Observatoire Géostratégique

numéro 201 / 21 octobre 2018

AFFAIRE KHASHOGGI : LE LEADER LIBANAIS D’EXTRÊME-DROITE SAMIR GEAGEA DEFEND L’ARABIE SAOUDITE – Richard Labévière, 20 octobre.

« Quelle que soit l’ampleur de l’affaire Khashoggi, il ne faut pas l’instrumentaliser pour encercler et isoler l’Arabie saoudite », a déclaré dernièrement Samir Geagea à L’Orient-la-Nuit. Rien de très surprenant lorsqu’on sait que les Forces libanaises (FL), le parti d’extrême-droite de Geagea est financé directement par Riyad et, à la marge par Tel-Aviv. Dans le quotidien Al-Akhbar du 18 octobre, le politologue Walid Charara signe un article – Khasoggi… pourquoi l’Arabie saoudite l’a tué ! – plein de révélations intéressantes passablement occultées par la presse occidentale. En effet, peu de journalistes ont rappelé ce qui se passe dans les prisons du royaume ou ce que font aussi les saoudiens au Yémen et dans d’autres pays de la Corne de l’Afrique. On apprend aussi que le prince Turki al-Fayçal (ancien chef des services secrets saoudiens, officier traitant d’Oussama Ben Laden et protecteur, avec la CIA et les services pakistanais, des combattants salafistes engagés en Afghanistan entre 1979 et 1989) a, aussi traité Khashoggi. La relation aurait perduré jusqu’à la disparition du « journaliste » au consulat saoudien d’Istanbul. Son découpage à la scie résulterait plus des luttes de pouvoir internes à la monarchie, et beaucoup moins de la défense… des droits de l’homme. L’ancien activiste salafiste avait une mission principale d’agent d’influence et de lobbying aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, afin d’améliorer l’image de la monarchie pétrolière. Mais alors, quelle faute a-t-il commise ? En fait, il serait resté lié au clan de l’ancien roi Abdallah détesté par le jeune prince héritier MBS. Walid Charara, qui connaît bien l’Arabie saoudite, nous rappelle aussi que Khashoggi était l’un des principaux soutiens de l’opposition syrienne à l’étranger. A plusieurs reprises, il avait eu l’occasion d’écrire qu’il comprenait que Dae’ch puisse décapiter les soldats syriens et d’autres Infidèles avant de diffuser les exécutions sur Internet. Khashoggi commentait sans ciller : « cette organisation sait ce qu’elle fait… ». Bref, un grand humaniste nous a quitté ! L’éclairage de Charara ne dédouane certainement pas Riyad, mais il nous rappelle quelques évidences de l’Orient compliqué que la presse occidentale passe un peu vite par pertes et profits. Merci Monsieur Charara !

 

LIBERTE IMMEDIATE POUR GEORGES IBRAHIM ABDALLAH ! AFPS et prochetmoyen-orient.ch, 19 octbore.

Numéro d’écrou 2388/A221, Georges Ibrahim Abdallah est toujours incarcéré au centre pénitentiaire de Lannemezan. Détenu depuis 34 ans il est devenu le plus ancien prisonnier politique d’Europe. Libérable depuis 1999 toutes ses demandes de remise en liberté ont été rejetées par la volonté de nos gouvernants. Né au Nord Liban il s’est engagé en faveur de la cause palestinienne dans le contexte de la guerre civile et des invasions de l’armée israélienne au sud du Liban. Il a été condamné à la perpétuité sans peine de sûreté en 1984 par la cour d’assises spéciale pour complicité d’assassinat après que l’attaché militaire adjoint des Etats-Unis en France ait été abattu puis, trois mois plus tard, un diplomate israélien, agent du Mossad. Il n’a jamais reconnu sa participation à ses actes. Quelles pressions sur la justice française pour expliquer cet acharnement ? Pourquoi réinventer en France, pour ce cas précisément, une peine de perpétuité non aménageable ? Pourquoi oublier l’indépendance de la justice française pour satisfaire aux pressions d’Etats étrangers ? Pourquoi lui appliquer un régime d’embastillement totalement arbitraire ? Georges Ibrahim Abdallah est-il victime d’une "vengeance d’Etat lamentable" (déclaration d’Yves Bonnet, patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) interview du 7 janvier 2017) ? Interpelé à Tunis en février 2018 sur le sort de Georges Ibrahim le Président Macron n’a pas cru bon de réagir. Pour ce militant communiste libanais, combattant des causes libanaise et palestinienne qui a connu et connaît encore l’expression de la solidarité de militants palestiniens très connus (Marwan Barghouti, Salah Hamouri, Ahmad Saadat, Ahed Tamimi) l’heure de la libération est venue ! Georges Ibrahim Abdallah est aujourd’hui l’objet de demandes de remise en liberté qui viennent de tous horizons, pour des raisons humanitaires comme pour des raisons de simple justice. Le Président de la République doit enfin faire "oeuvre de justice "dans ce dossier. Pour prouver l’indépendance de notre justice… Pour réaffirmer le droit des peuples à la résistance et à l’autodétermination… Nous demandons : Liberté immédiate pour Georges Ibrahim Abdallah !

