Observatoire Géostratégique

numéro 156 / 11 décembre 2017

Editorient

Editorient du 23 février 2015

UN BIEN ETRANGE COLLOQUE GENEVOIS…

Les 16 et 17 février derniers, s’est tenu un bien curieux colloque intitulé : « trouver l’équilibre entre le contre-terrorisme et les droits de l’homme », dans un palace de la riviera genevoise. Organisée par une ONG norvégienne (GNRD – Global Network for Rights and Development), financée notamment par des hommes d’affaires dont Mohamad Dahlan (l’ancien chef des services palestiniens de sécurité), cette réunion avait officiellement pour objectif de proposer à l’Assemblée générale des Nations unies une nouvelle convention destinée principalement à faciliter la coopération des services de renseignement pour lutter plus efficacement contre le terrorisme… Vaste programme !

Parmi une soixantaine de délégations étrangères – dont la majorité issue des représentations diplomatiques installées à Genève auprès des Nations unies -, on a pu remarquer plusieurs responsables des services de renseignement pakistanais, afghan, égyptien et turc. Une équipe, très diversifiée, des différents services israéliens était omniprésente dans la plupart des ateliers et tables rondes ainsi que plusieurs observateurs de la Mission britannique auprès de l’ONU. Le président du GNRD, le Dr. Loai Deeb a introduit les travaux en insistant notamment sur les dimensions quantitatives du terrorisme (nombre d’attentats et de victimes, superficie territoriales contrôlées par des organisations terroristes, etc.), avant d’insister sur les bienfaits annoncés de sa convention destinée à réconcilier les services spéciaux et les ONGs spécialisées en défense des droits humains… Autre vaste programme ! Ensuite, tout le monde s’est égayé dans différents ateliers (suivi de la Convention, radicalisation, réseaux numériques, services… Continuer la lecture

Editorient du 16 février 2015

LA CONTREFACON FINANCE AUSSI LE TERRORISME !

Comme nous le rappelons dans cette livraison l’Arabie saoudite et le Qatar portent une responsabilité majeure dans le financement de l’expansion de l’islamisme radical. A cette évidence géopolitique, plusieurs affaires soulignent le rôle important de l’économie souterraine constituée par la contrefaçon dans le financement des réseaux et de la logistique des attentats. Ce sont des actions qui ne demandent en effet qu’un faible financement et peu de logistique en termes d’organisation. La comptabilité scrupuleuse tenue par Bensaïd, le cerveau des attentats de 1995 l’a démontré.

Comment s’organise les filières de la contrefaçon et peut-on en esquisser une cartographie, sinon une géopolitique? La contrefaçon est très bien organisée au niveau international. Il s’agit de réseaux très bien structurés dont les résultats financiers sont impressionnants, venant en deuxième position après les stupéfiants, dans le cadre de l’activité opaque des filières relevant du crime organisé. On parle d’un chiffre annuel s’élevant à 450 milliards de dollars par an, soit 10% du montant du chiffre du commerce mondial. Outre les atteintes aux économies nationales et à l’image des marques, la contrefaçon reste une activité très lucrative pour ses auteurs et les participants à la chaîne opérationnelle. Elle touche plusieurs domaines: cigarettes, médicaments, produits de luxe, cosmétiques et parfums, vins et spiritueux, maroquinerie, etc.

Elle s’organise sur plusieurs continents et tend à se développer au niveau virtuel ! Pour des raisons politiques et historiques, certains pays sont considérés comme producteurs (Chine par exemple, mais aussi Russie), d’autres… Continuer la lecture

Editorient du 9 février 2015

LECONS DE CHEBAA !

L’attaque israélienne de Quneitra sur le plateau du Golan, puis – dix jours après -, la riposte du Hezbollah dans la région libanaise occupée des fermes de Chebaa, est un événement stratégique capital. Cette riposte s’est déroulée dans une zone ultra-militarisée et, en principe bien défendue… La question pour le cabinet militaire israélien est la suivante : comment six combattants du Hezbollah (le nombre six est symbolique puisque le parti chi’ite a perdu six cadres lors de l’attaque de Quneitra) ont-ils pu pénétrer dans cette zone portant à l’épaule un missile russe Kornett des plus sophistiqués ?

