Observatoire Géostratégique

numéro 208 / 10 décembre 2018

BENALLAGATE : UNE AFFAIRE D’ÉTAT !

« Ainsi, craignant toujours un funeste accident, J’imite de Conrart le silence prudent » écrit Nicolas Boileau dans son épitre I au Roi en 1669, citant le premier secrétaire perpétuel de l’Académie française. C’est vraisemblablement la posture choisie par le président de la République, Emmanuel Macron dans ce qu’il est convenu de qualifier d’affaire Benalla. À chaque époque politique son Alexandre, pas le Grand mais Alexandre Djourhi sous Nicolas Sarkozy et Alexandre Benalla sous Emmanuel Macron. Décidemment, la promesse des pratiques d’un « monde nouveau » décrétée par Jupiter ne tient pas ses promesses. Il n’entre nullement dans nos intentions de participer à la curée, de s’acharner sur un homme à terre – quoi qu’il ait pu faire et sur lequel nous ne savons que ce que l’on veut bien nous dire – comme le font nos moralistes à la petite semaine. Et, de nos jours, les vautours, les charognards prolifèrent comme le chiendent avec leur bonne conscience en étendard.

Grand bien leur fasse ! Pour notre part, nous préférons suivre la maxime de Jésus « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Plus intéressantes et utiles sont les leçons intemporelles que l’on peut tirer de ce fait divers, condensé des dérives de notre époque, fait divers mu en affaire d’État1 quoi que prétende Jupiter (« tempête dans un verre d’eau »). Elles méritent d’être détaillées pour tenter d’aller au-delà de l’écume des jours.

TRAHISON DES CLERCS

On peut élargir le propos de Julien Benda à la trahison permanente de nos dirigeants politiques – toutes opinions confondues – qui prétendent servir des valeurs (le vrai, le juste) dans leur discours mais font tout le contraire dans leurs actes. Rappelons ce que chantait Guy Béart au siècle dernier dans Les grands principes : « elle me parlait des grands principes, puis agissait n’importe comment en vertu des grands sentiments » ! Ces paroles n’ont pas pris la moindre ride dans la Macronie conquérante2. L’affaire Benalla tombe fort à propos, après l’hystérie collective de la victoire de la coupe du monde de football, pour nous ramener à la dure réalité. La prétendue « République exemplaire » ou sa version actualisée de la « République inaltérable », ce n’est que billevesée et sornette3. Nous en possédons la preuve tangible chaque semaine que le dieu Jupiter fait. Le feuilleton de la moralisation de la vie publique que nous livre régulièrement Prochetmoyen-orien.ch en est la triste illustration. Le nouveau monde ressemble étrangement à l’ancien monde stigmatisé par Emmanuel Macron… en pire avec ses conseillers invisibles, ses copains, ses coquins. Nous baignons en plein dans la confusion des rôles si ce n’est la confusion des sentiments. Mais, juste retour des choses, et « en attendant le fusible et les révélations des commissions d’enquête, dans l’affaire Benalla, c’est Macron qui casque »4.

COURAGE FUYONS…

Dès que les « vents mauvais » soufflent, c’est le sauve-qui-peut généralisé chez les hauts dignitaires de la République. Le patron est aux abonnés absents (comme un monarque, il fait distiller sa pensée profonde : « il n’est pas question de laisser accréditer l’idée d’une quelconque impunité »)5 tandis que ses éliacins au château se refilent la patate chaude le secrétaire général, le sinistre et copilote caché de l’État, Alexis Kohler (inspecteur général des finances) empêtré dans ses affaires de conflits d’intérêt mais chargé de remettre de l’ordre dans le foutoir élyséen, le directeur de cabinet Patrick Strzoda (préfet) qui a pris la première sanction contre Alexandre Benalla (quinze jours de suspension et mutation sur un poste administratif ?) sont transparents à souhait.

Quant aux députés de la République qui marche sur la tête, ils jouent à la perfection leur rôle de parti godillot, répétant à qui veut l’entendre leurs stupides éléments de langage (EDL) sans rapport avec la réalité objective. Ne parlons pas des sornettes que nous sort, le plus sérieusement du monde, le porte-parole de la présidence de la République, Bruno Roger-Petit ! Tout cela est digne de la Pravda du temps de la guerre froide ou de ce que l’on attribue à « Russia Today ». Vive la République, vive la France. Fermez le ban ! On cherche les fusibles qui vont sauter, les boucs émissaires que l’on va livrer en pâture à la valetaille pour la rassasier6. Aussi vieux que le monde. On cherche à gagner du temps, la bonne vieille politique du chien crevé au fil de l’eau7.