 

DESSINE-MOI UN COMPLOT – Michel Raimbaud, Afrique-Asie, 20 octobre.

Incrusté dans l’actualité depuis mars 2011, pris en main par des médias de révérence, des intellectuels peu courageux et des dirigeants souvent ignares, le conflit de Syrie s’est vu classé illico presto à la rubrique des sujets qui fâchent et des nerfs qui lâchent. On connaît la doxa qui a pu s’imposer à la faveur de cette conjonction des médiocrités, qui ne fait pas honneur à notre vieille France éternelle. A défaut de provoquer un séisme cérébral ou un remue-méninge, la tournure des évènements depuis la libération d’Alep en décembre 2016 a fini peut-être par bousculer quelques certitudes, mais il serait exagéré de dire, deux ans plus tard, que l’électricité a été totalement rétablie dans la patrie des lumières. On perçoit seulement, au compte-goutte et au microscope, des lueurs fugaces perçant l’obscure clarté qui tombe des étoiles de notre intelligentzia. Curieusement, beaucoup d’ennemis « déclarés » de la Syrie font preuve de plus de clairvoyance que les cerveaux paresseux de notre microcosme. Ils se rendent compte et admettent que les avancées de la reconquête du territoire syrien par l’armée nationale, allant de pair avec les accords de réconciliation en série, ont créé une dynamique qui semble irréversible et leur interdit tout espoir de rétablissement stratégique. Pourtant, en ces mois d’automne, marqués pêle-mêle par l’Assemblée Générale des Nations-Unies, la campagne américaine de mi-mandat, des bruits de bottes autour de l’Iran, des passages orageux entre la Russie et ses « partenaires » d’Ankara ou de Tel-Aviv, voire de ténébreux épisodes comme l’affaire Khashoggi, la Syrie n’a pas été épargnée : gesticulations verbales des Occidentaux et autres agresseurs, frappes et menaces de frappes, grandes manœuvres de petits comploteurs, sans compter le suspense sur Idlib et le nord-est syrien. Des mises au point sont venues, à un rythme inhabituel. On en conviendra, les dirigeants de Damas n’ont jamais transigé sur l’essentiel : la souveraineté de la Syrie, l’indépendance de son peuple et l’unité de son territoire s’imposent comme des principes incontournables. Toutes les forces étrangères présentes en Syrie sans consentement du gouvernement, y compris les forces américaines, françaises et turques, sont des forces d’occupation et doivent se retirer immédiatement et sans condition. L’Etat syrien est déterminé à reconquérir chaque pouce du territoire national : c’est son devoir et un droit non négociable. Qui le contestera, à part les pharisiens professionnels ? Le peuple syrien est le seul à pouvoir décider de l’avenir de son pays. Il en va ainsi de la constitution. La Conférence de Sotchi, qui a débouché sur la création d’un comité et non pas sur un texte nouveau, est donc bien perçue. Qui oserait dire que Damas a tort, sinon les obsédés de l’ingérence ? La lutte contre le terrorisme s’achève. « Celui qui s’est battu contre le terrorisme à votre place ne cèdera pas aux menaces d’une coalition internationale illégale dirigée par les États-Unis ». Qui pourra soutenir de bonne foi que cette coalition est bien placée pour donner des leçons ? La Syrie insiste en toute occasion sur la concertation et la coordination avec la Russie, pays ami. L’accord sur Idleb, conclu à Sotchi le 17 septembre avec Ankara et préparé par des consultations intensives entre Damas et Moscou est bien accueilli, mais le régime d’Erdogan qui continue de louvoyer ne l’est pas. Les amis de nos amis sont-ils nécessairement nos amis ? La communauté internationale doit obliger Israël à appliquer les résolutions de l’ONU, qu’il s’agisse du Golan occupé, que la Syrie est déterminée à récupérer, ou des droits imprescriptibles des Palestiniens : un État indépendant avec Jérusalem pour capitale, le droit au retour des réfugiés. Mais ne faudrait-il pas changer de « communauté internationale » ? Ecrivant « le