Observatoire Géostratégique

numéro 208 / 10 décembre 2018

DE LA COHABITATION EN AMÉRIQUE !

« Trump est-il foutu ? ». Ainsi, l’Obs, hebdomadaire qui peine à comprendre qu’il est difficile d’être et d’avoir été1, présentait les élections de mi-mandat du 6 novembre 2018 aux États-Unis avant la tenue du scrutin2. Après le temps des certitudes de l’élection d’Hillary Clinton à la présidence du pays, il y a deux ans, nos courageux folliculaires de ce tabloïd boboland, version caviar de gauche, utilisent désormais le conditionnel. Qu’en est-il en vérité après les élections ? Même si Donald Trump doit céder la chambre des représentants au parti démocrate – ce qui ne constitue pas une énorme surprise -, il conserve néanmoins le Sénat à l’issue de multiples scrutins ayant enregistré une participation record.

Le moins que l’on puisse dire est que nous n’avons pas assisté à un tsunami démocrate (la fameuse « vague bleue » tant annoncée si ce n’est espérée) mais à une « victoire en demi-teinte » comme cela est souvent le cas deux ans après l’euphorie de la présidentielle3. La chronique d’une raclée annoncée n’a pas eu lieu tant l’Amérique est un État fédéral complexe qui ne se résume pas à la sociologie politique de la côte Est qui nous est plus familière. En effet, deux ans après l’élection de Donald Trump, les démocrates parviennent à reprendre, de justesse, aux républicains une des deux assemblées du Congrès, la Chambre des représentants, détenue depuis huit ans par le parti actuellement au pouvoir à la Maison Blanche4.

En somme, les résultats de cette consultation populaire ne présentent rien de révolutionnaire quoi qu’en pensent certains esprits germanopratins brillants par le vide de leur pensée5. Donald Trump se félicite d’un « immense succès » ! Afin de mieux appréhender la signification profonde de ces élections de mi-mandat (« midterms », pour reprendre le vocable consacré Outre-Atlantique), il importe d’en déchiffrer ses trois principales significations : institutionnelle, interne et internationale.

LA SIGNIFICATION INSTITUTIONELLE DES ÉLECTIONS DE MI-MANDAT

Alors que les médias nous fournissent une information incomplète et biaisée sur ce que sont en réalité ces élections de mi-mandat aux États-Unis, sorte de galop d’essai avant la prochaine élection présidentielle de 2020, tentons d’être le plus clair et le plus précis possible. Retournons-nous vers l’encadré que nous livre le quotidien Le Monde à la veille du scrutin ! Il résume objectivement l’enjeu de cette journée du mardi 6 novembre 2018 :

« Les élections de mi-mandat du mardi 6 novembre aux États-Unis, doivent déterminer la majorité au Congrès pour les deux dernières années du mandat de Donald Trump. C’est la première consultation nationale depuis son élection. Elle concerne les 435 sièges de la Chambre des représentants qui sont renouvelés pour deux ans, et 35 des 100 sièges du Sénat, qui sont remis en jeu pour les six prochaines années.

La Chambre des représentants et le Sénat sont actuellement à majorité républicaine. Les postes de 36 des 50 gouverneurs (chefs exécutifs des États) sont également soumis au vote. Enfin, les électeurs de 38 États sont appelés à s’exprimer sur 160 référendums locaux »6.

On comprend ainsi que le scrutin dépasse largement le cadre d’une élection législative à la Française puisqu’elle concerne les exécutifs des États fédérés mais aussi le renouvellement des juges (désignés par le peuple au nom du sacro-saint principe de la souveraineté populaire, cela s’appelle de la Démocratie en Amérique comme le soulignait justement Alexis de Tocqueville dans son ouvrage éponyme).

On comprend ainsi que tirer les leçons de multiples scrutins complexes aux significations différentes n’est pas chose aisée et nécessite une analyse particulièrement fine dépassant les formules toutes faites de nos perroquets à carte de presse, sorte de « toutologues » du XXIe siècle. Hâtons-nous de ne pas tirer des conclusions définitives ! Prenant de cours ses concurrents, Donald Trump a annoncé le 7 novembre que Mike Pence, l’actuel vice-président des Etats-Unis, avait accepté d’être à nouveau son colistier pour l’élection présidentielle de 20207.

