Observatoire Géostratégique

numéro 218 / 18 février 2019

Humeurs

Humeurs du 27 avril 2015

Les leçons du bon docteur Mohanna

Le docteur Kamel Mohanna est président-fondateur d’Amel (Association international coordinatrice du réseau des ONGs arabes et libanaises). Amel est une organisation non-gouvernementale, civile et non-confessionnelle établie au Liban en 1979 pendant la guerre civile et l’occupation israélienne du Sud Liban. A travers ses 24 centres, 6 cliniques mobiles et ses 700 employés, Amel est engagée dans des activités reliées à la santé, l’éducation, la protection de l’enfance, la formation professionnelle, la santé mentale, le développement rural et les droits de l’homme. Ses programmes ciblent les populations marginalisées dans toutes les zones du Liban, sans discrimination de nationalité, d’opinions politiques ou d’appartenance religieuse.

Amel s’illustre dans une région où les divisions confessionnelles, politiques, sociales et économiques sont légion. Malgré ces difficultés, elle refuse de sombrer dans le pessimisme, adoptant les mots de Nelson Mandela : « L’Action sans la vision signifie perdre du temps, la vision sans l’action n’est que rêve mais la vision avec l’action peut changer le monde ». Depuis des années, cette organisation diffuse « la pensée positive et l’optimisme permanent » et son travail est guidé par les 3Ps « Des principes qui définissent une Position que nous mettons en Pratique », explique le Dr Mohanna, « prouvant que la société civile libanaise est tout à fait capable de construire son propre futur ».

Premièrement, Amel est capable d’assurer plus de 53% de ses financements à travers la participation des bénéficiaires, les revenus des frais de location de ses propriétés… Continuer la lecture

Humeurs du 20 avril 2015

Au Yémen, le ciel risque de nous tomber sur la tête !

Saada ressemble au village d’Astérix, le Yémen à la Gaule et les Houtistes aux Bretons. Depuis dix ans, tout a été tenté pour domestiquer ces irréductibles arabes. Al Qaïda a lancé des assauts en Toyota. Elle s’est cassé les dents. Les obus saoudiens ont pilonné à tout va. Sans résultats. Enfin, confondant Houtistes et Jihadistes, les drones américains ont accumulé les bavures. En France, rares sont ceux qui ont entendu parler de ces batailles entre Goliath et les Lilliputiens. Les ennemis acharnés des Houtistes sont – tenez-vous bien – : Al Qaïda, Daech, les monarchies du Golfe, et pour faire bonne mesure, les Etats-Unis et Israël. Ils sont fous ces Houtistes !

Le mois dernier, ils ont marché sur la capitale Sanaa et provoqué la fuite de tous leurs dirigeants incompétents lesquels se sont empressés d’appeler à l’aide leurs comparses étrangers au nom de la légitimité internationale. Immédiatement, les rois du pétrole ont rassemblé leurs légions pour aller châtier les insurgés.

La guerre de César

Sans consultation de l’ONU ni préavis, le roi Salman d’Arabie a attaqué le Yémen. Son aviation a neutralisé les aéroports et prit le contrôle de l’espace aérien ; sa marine a bloqué tous les ports de la mer rouge et de l’océan indien. Toutes les infrastructures essentielles ont été bombardées. Aden, seconde ville du pays, 800 mille habitants est coupée du monde, elle manque d’eau, de… Continuer la lecture

Humeurs du 13 avril 2015

Après Lausanne…

Les résultats obtenus le 2 avril à Lausanne par le groupe dit P5+1 (les cinq membres du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et l’Iran marquent un temps décisif dans le long processus initié en 2012 par les premiers contacts noués entre Américains et Iraniens sous l’égide du Sultan d’Oman. Ce processus avait ensuite été impulsé par « le Plan commun d’action » adopté par les sept parties prenantes le 24 novembre 2013. Ce document fixait la méthode, les mesures de mise en confiance et les objectifs de la négociation de fond qui allait s’ouvrir pour parvenir à un accord durable et complet sur la question du programme nucléaire iranien.

