Observatoire Géostratégique

numéro 208 / 10 décembre 2018

EUROPE&ORIENT – NUMERO 27, décembre 2018, Richard Labévière.

La dernière livraison de la belle revue de Jean Sirapian est arrivée. C’est la revue de l’Institut Tchobanian, un centre indépendant de recherche et d’études stratégiques pour l’Europe, le Sud-Caucase, l’Asie-Mineure et le Moyen-Orient. Sous un titre générique – « Le Mépris » -, Europe&Orient revient sur plusieurs machineries idéologiques : les droits de l’homme, le néo-ottomanisme d’Erdogan, les arrêts du Conseil constitutionnel, les directives de la Commission européenne, la russophobie et les curieuses visions du monde délivrées par des médias égarés, qui nous égarent, ou plutôt qui servent davantage leurs actionnaires que leurs auditeurs, téléspectateurs et lecteurs. Au sommaire, on retrouve avec plaisir Guillaume Berlat et Jean Daspry, notamment. D’excellente tenue, cette revue mérite la plus large des diffusions.

 

PARIS DEMANDE LA LEVEE DU BLOCUS ISRAELIEN CONTRE GAZA – AFP, 7 décembre.

Le Premier ministre français Edouard Philippe a appelé vendredi à la "levée du blocus israélien" imposé à la bande de Gaza ainsi qu’à la réconciliation des deux mouvements palestiniens rivaux. "Il n’y aura pas de paix sans une solution durable pour Gaza, qui passe par la réconciliation interpalestinienne et par la levée du blocus israélien", a-t-il déclaré à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah. Les relations sont très tendues entre les deux grands mouvements palestiniens, le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza. L’Egypte a tenté à plusieurs reprises de rapprocher le Hamas et l’Autorité. Le pays mène aussi des efforts de médiation pour une trêve entre Israël et le Hamas. Edouard Philippe a rappelé le soutien de la France à "la solution à deux Etats", palestinien et israélien, avec Jérusalem comme capitale commune. Il s’est inquiété de la "situation alarmante" dans la région du fait de "l’accélération de la colonisation israélienne" et des confrontations entre Palestiniens et Israéliens près de la barrière de sécurité séparant la bande de Gaza d’Israël. Depuis le 30 mars et le début de la mobilisation appelée "Marche du retour", au moins 235 Palestiniens ont été tués par les militaires israéliens. Outre la fin du blocus israélien imposé à Gaza depuis plus de 10 ans, ce mouvement réclame le retour des réfugiés palestiniens sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création de l’Etat d’Israël en 1948. Rami Hamdallah a réitéré l’appel à l’organisation d’une conférence internationale, avec "une participation large y compris des parties concernées", afin de "remettre en route le processus de paix". Un quart de siècle après Oslo, les perspectives d’un règlement ont rarement paru plus éloignées. La dernière initiative (américaine) a échoué en 2014. Directions israélienne et palestinienne ne se parlent plus de paix.

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

En bref :

L’alliance « Construction » de Hadi al-Ameri a déclaré avoir conclu un accord – excluant la mouvance sadriste – avec le PM Abdel Mahdi selon lequel ce dernier doit présenter plus d’un candidat aux ministères de l’Intérieur et de la Défense et laisse le choix aux députés. (Mada, p.1)

Moqtada al-Sadr a adressé un message au PM Abdel Mahdi (Zaman, p.1). Bruno Aubert, ambassadeur de France à Bagdad, s’est entretenu avec le ministre de l’Electricité (Sabah al-Jadid, p.2). 

Sa’iroun, de Moqtada al-Sadr, impute à Fateh, de Hadi al-Améri, l’entrave de l’achèvement de la formation du gouvernement en raison de son insistance sur son candidat au poste de ministre de l’Intérieur (Zaman d’hier, p.1)

La commission parlementaire juridique envisage de mener des amendements à la loi électorale provinciale afin de repousser le scrutin et de réduire le nombre de membres des conseils de gouvernorat (Mada d’hier, p.1).

