Observatoire Géostratégique

numéro 208 / 10 décembre 2018

Humeurs

LE DRIAN A ENCORE FORCÉ SUR LE CHOUCHEN…

« Perseverare diabolicum ». Décidément, on n’arrête plus Jean-Yves Le Drian de s’exprimer. Il est pris d’une crise de « communiquite » aigüe., marqueur de la « société du spectacle » et du « contact » si bien décrite par Régis Debray (« La société du spectacle n’a battu véritablement son plein qu’à Versailles sous l’Ancien Régime, à la cour de Louis XIV. Nous voilà dans la société du contact »)1.

Nous en avions eu un exemple récent avec son entretien à l’Express2. À la veille de son déplacement au Mali (pour y représenter Jupiter aux cérémonies de prise de fonction du président IBK) et avant d’accompagner Jupiter à l’assemblée générale de l’ONU à New York (pour faire de la figuration auprès de son Dieu païen préféré), Jean-Yves Le Drian, notre nouveau Fernand Braudel, nous livre son panorama du monde contemporain sur deux pages au quotidien Le Monde3. C’est censé être du sérieux. À être sérieux un instant, ce serait plutôt du Fernand Raynaud.

En fait « d’École des annales », ce serait plutôt l’école des banales ou des banalités érigées en pensées profondes. Penchons-nous sur les principales têtes de chapitre de ce morceau d’anthologie (un tri sélectif s’impose dans ce monceau d’inepties) qui devrait venir grossir le sottisier diplomatique (de la direction des Archives du Quai d’Orsay à La Courneuve) déjà bien garni depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron (en nouvelle chute dans les derniers sondages) ! À lire sa prose, nous… Continuer la lecture

AFFAIRE DJOUHRI : JUGES ANGLAIS SHOCKING PAR LA LEGERETE FRANCAISE

Nos amis « investigateurs », ces journalistes hors norme qui accomplissent un travail admirable d’époque pré-Gutenberg, en recopiant la langue tordue par l’application, les procès-verbaux fournis à eux par des amis magistrats, policiers ou avocats, étaient tous le 12 septembre dernier en voyage à Londres. La Westminster Magistrates Court, la « right stuff » de la justice de sa Majesté, se réunissait ce jour pour examiner, une fois de plus, le sort d’Alexandre Djouhri citoyen français arrêté le 7 janvier dernier à la demande du Parquet National Financier. Le PNF, un OVNI judiciaire français créé en forme d’exorcisme par François Hollande après le cataclysme de l’affaire Cahuzac…

En fait non, le grand inquisiteur qui guide ma plume informatique allume ici le feu rouge et me signale que je déraille. Comme un train de banlieue à Brétigny. Dans l’oreillette d’un wifi imaginaire, le spectre me dit : « Pas du tout, les journalistes français présents le 12 septembre dans les couloirs de la Westminster Court ne venaient pas pour Djouhri, mais pour le jugement d’un autre grand bandit tricolore : Hugo Lloris, portier de nuits trop longues, coupable d’avoir conduit bourré ! ». Le spectre a raison et je suis très déçu. Marri que les « investigateurs » n’aient pas pris la peine de venir investiguer au pays de Sherlock. Sans doute messieurs Niel et Drahi n’ont-ils plus assez de sous pour offrir le voyage à leurs employés modèles, qui n’ont permission que de se rendre à la « Brasserie du Palais », là où le PV se ramasse à la pelle. … Continuer la lecture

WALID PHARES, LE JOHN BOLTON’S BOY PAR EXCELLENCE

OU LES DERIVES MORTIFERE DE L’IRREDENTISME MARONITE…

Une grande honorabilité bardée d’expertise. Des postes prestigieux dans la haute administration américaine républicaine : La vitrine d’exposition est parfaite, mais sous le vernis de la respectabilité, une façade lézardée, un personnage gangréné. Contrairement à ce que suggère son nom patronymique en arabe, Walid Pharès n’est pas le fils d’un preux chevalier, mais plutôt le parfait exemple d’un dévoiement par sectarisme. Libanais d’origine, naturalisé américain, il est en fait « UN ISRAELIEN d’ORIGINE LIBANAISE », comme l’a très justement qualifié le quotidien libanais « Al Akhbar».