Les formules qui viennent d’être trouvées à Lausanne ont fait sauter un certain nombre d’obstacles sur la voie d’un tel accord, faisant enfin jaillir la lumière au bout du tunnel. Ce résultat a été atteint au prix d’efforts exceptionnels venant au premier chef des délégations américaine et iranienne. Il peut être en particulier salué comme un succès pour l’équipe américaine, conduite par John Kerry qui a beaucoup donné de sa personne. Les diplomates américains ont mobilisé en cette affaire toute leur persévérance, leur imagination, leur capacité d’initiative pour parvenir à forcer les résistances iraniennes et emporter les résultats que l’on connaît.

Dans le même temps, un analyste doit la vérité à ses lecteurs. Deux documents émergent comme la partie visible de l’accord. Le premier est une déclaration commune lue successivement par la Haute représentante de l’Union européenne, Federica… Continuer la lecture

Humeurs du 6 avril 2015

ERDOGAN ET LES FEMMES…

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan, a affirmé, le 30 avril dernier, que « les femmes ne peuvent être l’égal des hommes ». Devant une assemblée essentiellement féminine, réunie pour un colloque dont le thème était « La justice et les femmes ». Le responsable turc a lancé : « notre religion a défini une place pour les femmes : la maternité. Certaines personnes peuvent le comprendre, d’autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu’elles n’acceptent pas l’idée-même de la maternité ». Sûr de lui et dominateur Erdogan a aussi assuré : « qu’hommes et femmes ne pouvaient pas être traités de la même façon parce que c’est contre la nature humaine. Leur caractère, leurs habitudes et leur physique sont différents (…) Vous ne pouvez pas mettre sur un même pied une femme qui allaite son enfant et un homme. Vous ne pouvez pas demander à une femme de faire tous les types de travaux qu’un homme fait, comme c’était le cas dans les régimes communistes ».

Pas mal à l’aise pour un sou, le président turc s’est voulu « scientifique » en détaillant ses dires le Coran en main. Selon sa lecture du livre saint, le sort des femmes est inscrit dans la doctrine de l’islam. Pour l’exégèse Erdogan, la femme n’y est désignée que comme croyante, épouse et mère. La prééminence de l’homme est un principe religieux (sourate 2… Continuer la lecture

Humeurs du 30 mars 2015

LES GIA A L’ORIGINE DU TERRORISME INTERNATIONAL…

Quand la hiérarchie militaire, soutenue par une grande partie de la société civile, a décidé de mettre fin en 1992 au processus électoral en Algérie, la classe politique en Occident s’est réveillée pour condamner un « coup de force » contre la démocratie naissante curieusement incarnée par le Front Islamique du Salut (FIS), ancêtre de triste mémoire des Groupes Islamiques Armées (GIA) d’hier et d’Al Qaïda et de Dae’ch aujourd’hui.

Le jihad en Afghanistan – encouragé par les Etats-Unis d’Amérique et leurs alliés – contre l’empire soviétique, a constitué l’acte fondateur du concept du « jihadisme » au sens canonique en même temps que le début de sa mise en œuvre par une génération de jeunes endoctrinés désireux de donner ses lettres de noblesse à la Oumma islamique telle que construite par le prophète de l’Islam et ses apôtres quelques siècles auparavant. Cette épopée ne pouvait renaître qu’au prix du sang versé, celui des dirigeants arabes corrompus, de musulmans, hommes et femmes, non convertibles aux dogmes, dont ils ont dicté les termes et les interprétations, avec l’aide et le soutiens d’idéologues occidentaux sionistes, négationnistes et destructeurs.

L’ébullition politique en Algérie, après les émeutes d’octobre 1988 et la fin du monopole du parti-Etat du FLN, avait donné l’occasion aux fondamentalistes d’officialiser leur engagement politique en créant le premier parti islamiste dans le monde arabe, le Front Islamique du Salut –FIS – prônant le jihadisme internationale. Ce parti subversif, qui a légitimé les assassinats,… Continuer la lecture