Observatoire Géostratégique

numéro 208 / 10 décembre 2018

Humeurs

Humeurs du 10 août 2015

LE ROI D’ARABIE EN VACANCES CHEZ FRANCOIS…

Salman d’Arabie estive dans le pays de la Révolution et du roi tranché. C’est extravagant et sans précédent.

Certes, la famille royale possède depuis belle lurette un immense palais très laid en front de mer sur la Côte d’Azur aux seins nus où de temps en temps s’en allaient batifoler les marmailles princières. Mais jamais aucun des monarques Saoudiens n’avait songé y transporter sa cour. Ils s’en tenaient à leurs habitudes en Espagne, au Maroc et exceptionnellement aux USA pour y soigner leur cholestérol. Quelle mouche a donc piqué Salman pour aller s’encanailler en terre de débauche républicaine ? L’affection pour François Hollande y est sans doute pour beaucoup car si les fils de Saoud ont toujours firté avec les Présidents français, c’est la première fois que l’un d’entre eux découche dans un gîte tenu par un mécréant, social-démocrate de surcroît.

On chuchote que Salman, au fond de lui même, est un progressiste qui souffre des souffrances qu’il inflige aux autres. Il voudrait arrêter de bombarder le Yémen, désarmer les salafistes jihadistes de mésopotamie d’Asie et d’Afrique, moderniser la charia, abolir la peine de mort, libérer les esclaves, les femmes et les bloggeurs, tendre la main aux chiites, promouvoir l’égalité….Bref, il voudrait graver « liberté » sur son étendard aux côtés de la chahada. Hélas, contrairement à l’adage «  que veut le roi le veut la loi », Salman n’est rien, il est nu, sans constitution ni article… Continuer la lecture

Humeurs du 3 août 2015

Diogène et Descartes…

Je n’ai pas de nom. Je suis chien.

Comme tous ceux de ma race, je coule en Grèce une vie de patachon. En ce pays béni des canidés, je suis libre. J’erre à ma guise. Ni Dieu ni maître. Dans leur sagesse mémorielle, les humains ont retenu que nous étions les lanceurs d’alerte infaillibles. C’est pourquoi dans un sursaut de raison, ils n’ont jamais tenté de nous domestiquer car ils savent d’expérience que dès que la terre s’apprête à trembler, nous nous mettons à hurler. Prévenus, les bipèdes se ruent hors de leurs maisons menacées d’effondrement.

Depuis la nuit des temps, nous en avons sauvé tant et tant, qu’en reconnaissance ils nous ont à jamais affranchis de la laisse et du collier, ils nous nourrissent copieusement et nous permettent d’errer à notre guise paisiblement. Avec la douzaine de congénères qui partagent mon village, nous nous entendons bien. Il y a bien parfois des bagarres lorsqu’une chienne fait sa chienne, mais dans l’ensemble nul ne montre jamais les crocs. Le soir, notre petite meute se rassemble sur la dalle fraîche en face du port. On reste des heures à plat ventre le museau entre les pattes ou affalés sur le côté. On soupire, on s’ébroue, on va parfois lécher le flanc ou renifler le derrière d’un voisin… Les piétons nous évitent, les touristes craignent notre indifférence.

Certains tentent de nous amadouer avec des mots étrangers ou des croquettes d’importation immangeables. Parfois, un téméraire s’approche avec son… Continuer la lecture

Humeurs du 27 juillet 2015

Les ONGs, c’est comme les trains…

Effectivement, les ONGs, c’est comme les trains, ça peut en cacher un autre… Il ne s’agit pas – ici – de contester l’apport de la « société civile » à la vie internationale, mais faut-il encore que celle-ci et celle-là correspondent à des déterminations stabilisées et compatibles avec une règle du jeu commune du contrat social, national et multilatéral.

