Observatoire Géostratégique

numéro 161 / 15 janvier 2018

TUNISIE : MANIFESTATIONS AU BOUT DE LA NUIT – Hedy Belhassine.

À quelques jours de la visite officielle du Président Macron en Tunisie, les radars des médias balayent le champ hivernal du printemps arabe qui commémore sept ans de révolution. Le pays va mal. Ce n’est pas une révélation. Depuis la chute de la dictature, les riches ne se sont jamais autant enrichis, les pauvres cherchent toujours à fuir la misère au risque même de servir de nourriture aux poissons. La situation n’est pas nouvelle, elle s’est progressivement dégradée avant d’empirer gravement.

Lorsqu’en novembre 2016, apprenant que conseillé par Dominique Strauss-Khan, le Premier ministre Youssef Chahed, avait engrangé les promesses de crédits faramineux pour près de 14 milliards de dollars, l’auteur de ces lignes était dubitatif. « Car le pays est gangréné par les mafieux, maîtres des prébendes et de la contrebande. Les seconds couteaux de Ben Ali sont devenus les premières gâchettes du pays. Ils régentent les trafics illicites avec l’Algérie et la Libye, ils pillent et démolissent la fonction publique, ils sont intouchables. Les affairistes de l’ancien régime et les nouveaux commerçants islamistes font désormais bon ménage, rien ne leur résiste. L’iniquité et le marchandage se répandent dans toutes les couches de la société. L’argent douteux domine les idées et les convictions ».

Manifester est un droit constitutionnel (art 37) chèrement acquis auquel tous les Tunisiens sont attachés. Depuis sept ans, les rassemblements de protestation sont permanents. Il n’est pas de journée sans cortèges qui défilent derrière des banderoles et des mégaphones sur l’avenue Bourguiba, la principale artère de la capitale. Les marcheurs sont dix, cent, parfois bien davantage. Les causes qu’ils défendent sont diverses et variées, futiles ou graves ; qu’importe, elles sont exprimées dans un espace public de liberté unique dans tout le monde arabe. Les mots d’ordre sont relayés par les réseaux sociaux qui propagent l’indignation et alertent l’opinion sur une injustice de trop. La police accompagne habituellement et débonnairement le cortège sous l’oeil plus ou moins indifférent mais vigilant des badauds et des passants. Exutoires des colères et des indignations ces rassemblements pacifiques participent au fonctionnement de la jeune démocratie.

Les vagues de protestations qui se sont propagées dans une dizaine de villes cette semaine sont d’une toute autre nature. Elles n’ont pas eu lieu de jour comme d’habitude, mais de nuit quand « tous les chats sont gris ». Alors entre les casseurs, les protestataires et les flics, nul n’a pu reconnaitre les siens. Ces troubles sociaux violents dont les marionnettistes sont inconnues, ont permis d’encager de nombreux jeunes activistes parmi les quelque huit cents interpellés accusés de violences ou de pillages. La gauche seule force d’opposition à la coalition des conservateurs et des islamistes est la première à faire les frais de ces désordres qui interviennent trois semaines après l’appel lancé par 250 démocrates tunisiens :

« Les gouvernements qui se sont succédé depuis 2011 se sont tous dérobés devant la nécessité d’engager un combat frontal contre la corruption et les privilèges…. L’offensive réactionnaire est minée de l’intérieur, parce qu’elle est dirigée par deux hommes et deux partis. Cibler uniquement Caïd Essebsi servirait directement les islamistes ; cibler uniquement Ghannouchi servirait directement Nidaa Tounès – et le RCD (ancien parti du dictateur Ben Ali) qui se cache derrière lui.

Il faut lutter dans le cadre unitaire le plus vaste. Toutes les forces – politiques, syndicales, associatives, intellectuelles, artistiques, les mouvements de femmes et la jeunesse –, toutes les forces de la société civile doivent y participer et prendre leur part dans le combat. Les clivages du passé doivent être surmontés… »

Alors, d’aucuns se demandent si la répression à grand spectacle « des casseurs » de la nuit ne permet pas d’occulter l’ampleur des manifestations qui se déroulent au grand jour.

