Observatoire Géostratégique

numéro 252 / 14 octobre 2019

COUP DE CHAPEAU A BERNARD SQUARCINI – Richard Labévière.

Même Le Monde (c’est dire !) a dû rendre un hommage indirect à Bernard Squarcini, qui depuis longtemps estime que la Préfecture de police de Paris (PP) ne peut être un Etat dans l’Etat, sinon un service sanctuarisé, exonéré des règles de fonctionnement des autres services de sécurité. Depuis longtemps, il préconise de rattacher le « bloc anti-terroriste » de la PP à la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Dans deux entretiens – à C-News et Valeurs actuelles -, l’ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) explique que « la menace a changé et qu’elle se transforme, la pénétration des services de sécurité étant un vieil objectif de Dae’ch ». Il met en garde : « il peut y avoir d’autres Harpon en France… ». Valeurs actuelles : Bernard Squarcini, ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) aujourd’hui à la tête du cabinet d’intelligence stratégique Kyrnos, explique comment les services de renseignement luttent contre la radicalisation dans leurs rangs. Après l’attaque terroriste d’un agent radicalisé du service de renseignement de la Préfecture de police de Paris contre des policiers, les enquêteurs cherchent à comprendre les causes des dysfonctionnements ayant permis le carnage. Alors que la direction du renseignement de la Préfecture de police de Paris ne dispose pas d’un service de sécurité, l’ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, nous explique l’intérêt de la mission et du rôle du service de sécurité de son ancien service.

Valeurs actuelles : Sans trahir de secret, comment fonctionne le service de sécurité de la DGSI ? Comment est conduite la lutte contre les compromissions et l’islam radical dans un service de renseignement ?

Bernard Squarcini : La mission de sécurité à la DGSI est une structure importante, car elle dirigée par une personne située au même niveau hiérarchique que d’autres directeurs comme ceux en charge du terrorisme ou du contre-espionnage. Elle permet aux autres structures opérationnelles d’œuvrer en toute sécurité. Le service est en effet un service de sécurité et de renseignement, et tout service chargé de lutter contre l’espionnage doit prévenir les infiltrations… ». La suite est disponible sur le site de l’hebdomadaire.

 

QUAND LE MONDE OSE FAIRE LA LECON A MARIANNE ! Richard Labévière.

Article hallucinant dans l’édition du Monde du 11 octobre dernier titrant sur le « virage souverainiste de Polony ». Sous-titre : « la directrice du journal depuis un an assume les couvertures anti-macron, anti-élites et pro-gilets-jaunes ». Signé d’une illustre inconnue qui vient des Echos – Sandrine Cassini – et se présente comme une « spécialiste » des médias bien-sûr, cet article est, en fait, un billet d’humeur à charge contre la nouvelle patronne de Marianne

L’introduction donne le ton :

« le 13 septembre, l’hebdomadaire Marianne met en « une » trois photos. Le premier cliché, daté de 1989, montre une jeune fille voilée et fait référence à l’affaire de Creil, lorsque trois collégiennes refusèrent de retirer leur voile et furent exclues de leur établissement. Sur le deuxième cliché, une femme vêtue d’un voile intégral est censée symboliser la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. Sur le troisième, en 2019, figure une baigneuse en burkini. Pour Marianne, pas de doute, en trente ans, ‘la République a capitulé’, dit le titre », conclut la chroniqueuse du Monde.

Cette introduction est d’autant plus absurde qu’elle a été rédigée plus d’une semaine après l’attentat meurtrier survenu à la Préfecture de police de Paris ; des faits qui donnent mille fois raison au constat de Marianne. Oui, depuis des années la République a bien capitulé devant un islamisme politique financé par l’Arabie saoudite et d’autres monarchies du Golfe. Cette évidence a peut-être échappée à notre « spécialiste » des médias du Monde, mais elle s’impose comme une incompressible réalité : les idéologies wahhabites et  des Frères musulmans ont infiltré les appareils d’Etat, même les plus sensibles ! 