Les médias contemporains ont pris la fâcheuse habitude de recevoir, de relayer et de valoriser les messages des ONGs comme parole d’Evangile, de Coran ou de Talmud… sans toujours bien vérifier la composition et l’identité de leurs cadres et militants, sans vérifier la provenance de leurs financements, ni sans beaucoup s’intéresser à leur feuille de route répondant souvent à des objectifs foncièrement politiques, voire franchement économiques et financiers. Contrairement aux vieilles démocraties-témoins, les cadres d’ONGs ne sont pas élus mais bénéficient néanmoins d’un a priori favorable, comme s’ils participaient organiquement à la promotion des valeurs du bien, tandis que les Etats et leurs appareils ne cesseraient d’ourdir complots, coups tordus et autres machinations.

La vogue du droit-de-l’hommisme kouchnérien sans frontière, sans foi ni loi, n’a eu de cesse de promouvoir « le devoir d’ingérence » au nom d’une morale spontanée, d’autant plus unanime qu’elle était rarement définie. Les déviations successives de cette idéologie dominante qui a correspondu à l’avènement des « nouveaux philosophes » parisiens (fin des années soixante-dix) a engendré nombre de confusions allant, dans certains cas,… Continuer la lecture

Humeurs du 20 juillet 2015

De quelques contradictions françaises en Syrie !

Pour les cérémonies du 14 juillet 2008, Bachar Al-Assad, convié à un étrange « sommet » à quatre réunissant à Paris, autour de la France, le Qatar le Liban et la Syrie, est l’un des invités d’honneur de Nicolas Sarkozy. C’est l’émir du Qatar, sorte de « frère » pour Bachar, qui a convaincu le président français de l’importance de restaurer les relations entre Paris et Damas, relations rompues après l’assassinat de Rafic Hariri, le meilleur ami de Chirac. Et la greffe prend. Claude Guéant, Secrétaire général de l’Elysée multiplie les voyages au pays des Omeyades. Cette idylle est brutalement interrompue au fil de l’année 2010. Pourquoi ?

La Syrie, d’un côté, se déclare prête à acheter 23 Airbus et de l’autre à signer avec le groupe TOTAL un important contrat. Les experts sont au travail quand une injonction tombe : le marché des Airbus doit se faire par l’entremise du Qatar et c’est Doha qui doit prendre le pas sur TOTAL pour le contrat énergétique. La décision de mettre l’émir au cœur des transactions franco-syriennes émane de Nicolas Sarkozy, et son ordre est transmis à Bachar qui refuse cette étrange solution. Ce sera la guerre et le choix, aussi bien français que qatari de soutenir l’opposition au régime de Damas. En réalité on verra très vite que ces rebelles, aidés par la France, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie brandissent la bannière d’Al-Qaïda,… Continuer la lecture

Humeurs du 13 juillet 2015

La vie des autres est aussi la nôtre…

La NSA écoute ses alliés… Fichtre, quelle grande surprise ! Tout le monde sait cela depuis des années et lorsque Angela Merkel ou François Hollande jouent l’indignation et la comédie de la souveraineté nationale, on se prend à sourire ou à pleurer…

Le rapport asymétrique (USA/pays européens) est une donnée de base qui s’est « structurellement » consolidée avec le retour de la France dans le Commandement intégré de l’OTAN, plus anciennement avec le système Alliance-Base mis sur pied après les attentats du 11 septembre 2001. Hubert Védrine répète souvent que la lutte anti-terroriste est utilisée par les administrations américaines dans la cadre de négociations commerciales et financières en rappelant que « la mondialisation est la guerre de tous contre tous, y compris entre « alliés ». En matière de renseignement, la « souveraineté nationale » n’existe plus depuis la fin de la Seconde guerre mondiale

La reconstruction des services européens s’est faite dans le cadre du « Plan Marshall », ne l’oublions pas, en mettant à contribution d’anciens cadres nazis. Mais, dans le contexte de ces fausses indignations, le pire n’est pas dit concernant les Fesse-book, twiter et autres pseudos « réseaux sociaux ». Il y a quelque temps, le patron de Google a déclaré que « la vie privée n’existait plus aujourd’hui ». En effet, le vrai scandale ce sont les Clouds et Bigs… Continuer la lecture