 Kefah Mahmoud, conseiller du PDK, a affirmé que son parti avait décidé de présenter Nichervan Barzani à la présidence de la Région du Kurdistan et Masrour Barzani au poste du PM régional. (Zaman, p.1).

Politique intérieure :

Des députés ont indiqué que le vote de confiance sur les candidats aux ministères vacants, prévu dans la séance d’aujourd’hui, serait reporté étant donné que les biographies des candidats n’ont pas été remises au Parlement, et en l’absence d’un consensus entre les blocs politiques. D’autres estiment au contraire que la conclusion de la formation du gouvernement verra le jour lors de la séance d’aujourd’hui. (Sabah, p.1).

L’alliance « Construction » de Hadi al-Ameri a déclaré avoir conclu un accord avec le PM Abdel Mahdi selon lequel ce dernier doit présenter plus d’un candidat aux ministères de l’Intérieur et de la Défense (objets d’une profonde divergence entre les blocs politiques) et laisse le choix aux députés. En revanche, l’alliance « Réforme » de Moqtada al-Sadr n’a pas participé à cet accord. Amer al-Fayez, député de « Construction », a indiqué que les pourparlers entre ces deux formations politiques avaient été suspendus. (Mada, p.1).

Moqtada al-Sadr, chef du courant sadriste, a adressé un message au PM Abdel Mahdi, avant la séance d’aujourd’hui, où il l’a appelé à désigner librement des ministres technocrates et à ne pas se laisser influencé par les tractations politiciennes, notamment en ce qui concerne les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Sadr a également réitéré la nécessité d’accélérer la formation du gouvernement. (Sabah, p.1).

Démenti, du député Mohammed al-Khalidi, que les biographies des candidats aux ministères vacants soient parvenues au Parlement. Il a affirmé que les tractations politiques se poursuivaient. (Zaman, p.1).

Bashir al-Hadad, vice-président du Parlement, a affirmé que le Parlement envisage d’exercer pleinement ses fonctions, notamment son rôle de contrôle envers les institutions de l’Etat et la ratification des lois, reportées par la législature précédente. (Sabah, p.1).

Barham Saleh, Président de la République, s’est entretenu avec Faeq Zidan, président du conseil suprême de la législature, à propos de la séparation entre les trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire. (Adala, p.1).

Kefah Mahmoud, conseiller médiatique du PDK, a affirmé que son parti avait décidé de présenter Nichervan Barzani à la présidence de la Région du Kurdistan et Masrour Barzani au poste du PM de la Région. (Zaman, p.1).

Des députés ont indiqué que les biographies des candidats aux ministères vacants avaient été remises au Parlement en vue de la séance de demain, mardi. Le député Fadhel al-Fatlawi a estimé que la séance de demain (mardi) verrait le vote de confiance pour six candidats en l’absence d’un accord sur les ministères de la Défense et de l’Intérieur faisant toujours l’objet d’une profonde divergence. (Sabah d’hier, p.1).

La commission parlementaire juridique envisage de mener des amendements sur la loi des élections provinciales visant à repousser la date du processus et à réduire le nombre des membres des conseils de gouvernorat. (Mada d’hier, p.1).

Le PM Abdel al-Mahdi a reçu les officiers, récemment mis à la retraite, et a salué leur rôle dans la guerre contre Daech. (Sabah d’hier, p.1).

Barham Saleh, Président de la République, a reçu des chefs tribaux et des dignitaires des minorités de la plaine de Ninive. Les échanges ont porté sur la reconstruction et la remise en place des services publics dans leurs régions. (Sabah d’hier, p.2).

Le représentant de l’ayatollah Sistani a reçu une délégation de la haute Commission électorale à Karbala. (Mada d’hier, p.3).

Une délégation de l’UPK est actuellement à Bagdad pour discuter du poste de ministre de la Justice. Par ailleurs, Sa’iroun, de Moqtada al-Sadr, impute à Fateh, de Hadi al-Améri, l’entrave à l’achèvement de la  formation du gouvernement en raison de son insistance sur son candidat au poste de ministre de l’Intérieur. (Zaman d’hier, p. 1).

