Observatoire Géostratégique

numéro 153 / 20 novembre 2017

Humeurs

Humeurs du 27 juillet 2015

Les ONGs, c’est comme les trains…

Effectivement, les ONGs, c’est comme les trains, ça peut en cacher un autre… Il ne s’agit pas – ici – de contester l’apport de la « société civile » à la vie internationale, mais faut-il encore que celle-ci et celle-là correspondent à des déterminations stabilisées et compatibles avec une règle du jeu commune du contrat social, national et multilatéral.

Les médias contemporains ont pris la fâcheuse habitude de recevoir, de relayer et de valoriser les messages des ONGs comme parole d’Evangile, de Coran ou de Talmud… sans toujours bien vérifier la composition et l’identité de leurs cadres et militants, sans vérifier la provenance de leurs financements, ni sans beaucoup s’intéresser à leur feuille de route répondant souvent à des objectifs foncièrement politiques, voire franchement économiques et financiers. Contrairement aux vieilles démocraties-témoins, les cadres d’ONGs ne sont pas élus mais bénéficient néanmoins d’un a priori favorable, comme s’ils participaient organiquement à la promotion des valeurs du bien, tandis que les Etats et leurs appareils ne cesseraient d’ourdir complots, coups tordus et autres machinations.

La vogue du droit-de-l’hommisme kouchnérien sans frontière, sans foi ni loi, n’a eu de cesse de promouvoir « le devoir d’ingérence » au nom d’une morale spontanée, d’autant plus unanime qu’elle était rarement définie. Les déviations successives de cette idéologie dominante qui a correspondu à l’avènement des « nouveaux philosophes » parisiens (fin des années soixante-dix) a engendré nombre de confusions allant, dans certains cas,… Continuer la lecture

Humeurs du 20 juillet 2015

De quelques contradictions françaises en Syrie !

Pour les cérémonies du 14 juillet 2008, Bachar Al-Assad, convié à un étrange « sommet » à quatre réunissant à Paris, autour de la France, le Qatar le Liban et la Syrie, est l’un des invités d’honneur de Nicolas Sarkozy. C’est l’émir du Qatar, sorte de « frère » pour Bachar, qui a convaincu le président français de l’importance de restaurer les relations entre Paris et Damas, relations rompues après l’assassinat de Rafic Hariri, le meilleur ami de Chirac. Et la greffe prend. Claude Guéant, Secrétaire général de l’Elysée multiplie les voyages au pays des Omeyades. Cette idylle est brutalement interrompue au fil de l’année 2010. Pourquoi ?

La Syrie, d’un côté, se déclare prête à acheter 23 Airbus et de l’autre à signer avec le groupe TOTAL un important contrat. Les experts sont au travail quand une injonction tombe : le marché des Airbus doit se faire par l’entremise du Qatar et c’est Doha qui doit prendre le pas sur TOTAL pour le contrat énergétique. La décision de mettre l’émir au cœur des transactions franco-syriennes émane de Nicolas Sarkozy, et son ordre est transmis à Bachar qui refuse cette étrange solution. Ce sera la guerre et le choix, aussi bien français que qatari de soutenir l’opposition au régime de Damas. En réalité on verra très vite que ces rebelles, aidés par la France, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie brandissent la bannière d’Al-Qaïda,… Continuer la lecture

Humeurs du 13 juillet 2015

La vie des autres est aussi la nôtre…

La NSA écoute ses alliés… Fichtre, quelle grande surprise ! Tout le monde sait cela depuis des années et lorsque Angela Merkel ou François Hollande jouent l’indignation et la comédie de la souveraineté nationale, on se prend à sourire ou à pleurer…

Le rapport asymétrique (USA/pays européens) est une donnée de base qui s’est « structurellement » consolidée avec le retour de la France dans le Commandement intégré de l’OTAN, plus anciennement avec le système Alliance-Base mis sur pied après les attentats du 11 septembre 2001. Hubert Védrine répète souvent que la lutte anti-terroriste est utilisée par les administrations américaines dans la cadre de négociations commerciales et financières en rappelant que « la mondialisation est la guerre de tous contre tous, y compris entre « alliés ». En matière de renseignement, la « souveraineté nationale » n’existe plus depuis la fin de la Seconde guerre mondiale

