Observatoire Géostratégique

numéro 191 / 13 août 2018

Humeurs

FAKE NEWS : LA GRANDE PEUR…

En juin 2017, après la rupture diplomatique de l’Arabie saoudite, d’autres pays du Golfe et de l’Egypte avec le Qatar – au motif d’une proclamation pro-iranienne de ce dernier -, l’émirat proteste, expliquant que c’est un faux fabriqué par un… pirate informatique ! Procédé dont les services américains ne tardent pas à attribuer la paternité au… Kremlin, accusé aussi d’avoir aussi tordu la dernière élection présidentielle américaine au profit de Donald Trump ! Une conclusion s’impose aussitôt : les Russes peuvent déstabiliser les élections partout dans le monde et quand ils le veulent. Il faut donc absolument contrôler Internet ; les « réseaux numériques » vont tuer la démocratie !

Essentiellement propagées par la Russie – selon les belles âmes occidentales – les Fake News expliqueraient alors le Brexit, l’élection de Trump et la disparition des éléphants. Par conséquent, l’Allemagne et la France préparent une loi pour contrer ces maudits Fake News, la Commission européenne y travaillerait aussi. Dans son dernier livre1 – autant nécessaire que salutaire – notre médiologue préféré François-Bernard Huyghe remet les pendules à l’heure ! Son principal constat : il ne faudrait pas que la grande peur, dont il décrit scientifiquement les mécanismes, ne justifie une réinstallation de guillotines propices à neutraliser toutes espèces de contestation, de critique et d’opposition.

Grand est le risque de voir se reproduire les pires atteintes aux libertés civiles et politiques, les Patriot Act et autres lois d’exception justifiées par la chasse aux Ben Laden du moment. Au nom de la lutte contre le terrorisme, la… Continuer la lecture

FRANCAFRIQUE : DE QUOI THEMIIS EST-ELLE LE NOM ?

Vincent Bolloré vous le confirmera, la « Françafrique »  n’existe plus. Inutile de chercher poux et querelles à ces entrepreneurs méritants, humanistes, engagés à veiller au bien auprès de gouvernants du continent noir. Pour le grand bien de l’Afrique. Gloire au bienveillant Jacques Foccart qui, en tête du peloton des néo missionnaires, a été le premier à ériger ce pouvoir parallèle, à inventer ces républiques à deux têtes, une noire une blanche. Certes les actions civilisatrices et altruistes du « Phoque » étaient un peu brutales, voyantes et souvent sanglantes. Afin que le nègre -qui se croyait émancipé- continue sans grogner d’obéir à la philosophie d’une libération sous tutelle dont la camisole est réglée à Paris. Avec le temps, les règles ont été contraintes de s’adapter à la musique et au décor qui accompagnent la farce de « l’indépendance », dont le mot de passe est « démocratie ». Le chemin de cette liberté africaine est marqué par la tombe d’un soldat connu, celle de Jean-Pierre Cot. Jeune ministre de la Coopération sous Tonton, fils de héros vraiment « de gauche » comme Pierre, son père, ce naïf a imaginé que l’élection de Mitterrand sifflait la fin de partie pour la « Françafrique », que temps des colonies était fini. Que de Dakar à Bamako  « Liberté, Egalité, Fraternité » était une Lumière partagée. Idiot inutile, ce Cot a été jeté aux orties après quelques mois d’exercice. Ne jamais oublier la doctrine distillée par l’Elysée, depuis « l’Indépendance » : l’Africain est réputé ne rien entendre au reggae voltairien. Alors qu’il suffit de lui donner… Continuer la lecture

UN BON PALESTINIEN EST UN PALESTINIEN MORT !

Fût un temps où les chinois, quand ils exécutaient un condamné à mort –c’est-à-dire souvent-, demandaient à la famille de payer le prix de la balle, celle du peloton. En regard, je pense que les Palestiniens restent des privilégiés : Israël n’envoit pas de facture aux parents de ceux qu’elle massacre. La preuve que ce pays est vraiment une grande démocratie.