Un éditorial dans Zaman d’hier (p. 5) estime que l’alliance Fateh, de Hadi al-Améri, insiste sur la candidature de Faleh al-Fayyad au poste de ministre de l’Intérieur en profitant de leur représentation parlementaire élevé. Ceci pourrait conduire à ce que Sa’iroun et le PM Abdel Mahdi acceptent cette candidature. A défaut, le PM pourrait présenter sa démission, ce qui permettrait au bloc majoritaire d’al-Améri de former un autre gouvernement, sans l’appui de Moqtada al-Sadr.

Des manifestants se sont regroupés devant le gisement pétrolier de Qorna à Bassora pour réclamer des emplois. Des employés vacataires de la haute Commission électorale ont manifesté à Bagdad pour demander le transfert de leurs contrats en CDI. (Zaman d’hier, p. 1).

Affaires sécuritaires :

Le PM Adel Abdel Mahdi a présidé une réunion du Conseil de sécurité national. Cette réunion a évoqué le projet électronique de délivrance de visa dans l’objectif de faciliter les mesures administratives. (Sabah d’hier, p.1).

Le BOC a enlevé plus de 70.000 T-walls et a ainsi rouvert 1000 rues à Bagdad depuis deux ans. Le PM Abdel Mahdi a donné pour instruction de rouvrir la zone verte pour faciliter la circulation dans la ville. (Sabah, p.1). 

Le BOC a déclaré avoir démantelé un réseau de trafiquants d’organes humains, dont cinq femmes, à Adhamiya à Bagdad. (Bayna al-Jadida, p.1).

Le ministère de la Justice a annoncé avoir mis en liberté 442 détenus au mois de novembre. (Machrek, p.1).

Une attaque de Daech contre un village au sud de Kirkouk a fait un mort et deux blessés. (Sabah al-Jadid, p.3).

Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté le chef d’un réseau d’enlèvement et un terroriste à Ramadi. (Adala d’hier, p.1).

Démantèlement, à Mossoul, d’une cellule qui distribuait de l’argent aux familles des Daechis tués. (Mowaten, p. 1).

Politique étrangère :

Lors de son entretien avec l’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Mohammed Ali al-Hakim, ministre des Affaires étrangères, a appelé Washington à mettre en vigueur l’accord du cadre stratégique conclu entre les deux pays. (Zaman, p.1).

Le ministre libanais des Affaires étrangères est arrivé en visite officielle à Bagdad. (Zaman, p.1).

L’Iran a repris l’exportation de gaz vers l’Irak, alimentant des centrales électriques (centrales thermiques), interrompue par les dégâts du séisme. (Sabah, p.12).

L’ambassadeur de Russie à Bagdad a examiné, avec Faeq Zidan, président du conseil suprême de la magistrature, le dossier des ressortissants russes de Daech et leurs enfants. (Adala d’hier, p.3).

Un éditorial dans Alem d’hier (p. 6) intitulé « Iran dehors » revient sur ce slogan diffusés par les manifestants dans différents gouvernorats irakiens, et plus récemment à Bassora. Malgré la fin de la guerre Irak-Iran en 1988, Téhéran a toujours considéré l’Irak comme un champ de bataille. Depuis 1998, le dossier Irakien a toujours été suivi par les gardiens de la Révolution, notamment le général Qassem Soulaimani. Ce dernier a formé en Irak des groupes paramilitaires qui s’ingèrent dans la vie civile des Irakiens. Pour les Irakiens, ce général iranien soutient fortement des partis politiques chiites, ce qui l’a aidé à accaparer la scène politique, malgré leur implication flagrante dans la corruption. Le slogan « Non à l’Amérique » a obligé Washington à transférer le pouvoir et la souveraineté aux Irakiens en 2011. Le rejet par les Irakiens du rôle saoudien a contraint Riyad à faire un pas en arrière en rappelant son ambassadeur à Bagdad Thamer al-Sabhan. Téhéran doit également faire un pas en arrière en retirant le Général Soulaimani.

France/relations bilatérales :

Bruno Aubert, ambassadeur de France en Irak, a été reçu par Louay al-Khatib, ministre de l’électricité. Les échanges ont porté sur le renforcement de coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines de l’énergie et de l’électricité. (Sabah al-Jadid, p.2).

