Observatoire Géostratégique

numéro 259 / 2 décembre 2019

L’envers des cartes

SOMALISATION DU SAHEL : S’ENLISER, S’ADAPTER OU PARTIR ?

Nous saluons avec respect la mémoire des six officiers, des six sous-officiers et du sergent-chef tombés au champ d’honneur pour la France lors de l’accident d’hélicoptères survenu lundi dernier 25 novembre dans la région de Menaka au sud-est du Mali : capitaine Nicolas MÉGARD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Benjamin GIREUD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Clément FRISON-ROCHE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; lieutenant Alex MORISSE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; lieutenant Pierre BOCKEL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; adjudant-chef Julien CARETTE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Romain CHOMEL DE JARNIEU du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis-chef Alexandre PROTIN du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis Antoine SERRE du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis Valentin DUVAL du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis-chef Jérémy LEUSIE du 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces et le sergent-chef Andreï JOUK du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol. Nous adressons à leurs familles et à leurs proches nos plus sincères condoléances.

La rédaction

 

SOMALISATION DU SAHEL : S’ENLISER, S’ADAPTER OU PARTIR ?

Le 25 novembre dernier, un hélicoptère de combat Tigre et un hélicoptère de transport de type Cougar se sont écrasés après s’être heurtés lors d’une opération de combat menée dans le sud-est… Continuer la lecture

QUADRATURE LIBANAISE : LE RISQUE D’UN COUP D’ETAT !

Curieuse époque : on est passé des « réseaux sociaux », autrement dit « réseaux numériques », aux « médias sociaux », paroxysme de novlangue qui signifie tout simplement le contraire de ce qui est prétendument avancé. Toujours est-il que les « médias sociaux » s’imposent désormais comme des vecteurs dominants d’influence, de propagande et de désinformation, tandis que se lèvent toutes les croisades improbables pour lutter contre les « Fake News », comme si l’erreur et l’idéologie commençaient une nouvelle existence… La belle affaire !

Et ces « évolutions » à marche forcée sont d’autant plus démonstratrices qu’elles prétendent donner sens aux révoltes internationales, qui de Santiago à Beyrouth, en passant par Haïti, Bagdad, La Paz, Paris ou Téhéran, ramènent à la question sociale, profondément sociale.

Mardi dernier, il fallait voir la jubilation de la bande de bobos, qui refait quotidiennement le monde en « 28 Minutes » pour Arte : mettre en accusation « le régime des mollahs », sans aucune espèce de nuance informative, sinon critique. Pensez : Internet a été coupé ! C’est bien la preuve qu’il se passe les choses les plus horribles dans ce pays, conformément aux affirmations de Human Right Watch, Amnesty International et d’autres… A une époque pas si lointaine, Arte avait au moins la décence d’inviter de vrais experts comme Bernard Hourcade ou François Nicoullaud. Désormais, la chaîne franco-allemande s’en tient à donner la parole à des opposants déclarés – clairement militants – dont l’unique légitimité est d’être d’origine iranienne. Être ou ne pas être ? reste une question, mais certainement pas l’infaillible marqueur d’une honnêteté journalistique minimale !… Continuer la lecture

AMMAR BELHIMER : 2049, L’ANNEE DU SERPENT DE TERRE…

La semaine prochaine, nous reviendrons sur les événements qui embrasent le Liban depuis le 17 octobre dernier.

La rédaction

 

AMMAR BELHIMER : 2049, L’ANNEE DU SERPENT DE TERRE…

Chaque livre d’Ammar Belhimer est un événement. Malheureusement, comme son éditeur est de l’autre côté de la Méditerranée ; comme nos intelligentsias sont de plus en plus auto-centrées ; comme d’autres échéances pèsent sur l’Algérie, son dernier ouvrage1 ne fera pas l’ouverture du 20-heures, ni la une des grands médias parisiens. Et pourtant, cet essai le mériterait amplement tant il tourne, retourne et outrepasse nos certitudes géopolitiques.

Si l’on sait depuis quelque temps que l’Occident ne domine plus le monde, que l’économie ultra-libérale mondialisée rend les plus pauvres encore plus pauvres, le dernier ouvrage du grand universitaire algérien privilégie un constat que nous avons – collectivement – le plus grand mal à admettre : la fin du communisme marque aussi la fin de la démocratie.

