Observatoire Géostratégique

numéro 235 / 17 juin 2019

Editorient

Editorient du 7 septembre 2015

Tony Blair, criminel de guerre reconverti dans les affaires et la médiation !

Et revoilà Tony Blair… L’ancien premier ministre britannique vient de mener une médiation secrète entre le Hamas et Israël, simultanément sur deux dossiers : l’aménagement du siège de la bande de Gaza et la libération de deux prisonniers israéliens.

D’après des informations du quotidien Al-Hayat, confirmées par deux services européens de renseignement, monsieur Blair a intensifié les activités de son cabinet de consulting privé depuis sa démission de porte-parole du Quartet, le 27 mai dernier. Fondée en 2002 afin de faciliter la reprise d’un processus de paix israélo-palestinien, cette institution réunit les Nations unies, l’Union européenne, la Russie et les Etats-Unis. La mission principale de Tony Blair était d’organiser l’aide internationale aux Palestiniens et de piloter des initiatives visant à soutenir l’économie et les administrations palestiniennes en préparation de l’éventuelle création d’un Etat palestinien viable. Non seulement les objectifs sont loin d’être atteint, mais l’ancien premier ministre britannique en a surtout profité pour faire de l’argent…

Ainsi, il s’est entretenu, à deux reprises, avec le leader du Hamas Khaled Mecha’al, dont l’organisation contrôle toujours la bande de Gaza depuis 2007. Toujours selon les mêmes sources, il a préparé longuement ces rencontres avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les négociations avec le Hamas ont eu lieu au Qatar sur la possibilité d’un cessez-le-feu temporaire, en échange de l’ouverture par Israël, d’un corridor naval entre Gaza et Chypre. Le ministre des Affaires étrangères de… Continuer la lecture

Editorient du 31 août 2015

Terrorisme de la misère, misère du terrorisme !

Le terrorisme, l’un des plus vieux métiers du monde, a toujours été source d’innombrables malentendus. Echappant à toute définition universelle stable, ce phénomène demeure une manifestation foncièrement politique, dans ses émergences et ses passages à l’acte comme dans les anticipations et les ripostes qui lui sont opposées. Et, comme toutes les grandes questions historiques, le terrorisme donne systématiquement lieu à des interprétations contradictoires.

Exemple : le rôle de Robespierre dans la Terreur a été amplifié à cause du discours, resté célèbre, qu’il prononça à la Convention le 25 décembre 1793 : « le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder (…) Le gouvernement révolutionnaire doit au bon citoyen toute la protection nationale ; il ne doit aux ennemis du Peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l’origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires (…). Si le gouvernement révolutionnaire doit être plus actif dans sa marche et plus libre dans ses mouvements que le gouvernement ordinaire, en est-il moins juste et moins légitime ? Non ; il est appuyé sur la plus sainte de toutes les lois : le salut du Peuple ». Robespierre, qui fût le premier à dénoncer les excès hébertistes, n’évoque ici que les moyens contraints, voire légitimes, de défense des acquis de la Révolution, loin des égarements sanguinaires que bien des idéologues, tels que François Furet (pour n’en… Continuer la lecture

Editorient du 24 août 2015

« Vous puez ! »

« Tol’it rihetkoun ! » – Vous puez ! – tel est le slogan que la jeunesse beyrouthine vient de lancer à la face de la classe politique libanaise après deux mois d’une crise des déchets qui a empuanti et peuplé de rats les rues de la capitale du Pays du cèdre. Et ce mouvement social est d’autant plus exemplaire qu’il n’arbore aucun drapeau d’aucune communauté, ni d’aucun parti, privilégiant une transversalité politique de grande maturité en demandant des comptes au feu gouvernement Siniora (juillet 2005), ayant privatisé le traitement des ordures, assuré par des sociétés étranges et des intermédiaires curieux dont le renouvellement des contrats aurait donné lieu à des pratiques plutôt opaques.