Un éditorial dans Sabah d’hier (p. 29) rappelle que la démocratie est née en France. Paris a donné naissance à des écrivains internationalement connus et la France, partout où elle rayonne, laisse une forte emprise culturelle. Aujourd’hui, les manifestants parisiens sortent dans la belle avenue des Champs-Elysées pour protester contre l’augmentation du prix du carburant. Cette décision concerne une grande catégorie de Français, ce qui pourrait accroitre le nombre de manifestants. Ces manifestations pourraient s’étendre dans d’autres pays de « la vielle Europe » rencontrant les mêmes problèmes. Paris n’est pas seulement le berceau de la culture et des arts, mais également une source d’inspiration pour les révoltes et les manifestations.

Le ministre français de l’intérieur n’a pas exclu la possibilité de décréter l’état d’urgence à Paris. (Zaman d’hier, p. 1).

 

YEMEN : LA REOUVERTURE DE L’AEROPORT DE SANAA EN DISCUSSION EN SUEDE – RFI, 9 décembre.

Le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite sunnite, et la rébellion houthie appuyée par l’Iran chiite sont réunis près de Stockholm pour des consultations sous l’égide de l’ONU, une première depuis deux ans et demi. Les négociations de paix entre gouvernement yéménite et rebelles houthis se poursuivent en Suède. Parmi les dossiers à l’étude figurent la situation économique catastrophique du pays, l’application d’un accord sur l’échange de prisonniers conclu cette semaine, le contrôle de la ville portuaire de Hodeida et la réouverture de l’aéroport de la capitale Sanaa. L’aéroport international de Sanaa ne fonctionne plus depuis des années. Il a été pris par les rebelles en 2014, et endommagé par les bombardements de la coalition menée par l’Arabie saoudite. Les rebelles houtis veulent sa réouverture, le gouvernement en exil semble d’accord. Les deux délégations étaient donc optimistes samedi soir sur un éventuel accord. « Nous sommes prêts à ouvrir l’aéroport de Sanaa, car cela aidera beaucoup les Yéménites », a annoncé le ministre des Affaires étrangères du gouvernement en exil à Aden, Khaled al-Yémani. « Il y a des milliers de Yéménites qui veulent voyager et retourner dans leur pays sans avoir à supporter de longs trajets dans d’autres aéroports, a poursuivi le responsable. Nous proposons que l’aéroport d’Aden soit le principal aéroport souverain de la République, et les autres aéroports yéménites le seront réservés aux vols intérieurs. Si l’autre partie accepte d’essayer cette expérience souveraine, que les vols atterrissent à Aden et partent pour Sanaa, Hodeida ou Mukalla, et retournent à Aden pour quitter le Yémen. » Mais les rebelles le refusent catégoriquement des points de transit obligatoire par des villes comme Aden contrôlées par le gouvernement. Pour autant les discussions continuent. « Il y a eu un dialogue utile concernant l’ouverture de l’aéroport de Sanaa et si Dieu le veut, il y aura des résultats positifs sur une vision globale de l’ouverture de l’aéroport de Sanaa, et ce malgré la position rigide de l’autre délégation, a déclaré Abdelmalik al-Hajri, de la délégation houthie. Nous avons une démarche positive et proposons plusieurs visions et solutions pour communiquer avec l’autre partie. » Les rebelles ont prévu de présenter leurs propositions pour la réouverture de l’aéroport de Sanaa ce dimanche. Mais si des responsables onusiens se sont félicités de « l’esprit positif » dans lequel se tiennent ces consultations, le ton demeure largement hostile entre les deux camps. Le gouvernement a accusé samedi les rebelles houthis de ne « pas être sérieux » dans la recherche d’un règlement à la guerre. « Nous sommes sérieux, nous l’avons montré », a rétorqué un représentant houthi. « C’est l’autre partie qui n’est pas sérieuse », a ajouté Abdelmalik al-Hajri. « Il faut faire la part des choses entre les déclarations publiques et le discours en coulisses », a tempéré un responsable de l’ONU sous couvert d’anonymat. Dans un communiqué, le médiateur de l’ONU Martin Griffiths a de nouveau souligné la bonne volonté des deux parties alors que la situation est toujours « très fragile » sur le terrain, appelant les belligérants à la « retenue ».