Que peut-on ou doit-on, à ce stade, penser des significations intérieure et internationale de cette kyrielle de scrutins ?

LA SIGNIFICATION INTERNE DES ÉLECTIONS DE MI-MANDAT

Il serait présomptueux de tirer une conclusion définitive, péremptoire et unique de cette journée du mardi 6 novembre 2018, avec un recul dans le temps aussi limité. Peut-être est-il plus sage de procéder, par touches successives, à la manière des peintres de l’école impressionniste pour tenter de comprendre ce qui a changé et ce qui n’a pas changé depuis novembre 2016, date de l’élection de Donald Trump ! Une sorte de moment de vérité8 à travers plusieurs caractéristiques objectives.

Une participation élevée

La participation aux différents scrutins a été particulièrement élevée, contrairement à la tradition. Les deux camps ont œuvré en ce sens. S’impliquant personnellement, Donald Trump effectue un marathon électoral, se démultipliant pour galvaniser ses troupes en faveur de sa politique9, se sachant attaqué dans ses bastions traditionnels10. Du côté du parti démocrate, l’on a ressorti Barack Obama de sa retraite dorée pour battre les estrades, recueillir des espèces sonnantes et trébuchantes, taper sur son successeur accusé de tous les maux de l’Amérique et du monde. Encore un dirigeant qui a la mémoire courte. Cette participation record est à mettre en relation avec les 10 000 comptes appelant à ne pas voter que Twitter a supprimé. Elle conduit aux résultats suivants : Chambre des représentants (219 démocrates, gain de 26 sièges ; 193 républicains)11, Sénat (45 démocrates, 51 républicains, gain de 2 sièges).

L’émergence d’un nouvel électorat

La campagne a fait émerger une frange de l’électorat moins visible dans les scrutins précédents. Ceux qui n’avaient pas cru bon voter en 2016 et qui ne voulaient pas voir une victoire écrasante da Donald Trump. Nous avons assisté à une mobilisation importante des femmes12 comme jamais dans le passé13 en réaction aux discours machistes de Donald Trump14, des LGBT, des représentantes des minorités particulièrement actives dans ce pays (à l’instar des Latinos) qui a exporté en France le mal du communautarisme dont nous payons aujourd’hui l’addition, intérêts et principal. Cet électorat semble avoir voté massivement pour le Parti démocrate et fait basculer la Chambre des représentants. La question est de savoir si ce résultat est encourageant ou non dans l’hypothèse d’une candidature de Donald Trump en 2020. En tout cas, il ne tarde pas à régler ses comptes avec les démocrates, la presse et le procureur spécial chargé de l’enquête russe15.

Une Amérique fracturée16

Les résultats de ces scrutins font apparaître – ce qui n’est pas non plus une surprise – une fracture géographique et sociale du pays, voire même à l’intérieur des familles17. Le pays n’est pas un comme certains bons esprits voudraient nous le faire croire. En effet, les États-Unis apparaissent plus divisés que jamais après le mardi 6 novembre 2018. Comme le titre le quotidien Le Monde à la une : « Á mi-mandat, deux Amériques opposées »18. Le thème de l’immigration (comme dans le reste du monde) est en arrière-fond du débat, alimenté par la caravane de migrants venus d’Amérique latine. Caravane que le président de la République, Donald Trump a promis de chasser, y compris par la force (« Si les migrants veulent lancer des pierres sur notre armée, notre armée répliquera » ou bien sur son compte Twitter : « Ce que font les démocrates à notre pays est scandaleux » en matière d’immigration, cela va sans dire)19. Le discours de Donald Trump « flirte avec les zones à risque de l’inconscient américain »20.

Durant la fin de la campagne électorale, il évolue entre triomphalisme et alarmisme, vantant son bilan et jouant sur la peur des migrants21. Washington, par la voie de son sulfureux conseiller à la sécurité nationale, John Bolton n’a pas manqué l’occasion de dénoncer une « troïka de la tyrannie » en Amérique latine22. Il relève de l’évidence que la surenchère a caractérisé cette campagne électorale hors-norme dans un pays fortement divisé sur divers enjeux de politique et de société.

