Observatoire Géostratégique

numéro 161 / 15 janvier 2018

Humeurs

Humeurs du 19 janvier 2015

LE « VOILE ISLAMIQUE », PARLONS EN !

Depuis quelques années, en Europe et plus particulièrement en France, on ne parle que du « voile islamique ». Des publicités sont même apparues dans les lieux publics, pour promouvoir des produits distinctifs, avec des femmes, portant un foulard. On peut en déduire que toutes les musulmanes se couvrent les cheveux, et que toutes les femmes, à têtes nues, ne le sont pas.

Ainsi s’est répandu au sein des opinions européennes le stéréotype de la femme musulmane et arabe, habillée de pied en cap, et les cheveux couverts par un morceau de tissu. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, le voile est « l’obligation » la plus controversée de l’islam, parce que ce mot ne figure pas dans le lexique coranique, et que son port doit plus à la tradition qu’à une prescription divine. Alors que ce voile se répand comme une traînée de poudre dans le monde musulman, sous l’impulsion du fondamentalisme wahhabite, des intellectuels s’insurgent contre cette interprétation abusive des prescriptions divines.

Morceaux choisis

Djamal Al-Bana (Egypte) – Frère cadet de Hassan Al-Bana, fondateur du mouvement des « Frères musulmans ». « S’ils se concentraient sur la recherche plutôt que ces balivernes du voile, les Européens les respecteraient davantage. Une femme qui montre sa chevelure n’enfreint aucune règle de l’islam. Il n’y a rien dans l’islam ou le coran qui dit qu’une femme doit couvrir ses cheveux. Un texte dit qu’une femme doit couvrir sa poitrine, mais il n’y… Continuer la lecture

Humeurs du 12 janvier 2015

SCHIZOPHRENIE FRANCAISE

Quatre millions de personnes viennent de descendre dans les rues de France pour dire non au terrorisme salafo-jihadiste ! Dans le même contexte, la justice française vient de se prononcer pour le renvoi devant les assises du Gard de deux Algériens résidant en France. Ils sont accusés par plusieurs ONGs de « graves violations des droits de l’homme pendant la guerre civile des années 1990 ».

Le Monde du 8 janvier dernier relate complaisamment que « les miliciens pratiquaient, la torture systématique ». Les deux hommes ont toujours rejeté ces accusations expliquant la sauvagerie de la guerre civile et les actions menées par les terroristes salafo-jihadistes sévissant particulièrement dans leur wilaya de Relizane, à 300 kilomètres au sud-ouest d’Alger.

Cette décision ouvre la voie à un procès en France. En vertu de la Convention internationale contre la torture adoptée en 1984 et intégrée dans le code pénal en 1994, Paris ayant ainsi pour obligation de poursuivre, d’arrêter et de juger toute personne se trouvant sur le territoire susceptible d’avoir commis des actes de tortures, quels que soient l’endroit où ils ont été commis et la nationalité des victimes. « C’est la première fois dans l’Histoire que des Algériens vont être jugés pour des crimes commis durant les années noires en Algérie », s’est félicité Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), dans les colonnes du quotidien Libération.

Il est particulièrement symptomatique de voir Le Monde et Libération faire la… Continuer la lecture

Humeurs du 5 janvier 2015

LES AMIS LIBYENS DE BHL…

Pendant longtemps Bernard-Henri Lévy n’a été que ridicule. Avec parfois une pointe d’odieux dans la série de ses mensonges, dans sa vie inventée et mise en scène façon série B. Un seul exemple pris dans la pile, quand il affirmait avoir livré des postes de radio au commandant Massoud en 1982. Mais la vie est comme la littérature, il lui faut bien des imposteurs ; leur existence gratifie les hommes courageux et discrets. Depuis qu’il a quitté le seul ridicule pour devenir complice des bombardiers, il a cessé de nous amuser. C’est ce qu’ont compris les Tunisiens de la « société civile » qui, le 31 octobre 2014, ont réservé à ce pitre une standing ovation. Aux cris de « BHL dégage ! ». Reprenant ainsi les mots utilisés pour chasser Ben Ali.

