Observatoire Géostratégique

numéro 166 / 19 février 2018

Humeurs

L’ARABIE NE SERA JAMAIS PLUS COMME AVANT…

Le roi Salman vient de permettre aux femmes de conduire. Cette décision mondialement saluée est le résultat des luttes que mènent depuis des années les femmes courageuses d’Arabie.

Manal Al Sharif, l’une d’entre elles, est une jeune femme super diplômée qui travaillait à l’Aramco la compagnie arabo-américaine des pétroles. Un beau jour du mois de mai 2011, cette respectable veuve est sortie de chez elle au volant de sa voiture. Et sa vie a basculé. Arrêtée par la police elle est sermonnée avant d’être raccompagnée à son domicile. Quelques heures plus tard, elle est à nouveau interpellée et jetée en prison sur l’accusation d’avoir gravement troublé l’ordre public. Avant de la juger, les autorités exigent qu’elle fasse publiquement acte de contrition et de repentir sur Facebook où elle compte des mille et des milliers d’amies. La délinquante s’obstine, aggravant son cas de jour en jour. Les prédicateurs montent en épingle le fait divers. Leurs prêches enflamment les mosquées. Des gardes de la foi accusent Manal Al Sharif d’être une Matahari des chiites iraniens, d’autres prétendent qu’elle est au service des singes sionistes ou des incroyants. De toute évidence, Satan n’est pas loin, le procès en sorcellerie est à craindre. 

La presse traite l’Affaire à la une. La population est divisée, il y a les pro et les anti-Manal. Le roi hésite à se prononcer car la guerre civile menace la dynastie. Même les Américains et les Européens, habituellement empressés à voler au secours de la veuve opprimée, regardent leurs chaussures en se grattant l’oreille… Continuer la lecture

LA DEPÊCHE QUE NE PUBLIERA PAS LA PRESSE PARISIENNE…

Une fois n’est pas coutume, nous publions dans cette rubrique d’humeurs une dépêche de l’Agence France Presse, un « papier d’angle » repris par de nombreux médias au Maroc, en Belgique, en Suisse et ailleurs. En France, comme si la presse parisienne était allergique à la pertinence : silence radio ! Nos rédactions arrogantes et leurs pseudo-experts savent mieux que le monde entier…, L’auteur de cette dépêche – Michel Moutot – est un journaliste remarquable. Il travaille sur le terrorisme et le contre-terrorisme depuis une vingtaine d’années. Citation :

FACE AU JIHADISME, L’IMPORTANCE DE NE PAS SURREAGIR (EXPERTS)

Paris (France)
22 septembre 2017 11:33
AFP (Michel MOUTOT)

Les jihadistes sont comme des mouches dans l’oreille d’un éléphant ou des guêpes dans un char d’assaut : seule une réaction excessive de leurs victimes peut leur donner des espoirs de gains politiques, préviennent des experts.

Les attentats qu’ils commettent, aussi graves et dramatiques soient-ils, ne constituent pas une menace vitale pour les démocraties visées, ajoutent-ils. En revanche, une surréaction peut conduire à l’adoption de mesures drastiques, à des réponses militaires ou policières disproportionnées qui vont en fin de compte faire le jeu des assaillants. 

"La stratégie du groupe État islamique (EI) est largement incomprise" confie à l’AFP Alexander Ritzmann, ancien élu au parlement local de Berlin et membre de l’European Foundation for Democracy. "Ils ne cherchent pas seulement à tuer des Européens mais surtout à accroître la polarisation des sociétés européennes et répandre la peur et la suspicion à l’égard des musulmans". 

"Il faut que les… Continuer la lecture

SABRA-CHATILA, 35 ANS APRES…

L’auteur dédie ce texte au journaliste Amnon Kapeliouk et au Colonel de l’armée israélienne Elie Gueva. Commandant de l’assaut de Beyrouth, le Colonel Elie Gueva a démissionné de son poste sur le champ de bataille en guise de protestation contre des ordres qu’il jugeait contraires aux lois de la guerre et de la morale. Elie Gueva a été depuis lors ostracisé par la société militaire israélienne, frappé du syndrome de Sabra-Chatila, rejeté vers les profondeurs de l’anonymat le plus complet, alors que la mise en relief d’un tel comportement aurait eu valeur pédagogique et thérapeutique.

