Observatoire Géostratégique

numéro 183 / 18 juin 2018

Humeurs

PIERRE DE VILLIERS : SE SERVIR…

Ainsi, huit mois après sa fracassante démission du poste de chef d’état-major des armées (CEMA) – une première dans l’histoire de la Vème République – Pierre de Villiers rejoint le groupe américain Boston Consulting Group (BCG). L’ancien CEMA occupe – s’il vous plaît ! – les fonctions de « Senior Advisor » du géant du conseil en stratégie depuis le 3 avril dernier.

Selon un article des Echos publié la semaine dernière, celui qui fut général cinq étoiles et le plus haut responsable de la défense et de la sécurité de la France, apportera désormais au cabinet américain « sa riche expérience en matière d’analyse des situations et des risques, de transformation des organisations et d’efficacité opérationnelle », souligne le BCG dans un communiqué publié jeudi dernier. BCG est un cabinet de conseil en management qui se présente comme le leader mondial du conseil en stratégie d’entreprise. Fondée en 1963, cette structure compte 90 bureaux dans 50 pays, oeuvrant essentiellement à la réussite des entreprises américaines !

Après un rappel à l’ordre brutal du président Emmanuel Macron pour avoir vivement contesté, devant une commission parlementaire, le serrage de vis budgétaire imposé aux armées, Pierre de Villiers avait démissionné le 19 juillet 2017 ; un geste sans précédent qui a marqué la première crise ouverte du quinquennat.  Collègues de la même promotion de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale), nous avions été parmi les premiers à lui apporter un amical soutien, saluant son panache, son courage et un sens certain de l’honneur.

Toutefois, un grand doute… Continuer la lecture

MAALOULA VOUS DIT DEJA MERCI !

Je vous fais suivre cet émouvant récit d’une visite rendue au village chrétien de Maaloula durant les fêtes de Noël 2017. Plus que tout, ce récit est un cri silencieux, une action de grâce, et un hymne à la paix.

Chère amie, cher ami, 

Je vous avais parlé avant Noël de mon voyage en Syrie… et avant toute chose, je voudrais vous dire MERCI. Merci à tous ceux qui ont répondu favorablement à mon appel pour aider le village de Maaloula en Syrie. L’argent collecté grâce à vous servira à la construction d’une clinique à Maaloula. Je vais vous en dire plus dans un instant. 

Ce voyage m’a permis de prendre contact avec la population syrienne. A partir de Damas je me suis rendu avec une petite équipe à Maaloula, Homs et Alep. 

Premier contact avec une capitale abritant 4 millions et demi d’habitants dont près de 2 millions de "déplacés", victimes des zones occupées par les factions terroristes encore tapies dans la banlieue de la ville. Concentré de culture, d’histoire, d’architecture, d’atmosphère, habité sans discontinuer depuis plus de 7 000 ans, Damas était autrefois appelée « le grain de beauté du monde ». 

Elle ressemble aujourd’hui à une ville sans trop de bobos, ou presque, après avoir été meurtrie pendant 2 années, entre 2011 et 2013. La capitale aujourd’hui (presque) sécurisée n’est pas en état de siège, mais en Vigipirate renforcé, et continue à vivre, tant bien que mal, dans l’insouciance, à l’abri d’une guerre qui se poursuit… Continuer la lecture

MONTRER L’HORREUR ?

Cette semaine, nous ne pouvions ignorer la polémique ayant ciblé Le Media (web-télé proche du parti La France insoumise) qui a refusé de diffuser des images de la guerre civilo-globale de Syrie. Un choix éditorial : quelle arrogance !

Aussitôt, tous les médias bien-pensants sont tombés à bras raccourcis sur la web-télé d’informations alternatives, nourrissant une disputio métaphysique, le genre de controverses dont les médias parisiens raffolent. Bulletin récidiviste de bien-pensance, Courrier International a même fait sa couverture avec un grand titre de Une : « Pourquoi il faut montrer l’horreur – Les images de la guerre en Syrie relancent le débat sur la représentation de la violence dans les médias ». Inévitablement, on a droit à tous les poncifs de la « profession » : « une image est une preuve », « pour une éthique du regard », « le métier de choisir », « donner à voir l’indicible », etc., etc. Peut-on tout montrer ? Courrier international « répond oui », sans la moindre nuance, ni explication…