dernier chapitre de la crise », les Syriens sont déterminés à unir leurs forces pour effacer les effets de la guerre par la réconciliation, le retour des réfugiés, la reconstruction. L’aide des amis sera bienvenue. Mais pourquoi déroulerait-on le tapis rouge aux agresseurs qui ont détruit le pays ? Malgré cette détermination inébranlable, la soif de revanche des ci-devant-révolutionnaires et des « amis du peuple syrien » est telle que leur verbe reste haut perché et leur vindicte intacte. Le 11 janvier 2018 (on se souviendra peut-être de l’affaire Syrieleaks), un « petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Jordanie, Arabie Saoudite) se réunit secrètement à Washington pour étudier « la stratégie occidentale », déclinée en quatre objectifs nets et sans bavures : la partition du pays, le torpillage du processus « russe » de Sotchi, le recadrage » de la Turquie, la feuille de route de Steffan de Mistura, envoyé du Secrétaire Général des Nations-Unies. Parlant le 17 janvier à l’Université de Stanford, en compagnie de Condoleeza Rice, l’ex-Secrétaire d’Etat Tillerson précisera que l’Amérique veut rester dans le nord syrien pour empêcher le retour de Da’esh (sic), y endiguer l’influence de l’Iran et empêcher Assad de rétablir son contrôle sur les zones évacuées par Da’esh. Six jours plus tard, notre aréopage comploteur, rebaptisé à cette occasion « Groupe de Washington », se retrouve à Paris, mettant à profit l’escale dans la ville-lumière pour confirmer ses sombres desseins. Présenté comme la seule voie « légitime », le « retour à Genève » vise à élaborer une solution sous la tutelle des Nations-Unies, mais échappant à Damas : la préférence « fédéraliste » a d’ailleurs un fort fumet de partition. L’objectif est bien de marginaliser ou d’ignorer le « dialogue national » entamé à Sotchi sous le patronage russe (CQFD). L’adhésion de l’Egypte, de l’Allemagne et de la Turquie est envisagée. Après avoir disparu quelque temps, le groupe prédateur refera surface à la fin de septembre dans un nouveau format, ayant absorbé l’Egypte et l’Allemagne (mais la Turquie est absente, ce qui peut alimenter les spéculations). Le communiqué final exige une « véritable transition » pilotée par l’ONU sous couvert de la résolution 2254, dans un délai d’un mois. Le but de cet ultimatum, dont on sait qu’il restera lettre morte, est de justifier par avance auprès des élites pensantes de l’Empire atlantique une guerre « de basse intensité », seule alternative concevable dans l’évangile selon Saint Donald. Bien qu’il soit illusoire dans ce contexte d’attendre de nos intellectuels ou de nos médias un sursaut d’indépendance que Sœur Anne elle-même ne voit pas venir, on tentera pourtant de ne vexer personne. De nos dirigeants qui, évincés du dossier syrien, vendangent les raisins de la colère qu’ils ont semée, lâchons donc la grappe. Convolons vers l’Amérique « indispensable », où nous trouvons James Jeffrey, l’un des dinosaures du néo-conservatisme, un John Bolton en moins renfrogné. Bien coiffé, bien rasé, bien cravaté, l’ambassadeur Jeffrey a un casier diplomatique chargé : il a servi et sévi depuis 2004 en Irak et/ou sur le dossier irakien, sous les ordres de George Debeliou Bush et Condoleeza Rice, avant d’être nommé par Obama ambassadeur à Bagdad en 2010. Donald Trump en a fait l’envoyé spécial des Etats-Unis pour la Syrie. On peut supposer qu’il participe aux réunions du « petit groupe de Washington ». Et c’est donc sans surprise que l’on retrouve, le 9 octobre dernier, notre Jeffrey expédié en Arabie pour prêcher la bonne parole, dans le droit fil des cogitations du « petit groupe » : « La Russie, l’Iran et Assad n’ont pas gagné ». Le Président syrien est « à la tête d’un Etat mort ». La solution ne sera pas militaire, mais politique, via un Comité constitutionnel et des élections. Il faut rebattre les cartes en Syrie, et ne pas laisser la solution aux mains de