Observatoire Géostratégique

numéro 196 / 17 septembre 2018

Humeurs

WALID PHARES, LE JOHN BOLTON’S BOY PAR EXCELLENCE

OU LES DERIVES MORTIFERE DE L’IRREDENTISME MARONITE…

Une grande honorabilité bardée d’expertise. Des postes prestigieux dans la haute administration américaine républicaine : La vitrine d’exposition est parfaite, mais sous le vernis de la respectabilité, une façade lézardée, un personnage gangréné. Contrairement à ce que suggère son nom patronymique en arabe, Walid Pharès n’est pas le fils d’un preux chevalier, mais plutôt le parfait exemple d’un dévoiement par sectarisme. Libanais d’origine, naturalisé américain, il est en fait « UN ISRAELIEN d’ORIGINE LIBANAISE », comme l’a très justement qualifié le quotidien libanais « Al Akhbar».

« La propulsion de Walid Pharès au poste de conseiller du président Donald Trump ne constitue pas, loin s’en faut, une reconnaissance du savoir faire libanais encore moins un succès diplomatique pour le Liban, mais plutôt une percée majeure de la stratégie israélienne par la promotion d’un des affidés libanais de l’État Hébreu dans le cercle décisionnaire du pouvoir à Washington.(…) Preuve est faite qu’il est plus aisé pour les Forces Libanaises (milices chrétienens) de décrocher un poste regalien à Washington qu’à Beyrouth », poursuit Al Akhbar dont le portrait de l’ancien milicien se trouve sur ce lien pour le lectorat arabophone.

UN ISOLATIONNISTE VINDICATIF

La biographie en langue française de cet isolationniste vindicatif est lisse. Sa biographie en langue anglaise, éditée par le site Mother Jones, est infiniment plus caustique et toxique. Natif de la localité de Ghouma, district de Batroun, dans le Nord Liban, en 1957, Walid Pharès a effectué une scolarité éclectique à l’Université Saint Joseph des Pères Jésuites et… Continuer la lecture

DE LA DIPLOMATIE DU ROQUET !

Il existe mille et une manières de pratiquer l’art de la diplomatie, couvrant un spectre allant de la plus baroque (celle de Jupiter et de son collaborateur breton) à la plus sophistiquée (celle du Tsar Poutine et de son orfèvre es-diplomatie, Sergueï Lavrov). Nous en avons aujourd’hui la meilleure preuve avec les évolutions du dossier syrien depuis le début du soulèvement fin 2010 à la bataille d’Idlib en septembre 2018.

La première s’apparente à la diplomatie de l’esbrouffe, du verbe, de l’incantation, de l’admonestation. La seconde s’apparente à la diplomatie de la réalité, du silence, de l’action, de l’efficacité.

La première est faite de stratégie de long terme et de temps historique. La seconde surfe sur la vague de la tactique et du temps médiatique. La première agit. La seconde s’agite. À la première, le soin de mener le branle sur le terrain militaire et sur le tapis vert de la négociation. À la seconde, le soin de tenter de se raccrocher à la voiture balai pour tenter d’exister. Telles sont les conclusions préliminaires que l’on peut tenter de tirer après une longue année de diplomatie jupitérienne universaliste, multilatéraliste, humanitariste, progressiste et moralisatrice. Amen ! La parole éloquente fut fréquente, les résultats tangibles rares.

Il est vrai que les rencontres bilatérales à l’Élysée ponctuées par d’improbables conférences de presse furent nombreuses, les déplacements officiels à l’étranger pompeux et creux presqu’aussi fréquents, les conférences internationales (Libyie1, Yémen, financement du terrorisme, MakeourPlanetGreatAgain…) furent aussi médiatiques qu’inutiles, les embrassades avec Donald… Continuer la lecture

LA VACANCE DE MONSIEUR HULOT…

Si l’on part du principe que le souci écologique ne saurait faire l’impasse sur un contrôle du monde de l’économie par les puissances publiques, au nom de l’intérêt général, il est sans doute clair que les écologistes français sont plus dans une posture que dans un combat politique digne de ce nom.

Si l’on admet que M. Macron, fidèle préfet de la Région France au service de l’UE et des oligarchies occidentales est lui-même dans une posture, celle de « président » d’une république qu’il n’a ni la volonté, ni les moyens de « présider », la démission de Nicolas Hulot apparaît pour ce qu’elle est, un non-événement.