Une politique pérenne

Pour faire court et médiatique, on peut affirmer, sans grand risque d’erreur, que les « midterms » ne vont pas changer grand-chose à la politique de Donald Trump qui dispose toujours de la possibilité de gouverner par « décrets » en cas de blocage de la Chambre des représentants dont la prochaine présidente pourrait être la démocrate Nancy Pelosi, réélue députée de Californie le 6 novembre 201823. Si le 45ème président des États-Unis perd la Chambre des représentants, il renforce ses positions au Sénat, preuve que le désamour avec le peuple américain n’est pas aussi important que nos médias panurgistes veulent bien nous le laisser entendre (il ne jouait pas sa présidence dans ses élections24).

Jupiter pourrait en prendre de la graine, lui qui pratique « l’intinérance mémorielle » pour faire passer la pilule amère de la hausse des carburants25. Il fau bien admettre que Donald Trump a réussi le tour de force de faire mieux que ses prédécesseurs en pareille occasion26. Pas si mal pour celui qui est caricaturé ad nauseam pour en faire un vulgaire tocard et un éternel « loser ». Comme quoi, on peut se prendre être un expert et se tromper comme un vulgaire gogo ignorant de la réalité internationale.

L’avenir du trumpisme27

Il faudra s’y faire tant la réalité est évidente et crève les yeux. Deux ans après l’élection présidentielle, il existe un « véritable ancrage du Trumpisme » en Amérique28. Alors même que l’on explique, depuis la prise de fonctions de Donald Trump, que son mandat ne parviendra pas jusqu’à son terme tant il accumule les bourdes et les affaires de corruption et de compromission avec la Russie le plombent. Sans parler des nombreuses révélations sur ses frasques sentimentales hors mariage !

Que nos oracles et autres prévisionnistes à la petite semaine n’ont rien vu venir et ne comprennent toujours rien à l’Amérique dans ce qu’elle a de profond et de complexe29 ! Le Washington Post pourra continuer à mettre en exergue au-dessus de son titre « La démocratie meurt dans les ténèbres » depuis l’élection de Donald Trump sans que cela ne change rien à la situation actuelle. Il gagnerait à méditer la célèbre formule du général de Gaulle selon laquelle « il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». Mais en Amérique, tout peut arriver.

Si tant est que cela relève du domaine du possible, est-il ou non possible de tirer quelques enseignements de ce scrutin du 6 novembre 2018 sur le plan international dans un pays où les préoccupations « domestiques » l’emportent très largement sur les considérations diplomatiques ? À tout le moins, nous allons essayer de nous livrer à cet exercice de réflexion intellectuelle qui n’est pas totalement inutile pour l’avenir.

LA SIGNIFICATION INTERNATIONALE DES ÉLECTIONS DE MI-MANDAT

Une fois de plus, même s’il est téméraire de vouloir tirer des plans sur la comète, nous pouvons essayer de comprendre ce que cette élection pourrait emporter comme conséquences sur la scène internationale. Et cela en nous plaçant dans une double perspective.

Au regard de la montée des populismes dans le monde

La légère remontée des démocrates lors du scrutin du 6 novembre 2018 n’est pas suffisamment significative pour démontrer qu’un coup d’arrêt aurait été donné au phénomène que l’on a coutume de désigner par l’expression péjorative de « montée des populismes »30. Manifestement, Donald Trump possède encore un socle assez solide d’électeurs qui se reconnaissent dans son slogan America First et que les critiques venues des bonnes âmes n’atteignent nullement. Le rédacteur de l’hebdomadaire Marianne qui avait trouvé judicieux de titrer avant le scrutin – on n’imagine par un trait d’humour – « Trump, à son terme » est en pour ses frais, démontrant ainsi qu’il n’a rien compris ni à la vie politique américaine, ni au phénomène de rejet croissant des élites par les peuples31 (il effectuera une sorte de retropédalage habile une fois les résultats connus32). À trop les mépriser, il arrive qu’ils se rebellent en rejetant les partis traditionnels qui leur servent les mêmes bobards à longueur d’année. Les citoyens américains ont gardé le plus mauvais souvenir de Bill Clinton comme président et de son épouse Hillary, comme responsable des Affaires étrangères33. À ce jour, l’économie américaine est prospère à coups de baisses d’impôt et de déficits. Qu’ajouter de plus ?