Il y a quelques semaines, notre ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer était interrogé sur les dizaines de madrassas (écoles coraniques) clandestines qui fonctionnent en France au vu et au su des pouvoirs publics, professant le racisme, la haine et la violence envers les « infidèles ». Alors qu’on lui demande s’il n’est pas urgent de fermer de tels établissements qui violent toutes les lois de la République, le ministre de l’Education ose répondre qu’il ne dispose pas des outils juridiques pour le faire !!! Il faut l’entendre pour le croire ! Alors oui, Madame Cassini, il semblerait que sur ce sujet, entre autres, Natacha Polony et sa rédaction aient amplement raison contre vos certitudes « politiquement correctes », fausses, archi-fausses opposant votre morale des beaux quartiers aux réalités de la Porte de la Chapelle, de la rue Pajol et à celle en vigueur au-delà du périphérique. Chère Madame, vous arrive-t-il de sortir de Paris-surface, au-delà du périphérique justement ? Un jour peut-être, vous oserez vous lancer dans l’aventure de ce « grand reportage » qui vous apprendra bien des choses…

Quant à savoir si Marianne a le droit de critiquer Emmanuel Macron et d’essayer de comprendre la complexité du mouvement social des Gilets-Jaunes, espérons que les chiens de garde – tels que vous Madame Cassini – n’aient pas encore le pouvoir de restreindre les libertés républicaines de penser, de parler, d’écrire, d’imprimer et de manifester… Les « couvertures anti-Macron, anti-élites et pro-Gilets-Jaunes » ne sont pas encore des délits dans notre pays ? N’est-ce pas madame Cassini !   

Toute la suite du papier relève de la même bouillie mixant bobologie germanopratine et règlements de compte- touchant le repreneur de l’hebdomadaire Daniel Kretinsky, par ailleurs actionnaire du Monde ! La dernière édition de Marianne nous livre une enquête éclairante (c’est le cas de le dire) et sidérante sur EDF, signée par Jean-Michel Quatrepoint. Ce papier et ceux qui l’accompagnent sur le même sujet comportent nombre de révélations inédites et d’analyses qu’on ne lira jamais dans Le Monde désormais aux ordres de la bien-pensance globale ! 

Alors Le Monde qui juge Marianne ? Mais soyons sérieux : qui juge qui ? Depuis le livre de Pierre Péan et de Philippe Cohen sur la fin du Monde (La face cachée du Monde – Du contre-pouvoir aux abus de pouvoir. Editions Mille et une Nuits, février 2003), on sait quoi penser d’une rédaction reprise en main par le triumvirat de l’imposture – Colombani, Minc, Plenel -, ayant mis l’ancien prestigieux quotidien au service (à l’époque) de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur… Madame Sandrine Cassini connaît-elle seulement l’histoire du journal pour lequel elle prétend écrire désormais ? 

Enfin, une remarque de forme – mais qui reste pourtant essentielle – même si elle a été oubliée depuis longtemps par les « nouveaux » journalistes : plutôt que d’écrire « Polony », on peut écrite « Natacha Polony », c’est mieux, plus joli et plus poli. Dans le sillage du livre de Pierre Péan et de Philippe Cohen, il reste beaucoup à écrire sur le virage « néo-libéral », « mondialiste » et « moral/politiquement correct » du Monde ! Depuis le milieu des années 1990, l’auteur de ces lignes et de nombreux amis et amies boycottent méthodiquement Le Monde. Aujourd’hui, l’ancien quotidien d’Hubert Beuve-Méry n’est plus que l’ombre de lui-même, devenu une « marque » sans contenu autre que celui de la morale du moment qui n’a même pas l’excuse d’être un tant soit peu kantienne !  

 

LUIS LEMA DU TEMPS DE LAUSANNE DONNE SA VERITE SUR L’ATTAQUE DU NORD DE LA SYRIE – Richard Labévière.