« La propulsion de Walid Pharès au poste de conseiller du président Donald Trump ne constitue pas, loin s’en faut, une reconnaissance du savoir faire libanais encore moins un succès diplomatique pour le Liban, mais plutôt une percée majeure de la stratégie israélienne par la promotion d’un des affidés libanais de l’État Hébreu dans le cercle décisionnaire du pouvoir à Washington.(…) Preuve est faite qu’il est plus aisé pour les Forces Libanaises (milices chrétienens) de décrocher un poste regalien à Washington qu’à Beyrouth », poursuit Al Akhbar dont le portrait de l’ancien milicien se trouve sur ce lien pour le lectorat arabophone.

UN ISOLATIONNISTE VINDICATIF

La biographie en langue française de cet isolationniste vindicatif est lisse. Sa biographie en langue anglaise, éditée par le site Mother Jones, est infiniment plus caustique et toxique. Natif de la localité de Ghouma, district de Batroun, dans le Nord Liban, en 1957, Walid Pharès a effectué une scolarité éclectique à l’Université Saint Joseph des Pères Jésuites et… Continuer la lecture

LA VACANCE DE MONSIEUR HULOT…

Si l’on part du principe que le souci écologique ne saurait faire l’impasse sur un contrôle du monde de l’économie par les puissances publiques, au nom de l’intérêt général, il est sans doute clair que les écologistes français sont plus dans une posture que dans un combat politique digne de ce nom.

Si l’on admet que M. Macron, fidèle préfet de la Région France au service de l’UE et des oligarchies occidentales est lui-même dans une posture, celle de « président » d’une république qu’il n’a ni la volonté, ni les moyens de « présider », la démission de Nicolas Hulot apparaît pour ce qu’elle est, un non-événement.

Dans le monde de la « narrative » comme paraît-il on dit dans les milieux bien informés, ces épiphénomènes ne pèsent en rien sur le réel, celui que les citoyens affrontent jour après jours, suite aux mesures de régression sociale que les présidents et les gouvernement successifs infligent à la France depuis 1983.

Aussi, pourquoi évoquer la démission de notre Don Quichotte de l’écologie ? Parce que, pour la « médiasphère », cet événement est un cataclysme, et qu’il annoncerait les pires malheurs pour le macronisme, etc.

Qui dit cela ? Ceux qui depuis des décennies ont appliqué des mesures comparables à celles mises en œuvre par M. Macron et son gouvernement (dont M. Hulot) pour tenter de faire entrer au forceps la France dans la logique européiste, oligarchique, austéritaire que nos amis Grecs ont longuement expérimenté in vivo. La Grèce est à ce titre un démenti absolu au discours… Continuer la lecture

BALZAC, ET LE PARIS D’ERIC HAZAN…

Oui, c’est un livre absolument délicieux1 pour atténuer les chocs de la rentrée. Il renouvelle et apaise nos regards sur la ville connue, parce qu’il en apprivoise la phénoménologie, l’intentionnalité et le sens. « Pour moi, Paris est une fille, une amie, une épouse, dont la physionomie me ravit toujours parce qu’elle est pour moi toujours nouvelle. Je l’étudie à toute heure et chaque fois j’y découvre des beautés neuves. Elle a des caprices, elle se voile sous une pluie, pleure, reparaît brillante, illuminée par un rayon de soleil qui suspend des diamants à ses toits. Elle est majestueuse, ici ; coquette, là ; pauvre, plus loin ; elle s’endort, elle se réveille, est tumultueuse ou tranquille. Ah ! ma chère ville, comme elle est étincelante et fière par une soirée de fête, lumineuse, elle saute, elle trésaille », écrit Balzac dans Les Mendiants, une petite nouvelle qui date de 1830.

Paris est l’épicentre de La Comédie humaine, là où tout est possible et où tout peut s’abolir. En même temps qu’on voit se déployer la ville de Ferragus, de Diane de Maufrigneuse, de De Marsay et de Rastignac, on suit l’existence de Balzac dans Paris, ses déménagements sous la pression des créanciers, ses démêlés avec ses éditeurs, ses malheurs au théâtre, ses journaux, ses courses dans les rues entre ses imprimeurs, ses marchands de café et ses nombreux amis. Il se confond avec la foule de ses personnages, ducs et pairs, actrices, espions, journalistes, poètes et banquiers. Réaliste Balzac ? ‘J’ai… Continuer la lecture