Observatoire Géostratégique

numéro 252 / 14 octobre 2019

DEFENSE EUROPENNE : L’AVION HISPANO-FRANCO-ALLEMAND VERRA-T-IL LE JOUR ?

« Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui devient sans foi ni loi… Les rapports de forces purs dominent les relations internationales et la confrontation l’emporte sur le compromis…. L’Europe doit sortir de son innocence, elle doit cesser d’être naïve. Elle doit assumer ses responsabilités et ne pas avoir honte de ses forces, bien réelles. Dans le monde actuel, il faut se protéger contre les agressions stratégiques. C’est impératif. Je note que les choses évoluent positivement en matière de défense, par exemple, en 2019, à Bratislava, nous avions lancé une initiative. Beaucoup de nos partenaires nous observaient avec scepticisme. Aujourd’hui, les mêmes nous encouragent à aller plus loin et l’Union européenne vient de créer un fonds européen de défense, qui devrait être doté d’une enveloppe de près de 13 milliards d’euros pour soutenir le développement des moyens européens de défense… »1. En théorie, cette déclaration est parfaite. Et, le citoyen français, européen ne peut que se féliciter de cette volonté des Européens de prendre en mains leur destin en termes de sécurité et de défense. Et cela si l’on sait que depuis 1949, les Européens ont sous-traité leur défense à l’Alliance atlantique (OTAN), en un mot aux États-Unis. Leur défense en premier lieu mais aussi les outils pour l’assurer, en second lieu. Et, c’est là que le bât blesse ! En contrepartie de l’assurance tous risques qu’ils accordent à leurs alliés, les Américains d’eux qu’ils se fournissent exclusivement en matériels américains au nom de la sacrosainte interopérabilité. Rappelons rapidement que signifie la recherche d’une défense européenne autonome avant de nous pencher sur un exemple récent d’initiative franco-allemande dans le domaine aérien. Ainsi, nous serons en mesure d’apprécier les limites intrinsèques de cette heureuse démarche.

RECHERCHE D’UNE DÉFENSE EUROPÉNNE AUTONOME

À plusieurs reprises dans le passé, nous avons informé nos fidèles lecteurs de prochetmoyen-orient.ch des vicissitudes de la construction d’une Europe de la défense crédible en termes d’objectifs stratégiques ; de moyens financiers, techniques et humains ; d’autonomie de décision par rapport au grand frère américain2. Il n’est nul besoin d’y revenir au risque de lasser notre auditoire. Le sujet est particulièrement bien documenté.

Pour actualiser la problématique – même si elle conserve une grande constance dans le temps et dans l’espace -, nous les renvoyons à la présentation faite récemment par les premiers concernés, à savoir nos militaires regroupés dans l’Association de soutien à l’Armée française dans son bulletin du mois de juin 2019. Pour éviter toute méprise sur sa signification, nous la reprendrons intégralement.

Début de citation :

« Viser l’autonomie stratégique de l’Europe »

Les élections européennes passées, les questions posées doivent être réglées mais aussi celles qui ne l’ont pas été ou trop peu.

A cet égard, les questions de Défense et plus généralement d’autonomie stratégique de l’Europe, c’est-à-dire de nos pays, n’ont pas occupé une place centrale dans les débats tant ceux-ci se sont réduits à des affrontements politiciens très franco-français.

Au-delà du face-à-face proposé « populistes, progressistes » ou « souverainistes, mondialistes », caricatural, réducteur et trompeur, il est urgent de voir comment les nations européennes doivent s’organiser pour garantir leur indépendance et les valeurs de leur civilisation commune. Inutile de nier ou de refuser la mondialisation, certaines de ses nécessités et de ses contraintes (un Français sur trois travaille pour l’exportation qui nous permet de payer le pétrole que nous n’avons pas) ;  mais tout aussi stupide et dangereux est le projet de nous dissoudre dans un vaste ensemble au sein duquel chaque nation d’Europe aurait perdu son identité, ses spécificités, bref ce qui fait l’une des richesses de notre continent.

