Observatoire Géostratégique

numéro 205 / 19 novembre 2018

Humeurs

JUSTICE, ENFIN POUR LE GRAND REPORTER JACQUES-MARIE BOURGET !

Enfin une bonne nouvelle, une lueur dans le chaos de l’injustice globalisée : la Cour d’appel de Paris vient, le 21 juin dernier, de condamner le geste fou d’un sniper israélien qui, il y a dix-huit ans, a visé au cœur le journaliste Jacques-Marie Bourget. Pas d’excuse juridique possible pour un soldat, un agent, lorsqu’il s’en prend ainsi aux civils, donc aux reporters. Cet arrêt, obtenu par William Bourdon, le défenseur du « correspondant de guerre » blessé, est un monument des droits de l’homme. Les vrais, pas ceux que Trump et ses amis jettent aux poubelles de l’histoire. Reste encore à convaincre l’Etat français d’appliquer la décision que vient de rendre le TGI de Paris…

Le 21 octobre 2000 à Ramallah, en Palestine occupée, Jacques-Marie Bourget, alors grand reporter à Paris-Match était très grièvement blessé au poumon gauche. Transpercé par le tir direct d’un fusil d’assaut américain « M16 », arme de dotation d’un soldat israélien. Tir d’un sniper totalement inattendu, sauf à imaginer que le militaire avait pour objectif d’assassiner notre confrère ? En effet, au moment du drame, la place publique où se tenait Jacques-Marie Bourget était calme et les cafés ouverts à la clientèle, en dépit de l’effervescence du moment, celle de la « Seconde Intifada ».

Quelques minutes après le coup de feu les secouristes du Croissant Rouge Palestinien se précipitent pour embarquer le journaliste en état de coma. A l’hôpital de Ramallah les médecins constatent que la situation est très grave. Qu’étant donné la qualité de journaliste étranger de la victime,… Continuer la lecture

MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE : LES FACÉTIES DE MANU ET DE BIJOU…

« L’exemplarité n’est pas une façon d’influencer les autres, c’est la seule » nous rappelle Albert Schweizer. Pour redonner à la France la place qui lui revient dans le concert des nations, notre fringuant président de la République veut, et qui pourrait l’en blâmer, lui imposer une salutaire cure d’austérité. Il estime que la France doit se mettre en conformité avec ses engagements budgétaires européens qu’elle a négligemment omis de respecter depuis des années. C’est du reste une demande reconventionnelle récurrente de la chancelière allemande et des pays européens du nord. Bonne nouvelle mais dans le même temps, Jupiter (et son épouse) dépense sans compter l’argent public sans la moindre retenue.

LE TOUR DE VIS POUR LES PAUVRES

C’est pourquoi pour parvenir à l’objectif recherché, il faut contraindre de manière drastique tous les budgets pour remettre en ordre la Maison France sur le plan intérieur et la rendre plus compétitive sur le plan extérieur. Mais, pour parvenir à cette fin, il faut faire preuve de solidarité et d’équité. Cela correspond à l’esprit et à la lettre de la devise de la République : Liberté, égalité, fraternité. Aider les plus faibles tout en sollicitant raisonnablement les plus forts. Ce que l’on nous présente comme un « virage social » ! Mais, ce n’est, semble-t-il, pas la voie suivie par l’ex-inspecteur général des Finances, ancien de la Banque Rothschild, ex-ministre de l’Économie, ce Jupiter qui a une calculette à la place du cœur. « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les… Continuer la lecture

LE DRIAN, LE DIPLOMATE MALGRÉ LUI

Décidemment, les semaines se suivent et se ressemblent au Quai d’Orsay. Après « l’horrible » bourde sur la question des migrants (emploi inapproprié du terme labelisé par la Commission européenne de « shopping de l’asile » au Parlement) de la transparente ministre en charge des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, c’est à son supérieur de raconter n’importe quoi.1 Il est vrai que Jean-Yves Le Drian n’en est pas à son coup d’essai. L’homme est parfois brut de décoffrage, un peu rustre. Il est manifestement peu au fait des usages diplomatiques (passe encore pour un ex-ministre de la Défense) et des grands principes du droit (cela passe très mal pour un ministre des Affaires étrangères). Le drame de cette affaire minable est qu’elle concerne toute la chaîne diplomatique. Une sorte de défaillance collective.

