Observatoire Géostratégique

numéro 136 / 24 juillet 2017


DES MORTS A L’ESPLANADE DES MOSQUEE – AFP, 23 juillet. Des heurts ont encore éclaté ce samedi soir à Jérusalem et en Cisjordanie. Les Palestiniens réclament la suppression de détecteurs de métaux installés par Israël pour entrer sur l’Esplanade des Mosquées. La tension reste très vive dans la région. Dans une ruelle de la Vieille Ville, des centaines de musulmans scandent comme tous les jours depuis une semaine leur attachement à la mosquée Al Aqsa et au prophète Mahomet. Des slogans chantés alors qu’ils font face aux policiers israéliens qui, ce samedi, barraient le chemin vers l’entrée de l’esplanade des Mosquées. « Ils ne veulent pas qu’un grand nombre de personnes se rassemblent. Ils veulent nous séparer, nous empêcher d’être au même endroit », dénonce un homme. A l’heure de la prière, un imam prend la parole et appelle à préserver le calme durant ce rassemblement. Mais alors que les fidèles se recueillent, des tirs se font entendre. Des heurts éclatent juste à l’extérieur des murailles, avant qu’un calme précaire ne revienne. Mais les protestataires se préparent à un nouveau face-à-face après la dernière prière de la journée. « Vous allez voir, dans 10 minutes, ce sera comme la guerre. Comme la guerre », promet un homme. A l’issue de la prière, un groupe de jeunes se rapproche des barrières en reprenant les slogans des protestataires. La police charge, et disperse la foule par la force. Selon le ministère palestinien de la Santé, deux Palestiniens sont morts dans des affrontements avec les forces israéliennes dans les territoires occupés. L’un est décédé quelques heures après avoir été blessé par balle dans des heurts à El-Azariyé, en Cisjordanie occupée. L’autre a trouvé la mort dans l’explosion du cocktail Molotov qu’il voulait lancer sur les forces israéliennes. La veille, trois manifestants avaient été tués après la prière hebdomadaire, tandis que trois Israéliens avaient également été poignardés à mort par un Palestinien dans leur maison située dans une colonie de Cisjordanie. Face à ces violences, la communauté internationale réagit. Le Quartette pour le Proche-Orient – composé des Etats-Unis, de la Russie, de l’Union européenne et de l’ONU – a ainsi appelé ce samedi à une « retenue maximale » de toutes les parties. « Notant le caractère particulièrement sensible des sites religieux sacrés à Jérusalem et la nécessité d’assurer la sécurité, les envoyés du Quartette appellent tous à faire preuve d’une retenue maximale, à éviter les actions de provocation et à travailler en vue d’une désescalade », peut-on lire dans leur communiqué commun. De leur côté, la France, la Suède et l’Egypte ont appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle doit permettre de « parler urgemment de la façon dont les appels à la désescalade peuvent être soutenus », a indiqué l’ambassadeur suédois à l’ONU Carl Skau. Les heurts sont quotidiens entre forces de sécurité israéliennes et manifestants palestiniens qui dénoncent l’installation de détecteurs de métaux aux entrées de l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam.
 
 
LE RETOUR DE LA MADONNE DE L’ENVIRONNEMENT – Jean Daspry.
« C’est parce qu’on sait tout sur tout le monde qu’on est indéboulonnable » (Alexandre Malafaye). On la croyait balayée, emportée par la vague, le tsunami Macron. Or, il n’en est rien. C’était mal la connaître. Ségolène Royal vient d’être normalement désignée au poste d’ambassadrice thématique en charge de l’Arctique et de l’Antarctique. Après une longue vacance, elle succède ainsi à Michel Rocard décédé mais non remplacé depuis sa mort à l’été 2016. Il a occupé ce poste pendant sept ans. Annoncée dès le 20 juin dernier par Le Canard enchaîné, la rumeur devient réalité une semaine plus tard. Peu avant, la nouvelle ambassadrice déclare : « On m’a fait cette proposition, que j’ai acceptée », déclare-t-elle sans pour autant préciser qui se cache derrière ce généreux « on ». Toujours à la pointe de l’information, le Parisien considère qu’Emmanuel Macron se cacherait en réalité derrière cette invitation qui aurait un air de compensation. Quelques jours après son élection, le chef d’Etat l’aurait informé qu’elle n’intégrerait pas l’équipe gouvernementale, à son grand désarroi alors même qu’elle avait officiellement soutenu le candidat d’En marche lors de la campagne présidentielle. 

LA RECALÉE DE L’ONU

Avant même sa désignation officielle, l’impétrante précise qu’elle entend respecter l’héritage de Michel Rocard dans l’Arctique (diantre !) et servir les intérêts français dans les deux pôles (bigre !). Il lui appartiendra, entre autres, de mettre en œuvre la « Feuille de route nationale sur l’Arctique ». Un document majeur présenté par l’ancien Premier ministre un mois avant sa disparition. Nous voilà entièrement rassurés sur l’utilisation de l’argent public. Avec l’ex-compagne de l’ex-président de la République, il sera bien placé. Rappelons qu’avant d’être désignée à cette haute fonction, Ségolène Royal avait essuyé au moins deux échecs cinglants dans ses tentatives de reconversion à l’international, à savoir au poste de secrétaire général de l’ONU1 et, plus récemment, au poste de directeur général du PNUD2. Manifestement, le piston fonctionne mal dans les allées du machin. Mais à grâce à notre jupitérien président de la République3, voici notre madone de l’écologie érigée en icône des deux pôles. Excellente reconversion même si Ségolène Royal, la « Dame des neiges » devra abandonner l’appellation prestigieuse de « ministre » pour celle moins ronflante « d’ambassadrice ». Mais que ne ferait-on pas pour ne pas disparaître définitivement des écrans radar du cirque politico-médiatique ? « Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées » comme l’aurait si bien chanté en son temps le regretté Georges Brassens ! Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes… de la diplomatie climatique, dans le cas d’espèce. Aucun journaliste n’y trouve à redire tant la pratique de l’entre soi, du copinage, du renvoi d’ascenseur, des prébendes… est monnaie courante dans notre République bananière présentée à la face du monde et des gogos comme exemplaire.

