconnaissance par la France de l’État palestinien. Les réactions ne se font pas attendre. Benyamin Netanyahou considère qu’il s’agit d’un sabre de bois. John Kerry l’exhorte à renoncer. Tel un courtisan obséquieux, Laurent Fabius s’exécute. Entêté, il revient à la charge, début 2016, avec son projet de conférence.

Un problème conjoncturel. Un constat accablant s’impose à son successeur qui n’en peut mais. Toutes les initiatives prises par son prédécesseur sur ce dossier ont lamentablement échoué. Mais, il doit faire contre mauvaise fortune bon cœur en reprenant crânement le cadeau empoisonné dont la date a été arbitrairement fixée au 30 mai 2016. Enfermés dans des délais aussi contraints, il improvise aux mieux. Les objectifs – flous au demeurant – à moins de deux semaines de cette réunion internationale peinent à masquer l’embarras de la diplomatie française pour tenter de sortir du piège qu’elle a elle-même armé par une communication approximative, décalée.

Guillaume Berlat
23 mai 2016


1 Hillary Rodham Clinton, Le temps des décisions 2008-2013, Fayard, 2014, p. 415.
2 Cécile Ducourtieux, Traité transatlantique : « Tu veux ou tu veux pas », Le Monde, 8-9 mai 2016, p. 23.
3 Bruno Ripoche, Proche-Orient : Paris veut ranimer l’espoir de paix, Ouest-France, 16 mai 2016, p. 2.
4 Cyrille Louis, Nétanyahou met en doute « l’impartialité de la France », Le Figaro, 16 mai 2016, p. 6.

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LE CRASH DU VOL EGYPTAIR ET LE SUIVI DES AVIONS. La catastrophe de l’Airbus A320 d’EgyptAir, qui s’est abîmé dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 mai en Méditerranée, soulève une fois de plus la question du suivi des avions par satellite, en temps réel, dans des zones non balayées par les radars. Si ce système est obligatoire depuis 1988 pour les bateaux, peut-on en faire de même avec les avions ? Alors que le suivi des bateaux en temps réel est obligatoire depuis 1988 et que les avions envoient déjà des données au sol via le système « Acars », la surprise créée pour la première fois dans l’histoire de l’aviation civile par la disparition du Boeing de la Malaysia Airlines en 2014 avait beaucoup pesé pour pousser le secteur à prendre des mesures. Auparavant, il avait fallu deux ans pour localiser l’épave du vol Rio-Paris Air France 447, qui s’était abîmé en mer en 2009, faisant 228 victimes. L’avion avait disparu dans une zone non couverte par les radars, englouti à 3 900 mètres de profondeur et les familles avaient réclamé l’amélioration de la localisation des avions perdus en mer. Au niveau européen, un règlement a été adopté en décembre 2015, visant à équiper d’ici fin 2018 l’ensemble des avions d’un système de suivi en temps réel. Cependant, l’équipement coûte cher aux compagnies aériennes. « En 2009, nous avons proposé de transmettre plus de données en temps réel après l’accident du Rio-Paris, mais cela posait des problèmes de connexion de satellite, souligne un spécialiste du secteur. Il fallait équiper les avions avec des dispositifs d’antennes satellites et il fallait augmenter la bande passante, ce qui veut dire que la compagnie devait accepter de prendre à sa charge les coûts de connexion ». Même si les connexions satellitaires coûtent aujourd’hui moins cher, le coût est encore « non négligeable », selon lui, l’évaluant à « plusieurs milliers d’euros à l’échelle d’un vol ». Un autre débat existe sur une recommandation de l’OACI, qui pourrait se traduire par la mise en place d’enregistreurs de vol éjectables en cas de choc. Le dispositif existe déjà sur les avions militaires, mais fait débat, notamment sur les conditions d’éjection. Airbus a annoncé qu’il allait équiper ses A350, de ces boites noires éjectables et flottantes.

