Observatoire Géostratégique

numéro 252 / 14 octobre 2019

COP-23 : LA GRANDE ILLUSION !

« La répétition est la plus forte des figures de rhétorique » comme le souligne Napoléon Bonaparte. Il en va de même pour ces grand-messes internationales qui reviennent à échéance régulière et dont il n’y a rien, si ce n’est peu de chose de concret et de tangible, à attendre. Tel est le cas des conférences des États parties à l’accord sur le climat, sorte de barnum plus connu sous leur acronyme de « COP ». Tout le monde garde à l’esprit le succès éclatant de la COP21 conclue le 12 décembre 2015 par un accord dont le grand ordonnateur fut et restera devant l’Éternel, Son altesse sénilisme (surnom moqueur donné à Gérard Collomb) Laurent Fabius qui espérait en être récompensé par un prix Nobel de la paix. Il garde en trophée de cette épopée le petit marteau vert avec lequel il a enregistré l’accord unanime de tous les participants à la conférence du Bourget.

Même le grand Talleyrand n’aurait pu parvenir à un tel chef d’œuvre de diplomatie multilatérale ! Mais depuis les choses ont peu évolué et surtout pas dans le bon sens. Tel est le constat que les observateurs avertis peuvent dresser à l’occasion de la COP23 dont les travaux ont débuté le 6 novembre 2017 à Bonn sous présidence fidjienne et se sont conclus le 17 novembre 2017 (dans la nuit du 17 au 18) sur un constat d’échec. La France s’octroie un rôle à part, ad vitam aeternam, dans cet exercice de haute diplomatie climatico-médiatique.

DE LA COP21 À LA COP23 : DE CHARYBDE EN SCYLLA

Le Bourget (COP21): le don du ciel

Souvenons-nous des embrassades sur le podium de la conférence de Paris après l’accord conclu à l’arraché par le président de la COP21, Laurent Fabius le 12 décembre 2015 à l’issue d’une folle nuit ! Nous avions, en son temps, narré les grands moments de cette épopée diplomatico-lyrique que le monde entier nous enviait1. Comment être parvenu à réconcilier l’irréconciliable pour le plus grand bien de la planète et des générations futures ? L’accord a pour objectif de parvenir à limiter collectivement la hausse de la température globale de la planète à 2 degrés d’ici à la fin du siècle. Les États les plus riches s’engagent à financer un Fonds vert pour le climat destiné à aider les pays en développement (sa création a été décidée à Copenhague) d’un montant de 100 milliards de dollars. Mais pour arracher l’accord de tous, y compris de l’administration américaine de Barack Obama, il aura fallu concéder sur certains points. Si un consensus se dégage sur les enjeux, les Etats divergent sur les moyens d’y parvenir, les stratégies d’adaptation et les mécanismes de révision de l’accord. De plus, l’accord ne comporte aucun mécanisme de vérification et de sanction, si ce n’est une forme de dénonciation morale (« naming and shaming »). Mais entre l’énoncé des principes et leur mise en œuvre pratique, il existe un fossé important. La conférence suivante a permis d’en faire l’amer constat.

Marrakech (COP22) : le caprice de la terre

Même si les ratifications de l’accord de Paris vont bon train2, comme cela était largement prévisible les choses se compliquent lors de la COP22 qui se tient à Marrakech3 tant l’accord de Paris est fondée sur la théorie de l’ambiguïté constructive. C’est celle de l’auberge espagnole. Chacun l’interprète comme bon lui semble. Que comprend-on de la lecture de la déclaration finale adoptée dans la nuit du 18 novembre 2016 ? En définitive, le bilan de la COP22 est maigre, pour ne pas dire décevant. Il se borne à la fixation d’un ordre du jour précisant le calendrier de mise en œuvre de l’accord de Paris. L’accord a minima porte sur la finalisation des discussions en novembre 2018 lors de la COP24 qui se tiendra en Pologne. La COP23 de 2017, réunion d’étape, sera présidée par Fidji mais se tiendra à Bonn en Allemagne compte tenu des capacités financières réduites de ce petit État du Pacifique.

