Observatoire Géostratégique

numéro 153 / 20 novembre 2017

C’EST À HAMBOURG : G20 OU G VAIN ?

« Ma messe, la voici ! C’est la bible et je n’en veux pas d’autres » (Calvin). La vie internationale possède une dimension liturgique indéniable. À cet égard, la rencontre multilatérale de haut niveau est à la diplomatie ce que la grand-messe est à la religion catholique. Le sommet du G20 (Hambourg, 7-8 juillet 2017) n’échappe pas à la règle. Anti-G20 violent organisé aux abords du lieu de la réunion feutrée des chefs d’État et de gouvernement de ce qui compte dans la planète à l’invitation de la chancelière allemande, Angela Merkel, tel est le lot commun de tous ces barnum de la mondialisation et de la communication. Plus que l’exégèse des longs communiqués finaux insipides, les médias préfèrent scruter les apartés, les poignées de main, les petits mots parfois les gros mots, les sourires narquois, les accolades appuyées, les héros de la photo de famille…

Il est vrai, qu’à défaut de faire le « job », Donald Trump fait le spectacle à lui tout seul tant il mène une « politique étrangère baroque »1 et n’a cure des usages diplomatiques. Ce forum de discussion des principales économies du globe (80% du produit intérieur de la planète) sur les grands enjeux économiques mondiaux n’aura pas atteint ses objectifs. Cette conférence multilatérale est éclipsée par une rencontre bilatérale américano-russe. Elle se conclut par de maigres résultats multilatéraux alors qu’ils constituent en principe sa principale raison d’être. En définitive, ce sommet de Hambourg donne la fâcheuse impression d’une conférence en quête de sens face aux nombreux défis économiques et financiers que le monde doit relever.

CONFÉRENCE MULTILATÉRALE ÉCLIPSÉE PAR RENCONTRE BILATÉRALE

Alors que les médias nous mettaient en haleine en nous promettant un évènement historique, le résultat diplomatique de ce G20 n’est pas à la hauteur des espérances. La chronique d’un évènement historique annoncé se transforme en chronique d’un pétard diplomatique mouillé.

Chronique d’un évènement historique annoncé

Depuis des semaines, nos perroquets à carte de presse gavés aux éléments de langage (EDL pour les connaisseurs) nous annonçaient que ce sommet du G20 de Hambourg au niveau des chefs d’État et de gouvernement – préparé avec la plus grande méticulosité par la chancelière allemande, Angela Merkel, vieille routière du circuit diplomatique multilatéral – allait être un grand moment de négociation, une sorte de remake du Congrès de Vienne. Nous allions voir ce que nous allions voir. Un constat d’évidence s’impose aujourd’hui à tout observateur objectif de la réalité internationale. Les discussions bilatérales ont éclipsé les rencontres à vingt. Les choses sérieuses ne se passent pas dans la salle de réunion mais en marge des flonflons et à l’abri des caméras indiscrètes.

D’autant que le président américain n’entend céder le moindre pouce ni sur le climat, ni sur le commerce mondial2. Pour lui, l’accord obtenu à la COP21 de Paris ne le lie plus. Il n’entend pas être l’homme du compromis diplomatique pas plus que le président des nuances. Ce n’est un secret pour personne, Donald Trump ne prise pas le multilatéralisme sous toutes ses formes : ONU, OTAN, G7 et autres G20. Il le considère comme une perte de temps qui ne fait pas avancer les dossiers. Il privilégie le tête-à-tête « viril » avec son interlocuteur !

Chronique d’un pétard diplomatique mouillé

Paradoxe pour une rencontre multilatérale, l’information la plus intéressante, que retiennent nos médias préférés de ce G20 d’Hambourg, est la suite de l’entretien bilatéral qualifié de « vigoureux » (précise-t-on !) entre Donald Trump et Vladimir Poutine (le premier en tête-à-tête). Il devrait en principe conduire à une trêve des combats dans le sud de la Syrie, surnommée « trêve des canons »3. Les deux responsables tentent, avec cet accord, de dessiner un scénario pour l’avenir de la Syrie. Comme au temps de la Guerre froide, les discussions importantes se passent entre les deux Grands, les autres en étant réduits au rôle de figurant impuissant d’un numéro de duettiste4. Prévu pour durer une petite demi-heure, ce premier tête-à-tête entre l’américain et le russe va durer plus de deux heures pendant que leurs dix-huit homologues ont l’immense plaisir de voir le fauteuil américain occupé par la fille du président des États-Unis. Horesco referens pour les habitués de ce genre de festivités.