L’image est-elle toujours une preuve ? Notre réponse est non ! Chaque image (photo, vidéo, croquis, etc.) s’effectue à partir d’un point de vue, d’une « instance », expliquait Michel Foucault, une instance qu’il s’agit toujours de préciser et d’expliquer. Et il ne suffit pas d’indiquer vaguement la source (espace et temps), mais il conviendrait aussi de mentionner les moyens techniques engagés et le diffuseur. L’une des sources redondantes des événements de Syrie, abondamment citée par la plupart des médias occidentaux, n’est autre que l’Observatoire syriens des droits de l’homme (OSDH). Et les répétiteurs-péroquets de cette… Continuer la lecture

SYRIE-CENSURE : LE TEMPS DE LAUSANNE  RECIDIVE…

Le quotidien lausannois Le Temps récidive dans la censure et l’auto-satisfaction. En novembre dernier, cet organe de la bien-pensance locale, régionale et globale avait déjà mené une calomnieuse campagne contre le Club suisse de la presse, afin d’empêcher la tenue d’une table ronde sur la pseudo-ONG – Les Casques blancs – création des services spéciaux britanniques au service des jihadistes d’Alep et de la Ghouta. La semaine dernière, Le Temps de Lausanne a remis le couvert en censurant une tribune co-signée par Gabriel Galice (président du GIPRI), l’écrivain Michel Raimbaud (ancien ambassadeur de France) et l’auteur de ces lignes. Le petit censeur aux ciseaux de bois s’appelle Frédéric Koller. Parfait inconnu, ce petit chien de garde se présente comme le « responsable des pages Débats et Opinions ». Il se défend de toute censure au nom de « critères professionnels » qu’il ne précise pas. Comme disait George Orwell, « la guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ». Nous reproduisons l’intégralité du texte censuré.

REGARD DIFFERENT SUR LA GHOUTA

Un déluge de dénonciations, condamnations, indignations ! Une fois encore « Le boucher de Damas massacre son peuple, gaze sa population ». Derrière cet écran de fumée, le scandale, aux yeux des plaignants, est que l’Etat syrien reconquiert du terrain sur les groupes terroristes, indigènes ou exotiques, appuyés par « les occidentaux » et leurs alliés du Golfe http://content.time.com/time/world/article/0,8599,1571751,00.html .

Militaires, conseillers spéciaux, humanitaires, journalistes s’entrecroisent, se congratulent, se consolent difficilement les uns les autres.

Le citoyen ordinaire n’aura pas lu le texte… Continuer la lecture

GHOUTA : DEFENSE DU MEDIA !

De l’école il me reste quelques souvenirs fondamentaux. Ainsi l’eau bout à cent degrés, la boussole indique le nord, le chameau blatère, le mètre étalon en platine iridié digère son avoine au Pavillon de Breteuil et la phtaléine du phénol est un révélateur. Le révélateur ? Parlons en puisque « Le Média » vient d’être trempé dans un bouillon de phtaléine, et que ça révèle, ça révèle ! Pire qu’un article de Plenel, ce qui n’est pas peu dire. Oui mais quoi ? Eh bien la vraie nature des bons apôtres qui protestent et se dé-socio-alisent du « Média », au prétexte que son correspondant à Beyrouth, Claude El Khal, a refusé de passer des images de la Ghouta en Syrie, renvoyant dos à dos les propagandistes des deux camps. Et, pour avoir très longtemps respiré la poudre du Moyen Orient, je pense qu’il a eu raison.

« Le Média » ne montre pas la guerre ? Et alors ? Quelle est donc la mécanique qui fâche si violet (la couleur de la phtaléine), nos amis « socios » d’hier et aujourd’hui indignés ? Non pardon pour le synonyme, ils ne le sont plus, je voulais dire meurtris ? Ce qui les blesse c’est de ne point voir couler le sang dans les caniveaux de la Ghouta. Car ces « « blessés » ont là-bas des amis, dits « Casques Blancs », qui s’y entendent en production à l’hémoglobine. Que la Syrie du « clan Bachar » – ce qui commence à faire pas mal de monde – reçoive des mortiers en guise de coup de peigne ? Ce n’est pas grave,… Continuer la lecture