Observatoire Géostratégique

numéro 196 / 17 septembre 2018

Editorient

Editorient du 30 novembre 2015

LA COALITION IMPOSSIBLE
OU COMMENT LA DESTRUCTION DU SU-24 RUSSE FAIT TOMBER LE MASQUE DE L’OTAN…

C’est l’incident aérien le plus grave jamais survenu entre un membre de l’OTAN et la Russie depuis 1950. Mardi 24 novembre, un Soukhoï 24 (SU-24) de l’armée de l’air russe a été abattu par deux F-16 turcs dans la région du Hatay, au nord-ouest de la Syrie. Selon les informations de prochetmoyen-orient.ch, fondées sur plusieurs sources militaires russes et celles de deux services européens de renseignement, l’avion russe évoluait dans l’espace aérien syrien, à une quinzaine de kilomètres de la frontière turque et ce sont bien les deux F-16 turcs qui ont pénétré dans le ciel syrien en suivant une « procédure d’interception directe », lancée contre l’appareil russe.

Cette opération aurait été directement initiée et gérée par l’état-major central des forces armées turques basé dans la banlieue d’Ankara. Elle aurait été programmée au lendemain des frappes effectuées quelques jours auparavant par Moscou contre des camps de jihadistes turkmènes, dans le nord-ouest de la Syrie. Et cette mission de représailles était d’autant plus importante pour le commandement d’Ankara, qu’une dizaine de membres des forces spéciales turques, engagées aux côtés des jihadistes sur territoire syrien, font partie des victimes des raids de la chasse russe.

Plusieurs informations supplémentaires renforcent cette lecture d’une opération programmée dont le Pentagone était parfaitement tenu informé, presque heure par heure… Selon les sources de prochetmoyen-orient.ch, 27 chars déployés dans des provinces occidentales de la Turquie… Continuer la lecture

Editorient du 23 novembre 2015

ALGER/LE CAIRE : ALLIANCE DE RAISON !

Un nouvel axe Alger-Le Caire est en passe de prendre forme, plusieurs années après l’installation de la Commission mixte égypto-algérienne. Ainsi, à terme, les forces armées des deux pays pourraient constituer les deux branches d’une même tenaille pouvant contenir, sinon éradiquer les groupes terroristes et mafieux qui écument la région sahélo-saharienne et surtout les empêcher de prendre le contrôle des puits de pétrole, notamment de la Cyrénaïque… Si Tunis a tout intérêt à la consolidation de cet axe, le Maroc montre moins d’enthousiasme.

Cette évolution ne peut être exclusivement militaire. Comme elle l’a fait entre les groupes armés du nord du Mali et les autorités de Bamako, la diplomatie algérienne travaille également à la recherche d’une solution politique en Libye. Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a indiqué le 13 novembre dernier que  l’Algérie « ne soutient aucune partie en Libye au détriment d’une autre ». Le ministre d’ajouter dans une interview à la chaîne Al-Arabiya : « l’Algérie soutient le peuple libyen car les deux pays ont un destin commun et il est dans l’intérêt de l’Algérie que la Libye sorte de sa crise  actuelle car cela se répercutera directement sur sa sécurité et sa stabilité ». Le ministre a aussi démenti l’existence d’un quelconque différend entre l’Algérie et l’Egypte concernant le règlement de la crise libyenne, estimant que « les vues … Continuer la lecture

Editorient du 16 novembre 2015

LE LIBAN CONTINUE A PAYER SON DEFICIT D’ETAT !

Deuil national au Liban : une cinquantaine de victimes et plus de deux cents blessés après l’attentat le plus meurtrier depuis la fin de la guerre civilo-régionale ! Evidemment, les assassins qui se sont fait exploser devant un centre commercial et une mosquée du quartier de Aïn el-Séké, près du camp palestinien de Bourg al-Barajneh – à Beyrouth, le 12 novembre dernier -, entendaient venger les dernières défaites de leurs complices engagées en Syrie contre l’armée gouvernementale. En effet, l’attaque intervient deux jours après la reprise de l’aéroport de Kweïres (à l’est d’Alep), par l’armée syrienne, appuyée par le Hezbollah, des unités iraniennes et la chasse russe.