la Russie, de l’Iran et de La Turquie, en revenant à la logique de Genève (de 2012). Jeffrey n’est que l’un des porte-parole de la secte qui – de Debeliou à Trump en passant par Obama – guide l’Amérique et les peuples élus sur les sentiers de la guerre, itinéraires de prédilection des neocons, cette internationale des tontons flingueurs de notre temps. Le terme, produit de la novlangue qui tel un ouragan fait fureur sur nos rivages atlantiques, est certes cocasse pour des oreilles francophones. Mais on ne plaisante pas avec les concepts venus d’Outre-Atlantique, qui auraient paraît-il vingt ans d’avance sur les misérables créations du reste de l’humanité. Bien qu’ils n’appellent jamais par son nom la doctrine qui les inspire et se réfèrent rarement à cette appartenance qui commande leurs faits et gestes, on les reconnaît à ce qu’ils osent tout : en témoignent leurs ravages, leurs comportements de malfrats, leurs menaces insolentes, leurs théories cyniques, proposant aux « ennemis » de l’Amérique ou d’Israël l’apocalypse pour tout horizon. La technique est efficace puisqu’ils ont pu incendier la planète tout en accusant les victimes d’y avoir mis le feu. Ils ont même trouvé parmi les arabes et les musulmans, têtes de turcs de la « communauté internationale », des admirateurs et/ou des complices qui leur trouvent des mérites puisqu’ils n’hésitent pas à s’allier avec ces « croisés ». Dans l’Empire Atlantique qui a du mal à envisager la fin de son hégémonie, les neocons semblent incarner la possibilité d’un sursis. Dans ce contexte d’outrances, les formules grossières de la rhétorique donaldienne ne choquent plus : « C’est à d’autres pays, ceux du Golfe notamment, et non pas à l’Amérique, de payer pour la reconstruction de la Syrie », dit Trump qui se trompe énormément. Comme si cette Syrie, qui entrevoit le bout du tunnel et appartient (ô combien) au camp des vainqueurs, comptait sur ceux qui l’ont détruite pour se reconstruire. Il n’est pas inutile d’ôter leurs illusions aux dirigeants fanfarons qui revendiquent des victoires qu’ils n’ont pas remportées, aux diplomates oublieux et aux penseurs déconnectés qui refusent de voir que leur monde n’est plus. Comme le martèle Bachar Al Jaafari, le représentant syrien à l’ONU, « La langue des menaces n’est pas digne du Conseil de Sécurité, la mission des diplomates consistant à empêcher les guerres. Certains membres permanents sont devenus inaptes politiquement, moralement et légalement à défendre la paix et la sécurité internationales ». Au milieu du désordre international actuel, la Syrie apporte une lueur d’espoir. Bien qu’elle ne nous ait jamais quittés, elle est pour ainsi dire de retour. Il suffit de voir les Arabes revenant vers Damas (le Bahrein, le Koweit, la Jordanie, l’Irak, sans doute l’Egypte), sans même parler des Etats qui ne l’ont jamais abandonnée : la Syrie reprend peu à peu sa place de « cœur battant de l’arabisme ». Il suffit d’écouter des responsables d’habitude peu enclins à peindre en rose les ciels gris évoquer désormais la « phase finale de la guerre ». Comme le souligne le chef de la diplomatie syrienne devant le Conseil de Sécurité le 4 octobre 2018 : « Il est temps pour certains de sortir de leur déni de la réalité, d’abandonner leurs dernières illusions (…) et de réaliser qu’ils n’obtiendront pas par la politique ce qu’ils n’ont pu obtenir par la guerre. ». « Celui qui s’est lancé dans cette guerre contre le terrorisme international, à la place de vos peuples et de vos gouvernements, ne se soumettra pas au chantage politique ou aux menaces d’une agression militaire ». Ceux qu’interpelle ainsi le ministre auront-ils saisi le message ? Plombé par sa feuille de route, Steffan De Mistura a rendu son tablier. Le « groupe de Washington », partisan de la guerre asymétrique et spécialiste du chaos, ne renoncera pas si facilement. Ceci est une autre histoire, une histoire de demain…

