Observatoire Géostratégique

numéro 290 / 6 juillet 2020

Editorient

Editorient du 16 novembre 2015

LE LIBAN CONTINUE A PAYER SON DEFICIT D’ETAT !

Deuil national au Liban : une cinquantaine de victimes et plus de deux cents blessés après l’attentat le plus meurtrier depuis la fin de la guerre civilo-régionale ! Evidemment, les assassins qui se sont fait exploser devant un centre commercial et une mosquée du quartier de Aïn el-Séké, près du camp palestinien de Bourg al-Barajneh – à Beyrouth, le 12 novembre dernier -, entendaient venger les dernières défaites de leurs complices engagées en Syrie contre l’armée gouvernementale. En effet, l’attaque intervient deux jours après la reprise de l’aéroport de Kweïres (à l’est d’Alep), par l’armée syrienne, appuyée par le Hezbollah, des unités iraniennes et la chasse russe.

Les idiots de France Culture, de L’Express et du Monde reprennent en cœur la terminologie de la droite et de l’extrême-droite libanaises : les explosions ont frappé « un fief » du Hezbollah ! Comme chacun sait, la banlieue sud de Beyrouth abrite majoritairement des populations chi’ites, mais le quartier de Aïn el-Séké est considéré comme une zone à dominante « Amal », le parti de Nabih Berri, président de la chambre des députés libanais. Et il ne suffit pas d’apercevoir un drapeau du Hezbollah pendre à un balcon ou quelques portraits des imams Moussa Sadr ou Khomeini pour décréter que ce secteur constitue un « fief » du Hezbollah. Si nos « spécialistes parisiens » avaient attendu un peu et pris connaissance du texte de revendication publié par l’organisation « Etat… Continuer la lecture

Editorient du 9 novembre 2015

SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D’ALGER : CHAPEAU !

Photos: dali-mohamed

Photos: dali-mohamed

Alger – Mini-jupes, hidjabs, jeans, kamis, costumes-cravates, leggins, kachabias et même quelques haïks, dans toutes les tranches d’âges, les différentes régions et catégories socioprofessionnelles avec une dominante – la jeunesse, les familles et les écoles -, pendant dix jours avec plus d’un million et demi de visiteurs qui ont déambulé parmi les 475 stands du vingtième Salon international du livre d’Alger (SILA). Pas moins de 47 pays sont représentés ainsi que toutes les composantes de l’édition algérienne en langue arabe, en Amazigh et en Français pour la plus grande manifestation culturelle d’Algérie.

Le premier grand prix littéraire algérien – le prix Assia Djebar -, a été décerné le 4 novembre en présence d’une dizaine de ministres du gouvernement Sellal et de l’ambassadeur de France Bernard Emié, la France étant l’invitée d’honneur du SILA. Le jury a distingué trois œuvres parmi les 76 reçues – dont 13 en amazigh – de 36 maisons d’éditions algériennes. C’est Abdelwahab Aïssaoui, pour son roman « Sierra de Muerte » (La vallée de la mort), édité par la Direction de la Culture de la wilaya d’El-Oued, qui reçoit le prix en langue arabe. Deuxième lauréat : Rachid Boukharoub, pour son roman en Amazigh « Tisslith N’ou Ghanim » (La poupée de roseau) édité par El Amel ; le lauréat en langue française étant Amine Aït Hadi pour son livre « L’aube de l’au-delà », aux éditions Aden. « Ce… Continuer la lecture

Editorient du 2 novembre 2015

« HOLLANDE L’AFRICAIN » CONTRE FRANÇOIS D’ARABIE…

Christophe Boisbouvier est, sans conteste, l’un de nos meilleurs spécialistes du Grand continent. Sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), ses « invités Afrique »  font souvent événement. Son petit côté « chanoine » rassure toujours ses interlocuteurs avant qu’ils ne découvrent que celui-ci en un dissimule un autre plutôt… Fouquier-Tinville, mais c’est trop tard et l’interviewé n’a plus qu’à passer à table… Avec son premier livre « Hollande l’Africain »1, Christophe Boisbouvier déconstruit méthodiquement l’évolution d’un président « normal » initialement très étranger aux affaires étrangères, dont la seule expérience du terrain international se résume à son stage de jeune énarque en Algérie en 1978…