Le 1er février prochain, Emmanuel Macron se souviendra qu’à son dernier voyage à Tunis il y a quatorze mois alors qu’il n’était que futur candidat, nul ne l’attendait et personne ne l’avait reçu à part un jeune membre du gouvernement – sans doute inspiré par l’intelligence et la bonne éducation – qui a depuis été écarté. Il est vrai qu’à l’époque, le Président Caïd Essebsi 91 ans, ne pouvait imaginer que la France se choisirait un jeunot.

Et si finalement, tous les maux du pouvoir tunisien venaient de sa méfiance des jeunes ?

https://hybel.blogspot.fr/2017/02/en-tunisie-tout-est-possible-meme-la.html

https://hybel.blogspot.fr/2013/05/tunisie-bouguibamania-et-senilocratie.html

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

Lutte contre Dae’ch

  • Des dizaines de membres de Daech tués lors d’opérations de « nettoyage » de villages à proximité de Hawija, au sud de Kirkouk. Les forces de sécurité irakiennes ont repoussé une attaque de Daech contre des villages au sud de Mossoul et en ont tué 20 membres. (Sabah, p.4)

  • Le responsable de la section Kirkouk de Daech a été tué avec trois compagnons au sud de Kirkouk, selon un communiqué de la Mobilisation populaire. (Mada, p.1)

Situation sécuritaire

  • Le BOC a pu libérer une fillette enlevée et arrêter ses ravisseurs au sud de Bagdad. A Babel, une bande de cambrioleurs a volé 240.000 USD d’un bureau de change. (Zaman, p.1)
  • Beaucoup de membres de Daech mis en liberté à Mossoul, selon des habitants de la ville. (Mada, p.1)
  • La police de Missan a fait part de l’arrestation de 91 personnes, accusées de différents crimes et délits. (Sabah alJadid, p.3)
  • Plusieurs secousses à Bagdad ce matin. (TV). Politique intérieure
  • Qassem al-Araji, ministre de l’Intérieur, a reçu Qais alKhazaeli, SG d’Assaeb Ahel al-Haq. L’entretien a porté sur le futur de la Mobilisation populaire et les prochaines élections. (Sabah, p.2)
  • La Commission électorale a révélé que 21 Alliances politiques se sont inscrites pour les élections et a affirmé qu’elle ferait le maximum pour qu’elles aient lieu à la date prévue. (Zaman, p.1)
  • L’Alliance des forces irakiennes (bloc parlementaire sunnite) poursuit ses efforts pour un report des élections. En revanche, l’ANI reste déterminé à ce qu’elles soient organisées en temps et en heure. (Machrek, p.1)

  • Le PM al-Abadi aurait donné un délai d’une semaine au gouvernement local de Najaf pour régler la crise de l’aéroport de la ville. (Alem, p.1)

Situation au Kurdistan

  • L’Alliance de la démocratie et de la justice a élu Barham Saleh chef du mouvement. Barham Saleh a fait part de ses ambitions dans la Région autonome du Kurdistan et a déclaré qu’il ferait face à ceux qui monopolisent le pouvoir. (Sabah, p.1)