Notre ami Majed Nehmé – directeur du mensuel Afrique-Asie nous alerte : l’expert en bobologie du Temps (le quotidien de Lausanne) nous dit : « en envahissant une partie de la Syrie, la Turquie cherche à transformer durablement cette région. Avec l’accord – au moins tacite – de la Russie et de Damas… ». Et la conclusion prolonge la même propagande dont nous abreuve la presse parisienne depuis mars 2011 : « Européens et Américains ont refusé de jouer les cartes qu’ils avaient en main pour mettre un terme aux crimes du régime syrien de Bachar el-Assad ou pour influer sur un règlement entre la Turquie et sa guérilla kurde du PKK ». Toujours cette même bouillie moralisante dégurgitée en contradiction avec les lignes de force d’une géopolitique qu’il s’agirait de rappeler et d’interroger : les Etats-Unis et leurs alliés européens, des pays du Golfe et d’Israël ont voulu faire de la Syrie ce qu’ils ont fait de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Libye : une casse des Etats-Nations pour re-tribaliser ces pays qui n’existent plus.

A contrario, la Russie et ses alliés Iraniens et du Hezbollah libanais, se sont engagés à défendre la souveraineté et l’indépendance nationale de la République arabe syrienne (conformément à la Charte des Nations unies), considérant que de la stabilité de cet Etat-pivot dépendait aussi celle de toute la sous-région. Désormais, l’option russe s’impose (heureusement !) et il faut être parfaitement idiot pour le regretter. On ne peut pas, d’un côté, déplorer l’augmentation exponentielle du nombre des migrants et – de l’autre et dans le même temps – promouvoir, se féliciter de soutenir, sinon d’engager de nouvelles guerres qui fabriquent ces mêmes migrants et réfugiés ! A l’évidence, le sieur Luis Léma fait pleinement partie de ces « idiots utiles » qui cautionnent la casse des Etats-nations, dont une re-tribalisation de la Syrie nécessaire à l’instauration de l’ordre américano-israélien aux Proche et Moyen-Orient.

Comme elle le fait depuis longtemps à l’encontre du Monde et de Libération, la rédaction de prochetmoyen-orient.ch observe, recommande et soutient une campagne de boycott à l’encontre du Temps, parce qu’on ne peut pas prendre tout le temps et en toutes occasions les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages…

 

ISRAËL : PETITION D’OFFICIERS DE RESERVE POUR LES KURDES – Israël-Télévision/AFP, 10 octobre.

Des dizaines d’officiers des forces de défense israéliennes ont signé jeudi une pétition appelant l’État à fournir une assistance humanitaire aux combattants kurdes du nord de la Syrie attaqués par la Turquie. La pétition est une initiative du militant social et politique Yaïr "Yaya" Fink. "En tant que Juifs et Israéliens, nous ne pouvons pas rester à côté d’un autre peuple abandonné par ses alliés et laissé sans défense," a-t-il déclaré. "Nous nous souvenons très bien de ce qui se passe lorsque les Nations du monde abandonnent le destin d’un peuple", a écrit M. Fink dans sa pétition en ligne. "Israël est un pays qui a les moyens d’aider le peuple kurde et le moment est venu pour le faire", a-t-il estimé. La pétition de Fink exhorte Israël à fournir de la nourriture, des vêtements, des médicaments, des renseignements et une assistance militaire aux combattants kurdes. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a condamné "vigoureusement" jeudi "l’invasion" des forces turques dans le nord-est de la Syrie et a mis en garde contre un potentiel "nettoyage ethnique" des Kurdes dans ce secteur.

 

PETROLIER IRANIEN ATTAQUE EN MER ROUGE AU LARGE DES CÔTES SAOUDIENNES – Agences, 11 octobre.

Une explosion à bord d’un tanker iranien au large du port saoudien de Djeddah a provoqué une fuite de pétrole en mer Rouge, rapporte vendredi l’agence Isna. L’Iran évoque "deux explosions" causées par "des frappes de missiles". L’information a été révélée par l’agence de presse iranienne Isna et la télévision nationale. Une explosion a mis le feu à un pétrolier qui appartient à la Compagnie pétrolière nationale iranienne (NIOC), à environ 100 kilomètres du port saoudien de Djeddahdes, vendredi 11 octobre. L’incident a ensuite provoqué une fuite de pétrole dans la mer Rouge, a précisé la télévision.

