Observatoire Géostratégique

numéro 256 / 11 novembre 2019

BRESIL : LULA SORT DE PRISON – Le Monde, 8 novembre.

L’ancien chef de l’Etat, condamné dans l’affaire « Lava Jato », était sous les verrous depuis avril 2018 pour corruption. La justice a autorisé sa libération, vendredi. L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) a été libéré, vendredi 8 novembre, et a été accueilli à sa sortie par une véritable marée rouge de militants de gauche devant la prison de Curitiba, dans le sud du pays, après plus d’un an et demi d’incarcération. La justice brésilienne avait autorisé, une heure plus tôt, la libération de l’ancien président brésilien, condamné à l’issue d’un procès controversé pour corruption dans l’affaire « Lava Jato » (« lavage express »). Portant une veste sombre, Lula, 74 ans, est sorti à pied, souriant aux côtés de sa compagne, la sociologue Rosangela da Silva, embrassant chaleureusement des sympathisants et saluant la foule d’un poing levé. L’ancien chef de l’Etat avait engrangé une victoire juridique décisive, jeudi, à l’annonce d’une décision de la Cour suprême jugeant inconstitutionnelle la jurisprudence selon laquelle un condamné peut être emprisonné avant l’épuisement de l’ensemble de ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel.

Suites de l’enquête « Lava Jato »

Approuvée par six voix contre cinq, la décision enterre une mesure mise en place il y a trois ans et qui a contribué au succès de l’enquête anticorruption « Lava Jato ». Cette enquête est centrée sur des entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) qui ont arrosé de pots-de-vin des responsables politiques et d’anciens cadres d’entreprises nationales en échange de contrats avec la compagnie pétrolière nationale Petroleo Brasileiro (Petrobras) et avec d’autres sociétés. Lula avait été accusé d’avoir bénéficié d’un triplex dans la station balnéaire de Guaruja, près de Sao Paulo, en échange de contrats accordés à une entreprise du BTP. La perspective d’être emprisonné immédiatement après avoir perdu un premier procès en appel encourageait les suspects à négocier des accords de plaider-coupable avec les procureurs en leur fournissant des informations dans le cadre de l’enquête anticorruption. Le président de la Cour suprême, Jose Antonio Dias Toffoli, dont la voix a été décisive, a déclaré que les libérations ne seraient pas automatiques mais décidées par les tribunaux au cas par cas.

Les procureurs de « Lava Jata » déplorent la décision

Le magistrat Sergio Moro, qui a conduit l’enquête « Lava Jato » avant de devenir ministre de la justice du gouvernement de Jair Bolsonaro, avait averti avant la décision de la Cour suprême que revenir sur cette interprétation du code pénal constituerait un grand revers infligé à la lutte contre la corruption. Les procureurs de « Lava Jato » ont déploré une décision qui compliquera leur tâche et favorisera l’impunité en raison des procédures d’appel « excessives » du système judiciaire brésilien. Le Parti des travailleurs (PT), dont est issu Lula, a salué l’arrêt de la Cour suprême. Sa présidente, Gleisi Hoffmann, l’a qualifié d’« étape très importante pour renforcer la démocratie et la Constitution à un moment où elles sont menacées par un gouvernement d’extrême droite ». Selon le Conseil national de justice, près de 4 900 personnes pourraient potentiellement bénéficier de cet arrêt. Le barreau brésilien a fait valoir que la prison obligatoire violait la Constitution en ne respectant pas la présomption d’innocence des accusés tout au long de la procédure d’appel.

 

YEMEN : DANS L’IMPASSE MILITAIRE, L’ARABIE SAOUDITE EN QUÊTE DE DIALOGUE AVEC LES HOUTHIS – RFI, 7 novembre.