Face aux grandes puissances comme les États-Unis et la Chine, disposant de capacités de domination qui augmentent de manière exponentielle, il est indispensable que nos nations coopèrent activement et partagent sur les domaines nouveaux qui conditionneront notre liberté dans les années à venir. Sinon nous serons inexorablement dominés, vassalisés, soumis aux intérêts de ces puissances étrangères.

C’est particulièrement vrai dans le domaine militaire et notamment pour ce qui concerne le renseignement, l’espace et la cyberguerre. Mais là comme ailleurs, ces coopérations renforcées qu’il faut développer dans les domaines hautement stratégiques exigent une volonté et des efforts considérables s’inscrivant dans la durée de la part des États qui sont les plus déterminés. Dans tous les cas, l’Europe, sans permettre aux nations d’économiser, suscitera des synergies significatives. Mais surtout, elle contribuera à faire que nos pays restent libres.

C’est l’enjeu majeur et urgent auquel doivent faire face les nations européennes. Unis nos pays peuvent rentrer à nouveau dans le jeu mondial ; isolés, chacun d’eux sera balloté au gré des intérêts des grandes puissances. Il faut méditer les exemples de Galileo, d’Ariane et d’Airbus, et se persuader que l’Europe peut être le cadre dans lequel, par des coopérations renforcées dans des domaines stratégiques, chaque nation pourra rester elle-même »3.

Fin de citation

Qu’ajouter de plus à cette présentation claire si ce n’est qu’elle doit, comme toujours, être confrontée aux pesanteurs du passé et aux aléas du présent ! Comme nous le rappelle l’adage bien connu, il y a loin de la coupe aux lèvres. À savoir que la conception d’un idéal est loin de sa réalisation. Ainsi, il n’est pas toujours évident d’obtenir ce à quoi on aspire. Mais, il ne faut jamais désespérer de la capacité de l’homme à se surpasser. Aujourd’hui, l’espoir vient d’une initiative franco-allemande dans le domaine aérien présentée, le 17 juin 2019, au 53ème Salon de l’aéronautique du Bourget.

Le salut de l’Europe de la défense au XXIe siècle ne viendrait-il pas du ciel comme un signe du destin ?

LANCEMENT DU PROJET DE PREMIER AVION DE CHASSE HISPANO-FRANCO-ALLEMAND

En marge, mais à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget, un pas important a été accompli par l’Allemagne et la France sur la voie d’une coopération militaire pour l’avion de combat du futur. Le moins que l’on puisse dire, à ce stade très préliminaire du projet, est que l’accord du Bourget constitue à la fois une mesure symbolique importante mais aussi un premier pas dans la bonne direction. Reste désormais à savoir ce que nous réservera la suite de ce feuilleton dont les péripéties risquent d’être aussi nombreuses que surprenantes.

L’accord du Bourget : une mesure symbolique importante

En présence du président de la République, Emmanuel Macron, un pas important a été franchi le 17 juin 2019 à l’occasion du 53ème Salon de l’aéronautique du Bourget. Le voile tombe sur la maquette de l’avion de chasse de nouvelle génération du futur (successeur du Rafale) – présenté comme fer de lance des Européens dans le ciel à l’horizon 2040 – en présence du gratin de l’armée française : chef d’état-major des armées (François Lecointre) et de l’armée de l’air (Philippe Lavigne) et des principaux responsables de Dassault Aviation4. C’est que trois ministres en charge de la Défense (Ursula von der Leyen pour l’Allemagne, Margarita Robles pour l’Espagne, Florence Parly pour la France) signent ce jour-là l’accord-cadre pour lancer une coopération trilatérale visant à organiser le développement du SCAF (Système de combat aérien du futur) jusqu’en 2030. C’est la France qui pilote ce projet alors que l’Allemagne a en charge l’autre projet franco-allemand en matière d’armement, celui du char du futur5. Cet accord démontre la volonté de trois pays de se lancer dans cet ambitieux programme et des deux industriels Dassault Aviation et Airbus d’avancer ensemble6. En cette période de repli sur soi, de retour d’une certaine forme de protectionnisme, de doute sur l’aventure européenne, la mesure comporte une dimension symbolique importante qu’il ne faut pas négliger. En un mot comme en cent, ne boudons pas notre plaisir même s’il s’agit avant d’un « projet politique ».