Tous les membres d’équipage sont en vie, a affirmé l’agence iranienne Nour. "Aucun des membres de l’équipage n’a été blessé lors de l’explosion. La situation est sous contrôle", a ajouté l’agence de presse, proche des Gardiens de la Révolution. "Il n’y a pas d’incendie à bord", a affirmé la compagnie étatique NIOC, démentant des informations auparavant diffusées par la télévision d’Etat iranienne selon lesquelles le pétrolier avait pris feu après une explosion. L’agence de presse nationale IRNA, citant la compagnie iranienne Iranian Tanker Co., a identifié le navire en détresse comme étant le Sabity. Ce dernier avait déjà allumé des dispositifs de repérage en août près de la ville portuaire iranienne de Bandar Abbas.

PISTE TERRORISTE EVOQUEE

De son côté, l’agence de presse semi-officielle ISNA a déclaré que les experts à bord chargés de l’enquête n’excluaient pas qu’il s’agissait d’un "attentat terroriste". Une enquête est en cours. Selon la NIOC, "deux explosions" ayant touché la coque du navire "ont probablement été causées par des frappes de missile". Contactée par Reuters, la cinquième flotte de la marine américaine, qui opère dans la région, assure ne dispoer d’aucune information complémentaire pour le moment.Cette explosion survient sur fond de bras de fer entre l’Iran d’un côté et l’Arabie saoudite et son allié américain de l’autre. En septembre, Riyad et Washington ont accusé Téhéran d’être derrière les attaques menées contre deux sites pétroliers importants, dans l’est de l’Arabie saoudite, revendiquées par les rebelles Houthis du Yémen. L’Iran avait démenti toute implication.

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

En bref :

a Marja’iyya a tenu le gouvernement responsable de « l’effusion de sang » lors des manifestations, marquées par des violences meurtrières, et a appelé le gouvernement et la justice à conduire une enquête transparente sur ces événements afin d’en révéler les auteurs publiquement. (Sabah d’hier, p.1-3)

Le Parlement a approuvé les nominations de Suha Khalil en tant que ministre de l’Education et de Jaafer Allawi en tant que ministre de la Santé. (Sabah d’hier, p.4).

Le PM Adel Abdel Mahdi s’est adressé, à nouveau, aux Irakiens mercredi 9 octobre pour décréter un deuil de trois jours (10 au 12) en s’engageant à mener des enquêtes transparentes pour demander des comptes à ceux qui n’avaient pas respecté les règles d’engagement. (Sabah du 10, p.1).

Politique intérieure :

Lors du prêche du vendredi, la Marja’iyya, par la voix de l’Ayatollah Sistani, a renouvelé sa condamnation de l’usage de violence à l’encontre des manifestants et des locaux des médias en réaffirmant sa solidarité avec leurs revendications légitimes. Elle a souligné que tout le monde devait prendre conscience de graves conséquences à la suite du cycle de violence et de contre violence dans les manifestations. La Marja’iyya a tenu le gouvernement responsable de « l’effusion du sang » lors des manifestations, marquées par des violences meurtrières. La Marja’iyya a appelé le gouvernement et la justice à conduire une enquête transparente sur ces événements et d’en révéler les auteurs publiquement. (Sabah d’hier, p.1-3)

Suite à la demande de la Marja’iyya, le PM a donné pour instruction de former une commission spéciale pour enquêter sur les auteurs des violences et les tireurs contre les manifestants. Cette commission, présidée par le ministre du Plan, est composée des représentants des ministères de la Justice, de la Santé, de la Défense et de l’Intérieur, du Parlement, du Haut conseil de la magistrature et de la commission nationale des droits de l’Homme. « Le bourreau ne peut pas être un enquêteur » a relayé un site de Moqtada al-Sadr. (Machrek, p. 1, 2)

Un éditorial dans Machrek (p. 3) affirme que la formation d’une commission spéciale pour enquêter sur les tireurs contre les manifestants n’est qu’un moyen pour faire oublier l’affaire. Aucune enquête n’a annoncé ses résultats sur ces différentes questions. Celle-ci ne sera pas une exception.