LE HEZBOLLAH CONSOLIDE SON DISPOSITIF EN SYRIE. Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a affirmé vendredi 20 mai que son parti comptait s’impliquer davantage dans la guerre en Syrie. Objectif : combattre les groupes extrémistes téléguidés selon lui par Israël et les Etats-Unis. L’annonce a été faite une semaine après la mort du chef militaire du Hezbollah, Mustapha Badreddine, attribuée par le parti aux rebelles syriens. « Le Hezbollah a perdu beaucoup d’hommes en Syrie, y compris des commandants de hauts rangs », a déclaré Hassan Nasrallah dans un discours prononcé vendredi lors d’une cérémonie en hommage au chef militaire du parti Moustapha Badreddine tué la semaine dernière près de Damas. Malgré ces pertes, le Hezbollah ne compte pas se retirer de Syrie. Au contraire, le parti chiite va renforcer sa présence par divers moyens, et va poursuivre la bataille jusqu’à la victoire finale. « Nous allons rester en Syrie où nous allons envoyer un plus grand nombre de commandants », a martelé Hassan Nasrallah. Premier résultat de cette décision : lancement par l’armée syrienne et ses alliés d’une offensive contre le fief rebelle de la Ghouta orientale, à l’est de la capitale syrienne, ces deux derniers jours. Selon Hassan Nasrallah, Moustapha Badreddine a travaillé sur les plans de cette bataille avant sa mort. L’offensive a permis de reprendre aux rebelles une douzaine de localités, et de sécuriser totalement la route de l’aéroport de Damas, a précisé le chef du Hezbollah. Le chef du Hezbollah libanais a réaffirmé que Moustapha Badreddine a été tué par des rebelles syriens et non par Israël. Au passage, il a menacé Tel-Aviv de fortes représailles « quelles qu’en soit les conséquences (…) s’il s’attaquait à des membres du Hezbollah ».

ISRAËL-PALESTINE : L’INITIATIVE FRANCAISE MALMENEE – Association France-Palestine, 19 mai. L’initiative française ne serait-elle qu’un moment de lucidité face à un « processus de paix » enterré depuis longtemps par la volonté des gouvernements israéliens successifs ? Le report de la réunion annoncée pour le 30 mai en raison de l’agenda de John Kerry aurait pu prêter simplement à sourire, sans les déclarations de François Hollande à Europe 1. On y apprend d’abord que, à la suite de MM. Valls et Cazeneuve qui s’étaient improvisés responsables des Affaires étrangères, il regrette lui aussi finalement le vote de la France à l’Unesco sur Jérusalem, après avoir dans un premier temps récusé la lecture qu’en faisait le CRIF : démonstration désolante de l’incohérence française ! A-t-il été impressionné par les propos délirants de Netanyahou et de ses relais français, pour faire à son tour une lecture fantasmée de cette résolution et en promettre une nouvelle mouture pour l’automne ? La résolution ne faisait en réalité que rappeler la position constante de l’ONU concernant les lieux saints de Jérusalem, à savoir le maintien du statu quo mis à mal par les violations répétées d’Israël puissance occupante. Quant à la conférence désormais reportée, elle doit avoir lieu parce que selon François Hollande « la colonisation, les attaques, les attaques terroristes, un certain nombre de conflits …vont se poursuivre, les Palestiniens … vont aller vers le Conseil de sécurité ». Mais quel risque y aurait-il donc à ce que les Palestiniens aillent demander justice devant le Conseil de sécurité ? L’idée de base de l’initiative française, malgré de sérieux manquements, est juste, dans la mesure où elle permet de sortir du face à face inégal occupant – occupé. De cela il est malheureusement clair que le gouvernement israélien ne veut pas et qu’il faudra d’une manière ou d’une autre l’y contraindre. Pour ne pas la voir se transformer, au vu du blocage israélien, en petits marchandages mettant de côté le droit international, c’est une approche de cohérence et fermeté qui doit être celle de la France. Les complaisances à l’égard de la puissance occupante ne mènent à rien. C’est en réalité la question des sanctions qui est posée, en même temps que la pleine reconnaissance de l’Etat de Palestine.

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CRASH D’EGYPTAIR : ROISSY AU PEIGNE FIN – Rfi, 21 mai.

