Observatoire Géostratégique

numéro 244 / 19 août 2019

Humeurs

REPORTERS SANS FRONTIERES, SANS FOI NI LOI !

Le 21 octobre 2000, à Ramallah, tandis qu’une balle de M16 israélien volait avec ardeur vers mon poumon gauche, j’ai eu le temps de me dire : « Bon, je vais au tapis mais, merci le diable et Robert Ménard, Reporters Sans Frontières sera là pour me relever ». En cas de malheur, quand vous êtes journaliste, « correspondant de guerre » comme ils disent, vous êtes imprégné, instruit du total support que vous pouvez attendre de l’ONG sans frontières. Très mal en point mais même pas mort, j’ai pu constater l’incroyable soutien que m’a délivré RSF à mon endroit : rien ! Mais pourquoi ? Parce que je n’avais pas reçu la bonne balle, y’avait erreur comme souvent chez Colissimo. Si les ordures salopardes et fascistes serbes m’avaient collé la même punition au Kosovo, là, je ne dis pas. Le bronze pour ma statue, dressée dans le jardin de Ménard, était déjà prêt, bouillant à glouglous. Mais là, être touché par du 5,56 lancé par un état démocratique, c’était inconcevable pour RSF. Et sûrement ma faute…

Poussé au cul par mon avocat, l’admirable et si patient William Bourdon, le Ménard a été contraint, dans mon dossier, de se porter partie civile. Pour « tentative d’assassinat volontaire », incrimination qui le mettait en transe. Comment le petit Robert pouvait-il expliquer à ses amis israéliens sa trahison judiciaire ? Le soutien à un gugusse hostile ? J’ignore par quelle génuflexion le pitre, aujourd’hui de Béziers, s’est fait pardonner ? Mais je n’ai plus entendu parler de RSF. Sauf en 2012, dans un lapidaire… Continuer la lecture

QUAND INTERPOL EST BROYEUSE D’OPPOSANTS…

S’il vous vient l’envie de rire dans un cimetière, surfez sur Internet et lisez la littérature qu’on y trouve à propos d’un organisme baptisé « G5 Sahel », ou « G5S ». Un « machin » qui doit sauver le destin de l’Afrique de l’Ouest en éradiquant le terrorisme, tout en fixant sur place –grâce à un « développement concerté »- ces satanés migrants. La terre promise pour la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, tous membres de ce « G5 ». Bien sûr, ce paradis est un décor. Et il a un envers. Comme le disent les joueurs de belote, cette union exemplaire n’est qu’un outil de la France pour se défausser, ici sur le dos de ces peuples du Sahel. Le tout par le biais de dirigeants qui, le plus souvent, sont à la démocratie ce que Dutroux est à la protection de l’enfance. Paris aimerait trouver un relais à sa calamiteuse Opération Barkhane.

Qui, là-bas, coûte si cher en hommes et en argent. Alors qu’elle n’est que la mécanique d’un Sisyphe qui serait soldat. Serrez les jugulaires : « il faut que les Africains prennent leur destin en main », affirment les parrains du « G5S ». Air ancien déjà chanté dès 1950 par le secrétaire d’Etat à la France d’Outre-Mer, François Mitterrand.

Donc, depuis le 19 décembre 2014, sur le papier, le « G5 Sahel » a belle allure. Avec son siège établi en Mauritanie, pays des droits de rien où l’esclavage est toujours vivant. Mais on ne va pas finasser, les Droits de l’Homme c’est bien,… Continuer la lecture

OUBLIONS LE FRONT POPU, LA RESISTANCE, LE CNR :
BUVONS DE L’EAU DE VICHY…

Dans « Les Grandes Gueules », une émission de RMC qui est un vomissoir, un inculte haineux a affirmé que, pendant la seconde guerre mondiale, les membres du Parti Communiste Français ne s’étaient pas comportés en héros mais plutôt en collabos. Voilà où nous en sommes. De dérive en dérive, d’une négation l’autre et dans l’indifférence, l’histoire est gommée et les héros victimes d’une deuxième mort. Attendez-vous à savoir, par le truchement d’une thèse très savante que, finalement, Jean Moulin était à Lyon le vrai patron de la Gestapo.

Le 20 mai dernier, puisqu’il n’y a pas de période de fermeture pour la pêche aux voix, Ian Brossat, candidat du PCF aux Européennes, a jugé bon d’aller se soumettre aux postillons d’une machine à décérébrer nommée « Les Grandes Gueules ». Et c’est en pleine gueule que Ian s’est pris un coup de boomerang. Et c’est bien fait pour lui. Pour éviter la chtouille, mieux vaut éviter les bordels.