Cette crise qui a dominé tout l’été politique libanais a valeur de symptôme d’une gestion déplorable, voire d’une non gestion des questions publiques concernant la vie quotidienne des gens, proclament les Tol’it-Rihetkoun, accusant les pouvoirs publics d’incurie, de corruption et, en définitive, de nullité crasse. Les gouvernements successifs n’ont toujours pas été capables de mener à bien la construction de centrales électriques modernes abandonnant la population aux coupures récurrentes et au puissant lobby des marchands de groupes électrogènes. Cette absence d’Etat vaut malheureusement pour d’autres secteurs pourtant vitaux : l’eau, la santé publique, la justice, l’aménagement du territoire, l’éducation, etc.

Les Tol’it-Rihetkoun expriment plus largement leur ras-le-bol face à une classe politique héréditaire qui n’a fait que recycler les chefs de… Continuer la lecture

Editorient du 17 août 2015

Elisée Reclus à Alger en 1885…

En 1900, il est le géographe le plus célèbre du monde. Le 30 mai 1885, Elisée Reclus – l’anarchiste -, prononce une conférence au Grand Théâtre d’Alger, au bénéfice des crèches laïques. Il se paie le luxe de pourfendre le colonialisme devant un auditoire de colons. Au même moment, il dénonce les crimes de la colonisation dans « L’Internationale », article publié le 24 mai 1885 par Le Révolté à Genève.

Du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, s’est tenu à Berlin une conférence internationale au terme de laquelle onze nations ouest-européennes, la Russie, les Etats-Unis et l’Empire ottoman s’entendent sur le partage du continent africain : « corbeaux assemblés autour d’un cadavre, chacun emportant son débris ». C’est l’époque où la France « se console, outre-mer, de la défaite de 1870 », où la « vieille Angleterre », la « grande Allemagne » se disent également à la tête de l’humanité…

La critique éliséenne du colonialisme se développe dans deux directions : les conquérants sont des criminels vis-à-vis des peuples qu’ils soumettent ; ils génèrent l’avilissement de leurs concitoyens de la métropole. Le plus novateur, ce second aspect demeurent d’une grande actualité.

« Ah ! C’est que c’est là le triste retour de ce qu’on est convenu d’appeler la politique extérieure, la politique coloniale. Il n’est pas permis à un peuple de se sectionner ainsi en… Continuer la lecture

Editorient du 10 août 2015

Présidentielle libanaise encore !

Revenons sur la précédente chronique géopolitique « L’envers des cartes – Liban : la solution consensuelle, c’est Sleiman Frangieh ! » de notre précédente livraison du 3 août dernier. Celle-ci a suscité passablement de réactions réclamant certains prolongements et éclaircissements.

Un premier groupe de lectrices et lecteurs nous reproche, plus ou moins amicalement, une « ingérence dans les affaires intérieures de la politique libanaise ». Tout aussi amicalement, il s’agit – ici – de redire que les enjeux de cette « élection présidentielle nationale » excèdent grandement les seuls frontières de ce si cher Pays du cèdre et qu’ils ne concernent pas exclusivement les Libanais de passeport… Indéniablement, l’identité, le profil et les compétences du prochain président de la République libanaise auront des conséquences importantes et influenceront la gestion de l’ensemble des crises régionales des Proche et Moyen-Orient, parce que le Liban et ses particularités politiques, anthropologiques et culturelles constituent toujours une espèce de baromètre, sinon l’un des pivots des équilibres et déséquilibres régionaux.

Reproche-t-on aux éditorialistes du monde entier de s’intéresser de trop près aux péripéties primaires de l’élection présidentielle américaines ? Par ailleurs, nous ne voulons pas ici dénombrer la multitude d’ « experts » libanais qui commentent quotidiennement la politique intérieure des différents pays européens à commencer par celle de la France… Citons seulement Antoine Basbous, porte-parole officieux des Forces libanaises en France, sinon de l’une des puissances militaires majeures… Continuer la lecture