Observatoire Géostratégique

numéro 218 / 18 février 2019

Editorient

Editorient du 11 janvier 2016

ALGERIE, VERS LA DEUXIEME REPUBLIQUE…

Ahmed Ouyahia, le directeur de cabinet de la présidence algérienne a dévoilé, le 5 janvier dernier au cours d’une conférence de presse à Alger, les grandes lignes de l’avant-projet de révision de la constitution. Celui-ci devrait être adopté par voie parlementaire dans les prochaines semaines et pourrait ainsi jeter les bases de la Deuxième République algérienne.

Principalement, le nouveau texte réintroduit le principe de la limitation des mandats présidentiels à deux exercices. En novembre 2008, le président Abdelaziz Bouteflika a fait adopter par le parlement une réforme constitutionnelle qui supprimait la limitation des mandats du chef de l’État. Cette disposition, contenue dans l’article 74, ouvrait ainsi la voie au président Bouteflika pour briguer un troisième mandat en avril 2009, puis un quatrième en avril 2014. Le principe de la limitation des mandats avait été consacré lors de la réforme constitutionnelle adoptée en 1996 sous la présidence de Liamine Zeroual. Il faut souligner que, vingt ans plus tôt, l’Algérie fut le premier pays dans le monde arabo-musulman à adopter une loi constitutionnelle prévoyant l’alternance au pouvoir.

Dans cette perspective d’un calendrier borné de la présidence, de nouvelles dispositions prévoient également la création d’une haute instance nationale indépendante pour la surveillance des élections. Présidée par une personnalité incontestée, celle-ci aura pour mission notamment le contrôle de la révision des listes électorales et la participation à la formation des cadres des partis politiques pour la surveillance des différents scrutins à venir. La révision du fichier électoral ainsi… Continuer la lecture

Editorient du 4 janvier 2016

ALGERIE, LIBAN, SYRIE, YEMEN, LIBYE ET PALESTINE 2016 !

Ainsi, les proches d’Hocine Aït Ahmed n’ont pas voulu que le dernier des neuf « fils de la Toussaint » soit enterré à Alger dans le « Carré des martyrs »… Les mêmes ont aussitôt qualifié les huit jours de deuil national de « tentative de récupération ». Que n’eut-on entendu si cette décision d’hommage historique n’avait pas été prise ? Et la presse parisienne, qui n’en rate pas une dès qu’il est question de taper sur Alger, a dressé des couronnes de lauriers à l’ « opposant historique » au pouvoir en place. Quelques souvenirs nous reviennent…

En Suisse, nous avons croisé à moult reprises le patron du FFS (Front des forces socialistes) qui n’hésitait pas à accuser le moindre de ses contradicteurs d’être un agent stipendié des services secrets français… Nous en fîmes personnellement l’expérience pour avoir osé lui demander ce qu’était devenu le « trésor du FLN », dont une bonne partie avait disparu, en Suisse justement. Le journaliste et photographe vaudois Charles-Henri Favrod dira, un jour peut-être sa vérité et comment Hocine Aït Ahmed a dirigé jusqu’à la fin son parti depuis les hauts de Lausanne…

Quoiqu’il en soit, les commentateurs parisiens ont poussé l’hagiographie du chef kabyle jusqu’à l’ériger en « statue de l’anti-Boutef », multipliant les spéculations sur la succession du président algérien. Les manœuvres primaires des droites et… Continuer la lecture

Editorient du 28 décembre 2015

SLEIMAN, L’HOMME QUI AIME PLANTER DES ARBRES…

Malgré la trêve des confiseurs, la candidature de Sleiman Frangieh à la présidence de la République libanaise demeure la solution la plus crédible pour mettre fin à une dangereuse vacance du pouvoir exécutif libanais. Celle-ci perdure depuis le 25 mai 2014, à cause d’incompressibles blocages récurrents. Mais désormais, la solution Frangieh s’est installée dans le paysage politique national et international comme une évidence dont il reste à ajuster quelques modalités – certes d’importance – mais tout à fait négociables et surmontables. En tout cas, cette perspective nous fait prendre une certaine hauteur et correspond à plusieurs évolutions encourageantes pour l’ensemble du Proche-Orient.