COURAGE DE LA VÉRITÉ

Michel Foucault avait mis dans le mille lorsqu’il expliquait dans son ouvrage Le courage de la vérité paru en 2009 que la vérité n’est pas forcément un discours sur le monde, une forme d’adéquation au réel ou manière de reproduire un état de fait : le marqueur de la vérité peut être aussi ce qui dérange. Il reprend là une idée de Nietzche : la vérité est ce que nul ne veut reconnaître, ce que chacun tente de masquer. Le contraire de la vérité, ce n’est donc pas l’erreur ou le mensonge mais la doxa, l’opinion commune. Pour aller contre l’opinion commune et se faire son propre jugement, il faut fournir un certain effort actuel, ce qui requiert du courage. Mais aussi prendre le risque de ne pas être d’accord avec ses semblables, ce qui demande, là encore, du courage.

Nous connaissons tous les fondements de la démocratie – l’égalité devant la loi, la liberté d’expression, les droits fondamentaux, la dignité de chacun. Michel Foucault y ajoute un pilier oublié de la démocratie grecque : la parésia, un terme qui signifie le fait de tout dire, sans retenue hypocrite ni arrière-pensée. L’affaire Benalla, c’est l’éternel combat du courage contre la lâcheté. Cette lâcheté qui emprunte de multiples visages. Qu’il eut été plus simple de tout mettre sur la table dès que le Monde fait ses premières révélations8 et non de biaiser en permanence ! Dans les milieux bien informés, on pensait candidement que l’affaire ferait rapidement pschitt.

L’ESPRIT DES LOIS

Manifestement, la France, mère des arts, des armes et des lois a un problème avec la loi et cela au moins à deux titres.

Un problème général de droit constitutionnel qui tient à la caporalisation croissante du parlement (Cf. les dispositions envisagées dans le projet de réforme constitutionnelle renvoyée aux calendes grceques) qui fait que la représentation nationale est l’une des plus faibles de l’Union européenne. Et, nous découvrons à la faveur de l’affaire Benalla que l’on prépare une révision constitutionnelle en plein été, dans des hémicycles presque vides, en adoptant des dispositions importantes dans la nuit en toute opacité. Vive la démocratie française ! Nous n’avons aucune assurance qu’elle soit soumise au peuple pour éviter qu’il ne fasse pas ce qu’on lui demande. Concentrer trop de pouvoir lorsque l’on est au sommet de l’État, c’est être très vulnérable. Emmanuel Macron se dit, dans l’affaire Benalla, « seul responsable ». Mais, comme toujours, Emmanuel Macron met en avant une forme de responsabilité morale, pour mieux fuir sa responsabilité politique9.

Un problème spécifique du droit de la sanction dans notre pays10. Nos très hauts fonctionnaires (couverts par le pleutre Conseil d’État) ignorent les grands principes contenus dans la convention européenne des droits de l’homme. Alexandre Benalla a été sanctionné une première fois par une suspension de quinze jours sans solde. Pour certains juristes, ce ne serait pas une sanction s’agissant d’un chargé de mission11 recruté par le fait du prince. Sous la pression du tribunal médiatique, le parquet se saisit dans la plus grande précipitation de la question et surtout sur injonction de la ministre de la Justice (en 2010, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné à deux reprises la France, motif pris que le parquet à la française n’était pas un juge indépendant et impartial au sens de l’article 6 de la convention qui pose les principes du droit à un procès équitable). La France n’a toujours pas mis son parquet aux normes européennes pour désamorcer l’affaire, le parquet aux ordres de l’Élysée, s’intéresse subitement désormais au couple agressée par Alexandre Benalla12). Nous apprenons que, dans la plus grande précipitation une fois encore, on découvre un deuxième chef d’incrimination – qui nous dit-on était connu dès l’origine au plus haut sommet de l’État – pour contourner la règle non bis in idem qui pose que l’on ne peut être sanctionné deux fois pour les mêmes faits.

