Observatoire Géostratégique

numéro 200 / 15 octobre 2018

Editorient

Editorient du 19 octobre 2015

Iran: le syndrome de l’encerclement…

CHIRAZ – Le son des tambours, des trompettes et de mélopées funèbres se mêlent aux craquements métalliques des embouteillages et d’essaims de deux roues surchargés.Le mois lunaire de Moharram a une signification particulièrement importante dans le calendrier chi’ite : ce sont les dix jours de deuil qui commémorent le martyr de l’imam Hosseyn tué à Kerbala. Des processions de fidèles se frappent la poitrine, certains se flagellent le dos jusqu’au sang, dans un flot ininterrompu de silhouettes noires , hérissé de drapeaux et de bannières noires , rouges, vertes et jaunes. C’est dans ce contexte très particulier que le guide de la révolution islamique , l’ayatollah Sayyed Ali Khamenei a lancé un double appel le 14 octobre dernier à Téhéran devant un parterre d’étudiants : travailler à la consolidation de la paix en mobilisant la totalité des savoir-faire, de l’expertise et de l’intelligence de toutes les couches de la population. Ce message très médiatisé de mobilisation nationale s’inscrit dans l’après- accord sur le nucléaire du 14 Juillet dernier , qui devrait voir une levée progressive des sanctions internationales le premier semestre 2016, mais aussi et surtout dans un contexte régional dont les nombreux conflits connaissent tous une inquiétante escalade militaire.

En Syrie, l’armée gouvernementale et les unités du Hezbollah sont en train de reprendre plusieurs localités stratégiques au Nord de Homs. Les opérations de la chasse russe montent en puissance, ciblant à la fois Dae’ch et Jaish al-Har ( armée libre) qui inclut à… Continuer la lecture

Editorient du 12 octobre 2015

RECEP ERDOGAN: STRATEGIE DE LA TENSION…

La double explosion de samedi dernier, à Ankara devant la gare d’Ulus, a fait 95 morts et 250 blessés, selon un bilan intermédiaire, donc provisoire. Les autorités ont mis longtemps à réagir avant de conclure à une attaque-suicide. Cet attentat s’est produit peu après le démarrage d’une manifestation rassemblant quelque 20 000 personnes à l’appel du Parti de la démocratie des peuples, du HDP pro-kurde, de syndicats et d’autres organisations de gauche protestant contre les opérations militaires déclenchées par le président Recep Erdogan contre les Kurdes de Turquie et de Syrie. Sur place, des témoins se sont étonnés de la faiblesse du dispositif des forces d’ordre, habituellement déployé pour ce genre de manifestations. Des policiers auraient même ralenti délibérément le travail des pompiers et des services de secours, lors de l’évacuation des premiers blessés…

Le président turc a réagi en condamnant “cette attaque haineuse contre l’unité et la paix du pays”, paroles d’autant plus étranges que Recep Erdogan s’est engagé, depuis plusieurs semaines dans une surrenchère verbale et militaire contre des organisations kurdes avec lesquelles il entretenait pourtant un processus de négociation depuis plusieurs années. D’après différentes sources policières, le système du déclenchement des ceintures d’explosifs (dont certains debris ont été analysés), serait le même que celui utilisé lors du récent attentat de Suruk qui comporte clairement la trace, sinon la signature des services turcs de renseignements.

Dans ce contexte de regain de tensions politiques et sécuritaires, le président Erdogan multiplie quotidiennement les… Continuer la lecture

Editorient du 5 octobre 2015

Les grands lieux saints sous contrôle international !

La grande bousculade, survenue le 24 septembre dernier à La Mecque, a fait au moins 769 morts, selon le dernier bilan. La catastrophe s’est produite dans le cadre du hadj coïncidant avec la célébration de l’Aïd el-Kébir dans la ville sainte musulmane, durant le rituel de la lapidation de Satan. Cette cérémonie consiste à lancer des pierres contre les trois stèles le représentant, dans la vallée de Mina (à 5 kilomètres de La Mecque) ; le flux descendant en train de quitter l’une des stèles ayant rencontré une immense foule venant en sens inverse.