Donald Trump conduit ouvertement le combat contre tous les États qui exportent plus qu’ils n’importent des États-Unis : Allemagne mais surtout la Chine à laquelle des sanctions sont imposées. Aucun de ses prédécesseurs n’avait voulu dénoncer ces déficits et mener le combat, y compris avec la plus grande brutalité. Pourquoi les peuples appelés aux urnes, hier et demain considèreraient-ils le « populisme » ou le « nationalisme » comme une « lèpre », pour reprendre la formule chère à Emmanuel Macron ? Pourquoi n’y aurait-il pas d’autres Brésil en Amérique latine (Argentine ?) ou ailleurs ? Pense-t-on sérieusement que c’est par une politique permanente et simpliste de l’anathème que les partis dits populistes seront écartés lors des prochaines élections au Parlement européen en mai 2019 ? Les plus récents sondages donnent LREM et le RN au coude-à-coude, voire une légère avance au second par rapport au premier. Il est vrai que, depuis le début de l’affaire Benalla et toutes les polémiques qui émaillent l’actualité, « Jupiter est tombé de l’Olympe »34. Le populisme a encore de beaux jours devant lui avec les dirigeants pleutres et adeptes du parler-faux que nous avons. Depuis l’élection de Donald Trump et le vote en faveur du « Brexit », les évènements confirment cette tendance en dépit des rodomontades de nos élites bienpensantes35.

Au regard du rejet du multilatéralisme par les États-Unis

Quoi que prétendent les dirigeants démocrates – dont on peine toujours à comprendre les grands axes de leur éventuelle politique étrangère -, il y a fort à parier que les différences avec celles de Donald Trump ne seraient pas énormes, hormis quelques inflexions dans la forme et dans la sémantique. Les distances structurelles avec le multilatéralisme sont inscrites dans l’A.D.N. du « peuple à la destinée manifeste ».

Imagine-t-on un seul instant une nouvelle administration démocrate prenant aujourd’hui les commandes du paquebot US rejoindre à nouveau l’accord sur le climat, l’accord sur le nucléaire iranien, signer au bas d’un parchemin tous les accords commerciaux de libre-échange conclus par les précédentes administrations… ? Et, l’on pourrait multiplier les exemples à l’infini. L’Amérique n’a toujours pas ratifié le traite d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN en français ou CTBT en anglais), refuse toujours de rejoindre un éventuel protocole de vérification à la Convention d’interdiction des armes biologiques de 1972, la convention d’interdiction des mines antipersonnel, dite convention d’Ottawa, n’est pas revenue sur sa décision d’abandonner les traités ABM et START pour s’en tenir à quelques exemples pris dans le domaine de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération. Veut-elle renoncer à quitter le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) ? Accepterait-elle la mise en place d’une défense européenne (Emmanuel Macron évoque une « armée européenne ») entièrement autonome et indépendante de l’OTAN ?36 Dans le domaine de la justice pénale internationale, a-t-on entendu une seule fois une haute autorité démocrate faire part de son engagement sérieux à adhérer au statut de la Cour pénale internationale ? Dans le domaine du commerce international, serait-il concevable qu’une administration démocrate abandonne le combat lancé par Donald Trump contre le fonctionnement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) basée à Genève ? Dans le domaine du droit international, envisagerait-elle de renoncer à l’application extraterritoriale du droit américain, arme de guerre particulièrement efficace contre tous ses concurrents, y compris ses alliés ? Serait-il envisageable de revenir sur le rapprochement avec la Corée du nord ? Quid des relations avec l’Union européenne et ses membres ?37 Quid des relations avec la Russie et la Chine ? Sur le dossier du Proche et du Moyen-Orient (solution du conflit israélo-palestinien, Syrie, Irak, alliance avec l’Arabie saoudite après l’assassinat de Jamal Khashoggi, fin de la guerre au Yémen, remise en ordre de la Libye…), que savons-nous sur les intentions démocrates ? Rien ou pas grand-chose à ce jour qui nous éclaire.

