Observatoire Géostratégique

numéro 259 / 2 décembre 2019

MONDIALISATION : UN DISCOURS DE LA METHODE…

« Pour tromper le monde, ressemblez au monde » (William Shakespeare, Macbeth). Mais, à quoi ressemble le monde en cette fin d’année 2019 ? La réponse à cette délicate question est loin d’être aisée tant le monde d’aujourd’hui est aussi complexe qu’imprévisible. Manifestement, notre élite germanopratine, qui prolifère dans les cabinets (pas les lieux d’aisance) ministériels, n’a en pas la moindre idée pas plus qu’elle n’en a sur ce que pourraient être les contours du monde de demain. Il n’est qu’à voir, par exemple, comment elle est prise de court par les derniers rebondissements du feuilleton qui a pour nom « Brexit » et par la « tectonique des peuples ». En effet, le court-termisme et le présentisme, conjugués à la politique de l’essuie-glaces (un évènement chasse l’autre) sont les maladies chroniques des politiques qui ont le nez vissé sur le guidon d’un vélo qui avance dans une direction inconnue.

Ces derniers s’agitent désespérément pour exister médiatiquement. Tel est leur unique horizon alors que la planète poursuit inexorablement sa rotation de manière chaotique qui pourrait la conduire à sa perte (Cf. le dérèglement climatique pour ne citer que lui) ! Il est de plus en plus évident que la page du monde d’hier est définitivement tournée alors que les bases du monde de demain doivent être jetées. Un retour en arrière s’impose pour mieux appréhender la situation et éclairer l’avenir.

RAPPELER LES FONDEMENTS DU MONDE D’HIER

Si l’on essaie de résumer de manière sommaire les fondements du monde d’hier, c’est-à-dire de celui de l’après Seconde Guerre mondiale, à quelles conclusions parvient-on ? L’architecture des relations internationales peut être comparée à un véhicule à trois roues, mu par un carburant spécial.

La trilogie classique : norme, juge, gendarme

Ce que l’on qualifie traditionnellement de multilatéralisme dans la société internationale n’est autre chose que ce que l’on maîtrise parfaitement dans la société interne. Un authentique État de droit est constitué d’une tripode, d’un trépied (un triporteur) sur lequel repose le fonctionnement harmonieux d’une société civilisée. Nous voulons parler des trois ingrédients suivants.

L’existence de normes acceptées par tous et qui encadrent l’activité de chacun. Après le désastre de la Seconde Guerre mondiale, un consensus s’est fait jour pour éviter la réédition d’une telle mauvaise expérience. Ainsi, se précisent les contours de ce que l’on qualifie de « paix par le droit » ! Au niveau universel, le meilleur exemple en est fourni par la Charte de l’ONU adoptée en 1945 à San Francisco. Au niveau régional, l’autre exemple est constitué par le traité créant le Conseil de l’Europe, adopté en 1949 à Londres. Ces textes fondateurs ont été complétés par la suite par de nombreux instruments juridiques internationaux couvrant une large palette de questions politiques ou techniques. Les États considèrent qu’il est dans leur intérêt bien compris de faire passer l’intérêt général avant leur intérêt particulier pour prix de leur sécurité. Un mauvais compromis diplomatique vaut mieux qu’une bonne guerre dont on ne sait jamais où elle peut conduire.

L’existence d’un juge chargé de vérifier la conformité des actes des États à leurs engagements. L’homme étant un loup pour l’homme (Thomas Hobbes), on ne peut lui faire confiance pour être certain qu’il ne viole pas la norme, la coutume qu’il a volontairement acceptée. Ce qui vaut pour l’homme vaut pour les relations entre États. Le juge peut être un juge politique comme c’est le cas du Conseil de sécurité de l’ONU (Cf. chapitre V de ladite Charte) ou un juge judiciaire comme l’est la Cour européenne des droits de l’homme du Conseil de l’Europe qui vérifie la conformité des décisions de justice des États membres de l’organisation strasbourgeoise à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Et, l’on pourrait multiplier les exemples de toutes les organisations internationales ou de structures ad hoc en charge du contrôle des engagements.

L’existence d’un gendarme chargé de punir l’éventuel délinquant. Le constat d’un éventuel délit n’a d’intérêt, tant dans la société nationale que dans la société internationale que, dans la mesure et seulement dans la mesure où, existe une autorité responsable de la punition du déviant. Dans le cas contraire, c’est l’anarchie assurée ou le règne des puissants au détriment des faibles. La punition a un rôle dissuasif (prévenir la commission d’éventuels délits) et coercitif (rappeler que force revient toujours à la loi).