En un mot, le seul point d’accord – technique au demeurant – concerne le premier des cinq défis : calendrier des négociations, contributions nationales, coalitions d’action, besoins de financement et mesures d’adaptation. S’entendre sur le lieu de la prochaine rencontre et sur les grandes têtes de chapitre de son ordre du jour, étant entendu que les désaccords sur la substance n’ont pas été réduits mais simplement enregistrés. La COP22 n’est en définitive qu’une conférence d’étape destinée à préparer la suivante, celle de Bonn. En un mot, les conférences d’étape se suivent et se ressemblent.

LA COP23 : LE GRAND DÉSENCHANTEMENT

Le contexte général : un climat défavorable

La conférence des Etats parties de Bonn se présente sous les plus mauvais auspices4. Outre le retrait de l’accord de Paris, les Américains pratiquent la surenchère sur les énergies fossiles polluantes comme le charbon, mettant en porte-à-faux, les autres États5. Par la voix de son secrétaire général, l’ONU alerte sur les efforts très insuffisants des pays pour contenir le réchauffement climatique dans le cadre des 2° C, estimant qu’à ce jour la bataille est presque perdue. Nous sommes désormais sur une pente de 3° C6. Les experts relèvent une concentration record de CO2 dans l’atmosphère en 2016. En effet, après un plateau de trois ans, les émissions mondiales de CO2 repartent à la hausse.

Cette reprise, après trois années de stagnation, est principalement due à la croissance économique de la Chine, premier pollueur mondial7. New Delhi vit dans le brouillard permanent8. Le climatologue Jean Jouzel estime qu’il sera difficile, « en l’absence des États-Unis de demander aux autres pays de rehausser leur ambition »9. Le prochain rapport du GIEC prévu pour l’automne 2018 devrait confirmer ces tendances négatives qui sont en contradiction avec les généreuses intentions affichées lors de la COP21. L’année 2016 aura été l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Mais, déjà, 15 000 scientifiques poussent un cri d’alarme sur l’état catastrophique de la planète10. Seule note positive, la Syrie rallie l’accord sur le climat. Le pays sera ainsi le 197ème et dernier État à rejoindre l’accord – ratifié par 169 États- qui est entré en vigueur moins d’un an après son adoption à Paris fin 2015. Si l’accord a été porté, signé puis ratifié par l’administration Obama, il a finalement été dénoncé par le président Donald Trump, élu fin 2016.

Rappelons que sous la pression du lobby automobile (fortement représenté par celui de l’Allemagne), la commission européenne a cédé sur la question du pourcentage des émissions de CO2 imposées d’ici 203011. Sous les coups de boutoir du ministre allemand des Affaires étrangères (Sigmar Gabriel) et son homologue de l’automobile (Matthias Wismann), le président de la Commission, Jean-Claude Juncker jette l’éponge à la veille de la COP2312. Drôle de manière de nous convaincre de l’utilité de l’Union européenne dans la défense de l’environnement, en général et de l’impartialité de la commission européenne dans la défense de l’intérêt général, ce qui est théoriquement censé être son rôle. Elle est manifestement l’otage des groupes de pression qui ont pignon sur rue à Bruxelles.

La France et l’Allemagne tentent de présenter un front commun, du moins en apparence13. A Bonn, Angela Merkel (qui n’a toujours pas formé son gouvernement en raison des différents avec les Verts sur le sort des énergies fossiles en RFA14) et Emmanuel Macron (qui renonce en partie à ses ambitions sur le nucléaire au grand dam de son ministre, Nicolas Hulot)15 réaffirment leurs ambitions climatiques. Ils affirment, main dans la main, leur volonté de lutter contre le réchauffement climatique mais sans prendre le moindre engagement nouveau16.

