Observatoire Géostratégique

numéro 276 / 30 mars 2020

SYRIE : ENTRETIEN TELEPHONIQUE ENTRE ASSAD ET LE PRINCE HERITIER D’ABOU DHABI – AFP, 27 mars.

Le président syrien Bachar al-Assad et le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane, ont eu vendredi un entretien téléphonique, a rapporté l’agence officielle syrienne Sana, une première depuis le début du conflit en Syrie en 2011. Citant la présidence syrienne, Sana a fait état d’un « entretien téléphonique entre le président Assad et le prince héritier d’Abou Dhabi (…) axé sur les conséquences de la propagation du nouveau coronavirus (…) » durant lequel le responsable émirati a assuré M. Assad de « l’appui des Emirats arabes unis au peuple syrien durant ces circonstances exceptionnelles ». Sur son compte twitter, le prince héritier d’Abou Dhabi a confirmé l’information, relayée également par l’agence officielle du riche émirat du Golfe. « J’ai discuté avec le président syrien (…) des derniers développements liés (à la maladie) Covid-19. Je l’ai assuré du soutien des Émirats arabes unis et de la volonté d’aider le peuple syrien », a-t-il écrit. « La solidarité humanitaire pendant les temps difficiles l’emporte sur toutes les considérations, et la Syrie et son peuple ne seront pas seuls », a ajouté le responsable émirati. Sept ans après avoir rompu leurs relations diplomatiques, les Emirats arabes unis ont rouvert leur ambassade à Damas en décembre 2018. La Syrie avait été mise au ban du monde arabe dès fin 2011, et des pays, notamment du Golfe, avaient rappelé leurs ambassadeurs, pour protester contre la répression sanglante menée par le pouvoir de Damas contre des manifestations pro-démocratie, avant de soutenir pour certains l’opposition en exil et les rebelles armés. La Syrie, ravagée par neuf ans de guerre, a signalé jusqu’ici cinq cas de contamination au nouveau coronavirus. Les organisations humanitaires craignent une « catastrophe » en cas de propagation de l’épidémie.

 

CORONAVIRUS : L’ONU VEUT ASSOUPLIR LES SANCTIONS CONTRE L’IRAN – RFI, 24 mars.

L’Iran, la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela ou encore le Zimbabwe sont autant de pays mis au ban de la communauté internationale et visés par des sanctions économiques. Sauf qu’en pleine pandémie de Covid-19, leur impact, déjà très lourd, pourrait être explosif. L’ONU demande aux États d’alléger les sanctions pour permettre aux pays concernés de lutter contre le virus. Parmi les États les plus touchés par le Covid-19, il y a l’Iran. Le virus y a déjà fait plus de 1 800 morts. C’est à peine moins que pour toute l’Europe. Les mécanismes de sanctions épargnent, en principe, le secteur médical. Sauf que dans les faits, Téhéran ne peut pas acheter des respirateurs et des masques de protection. « Les systèmes de dérogation sont inefficaces, sont très lents aussi. L’Iran, pour parler d’un pays qui est en crise actuellement au niveau du Covid-19, manque cruellement de tout équipement. Les médecins et les soignants iraniens protègent non seulement les Iraniens mais aussi les pays limitrophes, et nous tous aussi », explique Ruth Marshall, du haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Les Etats-Unis, par la voix de Donald Trump, ont pourtant affirmé être prêts à aider Téhéran contre le Covid-19. Main tendue sèchement refusée par l’ayatollah Khamenei. L’Iran a quand même reçu une aide de pays comme l’Allemagne, la Chine, et la France. Mais rien ne semble simple. D’après l’hebdomadaire Le Point, une équipe de MSF arrivée en Iran a finalement dû plier bagage après un volte-face des autorités qui assurent ne pas avoir besoin d’aide. Et ce alors qu’un docteur de l’OMS estime que le nombre de contaminations en Iran pourrait être 5 fois plus élevé que les chiffres officiels.