Quelles sont dans ces conditions, les chances raisonnables qu’Alexandre Benalla et ses quatre compagnons d’infortune bénéficieront d’un procès équitable, véritable marqueur de l’état de droit et de la démocratie ? Toutes choses que nous voulons imposer à la terre entière alors même que notre comportement est loin d’être irréprochable. C’est le moins que l’on puisse dire. Comment accepter que ce soient les médias qui dictent leur calendrier et leur décision aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ? C’est tout simplement impossible. La mise à mort médiatique est souvent synonyme de mise à mort judiciaire. Que font nos droits de l’hommistes pour dénoncer cette situation intolérable ? Rien. Ils sont muets comme des carpes. Par chance, l’intéressé nous livre sa vérité au nom du respect du principe du contradictoire, principe cardinal du droit de la défense dans une authentique démocratie. !13

LES COPAINS D’ABORD

Il ait une tradition bien établie sous tous régimes que nos hommes (femmes) politiques arrivent dans leurs hautes fonctions flanqués d’un certain nombre de personnages des plus sulfureux dans leurs bagages. Le cas d’Alexandre Benalla (7300 euros de traitement brut plus voiture et logement de fonction quai Branly) est emblématique de cette pratique de République bananière. Il n’est malheureusement pas un cas isolé dans la « République exemplaire et inaltérable » chère à Jupiter et à sa garde prétorienne. République au sein de laquelle les frères pèsent de tout leur poids dans la balance14.

Deux exemples peuvent être citées qui sont révélateurs de toutes ces dérives inadmissibles.

Michèle Alliot-Marie (la minable MAM) est arrivée dans tous les ministères régaliens qu’elle a dirigés (Justice, Intérieur, Défense, Affaires étrangères) avec sa nièce Ludivine Olive en paquet cadeau, nièce qu’elle désignait comme chef de cabinet. Au Quai d’Orsay, Le Canard enchaîné révélait qu’elle touchait 15 000 euros mensuellement. Aucun haut fonctionnaire de cette Maison ne parvient à ce niveau de traitement.

Quant au responsable « d’affaires sans frontières », un tiers mondiste/deux tiers mondain, Bernard Kouchner, il a fait très fort. Après avoir désigné comme responsable de la presse à son cabinet et de la DCP, son âme damnée, Eric Chevallier (médiocre médecin surnommé « Pol Pot »), il l’a fait intégrer dans le corps des ministres plénipotentiaires. Ce sera son cadeau empoisonné au Quai d’Orsay. Il bénéficiera de deux ambassades : en Syrie et au Qatar pendant que des diplomates ayant passé le filtre de la méritocratie républicaine (concours sélectifs) se morfondent chez eux ou dans le couloir de la mort sur le site de la Convention. Nous apprenons qu’il vient d’être nommé directeur du centre de crises du Quai d’Orsay (bébé de BK). Excellente gestion de l’argent public pour plaire à des ministres sans scrupules.

La République des copains, des cousins, des coquins a de beaux jours devant elle. Que nous dit le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, le 23 juillet 2018 lors de son audition par la commission des lois de l’assemblée nationale ? Il stigmatise des « dérives individuelles inacceptables condamnables sur fond de copinage malsain » (sic). On ne saurait mieux dire15.

LA TYRANNIE MÉDIATIQUE

Dans les médias, que l’on désignait en son temps, de médias de référence, en passant par les radios et télévisions d’information en continue – avec une mention spéciale pour les chaînes du service public – celles qui coûtent un « pognon de dingue » aux contribuables – une dérive particulièrement inquiétante s’installe Un mélange toxique de propagande, d’approximations, de non-vérifications des faits mêlés aux opinions, de « fake news », d’incapacité à prendre du recul sur l’évènement.

Le journalisme d’investigation se fait journalisme de délation, avec la nécessaire complicité de policiers bafouant le secret de l’instruction pour faire avancer leurs agendas parallèles, sans parler de magistrats qui ignorent les règles dont ils sont censés être les gardiens scrupuleux. Le journalisme de combat est devenu un journalisme d’invective : exit Henry Frenay et Albert Camus, place à Jean-Jacques Bourdin. On exécute d’abord, on écoute et on réfléchit ensuite16. C’est ce que l’on qualifie d’exigence de relèvement des standards de la démocratie ! Le tribunal médiatique est la pire des choses qui soient pour la démocratie, qu’on le veuille ou non. Surtout, s’il s’accompagne d’une superbe loi sur les « fake news ». Avec Jupiter, il se passe toujours quelque chose au château et dans sa vicinité.