La campagne pour les élections de mi-mandat n’a apporté aucune réponse à toutes ces questions lancinantes qui intéressent les experts des relations internationales. Tout le reste n’est que chimère et rêve de Candide qui ne comprennent rien à l’Amérique éternelle ! La seule chose à laquelle puisse conduire une Chambre des représentants démocrate est un faible contre-pouvoir à quelques initiatives malheureuses de Donald Trump par effet de blocage. En effet, il existe de grandes tendances structurelles dans la politique étrangère américaine qui rendent difficiles des évolutions drastiques. L’énorme paquebot américain ne se manie par comme un frêle esquif. En un mot, pour conclure sur ce chapitre, le monde devra s’adapter à la diplomatie trumpienne et non le contraire, deux ans après sa prise de fonctions. Les dernières élections n’ont rien changé dans ce domaine de la politique internationale comme dans bien d’autres.

 
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« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » (Antonio Gramsci). Et, c’est bien ce dont nous sommes les témoins à suivre les résultats relativement convergents des élections au quatre coins de la planète. Quoi qu’en pensent quelques bonnes âmes, le Trumpisme n’est pas mort et, en toutes hypothèses, il survivra à Donald Trump tant il pose des questions essentielles pour l’avenir de l’Amérique et de la gouvernance mondiale !38 Même s’il révèle les fractures de l’Amérique, il paraît en partie conforme aux espérances d’une large frange de l’électorat américain39. Qu’on le veuille ou non ! Et c’est avec cette Amérique atomisée40 qu’il faut travailler pour imaginer le monde de demain et non se lamenter sur celui d’hier. Dans ses extravagances non contestables, Donald Trump pose de vraies questions que Barack Obama n’avait jamais posées alors qu’il passe pour un intellectuel averti. Le moins que l’on puisse dire est que bon nombre de nos dirigeants éclairés n’éprouvent pas la moindre envie de se remettre en question et de remettre en question le paradigme des relations internationales du XXe siècle. Ils nous rappellent ce qu’écrivait Frederik Nietzsche dans son Crépuscule des idoles : « Ramener quelque chose d’inconnu à quelque chose de connu, cela soulage, rassure, satisfait. Avec l’inconnu, c’est le danger, l’inquiétude, le souci qui apparaissent – le premier mouvement instinctif vise à éliminer ces pénibles dispositions ». Et c’est bien cela qui rend notre monde encore plus complexe, imprévisible et lourd de menaces. Telle est l’intolérable vérité. Avec cette seconde partie du mandat de Donald Trump s’ouvre une nouvelle phase que l’on pourrait emprunter, en l’adaptant, à Alexis de Tocqueville : de la cohabitation en Amérique.

