Observatoire Géostratégique

numéro 208 / 10 décembre 2018

L’envers des cartes

DE BRASILIA À WIESBADEN : LA REVANCHE DES PEUPLES…

Le premier numéro de « Diplomatie internationale » (« Le Magazine indépendant des relations internationales »), bimestriel couvrant la période novembre-décembre 2018 titre à sa Une sur « Populiste et Après ? Jusqu’où ira la vague nationaliste ou souverainiste ? » sur fond de photo de Matteo Salvini, vice-Président du Conseil italien. Il agrémente cette accroche médiatique de différents commentaires. « En Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud ou en Asie, le populisme séduit les électeurs déçus ou inquiets face à l’immigration ou la crise » écrit-il fort justement. Et de présenter les différents articles qu’il soumet aux lecteurs à qui l’on raconte aujourd’hui tout et son contraire sur ce phénomène : « Amérique : faut-il prendre au sérieux Trump ? » ; « Orban : l’homme de fer » ; « Brexit : au bord de l’accord » ; « Russie : l’Europe doit-elle se rapprocher de Poutine » ? ; « Turquie : la stratégie d’Erdogan » ; « Espagne : le retour du Franquisme » ; « Inde : Modi ou les pleins pouvoirs » ; « Israël : le projet de Netanyahu » ; « Venezuela : la dérive de Maduro ». Le tout est réhaussé d’une « opinion » de Michel Onfray, l’interdit de séjour dans les médias français pour cause de parler-vrai de parler qui dérange. Tout est dit ou presque sur le développement d’un phénomène qui laisse nos dirigeants déboussolés1.

La question du dégagisme quasi-permanent des partis traditionnels ne cesse de se poser au cours des dernières années, des derniers avec une réelle acuité sans que nos dirigeants bien/mal inspirés ne… Continuer la lecture

POURQUOI LA FRANCE DOIT AVOIR DEUX PORTE-AVIONS !

Avec nos amis du Comité Valmy et d’autres, nous partageons la même critique de la mondialisation contemporaine, de ses effets destructeurs dont l’implosion des Etat-nations ; « la seule démarche capable de permettre une nouvelle libération de la France, passant impérativement par le rétablissement de la souveraineté de son peuple nation ». Sans céder à un militarisme obsessionnel et budgétivore, nous considérons aussi, avec Valmy, que notre pays doit pouvoir assurer sa propre défense – sans l’OTAN -, ni attendre un improbable réveil d’une « défense européenne » qui n’existe pas ! Mardi dernier, à l’occasion du salon Euronaval, la ministre de la Défense Florence Parly a annoncé le lancement du programme du (ou des) futur(s) porte-avions français, conformément à la loi de programmation militaire (LPM 2019-2025).

La rédaction

POURQUOI LA FRANCE DOIT AVOIR DEUX PORTE-AVIONS !

Le 25 septembre dernier, le président de la République a frappé du poing – à plusieurs reprises – sur le pupitre de la 73ème assemblée générale des Nations unies pour défendre le multilatéralisme et rappeler que la France entend peser sur les affaires du monde. Ce discours à l’accent gaullien – dans la filiation de celui prononcé par Dominique de Villepin au Conseil de sécurité le 14 février 2003 contre une nouvelle guerre occidentale en Irak – a été très applaudi et apprécié par une majorité des Etats membres de l’ONU. Mais à ces moments de paroles fortes – qui font la grandeur de notre pays -, il s’agirait maintenant de lier des actes correspondants tout… Continuer la lecture

MERCI POUR CE MOMENT… POPULISTE !

« L’Histoire justifie ce que l’on veut. Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout » prétend Paul Valéry. Pourtant, les leçons de l’Histoire ancienne et de l’actualité récente ne manquent pas d’intérêt pour celui qui prend le temps de les analyser, de les décrypter. Ce n’est malheureusement pas la tendance actuelle de nos dirigeants murés dans leurs certitudes, nourris à la bienpensance du moment, prompts à manier l’anathème contre tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Nous disposons d’un exemple particulièrement éclairant de ce tropisme avec la chasse lancée contre les « populistes », concept que l’on a du mal à cerner tant il veut dire tout et son contraire.