Ceci écrit, Daniel Riolo, le marteau qui a écrasé Brossat de sa certitude, celle que les communistes ne furent jamais des Résistants, est une bourrique exemplaire de la sous-culture de notre « nouveau monde ». Celui où tout est possible. Même celle de trouver des Zemmour ou des Riolo dans la posture de l’historien. Riolo, rubricard de sport sur RMC, devrait connaitre cette maxime démarquée de Einstein « Le journalisme sportif est au journalisme ce que la musique militaire est à la musique ». Du flonflon de moelle épinière. Voici l’échange entre le très savant Riolo et l’agrégé… Continuer la lecture

PALESTINE : QUAND LA JUSTICE FRANCAISE CAUTIONNE LA CENSURE DU CRIF…

Le ministère français de la Justice a dépensé beaucoup d’argent pour doter Paris d’un tribunal moderne. C’est tant mieux. Reste à trouver des sous pour rénover les prisons, mais là, les crédits restent à l’ombre. Il serait bien aussi, et le poste n’est pas onéreux, que la place Vendôme dote son administration d’un service médical efficace. En effet, le vendredi 17 mai, alors qu’elle tenait l’estrade de la XVIIème Chambre correctionnelle, la présidente n’a cessé de bailler, ce qui nous inquiète ; car sûrement maladif.

Il faut dire, en cet après-midi, que l’os que devait gober la bailleuse n’était pas mince. La Thémis justice devait trancher entre le CRIF et Médecins Sans Frontières (MSF). Un cas de figure que tout magistrat, même jeune issu de l’école de Bordeaux, sait qu’il y a des coups à recevoir. Mais pourquoi donc, en un combat incertain, se retrouvaient au prétoire un groupe communautariste et religieux, baptisé CRIF, et une ONG qui veut sauver la misère du monde ?

Début décembre 2015, MSF organise à la « Maison des Métallos » à Paris une exposition qui veut recréer l’image et l’ambiance d’une rue palestinienne. Le décor est issu de photos, de vidéos et d’une bande son, le tout enregistré sur place. L’entrée de la rue est encadrée par un portique, emprunté à Naplouse, et qui soutien de courts textes en arabe et les portraits de jeunes hommes morts dans leur engagement pour la libération de la Palestine. Il y a quelques mois Anne Hidalgo avait affligé la… Continuer la lecture

BLASPHEME A L’ENVERS : LE SCANDALE DE MALICORNAY

En février 2017, à la suite d’une lettre anonyme, Matthieu Faucher – jeune instituteur à Malicornay, petit village de l’Indre – est brutalement suspendu, puis déplacé au motif de « non-respect de la laïcité ». La missive l’accuse de « faire du prosélytisme en enseignant… la Bible ». Quelques jours seulement après cette délation anonyme, l’instituteur est non seulement suspendu par l’inspecteur d’académie, mais proprement traité comme le dernier agent de l’Opus Dei. Bigre !

Les parents d’élèves tombent des nues et se mobilisent aussitôt, multipliant démarches et courriers à l’attention des administrations locales et parisiennes de l’Education nationale, jusqu’ au plus haut niveau. L’affaire parvient au cabinet du ministre Jean-Michel Blanquer, qui a la réputation d’un homme de terrain avisé, sinon visionnaire. Le tribunal administratif est saisi, l’instituteur recevant de nombreux soutiens, dont celui de Régis Debray, auteur notamment d’un rapport important de 2002 : « L’enseignement religieux dans l’école laïque ». Ce texte préconise de renforcer l’étude du « fait religieux » dans l’école publique comme objet d’histoire et de culture générale. Mais rien n’y fait et Matthieu Faucher n’est pas réintégré dans son poste, devant se contenter de « boucher les trous », enchaînant remplacements sur remplacements dans l’académie de l’Indre…

HALLUCINANT !

Hallucinant, proprement hallucinant lorsqu’on sait qu’en France, l’enseignement de la plupart des écoles religieuses et confessionnelles n’est ni encadré, ni suivi par l’inspection de l’Education nationale. Encore mieux : l’existence d’une centaine d’écoles coraniques clandestines (pour ne prendre que cet exemple) – où sont enseignés la haine de l’autre et l’incitation à la violence – est parfaitement… Continuer la lecture