Observatoire Géostratégique

numéro 183 / 18 juin 2018

Humeurs

Humeurs du 9 novembre 2015

MACRON ET RON ET RON PETIT PATAPON !

La biographie du nouvel ovni de la politique française, qui sera publiée à la fin du mois par Marc Endeweld, fera un tabac car les Français sont impatients de tout savoir sur le plus énigmatique ministre du gouvernement. La vague de Macron-mania va déferler. On parlera de Macron sur Télématin et au Petit Journal, aux matinales des FM et dans les dîners en ville. Pour s’y préparer sérieusement, voici quelques éléments

Ma-cron. Un nom, deux syllabes. En politique c’est important car on ne fait pas carrière avec un patronyme à rallonge. Il faut que ça claque comme Chi-rac, Gau-din, Ta-pie sous peine d’être raccourci comme Béré, Sarko, ou pire, carrément disqualifié comme Rebsamen. Dupont devrait raboter Aignan ou afficher son chiffre en majuscules comme VGE ou DSK. On ne fait pas campagne avec un nom à coucher dehors, Najat, ministre souriante à deux noms n’est qu’un prénom, Khomri devrait s’amputer de l’El. Taubira seule, restera.

Le nom à deux tons façon pin-pon est plus Joly. Il est préférable au sifflet mono ton. Valls  sonne moins bien que Juppé ou Jospin. Il serait bien plus chantant précédé de l’adjectif « le » comme Le Pen, Le Drian, Lelouche. « Le » Valls ferait plus classieux, mais pas « La » qui serait une fausse note ; on se gausserait des pas de deux du Premier ministre à la une du Canard enchainé… Continuer la lecture

Humeurs du 2 novembre 2015

DE LA VALSE A TROIS TEMPS A LA THEORIE DES TROIS « E »

L’Histoire serait-elle un éternel recommencement ? Nous serions tentés de le croire à la lumière des récents actes de contrition de Barack Obama et de Tony Blair sur l’Afghanistan et l’Irak. Bien sûr, mieux vaut tard que jamais. Mais, l’affaire ne manque pas de sel s’agissant de deux Etats toujours prompts à administrer urbi et orbi leçons de morale et de droit international. En replaçant ces faits mineurs dans leur contexte global et dans le temps long, un constat s’impose à l’observateur critique : l’existence d’une sorte de valse à trois temps : erreurs, excuses, égarements.

Le temps des erreurs : errare humanum est

Le début du XXIème siècle constitue une « sorte de Bérézina de l’interventionnisme occidental autoproclamé » (Hubert Védrine). On connaît les conditions dans lesquelles George W. Bush engage, après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ainsi que ses partenaires de l’Alliance Atlantique (pour la première fois en dehors d’Europe) à faire la guerre contre le terrorisme sur le sol afghan pour y chasser les Talibans qui avaient pris le pouvoir à Kaboul. Force est de constater que si le diagnostic est faux, le traitement le sera tout autant. Quatorze ans après, les Américains et leurs alliés abandonnent l’Afghanistan en proie à de multiples convulsions et à un retour annoncé des Talibans. Tout ça pour ça, est-on tenté de dire !… Continuer la lecture

Humeurs du 26 octobre 2015

DIPLOMATIE: LE GESTE ET LA PAROLE…

Les lettrés et les historiens connaissent la Chanson de Roland dont l’épée Durandal au pommeau d’or renfermant des saintes reliques faillit être emportée par un Sarrasin à Roncevaux le 15 août 778. Ce poème épique sublime de 4000 vers s’achève lorsque le Comte de Bretagne battant sa coulpe, offrit à Dieu son gant droit. Son destre guant a Dieu en porofrit, que les incrédules interprètent comme une allégorie de la main tendue, geste vieux comme le monde qui scelle la communion entre hominidés. La refuser est une insulte réservée aux malotrus.