Guillaume Berlat

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Nous saluons avec respect la mémoire des six officiers, des six sous-officiers et du sergent-chef tombés au champ d’honneur pour la France lors de l’accident d’hélicoptères survenu lundi dernier 25 novembre dans la région de Menaka au sud-est du Mali : capitaine Nicolas MÉGARD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Benjamin GIREUD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Clément FRISON-ROCHE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; lieutenant Alex MORISSE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; lieutenant Pierre BOCKEL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; adjudant-chef Julien CARETTE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Romain CHOMEL DE JARNIEU du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis-chef Alexandre PROTIN du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis Antoine SERRE du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis Valentin DUVAL du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis-chef Jérémy LEUSIE du 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces et le sergent-chef Andreï JOUK du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol. Nous adressons à leurs familles et à leurs proches nos plus sincères condoléances.

La rédaction

 

SOMALISATION DU SAHEL : S’ENLISER, S’ADAPTER OU PARTIR ?

Le 25 novembre dernier, un hélicoptère de combat Tigre et un hélicoptère de transport de type Cougar se sont écrasés après s’être heurtés lors d’une opération de combat menée dans le sud-est du Mali. Treize militaires français ont péri dans ce crash qui a eu lieu dans la soirée. Selon les premiers éléments de l’enquête, la collusion entre les deux aéronefs, évoluant à très basse altitude, serait à l’origine du choc. Ils participaient à une opération d’appui aux commandos de la force Barkhane. Engagées au sol depuis quelques jours, les Forces spéciales traquaient un groupe de terroristes, repéré quelques heures plus tôt, évoluant en pick-up et à moto. Appuyé par une patrouille de Mirage 2000, l’hélicoptère Cougar – avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission – a alors été engagé pour coordonner l’ensemble de l’opération, tout en pouvant intervenir afin d’assurer l’extraction immédiate d’éléments au sol. Vers 19 h 40, pendant la manœuvre destinée à préparer l’engagement avec l’ennemi, le Cougar et un Tigre sont entrés en collision, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre. Aucun des militaires embarqués n’a survécu.

Ces pertes portent à 41 le nombre de soldats français tués depuis le déclenchement de l’opération Serval, en janvier 2013. Le dernier mort en date était un brigadier du 1er Spahis, tué par un IED (« engin explosif improvisé » de conception artisanale), également dans le même secteur de Menaka, le 2 novembre dernier. Cet accident cause l’un des plus lourds bilans humains essuyés par l’armée française depuis l’attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

LA « DOCTRINE BENTEGEAT » N’EST PAS RESPECTEE

Ce drame repose, une fois de plus, les indispensables questions liées à nos « opérations extérieures » (OPEX). De quoi parle-t-on ?

D’après la définition traditionnelle donnée par le ministère des Armées, les OPEX sont les « interventions des forces militaires françaises en dehors du territoire national ». La qualification d’OPEX résulte d’un arrêté du ministre des Armées, qui porte ouverture du théâtre d’engagement en précisant la zone géographique et la période concernées. Les OPEX se distinguent des forces prépositionnées dans des bases en Afrique en vertu d’accords de défense ou en mer. En amont du déploiement des forces, le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) fait diverses propositions de noms des opérations parmi lesquelles la présidence de la République choisit la dénomination retenue. Les opérations récentes ont pour nom Harmattan (Libye, 2011), Serval (Mali, 2013), Sangaris (République centrafricaine, 2013), Barkhane (Sahel, 2014) ou Chammal (Irak, Syrie, 2014). A ces OPEX, il convient d’ajouter 5 opérations lancées antérieurement à cette date mais toujours en cours : en Israël (depuis mai 1948), au Liban (1978), au Sinaï (1982), dans le golfe de Guinée (1990) et au Sahara occidental (1991).

Afin de mener correctement ces OPEX, le général Henri Bentégeat – chef d’état-major des armées (CEMA) du 30 octobre 2002 au 4 octobre 2006 – avait tenté de stabiliser des règles d’engagement, communément baptisées « doctrine Bentégeat ». Ces règles sont aussi simples que limpides, reposant sur trois principes : 1) des opérations courtes (dans le temps) avec un point d’entrée et un point de sortie ; 2) une mission clairement définie avec un ou des ennemi(s) tout aussi clairement identifié(s) ; 3) enfin, l’acquis d’un soutien indispensable de la représentation nationale devant savoir pourquoi et comment on engage nos soldats.

Limpide, en effet, cette « doctrine » soulignait un invariant évident et absolument incompressible de toutes les OPEX : au bout d’un certain temps, n’importe quelle armée étrangère intervenant hors de ses frontières est perçue, par les populations locales, comme une force d’occupation. En février 2006, l’auteur de ces lignes a eu l’occasion de s’entretenir avec le général Bentégeat pour la revue Défense (des auditeurs de l’IHEDN/Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale), afin de préciser le rôle de nos armées dans la lutte contre le terrorisme1.