La reconstruction des services européens s’est faite dans le cadre du « Plan Marshall », ne l’oublions pas, en mettant à contribution d’anciens cadres nazis. Mais, dans le contexte de ces fausses indignations, le pire n’est pas dit concernant les Fesse-book, twiter et autres pseudos « réseaux sociaux ». Il y a quelque temps, le patron de Google a déclaré que « la vie privée n’existait plus aujourd’hui ». En effet, le vrai scandale ce sont les Clouds et Bigs… Continuer la lecture

Humeurs du 6 juillet 2015

Napoléon d’Arabie, Vladimir et François

Vingt-neuf ans selon la rumeur, trente-cinq selon la biographie officielle. Fils de roi. Vice-prince héritier, Chef de la cour royale, ministre de la défense et de l’aviation, second vice Premier-ministre Président du Conseil économique et de Développement… Bref, Mohamed ben Salman Al Saoud est le Général en chef de la troisième puissance militaire du Moyen-Orient et PDG du premier fournisseur de pétrole du monde. Jamais dans l’histoire de la dynastie des Saoud, un prince n’avait accumulé autant de pouvoirs. On le dit benêt, on le suppose inexpérimenté et capricieux, on le moque, on le craint. Contrairement à ses prédécesseurs gérontocrates, son espérance de vie dépasse le quinquennat. Il a devant lui des décades pour réaliser son ambition de dominer tous les musulmans de la terre par le sabre ou l’argent. Mais cela, si Allah le veut !

Le Prince s’en va-t-en guerre

D’allure douce et placide, le Prince a grandi à l’ombre d’une mère de fer et d’un père de velours. Contrairement à ses frères brillament diplômés, il n’a pas suivi d’école à l’étranger. Nul ne connait ses précepteurs, ses idées, ses penchants vertueux ou pervers. Délaissé par les courtisans, nul n’aurait l’an passé misé sur sa destinée. Pourtant, en trois mois, il est passé de l’ombre des chambellans à la lumière des grands de ce monde. De lui dépend la paix ou le cataclysme. Depuis l’intronisation de son papa roi, au début de l’année, Mohamed bouscule tous les usages.

Sans crier gare,… Continuer la lecture

Humeurs du 29 juin 2015

Crimes et Démantèlement

C’est l’heure de gloire posthume de Sir Mark Sykes et de Monsieur François George-Picot. Dans nos « grandes démocraties », les politologues autoproclamés, les apprentis experts en turqueries, les soi-disant islamologues, les réactionnaires amoureux des « révolutions » arabes sont penchés sur les cartes du Grand Moyen-Orient, où l’Amérique avait entrepris jadis d’imposer sa « démocratie » au nom de la lutte contre le terrorisme. Ces dilettantes apprécient en connaisseurs la dislocation d’un monde qu’ils exècrent et le démantèlement de ses Etats, l’un après l’autre, ne voyant rien d’extraordinaire à cette cascade de « révolutions » qu’ils persistent à qualifier de « démocratiques », éludant toutes les interrogations gênantes.

– Par quel prodige les wahhabites obscurantistes du Qatar et de l’Arabie, les islamistes turcs ont-ils développé une vocation révolutionnaire dont le jihadisme et le terrorisme sont les deux mamelles ?

– Suite à quel cheminement spirituel les nouveaux croisés ou les cow-boys de l’Axe du Bien en sont-ils arrivés à s’unir dans une alliance aussi audacieuse avec les parrains de ce djihad ?

– Comment la patrie des droits de l’homme peut-elle afficher une telle symbiose avec des partenaires aussi réfractaires aux droits de la femme ?

– Comment le bastion de la laïcité dure et pure, où l’on traque la moindre ombre de crèche, de croix ou d’oremus, fait-il bon ménage avec des fanatiques religieux qui coupent les têtes au nom de Dieu?

L’Amérique omniprésente dans cette stratégie du chaos ? Quelle Amérique ? La… Continuer la lecture