L’Arabie saoudite a annoncé mercredi être en « contact » avec les rebelles houthis. Signe que Riyad a besoin de trouver une issue à la guerre au Yémen. L’Arabie saoudite a brisé un tabou mercredi en reconnaissant des « contacts » avec les rebelles houthis du Yémen qu’elle combat depuis 2015. L’intervention de la coalition commandée par l’Arabie saoudite a fait des milliers de victimes et provoqué un désastre humanitaire, sans pour autant vaincre la rébellion chiite des Houthis. C’est pourquoi le royaume saoudien cherche une issue autre que militaire, comme l’explique Helen Lackner, spécialiste du Yémen au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR). « Il est très clair que c’est dans l’intérêt de l’Arabie saoudite de trouver une solution et de finir cette guerre qui initialement devait, selon les Saoudiens, probablement durer quelques semaines, rappelle-t-elle. Donc il est vraiment temps de trouver une solution ». « Disons que les Saoudiens ne gagnent pas cette guerre, c’est parfaitement clair, poursuit la spécialiste. Ils doivent quand même s’en rendre compte maintenant, s’ils ne l’ont pas déjà fait. Le problème, la dernière fois qu’il y a eu des discussions, c’est qu’ils étaient vraiment sur le point d’avoir un accord, mais les deux côtés ne veulent pas perdre la face. Et les Houthis veulent en fait humilier les Saoudiens, et naturellement, les Saoudiens veulent au moins prétendre qu’ils n’ont pas perdu. » Mardi, le gouvernement yéménite et les séparatistes ont signé un accord de partage du pouvoir. Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU l’ont salué mercredi dans une déclaration approuvée à l’unanimité « les efforts de médiation du Royaume d’Arabie saoudite », estimant que « cet accord représente une étape positive et importante vers une solution politique globale et inclusive pour le Yémen ». Un accord « rendu possible » par Riyad a salué de son côté la France.

 

UN PALESTINIEN QUI NE PRESENTE PAS LA MOINDRE MENACE SE FAIT TIRER DANS LE DOS PAR LA SOLDATESQUE ISRAELIENNE – Agences, 3 novembre.

Samedi dernier, au checkpoint de Zaayem, à l’Est de Jérusalem : Des soldats israéliens renvoient un palestinien, qu’ils viennent d’interpeller, et pendant qu’il s’éloigne, l’un des soldats lui tire dans le dos, alors qu’il ne représentait aucune menace.

 

PIERRE KRÄHENBÜHL : « LA DECISION DE LA SUISSE M’A DECU » – Le Temps, 7 novembre.

Le chef démissionnaire de l’UNRWA, l’agence de l’ONU chargé des réfugiés palestiniens, assure qu’un rapport de l’ONU balaye toutes les allégations formulées contre lui. L’annonce de sa démission fait exulter Israël. Pierre Krähenbühl lance la contre-attaque. Des fuites, apparues cet été, avaient semblé mettre très gravement en question le comportement du désormais ex-chef de l’UNRWA, l’agence de l’ONU chargé des réfugiés palestiniens. Alors qu’il a présenté sa démission mercredi, le Suisse a décidé de sortir de son silence afin, dit-il, de rétablir la vérité.

Des allégations contenues dans un rapport interne de l’UNRWA, il ne resterait pratiquement rien, après qu’un organisme de l’ONU, le Bureau des services du contrôle interne a mené à son tour sa propre enquête. Privé pratiquement de tout soutien de la part de la Berne fédérale, Pierre Krähenbühl était placé dans une situation d’autant plus fragile que, face à des attaques extrêmement dures, l’UNRWA joue elle-même sa survie.

Les reproches

Le Genevois, qui assumait depuis 2014 le plus haut poste pour un Suisse dans le système des Nations unies (il avait le rang de sous-secrétaire général sous le chef de l’ONU Antonio Guterres), s’est déjà expliqué sur la RTS mercredi. Rencontré jeudi par Le Temps, il insiste : le rapport de l’ONU, qui n’est pas encore achevé, le blanchit d’ores et déjà des principaux soupçons qui pesaient sur lui et qui avaient provoqué un séisme cet été.

Les accusations qui avaient « fuité » dénonçaient frontalement les méthodes de gestion du commissaire général et de son «cercle rapproché». A Pierre Krähenbühl, il était notamment reproché d’avoir multiplié les voyages et les séjours à l’étranger. Il était surtout question de la présence constante, à ses côtés, d’une conseillère spéciale avec laquelle, accusait le rapport, Krähenbühl aurait entretenu une « relation sentimentale ».

A l’en croire, pourtant, toutes ces allégations ont été balayées. Trop de voyages en avion ? Du fait, principalement, du blocage des fonds américains décidé par le président Donald Trump, l’UNRWA devait éponger un déficit astronomique de 446 millions de dollars (pour un budget de 1,2 milliard). « Vous imaginez où en serait l’UNRWA aujourd’hui si j’étais resté tranquillement à mon bureau au lieu d’aller convaincre les donateurs? », interroge-t-il. « Vous imaginez les critiques que cela aurait provoquées avec raison ? ».