Extraits : « les armées participent à la lutte contre le terrorisme de plusieurs manières, à travers la recherche et l’exploitation du renseignement, par les différentes missions de protection nationale et à travers les opérations extérieures. Tous les efforts qui vont dans le sens de la stabilisation ou du rétablissement d’Etats à la dérive doivent être soutenus. Ces efforts sont autant d’investissements qui concernent aussi notre sécurité. On le sait, les groupes terroristes se développent et fructifient principalement sur les terreaux d’instabilité politiques et économiques. Les réponses ne passent pas seulement par l’usage de la force ».

Et le général Henri Bentégeat concluait : « là aussi, nous sommes confrontés à des choix de méthode. Penser que l’emploi de moyens coercitifs ne fait que renforcer le terrorisme ne signifie pas, à contrario qu’il faut attendre et ne rien faire. Ignorer de futures menaces en gestation serait tout aussi irresponsable. Certes, il ne faut pas confondre l’irrédentisme ou les banditismes locaux avec du terrorisme et voir la Qaïda partout… Cela dit, il s’agit de ne pas laisser se développer de nouveaux réseaux. Entre ne rien faire et mal faire, il y a de nombreuses alternatives et nous y travaillons ».

Le 2 février 2013 – soit 22 jours après le déclenchement de l’opération Serval -, le président François Hollande est accueilli en héros à Tombouctou. Durant la même journée place de l’indépendance à Bamako, il déclare : « c’est le plus beau jour de ma carrière politique ». Avec 2000 hommes, blindés et avions de chasse, l’armée française a fait fuir les jihadistes de Konna, Douentza, Gao, Tombouctou et Kidal. Emporté par son enthousiasme, le président de la République affirme sa détermination à éradiquer le terrorisme au Mali. Avec ce discours, la « doctrine Bentégeat » vole en éclat et l’intervention militaire française s’installe dans la durée ; durée dont personne n’est en mesure d’estimer la fin. Le général François Lecointre (CEMA) ne vient-il pas de redire que « nous sommes au Mali pour 15 ans… », prévision optimiste selon plusieurs experts militaires !

Ultérieurement, après les attentats du 13 novembre 2015 et suite à la tuerie de la Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet 2016, François Hollande – comme l’avait fait George W. Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 – déclare « la guerre au terrorisme ». Mêmes causes, mêmes effets désastreux. Le terrorisme est une technique asymétrique de violence extrême. On déclare la guerre à un ennemi identifié, pas à un mode opératoire. Après l’injure faite au temps, c’est le deuxième principe de la « doctrine Bentégeat » qui est ignorée. Quant au débat parlementaire sur les conditions d’engagement de nos soldats (troisième principe), il n’aura jamais lieu…

RETOUR SUR ENGRENAGE

Le 10 janvier 2013 à 8 h.30, les jihadistes d’Ansar Eddine – commandés par le chef de guerre touareg malien Iyad Ag-Ghali – attaquent la ville de Konna, qui ouvre la route de Sévaré-Mopti à quelque 600 kilomètres de la capitale Bamako. Le même jour, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence à la demande de la France. Le président malien Dioncounda Traoré a adressé une demande d’aide militaire au même Conseil.

Le 11 janvier 2013, lors de ses vœux au corps diplomatique, François Hollande indique que la France « répondra présente, aux côtés de ses partenaires africains, à la demande malienne ». Vers 11 h, après avoir réuni un Conseil de défense, le président français donne l’ordre aux armées d’engager le combat en appui de l’armée malienne dans le cadre de l’opération Serval, qui « durera le temps nécessaire ». Les 12 et 13 janvier, quatre Mirage 2000-D effectuent des bombardements dans le nord du pays, notamment à proximité de Gao. Le même jour, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius déclare que « la progression des groupes islamistes vers le sud est stoppée ». Le même jour, Omar Ould Hamaha, dit le « Barbu rouge » déclare à Europe-1 : « les Mirage ont bombardé Gao. Ils étaient à 13 000 mètres d’altitude. Qu’ils descendent sur le terrain si c’est des hommes ! On les reçoit à bras ouverts. La France a ouvert, pour tous les Français, les portes de l’enfer. Elle est tombée dans un piège beaucoup plus dangereux que l’Afghanistan, l’Irak ou la Somalie. Et ce n’est que le commencement ! ».

Richard Labévière
2 décembre 2019

1 Défense – Revue des auditeurs de l’IHEDN/Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale. Numéro 119 – janvier/février 2006.

