Observatoire Géostratégique

numéro 201 / 21 octobre 2018

Editorient

Editorient du 21 septembre 2015

Ca va se passer à New York !

Les journalistes parisiens sont, parfois proprement désopilants ! La petite Isabelle Lasserre du Figaro, qui nous annonçait régulièrement une chute imminente et souhaitable de Bachar al-Assad depuis plusieurs années, ose écrire, le 16 septembre dernier : « en décidant de rejoindre la coalition en Syrie, la France, ENFIN, a nettement infléchi sa position… » Gonflée ! Sans fausse honte ni la moindre pudeur, et comme plusieurs de ses collègues qui appelaient la France éternelle à bombarder la Syrie en septembre 2013, voilà les mêmes qui aujourd’hui se félicitent du revirement de François Hollande. Revirement, oui ! Il y a quelques mois encore, le président de la République répétait à qui voulait l’entendre qu’il était absolument exclu de bombarder Dae’ch en Syrie parce que « cela pourrait aider le boucher de Damas… »

Que s’est-il passé ? Deux événements ayant totalement échappé à la sagacité de nos plumitifs parisiens, ces « résistants » de la dernière heure, « ENFIN » convertis à une participation à la Coalition en Syrie… Le 28 avril dernier, François Hollande recevait en catimini le patriarche maronite libanais Bechara Boutros Rahi. Celui-ci pouvait « ENFIN » lui répéter ce qu’il avait eu l’occasion de dire à Laurent Fabius en 2013 et 2014, à savoir les viols collectifs, les décapitations, l’amputation des seins, des mains et des pieds des femmes des villages… Continuer la lecture

Editorient du 14 septembre 2015

Henri Duveyrier, prince saharien…

« D’ailleurs quelle n’est pas l’injustice de l’histoire ! Tous ces noms d’explorateurs morts loin de leur patrie sont dans la mémoire de quiconque a de vagues notions des événements du siècle dernier, mais Duveyrier qui a ouvert la voie, qui a été assez prudent, assez intelligent pour revenir de son expédition, on l’a oublié… », déplore René Pottier1 ; « et il en sera toujours ainsi ; qu’un touriste meure de soif au Sahara parce qu’il a commis des imprudences, les colonnes des journaux seront pleines du récit douloureux de ses dernières minutes – que personne n’aura vues ! – Mais qui parle de la toute petite phalange, une dizaine d’individus, savants, artistes ou écrivains qui affrontent les sables brûlants du plus grand et du plus beau désert du monde pour s’efforcer de leur arracher leurs derniers secrets ?… »

Né le 28 février 1840 à Paris et mort le 25 avril 1892 à Sèvres, Henri Duveyrier est un géographe français, fils du saint-simonien Charles Duveyrier. Bien que l’un des plus grands explorateurs du Sahara, il reste aujourd’hui quasiment inconnu en France et en Afrique. Aujourd’hui, on préfère le fast food glamour, les sous-produits bobos et cucul la praline du genre mièvreries humanisto-photographiques d’un Arthus-Bertrand, les fausses aventures d’un Nicolas Hulot ou les bouquins affligeants de PPDA et de son frère, dédiés au mythe hollywoodien de Lawrence d’Arabie auquel ces vendeurs de soupe… Continuer la lecture

Editorient du 7 septembre 2015

Tony Blair, criminel de guerre reconverti dans les affaires et la médiation !

Et revoilà Tony Blair… L’ancien premier ministre britannique vient de mener une médiation secrète entre le Hamas et Israël, simultanément sur deux dossiers : l’aménagement du siège de la bande de Gaza et la libération de deux prisonniers israéliens.