LA COMMUNICATION JUPITÉRIENNE ERRATIQUE

L’évolution de la communication

D’une manière générale et chronologique, nous sommes passés, en plus d’un an, à trois stades de la communication du président de la République : l’acommunication en réaction aux excès supposés ou avérés de son prédécesseur, François Hollande (« Un président ne devrait pas dire ça »), l’hypercommunication car les Français veulent savoir (selon la formule préférée de Jean-Jacques Bourdin) et, depuis l’affaire Benalla, la communication par la porte dérobée (celle de la Maison de l’Amérique latine) ou communication pour les copains seuls depuis le 24 juillet 2018, date à laquelle Jupiter réunissait les ténors de la macronomonarchie pour les galvaniser en leur faisant un discours enflammé, et par certains côtés, hors de propos compte tenu de la situation délétère prévalant à quelques jours de la fin du Tour de France cycliste. Un peu court et un peut tard, toutes ces sornettes que déclame le comédien Emmanuel Macron et cette fausse confrontation qui n’en est pas une !17 C’est également un prestidigitateur de haut vol, expert en tour de passe-passe18.

La nouvelle communication

Il a parlé, mais pas aux Français. Presque une semaine après le début de l’affaire Benalla, le président de la République est sorti de son silence19, mais devant un auditoire choisi. Invité surprise du pot de fin de session parlementaire des députés de sa majorité à la maison de l’Amérique latine, Emmanuel Macron a endossé devant eux l’entière responsabilité de la crise qui fait trembler l’Élysée, le gouvernement, la majorité, voire la République. « La République exemplaire n’empêche pas les erreurs. S’ils cherchent un responsable, c’est moi et moi seul ! Qu’ils viennent me chercher C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C’est moi qui ai confirmé la sanction ».

Pour défendre ses troupes, le chef de l’État a fustigé « la République des fusibles (et) la République de la haine ». Pas question de se réfugier derrière qui que ce soit pour se protéger. « On ne sacrifie pas des têtes de fonctionnaires, de ministres ou de collaborateurs sur l’autel des émotions populaires », a martelé Emmanuel Macron, en reconnaissant toutefois que « la République exemplaire » dont il s’était fait le chantre pendant la campagne présidentielle, « n’empêche pas les erreurs ». À commencer par celle commise avec le choix d’Alexandre Benalla. Si Emmanuel Macron a assuré ne pas oublier « qu’il a été un militant très engagé pendant la campagne », il a toutefois expliqué avoir « ressenti les actes du 1er mai comme une déception et une trahison ». Dans la foulée, il a démenti plusieurs rumeurs circulant sur le compte de son ancien collaborateur depuis une semaine : « Alexandre Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires, Alexandre Benalla n’a jamais occupé un appartement de 300 m2, Alexandre Benalla n’a jamais eu un salaire de 10.000 euros, Alexandre Benalla n’est pas mon amant ».

Cette prise de parole du chef de l’État avait été préparée bien en amont et tenue secrète jusqu’à la dernière minute, avait trois objectifs. D’abord, il s’agit de détourner la focale vers l’opposition, dont il ne cesse de fustiger l’attitude en petit comité. Ensuite, il tenait à rassurer et ressouder sa majorité, alors que quelques doutes commençaient à se faire sentir ces derniers jours. Enfin, il espère réussir à temporiser et contenir la pression, en attendant que les enquêtes administrative (IGPN), judiciaire (parquet) et parlementaire (Assemblée et Sénat) arrivent à leur terme. Une sortie qui lui fera peut-être gagner du temps mais qui ne suffira pas à le dispenser d’une explication devant les Français. Lesquels commencent à donner des signes d’impatience dans les différentes enquêtes d’opinion, où la popularité du chef de l’État baisse fortement. « Le président s’exprimera à chaque fois qu’il le jugera utile », répète à l’envi son entourage, en refusant de dévoiler son calendrier. Il le fait dans les Pyrénées sans être crédible. Le maître des horloges n’en deviendrait-il pas l’esclave ?

Autant dire que cette vaste blague fait les délices de la presse étrangère et amuse dans les chancelleries en un temps où Jupiter souhaite remettre la diplomatie française sur les bons rails (Cf. sa dernière visite à Madrid et à Lisbonne). Comment être crédible avec Donald Trump, Vladimir Poutine, Angela Merkel sur la scène internationale dans ce contexte ? Le risque pour Emmanuel Macron n’est-il pas qu’il se transforme en « Gulliver entravé » ?20

