Observatoire Géostratégique

numéro 226 / 17 avril 2019

Orient-ations

ORIENT-ATIONS 221

PINOCCHIO ENTRE DANS L’ARÈNE EUROPÉENNE – RENAISSANCE OU CRÉPUSCULE ? Guillaume Berlat. « La parole est d’argent mais le silence est d’or » nous rappelle l’adage populaire. Après une brève cure de diète médiatique pour crise paroxystique des « gilets jaunes », le président de la République revient à ses fondamentaux. Une parole libre (les petites phrases inopportunes), une parole fréquente (le propre du comédien), une parole creuse (la forme l’emporte sur le fond), une parole discréditée (l’action suit rarement), une parole incantatoire (le docteur Coué est de retour) … Telles sont les principales caractéristiques de la posture bien rôdée du chef de l’État, Emmanuel Macron ! C’est dans un contexte économique, social et international dégradé que Jupiter décide de se lancer dans l’arène européenne1 en publiant le 5 mars 2019 une tribune décalée dans les médias hexagonaux et européens après s’être adressé au peuple italien dans le cadre d’un entretien télévisé avec la chaîne publique Rai Uno le 3 mars 2019.

UN CONTEXTE DÉGRADÉ

Alors que l’on constate un désamour croissant à l’égard de la construction européenne considérée comme aussi tatillonne qu’inefficace, l’Union n’a ni cap, ni boussole, procrastinant sur la voie d’une grave erreur méthodologique.

Un désamour croissant des peuples

Le moins que l’on puisse dire est que l’Europe n’a pas la côte en ce début de l’an 2019. Même s’il ne faut pas leur donner plus d’importance qu’ils n’en ont, les sondages fournissent une photographie intéressante, à l’instant « T », de l’état de l’opinion. Que nous disent-ils à moins de trois… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 220

MARC DE MIRAMON DE RETOUR DE DAKAR : MACKY SALL REELU SUR UN CHAMP DE RUINES – Les scores honorables réalisés par l’opposition illustrent autant le bilan en demi-teinte de Macky Sall qu’une décomposition du paysage politique sénégalais. La conférence de presse conjointe tenue le soir du premier tour par Idrissa Seck et Ousmane Sonko, au-delà de l’impératif de présenter un front commun en vue d’un éventuel deuxième tour pour chasser Macky Sall du pouvoir, illustre les profonds bouleversements en cours dans la vie politique sénégalaise. En effet, quoi de commun entre l’ancien Premier ministre, « fils » d’Abdoulaye Wade, et le député nationaliste, pourfendeur du Franc CFA et d’un Sénégal corrompu vendu aux « Gaulois » ? Le brouillard s’épaissit encore d’avantage si l’on considère le ticket formé par le libéral Idrissa Seck et le « socialiste » Khalifa Sall, dont on peine à comprendre quelles convergences de programme pourraient bien réunir deux hommes supposés porter des convictions aux antipodes : le culte de l’effort et d’une réussite individuelle censée « ruisseler » sur le reste de la société pour l’un, l’idéal d’égalité et de solidarité pour l’autre.

Certes, la décomposition vient de loin, provoquée autant par les alliances hétéroclites bâties pour venir à bout du système « socialiste » d’Abdou Diouf et celui du « libéral » Abdoulaye Wade, que de l’écroulement des idéologies accéléré par la chute du mur de Berlin.

Aucun pays ou presque n’échappe à cette confusion ambiante, la France en premier chef : « l’ouverture » à gauche pratiquée par Nicolas Sarkozy en 2007 et le mandat catastrophique de François Hollande (2012-2017),… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 219

