Observatoire Géostratégique

numéro 290 / 6 juillet 2020

Editorient

Editorient du 12 octobre 2015

RECEP ERDOGAN: STRATEGIE DE LA TENSION…

La double explosion de samedi dernier, à Ankara devant la gare d’Ulus, a fait 95 morts et 250 blessés, selon un bilan intermédiaire, donc provisoire. Les autorités ont mis longtemps à réagir avant de conclure à une attaque-suicide. Cet attentat s’est produit peu après le démarrage d’une manifestation rassemblant quelque 20 000 personnes à l’appel du Parti de la démocratie des peuples, du HDP pro-kurde, de syndicats et d’autres organisations de gauche protestant contre les opérations militaires déclenchées par le président Recep Erdogan contre les Kurdes de Turquie et de Syrie. Sur place, des témoins se sont étonnés de la faiblesse du dispositif des forces d’ordre, habituellement déployé pour ce genre de manifestations. Des policiers auraient même ralenti délibérément le travail des pompiers et des services de secours, lors de l’évacuation des premiers blessés…

Le président turc a réagi en condamnant “cette attaque haineuse contre l’unité et la paix du pays”, paroles d’autant plus étranges que Recep Erdogan s’est engagé, depuis plusieurs semaines dans une surrenchère verbale et militaire contre des organisations kurdes avec lesquelles il entretenait pourtant un processus de négociation depuis plusieurs années. D’après différentes sources policières, le système du déclenchement des ceintures d’explosifs (dont certains debris ont été analysés), serait le même que celui utilisé lors du récent attentat de Suruk qui comporte clairement la trace, sinon la signature des services turcs de renseignements.

Dans ce contexte de regain de tensions politiques et sécuritaires, le président Erdogan multiplie quotidiennement les… Continuer la lecture

Editorient du 5 octobre 2015

Les grands lieux saints sous contrôle international !

La grande bousculade, survenue le 24 septembre dernier à La Mecque, a fait au moins 769 morts, selon le dernier bilan. La catastrophe s’est produite dans le cadre du hadj coïncidant avec la célébration de l’Aïd el-Kébir dans la ville sainte musulmane, durant le rituel de la lapidation de Satan. Cette cérémonie consiste à lancer des pierres contre les trois stèles le représentant, dans la vallée de Mina (à 5 kilomètres de La Mecque) ; le flux descendant en train de quitter l’une des stèles ayant rencontré une immense foule venant en sens inverse.

La République islamique d’Iran a payé le plus lourd tribut avec 464 victimes identifiées à ce jour. Figurent aussi 78 Egyptiens, 54 Nigérians, 45 Indonésiens et 40 Pakistanais. Il s’agit de la catastrophe la plus sanglante survenue à La Mecque depuis juillet 1990, lorsque 1426 fidèles avaient péri, piétinés et asphyxiés sur le site de Mina. Mais chaque année, on déplore des victimes dues à l’inadaptation des infrastructures, à la mauvaise gestion des flux de pèlerins et, en définitive, à l’incurie des autorités saoudiennes qui n’en sont pas à leur première défaillance. Certains experts avisés accusent même les services secrets de la monarchie pétrolière d’avoir sciemment fomenté la bousculade, sachant parfaitement que le groupe de pèlerins exposés comportait nombre de ressortissants iraniens exerçant de hautes fonctions officielles dont un diplomate de haut rang Ghazanfar Rokanabadi. Celui-ci fut notamment ambassadeur de la République islamique à Beyrouth… Continuer la lecture

Editorient du 28 septembre 2015

Il est désormais interdit de tirer sur un journaliste !