 

ISRAËL : GANTZ TRAHIT L’OPPOSITION POUR S’ALLIER A NETANYAHOU – AFP, 26 mars.

C’est un revirement total de situation qui s’est déroulé ce jeudi en Israël. Après plus d’un an de crise politique, le principal opposant à Benyamin Netanyahu a finalement conclu un accord avec le Premier ministre sortant. Il a été élu, ce jeudi, temporairement, à la présidence du Parlement mais il devrait bientôt entrer dans le gouvernement. Depuis un an, Benny Gantz, nouveau venu en politique, incarnait les espoirs de changement. Au cours des trois dernières campagnes électorales, il a été le chef du camp anti-Netanyahu. La volte-face de Benny Gantz est « une tempête politique », juge Udi Sommer. Pour ce professeur de sciences politiques à l’université de Tel Aviv, il y a probablement diverses motivations qui l’ont conduit à cette décision. « L’une des raisons est la fragilité d’un parti qui n’a qu’un peu plus d’un an », dit-il. Et poursuit : « une autre motivation essentielle est probablement l’urgence de la situation en raison du Covid-19. Étant donnée cette crise, il y a probablement de l’inquiétude à diriger le pays dans une période aussi tumultueuse. » Mais Benny Gantz a perdu le soutien de plus de la moitié de sa formation. Et le reniement de sa principale promesse de campagne risque d’avoir de lourdes conséquences pour lui. « Gantz a eu plus d’un million de voix aux dernières élections et ces voix étaient sans équivoque un vote contre Netanyahu », juge Udi Sommer. « Il a fait un choix politique qui va clairement à l’encontre du mandat politique qu’il avait reçu. Et ainsi, il compromet probablement à jamais ses chances de pouvoir à nouveau diriger un parti et gagner les élections. Les électeurs ne vont jamais lui faire confiance. » Le grand vainqueur est en revanche Benyamin Netanyahu qui se maintient ainsi au pouvoir et qui obtient une large majorité à la Knesset.

 

IRAK : LIBERATION DES TROIS OTAGES FRANÇAIS ET D’UN IRAKIEN DE L’ONG SOS-CHRETIENS D’ORIENT – RFI, 26 mars.

À Bagdad, trois Français membres de l’ONG SOS Chrétiens d’Orient et leur traducteur irakien ont été libérés. C’est la présidence française qui l’a annoncé dans la soirée dans un communiqué. Ces 4 hommes étaient portés disparus depuis le 20 janvier, sans que le motif de l’enlèvement n’ait jamais été officiellement prononcé. Tout au long de ces deux mois, SOS Chrétiens d’Orient est restée très discrète sur cette disparition, tout comme le Quai d’Orsay. La semaine dernière, l’ONG avait simplement indiqué être sans nouvelle de ses quatre membres portés disparus, sans message, ni revendication. Dans son communiqué, l’Elysée se « félicite de la libération d’Antoine Brochon, Julien Dittmar, Alexandre Goodarzy et de l’Irakien Tariq Mattoka ». Le message est bref et n’apporte pas plus d’information sur les circonstances de leur enlèvement et de leur libération : « La France a déployé tous ses efforts pour parvenir à ce dénouement », précise le communiqué. « Le président de la République exprime sa gratitude aux autorités irakiennes pour leur coopération ». Les trois Français, présentés comme des humanitaires aguerris, avaient disparu le 20 janvier. Quelques jours plus tard, l’ONG SOS Chrétien d’Orient annonçait que ses membres avaient disparu « aux alentours de l’ambassade de France » à Bagdad. La capitale irakienne était alors secouée par des manifestations dénonçant l’incurie des dirigeants, l’influence de l’Iran ou la présence de troupes américaines dans le pays. Les arrestations de manifestants étaient alors courantes. Dans un message sur son compte Twitter, l’association se réjouit de la libération de ses 4 collaborateurs et « remercie vivement les autorités françaises pour leur travail ainsi que les autorités irakiennes ».