Les mauvaises manières protocolaires

En 2012, Manuel Valls alors ministre de l’Intérieur ne prit pas la peine d’allonger le bras depuis la seconde rangée des bancs de l’Assemblée Nationale pour saisir la main que lui tendait le Président de la République Tunisienne Moncef Marzouki en visite officielle à Paris. Plus récemment, un syndicaliste en colère ignora la main tendue du Président Hollande. Ni l’un, ni l’autre des illustres dédaignés ne méritaient cet outrage qui rabaisse leurs auteurs.

Comme dans la vie courante, le toucher de main est en diplomatie un exercice réglementé. Interminable sur le perron de l’Elysée et devant la Maison Blanche, furtif dans les couloirs de l’ONU, parfois carrément évité grâce aux portes dérobées. Il y a même des sommets où les chefs d’État, ayant posé en assemblée devant la caméra, jurent de ne jamais s’être étreint les paumes. Ce fut le cas au Caire entre les Présidents… Continuer la lecture

Humeurs du 19 octobre 2015

Fabius, un bombardier à géométrie variable.

Que le grand crique nous croque ! Est-ce l’effet de son statut d’intermittent du sommeil -et par conséquence intermittent de l’éveil- que notre ami Fabius ne se souvient plus très bien de ce qu’il dit ? Qu’il a la mémoire qui flanche ? Un article du Monde, publié de 2 octobre nous en apprend une bien belle : Fabius Laurent approuve ce que Laurent Fabius réprouve, le bombardement des djihadistes d’Al-Nosra. Voilà comment Le Monde nous présente la chose. Aux Nations Unies, à New York, à l’occasion du sommet mondial des chefs d’Etats réunis pour l’Assemblée plénière, John Kerry discute avec son équivalent russe Sergeï Lavrov. Il s’agit de faire la police de l’air afin que les avions de chasse de la « coalition » ne se heurtent pas à ceux de Moscou, voire de Tel Aviv… Mis au courant de la volonté de Poutine d’en finir avec les fous de Dieu, informé aussi de la conversation entre Kerry et Lavrov, Fabius ouvre un œil et lance « Si c’est Daech et Jabbat Al-Nosra qui sont visés, alors les frappes russes sont les bienvenues » ! Le réveil a-t-il sonné trop brutalement, faisant dérailler la langue diplomatique de « Fafa » ? Toujours est-il que nous voilà subitement loin de la ligne tenue pendant une longue période où il s’agissait à tout prix de faire passer Al-Nosra, autrement dit Al-Qaïda, pour… Continuer la lecture

Humeurs du 12 octobre 2015

ARABIE SAOUDITE : MALEDICTIONS EN CASCADE

De mémoire de musulmans jamais autant de signes funestes ne s’étaient accumulés en si peu de temps. En Arabie, cœur de l’islam, rien n’est profane tout est sacré. La vie n’est que prières à Allah pour l’assister dans son combat contre le diable. On se prosterne et on l’implore pour toutes raisons ; même pour la pluie et le mauvais temps. Si la tempête se lève, gronde et emporte quelques âmes vers les cieux : Allah a voulu donner un avertissement aux mortels pêcheurs. Rien n’est hasard tout est ordonné par le très haut. Le moindre événement anodin est interprété comme l’expression du divin.

C’est dans cet état d’esprit qu’il faut appréhender les séquences répétitives de l’actualité tragique du hadj de cette année 1436 où 2,5 millions de musulmans ont pu accomplir le pèlerinage dont le rite est un des cinq commandements de l’islam.

LE HADJ NOIR

Le 11 septembre, comme pour marquer le tragique anniversaire des tours jumelles de New York, une grue de chantier appartenant à l’entreprise Saudi Binladen Group s’effondre : 111 morts.

Le 20 septembre à Jamarat, durant le rituel de la lapidation de satan les foules se télescopent. Bilan : 3, 4, 5 mille victimes ? Beaucoup moins selon la police. Qui le saura jamais ? La plupart ont été inhumées en odeur de sainteté le jour même. Victimes étouffées, piétinées, écrabouillées. Enfants, femmes, handicapés entremêlés…Les plus forts ont survécu, les… Continuer la lecture