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JACQUES-MARIE BOURGET REVIENT SUR « LES BAINS DE SANG » DU MONDE – 1er décembre. La fée qui supporte mon existence, au prétexte que ses mots croisés sont intéressants, s’entête dans son abonnement au « Monde ». Dans cette époque où l’homme est devenu l’avenir de la femme, je souffre en silence et, finalement assez content. Si vous faites de l’enduit ou de la peinture, rien de mieux que les pages du « Monde » : étalées en tapis elles protègent le sol des bavures. Placé dans une cheminée, c’est la seule occasion donnée au « Monde » de mettre le feu.

Samedi 23 novembre, j’aperçois furtivement la « une » de ce journal si utile : « Iran : le régime se maintient au prix d’un bain de sang ». C’est intéressant ! D’un pays dont on ne sait rien, « Le Monde » va tout nous dire. N’usant ni de l’a peu près ni des « fakes news », il ne saurait improviser ou mentir. Niel, tuteur du journalisme, ne peut tolérer le plus nain des bobards. En page deux, un peu Marat, je me plonge dans le bain rouge. Et me prépare à recevoir une trombe d’informations, une avalanche de scoops. Ce qui veut dire des noms d’humains assassinés, la citation du lieu des drames, des échos noirs venus de morgues ou d’hôpitaux. Dans les pays musulmans, pour qui se rend dans les cimetières, compter les morts est facile. Les croyants devant être ensevelis au plus tôt, et à même la terre bien sûr, il suffit de compter les tombes fraichement creusées pour mesurer le poids de la mort. Je me souviens avoir pratiqué ce comptage à Nadjaf, en Irak, en 1991. Où les corps des soldats morts au Koweït trouvaient leur dernier repos ici dans la ville sainte. Mais « Le Monde » ne pleure pas dans les cimetières. Rien de cette technique aléatoire, zéro précision. Avec une telle méthode je peux vous faire une « une » du « Temps » en décrivant comment, en Suisse, le régime de Berne « se maintient par un bain de sang » pour sanctuariser la Fausse aux ours… L’article qui justifie l’affirmation assénée en « une » est un modèle dans l’art du « je ne sais rien, mais je dis tout ». Une première colonne pour amorcer la peur. Elle parle « de scènes de guerre dans certaines villes ou régions du pays, avec tirs à balles réelles ». Pas un seul nom ! Rien ! Il faut atteindre la seconde colonne (à ne pas confondre avec la cinquième) pour avoir un soupçon de concret : « Un médecin a indiqué au « Monde » que son seul hôpital avait reçu six corps sans vie ». Dont ceux de deux membres des forces de répression. Mais où donc ? Arrive l’incontournable recours à « Amnesty International », organisme financé par Soros et la Fondation Ford qui, comme le téléphérique son câble, suit la ligne politique de Washington. L’ONG (sic), a compté « plus de 150 morts alors que son précédent comptage était de 106 ». Vous avez bien pris note. Dans un pays décrit par « Le Monde » comme inaccessible, coupé de l’Internet, c’est dire dans notre monde qu’il n’existe plus, « Amnesty » est capable de dénombrer les cadavres. Peut-être avec le même outil que celui utilisé par le grotesque « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme » : le doigt mouillé… Venu à bout du « bain de sang », cet article écrit selon la recette de la barbe à papa, passe à l’analyse diplomatique. Ici on est plus à l’aise. On peut larguer la benne à fantasmes. Cette fois c’est Ali Vaez, Directeur du programme Iran à « International Crisis Group » qu’on pousse en épouvantail. On ne précise pas que ce « Crisis » est un « Réservoir de pensée » américain qui, s’il n’est pas le pire, est néanmoins financé par les riches de Washington, avec une participation à 45% de l’Etat américain. Le jus de crâne d’Ali Avez ne nous parle pas de « bain de sang », hélas, mais glose sur les enjeux du Moyen-Orient. Si compliqué. Bon, nous n’avançons toujours pas sur le sentier de la vérité. Bilan, cet article du « Monde » est de la propagande, une denrée envahissante en ce temps de préparation du « Black Friday ». Le « Monde » est comme les scénarios de ces nouveaux « films », tel « Les gardiens de la galaxie » réalisé à la brouette sur le MCU, « L’Univers Cinématographique Marvel » : il y a des « bons » et des « méchants ». « Le Monde » défend les bons et, même les mains vides, attaque les « méchants ».