Le 21 octobre 2000, à Ramallah, Jacques-Marie Bourget, journaliste (alors à Paris Match), est très grièvement blessé par un tir. Poumon perforé, veine sous-clavière ouverte, le pronostic vital est engagé. Ce sont les secouristes du Croissant Rouge palestinien qui transportent le blessé à l’hôpital de Ramallah. L’état du reporter y est jugé si alarmant que les médecins demandent son transfert vers un hôpital israélien. Ce n’est pas un problème de compétence mais il est clair que le matériel médical et la technologie inondent les établissements hospitaliers de Tel-Aviv, alors que celui de Ramallah est soumis à la pénurie. Etrangement, l’armée israélienne refuse ce transfert. Les chirurgiens palestiniens se mettent au travail avec succès. En la matière ils ont hélas une trop lourde et cruelle expérience. Trente-six heures plus tard le journaliste doit être rapatrié à Paris dans un avion médicalisé. Refus des israéliens de laisser l’ambulance jusqu’à l’aéroport Ben Gourion. Chirac, alors président de la République, se fâche et exige qu’on laisse libre champ au blessé…Qui peut enfin gagner le service de réanimation de l’hôpital Beaujon à Paris

Après des mois de convalescence et de multiples opérations, dont l’une est réalisée par le professeur Christophe Oberlin qui lui  rend  une main gauche plus valide, J.M. Bourget dépose une plainte devant le TGI de Paris. Une information est ouverte pour « Tentative d’assassinat ». Dans la foulée un expert détermine que le journaliste a été… Continuer la lecture

Editorient du 21 septembre 2015

Ca va se passer à New York !

Les journalistes parisiens sont, parfois proprement désopilants ! La petite Isabelle Lasserre du Figaro, qui nous annonçait régulièrement une chute imminente et souhaitable de Bachar al-Assad depuis plusieurs années, ose écrire, le 16 septembre dernier : « en décidant de rejoindre la coalition en Syrie, la France, ENFIN, a nettement infléchi sa position… » Gonflée ! Sans fausse honte ni la moindre pudeur, et comme plusieurs de ses collègues qui appelaient la France éternelle à bombarder la Syrie en septembre 2013, voilà les mêmes qui aujourd’hui se félicitent du revirement de François Hollande. Revirement, oui ! Il y a quelques mois encore, le président de la République répétait à qui voulait l’entendre qu’il était absolument exclu de bombarder Dae’ch en Syrie parce que « cela pourrait aider le boucher de Damas… »

Que s’est-il passé ? Deux événements ayant totalement échappé à la sagacité de nos plumitifs parisiens, ces « résistants » de la dernière heure, « ENFIN » convertis à une participation à la Coalition en Syrie… Le 28 avril dernier, François Hollande recevait en catimini le patriarche maronite libanais Bechara Boutros Rahi. Celui-ci pouvait « ENFIN » lui répéter ce qu’il avait eu l’occasion de dire à Laurent Fabius en 2013 et 2014, à savoir les viols collectifs, les décapitations, l’amputation des seins, des mains et des pieds des femmes des villages… Continuer la lecture

Editorient du 14 septembre 2015

Henri Duveyrier, prince saharien…

« D’ailleurs quelle n’est pas l’injustice de l’histoire ! Tous ces noms d’explorateurs morts loin de leur patrie sont dans la mémoire de quiconque a de vagues notions des événements du siècle dernier, mais Duveyrier qui a ouvert la voie, qui a été assez prudent, assez intelligent pour revenir de son expédition, on l’a oublié… », déplore René Pottier1 ; « et il en sera toujours ainsi ; qu’un touriste meure de soif au Sahara parce qu’il a commis des imprudences, les colonnes des journaux seront pleines du récit douloureux de ses dernières minutes – que personne n’aura vues ! – Mais qui parle de la toute petite phalange, une dizaine d’individus, savants, artistes ou écrivains qui affrontent les sables brûlants du plus grand et du plus beau désert du monde pour s’efforcer de leur arracher leurs derniers secrets ?… »

Né le 28 février 1840 à Paris et mort le 25 avril 1892 à Sèvres, Henri Duveyrier est un géographe français, fils du saint-simonien Charles Duveyrier. Bien que l’un des plus grands explorateurs du Sahara, il reste aujourd’hui quasiment inconnu en France et en Afrique. Aujourd’hui, on préfère le fast food glamour, les sous-produits bobos et cucul la praline du genre mièvreries humanisto-photographiques d’un Arthus-Bertrand, les fausses aventures d’un Nicolas Hulot ou les bouquins affligeants de PPDA et de son frère, dédiés au mythe hollywoodien de Lawrence d’Arabie auquel ces vendeurs de soupe… Continuer la lecture