UN MINISTRE IRRESPONSABLE

De quoi s’agit-il en vérité ? De sa déclaration sur LCI le 31 mai 2018 à propos du jugement en Irak de la française qui avait rejoint Mossoul avec ses quatre enfants, manifestement pas pour y faire du tourisme ou pour s’initier à la culture kurde2, le ministre des affaires, qui lui sont totalement étrangères, n’a semble-t-il pas mesuré l’incongruité de son propos. Il déclare que Mélina Boughedir était « une terroriste de Daech ». « Quand on va à Mossoul en 2016, c’est pour combattre et donc elle est jugée sur les lieux de ses exactions. C’est la logique normale », insiste le ministre, rappelant toutefois que la France condamnait « totalement… Continuer la lecture

FAKE NEWS : LA GRANDE PEUR…

En juin 2017, après la rupture diplomatique de l’Arabie saoudite, d’autres pays du Golfe et de l’Egypte avec le Qatar – au motif d’une proclamation pro-iranienne de ce dernier -, l’émirat proteste, expliquant que c’est un faux fabriqué par un… pirate informatique ! Procédé dont les services américains ne tardent pas à attribuer la paternité au… Kremlin, accusé aussi d’avoir aussi tordu la dernière élection présidentielle américaine au profit de Donald Trump ! Une conclusion s’impose aussitôt : les Russes peuvent déstabiliser les élections partout dans le monde et quand ils le veulent. Il faut donc absolument contrôler Internet ; les « réseaux numériques » vont tuer la démocratie !

Essentiellement propagées par la Russie – selon les belles âmes occidentales – les Fake News expliqueraient alors le Brexit, l’élection de Trump et la disparition des éléphants. Par conséquent, l’Allemagne et la France préparent une loi pour contrer ces maudits Fake News, la Commission européenne y travaillerait aussi. Dans son dernier livre1 – autant nécessaire que salutaire – notre médiologue préféré François-Bernard Huyghe remet les pendules à l’heure ! Son principal constat : il ne faudrait pas que la grande peur, dont il décrit scientifiquement les mécanismes, ne justifie une réinstallation de guillotines propices à neutraliser toutes espèces de contestation, de critique et d’opposition.

Grand est le risque de voir se reproduire les pires atteintes aux libertés civiles et politiques, les Patriot Act et autres lois d’exception justifiées par la chasse aux Ben Laden du moment. Au nom de la lutte contre le terrorisme, la… Continuer la lecture

FRANCAFRIQUE : DE QUOI THEMIIS EST-ELLE LE NOM ?

Vincent Bolloré vous le confirmera, la « Françafrique »  n’existe plus. Inutile de chercher poux et querelles à ces entrepreneurs méritants, humanistes, engagés à veiller au bien auprès de gouvernants du continent noir. Pour le grand bien de l’Afrique. Gloire au bienveillant Jacques Foccart qui, en tête du peloton des néo missionnaires, a été le premier à ériger ce pouvoir parallèle, à inventer ces républiques à deux têtes, une noire une blanche. Certes les actions civilisatrices et altruistes du « Phoque » étaient un peu brutales, voyantes et souvent sanglantes. Afin que le nègre -qui se croyait émancipé- continue sans grogner d’obéir à la philosophie d’une libération sous tutelle dont la camisole est réglée à Paris. Avec le temps, les règles ont été contraintes de s’adapter à la musique et au décor qui accompagnent la farce de « l’indépendance », dont le mot de passe est « démocratie ». Le chemin de cette liberté africaine est marqué par la tombe d’un soldat connu, celle de Jean-Pierre Cot. Jeune ministre de la Coopération sous Tonton, fils de héros vraiment « de gauche » comme Pierre, son père, ce naïf a imaginé que l’élection de Mitterrand sifflait la fin de partie pour la « Françafrique », que temps des colonies était fini. Que de Dakar à Bamako  « Liberté, Egalité, Fraternité » était une Lumière partagée. Idiot inutile, ce Cot a été jeté aux orties après quelques mois d’exercice. Ne jamais oublier la doctrine distillée par l’Elysée, depuis « l’Indépendance » : l’Africain est réputé ne rien entendre au reggae voltairien. Alors qu’il suffit de lui donner… Continuer la lecture