Observatoire Géostratégique

numéro 267 / 27 janvier 2020

L’envers des cartes

DEFENSE : 70 JOURS SOUS LES MERS…

Cela ressemble à un roman de Jules Verne. Cela a la saveur d’un roman de Jules Verne. Mais cela est bien réel, tout à fait réel ! Ce témoignage de l’un de nos grands commandants de SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins) constitue un véritable événement éditorial1 pour essentiellement trois raisons : 1) très factuellement et sans affect ni parti pris, il restitue les fondamentaux nationaux et géopolitiques de la dissuasion nucléaire ; 2) il nous fait partager le quotidien opérationnel d’une mission de 70 jours sous les mers, des nécessités du commandement et de la culture d’équipage ; 3) ce grand reportage nous livre justement, avec élégance et modestie, la « météo des hommes », c’est-à-dire, le vécu – contraintes, difficultés et joies – des marins qui assurent notre défense au large, sous toutes les mers du monde. Avec une plume périscopique des plus sûres, ce livre nous embarque en mission.

L’auteur, l’amiral François Dupont, n’est pas un perdreau de l’année. Il a d’abord été commandant de sous-marins d’attaque, avant d’armer et de prendre le commandement du sous-marin de nouvelle génération Le Triomphant. Il a ensuite dirigé l’enseignement militaire supérieur, l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) et le Centre des hautes études militaires (CHEM). Il est grand officier de la Légion d’honneur. Alliant les plus hautes qualités professionnelles et humaines, c’est – comme dirait Hubert Lyautey – un « grand chef ».

L’HERITAGE DU GENERAL DE GAULLE

Préambule incompressible, au-delà de toute considération idéologique et géopolitique – François Dupont nous dit: « en… Continuer la lecture

ET PENDANT CE TEMPS, EN VILLE : LA COP-25…

Comme il existe des grands festivals musicaux, théâtraux…, il existe des cirques diplomatiques. Nous parlons des grands-messes dont le machin (l’ONU) est particulièrement friand. À intervalles réguliers, la mauvaise troupe diplomatique transporte son chapiteau aux quatre coins de la planète pour y donner sa représentation… de piètre facture en dépit de l’urgence1. Dans cette catégorie enviée, l’on peut citer l’exercice annuel – à quelques semaines de l’arrivée du Père Noël – des conférences des États parties à la convention sur le climat. Exercice plus connu sous son acronyme de COP2. Si l’on notait les rendez-vous internationaux sur le climat selon les mêmes critères que la performance énergétique des réfrigérateurs, il y a de fortes chances que la COP25 – la 25e conférence annuelle de la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique –, qui se tient du 2 au 13 décembre 2019 à Madrid3 (en lieu et place de Santiago du Chili absorbée par des tensions politiques et sociales), se termine avec une note inférieure à C.

Même les observateurs les plus optimistes n’en attendent pas grand-chose, estimant, au mieux, qu’il s’agit d’une COP de transition avant la COP26, à Glasgow, en novembre 20204 en dépit de l’urgence climatique5.  Nous pouvons nous livrer à une analyse objective de cette rencontre en nous plaçant sous deux perspectives différentes mais complémentaires : médiatique et diplomatique. Nous pourrons enfin conclure à un immense flop international qui se traduit par une course à la lenteur.