Guillaume Berlat
12 novembre 2018

1 Odile Benyahia-Kouider, « Le Monde », « L’Obs », « Les Inrocks » : les malheurs du banquier Pigasse. Le mauvais business de « Citizen Kane Pigasse », Le Canard enchaîné, 7 novembre 2018, pp. 1 et 3.
2 Trump est-il fou ?, L’Obs, 31 octobre-7 novembre 2018, une
3 Mathieu Magnaudeix, « Midterms » : Trump sauve les meubles, www.mediapart.fr , 7 novembre 2018.
4 Dick Howard, À quoi est due la poussée démocrate ?, Le Monde, Idée, 10 novembre 2018, p. 5.
5 Éditorial, États-Unis : un scrutin de mi-mandat lourd d’enseignements, Le Monde, 6 novembre 2018, p. 21.
6 Le contexte « Midterms », Le Monde, 6 novembre 2018, p. 3.
7 Philippe Gélie, Donald Trump a déjà l’œil sur la présidentielle de 2020, Le Figaro, 7 septembre 2018, p. 10.
8 Arnaud de la Grange, Moment de vérité, Le Figaro, 6 novembre 2018, p. 1.
9 Philippe Gélie, Trump, candidat en chef aux « midterms », Le Figaro, 29 octobre 2018, p. 8.
10 Trump défié dans ses bastions par les démocrates. « Midterms » : les démocrates à l’assaut des bastions républicains, Le Figaro, 22 octobre 2018, pp. 1-2-3.
11 Gilles Paris, Les démocrates reprennent la Chambre, Le Monde, 8 novembre 2018, p. 2.
12 Corine Lesnes, Un nombre record de femmes siégera au Congrès, Le Monde, 8 novembre 2018, p. 3.
13 Maurin Picard, L’année où les femmes se sont engagées dans la bataille. Les démocrates misent sur la colère féministe pour gagner du terrain, Le Figaro, 3-4 novembre 2018, p. 4.
14 Denis Lacorne, Les femmes ont exprimé leur ras-le-bol du discours de Trump, Le Monde, 9 novembre 2018, p. 20.
15 Gilles Paris, Revanchard, Donald Trump règle ses comptes, Le Monde, 9 novembre 2018, p. 2.
16 François d’Alançon, Donald Trump face à la division de l’Amérique, La Croix, 8 novembre 2018, p. 9.
17 Laure Mandeville, Quand Donald Trump divise jusqu’au cœur des familles, Le Figaro, 6 novembre 2018, p. 4.
18 À mi-mandat, deux Amériques opposées. Nette victoire démocrate à la Chambre des représentants ; les républicains consolident leur position au Sénat, Le Monde, 8 novembre 2018, p. 1.
19 La longue marche des migrants vers les États-Unis, Le Monde, 4-5 novembre 2018, p. 1.
20 Alain Frachon, Trump et ses mots, Le Monde, 3 novembre 2018, p. 21.
21 Gilles Paris, Trump entre triomphalisme et alarmisme, Le Monde, 3 novembre 2018, p. 5.
22 Washington dénonce une « troïka de la tyrannie » en Amérique latine, Le Monde, 3 novembre 2018, p. 5.
23 Corine Lesnes, Nancy Pelosi, la revanche de la « dame de fer », Le Monde, 8 novembre 2018, p. 3.
24 Philippe Gélie, « Midterms » : Trump joue sa présidence, Le Figaro, 6 novembre 2018, pp. 2-3.
25 Erik Emptaz, Il compte sur « l’itinérance mémorielle » pour faire oublier le prix à la pompe. Macron caresse les Français dans le sens du poilu. Les taxés de la Marne, Le Canard enchaîné, 7 novembre 2018, p. 1.
26 Alexandre Mendel, Trump et la foi du charbonnier, Valeurs actuelles, 1er novembre 2018, pp. 34-35-36-37.
27 Alain Frachon, L’avenir du trumpisme, Le Monde, 9 novembre 2018, p. 22.
28 Éditorial, L’ancrage du trumpisme, Le Monde, 8 novembre 2018, pp. 1 et 26.
29 Arnaud Leparmentier, Les républicains conservent leur bastion de Floride, Le Monde, 8 novembre 2018, p. 4.
30 Henri Pena-Ruiz, Populisme : le gros mot à tout faire, Marianne, 9-15 novembre 2018, p. 40.
31 Alain Léauthier, Donald Trump, à son terme…, Marianne, 2-8 novembre 2018, pp. 8-9-10.
32 Alain Léauthier, Trump entravé, mais pas empêché, Marianne, 9-15 novembre 2018, pp. 20-21.
33 Thomas Frank, « Bill Clinton a fait un mal considérable à la classe ouvrière », Marianne, 2-8 novembre 2018, pp. 16-17.
34 Luc Ferry, Jupiter tombé de l’Olympe, Le Figaro, 25 octobre 2018, p. 19.
35 Alexandre Lemarié, Européennes : Macron ajuste ses plans, Le Monde, 10 novembre 2018, p. 8.
36 Jack Dion, Le jour où l’Europe s’est couchée devant Trump, Marianne, 9-15 novembre 2018, p. 44.
37 Sylvie Kauffmann, États-Unis-Europe : histoire d’un divorce, Tensions de famille en Occident, Le Monde, 10 novembre 2018, pp. 1-14-15.
38 Alexandra de Hoop Scheffer (propos recueillis par Gaïdz Minassian), « Le trumpisme continuera après Trump », Le Monde, Idées, 27 octobre 2018, p. 6.
39 Gilles Paris, « Midterms », Le risque d’une division accrue, Le Monde, 6 novembre 2018, p. 2.
40 Rachel Kushner (propos recueillis par Nicolas Truong), « La société américaine est atomisée », Le Monde, 9 novembre 2018, p. 20.

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