La République islamique d’Iran a payé le plus lourd tribut avec 464 victimes identifiées à ce jour. Figurent aussi 78 Egyptiens, 54 Nigérians, 45 Indonésiens et 40 Pakistanais. Il s’agit de la catastrophe la plus sanglante survenue à La Mecque depuis juillet 1990, lorsque 1426 fidèles avaient péri, piétinés et asphyxiés sur le site de Mina. Mais chaque année, on déplore des victimes dues à l’inadaptation des infrastructures, à la mauvaise gestion des flux de pèlerins et, en définitive, à l’incurie des autorités saoudiennes qui n’en sont pas à leur première défaillance. Certains experts avisés accusent même les services secrets de la monarchie pétrolière d’avoir sciemment fomenté la bousculade, sachant parfaitement que le groupe de pèlerins exposés comportait nombre de ressortissants iraniens exerçant de hautes fonctions officielles dont un diplomate de haut rang Ghazanfar Rokanabadi. Celui-ci fut notamment ambassadeur de la République islamique à Beyrouth… Continuer la lecture

Editorient du 28 septembre 2015

Il est désormais interdit de tirer sur un journaliste !

Le 21 octobre 2000, à Ramallah, Jacques-Marie Bourget, journaliste (alors à Paris Match), est très grièvement blessé par un tir. Poumon perforé, veine sous-clavière ouverte, le pronostic vital est engagé. Ce sont les secouristes du Croissant Rouge palestinien qui transportent le blessé à l’hôpital de Ramallah. L’état du reporter y est jugé si alarmant que les médecins demandent son transfert vers un hôpital israélien. Ce n’est pas un problème de compétence mais il est clair que le matériel médical et la technologie inondent les établissements hospitaliers de Tel-Aviv, alors que celui de Ramallah est soumis à la pénurie. Etrangement, l’armée israélienne refuse ce transfert. Les chirurgiens palestiniens se mettent au travail avec succès. En la matière ils ont hélas une trop lourde et cruelle expérience. Trente-six heures plus tard le journaliste doit être rapatrié à Paris dans un avion médicalisé. Refus des israéliens de laisser l’ambulance jusqu’à l’aéroport Ben Gourion. Chirac, alors président de la République, se fâche et exige qu’on laisse libre champ au blessé…Qui peut enfin gagner le service de réanimation de l’hôpital Beaujon à Paris

Après des mois de convalescence et de multiples opérations, dont l’une est réalisée par le professeur Christophe Oberlin qui lui  rend  une main gauche plus valide, J.M. Bourget dépose une plainte devant le TGI de Paris. Une information est ouverte pour « Tentative d’assassinat ». Dans la foulée un expert détermine que le journaliste a été… Continuer la lecture

Editorient du 21 septembre 2015

Ca va se passer à New York !

Les journalistes parisiens sont, parfois proprement désopilants ! La petite Isabelle Lasserre du Figaro, qui nous annonçait régulièrement une chute imminente et souhaitable de Bachar al-Assad depuis plusieurs années, ose écrire, le 16 septembre dernier : « en décidant de rejoindre la coalition en Syrie, la France, ENFIN, a nettement infléchi sa position… » Gonflée ! Sans fausse honte ni la moindre pudeur, et comme plusieurs de ses collègues qui appelaient la France éternelle à bombarder la Syrie en septembre 2013, voilà les mêmes qui aujourd’hui se félicitent du revirement de François Hollande. Revirement, oui ! Il y a quelques mois encore, le président de la République répétait à qui voulait l’entendre qu’il était absolument exclu de bombarder Dae’ch en Syrie parce que « cela pourrait aider le boucher de Damas… »

Que s’est-il passé ? Deux événements ayant totalement échappé à la sagacité de nos plumitifs parisiens, ces « résistants » de la dernière heure, « ENFIN » convertis à une participation à la Coalition en Syrie… Le 28 avril dernier, François Hollande recevait en catimini le patriarche maronite libanais Bechara Boutros Rahi. Celui-ci pouvait « ENFIN » lui répéter ce qu’il avait eu l’occasion de dire à Laurent Fabius en 2013 et 2014, à savoir les viols collectifs, les décapitations, l’amputation des seins, des mains et des pieds des femmes des villages… Continuer la lecture