SAMIR GEAGEA : UNIQUE SURVIVANT DE CETTE TRAGÉDIE

« A Chatila, à Sabra, des non-juifs ont massacré des non-juifs, en quoi cela nous concerne-t-il ?» Intervention du premier ministre israélien Menahem Begin à la Knesset lors du débat sur les responsabilités israéliennes dans le massacre des camps palestiniens du sud de Beyrouth, l’été 1982.
« Toute cette équipée aurait dû porter en sous-titre « Songe d’une nuit d’été » malgré les coups de gueule des responsables de quarante ans. Tout cela était possible à cause de la jeunesse, du plaisir d’être sous les arbres, de jouer avec des armes, d’être éloigné des femmes, c’est-à-dire d’escamoter un problème difficile, d’être le point le plus lumineux parce que le plus aigu de la révolution, d’avoir l’accord de la population des camps, d’être photogénique quoi qu’on fasse, et peut-être de pressentir que cette féerie à contenu révolutionnaire serait d’ici peu saccagée: les Fedayine ne voulaient pas le pouvoir, ils… Continuer la lecture

MOHAMED BEN SALMAN EN MARCHE VERS L’EMPIRE D’ARABIE !

Une révolution silencieuse est en train de projeter l’Arabie Saoudite vers un destin dont nul ne peut prédire s’il sera salutaire ou dévastateur. L’artisan de ce bouleversement discret est un jeune Prince ambitieux, Mohamed fils de Salman qui à la faveur d’un coup d’éclat de Palais en juin dernier, a été sacré unique héritier de son père très âgé. Il ne porte pas encore la couronne mais il est déjà roi et demain, si Allah (et l’Amérique) le veut il sera empereur des arabes.

PORTRAIT

Il y a seulement six ans, rares étaient ceux qui auraient parié un riyal sur l’avenir de ce jeune homme nonchalant que l’on voyait quelques fois à la belle saison déambuler sur les Champs-Élysées. Depuis, il a conquis le royaume en élaguant les mauvaises branches d’une cousinade qui lui faisait de l’ombre. Son exploit au cœur d’une cour royale de gérontes où prolifèrent les « Duc de Guise » et les inquisiteurs de la charia porte l’espoir de la sortie de son pays du moyen-âge.

À 31 ans, sa puissance est sans égale. Il est maître d’un richissime royaume pétrolier sur-armé où un milliard et demi de musulmans rêvent d’aller s’agenouiller. On le dit benêt, on le suppose inexpérimenté et capricieux, on le moque, on le craint. D’allure douce et placide, il a grandi à l’ombre d’une mère de fer et d’un père de velours. Contrairement à ses frères diplômés, il n’a pas suivi de scolarité à l’étranger. L’autodidacte est un géant taiseux qui prise les retraites paisibles sur son… Continuer la lecture

LE CHIEN DU PRESIDENT

Ah quelle belle rentrée politique ! Bravo les communicants, ils ont fait fort.

Pour tenter d’endiguer la descente aux enfers de Macron dans les sondages, ils ont rameuté le clan des 30 millions d’amis. Le décision n’a pas été facile à prendre car ni Brigitte ni Emmanuel n’affectionnent particulièrement les bêtes à poils et à puces. Mais, raison d’état d’impopularité oblige, ils ont fini par y consentir.

Une cellule a été créée dés les premiers jours du mois de juillet pour notamment définir le profil de la bête, procéder à sa sélection, préciser son rôle et désigner les différents responsables qui lui seraient attachés.

Après avoir écarté toutes les suggestions d’acquisition d’un animal de compagnie « clivant » tels que chat, jugé trop indépendant, panda, trop placide, perroquet trop bavard, veau, vache, cochon, couvées…trop bassecour, le comité est vite tombé d’accord sur le chien qui depuis Pompidou, Giscard et Mitterrand symbolise l’attachement du Président au plus fidèle ami des Français. Un pattu, certes, mais de quelle race ? grand, petit, poils durs, longs, frisés ? de chasse, policier, à sa mémère… ? Au troisième jour de concertation l’assemblée à l’unanimité suggéra que le clébard soit de taille moyenne et de race française ou issu d’une saillie mixte. Tous convinrent que le pelage ne puisse en aucun cas rappeler la teinte des cheveux du couple présidentiel. Ni jaune ni fauve et sans taches. Le noir, qui ressort si bien sur le gravier blanc des allées de l’Élysée fut plébiscité.

Un vif débat opposa les partisans de… Continuer la lecture