Observatoire Géostratégique

numéro 248 / 16 septembre 2019

Orient-ations

ORIENT-ATIONS 213


PAVANE POUR UNE EUROPE DÉFUNTE – Guillaume Berlat. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Telle est l’adage qui semble avoir inspiré notre duettiste d’eurolâtres, de fédérastes, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne au Figaro1 et Michel Barnier, en charge de la négociation sur le « Brexit » au Monde2. Il est vrai que la maison brûle depuis plusieurs années et que les prochaines élections au Parlement européen (26 mai 2019) pourraient conduire à la débâcle des vieux partis de l’ancien monde. À nouveau monde, nouveaux élus. Les pompiers sont de sortie pour tenter de circonscrire le grand brasier qui consume le rêve européen. Mais, le problème se complique dans la mesure où le camion des pompiers n’a plus d’eau dans sa citerne et n’a plus de pression au bout de sa lance. C’est ce que l’on appelle la quadrature du cercle. Revenons à nos deux moutons noirs !

LE LEVEUR DE COUDE LUXEMBOURGEOIS DÉSABUSÉ

L’ex-premier ministre luxembourgeois possède l’immense mérite de mettre le doigt sur ce qui fâche après plusieurs années passées à la tête du monstre technocratique qui a pour nom commission européenne. Au cours de son entretien avec plusieurs journalistes de diverses nationalités, il marque son désarroi face à la lenteur des processus décisionnels au sein de l’Union européenne, au creusement de fossés sur le continent, à l’hypocrisie des dirigeants qui demandent à la Commission européenne de travailler à une meilleure protection des frontières extérieures tout en lui reprochant ses atteintes à… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 212


LA GUERRE COMMERCIALE AURA BIEN LIEU – Guillaume Berlat. Hormis les bruits de bottes qui résonnent aux quatre coins de la planète, une guerre réelle et meurtrière à maints égards fait rage dans la plus grande indifférence. Cette guerre, c’est la guerre commerciale que mène, telle une croisade païenne, le 45ème président des États-Unis. Il fut élu, à la surprise générale des diplomates, experts, journalistes, prévisionnistes de tout poil, sur un slogan simple, pour ne pas dire simpliste, l’Amérique, d’abord et avant tout (« America First »). Les mêmes feignaient d’ignorer que Donald Trump n’était pas issu du sérail politique des bords du Potomac. Et qu’il avait un grave défaut pour un politicien traditionnel, il fait ce qu’il dit, y compris pour mener à bien ses idées les plus baroques. Le président américain n’a que faire du droit, des conventions internationales. Il veut imposer un sérieux aggiornamento des règles du commerce mondial et se lance dans un durable bras de fer avec la Chine. Pour ce qui est de la désunion européenne, il s’agit d’une simple promenade de santé tant le courage n’est pas la vertu cardinale de ce colosse aux pieds d’argile.

UN AGGIORNAMENTO DES RÈGLES DU COMMERCE MONDIAL

Donald Trump est avant tout un homme d’affaires qui sait ce que compter veut dire. Il ne s’embarrasse pas de théories fumeuses. Il est un praticien dur en négociation. Pour lui, tout échange doit être équilibré, gagnant/gagnant. Fini le temps des concessions octroyées par ses prédécesseurs aux Chinois qui… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 211

VARIATIONS SUR UNE FIN D’ANNUS HORRIBILIS – Jean Daspry. Ainsi vont les dernières semaines, les derniers jours de l’année 2018 sur la scène internationale ! Cette année écoulée ressemble plus à un (mauvais) inventaire à la Prévert qu’à un (beau) jardin à la Française. Le monde marche sur la tête au rythme des Tweets trumpiens et du poison des réseaux sociaux, le mur des chiottes pour reprendre l’expression consacrée d’une experte sur le sujet. Communication plus qu’action. Action plus que réflexion. Précipitation plus que pondération. Intoxication plus qu’information.