En multipliant les contacts auprès des pays du Golfe (200 millions de dollars récoltés), en élargissant la palette des donateurs (la Russie a mis la main au porte-monnaie pour la première fois), Pierre Krähenbühl a réussi à colmater les brèches. Au prix, également, de restructurations et de plusieurs centaines de licenciements qui ont provoqué pas mal d’animosité et même des menaces de mort à son encontre. « Peut-être qu’au nombre de ces voyages, on me reproche aussi ceux que je faisais à Gaza, à Damas ou à Alep au plus fort de la guerre », raille-t-il, en référence au conflit syrien qui a frappé durement les réfugiés palestiniens dans ce pays.

« Etre capable de lever des fonds »

« Lorsque j’ai été nommé par le secrétaire général de l’époque, Ban Ki-moon, l’une des exigences qu’il a formulées était précisément d’être capable de lever des fonds », explique celui qui, auparavant, avait fait l’essentiel de sa carrière au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L’UNRWA a toujours connu un déficit chronique, avant même que les Etats-Unis déclenchent la crise en bloquant leurs fonds.

Or, c’est notamment pour remédier à cette situation que Pierre Krähenbühl aurait plaidé pour la création d’un poste de conseiller spécial. L’élue, Maria Mohammedi, est titulaire de deux doctorats et connaît particulièrement bien les pays du Golfe. « Sa nomination a suivi une procédure transparente et conforme aux règlements », insiste-t-il. Sa conseillère spéciale prenait certes l’avion avec lui, parfois en tarif économique, parfois en business class, lorsqu’il s’agissait d’une nécessité professionnelle. « Nous devions préparer les dossiers en vol. Ici encore, le rapport final de l’ONU ne trouve rien à redire à ces pratiques ».

Aussi bien le commissaire général que son adjoint sont autorisés à voyager en business class avec un accompagnant. Les inspecteurs de l’ONU n’ont trouvé aucun élément qui confirmerait une relation autre que professionnelle entre Pierre Krähenbühl et sa conseillère. Restent encore des soupçons pesant sur la nomination, à un poste lié à la sécurité, du mari de la commissaire générale adjointe, l’Américaine Sandra Mitchell, qui a démissionné entre-temps. Le rapport final de l’ONU n’a pas encore tranché sur cette dernière allégation de népotisme. Mais ici encore, Pierre Krähenbühl affirme que ce risque avait été pris en considération et que toutes les règles de recrutement avaient été respectées.

La formule d’Ignazio Cassis

La démission du Suisse a immédiatement été perçue comme une victoire par les autorités israéliennes. Alors que l’Assemblée générale de l’ONU doit se prononcer dans trois semaines sur la poursuite du mandat de l’UNRWA, le chef de la diplomatie israélienne, Israel Katz, a appelé à démanteler cette organisation « absurde, immorale et déraisonnable ». Faisant écho à une formule utilisée aussi par le conseiller fédéral Ignazio Cassis, Israel Katz a répété que l’UNRWA « fait partie du problème et non de la solution ».

Cet été, la Suisse avait été le premier pays à geler ses contributions futures à l’UNRWA, semblant accréditer la pertinence des allégations formulées contre son chef. « Cette décision (de la Suisse) m’a déçu, reconnaît aujourd’hui Pierre Krähenbühl. En défendant une population dénuée de tout, à Gaza ou à Alep, je traduisais en actions des valeurs qui sont, me semble-t-il, chères à la Suisse ».

 

LA COUR SUPRÊME D’ISRAËL APPROUVE L’EXPULSION DU DIRECTEUR DE HUMAN RIGHTS WATACH – Agences, 5 novembre.