Que tout lecteur à qui il viendrait l’idée que j’écris avec, posé sur la tête, un élégant turban noir se calme. Ce que je souhaite pour l’Iran est le retour de Mossadegh. Ce qui n’est pas gagné. Horrifié par la peine de mort, et les cadavres de guerres que j’ai trop vues, je ne peux écrire serein… comme si tout massacre était une bagatelle. Ce qui m’intéresse c’est l’utilisation, faite par « Le Monde », de cadavres putatifs pour justifier la politique de Trump et de ses caniches. Avant de hurler sur les mollahs il serait peut-être bon de se souvenir qu’en 1980, à l’édification d’une théocratie sur les ruines de l’empire du shah, Washington, Paris et bien d’autres ont applaudi au débarquement de Khomeiny à Téhéran, descendant l’échelle de coupée d’un avion d’Air France. L’urgence était de continuer à maîtriser, via ces saints hommes nouveaux, le gaz, le pétrole. Et de bloquer l’Union Soviétique. Alors l’Occident criait en chœur « Allah ouakbar ». Le néo-conservatisme, doctrine constante de Washington depuis près de cinquante ans, née dans les pouponnières du trotskisme avec des nounous comme Paul Wolfowitz, adore « dealer » avec les religieux à barbes, du genre Frères Musulmans ou autres. Ces religieux savent calmer la foule par la prière et la charité, protéger le « Monde libre » du diable communiste et sont prêts à faire de bonnes affaires avec la planète (pendant la guerre Iran-Irak Téhéran a reçu des armes provenant d’Israël).

Mais revenons au journalisme, ce qui n’est pas toujours facile quand on parle du « Monde ». Résumons. Nous avons lu un papier qui dit tout savoir « du bain de sang », mais ne le décrit pas, ce que je regrette pour les victimes. Peut-être bien plus nombreuse que les 150 morts mobilisés par « Amnesty ». Sur une affaire tragique, et des drames, nous avons un papier qui rameute une légitime indignation, mais crie « au loup dans le vide » comme dans la fable d’Esope. C’est par expérience que ce genre d’article qui n’est pas destiné à informer mais à faire peur, m’interpelle. En 1999 j’étais au Kosovo, sous les si délicates bombes de l’OTAN. Depuis Paris, nous informant alors sur le sort des Kosovars, « Le Monde » évoquait « 700 000 fantômes », autrement dit des morts, éparpillés dans la petite enclave Serbe autour du Champ des Merles. Par ce mensonge, publié sur ordre d’Edwy Plenel, alors général du quotidien, « Le Monde » venait justifier les raids de l’OTAN. En réalité, l’intermittent du spectacle assis dans le fauteuil de Beuve-Méry, était intoxiqué. Il tirait ses « 700 000 fantômes » d’un faux document forgé par les services secrets allemands, baptisé « Plan fer à cheval ». Un « rapport » décrivant une épuration ethnique, alors que le nombre des victimes tombées au Kosovo est si difficile à établir que la fourchette oscille entre 2000 et 5000. Cela en incluant les morts provoquées par les bombes et missiles de l’OTAN, et les règlements de comptes entre milices. On observera sans malice que cette généreuse et salutaire politique du « Monde », celle de défendre les victimes, est aussi une raquette trouée. Avez-vous lu à la « une », depuis que Bagdad est devenue la capitale d’une démocratie « Bain de sang en Irak » (où l’on ne compte, parait-il, que 500 morts après les dernières révoltes). Ou « Bain de Sang au Chili » ? Et encore « Bain de sang en France » puisque les moignons, les yeux arrachés et la femme tuée dans son salon à Marseille, saignent aussi ? Non, les imprimeurs du « Monde » ne sortent ce bain sacré de leur haut de casse que pour le Venezuela, la Bolivie, la Syrie, l’Algérie. Jamais pour le Yémen. Sans parler de la Palestine où les balles, bombes et missiles israéliens n’impriment aucune goutte de « bain de sang » à la « une » du « Monde ». Depuis mon expérience au Kosovo je me méfie quand « Le Monde » réchauffe son « bain de sang ». Jadis le pragmatique patron de mon journal d’alors répétait : « Quand on ne voit rien on ne dévisse pas le capuchon de son stylo. Quand on voit on fait une photo ». On appelait cela le journalisme.
 
 
ROGER AKL NOUS DIT : « LE LIBAN DETRUIT PAR SES DIRIGEANTS CHRETIENS ? » – Je n’allais plus écrire ni m’occuper du Liban car je trouvais que, seule, la prière peut le sauver. Une propagande des Forces Libanaises me fit changer d’avis.

Ah, les Forces Libanaises, à l’origine, la force de frappe du parti Kataeb qui assassina Toni Frangieh, le très chrétien de Zghorta, et toute sa famille, car il n’était pas d’accord avec eux. Aujourd’hui, ils ont fait une propagande contre le Hezballah et disent que ce dernier veut reconquérir, aujourd’hui, les terres chiites perdues aux chrétiens, durant les siècles passés. ”Je suis chrétien, c’est là ma gloire, mon espérance et mon soutien” (chant d’Eglise) et c’est pour cela que j’ai honte de leurs mensonges.