Politique extérieure

  • Le ministre turc des Affaires étrangères a annoncé que l’initiative de la médiation turque entre Bagdad et Erbil serait examinée lors de sa visite prévue à Bagdad, le 21 janvier. (Sabah, p.1)
  • Les préparatifs ont été mis en place pour la tenue de la conférence de la reconstruction de l’Irak au Koweït. Le chef de la MANUI s’est engagé à apporter son plein soutien au gouvernement irakien. L’équipe nationale en charge de la reconstruction, conduite par Mahdi al-Allaq, SG du conseil des ministres, a examiné les différentes problématiques qui devraient être évoquées lors de la conférence. (Sabah, p.1)
  • L’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad a affirmé que le nombre de troupes présentes en Irak serait revu à la baisse et a réitéré l’attachement de son pays à l’organisation des élections à la date prévue. (Sabah, p.1, Sabah al-Jadid, p.1)
  • Le même ambassadeur a également été reçu par Ammar alHakim, président de l’ANI. Les échanges ont porté sur les prochaines élections et la crise avec le GRK. (Sabah, p.2)
  • Le ministère des Affaires étrangères a salué la nouvelle stratégie de l’Union Européenne de soutien à l’Irak. (Sabah, p.2)

  • Faleh al-Fayadh, conseiller à la sécurité nationale, est en visite officielle en Tunisie et s’est entretenu avec le Président al-Sibsi. (Adala, p.1).

 

VOLONTAIRES CATHOLIQUES EN PALESTINES – DEUX FRANÇAIS TEMOIGNENT – Paris-Match, 4 janvier.

« La colonisation en Palestine est un cancer qui développe quotidiennement ses métastases » : telle est la conclusion extrêmement forte de Corinne et Laurent Mérer, deux volontaires catholiques qui ont passé trois mois dans les Territoires occupés. Au printemps 2016, Corinne et Laurent Mérer passent trois mois dans les Territoires occupés à l’appel des églises chrétiennes de Palestine. Cet ancien amiral et son épouse ne sont pas particulièrement sensibilisés à la question israélo-palestinienne. Ils vont partager au jour le jour la vie des chrétiens et musulmans, dans les sites sensibles de Cisjordanie, checkpoints, villages bédouins, près des colonies, selon le principe de la présence protectrice. Ce qu’ils découvrent sur le terrain les sidère : harcèlement, expéditions punitives, humiliations quotidiennes de la part des colons et des soldats de Tsahal, couverts par les autorités. Ils publient le récit de leur mission : « S’ils se taisent, les pierres crieront » (éd. Balland). Interview et extraits.

Qu’est-ce qui vous a décidé à partir en Cisjordanie avec votre épouse ?  

Dès 2002, à la suite de la deuxième intifada, l’ensemble des Eglises chrétiennes de Palestine se sont réunies pour lancer, au nom de tous les Palestiniens, chrétiens et musulmans, un appel aux hommes et aux femmes de bonne volonté : « venez, partagez un moment de notre vie et témoignez de ce que vous aurez vu » ; l’appel est renouvelé chaque année. Cette approche œcuménique, au sens large du terme, d’une question éminemment complexe nous a séduits.

Pouvez-vous nous rappeler le cadre de cette mission ?

La réponse à cette demande a été formalisée par un programme monté par le Conseil œcuménique des Eglises (programme EAPPI : Ecumenical Acompaniment Program for Palestine and Israël) qui consiste à l’envoi régulier, pour une durée de trois mois, d’une promotion de trente volontaires internationaux, dans les Territoires Occupés de Palestine. Sur place les volontaires sont répartis par équipes de 4 à 5 qui vivent en autonomie dans des endroits sensibles (Jérusalem-Est, Hébron, collines du sud d’Hébron, Bethléem, Jéricho/vallée du Jourdain, Yanoun, Tulkarem), et travaillent concrètement sur le terrain, selon le principe de la « présence protectrice » pour faciliter l’accès des Palestiniens au travail (présence aux checkpoints), à l’éducation (entrée des écoles), aux lieux de cultes (églises et mosquées) , pour être présents auprès des bédouins et des bergers dont les terrains et les pâturages sont convoités par les colons, pour soutenir les familles dont les maisons font l’objet de démolitions punitives ou ont été murées, celles dont les enfants ont été blessés ou sont emprisonnés. Ce travail se fait au quotidien en relation avec les organisations israéliennes et palestiniennes qui militent pour une paix juste, et les grandes organisations internationales.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqués ? Choqués ? Révoltés ?