En arrière plan, c’est aussi toute la mémoire africaine du PS, depuis la SFIO de Guy Mollet qui est passée au crible, jusqu’aux dernières tribulations de l’inénarrable Guy Labertit, l’indéfectible soutien de l’Ivoirien Laurent Gbagbo, dont l’épouse – Simone – actionnait des escadrons de la mort avec la collaboration active des services israéliens, notamment… Sur l’épisode rwandais, on comprend mieux les difficultés de perception et de compréhension des choix – pourtant parfaitement clairs – effectués à l’époque par François Mitterrand. Sur ce dernier dossier, Christophe Boisbouvier n’est pourtant pas assez sévère avec les détracteurs, sinon les calomniateurs des officiers supérieurs et généraux français (le colonel Jacques Hogard et le général Jean-Claude Lafourcade, notamment), régulièrement traînés dans la boue par la presse parisienne… Continuer la lecture

Editorient du 26 octobre 2015

ADIEU HENRY !

Dans un entretien qu’il vient d’accorder à L’Express, Henry Laurens (avec un « y » à l’anglo-saxonne, c’est plus chic !) estime que « le conflit syrien est infiniment plus fort, destructeur, mortifère, abominable, dans l’ensemble de ses dimensions, que ce que l’on peut appeler, tout en respectant les souffrances des uns et des autres en Israël et en Palestine, une forme de théâtralité. Quatre ans de guerre civile en Syrie ont fait plus de morts qu’un siècle de conflit israélo-palestinien. De 2011 à 2015, le régime de Bachar al-Assad a tué plus de Palestiniens que ne l’a fait Israël depuis vingt ans ».

Et ce drôle de professeur au Collège de France ose même comparer la situation du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk (sud de Damas) aux massacres de Sabra et Chatila1… commis par l’extrême-droite libanaise (Phalangistes) avec l’aide de l’armée israélienne… Pas moins ! Cette vieille rhétorique qui consiste à répéter que les Arabes ont tué plus de Palestiniens que l’armée et les colons israéliens est l’une des plus vieilles rengaines des officines de propagande du régime de Tel-Aviv. Addition de deux « obstacles épistémologiques » – mais notre « professeur » connaît-il seulement Gaston Bachelard ? -, cette affirmation vise surtout une finalité proprement idéologique et la consolidation d’un plan de carrière.

Tous les historiens sérieux le savent, les chiffrages des victimes de conflits, de génocides et… Continuer la lecture

Editorient du 19 octobre 2015

Iran: le syndrome de l’encerclement…

CHIRAZ – Le son des tambours, des trompettes et de mélopées funèbres se mêlent aux craquements métalliques des embouteillages et d’essaims de deux roues surchargés.Le mois lunaire de Moharram a une signification particulièrement importante dans le calendrier chi’ite : ce sont les dix jours de deuil qui commémorent le martyr de l’imam Hosseyn tué à Kerbala. Des processions de fidèles se frappent la poitrine, certains se flagellent le dos jusqu’au sang, dans un flot ininterrompu de silhouettes noires , hérissé de drapeaux et de bannières noires , rouges, vertes et jaunes. C’est dans ce contexte très particulier que le guide de la révolution islamique , l’ayatollah Sayyed Ali Khamenei a lancé un double appel le 14 octobre dernier à Téhéran devant un parterre d’étudiants : travailler à la consolidation de la paix en mobilisant la totalité des savoir-faire, de l’expertise et de l’intelligence de toutes les couches de la population. Ce message très médiatisé de mobilisation nationale s’inscrit dans l’après- accord sur le nucléaire du 14 Juillet dernier , qui devrait voir une levée progressive des sanctions internationales le premier semestre 2016, mais aussi et surtout dans un contexte régional dont les nombreux conflits connaissent tous une inquiétante escalade militaire.

En Syrie, l’armée gouvernementale et les unités du Hezbollah sont en train de reprendre plusieurs localités stratégiques au Nord de Homs. Les opérations de la chasse russe montent en puissance, ciblant à la fois Dae’ch et Jaish al-Har ( armée libre) qui inclut à… Continuer la lecture