Avant son arrivée sur le sol européen (il effectue une visite bilatérale à Varsovie avant de rejoindre la ville hanséatique, n’étant pas le bienvenu à Londres), le président américain aurait déclaré que, n’était son premier entretien avec son homologue russe, Vladimir Poutine, il n’aurait pas vu l’intérêt de traverser l’Atlantique pour participer à cet inutile G205. Il estime que ce premier entretien aura permis de faire progresser la compréhension mutuelle entre les deux hommes, sérier les zones de convergence et de divergence entre les deux pays : Ukraine, lutte antiterroriste, cybersécurité (même si le président américain abandonne, de retour à Washington, l’idée de créer une unité de cybersécurité commune avec la Russie), Corée du Nord….6 Certains n’hésitent pas à dire que Vladimir Poutine aura aidé Donald Trump passer son « brevet de diplomate ».

Le désintérêt américain pour cette conférence multilatérale explique en partie les maigres résultats multilatéraux obtenus à Hambourg en dépit de l’engagement personnel de la chancelière qui attendait un succès à moins de trois mois des élections législatives allemandes.

CONFÉRENCE MULTILATÉRALE AUX MAIGRES RÉSULTATS MULTILATÉRAUX

En dépit des bonnes paroles prodiguées par les dirigeants réunis à Hambourg, le moins que l’on puisse dire est que ce G20 n’aura pas été marqué par des résultats tangibles. À ce sommet du vide diplomatique fait écho un sommet du plein médiatique.

Un sommet du vide diplomatique

Une déclaration finale (complétée par un traditionnel communiqué final) a bien été adoptée à l’issue des travaux en dépit des sommes de désaccords sur les principaux sujets du moment. Motu proprio, ce G20 se conclut par un compromis diplomatique que les plus optimistes qualifient d’honorable7. Si la déclaration finale prend acte de l’isolement des États-Unis sur la question du changement climatique, ses résultats concrets sont relativement maigres en dehors d’un engagement timide pour l’Afrique avec l’engagement, pour la première fois, en faveur d’un partenariat économique pour le continent. L’objectif est de « lutter contre la pauvreté et les inégalités en tant que cause essentielle des migrations », précise le communiqué final. Il y a eu une timide avancée sur la lutte contre le terrorisme. Enfin, sur le sujet du commerce international, le texte reste abscons pour le commun des mortels tant les divergences sur la substance, en particulier avec la délégation américaine, n’ont pu être surmontées que par des acrobaties textuelles8. Sur tous les autres chapitres, les résultats de ce sommet sont plus que décevants.

Les formules générales retenues dans le communiqué final (sans parler de la déclaration finale) en disent long sur ce qu’il a fallu édulcorer pour sauver la face, au risque de s’en tenir à des déclarations de bonnes intentions sans portée réelle. L’adoption d’un insipide communiqué final par des escouades de conseillers (les « sherpas ») des chefs d’état et de gouvernement après de laborieuses négociations de nuit ne présente plus aucun intérêt si ce n’est pour les intéressés. Que dit Emmanuel Macron sur le résultat d’ensemble ? « Je considère que le texte a permis… de maintenir les équilibres indispensables et d’éviter toute marche arrière… Ce fut difficile, comme nous le savions avant le sommet ». Bel exercice de langue de bois diplomatique épaisse ! Il est vrai que dans les périodes de grande tension et de méfiance croissante dans les relations internationales, les États privilégient le retour à la diplomatie bilatérale et secrète à la diplomatie multilatérale et publique qu’ils laissent aux autres. Telle est la réalité incontournable de ce monde du début du XXIe siècle !

Un sommet du plein médiatique

Faute de s’accorder sur un plus petit dénominateur commun à Hambourg, les responsables politiques communiquent plus ou moins habilement en direction de leur opinion nationale. Les plus jeunes sont souvent les plus habiles en termes de maîtrises des réseaux sociaux. Mais, il est vrai que certains communiquent à la perfection à l’instar de notre président jupitérien (Cf. sa longue poignée de main avec le médiatique canadien, Justin Trudeau) qui règne dans les cieux9. Ce dernier fait le buzz sur les réseaux sociaux10. Il quitte la salle de conférences pour faire quelques « selfies » avec des badauds que n’ont pas effrayés les casseurs. Emmanuel Macron laisse cette « désagréable impression qu’il parle avant tout pour la photo »11. Il sait jouer à la perfection des coudes pour occuper une place de choix sur la traditionnelle photo de famille. Il sait inviter Donald Trump aux cérémonies du 14 juillet à Paris après l’avoir invité à dîner au très chic restaurant Le Jules Vernes situé au premier étage de la Tour Eiffel. Il ne désespère pas de le convaincre de ne pas rompre avec l’accord de Paris sur le climat de décembre 2015.