L’aveuglement, la haine…On croyait la colonisation abandonnée aux oubliettes de l’histoire, elle est en Palestine une réalité vivante et active, un cancer qui développe quotidiennement ses métastases. Les rares colons avec qui nous avons pu échanger – la plupart des autres étaient davantage dans l’invective et le crachat – sont dans une démarche messianique : « Dieu nous a donné cette terre, les Palestiniens n’ont rien à y faire, ils doivent partir, sinon nous les jetterons à la mer ».  Un point nous a particulièrement frappés : les Palestiniens chrétiens, bien que très minoritaires, sont spécialement dans le collimateur des autorités israéliennes. Les chrétiens, pour des raisons historiques, font partie de l’élite de ce pays et ils ont été à la tête de la plupart des mouvements de contestation. En outre, ils sont les témoins vivants que ce conflit n’est pas un conflit de nature religieuse juifs/musulmans, facile aujourd’hui à « vendre » à l’opinion occidentale, mais un conflit de territoire. Les  Palestiniens chrétiens sont donc, aux yeux du gouvernement israélien, des gêneurs qu’il faut inciter à partir en leur compliquant au maximum la vie quotidienne. Cette politique est un succès puisque les chrétiens, qui représentaient près de 20% de la population sont aujourd’hui moins de 1,5%. Il demeure que les Palestiniens chrétiens ont un rôle important à jouer dans la solution ou l’évolution du conflit. Dans ce tableau désespérant, il y a malgré tout une lueur d’espoir : de nombreux Israéliens (y compris de hauts responsables militaires ou policiers) comprennent et disent, car il y a une grande liberté d’expression en Israël,  que la politique actuelle d’occupation et de colonisation mène leur pays à une impasse, qu’il n’y aura jamais de paix pour Israël tant que les Palestiniens ne bénéficieront pas d’une paix juste ; pour le moment ils ne sont pas majoritaires, mais ce courant de pensée s’exprime régulièrement.

En êtes-vous revenus différents ?

Oui, à l’évidence. On revient quelque peu désespérés de la condition humaine. Constater qu’un pays moderne, internationalement reconnu, suscite, encourage ou couvre les comportements que nous avons constatés, que cela se fait dans l’indifférence feutrée de la communauté internationale, a quelque chose de révoltant. Désespérés aussi de réaliser que cette politique, contraire à l’esprit des pionniers, non seulement fait souffrir une partie de la population de cette terre, mais, à  terme, mène Israël à l’échec. Les Israéliens raisonnables et réalistes en ont dramatiquement conscience. Nous en avons eu à ce sujet des témoignages aussi saisissants que dramatiques d’Israéliens plus désespérés encore que nous. 

A votre retour, comment votre entourage a-t-il reçu le récit de vos expériences ?

Question délicate… Avec certains, famille ou amis, on n’a pu éviter la polémique, le sujet est si sensible, et dans notre pays particulièrement, si chargé de pesanteurs sociétales ou historiques. Il y a eu des réactions épidermiques… Mais pour la majorité de notre entourage, cela a été la sidération : la même que la nôtre devant la réalité de ce que nous avons vu et vécu. Nous avons à l’évidence fait évoluer leur appréhension de la réalité. Notre mission s’arrêtait là. A chacun après de se faire son propre jugement.

Retournerez-vous ?

Non, pas dans l’immédiat du moins. Retourner à court terme serait prendre le risque que le regard s’émousse, qu’il s’habitue à l’inacceptable. Dans les années qui viennent, la situation ne va pas changer, elle risque plutôt d’empirer. Il vaut mieux inciter d’autres à faire comme nous, pour maintenir le flux des témoignages, avec un œil neuf à chaque fois. Pour le moment, nous nous attachons à la deuxième partie de la mission : raconter. Nous faisons de nombreuses conférences, réunions, et il y a ce livre.