Le Hezbollah n’est pas né durant leurs guerres intestines, contre les Palestiniens et les musulmans sunnites, créées par les mains de ceux qui veulent détruire le Liban, pour l’intérêt d’Israël. Il est né après l’agression israélienne, de 1982, et fut renforcé par les tromperies occidentales disant avoir envoyé leurs troupes, au Liban, pour renvoyer les troupes israéliennes, chez elles, alors que leurs agissements et même leurs morts sacrificielles avaient montré et démontré avoir été envoyées pour le contraire. Le Hezb fut renforcé par l’appui du général, puis Président chretien, Emile Lahoud, que les Forces Libanaises, avec le parti sunnite, Al Moustakbal, ont essayé de renverser à cause de sa politique indépendante de l’Amérique, donc de l’Arabie saoudite, de l’OTAN et surtout d’Israël, notre agresseur chassé en 2000 et battu en 2006 [i].

Oui, le Hezb pourrait agir aujourd’hui, avec les résistants libanais de tous bords et toutes confessions, comme en 2007, et forcer nos dirigeants à agir pour sauver le Liban. Mais il ne le fera pas pour détruire qui que ce soit au Liban, mais pour le sauver de ceux qui veulent le détruire, sur ordre extérieur et à la solde d’Israël, comme il l’a déjà sauvé en 1996, 2000, 2006, 2007 et, depuis 2011, durant ses combats avec les armées libanaise et syrienne et tous les résistants contre les fanatismes musulmans, chrétiens et juifs, dirigés pas les adorateurs de Mammon et de l’argent global.

[i] Lire Roger Akl, ”Le Mensonge Gobal”, 2007, éditions Sigest, Alfortville, France http://editions.sigest.net/
 
 
ALAIN CHOUET NOUS DIT : « ORIENT COMPLIQUE, IDEES SIMPLES, LE CAS LIBANAIS », 2 novembre. Gebran Bassil, chrétien maronite, ministre des Affaires Étrangères, gendre du président de la République Michel Aoun et candidat à l’élection présidentielle, est proche de Hassan Nasrallah, chi’ite, chef du Hezbollah. Nasrallah est allié à Nabih Berri, chi’ite, Président du Parlement et du mouvement chiite Amal. Berri est fermement opposé à Gebran Bassil. Samir Geagea, chrétien maronite et chef des Forces Libanaises, est également opposé à Bassil mais allié avec Saad Hariri, musulman sunnite, Premier ministre démissionnaire, bien que Hariri soit parfois allié avec le président Michel Aoun. Quand il n’est pas allié à Michel Aoun, Saad Hariri est proche de Walid Joumblatt, druze, chef du Parti socialiste progressiste (PSP) qui déteste le Président Aoun et son gendre Gebran Bassil, tout comme Samir Geagea. En fait Joumblat déteste Samir Geagea mais ne le dit pas, car Geagea est avec Hariri mais il déteste Michel Aoun. Quant à Michel Aoun, il est contre Sleiman Frangieh, chrétien maronite, ancien ministre, petit fils d’un ancien président de la République et chef du parti des Maradas qui est proche de Hassan Nasrallah. Frangieh déteste Gebran Bassil qui est également proche de Nasrallah. Il reste donc Amine Gemayel, chrétien maronite, ancien président de la République, chef du Parti des Kataëb, qui est opposé à tout le monde, sauf quand il est avec l’un ou l’autre ou plusieurs. Voilà. Si vous avez compris quelque chose à ce que vous venez de lire, c’est que j’ai mal expliqué la situation. Veuillez m’en excuser.

http://alain.chouet.free.fr


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ATTENTAT DE LONDRES : LE GOUVERNEMENT PROMET DE FAIRE LA LUMIERE – Le Point/AFP, 30 novembre.

Au lendemain de l’attaque au couteau qui a coûté la vie à deux personnes, le gouvernement britannique a promis samedi de faire la lumière sur les circonstances ayant permis à un ex-prisonnier condamné pour terrorisme, en liberté conditionnelle, de passer à l’acte. « Après tout événement de ce genre, il doit y avoir – et il y a toujours – une évaluation complète et une tentative de tirer les leçons », a déclaré le secrétaire d’État chargé de la Sécurité, Brandon Lewis, sur la BBC.

Il a refusé de dire si l’attaque constituait un « échec » pour les autorités. Qualifiée de « terroriste » par la police, elle est survenue vendredi en début d’après-midi à London Bridge, provoquant la panique dans ce quartier très fréquenté du centre de la capitale britannique. L’assaillant a été identifié par la police comme Usman Khan, 28 ans, condamné en 2012 pour des infractions terroristes et remis en liberté conditionnelle six ans plus tard.