 

LAVROV : « LES DOCUMENTS SAISIS AUX MARINS UKRAINIENS MONTRENT QUELLE ETAIT LEUR MISSION » – Radio Sputnik, 24 mars.

Les navires ukrainiens arraisonnés en mer Noire, après leurs manœuvres dangereuses dans les eaux territoriales russes, avaient pour mission de provoquer un scandale géopolitique, d’après les documents saisis sur ces navires, note le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Les documents confisqués par les gardes-côtes russes à bord des navires de la Marine ukrainienne après l’incident en mer Noire montrent qu’il s’agit d’une provocation destinée à faire scandale, a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l’issue d’entretiens avec son homologue suisse Ignazio Cassis à Genève. «Nous avons attiré l’attention de nos collègues sur les documents rendus publics après l’inspection par nos gardes-frontières des navires ayant violé notre frontière. Il en ressort que c’était une provocation planifiée en vue d’atteindre des objectifs géopolitiques et de régler les problèmes intérieurs des personnes actuellement au pouvoir à Kiev», a indiqué le ministre lors d’une conférence de presse. Trois navires de la Marine ukrainienne, les vedettes blindées d’artillerie Berdiansk et Nikopol et le remorqueur Yany Kapu, ont violé le 25 novembre la frontière d’État russe en mer Noire avant de se diriger vers le détroit de Kertch dans les eaux territoriales russes. Ils ont effectué des manœuvres dangereuses sans réagir aux ordres légitimes des gardes-frontières russes. Quelques heures plus tard, ils ont été arraisonnés et conduits au port de Kertch. Les autorités russes ont interpellé 24 militaires ukrainiens dont deux agents du Service de sécurité d’Ukraine (SBU). Selon le Service fédéral de sécurité russe (FSB), ces agents se trouvaient à bord des navires pour coordonner la provocation. Le FSB a ouvert une enquête pénale sur la violation de la frontière d’État. Le Président Vladimir Poutine a précisé ce mercredi, lors du forum d’investissement La Russie appelle, que les navires ukrainiens se trouvaient dans les eaux qui étaient russes avant même l’adhésion de la Crimée à la Russie. Il a qualifié cet incident de «jeu peu scrupuleux». Selon lui, Kiev a organisé cette provocation pour faire monter la tension et réprimer les opposants politiques des dirigeants ukrainiens actuels par l’introduction de la loi martiale en Ukraine à la veille de la présidentielle.

 

COVID-19 : LE PHA TONNERRE SE TIENT PRÊT – Cols-Bleus, 21 mars.

Le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Tonnerre de la Marine nationale se tient prêt à quitter son port-base de Toulon pour Ajaccio, dans le but d’évacuer des patients atteints du Covid-19 vers des hôpitaux de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Le PHA Tonnerre et ses 200 marins s’apprêtent à intervenir dans le cadre de la crise du coronavirus pour soutenir les capacités de santé civiles de Corse. Pour cette mission, le bâtiment va embarquer des renforts mixtes civilo-militaires appartenant au Service de santé des armées (médecins et infirmiers du SSA) et des équipes civiles composées de médecins urgentistes, médecins réanimateurs, technicien de laboratoire, aides-soignants et infirmiers de l’Antenne régionale de santé de Marseille. Le Tonnerre mettra aussi à disposition ses capacités médicales qui auront été adaptées pour transporter des patients confinés. La capacité totale de malades embarqués dans cette configuration est de l’ordre d’une quinzaine. La Marine nationale, experte dans la conduite d’opérations d’évacuation et d’assistance aux populations en détresse Les marins du Tonnerre sont rompus à ce type de mission. Il y ont déjà été employés en 2017 aux Antilles pour secourir les populations des îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, touchées par l’ouragan Irma. En 2019, le bâtiment a été dérouté de la mission Jeanne d’Arc 2019 pour porter secours à la population du Mozambique victime du cyclone Idaï.

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