Les idiots de France Culture, de L’Express et du Monde reprennent en cœur la terminologie de la droite et de l’extrême-droite libanaises : les explosions ont frappé « un fief » du Hezbollah ! Comme chacun sait, la banlieue sud de Beyrouth abrite majoritairement des populations chi’ites, mais le quartier de Aïn el-Séké est considéré comme une zone à dominante « Amal », le parti de Nabih Berri, président de la chambre des députés libanais. Et il ne suffit pas d’apercevoir un drapeau du Hezbollah pendre à un balcon ou quelques portraits des imams Moussa Sadr ou Khomeini pour décréter que ce secteur constitue un « fief » du Hezbollah. Si nos « spécialistes parisiens » avaient attendu un peu et pris connaissance du texte de revendication publié par l’organisation « Etat… Continuer la lecture

Editorient du 9 novembre 2015

SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D’ALGER : CHAPEAU !

Photos: dali-mohamed

Photos: dali-mohamed

Alger – Mini-jupes, hidjabs, jeans, kamis, costumes-cravates, leggins, kachabias et même quelques haïks, dans toutes les tranches d’âges, les différentes régions et catégories socioprofessionnelles avec une dominante – la jeunesse, les familles et les écoles -, pendant dix jours avec plus d’un million et demi de visiteurs qui ont déambulé parmi les 475 stands du vingtième Salon international du livre d’Alger (SILA). Pas moins de 47 pays sont représentés ainsi que toutes les composantes de l’édition algérienne en langue arabe, en Amazigh et en Français pour la plus grande manifestation culturelle d’Algérie.

Le premier grand prix littéraire algérien – le prix Assia Djebar -, a été décerné le 4 novembre en présence d’une dizaine de ministres du gouvernement Sellal et de l’ambassadeur de France Bernard Emié, la France étant l’invitée d’honneur du SILA. Le jury a distingué trois œuvres parmi les 76 reçues – dont 13 en amazigh – de 36 maisons d’éditions algériennes. C’est Abdelwahab Aïssaoui, pour son roman « Sierra de Muerte » (La vallée de la mort), édité par la Direction de la Culture de la wilaya d’El-Oued, qui reçoit le prix en langue arabe. Deuxième lauréat : Rachid Boukharoub, pour son roman en Amazigh « Tisslith N’ou Ghanim » (La poupée de roseau) édité par El Amel ; le lauréat en langue française étant Amine Aït Hadi pour son livre « L’aube de l’au-delà », aux éditions Aden. « Ce… Continuer la lecture

Editorient du 2 novembre 2015

« HOLLANDE L’AFRICAIN » CONTRE FRANÇOIS D’ARABIE…

Christophe Boisbouvier est, sans conteste, l’un de nos meilleurs spécialistes du Grand continent. Sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), ses « invités Afrique »  font souvent événement. Son petit côté « chanoine » rassure toujours ses interlocuteurs avant qu’ils ne découvrent que celui-ci en un dissimule un autre plutôt… Fouquier-Tinville, mais c’est trop tard et l’interviewé n’a plus qu’à passer à table… Avec son premier livre « Hollande l’Africain »1, Christophe Boisbouvier déconstruit méthodiquement l’évolution d’un président « normal » initialement très étranger aux affaires étrangères, dont la seule expérience du terrain international se résume à son stage de jeune énarque en Algérie en 1978…

En arrière plan, c’est aussi toute la mémoire africaine du PS, depuis la SFIO de Guy Mollet qui est passée au crible, jusqu’aux dernières tribulations de l’inénarrable Guy Labertit, l’indéfectible soutien de l’Ivoirien Laurent Gbagbo, dont l’épouse – Simone – actionnait des escadrons de la mort avec la collaboration active des services israéliens, notamment… Sur l’épisode rwandais, on comprend mieux les difficultés de perception et de compréhension des choix – pourtant parfaitement clairs – effectués à l’époque par François Mitterrand. Sur ce dernier dossier, Christophe Boisbouvier n’est pourtant pas assez sévère avec les détracteurs, sinon les calomniateurs des officiers supérieurs et généraux français (le colonel Jacques Hogard et le général Jean-Claude Lafourcade, notamment), régulièrement traînés dans la boue par la presse parisienne… Continuer la lecture