Pour avoir reçu, le 21 octobre 2000 à Ramallah, une balle de M16 produite par IMI (Israël Military Industry) dans le poumon gauche, je peux témoigner qu’il ne faut pas en faire une montagne. Et que ces gazaouis qui se font assassiner sont vraiment des pleurnichards. Quoi de plus noble que d’être touché (comme par la grâce) par un de ces divins projectiles qui sont comme une onction ? Si vous en êtes atteint c’est, forcément, que vous étiez en faute, pas dans le droit chemin mais dans la traverse de l’histoire. Une balle religieuse c’est comme une goutte d’eau bénite, ça fait du bien où ça coule et ça ne peut pas se tromper. Et c’est réconfortant de mourir en sachant qu’on est justement châtié. Survivant, on vous reprochera votre résurrection. 

Pour être objectif, comme mes confrères journalistes qui couvrent en ces heures si complètement et humainement l’affaire du safari humain de Gaza, je dois dire que la réception d’une balle de M16, dans le buffet, est assez surprenante, sidérante. Le calibre 5,56 à 975 kilomètres heure, c’est bousculant. D’ailleurs on tombe. Après c’est le bonneteau. Ou vous restez… Continuer la lecture

LES « INVESTIGATEURS » EN PANNE DE DJOUHRI

Mais que font-ils ? Les « ponts » de Mai ? Il y a si longtemps que les journalistes dits « investigateurs » (sic) n’ont pas nourri le feuilleton Alexandre Djouhri que l’on commence à s’ennuyer. Ou s’agit-il d’une panne d’imaginations jusque-là fertiles ? On s’attendait à découvrir que Djouhri avait converti la reine d’Angleterre à l’islam…Des choses rigolotes et importantes. Eh non ! Rien.

Dans le même temps, la terrible exemplaire et implacable Justice française, qui traque le Djouhri à la façon d’un gibier, semble gagnée par un peu de mollesse, voire  de doute. Petit à petit tous les vices et maux, toutes les entorses au droit prêtés à notre Alexandre (dont les journalistes, pas racistes, prennent plaisir à rappeler que le prénom de naissance est « Ahmed »), toutes les turpitudes supposées tombent une à une. Pour les « investigateurs », qui reçoivent la plupart de leurs « informations » des cabinets de justice ou des bureaux de police, une affaire Djouhri qui se dégonfle est une mauvaise nouvelle. Que va penser le lecteur sur cette chute de la cote du Djouhri au « hitparade » des titres?

Pour que nos lecteurs ne restent pas, eux aussi, privés d’information, sachez que cette chasse à courre à l’Alexandre (pardon à l’Ahmed), a été organisée et alimentée par un agent français de la CIA,  et son compère, un militant fasciste  qui passe son temps à pleurer Pétain. Le tout sur fond de franc-maçonnerie avec le support d’un ex-Premier ministre. Aveugle comme il se doit la Justice a suivi ces maîtres d’équipage. Dans le lot des… Continuer la lecture

RAFLE DU VEL’D’HIV : OU ETAIT LA FRANCE ?

Berlin, 4 mai 2018.

Rafle du Vélodrome d’hiver dite Rafle du Vel’ d’Hiv : les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 Juifs vivant dans la région parisienne ont été arrêtés et déportés dans les camps d’extermination nazis. Il fallait qu’un historien démonte, une fois pour toutes, le mécanisme de l’interprétation imposée par Jacques Chirac dans son discours du 16 juillet 1995. C’est fait et très bien fait !1

Et l’auteur de ce petit livre définitif n’est pas un perdreau de l’année. François Roche, historien de la France libre et de la Collaboration – fils d’un Compagnon de la Libération -, est aussi l’auteur, notamment de la biographie du capitaine Félix Broche, qui fut le chef des forces françaises libres du Pacifique2. Avec une rigueur scientifique au-dessus de tous soupçons et polémiques, François Roche tord le cou à une imposture récurrente consistant à attribuer la Rafle du Vel’ d’Hiv à l’Etat, sinon au peuple français…

François Broche : cette tragédie « est précédée par un enchaînement de décisions prises conjointement par le gouvernement de Vichy et par les autorités allemandes d’occupation. Dans le cadre de la « solution finale du problème juif » – c’est-à-dire de l’extermination des Juifs d’Europe – décidée par les Nazis lors de la conférence de Wannsee en janvier 1942, le général Karl Oberg, nommé par Hitler « chef suprême de la SS et de la police » (Höhere SS und Polizeiführer) pour la France le 5 mai 1942, et le préfet René Bousquet, nommé secrétaire… Continuer la lecture