Le président français sait faire le buzz pour marquer les esprits en jouant de l’effet de surprise et en annonçant la tenue d’un sommet sur le climat à Paris le 12 décembre 201712. L’objectif sera de mobiliser « les financements privés et publics » promis lors de la COP21 de décembre 2015 alors que le président américain a décidé de ne plus honorer les engagements financiers souscrits par son pays sous l’ère Obama. Si Emmanuel Macron veut incarner la défense du multilatéralisme et se porter garant de « l’esprit de Paris », il ne nous dit pas comment il entend procéder concrètement. Comment entend-il articuler son sommet du 12 décembre 2017 avec la COP23 qui se tiendra un mois plus tôt à Bonn (RFA, 6 novembre 2017), l’Allemagne assurant la logistique de la présidence fidjienne ?

Cet exercice ne relève-t-il pas de la plus grande improvisation à dimension médiatique ? L’annonce de l’évènement est plus importante que le contenu concret de l’évènement. Ainsi, deux mondes – le réel et le diplomatique – se côtoient en s’ignorant presque tant leurs objectifs sont éloignés. Il faut être au G20 pour figurer sur la photo de famille, pour être vu, pour rencontrer les grands de ce monde. Ni plus, ni moins. Mais, il arrive parfois à Jupiter de gaffer à propos de ses déclarations sur la sur natalité africaine frein au développement13.

Mais, il y a d’autres zones d’ombre au tableau qui dépassent largement le strict cadre du G20 d’Hambourg et de ses résultats (ou de l’absence de résultats) dans le domaine économique et financier.

CONFÉRENCE EN QUÊTE DE SENS FACE AUX NOMBREUX DÉFIS ÉCONOMIQUES ET FINANCIERS

Au-delà de la question conjoncturelle de la réalité des résultats du dernier sommet du G20 à Hambourg, deux autres questions plus structurelles ne manquent pas d’être soulevées : la capacité de cette structure à prévenir une nouvelle crise financière et la remise en cause de sa pertinence globale.

La capacité du G20 à prévenir une nouvelle crise financière

Il y a dix ans déjà, en juillet 2017, le monde enregistrait la première onde de choc de la crise des « subprimes » aux États-Unis et ses premières conséquences néfastes graves ailleurs que sur le sol américain14. En effet ; l’incendie n’allait pas tarder à se répandre dans le monde jusqu’au Brésil, en Chine et en Europe. C’est à cette époque qu’est créé le G20 pour répondre aux turbulences générées par la crise financière. Une décennie plus tard, passés les plans de rigueur, les sommets d’urgence, les sauvetages bancaires et les récessions, les économistes les plus éminents nous annoncent que la reprise est enfin là. D’autres, plus pessimistes ou plus réalistes, selon le point vue où l’on se place, s’interrogent pour savoir où se trouvent les prochaines « bombes à retardement » qui pourraient plonger l’économie mondiale dans une nouvelle tourmente.

Et de rappeler que les excès de la finance sont de retour avec l’euphorie régnant sur le monde du « leverage buy-out » (LBO pour rachat avec effet de levier). En un mot, les fonds de capital-investissement, alliés aux banques ont recommencé à acheter des entreprises, à tour de bras, en recourant massivement à la dette, y compris en Chine. Ce sujet a-t-il été abordé lors du sommet du G20 d’Hambourg ? Nous n’en avons pas malheureusement pas l’impression, les chefs d’État et de gouvernement préférant s’écharper sur des questions stupides de rédaction (« drafting »). Pour nous résumer, ils préfèrent se quereller sur l’accessoire plutôt que de débattre du principal qui engage la vie quotidienne de tous les citoyens du monde. Sommes-nous certains que nos économies seront mieux préparer qu’en 2007 pour affronter une nouvelle tourmente de plus grande ampleur risquant de mettre à mal le système économique et financier international ? Là est la question fondamentale à laquelle nous n’avons pas de réponse pertinente.

La remise en cause de la pertinence globale du G20

Ceci soulève d’abord la question de l’utilité de l’enceinte du G7 (le dernier s’est réuni en juin dernier à Taormine en Sicile et n’a pas débouché sur des avancées tangibles en matière de gouvernance mondiale) voulue au départ par Valéry Giscard d’Estaing pour que les chefs d’état et de gouvernement aient des échanges directs et informels à sept sur les questions économiques en l’absence de leurs escouades de conseillers officiels. Ceci soulève aussi la question de l’utilité de l’enceinte du G20. À vingt et avec l’objectif de l’adoption de textes de compromis le plus souvent sans saveur et sans odeur, l’exercice devient stérile pour ne pas dire inutile. Qui se souvient des décisions ou des grandes orientations prises lors des derniers G20 ? La réponse est dans la question. Elles garnissent au moins les poubelles de l’Histoire.