L’accord du Bourget : un premier pas dans la bonne direction

Comment ne pas se féliciter de cette coopération franco-allemande (vol inaugural prévu en 2026) réussie alors que les sujets de divergence entre Berlin et Paris ne manquent pas en termes de construction européenne ? Et cela d’autant plus que le domaine de la construction d’armements est un domaine dans lequel les Américains veulent conserver la haute main. America First oblige. La construction européenne qui fonctionne est une aventure qui débute souvent par une complicité franco-allemande qui s’élargit petit à petit à d’autres partenaires. Tel est bien le cas du SCAF ! À ce stade, l’on n’exclut pas que d’autres Européens puissent être intéressés par l’aventure à l’avenir. Ce qui paraissait au départ comme une gageure, associant gouvernements, armées et industriels est devenue réalité. Une rupture technologique prend désormais tournure. Mais, de nombreux obstacles ne manqueront pas de se présenter dans les mois et les années à venir. Obstacles techniques : comment relever tous les défis liés à la mise en œuvre d’un projet de « combat collaboratif » à partir de multiples équipements connectés ? Obstacles financiers : comment parvenir à supporter le coût global du SCAF qui devrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros ? La loi de programmation militaire française a prévu deux milliards d’euros de dépenses jusqu’en 2025. Cela sera-t-il suffisant ? Obstacles politiques : comment compenser le manque de confiance entre Allemands et Français pour conduire à son terme pareille prouesse technologique surtout lorsqu’existe un blocage sur la question du contrôle des exportations d’armements7 ? La réponse à cette question n’est pas évidente. Obstacles militaires : l’état-major de l’armée allemande est vent debout contre ce projet. Si l’occasion se présente, il ne renoncera pas à faire entendre sa voix. Mais, toute aventure d’une telle exceptionnelle ampleur n’est jamais gagnée d’avance. Elle est soumise à de nombreux aléas qu’il appartient de minimiser à force de patience et de volontarisme.

Entre la théorie et la pratique, il existe un gouffre qu’il nous appartient de préciser. Ce qui nous permettra de mieux comprendre que la défense européenne n’est pas encore pour demain même en demeurant très optimiste.

LA DÉFENSE EUROPÉNNE N’EST PAS UN LONG FLEUVE TRANQUILLE

Sans être rabat-joie, il importe de garder la tête froide et d’être conscient des obstacles de diverses natures qui ne manqueront pas de s’élever sur la longue route qui séparer un projet de sa réalisation concrète (premier vol et, le cas échéant) acquisition du SCAF par les membres de l’Union européenne. En simplifiant à l’extrême la problématique du futur, l’on peut, sans grand risque d’erreur dire que les obstacles viendront d’abord de l’intérieur de l’Europe mais également de l’extérieur de l’Union. Nous pensons bien évidemment à nos excellents alliés et amis et alliés Américains qui veillent au grain.

Les obstacles intra-européens : division et atlantisme

Notons pour commencer, comme le soulignent très peu de commentateurs, que le projet de SCAF – pas plus qu’Airbus ou Ariane – n’est pas un projet européen au sens propre. Il est lancé par quelques membres de l’Union européenne en dehors de l’Union européenne. Ce qui explique qu’il existe aujourd’hui. L’Europe des procédures et des querelles juridiques l’aurait rendu irréalisable. Il est donc erroné de le mettre en relation, du moins à ce stade, avec la Défense européenne. Il est aussi clair de dire que bon nombre de partenaires s’y seraient opposés pour des raisons de principe, une sorte atlantisme de bon aloi, y compris en France chez les néocons bon teint. Comme le souligne justement, le général Vincent Desportes, et cela de manière paradoxale, « L’OTAN est une menace pour l’Europe »8. Les meilleurs chevaux de Troie de l’Amérique se trouvent au sein de l’Union européenne.