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

En bref :

Le bureau de presse d’Adel Abdel Mahdi, PM désigné, a déclaré officiellement que celui-ci présenterait les membres de son gouvernement avec son programme politique la semaine prochaine. (Sabah, p.1).

Adel Abdel Mahdi aurait désigné 12 sur 22 ministres en espérant présenter les autres ministres ultérieurement. Les autres ministères, entre temps, seraient gérés par intérim. (Machrek, p.1).

GE décroche un contrat de 15 milliards USD suite aux pressions exercées par l’administration Trump au détriment du géant allemand Siemens. (Mada, p.1).

Politique intérieure :

Le bureau de presse d’Adel Abdel Mahdi, PM désigné, a déclaré officiellement que celui-ci présenterait les membres de son gouvernement avec son programme politique la semaine prochaine. Abdel Mahdi donnera la priorité à la reconstruction, services publics, création des emplois, lutte contre la corruption, rétablissement de sécurité et la croissance économique, selon des sources politiques. Par ailleurs, Abdel Mahdi s’est entretenu distinctement avec Nichervan Barzani, PM de la Région du Kurdistan, et Qais al-Khazaeli, chef d’Assaeb Ahel al-Haq, à propos du programme gouvernemental.

Adel Abdel Mahdi aurait désigné 12 sur 22 ministres en espérant présenter les autres ministres plus tard, entre temps, seraient gérés par intérim. L’alliance « Construction et Réforme » a révélé que le PM désigné présenterait les ministres de son gouvernement au Parlement dimanche prochain. (Machrek, p.1).

Le Parlement a créé une nouvelle commission parlementaire « de contrôle et fonctionnement gouvernemental ». Cette commission aura pour fonction d’examiner et de veiller sur les décisions, prises par les ministères et par le conseil des ministres. (Machrek, p.1).

La commission parlementaire juridique a déposé une demande réclamant l’annulation des décisions prises par le PM al-Abadi relatives à la nomination des personnes dans des postes importants. (Machrek, p.1).

Une délégation du PDK, conduite par Hoshyar Zibari, est arrivée en visite non-déclarée pour s’entretenir avec Adel Abdel Mahdi. (Machrek, p.1).

La haute Commission électorale a indiqué que les élections provinciales ne pourraient pas avoir lieu à la date initialement prévue le 22 décembre et a ajouté avoir besoin au moins de six mois pour pouvoir les organiser. (Machrek, p.1).

Un éditorial dans Alem intitulé « Consensus doux » rappelle qu’Abdel-Mahdi a été désigné suite à un « consensus doux » entre Moqtada al-Sadr et Hadi al-Ameri. Aujourd’hui, ces deux hommes ne sont pas d’accord sur les critères à adopter pour choisir les futurs ministres. Al-Sadr est fortement en faveur deministres indépendants, alors qu’al-Ameri est pour « des technocrates partisans ». « Si ces deux dirigeants ne se mettaient pas d’accord, Abdel-Mahdi risquerait d’échouer à annoncer son futur cabinet » affirme le journaliste.

Affaires sécuritaires :

La Mobilisation populaire a tué Abou Dhoha al-Koroy, responsable militaire de Daech à Diyala. Trois douaniers ont été arrêtés pour corruption dans le check point entre Sulaymānīyah et Kirkuk. L’application de la peine capitale à l’encontre de six terroristes à Bagdad. Les douaniers du poste frontalier de Chalamja avec l’Iran ont saisi des drogues dans des sacs des touristes iraniens. (Zaman, p.1).

L’éditorial de Machrek (p. 1) revient sur le rapport sur les récentes manifestations à Bassora la mort de 9 manifestants. Le journaliste rappelle que ce rapport a accusé « des casseurs infiltrés appartenant à des partis politiques » sont à la base des tirs contre les manifestants. Le rapport ne précise pas l’identité de ces casseurs et leurs partis politiques. Le rapport affirme également que des policiers avaient quitté leurs postes suite à des ordres donnés par des partis politiques dont ils sont membres. « Les policiers sont-ils loyaux à leur travail ou à leurs partis politiques ? » s’interroge le chroniqueur. Le rapport imputé également aux autorités locales la « non-coopération » avec la police de Bassora. « Ces responsables fautifs ont-ils été limogés ou punis ? » se demande l’éditorialiste. Par ailleurs, l’éditorial de Mada (p. 2) va dans le même sens.