« S’ils se taisent, les pierres crieront… trois mois en Palestine au service de la Paix », par Corinne et Laurent Mérer, éd. Balland, 15 euros.

 

MINISTRE NORVEGIENNE DES AFFAIRES ETRANGERES INTERPELLE NETANYAHOU – Haaretz, 9 janvier.

La ministre Ine Eriksen Søreide promet aussi d’agir contre la décision israélienne d’empêcher d’entrer dans le pays des militants pro-BDS en responsabilité. La ministre norvégienne des affaires étrangères a protesté dimanche auprès du premier ministre Benjamin Netanyahou à propos du refus d’Israël de permettre à une travailleuse humanitaire de rentrer en Israël après avoir été à l’étranger : c’est ce qu’a confirmé à Haaretz l’ambassadeur de Norvège en Israël, selon des articles de presse.L’incident a été révélé en premier par Haaretz. En visite en Israël pour la première fois, la ministre des affaires étrangères Ine Eriksen Søreide a déclaré au journal VG qu’une protestation avait été déposée auprès des autorités israéliennes et auprès de Netanyahou lui-même. Elle a ajouté que la Norvège agirait contre la liste noire BDS qui empêchera d’entrer en Israël des militants de groupes qui défendent le boycott, le désinvestissement et les sanctions. Le ministère des affaires stratégiques a publié dimanche sa liste de 20 organisations pro BDS. « Nous sommes au courant du cas de refus d’entrée à une citoyenne norvégienne à l’aéroport international Ben Gourion, samedi. Notre ambassade en a discuté avec le ministère israélien des affaires étrangères, mais la personne a été renvoyée d’Israël hier » a dit Søreide à VG. L’employeur de cette femme, L’église norvégienne d’aide (NCA), qui agit dans le monde entier, a confirmé que la responsable de sa branche à Jérusalem Est et en Cisjordanie avait été empêchée de retourner en Israël aux premières heures de la matinée de dimanche, alors même qu’elle y vit depuis plusieurs années. NCA a catégoriquement rejeté les allégations du ministère selon lesquelles en travaillant sous l’égide de NCA, la femme en question avait avancé de faux prétextes pour obtenir des visas pour des travailleurs humanitaires en violation des règlements des visas. L’organisation a ajouté qu’elle demanderait des explications à Israël. La travailleuse humanitaire en question n’est pas accusée de soutenir un boycott contre Israël, pas plus que d’autres accusations en lien avec une activité politique. « Elle était ici avec un visa de travail, mais on lui a refusé de revenir parce qu’elle a profité de sa situation pour donner des visas à des gens qui n’y ont pas droit, en violation des procédures » a dit Sabine Hadad, porte-parole du ministère de l’intérieur, de la population, de l’immigration et de l’autorité des frontières Søreide a dit : « Il est fort regrettable que des Norvégiens qui veulent suivre divers programmes et projets d’aide se soient vus ou risquent de se voir refuser l’entrée en Israël. Je note avec surprise que les autorités israéliennes ont publié une liste d’organisations qui ne seront pas autorisées à entrer en Israël sur la base de ce qu’Israël avance de leur soutien au BDS. Une organisation norvégienne en fait partie. Nous continuerons, avec d’autres pays concernés, à porter notre critique de cette pratique auprès des autorités israéliennes. Nous continuerons aussi à intervenir sur des cas individuels » a-t-elle ajouté. Elle a dit que le ministère norvégien des affaires étrangères avait récemment remarqué que des représentants de la société civile de plusieurs pays, y compris des États Unis, s’étaient vus refuser l’entrée en Isr aël. « La Norvège critique cela et l’a fait savoir aux autorités israéliennes. J’en ai parlé dimanche avec le premier ministre Benjamin Netanyahou et je l’ai répété lundi à la réunion avec le ministre de la coopération régionale », Tzachi Hanegbi. Tzipi Hotovely, vice-ministre des affaires étrangères, qui était présente à la réunion entre Søreide et Netanyahou, a dit après coup que la réunion avait été consacrée à passer en revue la situation politique, avec insistance sur la menace iranienne et sur l’importance accordée par Israël à la révision de l’accord nucléaire avec l’Iran. La question palestinienne à l’époque de Trump a aussi été soulevée, suite à la reconnaissance par le président américain de Jérusalem comme capitale d’Israël le mois dernier, a ajouté Hotovely. Après cela, Søreide a rencontré le président d’Israël Reuven Rivlin, qui l’a remerciée pour l’action de la Norvège dans la lutte contre l’antisémitisme et pour la position du gouvernement norvégien contre les boycotts d’Israël et contre le mouvement BDS. « Je crois que le mouvement BDS exacerbe la haine, il ne la combat pas » a dit Rivlin. « Il symbolise tout ce qui nous empêche de parler, de partager, de progresser ». BDS est contre tout ce à quoi Israël collabore, a accusé Rivlin qui a exhorté les Norvégiens à agir contre BDS aussi vigoureusement qu’Israël – parce que « (BDS) nous empêche d’aller de l’avant ». Søreide a remercié Rivlin pour son accueil et a dit qu’il avait été très important d’avoir une impression directe du processus de paix et de ce qu’il se passe dans la région. Elle a dit qu’elle croit que les Israéliens et les Palestiniens devraient négocier directement. « Le dialogue direct est ce qui assurera la sécurité pour les deux peuples » a-t-elle dit. Il était prévu que Søreide rencontre lundi des représentants officiels palestiniens à Ramallah ; elle quittera Israël plus tard dans la semaine pour se rendre aux États Unis.