Le président français (dans un discours exceptionnellement bref), qui ne veut pas être celui du renoncement climatique et qui déclare que « la France sera au rendez-vous » ( ?) souhaite que l’Europe (à laquelle il assigne des objectifs ambitieux pour l’avenir) se substitue aux Américains (en matière financière, on l’aura compris mais avec l’argent que nous n’avons pas, cela va sans dire mais cela va mieux en le disant)17. Nous vivons toujours au-dessus de nos moyens.

Le résultat final : un festival des formules creuses

Il est à la hauteur de ce que l’on pouvait raisonnablement attendre compte tenu du contexte défavorable du moment évoqué ci-dessus. Paroles, paroles… le dernier recours de la diplomatie lorsqu’elle a tout épuisé ses ressources traditionnelles. Antonio Guterres déclare : « Nous devons cesser de parler sur un futur insoutenable mettant en danger nos économies et nos sociétés ». Propos viril mais sans grand effet concret sur les principaux pollueurs de la planète. La conférence de Bonn se contente d’enregistrer le dissentiment entre les États parties. Ni l’appel des États insulaires (Fidji assure la présidence de la COP23) au pape François18, ni les incantations de la société civile (fortement représentée) n’y changeront rien.

Bien évidemment, la question des énergies fossiles crée une ligne de fracture entre ceux qui sont pour (« Like Minded Developing Countries » ou LMDC au premier rang desquels figure la Chine) et ceux qui sont contre (« Alliance pour la sortie du charbon » dont la France qui s’engagent à éliminer leurs centrales au charbon selon des calendriers distincts)19. Les experts les plus objectifs – si tant est qu’il en existe vraiment – estiment que le charbon est la pire plaie climatique.

L’expression « timides avancées dans les conclusions » de la COP23 est le type même de la litote diplomatique destinée à masquer un échec20. Une fois de plus, on renvoie à la prochaine conférence le soin de mettre en pratique les principes généraux et généreux sur lesquels on s’est accordé. Qu’a-t-on décidé en définitive à Bonn sous présidence fidjienne ? L’accord s’est fait sur la tenue d’un cycle d’« an de dialogue » (qui a désormais pour nom « Le dialogue de Talanoa ») afin de pouvoir dresser fin 2018, un bilan collectif des émissions des gaz à effet de serre des 196 pays (y compris la Syrie).

L’objectif est de permettre d’évaluer le chemin qu’il reste à parcourir si le monde veut rester au niveau d’un réchauffement de 2° C d’ici la fin du siècle comme le prévoit l’accord de Paris de 2015. Pour sa part, l’ancienne chef négociatrice de la France, Laurence Tubiana, a vu durant cette COP « les coalitions se structurer de plus en plus ». Un mode de gouvernance dont l’accord de Paris a posé les principes, insiste l’actuelle directrice générale de l’ « European Climate Foundation » qui n’a pu se recaser ailleurs, en particulier à l’ONU. On peut difficilement renier son bébé. In fine, c’est le chat qui se mord chaque année la queue. Avec le processus des COP, c’est arrivé demain. On fera mieux la prochaine fois.

LES COP : LA DESTINÉE (CLIMATIQUE) MANIFESTE DE LA FRANCE

Contre vents et marées, si nous pouvons nous permettre cette comparaison de mauvais goût sur le sujet, il semble que la France se soit auto-investie d’une sorte de destinée climatique manifeste à juger de la position de Laurent Fabius et d’Emmanuel Macron qui n’a pas empêché la France d’être désignée « fossile du jour » en début de conférence.

La France « fossile du jour » : le coup de pied de l’âne

La France a reçu le « fossile du jour », un prix ironique remis chaque jour de la COP par le « Climate Action Network » à un pays membre de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui se distingue par son incapacité à tenir ses engagements. Ce prix vient récompenser les renoncements successifs du gouvernement d’Emmanuel Macron – dernier en date sur le nucléaire. La candidature de la France à ce prix de l’humour fait suite aux déclarations de Nicolas Hulot, expliquant que les objectifs de réductions de la part du nucléaire dans le mix énergétique français ne pourraient être tenus dans les temps initialement prévus. Souvenons-nous, en effet, des promesses d’Emmanuel Macron, réitérées par Nicolas Hulot lors de la présentation de son plan climat !