Le Président Barham Salih a reçu Faleh al-Fayyadh, conseiller à la sécurité nationale le 10 octobre. Il lui a demandé de suivre de près l’enquête ouverte sur les « tueurs des manifestants ». (Machrek du 12 octobre, p. 2)

« Le programme politique du PM Abdel Mahdi n’est que de l’encre sur du papier. Sur le terrain, rien n’a été réalisé » a affirmé Badr al-Ziyadi, député de Sa’iroune, de Moqtada al-Sadr. (Machrek, p. 2)

Le retour du réseau Internet a dévoilé des atrocités exercées contre les manifestants. Selon des experts, la coupure du réseau coûte à l’Irak de 40 à 50 millions de dollars par jour. (Alem, p. 1)

« 30 députés ont signé une pétition pour auditionner le PM Abdel Mahdi au Parlement sur la violence exercée contre les manifestants » a affirmé Jassim Khammat, député du parti « Hikma », dirigé par Ammar al-Hakim. (Machrek du 12 octobre, p. 2)

Le conseil des ministres a décidé de verser une indemnité de 10 millions ID (8300 USD) aux familles des victimes des manifestations. Le commandement central de Bagdad (BOC) appelle les citoyens à ne pas manifester pendant le pèlerinage de Karbala afin de ne pas détourner les efforts des forces de sécurité. (Sabah d’hier, p.4)

Le Parlement a approuvé les nominations de Suha Khalil en tant que ministre de l’Education et de Jaafer Allawi en tant que ministre de la Santé. (Sabah d’hier, p.4)

Le PM Adel Abdel Mahdi s’est adressé, à nouveau, aux Irakiens mercredi pour décréter un deuil de trois jours. Il s’est engagé à mener des enquêtes transparentes pour demander des comptes à ceux qui n’avaient pas respecté les règles d’engagement lors des manifestations. Le PM a décidé d’indemniser les familles des morts et des blessés et de remettre en liberté les manifestants pacifiques arrêtés. « Les adeptes du chaos ne réussiront pas. Nous nous unirons tous face aux défis si les « piliers de l’Etat » étaient mis en danger », ajout Abdel Mahdi. (Sabah du 10, p.1)

Abdel Mahdi a indiqué avoir soumis au Parlement une demande relative au remaniement ministériel. (Sabah, p.1)

A l’issu du vote du Parlement sur la suppression des postes d’inspecteur général au sein des Ministères, le Conseil supérieur de la Magistrature a chargé le procureur général d’assurer ces missions d’inspections auprès des instances de l’Etat. Des députés estiment que cette suppression s’explique par la multiplication des services d’inspections et le chevauchement de leurs compétences. (Sabah du 10, p.1)

Le SG du conseil des ministres a accordé de larges pouvoirs à la commission de suivi chargée de mettre en œuvre les revendications des manifestants. (Sabah al-Jadid du 10, p.1)

Le conseil des ministres a reçu les gouverneurs, lors de sa session, pour évoquer les projets de services publics et des infrastructures. (Adala du 10, p.1)

L’Alliance des Forces irakiennes (coalition politique sunnite, conduite par Mohammed al-Halboussi, président du Parlement) a indiqué que le Parlement voterait des lois importantes dans le cadre des réformes lancées par les trois présidence. (Sabah al-Jadid du 10, p.1)

Un article du quotidien Sabah du 10 (p.10) juge injuste d’imputer au PM Adel Abdel Mahdi toute la responsabilité de la dégradation de la situation en matière de services publics, affaires de corruption, chômage et clientélisme. Abdel Mahdi ne peut assumer seul le lourd héritage des nombreuses crises, accumulées lors des gouvernements précédents et ce depuis 2003. En outre, les trois pouvoirs ainsi que les gouvernements locaux doivent prendre leurs responsabilités et faire face à la crise qui traverse le pays.