D’après des informations du quotidien Al-Hayat, confirmées par deux services européens de renseignement, monsieur Blair a intensifié les activités de son cabinet de consulting privé depuis sa démission de porte-parole du Quartet, le 27 mai dernier. Fondée en 2002 afin de faciliter la reprise d’un processus de paix israélo-palestinien, cette institution réunit les Nations unies, l’Union européenne, la Russie et les Etats-Unis. La mission principale de Tony Blair était d’organiser l’aide internationale aux Palestiniens et de piloter des initiatives visant à soutenir l’économie et les administrations palestiniennes en préparation de l’éventuelle création d’un Etat palestinien viable. Non seulement les objectifs sont loin d’être atteint, mais l’ancien premier ministre britannique en a surtout profité pour faire de l’argent…

Ainsi, il s’est entretenu, à deux reprises, avec le leader du Hamas Khaled Mecha’al, dont l’organisation contrôle toujours la bande de Gaza depuis 2007. Toujours selon les mêmes sources, il a préparé longuement ces rencontres avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les négociations avec le Hamas ont eu lieu au Qatar sur la possibilité d’un cessez-le-feu temporaire, en échange de l’ouverture par Israël, d’un corridor naval entre Gaza et Chypre. Le ministre des Affaires étrangères de… Continuer la lecture

Editorient du 31 août 2015

Terrorisme de la misère, misère du terrorisme !

Le terrorisme, l’un des plus vieux métiers du monde, a toujours été source d’innombrables malentendus. Echappant à toute définition universelle stable, ce phénomène demeure une manifestation foncièrement politique, dans ses émergences et ses passages à l’acte comme dans les anticipations et les ripostes qui lui sont opposées. Et, comme toutes les grandes questions historiques, le terrorisme donne systématiquement lieu à des interprétations contradictoires.

Exemple : le rôle de Robespierre dans la Terreur a été amplifié à cause du discours, resté célèbre, qu’il prononça à la Convention le 25 décembre 1793 : « le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder (…) Le gouvernement révolutionnaire doit au bon citoyen toute la protection nationale ; il ne doit aux ennemis du Peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l’origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires (…). Si le gouvernement révolutionnaire doit être plus actif dans sa marche et plus libre dans ses mouvements que le gouvernement ordinaire, en est-il moins juste et moins légitime ? Non ; il est appuyé sur la plus sainte de toutes les lois : le salut du Peuple ». Robespierre, qui fût le premier à dénoncer les excès hébertistes, n’évoque ici que les moyens contraints, voire légitimes, de défense des acquis de la Révolution, loin des égarements sanguinaires que bien des idéologues, tels que François Furet (pour n’en… Continuer la lecture

Editorient du 24 août 2015

« Vous puez ! »

« Tol’it rihetkoun ! » – Vous puez ! – tel est le slogan que la jeunesse beyrouthine vient de lancer à la face de la classe politique libanaise après deux mois d’une crise des déchets qui a empuanti et peuplé de rats les rues de la capitale du Pays du cèdre. Et ce mouvement social est d’autant plus exemplaire qu’il n’arbore aucun drapeau d’aucune communauté, ni d’aucun parti, privilégiant une transversalité politique de grande maturité en demandant des comptes au feu gouvernement Siniora (juillet 2005), ayant privatisé le traitement des ordures, assuré par des sociétés étranges et des intermédiaires curieux dont le renouvellement des contrats aurait donné lieu à des pratiques plutôt opaques.

Cette crise qui a dominé tout l’été politique libanais a valeur de symptôme d’une gestion déplorable, voire d’une non gestion des questions publiques concernant la vie quotidienne des gens, proclament les Tol’it-Rihetkoun, accusant les pouvoirs publics d’incurie, de corruption et, en définitive, de nullité crasse. Les gouvernements successifs n’ont toujours pas été capables de mener à bien la construction de centrales électriques modernes abandonnant la population aux coupures récurrentes et au puissant lobby des marchands de groupes électrogènes. Cette absence d’Etat vaut malheureusement pour d’autres secteurs pourtant vitaux : l’eau, la santé publique, la justice, l’aménagement du territoire, l’éducation, etc.

Les Tol’it-Rihetkoun expriment plus largement leur ras-le-bol face à une classe politique héréditaire qui n’a fait que recycler les chefs de… Continuer la lecture