Observatoire Géostratégique

numéro 179 / 21 mai 2018

Editorient

Editorient du 20 avril 2015

Incohérences occidentales…

Barack Obama vient de renouer avec deux des ennemis historiques de l’Amérique : Cuba et l’Iran. Pour le premier, son inscription sur la liste des Etats soutenant le terrorisme prêtait plutôt à sourire. Assurément, Cuba ne représentait plus une menace stratégique pour les Etats-Unis depuis la fin des années 80. Néanmoins, les administrations américaines successives entretenaient pieusement ce vestige de la Guerre froide en raison du poids électoral – non négligeable – des Cubains de Miami. Et si un accord intermédiaire vient d’être signé avec l’Iran, nous sommes loin d’une normalisation stabilisée. Annoncée pour la fin juin – et même si elle se concrétise -, celle-ci ne traitera pas pour autant l’épicentre de l’arc de crises proche et moyen-oriental, à savoir le conflit israélo-palestinien. Par conséquent, les postures de la Maison blanche suffisent-elles à produire une politique étrangère ?

A tout le moins, peut-on parler d’une doctrine Obama ? « Nous faisons des ouvertures, mais nous préservons toutes nos capacités », répondait dernièrement le président des Etats-Unis. Merci Monsieur de la Palice… on ne saurait mieux dire. Pour l’éditorialiste du Wall Street Journal Daniel Henninger, la doctrine Obama, « c’est parler doucement et porter un grand bâton sans la moindre intention de l’utiliser ». Mais encore ?

Depuis son fameux discours du Caire sur l’Islam1 – destiné à tourner la page des attentats du 11 septembre 2001 et à améliorer les relations américaines avec les musulmans -, on ne… Continuer la lecture

Editorient du 13 avril 2015

LES FRERES MUSULMANS DEMASQUES !

Enfin un livre de fond1 sur la Confrérie des Frères musulmans ! On le doit à un jeune chercheur égyptien Chérif Amir, qui non seulement maîtrise la langue, l’histoire et la bibliographie du sujet, mais s’engage aussi sur le terrain, au-delà de la seule recherche universitaire, pour nous embarquer dans une enquête passionnante, importante et quasiment inédite.

Depuis 1928, date de sa création, le mouvement des Frères musulmans n’a cessé de comploter pour prendre le pouvoir en Egypte afin d’y imposer une idéologie réactionnaire et sectaire. L’histoire de la Confrérie s’enracine dans l’obsession du jeune imam Hassan el-Banna rêvant de reconstruire le califat islamique disparu quatre ans plus tôt, avec la chute de l’empire ottoman. De fait, le programme politique des Frères musulmans se réduit à reproduire à l’identique la première ère de l’Islam ; à faire revivre l’esprit du jihad (de ses formes plus modérées aux plus radicales, postulant la lutte armée) et à soumettre le monde à la bannière du Coran, selon les préceptes de son idéologue principal : Sayyed Qotb.

Et pour atteindre ses visées stratégiques, les tactiques employées par les Frères musulmans « ont toujours été machiavélique », nous dit Chérif Amir : « ils ont d’abord réussi à convaincre le dernier monarque de l’Egypte – le roi Farouk 1er -, de leur fidélité, tout en faisant de même avec le colonel Nasser, auprès de qui ils mirent en avant leur popularité parmi les Egyptiens, si bien que celui-ci,… Continuer la lecture

Editorient du 6 avril 2015

Algérie : retour en grâce…

De 1988 à 1998, l’Algérie a dû faire face à une vague de violences terroristes sans précédent. Rares sont les familles algériennes qui n’ont pas à déplorer une victime, un ou une disparu(e) durant ces années de plomb baptisées « la décennie noire » ou « la décennie sanglante ». A l’époque, ce pays méditerranéen majeur, l’un des trois grands du continent africain, n’a pas reçu beaucoup de soutiens internationaux et a dû faire face au terrorisme dans une quasi-solitude avec ses propres moyens. Pire, au plus fort de ces années sombres, une clique de « journalistes » et d’idéologues parisiens lançaient la campagne du « Qui-tue-qui ? » laissant entendre que les autorités algériennes étaient elles-mêmes responsables et l’unique responsable des tueries… jetant le plus lourd des discrédit sur l’armée et les autres appareils d’Etat du pays. Cette machinerie propagandiste a fait des dégâts considérables, non seulement en France, mais dans d’autres pays européens, aux Etats-Unis, ainsi qu’en Suisse…

