Observatoire Géostratégique

numéro 291 / 13 juillet 2020

Humeurs

AU SAHEL, RIEN DE NOUVEAU !

Décidément, tout change pour que rien ne change ! Surtout dans la diplomatie française en « état de mort cérébrale »1. Ce serait plutôt du genre « Errare humanum est, perseverare diabolicum » (locution latine qui signifie « L’erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique ». Elle est parfois attribuée à Sénèque, mais elle existait antérieurement). Alors que la planète, en général et la France, en particulier, n’en finissent pas de se débattre avec la crise sans fin du Covid-19, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Chouchen/Daladier trouve un os à ronger pour montrer qu’il existe encore en dépit des apparences contraires (« Pendant ce temps-là au Quai d’Orsay, Le Drian ronge son frein »2). De quoi s’agit-il ? D’un gadget, d’un vulgaire pétard diplomatique pourri jusqu’à l’os qui a pour nom G5 Sahel3. Après la lecture des Saintes Écritures, passons à leur exégèse diplomatique ! La répétition des dogmes selon une liturgie bien rôdée est toujours utile.

LA LECTURE DES SAINTES ÉCRITURES : MORCEAU DE BRAVOURE 

Voici ce que l’on découvre dans la pravda du Quai d’Orsay qui a pour nom www.diplomatie.gouv.fr , une sorte de site humoristique sans les talents d’un Raymond Devos, d’un Pierre Dac ou d’un Coluche !

Début de citation

« Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays du G5 Sahel et de la France ainsi que le secrétaire exécutif du G5 Sahel se sont réunis par visioconférence le 27 avril 2020 en vue d’examiner l’évolution… Continuer la lecture

AMBASSADEURS INDIGNES ET INDIGNITAIRES…

« On ne parvient aux dignités que par mille indignités » (Francis Bacon).

Dignité, voilà bien un terme dont le sens est de plus en plus galvaudé de nos jours. Essayons d’être plus précis pour tenter de mieux appréhender le périmètre de ce concept. « Dignité : fonction, titre ou charge qui donne à quelqu’un un rang éminent » et « Digne : qui est en accord, en conformité avec quelqu’un ou quelque chose ». Telles sont les définitions des deux termes que nous donne le petit Robert 1. « Synonyme de digne : honnête, convenable, imposant »1. Nous constatons qu’il existe à la fois une dimension objective (le rang éminent conféré par une fonction, un titre ou une charge) et une dimension subjective (la conformité avec quelqu’un ou quelque chose).

Ce qui rend son maniement encore plus délicat. Deux ministères régaliens confèrent aux plus méritants de leurs fonctionnaires la dignité avec un « D » majuscule pourrait-on dire, la Défense (aujourd’hui dénommée les Armées) avec le Maréchal (il n’y en a plus) et le Quai d’Orsay avec l’Ambassadeur de France dignitaire (il y en a huit en activité auxquels il faut ajouter ceux qui sont retraités et conservent l’appellation jusqu’à leur dernier souffle). Il y a deux mois déjà, nous avions eu l’occasion de présenter à nos fidèles lecteurs un panorama contemporain de cette survivance diplomatique qui paraît de plus en plus anachronique au regard d’une majorité de ceux, et désormais celles, qui sont touché (e) par la grâce de la dignité… Continuer la lecture

IL N’Y A PAS D’AFFAIRE « CHARLES-DE-GAULLE » !

En cette période de crise, on revient souvent à des questions de communication, d’une communication souvent mal ficelée. Evidemment, lorsqu’on use et abuse de la rhétorique guerrière, il ne faut pas s’étonner de provoquer de grandes peurs et paniques irrationnelles – typiques des temps de guerre. Et c’est bien ce qui se passe actuellement à propos de notre porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle et de son Groupe aéronaval (GAN), dont un grand nombre de marins sont atteints par le Covid-19. Celui-ci s’est précédemment attaqué à des médecins, des policiers, des députés, des chauffeurs routiers, des caissières de supermarché, des maires, au prince Albert de Monaco, au Premier ministre britannique Boris Johnson… Certains militaires des armées de Terre et de l’Air aussi ont été contaminés. On ne voit pas pourquoi les marins feraient exception ?