Au rythme où vont les choses, depuis quelques années, depuis quelques mois, le pire devient possible. Il risque de trouver sa traduction dans deux phénomènes opposés : crépuscule des Dieux (tels notre Jupiter national) et promesse de l’aube (pour le peuple outragé, le peuple martyrisé mais le peuple bientôt libéré). « En France, Emmanuel Macron peut encore compter sur le vide des oppositions et la peur des extrêmes pour tenir. Mais de là à peser sur la marche du monde… »1. Ce que ne veulent pas voir nos dirigeants est que le mal français est plus profond qu’ils veulent bien le dire. Il y a là matière à réflexion, à très sérieuse réflexion.

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX : LE BÛCHER DES VANITÉS2

Temps curieux que ceux que nous vivons aujourd’hui, temps faits d’anathèmes et d’excommunications qui… Continuer la lecture

EREVAN : SOMMET DES FRANCOFOLIES…

Emmenez-moi au bout de la terre 

Emmenez-moi au pays des merveilles

Il me semble que la misère

Serait moins pénible au soleil.

Tel est le refrain d’une célèbre chanson de Charles Aznavour décédé le 1er octobre 2018 à l’âge de 94 ans à Mouriès. Et cela dix jours avant le début du XVIIème sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie qui se réunit pour la première fois à Erevan (11-12 octobre 2018), capitale de l’Arménie. Sommet auquel Charles Aznavour devait accompagner le président de la République, Emmanuel Macron (après avoir boudé la visite à New-York et aux Antilles, Brigitte Macron accompagne son divin mari à Erevan, pour veiller au grain). Ce dernier rend un hommage national sobre mais poignant à Charles Aznavour à l’Hôtel des Invalides les 5 octobre 2018. Il souligne qu’il fut l’un des meilleurs ambassadeurs de la Francophonie tout en étant par ailleurs l’un des meilleurs ambassadeurs de l’Arménie. Charles Aznavour ne disait-il pas qu’il avait eu l’impression d’être devenu français lorsqu’il possédât une parfaite maîtrise de la langue de Molière, plus que lorsqu’il fut naturalisé français ?

Exemple à méditer en un temps où bon nombre de nos compatriotes ne possèdent pas les rudiments élémentaires en sortant de l’enseignement primaire, pour ne pas dire secondaire. Que s’est-il passé depuis le dernier sommet de la Francophonie de Kinshasa en RDC (12-14 octobre 2017) ?1 Le choix de l’Arménie relève d’une diplomatie courageuse. La poursuite d’une approche institutionnelle traduit une diplomatie verbeuse qui se… Continuer la lecture

MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE : UNE JUSTICE COUCHÉE…

« La Justice est la sanction des injustices établies » nous rappelle Anatole France dans L’affaire Crainquebille. La France est malade de sa Justice depuis toujours, pourrait-on dire. Sous la Ve République, les choses n’ont pas été en s’améliorant. Au mieux, les relations entre le pouvoir exécutif et l’autorité judiciaire (sa dénomination exacte dans la Constitution du 4 octobre 1958, Titre VIII, De l’autorité judiciaire)1 sont complexes, pour employer une litote. Au pire, elles sont incestueuses, pou remployer un langage « cash ». Le sujet revient de manière récurrente sur le devant de la scène révélé par quelques graves incongruités sur le plan juridique. C’est le cas aujourd’hui avec la question de la nomination du procureur de Paris qui agite le Landerneau politico-juridico-médiatique. Or, à y regarder de plus près, le problème est plus grave qu’il n’y parait en apparence. Nous devons l’examiner sous sa dimension structurelle et sous dimension conjoncturelle. Comme une excellente nouvelle n’arrive jamais seule, nous porterons à la connaissance de nos fidèles lecteurs quelques récentes informations qui confinent à la démoralisation de la vie publique dans notre pays. Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir nous rappelle fort à propos le fameux dicton ! Nous conclurons par quelques remarques iconoclastes.

DIMENSION STRUCTURELLE : LA JUSTICE DÉPENDANTE ET PARTIALE

Quelques rappels s’imposent pour mesurer la situation de l’autorité judiciaire dans notre pays. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas brillante.

Justice administrative : l’État est son propre juge… Continuer la lecture