DEHORS, LE CLOWN !

Prié par le pouvoir, après une nuit passée à « La Résidence », le palace de Tunis, de rentrer au plus vite en France, le pseudo-philosophe la queue entre les jambes, s’est quand même gentiment assis dans un jet pour filer. A Paris, où ses points de chute médiatiques sont aussi nombreux que les relais de poste à l’époque des diligences, les affidés de BHL se sont mis au travail. Leur ordre de mission : donner son vrai sens à l’expulsion du génie du Flore.

C’est Liliane Lazar qui, depuis sa chaire (bien faible) de « professeur à Hofstra Univesity », USA, ouvre le premier… Continuer la lecture

Humeurs du 29 décembre 2014

LA « COMPETENCE UNIVERSELLE » DANS LE VERT ET LE NOIR…

Depuis janvier 2011, notre justice revendique la « compétence universelle »1 afin de poursuivre des auteurs présumés de crimes de guerre, dés qu’ils mettent le bout du pied sur notre territoire. Un général algérien en a fait l’expérience. Retour sur image : informé de sa présence à Genève, le ministère public de la confédération a émis un mandat d’amener contre le général Khaled Nezzar, ancien ministre algérien de la Défense, le 19 octobre 2011. Conduit le même jour par les agents de la force publique à l’hôtel de police, Khaled Nezzar a été auditionné par la procureure fédérale – Laurence Boillat -, les 20 et 21 octobre 2011. Objet : répondre à des accusations de « suspicion de crimes de guerre ». Après une nuit passée en cellule, il est libéré, promettant de collaborer avec la justice suisse.

On serait tenté de dire Bravo, n’eut été la complexité des choses. Des pays précurseurs en matière de droits de l’homme ont fini par découvrir les délices d’une justice universelle. Nos juges, intrus tardifs dans l’histoire des autres, enthousiastes et candides, désignent d’un index vengeur les méchants à abattre et dénient à quiconque le droit d’en douter. Verra t-on un jour les tueurs de Dae’ch, héritiers directs des GIA algériens, exhibant plaies et bosses, venir les solliciter contre ceux qui leur ont résistés? L’exemple algérien a créé une dangereuse jurisprudence.

Nous nous ennuyons depuis trop longtemps dans notre bunker aseptisé.… Continuer la lecture

Humeurs du 22 décembre 2014

LA CONTAGION DES MURS…

L’intervention étrangère qui a détruit le régime de Kadhafi a déstabilisé le peu d’institutions qui existait en Lybie. Les armes que l’ancien régime avait accumulées circulent librement aujourd’hui dans une grande partie du Sahel. L’internationale djihadiste y trouve son compte. Acculée au Mali par l’intervention française, elle reprend son souffle dans l’immense désert libyen, renforce ses effectifs, s’entraine, élabore ses stratégies, opère des jonctions avec les groupes salafo-djihadiste de la région, effectuent de nouvelles razzias, toujours au Mali, au Niger et en Mauritanie et tentent des incursions en Algérie.

L’attaque d’Ain Aménas, où des dizaines d’expatriés ont trouvé la mort, a été préparée en Libye. L’Algérie, menacée sur sa frontière Est, tente de faire face. Elle essaie d’expliquer que l’interventionnisme militaire ne fera que compliquer les choses et engage un effort soutenu pour faciliter un dialogue inter-libyen. Mais, prudente et instruite par l’expérience, elle érige sur sa frontière Est, un immense mur fait de sables et d’obstacles divers derrière lequel elle se retranche.

Ce mur, qu’il a parcouru du Sud au Nord de Bagdad, qu’il a vu couturée d’un inextricable labyrinthe de chicanes ; le mur israélien qu’il a vu naitre et grandir et tant d’autres remparts à travers le monde, ont inspiré à Jean Claude Bainville, un constat désabusé : « le mur est l’ultime impuissance de l’homme. Rien n’a changé depuis les temps anciens du bouclier et du rempart ».

Le mur a plusieurs fonctions : il protège, enferme, divise ou réunit. Il est… Continuer la lecture