LA FIN DE LA DEMOCRATIE

Notre époque n’est pas seulement post-communiste, elle est aussi post-démocratique. Avec la multiplication des révoltes sociales – du Chili au Liban, en passant par l’Irak, Haïti, plusieurs pays d’Amérique Latine, d’Asie et d’Europe dont la France -, nous assistons aujourd’hui à l’instauration d’un « totalitarisme démocratique », sinon d’une « démocratie totalitaire ». Les moyens sécuritaires engagés pour réprimer les révoltes populaires sont de plus en plus musclés et sophistiqués. L’armée a refait son apparition dans les rues de Santiago avec quinze morts ; en France, mains arrachées, yeux crevés et arrestations arbitraires ont ponctué l’année écoulée de… Continuer la lecture

L’EUROPE « EN MÊME TEMPS » L’EMPIRE DU MILIEU !

« Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres. Ainsi beaucoup d’ennuis te seront épargnés » (Confucius). Cette maxime philosophique gagnerait à être médité par tout voyageur qui se rend en Chine. Qui plus est lorsqu’il s’agit d’un dirigeant occidental qui vit dans l’agitation permanente alors que ses interlocuteurs ont l’éternité devant eux. Du 4 au 6 novembre 2019, le président de la République, Emmanuel Macron effectue sa deuxième visite officielle en Chine (Shangaï à l’occasion de la deuxième foire des importations, pour la dimension économique et commerciale, puis Pékin pour l’aspect plus diplomatique). Il serait bien inspiré de se souvenir que le logiciel de pensée occidentale n’a pas cours du côté de la Grande Muraille. Il serait également bien inspiré de se souvenir que les grandes tapes dans le dos, les accolades appuyées, les embrassades spontanées ne sont guère appréciées par l’équipe de Xi Jinping.

Lorsque l’on traite avec les Chinois, on traite avant tout avec les représentants d’un État, qui estime avoir trop longtemps été humilié, dans le passé et estime aujourd’hui avoir droit au traitement qui s’attache à une grande puissance. Ignorer ces prémices, c’est se promettre quelques lourdes désillusions sur tous les plans (diplomatique, géopolitique, économique, financier, commercial, culturel…) à l’issue de sa visite officielle. Depuis la première visite en Chine d’Emmanuel Macron, en janvier 2018, plusieurs paramètres ont évolué. La situation intérieure chinoise est moins florissante qu’elle ne l’était il y a deux ans. Nous évoluons dans un environnement international particulièrement volatil.

Enfin,… Continuer la lecture

EGYPTE AMBIGUË, MAIS PAYS-PIVOT…

Avant d’analyser les circonstances et les conséquences de la mort d’Al-Baghdadi – le chef de Dae’ch -, nous nous efforçons de vérifier et de recouper différentes informations de sources militaires et diplomatiques. En mai 2011, la mort d’Oussama Ben Laden avait donné lieu à une intense campagne de communication, sinon de propagande vantant les mérites de la lutte anti-terroriste menée par les Etats-Unis. Quelques années plus tard, il n’était pas difficile de constater que cette « communication » ne correspondait à rien de tangible sur le terrain et qu’au contraire, la menace terroriste n’avait fait que décupler en volume, changeant qualitativement de nature et déjouant des réponses occidentales qui ne remontaient pas aux causes ! La disparition de Baghdadi risque de faire se répéter cette méchante histoire. Nous y reviendrons dans nos prochaines livraisons.

La rédaction

 

EGYPTE AMBIGUË, MAIS PAYS-PIVOT…

Le Caire, 2 novembre 2019.

Deux événements dominent l’actualité égyptienne récente : la découverte – dans la Vallée des Rois à Louxor – de 30 sarcophages vieux de trois mille ans et le réveil d’un conflit opposant l’Egypte à l’Ethiopie depuis une vingtaine d’années : la construction du « Grand barrage de la Renaissance » sur le Nil Bleu, près de la frontière entre l’Ethiopie et le Soudan. Depuis toujours, Le Caire affirme que ce barrage hydro-électrique géant va poser d’énormes problèmes d’approvisionnement et de régulation du grand fleuve nourricier. Quant au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, pourtant tout juste nommé Prix Nobel de la Paix, il affirme que son pays pourra « mobiliser des millions de… Continuer la lecture