LE COLONEL A DIT LA VÉRITÉ, IL DOIT ÊTRE EXÉCUTÉ – Jean Daspry. « Il n’est pas de tyran au monde qui aime la vérité ; la vérité n’obéit pas » nous rappelle fort à propos le philosophe Alain. La recherche de la vérité n’est pas toujours un long fleuve tranquille, y compris dans le pays qui s’autoproclame « patrie des droits de l’homme ». France dont la Constitution du 4 octobre 1958 déclare, dès son article premier, que la « France respecte toutes les croyances ». France, partie à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales de 1950 qui reconnait à son article 10 la « liberté d’expression » à tout citoyen même si elle la tempère à son alinéa 2 par certaines conditions tenant aux « mesures nécessaires… à la sécurité nationale ». La Macronie est en quête permanente de sanction des bobards, des « fake news » pour employer le terme consacré. Mais où s’arrête la vérité et où commence le bobard. Vaste programme aurait dit le général de Gaulle, surtout dans ces temps de propagande et de bourrage de crâne. La question est d’autant plus importante lorsqu’elle concerne des fonctionnaires soumis au fameux « devoir de réserve », concept à géométrie variable en fonction des agents publics concernés, du lieu et du temps1. On l’aura compris, nous sommes dans l’arbitraire le plus complet. Quid de la liberté, de la clause de conscience qualifiée pour certains de désobéissance civile ? Quid de la… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 218

« PARENT-1 », « PARENT-2 » ET BÊTISE INFINITESIMALE – Richard Labévière. En plein démarrage de la crise des Gilets jaunes, nos députés étaient en train de légiférer pour faire de la fessée un délit susceptible de traîner les partisans de ce châtiment corporel devant les tribunaux. Absolument essentiel ! Dernièrement, les mêmes députés ont décidé de faire remplacer les inscriptions « Père » et « Mère » de tous les formulaires scolaires par les mentions « Parent-1 » et « Parent-2 ». Et la rapporteuse de la loi, une députée La République-en-marche-sur-la-tête de s’étonner de la violence et de la « disproportion » des réactions du grand public… Cette brave dame ferait bien de se poser d’autres questions plus cruciales sur les vrais enjeux du moment… Mais puisque ces dénominations de « père » et « mère » sont soudainement devenus un dossier stratégique dont dépend l’avenir de la France, bien d’autres interrogations se posent alors… En effet, comment hiérarchiser alors les « parents » 1 et 2 ? Qui vient en premier ? Quid des autres « parents » : la mère-porteuse, le donneur de semence, le hérisson voyageur, le merle moqueur et de la mouette pensante ? Comment faire – bientôt – avec les bébés éprouvettes et les robots ? Les députés risquent d’y passer tout leur temps. Sans se demander combien coûtera une telle innovation absolument essentielle à la vie du pays, n’auraient-ils pas autres choses à faire de plus vital pour la vie quotidienne de leurs concitoyens ? Ensuite, les belles âmes et les « docteurs tant-mieux » se demanderont pourquoi les gens n’accordent plus la moindre confiance, non seulement à leur député, mais à… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 217

PAUL BALTA NOUS A QUITTE… Ancien correspondant du Monde à Alger, Paul Balta nous a quitté dimanche dernier après-midi.  Ses obsèques ont eu lieu le mardi 5 février à 14 h 30 en l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville. France-Maghreb-2 lui a rendu hommage dans son émission Lgf (Le Grand Forum), vendredi 1er février. Tarek Mami, le directeur de France-Maghreb-2 nous rappelle quelques dates de la vie de ce grand journaliste. Né en 1929 à Alexandrie, (en Égypte), Paul Balta aurait fêté ses 90 ans le 24 mars prochain. Il a été, de 1970 à 1985, le spécialiste du Proche-Orient et du Maghreb du quotidien Le Monde, (NDLR : lorsque ce titre était encore un grand journal). Paul Balta a été correspondant, aussi pour Le Monde en l’Algérie pendant les mandats du Houari Boumediene avec lequel il s’était lié d’amitié. Le président Boumediene le taquinait souvent et lui disait qu’il « avait du sang arabe », ce qui dans la bouche du président algérien signifiait amitié, fierté, respect et estime. Paul Balta, a d’abord été journaliste à l’agence Associated Press, puis à Paris-Presse et L’Intransigeant, avant de rejoindre Le Monde en 1970. Il a également collaboré avec des revues et journaux comme le Middle East Journal (Washington), El Pais (Madrid) et Le Libéral (Casablanca) de 1990 à 1995. Journaliste de terrain, Paul Balta, a couvert les grands événements du Moyen-Orient dont le conflit israélo-palestinien, les guerres du Kurdistan, la révolution iranienne et la première guerre du Golfe (1980-1988). Outre cette pratique du… Continuer la lecture