Dans le domaine de la construction européenne, la réalité, on le sait, a pris l’habitude de dépasser la fiction… malheureusement au plus mauvais sens du terme. L’élargissement inconsidéré de 15 à 28 membres a conduit à une perte de l’esprit européen. La division l’emporte sur l’Union. L’intérêt personnel l’emporte sur l’intérêt général. Pire encore, la France est isolée dans son combat pour faire de l’Europe une puissance qui compte sur la scène internationale et qui fasse entendre sa voix face aux Américains et aux Chinois sur le plan stratégique et commercial. On le mesure au quotidien. Par ailleurs, l’interminable feuilleton du « Brexit » conjugué à la mise en place de nouvelles têtes à Bruxelles (présidence de la Commission européenne, du Conseil européen, du parlement européen, de la BCE, pseudo-ministre européen des Affaires étrangères) après le scrutin du 26 mai 2019 va prolonger la période d’incertitude et rendre difficile le lancement de chantiers délicats. Sauf à penser que l’Europe se transformerait à la faveur des crises qu’elle traverse à la condition de faire preuve d’un optimisme à tout crin.

C’est peu dire, dans ce contexte particulièrement volatil, que le lancement de chantiers d’envergure dans le domaine de la Défense européenne est tout à fait aléatoire pour ne pas dire grevé de lourdes hypothèques. Nous n’en voulons pour preuve que les projets de réforme de l’Europe lancés par Emmanuel Macron depuis son arrivée à l’Élysée en mai 2017 (discours de la Sorbonne et lettre sur la Renaissance de l’Europe adressée à tous les citoyens européens à la veille des élections du Parlement européen) ont été des échecs retentissants… sans parler de la pantalonnade Loiseau. Et, cela n’est pas prêt de changer.

Si les obstacles internes à l’Union européenne sont multiples, il en ait d’autres qui lui sont externes qui sont loin d’être négligeables.

Les obstacles extra-européens : America First

N’oublions pas que les États-Unis ont toujours vu d’un très mauvais œil toutes les tentatives européennes d’émancipation de la tutelle de l’Alliance atlantique en matière de défense ! Et cela qu’il s’agisse de sa dimension stratégique et commerciale. Être un fidèle allié de l’Amérique signifie d’abord un alignement inconditionnel sur la doctrine élaborée à Washington, y compris sur ses projets les plus baroques (lancer une guerre contre l’Irak au motif que ce pays disposerait d’armes de destruction massive que l’on a jamais trouvées) mais, aussi et surtout, l’acquisition exclusive de matériels militaires américains (au nom du sacrosaint principe de l’interopérabilité). Le projet de SCAF contredit à ce dogme intangible. Et, l’Amérique ne manque pas de moyens de pression (juridiques en particulier avec l’extraterritorialité de son droit) pour faire barrage à tous projets industriels européens qui viendraient remettre en cause le monopole américain en matière d’équipements militaires. Même si comparaison n’est pas raison, souvenons-nous de l’interdiction de survol des États-Unis – et cela durant de nombreuses années – par l’avion supersonique franco-britannique Concorde en vertu de normes prétendument environnementales !