Plus de deux jours après le drame, les enquêteurs sont à pied d’œuvre pour déterminer les causes du crash du vol MS804 survenu dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 mai. A l’aéroport de Roissy, d’où l’A320 d’Egyptair a décollé, les enquêteurs passent au crible les bandes vidéo et a renforcé sa sécurité. Toutes les vidéos sont exploitées par les gendarmes : les images des bagages chargés dans les soutes de l’Airbus et celles prises autour de l’avion. Objectif : identifier toutes les personnes qui se sont approchées de l’appareil. Mais le travail est fastidieux. Lorsqu’un avion arrive à son point fixe, un véritable ballet se met en œuvre. Plusieurs équipes travaillent simultanément autour et à bord de l’avion, notamment le personnel qui refait le plein de carburant, celui qui charge les plateaux-repas, puis les techniciens qui font le tour de l’avion pour vérifier l’état de l’appareil. En cabine, on s’active aussi pour nettoyer au plus vite. L’escale ne dure pas plus d’une heure, le commandant de bord a à peine le temps de quitter le cockpit. En règle générale, un moyen-courrier opère plusieurs rotations dans la journée. L’Airbus d’EgyptAir avait ainsi rallié l’Erythrée, la Tunisie, l’Egypte et la France et à chaque escale, l’équipage n’a eu que peu de temps pour contrôler la cabine. Une faille dans la sécurité est toujours possible, même si pour l’heure, aucune faille ou personne suspecte n’a pour l’instant été remarquée par les enquêteurs lors du dernier stop de l’avion à Roissy. Si le crash de l’avion de la compagnie EgyptAir pointe une nouvelle fois la question de la sécurité dans les aéroports, celle-ci a été « considérablement renforcée » depuis des mois en France, « bien avant les attentats du mois de novembre », selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Concernant l’aéroport de Roissy, « il y a une mobilisation très importante de moyens : 1 300 policiers de la police de l’air et des frontières, 1 300 douaniers, près de 350 gendarmes qui assurent avec la gendarmerie de transport aérien la sécurité sur les pistes », a déclaré le ministre de l’Intérieur. Il précise que « près de 85 arrêtés interdisant l’accès aux pistes et à l’aéroport, de personnels de sociétés privés ». Mais le dispositif n’est pas infaillible et le risque zéro n’existe pas. « La difficulté, c’est que c’est un territoire immense et qu’il y a plus de 90 000 personnes qui obtiennent chaque année des badges, notamment les badges rouges pour accéder en zone réservée, là où il y a les avions : ceux qui nettoient l’avion, ceux qui ravitaillent, ceux qui mettent le pétrole, les mécaniciens, et cetera », nuance Gérard Felzer. Le spécialiste aéronautique ajoute : « Il faut traiter les individus un par un, enquêter. C’est pour ça qu’il y a eu des centaines de candidats qui n’ont pas été renouvelés dans leur autorisation, parce qu’on a trouvé que, soit il y avait un soupçon de radicalisation, soit des comportements ou même certains qui étaient déjà condamnés. »

 

LES MENSONGES D’HILLARY CLINTON – Russia/Today, 21 mai.

La vidéo où l’on voit la démocrate Hillary Clinton changer d’avis sur plusieurs questions clés telles que le mariage homosexuel, les soins universels, ses liens avec des grandes banques et son expérience en politique étrangère engrange les vues. Cette vidéo diffusée sur YouTube par le dénommé Michael Johnston et intitulée « Hillary Clinton ment pendant 13 minutes sans s’arrêter » ne risque pas d’enrayer sa baisse dans les sondages d’opinion sur les critères d’honnêteté et de confiance. L’auteur de la vidéo qui a déjà récolté plus de 7,5 millions de vues a cru bon de préciser qu’il ne s’agissait pas d’une « vidéo pro-Trump » et a indiqué qu’il travaillait sur un projet similaire à propos du candidat républicain. La vidéo concernant Hillary Clinton commence par la question du mariage entre personnes du même sexe et comment elle ne le soutenait pas publiquement jusque 2013. En 2002 par exemple, on lui a posé la question lors d’une interview télévisée de savoir si l’Etat de New York devait reconnaître le mariage homosexuel, ce qu’elle a répondu par la négative, provoquant les huées de l’auditoire. En 2004, elle a livré son propre avis sur cette question indiquant que « le mariage est un lien sacré entre un homme et une femme ». Cependant, une décennie plus tard, elle a annoncé solennellement : « Je soutiens le mariage pour les couples lesbien et gay, personnellement et au titre de ma politique ». Un autre passage concerne les déclarations de la candidate démocrate à propos de son arrivée en Bosnie en 1990 « au milieu de tireurs embusqués ». Ce que contredit complètement la vidéo diffusée par CBS où on la voit avec sa fille Chelsea saluer les responsables militaires américains et prendre des photos avec un groupe de collégiens. Elle semble également donner des doubles messages sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en faisant porter la responsabilité de la crise du logement en 2007 sur le compte des acheteurs de maisons individuelles plutôt que sur le compte des banques. Une autre question à laquelle la démocrate a bien du mal à livrer des réponses claires lors de sa campagne électorale de 2016, concerne la mauvaise gestion de ses comptes de messagerie personnels pour de la correspondance liée à son poste au département d’Etat. Lors d’un entretien face au Conseil de sécurité américain, elle a indiqué que sur environ 60 000 emails au total, la moitié, relative au travail est allé au département d’Etat, tandis que le reste était personnel. Cependant, le rapport de l’inspecteur général a trouvé que moins de 1% des courriels professionnels d’Hillary Clinton se trouvaient dans le système étatique de courrier électronique.