Le commando et son dispositif d’appui arrière sont restés près de trois jours en position de surveillance, guettant le moment opportun pour attaquer, chacun des combattants restant espacés de 900 mètres les uns des autres, à l’insu des radars sophistiqués, des satellites et des drones surveillant ce périmètres en permanence. Le convoi ciblé par le Hezbollah, composé d’unités d’élite, était formé de neuf véhicules non blindés, mais recouvert d’un imposant système de camouflage (filets, branchages, etc.). Certaines sources du Hezbollah laissent entendre que l’opération a été filmée et qu’elle sera diffusée prochainement afin de montrer la panique et la débandade survenues dans la colonne israélienne. Le nombre de victimes reconnues par Tel-Aviv (deux) serait également plus lourd (six morts et autant de blessés graves).

Non seulement, les Israéliens n’ont pas riposté, comme le craignait une grande partie des décideurs politiques libanais, mais ils devront désormais réfléchir sérieusement avant… Continuer la lecture

Editorient du 2 février 2015

UN PRESIDENT LIBANAIS CONTRE L’ « ETAT ISLAMIQUE »…

Dans le contexte régional des plus volatiles que l’on connaît, voyant le conflit irako-syrien déstabiliser quotidiennement les autres pays de la région, le Liban est toujours sans président de la République, depuis 300 jours environ. Chargé d’élire ce président chrétien, le parlement libanais reste verrouillé par l’opposition des deux coalitions « 14 mars » contre « 8 mars ». Régulièrement réapparaît une short-list avec quatre noms : Samir Geaga (le serial killer de la guerre civile 1975-1989), le général Michel Aoun (allié au Hezbollah), Amine Gemayel (qui fût déjà un président très médiocre de 1982 à 1988) et le jeune Sleiman Frangieh (le chef des Marada, les Chrétiens du nord, allié du général Aoun), jouissant d’une réelle expérience ministérielle et d’une vraie reconnaissance interconfessionnelle. Restent les candidatures par défaut : celle du patron de la banque nationale et du chef de l’armée. Deux sémantiques recouvrent ce vrai clivage politique : celle d’un président dit « consensuel », c’est-à-dire « faible » et issu obligatoirement des rangs du 14 mars contre celle d’un « président fort », à même de pouvoir parler aux Syriens, au Hezbollah et aux Saoudiens.

Depuis plusieurs mois, la diplomatie française (historiquement responsable et comptable de l’état actuel des pratiques constitutionnelles libanaises) a opté pour la solution du « président consensuel ». A cet égard, il fallait voir l’ambassadeur de France à Beyrouth faire chorus avec les ténors du 14 mars au dernier Salon du livre,… Continuer la lecture

Editorient du 26 janvier 2015

LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI !

La mort du roi Abdallah d’Arabie saoudite, fidèle allié d’Israël et des États-Unis, a suscité la réaction peinée de nombreux dirigeants internationaux. Le président israélien Reuven Rivlin s’est dit « attristé » et a salué l’action du défunt souverain saoudien, le qualifiant de « dirigeant exemplaire par son jugement solide, réfléchi et responsable. Gardien des lieux saints de l’islam, le roi Abdallah a agi en force de modération, respectueuse de ce que Jérusalem a de sensible et de saint, et a cherché à promouvoir une vision de prospérité pour la région. Ses politiques sages ont été un grand apport pour notre région et pour la stabilité du Moyen-Orient. »

En déplacement à Davos, l’ancien président israélien Shimon Peres a qualifié le roi Abdallah de « leader expérimenté » et de « roi sage » et sa disparition de « vraie perte pour la paix au Proche-Orient ». Tel-Aviv a toujours pu compter sur Riyad comme allié dans la lutte contre l’Iran, de même que Washington s’est appuyé de nombreuses fois sur le régime saoudien, notamment pour envahir l’Irak en 2003… Le nouveau roi Salmane Ben Abdel Aziz (78 ans et qui souffrirait de la maladie d’Alzheimer) a nommé par décret le prince Mohammed ben Nayef futur prince héritier et l’un de ses fils – Mohammed ben Salmane – ministre de la défense. Et le nouveau roi a aussitôt déclaré qu’il poursuivrait la « même » politique que son prédécesseur : «… Continuer la lecture