 

KHASHOGGI : UN PROCUREUR TURC DEMANDE L’ARRESTATION DE DEUX PROCHES DE MBS – AFP, 5 décembre.

Un procureur turc a réclamé des mandats d’arrêt contre deux anciens responsables saoudiens proches du prince héritier Mohammed ben Salmane en lien avec le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Le bureau du procureur général d’Istanbul a demandé mardi 4 décembre l’émission de mandats d’arrêt contre Ahmed al-Assiri et Saud al-Qahtani, les soupçonnant de « faire partie des planificateurs » du meurtre de Jamal Khashoggi le 2 octobre dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, selon la requête écrite envoyée par le parquet à un tribunal. Les deux suspects saoudiens visés par le procureur turc sont d’anciens hauts responsables proches de Mohammed ben Salmane. Ils ont été limogés en octobre après que Ryad eut admis que Khashoggi avait été tué dans le consulat d’Arabie à Istanbul. L’Arabie saoudite a limogé le 20 octobre le général Ahmed al-Assiri, jusqu’alors chef-adjoint du renseignement saoudien, et Saoud al-Qahtani, ancien conseiller « médias » à la cour royale. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois réclamé l’extradition des suspects arrêtés par l’Arabie saoudite, mais sa demande est restée lettre morte à ce jour. Ryad insiste en effet pour que tout procès se déroule en Arabie saoudite. Le mois dernier, le procureur général saoudien a annoncé l’inculpation de onze personnes et requis la peine de mort contre cinq d’entre elles. Mais pour un haut responsable proche de l’enquête turque, la requête du bureau du procureur d’Istanbul illustre le fait que pour Ankara, « les autorités saoudiennes n’agiront pas formellement contre ces deux individus ».

 

QU’EST-CE QUE LE TERRORISME AUJOURD’HUI ? – Agences, 5 décembre.

Un groupe de réflexion international, l’Institute for Economic and Peace (IEP), qui rassemble des ONG et des centres de recherches et qui travaille avec des institutions internationales comme les Nations unies ou l’OTAN, vient de rendre son annuaire 2018 : l’index global du terrorisme (GTI), dont l’étude porte sur l’année 2017. Résultat : selon les auteurs du rapport, les actes de terrorismes ont reculé l’an dernier, mais les auteurs des attaques terroristes se relocalisent, et le groupe Etat islamique (ISIS) restait l’an dernier l’organisation la plus meurtrière en dépit de ses défaites territoriales. Selon l’institut, le nombre de nombre de victimes d’attaques terroristes a chuté de 44% depuis le pic de 2014, mais en 2017, les groupes identifiés comme terroristes dans ce rapport ont causé la mort de 18 814 personnes. Le groupe Etat Islamique a perdu 60% de son territoire au Moyen-Orient et 80% de ses ressources financières entre 2015 et 2017, mais il était alors le mouvement le plus meurtrier de la planète devant les talibans en Afghanistan, les shebabs dans la Corne de l’Afrique, et Boko Haram en Afrique de l’Ouest. En 2017, c’est l’Afghanistan qui, selon l’étude, a été le plus durement touché par le terrorisme avec des actions violentes davantage tournées vers les forces de sécurité que vers les civils. Mais c’est en Egypte et en Somalie que la situation s’est le plus vite dégradée l’an dernier, avec des attentats dans le Sinaï et en plein cœur de Mogadiscio. C’est en Europe, enfin, que la lutte terroriste a le plus porté ses fruits, du moins sur le court terme avec 81 morts en 2017. Moins de victimes dans des attentats planifiés, mais davantage d’actions de basse intensité : agression individuelle ou attaque au couteau. La facture globale de l’impact du terrorisme est évaluée à 52 milliards de dollars, bien moins que le crime organisé, les conflits armés ou des dépenses d’armements.

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