 

LA SUEDE MET EN GARDE WASHINGTON CONTRE UNE REDUCTION DE L’AIDE AUX PALESTINIENS – Agence Belga, 10 janvier.

La Suède, gros donateur pour les Palestiniens, a mis en garde mardi Washington contre une réduction de l’apport de fonds américains à l’agence de l’ONU chargée de l’aide internationale à leur égard, jugeant qu’elle "déstabiliserait" la région et "serait très négative". Cette préoccupation a été soulevée à New York auprès de l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a précisé l’ambassadeur suédois auprès des Nations unies Olof Skoog. Selon une source diplomatique, l’administration américaine n’a pas versé, comme elle aurait dû le faire au 1er janvier, 125 millions de dollars à l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Les Etats-Unis aident les Palestiniens de manière bilatérale à hauteur de 319 millions de dollars (chiffre datant de 2016) via leur agence de développement USAID. A cela s’ajoutent 304 millions de dollars d’assistance versés par Washington aux programmes de l’ONU dans les Territoires palestiniens. Certains de ces fonds relèvent d’une contribution volontaire et non obligatoire. Après avoir décidé en décembre de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, provoquant la réprobation de la communauté internationale et la colère des Palestiniens, le président américain Donald Trump a menacé début janvier de couper l’aide financière américaine à ces derniers. "Retirer des fonds pour l’UNRWA serait très négatif en termes humanitaires pour plus de 5 millions de personnes mais aussi déstabiliserait la région", a fait valoir Olof Skoog mardi. A Washington, un responsable du Département d’Etat a cependant démenti lundi sous couvert d’anonymat une réduction de l’aide financière américaine à l’UNRWA. "La décision est en cours d’étude", a-t-il dit, assurant qu’aucune échéance n’avait été dépassée concernant les engagements américains. La Suède est le premier pays européen à avoir reconnu la Palestine comme un Etat, en 2014. Elle fait partie des 10 premiers donateurs à l’UNRWA avec les Etats-Unis, l’Union européenne, l’Arabie saoudite, l’Allemagne et le Royaume Uni.

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