Observatoire Géostratégique

numéro 200 / 15 octobre 2018

Editorient

LAFARGE EN SYRIE : GAFFIUS  NE SAVAIT PAS…

Une fois encore, l’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement pour certains hauts dignitaires de la République française ? En dépit de mises en cause dans de graves affaires, ils traversent les tempêtes et se retrouvent toujours portés aux plus hautes fonctions alors même qu’ils devraient être définitivement mis à l’index de la vie publique. Toutes choses impensables dans d’authentiques démocraties (Cf. les pays nordiques où tout ceci est impensable et improbable). Ces dérives graves sont parfaitement documentées. Ce fut le cas d’Alain Juppé, l’homme qui était droit dans ses bottes, dont la carrière aurait dû être stoppée net après sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de Paris. C’est aussi le cas de Laurent Fabius qui passa près d’une condamnation dans une affaire autrement plus grave, ayant entraîné la mort de nombreux hémophiles transfusés avec des lots contaminés par le VIH. Aujourd’hui, notre vénéré président du Conseil constitutionnel feint l’ignorance la plus complète dans une autre affaire, celle des activités du cimentier Lafarge/Holcim de la Syrie en pleine guerre.

GAFFIUS ET LE SANG CONTAMINÉ : RESPONSABLE MAIS PAS COUPABLE

En dépit de sa responsabilité hiérarchique évidente, le très jeune premier ministre de François Mitterrand (qui envisageait tout bonnement de lui succéder) se sort de cette sale affaire par une relaxe discutable. Mais une vilaine affaire qui se finit bien comme dans les contes de fée de notre enfance.

Une sale affaire pour l’étoile montante de la Mitterrandie

Décidément, notre actuel président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius est responsable de rien, coupable… Continuer la lecture

BENALLAGATE : UNE AFFAIRE D’ÉTAT !

« Ainsi, craignant toujours un funeste accident, J’imite de Conrart le silence prudent » écrit Nicolas Boileau dans son épitre I au Roi en 1669, citant le premier secrétaire perpétuel de l’Académie française. C’est vraisemblablement la posture choisie par le président de la République, Emmanuel Macron dans ce qu’il est convenu de qualifier d’affaire Benalla. À chaque époque politique son Alexandre, pas le Grand mais Alexandre Djourhi sous Nicolas Sarkozy et Alexandre Benalla sous Emmanuel Macron. Décidemment, la promesse des pratiques d’un « monde nouveau » décrétée par Jupiter ne tient pas ses promesses. Il n’entre nullement dans nos intentions de participer à la curée, de s’acharner sur un homme à terre – quoi qu’il ait pu faire et sur lequel nous ne savons que ce que l’on veut bien nous dire – comme le font nos moralistes à la petite semaine. Et, de nos jours, les vautours, les charognards prolifèrent comme le chiendent avec leur bonne conscience en étendard.

Grand bien leur fasse ! Pour notre part, nous préférons suivre la maxime de Jésus « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Plus intéressantes et utiles sont les leçons intemporelles que l’on peut tirer de ce fait divers, condensé des dérives de notre époque, fait divers mu en affaire d’État1 quoi que prétende Jupiter (« tempête dans un verre d’eau »). Elles méritent d’être détaillées pour tenter d’aller au-delà de l’écume des jours.

TRAHISON DES CLERCS

On peut élargir le propos… Continuer la lecture

HELSINKI : LE COW BOY ET LE TSAR
A LA RECHERCHE D’UN NOUVEAU YALTA…

À la suite d’un sommet européen de l’OTAN placé sous le signe du doute sur la pérennité de l’engagement américain1 et d’une visite d’État au Royaume-Uni placée sous le signe du doute sur l’avenir de relation spéciale américano-britannique2, Donald Trump rencontre le 16 juillet 2018 à Helsinki le président russe, Vladimir Poutine. Il a face à lui un homologue ravi de mesurer le relâchement du lien transatlantique, de constater la fracture béante de l’Union européenne, de se réjouir des hostilités lancées par Donald Trump contre ses propres alliés dans le domaine du commerce mondial, de voir les troupes de Bachar Al-assad reprendre Deraa, berceau du soulèvement de 2011, avec l’appui militaire et l’engagement diplomatique de Moscou dans le pays3.