L’heure n’est-elle pas venue pour les dirigeants les plus puissants de la planète de se livrer à un exercice bien connu de nos militaires, à savoir le « retex » pour retour d’expérience ? Une sorte d’exercice d’introspection collective. Il s’agirait de réfléchir, en dehors de toute contrainte rédactionnelle et de temps, à la pertinence du G20 pour résoudre les grandes crises économiques et financières et, le cas échéant, de proposer des structures et des méthodes de travail alternatives. Au lieu d’imposer une inutile conférence sur le climat en décembre prochain, le président de la République, Emmanuel Macron n’aurait-il pas mieux été inspiré en proposant à ses pairs de se réunir à Paris pour réfléchir à bâtons rompus et sans langue de bois sur les grands défis économiques et financiers à venir ?

Et ces défis sont aussi nombreux que dangereux. Le sujet est essentiel dans un monde aussi imprévisible qu’incertain. Gouverner, c’est prévoir ! Ce n’est pas seulement réagir en catastrophe et dans la plus grande précipitation à des évènements qui étaient souvent largement prévisibles. Marquer son attachement au multilatéralisme comme le déclare le chef de l’État, c’est aussi et surtout lui conférer une valeur ajoutée qui tient à sa capacité d’anticipation et de prospective. C’est à cette qualité essentielle que l’on reconnait les véritables hommes d’État qu’il ne faut surtout pas confondre avec les hommes politiques !

« Que reste-t-il de nos amours ? ». En dernière analyse, ce sommet du G20 de Hambourg (et accessoirement son contre G2015), fidèle reflet de la période de défiance et de la crise des institutions internationales, restera dans l’Histoire comme celui au cours duquel le bilatéralisme aura pris le dessus sur le multilatéralisme, le premier aura tancé le second. À trop vouloir concilier l’inconciliable, à trop vouloir rassembler, au maximum, les positions – souvent contradictoires – des uns et des autres dans la déclaration finale, comme le souhaite Angela Merkel avant le sommet de Hambourg qu’elle organise et préside, le plus grand danger est de s’en remettre à un langage creux.

Plus grave encore est le risque que le G20 ne continue à se transformer en machine qui tourne à vide, oubliant son objectif initial d’enceinte de discussion, d’anticipation le plus en amont possible des grands défis économiques et financiers par les dirigeants les plus puissants de la planète. Grand classique du multilatéralisme. Un projet d’avenir en commun pour le monde ne peut se résumer à une simple déclaration (si longue soit-elle !) à un simple communiqué (si médiatique soit-il !), « un communiqué sans substance qui fasse du G20 un G vain »16. C’est à Hambourg que cela s’est passé17.

Guillaume Berlat
16 juillet 2017

1 Donald Trump, Le trumpisme, un populisme à part, Le Monde, 7 juillet 2017, p. 21.
2 Simon Roger/Marie de -Vergès, Washington fait entendre sa voix discordante sur le climat et le commerce mondial, Le Monde, 7 juillet 2017, p. 3.
3 Laure Stephan, Terrain d’entente américano-russe dans le sud de la Syrie, Le Monde, 11 juillet 2017, p. 4.
4 Marc Semo/Thomas Wieder, Le tête-à-tête entre Trump et Poutine domine le G20, Le Monde, 9-10 juillet 2017, pp. 2-3.
5 Corine Lesnes/Isabelle Mandraud, Au G20, l’heure de vérité entre Trump et Poutine, Le Monde, 7 juillet 2017, p. 2.
6 Claude Angeli, Les exploits de Donald Trump au poker menteur, Le Canard enchainé, 12 juillet 2017, p. 3.
7 Marc Semo/Marie de Vergès/Thomas Wieder, G20 : un compromis malgré tout, Le Monde, 11 juillet 2017, p. 26.
8 Marie de Vergès, G20 : compromis de façade sur le commerce, Le Monde, 11 juillet 2017, p. 14.
9 J.-M. Th., De l’Élysée à l’Olympe, Le Canard enchaîné, 10 juillet 2017, p. 1.
10 C.N., Emmanuel Macom’, Le Canard enchaîné, 10 juillet 2017, p. 1.
11 Éric Decouty, Après la com, Macron face au réel, Marianne, 7-13 juillet 2017, p. 4.
12 Simon Roger, Climat : Macron annonce la tenue d’un sommet le 12 décembre, Le Monde, 11 juillet 2017, p. 6.
13 Anna Benjamin, Macron a-t-il raison de voir dans la natalité africaine un frein au développement ?, www.lexpress.fr , 12 juillet 2017.
14 Éditorial, Dans l’attente du prochain choc économique, Le Monde, 9-10 juillet 2017, p. 26.
15 Christophe Gueugneau/Yann Lévy, À Hambourg au cœur du contre-G20, www.mediapart.fr , 7 juillet 2017.
16 Marie de Vergès, Un sommet en quête de sens face aux tensions protectionnistes, Le Monde, 9-10 juillet 2017, p. 3.
17 C’est à Hambourg, paroles de Claude Delécluse et Michèle Senlis, musique de Marguerite Monnot, chantée par Edith Piaf, 1955.

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