Le camouflet est réel, pour un président de la République qui cherche à incarner l’inverse de Donald Trump : un dirigeant convaincu de la nécessité d’agir sur le front de la lutte contre les dérèglements climatiques, qui interpelait directement le président des États-Unis après qu’il ait annoncé son retrait de l’Accord de Paris. « Make the Planet Great Again », lançait alors Emmanuel Macron, invitant les climatologues du monde entier à venir s’installer à Paris pour pouvoir mener leurs travaux sereinement et faire de la France un moteur de l’action pour le climat. Ce prix représente bien entendu également un revers pour le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, – qui a perdu trop d’arbitrages au cours des derniers mois, malgré un volontarisme évident te des déclarations inédites, sur la sortie des fossiles comme du nucléaire, sur lesquelles il est depuis systématiquement revenu21.

Le retour de Gaffius à Bonn : l’homme providentiel

Alors qu’on le pensait entièrement accaparé par ses fonctions de président du Conseil constitutionnel, nous assistons au retour de Laurent Fabius sur le devant de la scène médiatico-climatique. L’homme est particulièrement courroucé par ce qu’il est advenu de son opus magnum diplomatique22.

Avant de se rendre à la COP23, il déclare depuis son bureau du Conseil constitutionnel : « Je vais porter un message très clair : sur la question du réchauffement climatique, il y a aujourd’hui alerte rouge. Il faut mobiliser davantage et plus rapidement »23. Il se déplace personnellement à Bonn pour tancer ses incapables de successeurs. Nous apprenons que Laurent Gaffius reprend du service. Il est en charge de la rédaction d’un « pacte mondial sur l’environnement », pas moins. En effet, Laurent Fabius vient d’être nommé «  haut référent pour la gouvernance environnementale  » de l’ONU24. Ce qui ne va pas sans poser de sérieux problèmes de droit et de déontologie25.

Un titre «  honorifique et bénévole  », a précisé Laurent Fabius, expliquant qu’il allait notamment se consacrer à promouvoir l’adoption du pacte mondial pour l’environnement. Ce pacte, soutenu par la France, est un projet de traité qui rassemblerait les textes sur l’environnement pour renforcer le droit international en la matière26.

Laurent Fabius nous explique que « c‘est une initiative complémentaire, plus large que la question du réchauffement. Il s’agit d’un traité international sur les droits et devoirs que les Etats signataires devraient respecter en matière environnementale. De ce pacte découleraient par exemple la reconnaissance du principe pollueur-payeur ou encore le droit des citoyens à demander des comptes aux Etats concernant le respect de l’environnement. Plusieurs dizaines de pays y travaillent. Le président Macron a fixé comme objectif une adoption en 2020. Ce serait un progrès majeur ». On ne parvient pas à mettre en œuvre l’accord de Paris mais on rédige un autre texte encore plus ambitieux. Dans quel monde vit-on ? Où va se nicher l’orgueil de ce personnage qui figure parmi les plus mauvais ministres des Affaires étrangères que le Quai d’Orsay ait connu au cours des dernières décennies ?

La conférence de Paris de Jupiter : l’argent des autres

À l’invitation du président de la République, cent pays ont été conviés à Paris pour le sommet du Climat (« One Planet Summit » en bon français comme d’habitude avec Emmanuel Macron), à l’exception notable de Donald Trump27. Cette réunion est destinée à traiter de la question cruciale des financements privés et publics indispensables pour lutter contre le changement climatique surtout après que les États-Unis aient cessé de financer le fonds de 100 milliards décidé lors de la COP21.