UN… Continuer la lecture

LONDRES : 29 MEMBRES EN OTAN-EXIT

« Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN », déclare Emmanuel Macron dans son entretien devenu un must, un mythe accordé à The Economist le 7 novembre 20191. Et cela à moins d’un mois d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement de ses 29 membres réunis pour célébrer, à Londres/Watford (3-4 décembre 2019), haut lieu de l’atlantisme, le soixante-dixième anniversaire de la création de l’OTAN. La métaphore est pour le moins vigoureuse. Il est vrai que le président de la République aime appeler un chat un chat. Il n’a pas toujours le sens de la formule diplomatique pour faire passer son message à ses partenaires. Le moins que l’on puisse dire est que le cœur n’y est plus. À une crise globale du multilatéralisme vient se greffer une crise de la relation transatlantique. Deux crises dues en grande partie à la posture extérieure américaine qui ne croit plus en la vertu des organisations multilatérales pour défendre ses intérêts bien compris (point d’application de son America First) et qui ne croit plus en la vieille Europe (en raison de son pivot vers l’Asie). Deux crises exacerbées par la diplomatie du tweet de Donald Trump qui jugeait l’OTAN « obsolète », il y a peu encore, reprochant à une majorité de ses membres (Allemagne en tête) de ne pas prendre leur part du « partage du fardeau » (financier). Disposer d’une assurance tous risques dans le domaine de la sécurité de… Continuer la lecture

SOMALISATION DU SAHEL : S’ENLISER, S’ADAPTER OU PARTIR ?

Nous saluons avec respect la mémoire des six officiers, des six sous-officiers et du sergent-chef tombés au champ d’honneur pour la France lors de l’accident d’hélicoptères survenu lundi dernier 25 novembre dans la région de Menaka au sud-est du Mali : capitaine Nicolas MÉGARD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Benjamin GIREUD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Clément FRISON-ROCHE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; lieutenant Alex MORISSE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; lieutenant Pierre BOCKEL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; adjudant-chef Julien CARETTE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ; capitaine Romain CHOMEL DE JARNIEU du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis-chef Alexandre PROTIN du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis Antoine SERRE du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis Valentin DUVAL du 4e Régiment de chasseurs de Gap ; maréchal des logis-chef Jérémy LEUSIE du 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces et le sergent-chef Andreï JOUK du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol. Nous adressons à leurs familles et à leurs proches nos plus sincères condoléances.

La rédaction

 

SOMALISATION DU SAHEL : S’ENLISER, S’ADAPTER OU PARTIR ?

Le 25 novembre dernier, un hélicoptère de combat Tigre et un hélicoptère de transport de type Cougar se sont écrasés après s’être heurtés lors d’une opération de combat menée dans le sud-est… Continuer la lecture

QUADRATURE LIBANAISE : LE RISQUE D’UN COUP D’ETAT !

Curieuse époque : on est passé des « réseaux sociaux », autrement dit « réseaux numériques », aux « médias sociaux », paroxysme de novlangue qui signifie tout simplement le contraire de ce qui est prétendument avancé. Toujours est-il que les « médias sociaux » s’imposent désormais comme des vecteurs dominants d’influence, de propagande et de désinformation, tandis que se lèvent toutes les croisades improbables pour lutter contre les « Fake News », comme si l’erreur et l’idéologie commençaient une nouvelle existence… La belle affaire !

Et ces « évolutions » à marche forcée sont d’autant plus démonstratrices qu’elles prétendent donner sens aux révoltes internationales, qui de Santiago à Beyrouth, en passant par Haïti, Bagdad, La Paz, Paris ou Téhéran, ramènent à la question sociale, profondément sociale.

Mardi dernier, il fallait voir la jubilation de la bande de bobos, qui refait quotidiennement le monde en « 28 Minutes » pour Arte : mettre en accusation « le régime des mollahs », sans aucune espèce de nuance informative, sinon critique. Pensez : Internet a été coupé ! C’est bien la preuve qu’il se passe les choses les plus horribles dans ce pays, conformément aux affirmations de Human Right Watch, Amnesty International et d’autres… A une époque pas si lointaine, Arte avait au moins la décence d’inviter de vrais experts comme Bernard Hourcade ou François Nicoullaud. Désormais, la chaîne franco-allemande s’en tient à donner la parole à des opposants déclarés – clairement militants – dont l’unique légitimité est d’être d’origine iranienne. Être ou ne pas être ? reste une question, mais certainement pas l’infaillible marqueur d’une honnêteté journalistique minimale !… Continuer la lecture