Donc, nous ayant répété qu’on était en guerre, il n’est pas étonnant de voir les médias français s’alarmer lorsque le fleuron de notre Marine nationale – bâtiment à propulsion nucléaire et porteur de notre dissuasion nucléaire – est mis subitement à l’arrêt. Cela dit, il y a l’art et la manière. Exemple délirant, La Provence du jeudi 16 avril titre sur trois colonnes à la une : « Panique à bord du Charles-de-Gaulle ». « C’est très exagéré », écrivait Mark Twain au New York Times, qui avait annoncé sa mort par erreur ! Vérification faite : aucune panique à bord du Charles, mais des mesures prises dans l’urgence et deux commissions d’enquête lancées : l’une médicale, l’autre administrative.

LES FAITS

Avant de proférer… Continuer la lecture

SYRIE : ABDEL HALIM KHADDAM, LE PREMIER DANS L’ORDRE DE LA TRAHISON

Abdel Halim Khaddan, ancien vice-président de la République Arabe Syrienne, 88 ans, est décédé le 31 mars à Paris des suites d’une crise cardiaque. Retour sur ce sulfureux personnage, précurseur de la traîtrise.

À tour seigneur, tout honneur. Abdel Halim Khaddam, le fossoyeur du « printemps de Damas » en 2001, qui vit en exil à Paris depuis près de vingt ans, est un laquais qui porte bien son nom. Grand dignitaire du régime baasiste sous la mandature présidentielle de Hafez Al Assad (1970-2000), dont il fut le vice-président de la République, Abdel Halim Khaddam est, chronologiquement, un précurseur : le premier dans l‘ordre de la trahison en Syrie, anticipant de six ans le grand basculement vers le mercenariat pétromonarchique de la cohorte des pseudo intellectuels syriens supplétifs avérés des équipées islamo-atlantistes contre leur patrie d’origine.

Pro-consul de la Syrie au Liban, durant la guerre incivile libanaise (1975-1990), celui qui présentait un courant nationaliste et laïc du Monde arabe s’appliquera, durant son mandat libanais, non à promouvoir les idéaux du progressisme, du socialisme et de la laïcité dans un pays gangréné par le confessionalisme, mais à consacrer l’affairisme sunnite tant en Syrie qu’au Liban, via son allliance avec le chef du clan saoudo américain au Liban, le milliardaire saoudo libanais Rafic Hariri, et son féal féodal, Walid Joumbllatt, le chef druze du Parti Socialiste progressiste (PSP).

Nullement impressionné par les souffrances et les destructions du Liban, Abdel Halim Khaddam en amplifiera les épreuves et les sacrifices. Il prendra prétexte… Continuer la lecture

ARFI-JOURNALISME/ART DE LA DELATION !

Fabrice Arfi, l’investigateur de « Médiapart » me fait penser à André Payer, ancien directeur du quotidien « La Presse ». Le 10mai 1927, c’est lui qui a signé le « bon à tirer » de l’édition de son journal du jour qui, en exclusivité mondiale, publiait sur un large titre occupant toute la « une » : « Nungesser et Coli ont traversé l’Atlantique ». Manque de chance – ou trop tôt le miracle – les deux aviateurs français étaient tombés à l’eau.

Lecteurs vous êtes un peu perdus, et croyez que je me suis, moi aussi, noyé. Non, la relation entre le naufrage des héros et Fabrice Arfi existe. Aujourd’hui, si vous questionnez jusque dans les lycées où Médiapart enseigne la vérité, « Qui est Fabrice Arfi ? », les bons élèves vous répondent : « le journaliste d’investigation qui a révélé le financement de la campagne électorale de Sarkozy par Kadhafi ». La messe est dite. Arfi a donc révélé un évènement qui n’a pas eu lieu. En tout cas, l’histoire n’a pas été prouvée. Annoncée trop tôt, tout comme la réussite de Nungesser et Coli. Et rien ne tombe, des photocopieuses des juges, pour venir enfin boucher le trou du dossier : quel est cet argent et où serait-il passé ? A ce jour aucune preuve n’est tombée de l’arbre à vérités.

Contrairement à André Payer et son journal « La Presse » qui ont sombré dès le lendemain de la publication de leur fausse nouvelle, Arfi et Médiapart continuent à faire la police au sein de la presse, d’y marquer leur autorité sous le… Continuer la lecture