Avec le temps, criminologues, historiens, anthropologues et autres experts et praticiens de terrain ont su et pu tordre le cou à cette campagne de désinformation et de diffamation fabriquant une deuxième mort insultante, insensée et insupportable pour l’ensemble des victimes d’un terrorisme qui décapitait déjà au nom de la restauration du Califat… Aujourd’hui, face à Nosra, Dae’ch, Boko-Haram, les Shebab somaliens et d’autres héritiers des GIA (Groupes islamiques armés) algériens en Syrie, en Irak, au Nigéria et dans d’autres pays de… Continuer la lecture

Editorient du 30 mars 2015

LES COULISSES DE L’ATTAQUE SAOUDIENNE

Le Yémen continue à sombrer dans le chaos. La campagne aérienne lancée par l’Arabie saoudite et une dizaine de pays arabes (dont principalement l’Egypte) contre les rebelles chi’ites Houthis, a fait plusieurs dizaines de victimes. L’intervention militaire « Tempête décisive », fait suite aux appels à l’aide du camp du président Abd Rabbo Mansour Hadi, incapable de stopper l’offensive des Houthis qui ont réussi – depuis septembre 2014 – à prendre plusieurs régions du pays, dont la capitale Sanaa. Ils menacent aussi Aden, la capitale du Sud où s’est réfugié le chef de l’Etat.

Le Caire a, mobilisé sa marine et son aviation, se disant prêt à « une intervention terrestre si nécessaire » selon les propres termes du ministre des Affaires étrangères Samih Shoukri qui affirme que « toute menace contre l’Arabie saoudite est aussi une menace contre l’Egypte ». Depuis la chute des Frères musulmans au Caire, Riyad finance massivement le nouveau régime égyptien, cherchant à reconstituer un « axe sunnite » pour faire face à l’Iran. Mais les calculs du Caire semblent d’ores et déjà sentir le pétrole… En effet, cette opération yéménite pourrait être la répétition d’une intervention militaire égyptienne en Cyrénaïque. Depuis le roi Farouk, puis Nasser, l’Egypte a toujours lorgné sur les régions pétrolières de l’Est libyen et la « somalisation » de ce pays représente une merveilleuse opportunité pour la concrétisation de ce vieux rêve des nouveaux Pharaons… Désormais, les Saoudiens et les autres pays sunnites ne… Continuer la lecture

Editorient du 23 mars 2015

Nucléaire iranien : le nouveau Grand jeu !

Même si on est encore « loin du compte », selon les propres termes d’un négociateur européen, le secrétaire d’Etat John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, se sont félicités, le 19 mars dernier à Lausanne, des progrès de leur négociation sur le dossier nucléaire iranien.

Mais Washington a démenti qu’un « projet » de règlement « circule » déjà à Lausanne, où se tiennent les ultimes négociations entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran. Les Occidentaux et Téhéran mènent depuis lundi dernier une course contre la montre pour sceller un accord dit « politique » avant le 31 mars prochain. Un tel document garantirait que l’Iran ne fabrique pas la bombe atomique en échange d’une levée des sanctions internationales. « Nous discutons de plusieurs sujets difficiles mais nous avons fait des progrès », a déclaré John Kerry en sortant d’une réunion avec Mohammad Zarif dans un palace de la riviera lémanique. Ce dernier a jugé que les parties « avançaient très bien mais qu’il reste beaucoup de travail à accomplir ». Le 5+1 et l’Iran sont entrés « dans la dernière phase des négociations, qui nécessite des discussions très intenses, (…) très compliquées », a estimé le ministre iranien. « A mon avis, c’est un très bon signe », a-t-il souligné, « cela veut dire que nous sommes en train d’arriver à quelque chose ».

L’accord cadre doit fixer les règles garantissant… Continuer la lecture