Observatoire Géostratégique

numéro 187 / 16 juillet 2018

L’envers des cartes

L’Envers des Cartes du 22 décembre 2014

QUESTIONS A LA LUTTE CONTRE L’ « ETAT ISLAMIQUE »…

Si la lutte contre l’organisation « Etat islamique » 1 continue à faire quotidiennement les titres de la grande presse internationale, les ripostes opérationnelles adaptées tardent à venir. Les causes profondes du phénomène restent largement inexplorées et l’effet de contagion se poursuit… En effet, de nouveaux groupes armés asiatiques ou africains font régulièrement allégeance à cette organisation d’un nouveau type. Désormais, celle-ci se substitue à la nébuleuse Al-Qaïda, internationaliste et rhizomatique, sans chaîne de commandement centrale ni structure unifiée. Si elle recourt aux différentes armes d’un modus operandi terroriste classique (attaques à la voiture piégée, attentats-suicides, prises d’otages, exécutions filmées et prosélytisme numérique), cette organisation revendique aujourd’hui un territoire (entre l’Irak et la Syrie). En s’étant proclamée « Califat » le 29 juin dernier, elle prétend même gérer les grands lieux saints de l’Islam (La Mecque, Médine et Jérusalem).

Pour les pays directement concernés, il y a donc urgence ! Urgence à mettre en œuvre des ripostes opérationnelles immédiates et adaptées. Comme une répétition des réponses aux attentats du 11 septembre 2001, mais en beaucoup plus homéopathique, l’aviation américaine a déclenché une série de « frappes aériennes », destinées à monter en puissance… Puis, co-organisée à Paris par les présidents français et américain -, une conférence internationale a officiellement porté sur les fonts baptismaux la « Coalition anti-Etat-islamique ». Aujourd’hui à treize ans d’intervalle, les pays occidentaux semblent commettre les mêmes erreurs que celles de la « Guerre contre la… Continuer la lecture

L’Envers des Cartes du 15 décembre 2014

DIX-SEPT ANS PLUS TARD
QUELQUES LEÇONS DE L’ATTENTAT DE LOUXOR…

Le 17 novembre 1997, un attentat perpétré au temple d’Hatchepsout de Louxor, en Égypte, causait la mort de 62 personnes (parmi lesquelles 36 citoyens suisses) et celle de ses auteurs. Les six terroristes impliqués, dont le leader appartenaient à l’aile militante des Gama’a Al-Islamiyya. La plupart semblaient inconnus des services de sécurité égyptiens.

Le 10 mars 2000, la Police fédérale (OFP) rendait public un rapport présentant les conclusions de son enquête. En ouverture, le document précise qu’il écarte toute espèce d’appréciation politique, « sa seule ambition étant d’éclaircir, autant que faire se peut, le déroulement de l’attentat et les mobiles qui ont gouverné ses auteurs ». La conclusion est on ne peut plus claire : « la Police fédérale est aujourd’hui convaincue que cet attentat ne visait pas la Suisse ni ses citoyens en particulier. L’exécution de ce massacre visait principalement, en s’attaquant au tourisme, à déstabiliser l’économie et le gouvernement égyptiens. Le fait que plus de la moitié des victimes venaient de Suisse relève d’un hasard tragique ».

Par conséquent, « la Police fédérale a acquis la conviction qu’on ne saurait, aujourd’hui et dans un futur proche, espérer des informations complémentaires sur l’attentat de Louxor, au vu du premier rapport établi par ses soins en juillet 1998, de l’entraide judiciaire octroyée en mai 1999 et du présent document. Aussi, la Police fédérale a-t-elle proposé de suspendre l’enquête de police judiciaire qui avait été ouverte le 13 octobre 1998 contre… Continuer la lecture