Ce sommet se tiendra à la date du deuxième anniversaire de l’accord conclu à Paris. Rappelons que la France est assez mal placée pour donner des leçons de morale sur le sujet du financement alors qu’elle est mauvais élève dans ce domaine. Certains experts financiers notent que, si la France devait réellement tenir ses engagements (ce qu’elle ne fait pas), elle (plus gros emprunteur de l’Union européenne) devrait emprunter sur les marchés financiers28. Chose qui parait contradictoire avec l’engagement de Jupiter de réduire le déficit budgétaire de la France tel que promis à la commission européenne.

Le sommet du 12 décembre 2017, organisé par Emmanuel Macron comme réponse au retrait de Donald Trump de l’accord de Paris, autour des questions de financement de l’opération de lutte contre le réchauffement climatique, s’annonce sous les plus mauvais auspices. Il pourrait s’apparenter, comme certains le relèvent déjà, plus que jamais, à une gigantesque machine à laver – à laver plus vert que vert. À repeindre le nucléaire de vert, tout en ne froissant pas les acteurs majeurs de l’industrie fossile. Face à cela, une seule revendication s’impose : Pas un euro de plus pour les énergies du passé. C’est le sens des mobilisations que préparent la société civile, en marge de ce sommet dont la problématique aurait dû être traitée à Bonn à l’occasion de la COP23. Encore, un cavalier seul de notre Jupiter qui vante urbi et orbi les vertus du multilatéralisme. Ce sommet aurait dû normalement être organisé par l’ONU.

Paris espère à cette occasion « construire des coalitions pour arriver à ce sommet avec des résultats concrets », notamment en créant des dynamiques avec les villes, les fonds d’investissement ou encore les banques de développement.  Ce que les États ne peuvent ou ne veulent pas faire, on attend que d’autres le fassent à leur place. C’est la fin du régalien auquel notre président est tant attaché. Avec lui, on oscille entre miracle et mirage29.

Pour être complet sur le sujet, le volatil nous apprend que le financement de cette sauterie parisienne, qui se déroulera à La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, propriété du conseil départemental des Hauts-de-Seine, – que la France ne peut assumer, faute de moyens financiers – reviendra à Bloomberg et la scénographie à la société new-yorkaise Richard Attias & Associates. Ce dernier n’est autre que le mari de l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, Cécilia30. Que le monde parisien est petit ! Encore, un renvoi d’ascenseur… C’est ce que l’on qualifie de société de connivence à la Française.

L’histoire du changement climatique ne serait-elle qu’un éternel recommencement ? On serait tenté de le croire. La COP24 se tiendra à la fin de l’année 2018 à Katowice (haut lieu des mines de charbon en Silésie) en Pologne pour « faire le bilan des émissions de CO2 »31. Suivant la même rengaine, elle nous est aujourd’hui présentée – les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent -, comme décisive (quelle conférence internationale n’est-elle pas décisive ?) pour définir les modalités concrètes de mise en œuvre de l’accord de Paris de 2015 qui est censé s’appliquer à partir de 2020 pour contenir le réchauffement de la planète sous la barre des 2° C à la fin du siècle.

 
Si cet article vous a plu, aidez-nous et faites un don de 5 euros !





Il ne sert à rien d’utiliser des artifices de joueur de bonneteau pour masquer la réalité. « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible », nous rappelle justement Antoine de Saint-Exupéry. Au rythme où vont les choses, le pari des 2°C c’est loin d’être gagné. Nous sommes dans une sorte de parodie de l’indignation à l’instar des cris d’orfraie poussés lors de la publication des « Paradise Papers » sur le fonctionnement et les clients des paradis fiscaux32. Tout le monde savait mais personne n’osait le dire. En définitive, la COP23 n’aura été qu’une pâle copie (« remake ») du célèbre film de Jean Renoir La Grande illusion.