Riyad al-Timimi, député de Naser, de l’ex-PM al-Abadi, appelle à traduire devant la justice ceux qui ont tiré contre les manifestants. Il a précisé que le silence du gouvernement actuel mettait en cause le processus politique. De son côté, l’UPK a condamné la violence exercée contre les manifestants. (Machrek, p. 1)

Le PM Abdel Mahdi et le Président du Parlement, al-Halboussi s’engagent à coordonner les efforts, à la lumière de la position de la Marja’iyya, dans le but de répondre aux revendications des manifestants. (Machrek du 10, p. 2)

Le Président Barham Salih a reçu des personnalités tribales de sadr City. Il a mis l’accent sur un remaniement substantiel pour améliorer l’action du gouvernement. Il s’est engagé à poursuivre les « criminels et les hors la loi » qui ont tiré sur les manifestants. (Zaman, p. 1)

Le ministère des Télécommunications a annoncé avoir fixé des horaires de reprise du réseauInternet de 8h à 15h afin de faciliter les démarches administratives dans les établissements publics et privés. (Machrek du 10, p. 1)

Un éditorial dans Zaman du 10 octobre (p. 5) compare les réactions des autorités lors des manifestations à Hong-Kong et en France, pays d’asile d’Abdel Mahdi, à celles qui ont eu lieu en Irak. Dans ces deux pays, malgré le caractère violent de certains manifestants, et les actes de sabotages, notamment à Paris, aucun manifestant n’a été tué et le réseau Internet n’a pas été coupé. En Irak, la réaction à ces manifestations a été excessivement violente et l’Internet a été coupé. La coupure du réseau rend difficile le travail dans le secteur public et privé et complique davantage la vie de la population irakienne, déjà mécontente de l’action du gouvernement.

Un éditorial dans Machrek du 10 octobre (p. 12) affirme que les récentes manifestations ne visaient par le gouvernement Abdel Mahdi, mais l’accumulation des échecs des différents gouvernements depuis 2003. Ce qui caractérise ces manifestations, c’est que des jeunes, dont certains sont nés après 2003, sont sortis spontanément, sans fatwa, ni sur ordre d’un dirigeant politique ou tribal. Le gouvernement est appelé à répondre rapidement aux attentes des manifestants, même si ces derniers sont aux yeux de certains des « comploteurs ».

Un éditorial dans Zaman du 10 octobre (p. 12) affirme que, dans le contexte actuel, les élections anticipées sont inutiles et pourraient dégénérer en chaos dans un pays instable à la fois sur le plan politique et sécuritaire.

Un éditorial dans Alem (p. 6) rappelle les réactions de la Marja’iyya et de la plupart des dirigeants politiques et religieux chiites contre la répression des manifestations à Bahreïn, alors qu’aujourd’hui, leurs réactions sont partagées entre accusations à l’encontre des manifestants irakiens et protection du gouvernement Abdel Mahdi.

Affaires sécuritaires :

Dix membres de Daech ont été tués à Salah El-Din et cinq autres arrêtés à Mossoul, selon la cellule militaire d’informations. (Sabah d’hier, p.1)

Le ministère de l’Intérieur a affirmé avoir arrêté un trafiquant de drogues à Bassora. Par ailleurs, 148 personnes recherchées par la justice, dont 37 accusées du terrorisme, ont été arrêtées à Samara. (Sabah, p.5)

Politique étrangère :

Lors d’un appel avec la Haute représentante des relations étrangères de l’UE, le Président Barham Salih a appelé à mettre un terme aux opérations militaires turques au nord de la Syrie. (Machrek, p. 1)

Selon l’agence de presse officielle syrienne, les Américains auraient transféré vers l’Irak 80 combattants étrangers de Daech détenus dans une prison syrienne. (Machrek, p. 3)

M. Mahma Khalil, préfet de Sinjar, a mis en garde contre la complication de la situation dans cette région, compte tenu de l’offensive turque au nord de la Syrie. Il a précisé que les habitants yézidis de cette région continuaient à fuir à cause des conflits entre les différents groupes armés omniprésents, alors que des Kurdes syriens ont commencé à se diriger vers Sinjar pour fuir la guerre dans leur pays. Mahma Khalil craint le retour de Daech dans cette région en raison de l’instabilité actuelle. (Machrek du 12 octobre, p. 3)

Les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, se sont entretenus avec les ambassadeurs arabes au sujet des dernières évolutions politiques dans la région. (Sabah du 10, p.2)

Selon le ministère des Déplacés et des Immigrés, les autorités turques ont expatrié 154 Irakiens vers l’Irak. (Machrek du 10, p. 1).
 

Print Friendly, PDF & Email