Politique étrangère :

L’Irak et l’Iran ont évoqué l’entrée des pèlerins iraniens en Irak pendant la célébration du pèlerinage de Karbala vers la fin de ce mois-ci. Les autorités iraniennes ont prévu plus de million d’Iraniens participeront à cette cérémonie. (Mowaten, P.1).

 

SYRIE : UN SOMMET A QUATRE A ISTANBUL – Reuters, 19 octobre.

Un sommet sur la Syrie réunira le 27 octobre à Istanbul les dirigeants turc Recep Tayyip Erdogan, allemande Angela Merkel, français Emmanuel Macron et russe Vladimir Poutine, a annoncé vendredi le porte-parole de la présidence turque. Un sommet sur la Syrie réunira le 27 octobre à Istanbul les dirigeants turc Recep Tayyip Erdogan, allemande Angela Merkel, français Emmanuel Macron et russe Vladimir Poutine, a annoncé vendredi le porte-parole de la présidence turque. La situation à Idlib (nord-ouest), dernier bastion de l’opposition, et le processus politique qui doit permettre de mettre un terme à sept ans de conflit, seront abordés à l’occasion de cette rencontre prévue pour durer une demi-journée, a dit Ibrahim Kalin, cité par l’agence Anadolu. A Berlin, un porte-parole du gouvernement allemand a confirmé la participation d’Angela Merkel. Vladimir Poutine y sera également, a fait savoir le Kremlin, cité par l’agence Interfax, et il entend discuter de la question du retour des réfugiés et de la reconstruction des infrastructures en Syrie. A Paris, l’Elysée a confirmé dans un communiqué la venue d’Emmanuel Macron, précisant que la priorité de la France était de "favoriser le maintien du cessez-le-feu dans la province d’Idlib" et d’obtenir le "lancement effectif d’un processus politique inclusif". "S’il y a une offensive militaire à Idlib d’ici là, on estimera que les conditions ne sont pas réunies pour que ce sommet se tienne", a-t-on prévenu dans son entourage. Sept ans après le début du conflit qui a fait plus de 400.000 morts, le régime syrien est parvenu, avec l’aide militaire de son allié russe, à reprendre le contrôle d’une majorité de son territoire, à l’exception notamment de la province d’Idlib, située le long de la frontière turque. Le processus de paix est au point mort. Aucune discussion entre les différentes parties n’a permis ces dernières années de trouver une solution à la crise et les précédentes négociations, notamment à Genève sous l’égide de l’Onu, ont toutes achoppé sur la question de l’avenir du président Bachar al Assad et de la mise en place de la transition démocratique. "Nos attentes (pour le sommet du 27 octobre) sont réalistes. On considère que c’est une étape, inédite, qui peut être utile si elle permet d’assurer la sécurité dans le nord-ouest de la Syrie et de faire avancer positivement les discussions sur le processus politique", ajoute-t-on. "Si c’est le cas, ça aura joué un rôle utile". "On reste prudents mais déterminés pour faire du sommet une étape qui va aider aussi le travail de médiation de l’Onu à un moment particulier" où l’envoyé spécial de l’Onu pour la Syrie Staffan de Mistura s’apprête à quitter ses fonctions fin novembre. "On voudrait que cette nouvelle équipe puisse commencer à travailler à partir des conclusions de ce sommet d’Istanbul". Le problème majeur, reconnaît-on de même source, "c’est que le régime syrien refuse de négocier et continue à résister à la pression de la communauté internationale", y compris celle exercée par la Russie. La situation à Idlib, dernier bastion de l’opposition où vivent trois millions de civils, suscite l’inquiétude de l’Onu qui a mis en garde contre le bilan humain catastrophique que pourrait entraîner un assaut majeur du régime et de ses alliés. Alors qu’une offensive des forces pro-gouvernementales syriennes semblait imminente, Moscou et Ankara ont finalement conclu le 17 septembre un accord portant sur la création, dans cette province, d’une zone tampon d’où les armes lourdes ont été retirées.

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