La cour suprême en Israël vient de valider l’expulsion d’ Omar Shakir, citoyen américain et directeur de Human Rights Watch en Palestine et Israël, en raison de son éventuel soutien à la campagne de boycott BDS. Cette expulsion est rendue possible depuis une loi votée en 2017 qui autorise la déportation et/ou l’entrée du territoire israélien à des citoyens étrangers supportant le boycott. La cour suprême en Israël vient de valider l’expulsion d’ Omar Shakir, citoyen américain et directeur de Human Rights Watch en Palestine et Israël, en raison de son éventuel soutien à la campagne de boycott BDS. Cette expulsion est rendue possible depuis une loi votée en 2017 qui autorise la déportation et/ou l’entrée du territoire israélien à des citoyens étrangers supportant le boycott. Ce jugement arrive après plus d’un an de procédure contre le directeur de HRW. Malgré les réfutations de l’ONG concernant une quelconque appartenance de l’américain au groupe BDS, et un premier appel en 2018, la cour suprême vient de valider l’expulsion du salarié de HRW. La décision finale appartient maintenant au gouvernement israélien, mais à lire la réaction du ministre de l’intérieur israélien Gilad Erdan, celle-ci ne fait peu de doute : “J’applaudis à la décision de la Cour suprême qui a accepté la position de mon bureau, selon laquelle un visa de travail ne devrait pas être accordé à un activiste étranger soutenant le boycott et qui veut faire du mal à Israël et à ses citoyens. Omar Shakir est un militant du BDS qui profite de son séjour en Israël pour la blesser et aucun pays sensé ne le permettrait.” Human Rights Watch, dénonce au travers de cette décision une tentative de la part d’Israël de museler toute forme de critique à son égard, d’utiliser le soutien non avéré à BDS de Shakir, pour invisibiliser le travail de l’ONG sur place.  A noter également que cette demande d’expulsion intervient après qu’un membre d’Amnesty International, présent à Gaza a été arrêté alors qu’il souhaitait se rendre en Jordanie pour l’enterrement d’un proche et interdit de quitter le territoire pour des raisons de sécurité “non-dévoilées”. Sur Twitter, Omar Shakir à quant à lui réagit :la décision revient maintenant au gouvernement israélien. Si cela se produit, j’aurai 20 jours pour partir et le pays rejoindra les rangs de l’Iran, de la Corée du Nord et de l’Égypte qui bloquent l’accès aux responsables de HRW. Nous ne nous arrêterons pas. Et nous ne serons pas les derniers. "

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

En bref :

Des manifestants ont incendié les domiciles de trois députés des alliances Sa’iroun, Fateh et de celle de l’Etat de droit. Un quatrième domicile d’un membre du conseil provincial a également été incendié. (Machrek, p.1).

Les manifestants obligent les services de sécurité à bloquer cinq ponts à Bagdad. Les forces de sécurité ont tiré des balles réelles contre des manifestants qui voulaient traverser le pont de Bab al-Muadham, près de la Cité médicale. (Mada, p. 1).

La France condamne les graves violences qui ont eu lieu en Irak au cours de derniers jours. Elle rappelle son attachement au droit des Irakiens à manifester pacifiquement. (NRT TV)

Politique intérieure : 

[Manifestations]

Des manifestants ont incendié les domiciles de trois députés issus de l’alliance Sa’iroun, du parti Fateh et de celui de l’Etat de droit. Un quatrième domicile d’un membre du conseil provincial a également été incendié. Des manifestants ont également empêché les camions citernes d’entrer ou de sortir de la raffinerie de Nassiriya, ont fermé quatre ponts et 30 établissements publics dans la ville. (Machrek, p. 1)

Les manifestants obligent les services de sécurité à bloquer cinq ponts à Bagdad. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles contre des manifestants qui voulaient traverser le pont de Bab al-Muadham, près de la Cité médicale. (Mada, p. 1)

Le général Abdel Karim Khalaf, porte-parole d’Adel Abdel Mahdi, chef des armées, a annoncé l’arrestation de 26 manifestants qui avaient tenté de bloquer le 5ème pont au nord de Bagdad, près de la cité médicale. Khalaf a indiqué que les instructions données aux forces de sécurité interdisaient l’utilisation des armes à feu, ajoutant que le blocage des rues et des services publics avait occasionné une perte de six milliards USD. Il a précisé avoir ordonné de fermer les chaines de télévision qui incitent à la violence. (Sabah al-Jadid, p.1)

[Gouvernement]

Le PM Adel Abdel Mahdi a examiné avec ses ministres les modalités de prise en compte des revendications des manifestants dans le budget de 2020. (Sabah, p.1)

« Le conseil des ministres et les gouverneurs sont prêts à démissionner à condition de trouver facilement des remplaçants » a affirmé le PM dans une réunion conjointe avec les gouverneurs. (Machrek, p. 1)

[Parlement]