À tout seigneur tout honneur. L’Union européenne s’enfonce de plus en plus en plus dans la crise. Hier, elle pensait avoir conclu un accord avec le Royaume-Uni sur le « Brexit ». Aujourd’hui, elle privilégie le « no deal ». Alors qu’elle va fêter le vingtième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’euro, la monnaie européenne n’a pas encore remplacé le dollar comme monnaie de référence. Plutôt que de s’intéresser aux ingérences russe et chinoise, elle ferait mieux de s’attaquer à l’enquête américaine qui menace Airbus. Elle se montre toujours aussi incapable de faire pièce à l’extraterritorialité du droit américain. En Allemagne, Angela Merkel est poussée vers la sortie par AKK. Les populistes ont le vent en poupe à six mois du scrutin au parlement européen même si nous apprenons que BHL se lance dans un « one man show » pour terrasser le populisme (le Danemark lance un plan controversé contre ses « ghettos »). Il aura fort à faire en raison… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 210

LA DERNIÈRE GAFFE DE NATHALIE LOISEAU – Ali Baba. Décidément, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la machine gouvernementale jupitérienne. Les improvisations succèdent aux âneries. Les couacs succèdent aux bourdes. La dernière en date – elle ne sera malheureusement pas la dernière d’ici la fin de l’année 2018 -intervient à propos d’une affaire concernant la Syrie. Elle nous vaut une passe d’armes entre deux membres (femmes) du gouvernement. Ceci en dit long sur le fonctionnement du système vertical macronien sans parler du cirque médiatique qui fait appel à de tels marchands de nouvelles1.

L’ANNONCE FAITE PAR ONCLE DONALD

Les djihadistes de l’EIIL ayant été défaits, les forces américaines présentes en Syrie seront retirées le plus rapidement possible de ce pays (entre 60 et 100 jours), a-t-on appris le 19 décembre 2018 du côté de la Maison Blanche. Selon des sources dignes de foi, le secrétaire d’État à la Défense et d’autres hauts responsables militaires n’ont pu dissuader le président américain de procéder à un retrait total qu’ils jugent prématuré et contre-productif. Dans la foulée, James Mattis annonce sa démission qui deviendra effective en février 2019. Une telle décision revient à abandonner les Kurdes, alliés de la coalition au bon vouloir de la Turquie2. Il n’est nul besoin de préciser que cette annonce s’est faite sans la moindre concertation préalable ni avec les membres de la coalition internationale, ni avec les idiots utiles de l’OTAN, au premier rang desquels se place la… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 209

BOYCOTTONS FORD, STARBUCKS CORPORATION ET SES CAFES DE M… – La rédaction de prochetmoyen-orient.ch. La direction américaine de Ford a donc annoncé, jeudi dernier au Comité d’entreprise de l’usine de Blanquefort (Gironde) qu’elle refusait la proposition du groupe belge Punch Powerglide pour la reprise du site. Et voilà que Bruno Le Maire, faisant semblant de tomber de l’armoire, surjoue sa drôle de colère : « je veux dénoncer la lâcheté de Ford à qui je demande à parler depuis trois jours et qui n’a même pas eu le courage de prendre le ministre de l’Économie et des Finances au téléphone ». Dans la mondialisation actuelle, on peut mesurer ainsi ce que pèse aujourd’hui un ministre de la République face à des sociétés transnationales toutes puissantes. Et le même ajoute : « je veux dénoncer le mensonge de Ford qui dit que l’offre de reprise n’est pas crédible alors que nous y travaillons depuis des mois ». Le plus scandaleux est que Ford a touché quelques cinquante millions d’euros de fonds public. L’usage de cet argent public est-il lié à une quelconque convention d’usage permettant aujourd’hui quelque action judiciaire ? A voir… Dans son communiqué de jeudi, le comité d’entreprise de Ford Aquitaine Industries (FAI) indique qu’outre le rejet de l’offre de Punch Powerglide, l’entreprise a « présenté un plan social complet » qui prévoit l’arrêt total de la production du site de Blanquefort à la fin du mois d’août 2019. Afin d’appeler Ford solennellement à réviser sa décision et à accepter la reprise de Punch… Continuer la lecture