Dans le monde de la « narrative » comme paraît-il on dit dans les milieux bien informés, ces épiphénomènes ne pèsent en rien sur le réel, celui que les citoyens affrontent jour après jours, suite aux mesures de régression sociale que les présidents et les gouvernement successifs infligent à la France depuis 1983.

Aussi, pourquoi évoquer la démission de notre Don Quichotte de l’écologie ? Parce que, pour la « médiasphère », cet événement est un cataclysme, et qu’il annoncerait les pires malheurs pour le macronisme, etc.

Qui dit cela ? Ceux qui depuis des décennies ont appliqué des mesures comparables à celles mises en œuvre par M. Macron et son gouvernement (dont M. Hulot) pour tenter de faire entrer au forceps la France dans la logique européiste, oligarchique, austéritaire que nos amis Grecs ont longuement expérimenté in vivo. La Grèce est à ce titre un démenti absolu au discours… Continuer la lecture

BALZAC, ET LE PARIS D’ERIC HAZAN…

Oui, c’est un livre absolument délicieux1 pour atténuer les chocs de la rentrée. Il renouvelle et apaise nos regards sur la ville connue, parce qu’il en apprivoise la phénoménologie, l’intentionnalité et le sens. « Pour moi, Paris est une fille, une amie, une épouse, dont la physionomie me ravit toujours parce qu’elle est pour moi toujours nouvelle. Je l’étudie à toute heure et chaque fois j’y découvre des beautés neuves. Elle a des caprices, elle se voile sous une pluie, pleure, reparaît brillante, illuminée par un rayon de soleil qui suspend des diamants à ses toits. Elle est majestueuse, ici ; coquette, là ; pauvre, plus loin ; elle s’endort, elle se réveille, est tumultueuse ou tranquille. Ah ! ma chère ville, comme elle est étincelante et fière par une soirée de fête, lumineuse, elle saute, elle trésaille », écrit Balzac dans Les Mendiants, une petite nouvelle qui date de 1830.

Paris est l’épicentre de La Comédie humaine, là où tout est possible et où tout peut s’abolir. En même temps qu’on voit se déployer la ville de Ferragus, de Diane de Maufrigneuse, de De Marsay et de Rastignac, on suit l’existence de Balzac dans Paris, ses déménagements sous la pression des créanciers, ses démêlés avec ses éditeurs, ses malheurs au théâtre, ses journaux, ses courses dans les rues entre ses imprimeurs, ses marchands de café et ses nombreux amis. Il se confond avec la foule de ses personnages, ducs et pairs, actrices, espions, journalistes, poètes et banquiers. Réaliste Balzac ? ‘J’ai… Continuer la lecture

ET SI KADHAFI AVAIT RAISON !

« Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l’avenir et qui, par la suite, est également capable d’expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il l’avait prédit » comme le rappelle Winston Churchill. Et, c’est bien de ce dont il s’agit à propos des « révolutions arabes » débutées à la fin de l’année 2010 en Tunisie avec un parfum de Jasmin et qui s’achèvent dans une odeur de sang. Que nos bonimenteurs, qui ont pour nom dirigeants politiques, ne nous ont servi comme salades, comme bobards, comme « fake news » (fausses informations) ! Le monde arabe allait enfin entrer dans un monde démocratique, chassant les uns après les autres les dictateurs qui le gouvernaient pour le plus grand bien des peuples avides de culture – concept pris dans son acception la plus large – occidentale. Huit ans après, il n’est pas interdit de faire un retour sur le passé, de prendre conscience des chimères de l’époque, de revenir sur ce que déclarait le colonel Libye et, enfin, de mesurer l’ampleur des fautes occidentales.

LA CHIMÈRE DES « PRINTEMPS ARABES »

En 2018, le résultat global des mal nommés « printemps arabes » est désastreux. A l’exception de la fragile démocratie tunisienne, les « printemps arabes » se soldent au mieux par un retour de l’ordre ancien (Egypte), au pire par un chaos généralisé (Syrie, Libye, Yémen). Partout, l’intégrisme religieux se renforce, le djihad prospère (création de l’Etat islamique en Irak et au Levant, EIIL… Continuer la lecture