Il a face à lui un homologue satisfait du parfait déroulement de la coupe du monde de football en Russie4 qui s’achève par une victoire des Bleus la veille et un satisfecit jupitérien sur la qualité de l’organisation du mondial.

Mais, il a surtout face à lui un homologue russe enchanté de se voir reconnaître le rôle d’interlocuteur privilégié de la plus grande puissance mondiale comme au temps héroïque de la guerre froide. « Russia is back ». En un mot, le pestiféré, le lépreux redevient, du moins l’espace d’une rencontre bilatérale, un dirigeant incontournable sur lequel il faut compter pour régler les grandes crises actuelles, pour traiter des affaires du monde, pour réinventer une nouvelle grammaire des relations internationales. Une incursion dans le passé… Continuer la lecture

(O)TANT VA LA CRUCHE À L’EAU QU’À LA FIN ELLE SE BRISE…

Bravo à l’équipe de France de football,
Bravo à Didier Deschamps,
Bravo aux autorités russes pour l’organisation de cette coupe du monde exceptionnelle.
La rédaction

(O)TANT VA LA CRUCHE À L’EAU QU’À LA FIN ELLE SE BRISE…

« Je ne veux pas d’une Europe qui soit juste une zone de libre-échange rattachée à l’OTAN ». Ségolène Royal ne pouvait résumer aussi en ces quelques mots choisi (prononcés il y a déjà quelques années) le dilemme des Européens face à la machine de guerre américaine qui a pour nom Alliance atlantique et qui a pour siège Bruxelles (plus précisément Evere, à proximité de l’aéroport de Zaventem). Présentée depuis sa création en 1949 comme un instrument de sécurité collective entre alliés (Cf. son article 5), l’Alliance atlantique l’est de moins en en moins. À la recherche permanente de nouveaux adversaires, d’ennemis (le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 et de nouveau la Russie après l’URSS), elle peine à justifier sa raison d’être dans un monde déboussolé. Les critiques les plus virulentes, toutes choses égales par ailleurs (seul le général de Gaulle en avait tiré les conclusions en quittant la structure militaire intégrée) ne viennent pas ou plus du continent européen, mais d’Outre-Atlantique, le siège réel de l’église atlantiste.

Elle subit désormais les coups de boutoir du 45ème président des États-Unis, Donald Trump1. C’est pourquoi, le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN (Bruxelles, 11-12 juillet 2018) était aussi attendu que le précédent (25 mai 2017) qui… Continuer la lecture

L’AMBASSADEUR OU LA DÉLATION SUR ORDONNANCE !

« Les cons, ça ose tout. C’est même à cela qu’on les reconnait ». Au moment où Simone Veil fait son entrée au Panthéon (1er juillet 2018) et où l’on loue son esprit de sacrifice durant l’Occupation contre un régime de collaboration-délation institutionnalisée, celui de Vichy1, la machine à délation fonctionne à plein régime dans notre pays. Sous couvert de « lanceurs d’alerte » se dissimulent en vérité d’authentiques dénonciateurs, cafteurs, délateurs, cafardeurs, calomniateurs, mouchards, sycophantes, jusque et y compris dans cette belle Maison qu’est le Quai d’Orsay ! Telle est la réalité quotidienne dans ce qu’elle a de plus crue.

Nous en avons aujourd’hui un exemple éclairant avec la campagne lancée contre notre ex-ambassadeur en Hongrie, Éric Fournier par le site de délation en ligne qui a pour nom Mediapart qui se borne à citer des extraits choisis de sa correspondance sur le phénomène Viktor Orbàn, ne les replaçant pas dans leur contexte 2. Pour sa part, le très sérieux quotidien Le Monde pratique la citation sélective, omettant de reprendre l’intégralité des propos du chef de l’État qui ont leur cohérence3. Que font ses « décodeurs » chargés de faire la chasse aux « fake news » ? Il en remet une couche dans un article immonde dans son édition du 5 juillet 2018, se complaisant dans la reprise de ragots indignes et d’attaques ad hominem gratuites qui tranchent par rapport à ce que fut ce quotidien dans les temps héroïques4.

Dans un second… Continuer la lecture