Avec la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies – adoptée à l’unanimité et fixant une Feuille de route pour « une transition politique conduite et prise en main par les Syriens eux-mêmes » -, les cinq puissances qui disposent d’un siège permanent au sein de l’organe exécutif de l’ONU, viennent de faire un grand pas vers une solution concertée. Dans l’immédiat et transposée sur le terrain régional, la même unanimité rassemble aussi Washington, Moscou, Paris, Londres et Pékin s’accordant également sur l’entrée de Sleiman Frangieh au palais de Baabda afin de disposer d’un interlocuteur fort, populaire et capable de discuter avec l’ensemble des parties régionales et internationales. Selon nos informations, le président iranien Hassan Rohani, qui sera à Paris le 27 janvier prochain, apportera lui-aussi son appui à cette perspective, d’ores et déjà inscrite au… Continuer la lecture

Editorient du 21 décembre 2015

NOUVEL APPEL DE L’AN II…

D’ores et déjà, l’ensemble de la rédaction et des collaborateurs de prochetmoyen-orient.ch vous souhaitent de bonnes fêtes et les meilleures choses pour les temps qui viennent. Nous en aurons grand besoin… Dans notre numéro 53 du 7 décembre dernier, nous saluions l’An II de l’existence de votre hebdomadaire en ligne, un peu comme les sans-culottes de la colline de Valmy, le 20 septembre 1792, derrière Kellermann et Dumouriez s’apprêtant à stopper l’armée prussienne du duc de Brunswick qui marchait sur Paris… Cette victoire à mains nues sauvait la jeune Convention nationale qui déclarait la fin officielle de la monarchie en France et l’avènement de la Première République. Quelle histoire !

Aujourd’hui, ce ne sont plus les armées des monarchies coalisées qui menacent les libertés, mais ceux là-mêmes qui prétendent les défendre. Rachetés par des financiers et autres affairistes, les grands médias de la presse parisienne (écrite, parlée et télé) se sont transformés en vecteurs de « communication » et outils de trafic d’influences. Depuis une dizaine d’années, cette évolution, sinon cette exception bien française, se caractérise par une réduction drastique de la liberté de pensée, d’expression, d’édition et de diffusion et, in fine, par la remise en cause du pluralisme inscrit dans notre Constitution. Peu ou prou, la grande majorité des médias parisiens participent au déferlement d’une propagande unidimensionnelle qu’on peut provisoirement qualifier de néoconservatrice, en faisant référence au courant de pensée d’origine américaine apparu à la fin du XXème siècle.… Continuer la lecture

Editorient du 14 décembre 2015

LE LIBAN A RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE…

Nous avions exprimé la crédibilité de « l’hypothèse Sleiman Frangieh » -, pour la première fois à l’Ecole de guerre le 19 octobre 2014, devant un parterre d’officiers de marine de plusieurs pays méditerranéens avec lesquels il s’agissait de réfléchir aux conséquences maritimes des crises terrestres déchirant les pourtours de Mare nostrum… Ces officiers de marine – qui sont en réalité des ingénieurs d’élite – avaient réagi très positivement en stratèges rompus à la logique formelle des rapports de force. Nous avons repris la même argumentation, adaptée à l’évolution des guerres civilo-régionales de Syrie et d’Irak – « Liban : la solution consensuelle, c’est Sleiman Frangieh » -, le 3 août 2015 dans les colonnes d’Afrique-Asie, de prochetmoyen-orient.ch et d’autres médias repris par les différentes revues de presse du Quai d’Orsay.

Les dernières accélérations terroristes, militaires et diplomatiques ont donné raison à notre ancienne hypothèse en passe de se réaliser concrètement. Au début de décembre dernier, François Hollande devait admettre que la question du départ de Bachar al-Assad n’était plus un préalable à la priorité stratégique d’une éradication de Dae’ch et de la nébuleuse terroriste ensanglantant les Proche et Moyen-Orient. Il prenait même la peine de téléphoner personnellement à Sleiman Frangieh, afin de s’entretenir avec lui de l’élection présidentielle libanaise et de la situation régionale pendant une trentaine de minutes.

Certes, la décision absurde d’Alain Juppé de fermer l’ambassade de France à Damas en mars… Continuer la lecture