Il participait vendredi à une conférence organisée par l’université de Cambridge sur la réhabilitation des prisonniers, selon la presse. Elle se déroulait dans le Fishmonger’s Hall, un bâtiment à l’extrémité nord du London Bridge à l’intérieur duquel l’attaque a commencé. Porteur d’un engin explosif factice, l’assaillant a été abattu par la police après avoir été maîtrisé sur le pont enjambant la Tamise par des citoyens salués en "héros" au Royaume-Uni.

La libération anticipée en question

Sur des images impressionnantes diffusées sur les réseaux sociaux et relayées par les médias britanniques, on voit l’un d’eux vider un extincteur sur Usman Khan tandis qu’un autre pointe vers lui une défense de narval, probablement prise au Fishmonger’s Hall, qui renferme de nombreux objets anciens. Un autre intervenant, un policier en civil selon les médias, sort de la mêlée après avoir pris le couteau de l’assaillant.

Mais, au-delà de ces actes de bravoure, la question sur toutes les lèvres samedi était de savoir pourquoi Usman Khan a bénéficié d’une libération anticipée et de quelle surveillance il faisait l’objet de la part des autorités. Cette question risque fort de s’inviter dans la campagne électorale qui va reprendre samedi à moins de deux semaines des législatives du 12 décembre, après avoir été temporairement suspendue après l’attaque.

D’après PA, Usman Khan avait été condamné à une peine d’emprisonnement d’une durée indéterminée en 2012, ramenée à seize ans de prison en appel en 2013 pour son appartenance à un groupe qui avait voulu commettre un attentat à la bombe à la Bourse de Londres, le London Stock Exchange, et établir un camp d’entraînement terroriste au Pakistan. Il a été libéré il y un an avant d’avoir purgé la moitié de sa peine, seuil auquel les prisonniers peuvent généralement bénéficier d’une remise en liberté. Sa détention provisoire aurait pu être prise en compte. Le journal The Times a précisé que l’homme portait un bracelet électronique au moment de l’attaque.

Avant le début d’une réunion du comité de crise du gouvernement (« Cobra ») vendredi soir, le Premier ministre Boris Johnson a dit avoir souligné « depuis longtemps » que « c’est une erreur de permettre aux criminels violents de sortir de prison de manière anticipée ». Dans un communiqué, la commission des libertés conditionnelles a indiqué ne pas avoir été « impliquée » dans la libération du suspect, « qui semble avoir été automatiquement libéré sous conditions comme le requiert la loi ». De son côté, la police a renouvelé samedi son appel à témoins après l’attaque dans laquelle un homme et une femme ont été tués et trois personnes blessées, dont l’une était vendredi soir dans un état « critique mais stable ». Une perquisition était effectuée dans une habitation de Stafford, ville du centre de l’Angleterre où Usman Khan aurait résidé. Ce dernier aurait agi seul, selon la police, qui a toutefois appelé le public à rester « vigilant » et à éviter la zone de London Bridge, qui restera bouclée « un certain temps ».

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Vendredi noir, espoir pour la justice pénale internationale ? Ce 29 novembre, journée internationale de solidarité avec les Palestiniens, plus de 300 personnes venues de France, Italie, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, de Gaza sous blocus et de Cisjordanie occupée, ont manifesté à La Haye devant la Cour Pénale Internationale. Une première en ce site ! La procureure Mme Bensouda était interpellée pour qu’enfin elle ouvre sérieusement (et aussi rapidement que pour le cas Kadhafi, en quelques semaines !) l’instruction préalable suite au dépôt déjà ancien de plaintes pour Crimes de guerre des dirigeants de l’Etat israélien dans les territoires palestiniens occupés. Elle a fait recevoir une délégation par deux jeunes conseillères et ne pourra plus prétendre ignorer cette demande pressante de justice, d’autant que le ministre des affaires étrangères du Luxembourg a eu l’audace de demander que l’Union Européenne reconnaisse enfin la Palestine comme un Etat.