Guillaume Berlat
27 novembre 2017

1 Guillaume Berlat, COP21 : les détails du diable…, www.prochetmoyen-orient.ch , 21 décembre 2015.
2 Guillaume Berlat, En route vers la COP22 : Marrakech ou le pari de Paris, www.prochetmoyen-orient.ch , 2 mai 2016.
3 Jean Daspry, COP22 de Marrakech : la montagne accouche d’une souris, www.prochetmoyen-orient.ch , 28 novembre 2016.
4 Éditorial, Environnement : le cri d’alarme, Le Monde, 15 novembre 2017, p. 25.
5 Marc Cherki, COP23 : les États face à l’opposition de Donald Trump, Le Figaro, 16 novembre 2017, p. 19.
6 J.-L. P., Allez, 3° C de plus, et basta !, Le Canard enchaîné, 8 novembre 2017, p. 1.
7 La lutte contre le réchauffement climatique est-elle en bonne voie ?, Paris Match, 16-22 novembre 2017, p. 50.
8 À New Delhi, la vie à l’ombre de la population, La Croix, 13 novembre 2017, p. 11.
9 Pierre Le Hir, Climat : la bataille des 2° C est presque perdue, Le Monde, 1er-2 novembre 2017, p. 6.
10 Le cri d’alarme de 15 000 scientifiques pour sauver la planète : « Il sera bientôt trop tard… », Le Monde, 14 novembre 2017, pp. 1, 6 et 9.
11 Cécile Ducourtieux/Stéphane Mandard, Bruxelles cède au lobby automobile, Le Monde Économie & Entreprise, 10 novembre 2017, p. 3.
12 Lobbys à la pelle, Le Canard enchaîné, 15 novembre 2017, p. 1.
13 Simon Roger, Climat : Merkel et Macron en chefs de file, Le Monde, 17 novembre 2017, p. 5.
14 Richard Heuzé, La coalition de Merkel piégée par le climat, Le Figaro, 7 novembre 2017, p. 8.
15 Le chef de l’État à la COP23 pour défendre l’écologie. Emmanuel Macron, le cap vert, CNews Matin 15 novembre 2017, pp. 1 et 3.
16 Nicolas Barotte, COP23 : les promesses de Macron et Merkel, Le Figaro, 16 novembre 2017, p. 13.
17 Discours du président de la République, Emmanuel Macron lors de la COP23, Bonn, www.elysee.fr , 17 novembre 2017.
18 Climat. Les dirigeants du Pacifique en appellent au pape François, La Croix, 13 novembre 2017, p. 21.
19 Simon Roger, Les énergies fossiles ont pollué la COP23, Le Monde, 19-20 novembre 2017, p. 7.
20 Simon Roger, Climat : de timides avancées en conclusion de la COP23, www.lemonde.fr , 18 novembre 2017.
21 Nicolas Haeringer, La France fossile du jour à Bonn, Le Blog de Nicolas Haeringer, www.mediapart.fr , 8 novembre 2017.
22 Jean Daspry, Laurent Fabius ne décroche pas le prix Nobel de la paix, www.prochetmoyen-orient.ch , 24 octobre 2016.
23 Émilie Torgemen, Climat : « Ce n’est pas fichu, mais …», s’inquiète Laurent Fabius, www.lexpress.fr , 14 novembre 2017.
24 Roseline Letteron, Les cumuls de Laurent Fabius, www.libertescheries.blogspot.fr , 19 novembre 2017.
25 Bernard Quiriny, Laurent Fabius : une casquette de trop, www.LePoint.fr , 20 novembre 2017.
26 Climat : Laurent Fabius appelle à agir « immédiatement », www.lepoint.fr , 14 novembre 2017.
27 Simon Roger, Climat : le pari risqué de l’Élysée, Le Monde, 8 novembre 2017, p. 17.
28 La France en dette, Le Canard enchaîné, 22 septembre 2017, p. 1.
29 Pierre-André Taguieff, Macron : miracle ou mirage ?, éditions de l’Observatoire, 2017.
30 Macron à tu et Attias, Le Canard enchaîné, 15 novembre 2017, p. 1.
31 Vite dit, Le Canard enchaîné, 22 novembre 2017, p. 8.
32 Martine Orange, Paradise Papers : la parodie de l’indignation, www.mediapart.fr, 8 novembre 2017.

Print Friendly, PDF & Email