Pour revenir à notre sujet, gardons à l’esprit que Donald Trump veut « tuer » l’industrie militaire européenne en équipant les armées alliées en matériel américain quitte à casser les prix, en particulier les ex-membres du Pacte de Varsovie. En clair, comme le relèvent quelques experts (diplomates et militaires), le président américain veut tuer dans l’œuf les rêves d’une « Défense européenne », d’une « Europe de la défense » et d’une « base militaro-industrielle commune » de production d’armement (ce que représente à l’évidence le SCAF à moyen et long terme). Son America First signifie concrètement que les pays alliés de l’Amérique, les membres de l’OTAN et ceux qui aspirent à le devenir doivent tous être équipés de matériels militaires made in USA. Ce qui permettrait de standardiser les panoplies des armées européennes en vue d’une défense du continent en cas de crise grave et sous commandement US, cela va sans dire9. On comprend mieux, dans ces conditions, que nos amis américains suivent avec la plus grande attention le développement du projet franco-allemand du futur et qu’ils lui mettront, le cas échéant, les bâtons dans les roues ou quelques pigeons dans les turbines.

« Les plus nobles principes ne valent que par l’action » nous rappelle fort justement le général de Gaulle auquel il est toujours utile de se référer. Si l’heure est à la satisfaction, il ne faut pas se voiler la face, les obstacles de toutes natures ne manqueront pas de survenir tout au long de cette extraordinaire aventure technologique et humaine dont on n’a pas encore pris toute la mesure. Gardons à l’esprit les vicissitudes temporelles et techniques de l’avion européen de transport militaire qui a pour nom A400 M ! Méfions-nous des actions à court terme – nécessaire, cela relève de l’évidence – qui l’emportent sur la stratégie de long terme – aussi indispensables que les précédentes – dans notre monde de l’immédiateté et de la communication. Au-delà de la dramaturgie du Bourget, il y a la réalité. Les faits sont têtus. Méfions-nous des ambitions chimériques car si elles ne sont pas bien maîtrisées, elles peuvent conduire tout droit dans le mur. Comme le rappelle Paul Valéry : « l’Europe n’aura pas eu la politique de sa pensée ». Tout au long des années à venir, il faudra savoir raison garder tout en faisant preuve d’audace pour surmonter l’adversité et pour donner de la chair à ce SCAF qui n’est encore au stade de la chimère. Un savant cocktail qui fait souvent défaut dans la classe politique française qui oublie trop souvent que le « dur survit au mou » (Régis Debray). Au lieu de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, nos dirigeants, auxquels manque souvent la clairvoyance élémentaire (le fameux gouverner, c’est prévoir) gagneraient à méditer le refrain de cette chanson de Georges Brassens qui n’a pas pris la moindre ride :

 
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Trompettes de la Renommée, vous êtes bien mal embouchées !10

Guillaume Berlat
24 juin 2019

1 Romain Guibert/Jean Guisnel/Sébastien Le Fol (propos recueillis par), Jean-Yves Le Drian. La grande confession du silencieux, Le Point, 13 juin 2019, pp.34 à 38.
2 Guillaume Berlat, Défendre l’Europe ou défendre l’OTAN ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 décembre 2017.
3 Deux regards avant l’été, Lettre d’information de l’Association de soutien à l’armée française (ASAF), juin 2019.
4 Alain Barluet, Macron lève le voile sur l’avion de combat du futur, Le Figaro, 18 juin 2019, p. 2.
5 Isabelle Chaperon, Le premier avions de chasse franco-allemand, star du Bourget, Le Monde, Économie & Entreprise, 18 juin 2019, p. 13.
6 Véronique Guillemard, Airbus et Dassault Aviation franchissent une nouvelle étape, Le Figaro, 18 juin 2019, p. 2.
7 Nicolas Barotte, Blocage franco-allemand sur les exportations d’armes, Le Figaro, 18 juin 2019, p. 2.
8 Isabelle Lasserre (propos recueillis par), Général Desportes : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », Le Figaro, 25-26 mai 2019, p. 20.
9 Claude Angeli, Trump prêt à solder ses meilleures armes, Le Canard enchaîné, 12 juin 2019, p. 3.
10 Chanson de Georges Brassens, 1962.

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