Bernard Cornut

 

  1. Une religieuse âgée se voit interdire à Vesoul l’accès à un EPHAD « tant qu’elle portera le voile ». « T’as voulu voir Vesoul… » et t’as vu la connerie. Pas besoin d’argumenter sur la distinction espace public/privé ou sur les racines chrétiennes de la France – mais un bras d’honneur en guise de cadeau de Noël anticipé à tous nos frères cimentiers.
  2. « PMA ou le grand blond en avant », écrit de façon inspirée Gille Martin-Chauffier dans Service Littéraire, dénonçant les caprices de progressistes privant les enfants du droit d’avoir un père, ainsi que les dérives eugénistes. Centaines de milliers d’opposants dans les rues mais un gouvernement qui ne veux rien voir : normal, la bioéthique ne prend pas le train.
  3. « Les services de l’Etat se mobilisent pour interdire la Manche aux migrants » titre le Figaro. Si lesdits services sont aussi efficaces que pour interdire aux roumains de la faire dans les rues de Paris (la manche), les migrants ont de beaux jours devant eux.
  4. « Au Liban, ne croyez jamais ce que l’on vous dit et la moitié seulement de ce que vous voyez ». Sauf à ratiociner les complots de toujours, les experts ont compris l’impossibilité de comprendre. Restent l’identité libanaise, le contexte régional, une corruption endémique, l’argent qui finit toujours par arriver – d’Israël, de l’Iran ou de Paris. Le peuple libanais est-il prêt à une vraie révolution et chasser tous ceux qui se sont gavés ?
  5. La ‘seule’ démocratie du Moyen-Orient a pour Premier Ministre un individu inculpé pour corruption, favoritisme et refusant de démissionner. A Netanyahou et à l’ami américain, deux escrocs patentés pris la main dans le sac, une bonne nouvelle quand même : les électeurs raffolent et revotent pour vous. Vas-y Bibi, remonte au créneau !

Dinall’uill

 

PROPOSITION AVIA SUR LA « CYBER-HAINE » TORPILLEE PAR LA COMMISSION EUROPENNE…

La proposition de loi défendue par Laetitia Avia visant à "lutter contre les contenus haineux sur internet" fait aujourd’hui l’objet d’une critique extrêmement rude de la Commission européenne qui estime que le texte n’est pas conforme au droit de l’Union.

Ce texte offre à chacun la possibilité de dénoncer un "contenu haineux" sur internet et d’exiger son retrait ou son déréférencement dans les 24 heures. Il devrait être débattu au Sénat le 17 décembre 2019, après avoir été adopté par l’Assemblée nationale le 9 juillet 2019. Rappelons qu’il a fait l’objet d’une procédure accélérée et que le vote du Sénat devrait donc permettre son entrée en vigueur. Rappelons aussi, et c’est important, qu’il s’agit d’une proposition de loi, même si elle téléguidée par l’Exécutif, et qu’elle est ainsi dispensée d’étude d’impact. 

Précisément, une étude d’impact n’aurait pas été inutile, et, faute d’avoir donné lieu à une analyse sérieuse, la proposition de loi se heurte aujourd’hui à un obstacle de taille révélé par le site Next INpact. La directive européenne du 9 septembre 2015 impose en effet une procédure de notification à la Commission de tout texte relatif à la société de l’information. Il appartient ensuite à la Commission d’informer l’Etat concerné si elle considère que certaines dispositions ne sont pas conformes au droit de l’Union européenne. En l’espèce, la proposition Avia a été notifiée par les autorités françaises après le vote de l’Assemblée, le 21 août 2019 et la réponse de la Commission est accablante. Le texte est en effet présenté comme largement incompatible avec le droit européen.

La Commission commence par rappeler que la proposition modifie la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, loi qui elle-même transposait la directive du 8 juin 2000 relative à certains aspects juridiques de la société de l’information et notamment au commerce électronique. Dans la mesure où les dispositions de la proposition de loi relèvent du champ d’application de la directive sur le commerce électronique, elle est donc considérée comme mettant en oeuvre le droit de l’Union, et notamment la Charte européenne des droits fondamentaux.

Or précisément, la Commission estime que la proposition est incompatible avec trois articles de la directive sur le commerce électronique. 

ATTEINTE A LA LIBRE CIRCULATION DE L’INFORMATION

Son article 3 § 1 et 2 tout d’abord, reprend le principe traditionnel "du pays d’origine" qui s’applique au fonctionnement du marché intérieur. Il précise que les prestataires de services établis sur le territoire d’un Etat membre doivent respecter la législation en vigueur. En même temps, le droit de cet Etat ne saurait restreindre leur libre circulation. Or la proposition Avia impose aux plate-formes en ligne, y compris celles établies dans d’autres Etats membres, toute une série d’obligations : obligation de nommer un représentant légal sur le territoire français, nécessité de mettre un place un formulaire de notification dans la langue de l’utilisateur, obligation de prendre des dispositions techniques pour empêcher la rediffusion de "contenus haineux", obligation de se conformer aux recommandations du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). 

Pour la Commission, ces contraintes entrainent des restrictions à la libre prestation de services de la société de l’information depuis un autre Etat membre. Le fait que les autorités françaises déclarent que ces obligations ne concerneront que les entreprises atteignant un certain seuil de connexions depuis le territoire français ne change rien à l’affaire. 

Roseline Letteron

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