TOUT VA TRÈS BIEN MADAME LA MARQUISE…

 
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Un vent d’Ancien régime souffle sur la France avec ses courtisans, ses favoris, ses privilèges, son arbitraire21. La situation oscille entre un pouvoir ultra autoritaire et la cour du roi Pétaud. Les députés de la majorité, celle de la République en vrac, seraient déboussolés par l’attitude d’Emmanuel Macron et par son silence (de quelques jours) qui tranche avec sa communication habituellement débridée. Ils ont dû concéder, sous la pression médiatico-politique, la constitution d’une commission d’enquête parlementaire, boycottée peu après à l’assemblée nationale pour cause de partialité assumée de la présidente de la commission des lois. Cela ne changera rien à l’affaire tant les dégâts sont incommensurables après les affaires de la vaisselle de l’Élysée, de la piscine de Brégançon, de la réplique sur « Manu », de la soirée interlope lors de la fête de la musique au château22. Les emmerdements, ça vole en escadrilles, pour reprendre la célèbre formule d’un connaisseur, Jacques Chirac. Tout va très bien, Madame la marquise, chantonne-t-on dans les couloirs de l’Élysée. Mais, la fin de la chanson de Ray Ventura et des collégiens (1935) est bien connue : il y a le feu au château. De retour de Moscou, en vainqueur radieux, il paraissait invincible. Aujourd’hui, ses propres électeurs s’interrogent : Macron Jupiter qui garde le silence, tel Giscard lors de l’affaire des diamants, serait-il un Janus au double visage ? »23. Là est la question qui se trouve au cœur du Benallagate, une affaire d’État (c’est la notion de dissimulation qui crée l’affaire d’État) !

Guillaume Berlat
30 juillet 2018

1 Éditorial, Benalla : une affaire d’État, Le Monde, 22-23 juillet 2018, p. 27.
2 Cédric Pietralunga, Ce que la polémique révèle du macronisme, Le Monde, 21 juillet 2018, p. 7.
3 Laurence de Charette, Vous avez dit exemplaire, Le Figaro, 23 juillet 2018, p. 1.
4 Jean-Luc Porquet, Dans l’affaire Benalla, c’est Macron qui casque, Dur Alex, Sed Lex, Le Canard enchaîné, 25 juillet 2018, p. 1.
5 Arthur Berdah, Macron se mure dans le silence en attendant de pouvoir être audible, Le Figaro, 23 juillet 2018, p. 3.
6 Jean-Paul Mégret, « L’Elysée a allumé un contre-feu pour atténuer sa responsabilité », Le Monde, 22-23 juillet 2018, p. 7.
7 Isabelle Ficek/Pierre-Alain Furbury, Benalla : l’exécutif mise sur l’été pour éteindre l’incendie, Les Échos, 26 juillet 2018, p. 2.
8 Affaire Benalla : l’Élysée mis en cause, Le Monde, 20 juillet 2018, pp. 1-8-9.
9 Gildas Le Dem, L’irresponsabilité politique d’Emmanuel Macron, Le Blog de Gildas Le Dem, www.mediapart.fr , 25 juillet 2018.
10 Roseline Letteron, Affaire Benalla : quelques questions de procédure, www.libertescheries.blogspot.com , 23 juillet 2018.
11 Mathilde Mahieu, Affaire Benalla : les « chargés de mission » de l’Elysée échappent aux obligations de transparence, www.mediapart.fr , 25 juillet 2018.
12 Émeline Cazi/Ariane Chemin, Pourquoi le couple n’a pas été poursuivi pour violences ?, Le Monde, 27 juillet 2018, p.7.
13 Gérard Davet/Françoise Krug/Fabrice Lhomme (propos recueillis par), Alexandre Benalla livre ses vérités, Le Monde, 27 juillet 2018, pp. 1-8-9.
14 Stéphane Kovacs, Franc-maçon, Benalla est suspendu à titre conservatoire de sa loge, Le Figaro, 26 juillet 2018, p. 5.
15 Antton Rouget, Collomb et Delpuech fragilisent l’Élysée, www.mediapart.fr , 23 juillet 2018.
16 Édouard Tréteau, Affaire Benalla : stop à l’hystérie collective, Le Figaro, 24 juillet 2018, p. 17.
17 Lénaïg Bredoux/Manuel Jardinaud/Pascale Pascariello, Affaire Benalla : l’Élysée joue la confrontation, www.mediapart.fr ,
18 Éditorial, Affaire Benalla : tour de passe-passe, Le Monde, 27 juillet 2018, p. 27.
19 Étienne de Montéty, Sortir du silence, Le Figaro, 25 juillet 2018, p. 1.
20 Alexandre Devecchio, Le risque pour Macron est de se transformer en « Gulliver entravé », Le Figaro, 25 juillet 2018, p. 17.
21 André Bellon, Une étrange démission, Blog : Pour que vive la souveraineté populaire !, www.mediapart.fr , 22 juillet 2018.
22 Étienne de Montety, Tout va très bien…, Le Figaro, 24 février 2018, p. 1.
23 Christine Clerc, Macron ou le silence de Janus, Le Télégramme, 21 juillet, p. 5.

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