Le Parlement tiendra une session samedi prochain pour évoquer quatre lois relatives à la retraite, la sécurité sociale, les privilèges des trois présidences et la suppression des conseils de gouvernorats et des collectivités territoriales. Le député indépendant, Abbas al-Attafi, a appelé le Parlement à poursuivre la tenue des sessions en vue d’amender la loi sur les élections, de suspendre la commission électorale et d’œuvrer à l’organisation d’un référendum sur l’évolution du rôle du Parlement. (Sabah, p.3)

La commission chargée d’amender la Constitution a tenu une réunion pour définir son organigramme et ses missions. Elle devrait soumettre au Parlement les amendements dans un délai de quatre mois. Saab Kheder, membre de la commission, a affirmé que cette commission devrait associer des juristes, la société civile et des représentants des manifestants. De son côté, Younadem Kanah, membre de la commission, a indiqué qu’il serait difficile de transformer le système parlementaire en système présidentiel car les Kurdes et les sunnites rejettent le système présidentiel (Sabah al-Jadid, p.1, Sabah, p.2)

[Justice]

Le tribunal spécialisé dans la lutte contre la corruption a convoqué Sami Néma, gouverneur adjoint de Muthanna pour son implication dans des actes de corruption. (Machrek, p. 1)

Le haut conseil de la magistrature appelle tous les magistrats et les procureurs généraux à examiner exhaustivement les articles de la Constitution pour soumettre des propositions à la commission compétente. (Mowaten, p.1)

[Editoriaux]

Un éditorial de Mada (p. 1) revient sur la position du PM Abdel Mahdi, qui refuse de démissionner, de dissoudre le Parlement et d’amender la Constitution. « comment le PM espère-t-il que les manifestants se calment, alors que ces trois questions sont leurs revendications fondamentales ? » s’interroge l’éditorialiste.

[Journal des manifestants]

Le deuxième numéro du journal des manifestants de la place Tahrir, intitulé Tok-Tok, est paru hier. Parmi les titres: « Ni l’Iran, ni les Etats-Unis », « Les manifestants de Tahrir répondent à Abdelmahdi : il n’y aura de retour à la normale que s’il y a un retour de l’Etat ! », « Ni religion ni laïcité : l’identité de l’Irak est l’Etat de droit », « Al Halboussi (président du Parlement) interdit la solidarité des habitants de l’Anbar vis-à-vis du mouvement de contestation », « Toi le sniper, je suis le prochain martyr », « L’Intifada de la colère».

[Réactions internationales]

Dans un tweet, le secrétaire d’Etat américain a mis l’accent sur la liberté des Irakiens de prendre les décisions qui concernent leur avenir. Il a affirmé que son pays soutenait fortement un Irak stable, sécurisé et capable de se défendre et de défendre son peuple. (Machrek, p. 1)

Dans un communiqué publié par l’ambassade britannique en Irak, cette dernière a qualifié « d’inacceptable » le recours à la force contre les manifestants pacifiques. (Machrek, p. 1)

Jeanine Antoinette Plasschaert, représentante spéciale pour l’Irak, a qualifié la coupure d’Internet de « violation de la liberté d’expression ». Par ailleurs, le bureau des droits de l’Homme auprès de la MANUI a affirmé que l’utilisation des bombes lacrymogène contre les manifestants pacifiques était injustifiée. (Machrek, p. 1)

L’ambassade des Etats-Unis en Irak a condamné les actes de violences, les décès des manifestants et les enlèvements  qui ont lieu dans le contexte des manifestations. (Sabah al-Jadid, p.1).

Politique étrangère :

António Guterres, SG des Nations Unis, a fait état de ses préoccupations vis-à-vis de l’utilisation des balles réelles contre les manifestants et a renouvelé son appel au gouvernement à engager un dialogue avec les manifestants. (Nas news)

France-relations bilatérales :

La France condamne les graves violences qui ont eu lieu en Irak au cours de ces derniers jours. Elle rappelle son attachement au droit des Irakiens à manifester pacifiquement. (NRT TV)

Ali al-Ibrahimi, vice-ministre de l’Education, a reçu une délégation emmenée par le conseiller culturel de l’ambassade de France en Irak. L’enseignement en français des matières scientifiques dans deux établissements scolaires à Bagdad et la réouverture de l’école irakienne à Paris ont fait l’objet de l’entretien. (Alem, p. 8).

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