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Cent ans après l’accord Sykes-Picot, défilent documentaires et débats. Rien vu ni entendu sur leur perfide genèse: les intérêts économiques coloniaux concurrents des puissances impériales. En 1905 à Constantinople Sykes soudoya un employé allemand, obtint copie des notes de prospection au vilayet de Mossoul pour la Deutsche Bank concessionnaire du Baghdad Bahn. L’ambassadeur britannique poussa à décentraliser la loi minière ottomane. Le 30 avril 1913, Guillaume II réagit à des mouvements de l’armée tsariste : Je prendrai la Mésopotamie, Alexandrette et Mersin. La Guerre Européenne enclenchée, le comité De Bunsen à Londres, avec Sykes, conclut en avril 1915 que l’Empire devrait contrôler toute la Mésopotamie et un couloir jusqu’à Haïfa. Instruisant Picot le 2/11/1915, Briand craint que pour les régions minières de Kirkouk, les  Anglais se refusent à entrer dans nos vues.

Bernard Cornut

 

GALLIMARD EDITE TINTIN AU PAYS DES TERRORISTES…

Depuis toujours, le terrorisme est un phénomène de librairie. On a sur étagère les bonnes histoires de l’oncle Jean-Pierre Filiu – les jihadistes ont été littéralement paniqués par les révolutions arabes -, les aventures rocambolesques de Mohamed Sifaoui – comment j’ai infiltré une cellule d’Al-Qaïda -, et les prévisions du grand Mamamouchi Olivier Roy qui nous prédisait l’échec de l’islam politique dès 1992 ! Les derniers attentats parisiens du 13 novembre 2015 ont relancé le genre… En février 2016, les éditions Gallimard ont publié dans la prestigieuse Bibliothèque des sciences humaines, une étude intitulée « Terrorisme et mondialisation – approches historiques » par Jenny Raflik. Bigre ! Là, on se dit que c’est du sérieux et que ça va nous changer des intermittents du spectacle précédemment cités. La Bibliothèque des sciences humaines, c’est quand même une référence…

En fait, la déception n’est pas le terme approprié à la lecture de cet ouvrage qui, en fait, est une bande dessinée. Une fois passé la surprise, on se dit qu’on pourra néanmoins passer un bon moment. Outre des références très allusives, sinon mal maîtrisées des plus grands – Thomas Hobbes, Emile Durkheim, Max Weber, etc. – on se demande dans quelle intrigue est-on embarqué et quelle va être l’issue ? Le suspens ne dure pas longtemps avant que l’histoire tourne en eau de boudin des plus fades, égrenant les poncifs les plus éculés et une morale de Bichon chez les Nègres ou de Tintin au pays de l’or noir… Le talent n’y est pas et les contresens les plus massifs se bousculent comme une harde d’éléphants qui aurait abusé de la bière…

Après une série de carabistouilles au sujet du Hezbollah, qui visiblement n’est pas l’une des spécialités de l’auteure, celle-ci écrit, entre autres plaisanteries page 359 que : « le terrorisme ethno-nationaliste pouvait parfois s’apparenter ou déboucher sur une troisième catégorie, celle des terrorismes identitaires. Représenté par le KKK (Ku Klux Klan) (1865) et les Black Panthers (1966) aux Etats-Unis… » Ben voyons ! Bien que coutumier de démonstrations armées, mais toujours conformément à la loi américaine en vigueur sur le droit à posséder et porter des armes à feu, le Black Panther Party for Self-Defense fut un mouvement révolutionnaire et non une organisation terroriste. Il s’est surtout distingué par l’organisation de son programme connu sous le nom « Free Breakfast for children », qui consistait à distribuer de la nourriture aux enfants des ghettos et par l’utilisation de l’appellation du terme « Pigs » (cochons), servant à désigner les agents de police corrompus. Comparer cette organisation avec le Klu Klux Klan ayant de nombreux assassinats à son actif, « est très exagéré » aurait pu dire Mark Twain qui écrivait ces mots au New York Times qui venait d’annoncer sa mort par erreur…

Etienne Pellot

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