UNE AMBASSADRICE THÉMATIQUE

Le fait du prince. Si l’on veut bien gratter le vernis des commentaires germanopratins, l’affaire de cette nomination se trouve au cœur du débat sur la moralisation de la vie publique4. Précisons dès le départ que cette désignation n’a rien d’illégale. Comme les postes de préfets, d’ambassadeurs et de directeurs d’administration centrale, le poste d’ambassadeur thématique qu’occupera Ségolène Royal fait partie des postes dits « à la discrétion du gouvernement ». Le chef de l’État peut y nommer qui bon lui semble mais aussi le révoquer selon son bon vouloir. Ce que l’on appelle le fait du prince. Revenons un instant à la déontologie, à l’éthique, à la morale dont notre plus jeune président de la République brandit en étendard de sa République en marche. Ségolène Royal aura le titre d’ambassadrice thématique que les anglo-saxons qualifient d’ambassadeurs « at large ». L’intéressée, basée à Paris, n’est accréditée ni auprès d’un État, ni d’une organisation internationale. Sa mission peut être soi géographique (Caraïbes, Océanie, Océan indien…) soit transversale (mines antipersonnel, sports, criminalité organisée…). On compte environ une vingtaine d’ambassadeurs thématiques gérés par le ministère des Affaires étrangères. L’objectif recherché est double : soit « occuper » des diplomates en instance d’affectation en évitant de les rémunérer à ne rien faire, soit donner une visibilité plus grande à une problématique spécifique.

La critique des parlementaires. Cette catégorie d’ambassadeurs du troisième type ne cesse d’entrainer des critiques émanant le plus souvent de parlementaires en quête d’optimisation de la dépense publique. On y compte de nombreux recalés des urnes à qui l’on attribue ce genre de sinécure. Une sénatrice UDI (en son temps) Nathalie Goulet, chevalier blanc du bon usage du denier public fait de ce sujet son cheval de bataille. Elle dépose régulièrement des amendements pour faire la transparence sur leur coût réel. « Il n’y a aucune espèce de raison qu’on fasse du recrutement de favoritisme, déplore-t-elle en 2016 dans l’émission « Pièces à convictions ». Elle ajoute que « le Quai d’Orsay n’est pas une instance de recyclage des amis en mal d’exotisme. Ce n’est pas sa fonction ». En 2011, selon le Quai d’Orsay, le poste qu’occupera Ségolène Royal faisait l’objet d’une rémunération de 47 000 euros par an, ce à quoi il fallait ajouter un peu plus de 30 000 euros de frais de mission pour le responsable et son équipe. De deux choses l’une : soit ces postes sont inutiles et il faut les supprimer immédiatement dans le cadre de l’opération de réduction drastique des effectifs de la Fonction publique lancée par le duo Macron/Philippe, soit ces postes sont utiles et il faut les attribuer en priorité aux fonctionnaires que la République rétribue sur nos et vos impôts en lieu et place d’engraisser quelques politiciens (nes) en mal d’occupation. Dans ces deux hypothèses, Ségolène Royal n’est pas éligible à de telles fonctions sauf à lui faire plaisir pour avoir la paix macronienne. Mais, cette paix des braves a un coût non négligeable pour le contribuable. Est-ce normal et moral ? La réponse est dans la question surtout lorsque l’on sait que Ségolène Royal vient de bénéficier, alors qu’elle n’avait plus droit à rien, d’un véhicule de fonction équipé police avec deux gardes de sécurité chargés de la convoyer et de la protéger5.

« Il y a toujours loin de la coupe aux lèvres ». Une fois de plus, en France, le fossé est abyssal entre les principes généreux proclamés urbi et orbi et une pratique quotidienne chaotique ne varietur. Ce n’est pas avec ce genre d’opération de sauvetage, d’exfiltration de la vie politique d’hommes et de femmes du passé qu’Emmanuel Macron préparera l’avenir, mettra la République en marche avant et rétablira ainsi la confiance dans la vie publique et surtout dans les hommes politiques de tous bords. Décidément, tout change pour que rien ne change même s’il a refusé de céder à la demande pressante de la journaliste, Laurence Haïm qui avait réclamé un poste d’ambassadrice, pour « services rendus » (lesquels si ce n’est d’avoir la campagne com’ du candidat Emmanuel Macron ?)6. Telle est la principale conclusion que l’on peut tirer du retour de la madone de l’environnement.

1 Jean Daspry, Royal impérial(e) : ONU soit qui mal y pense !, www.prochetmoyen-orient.ch , 31 octobre 2016.
2 Jean Daspry, Mort d’un soldat français : échec pour Ségolène Royal, www.prochetmoyen-orient.ch , 24 avril 2017.
3 Erik Emptaz, Macron : «  j’ai plus d’une corde à monarque ». Jupiter de contrastes, Le Canard enchaîné, 28 juin 2017, p. 1.
4 Guillaume Berlat, Moraliser la vie publique ou moraliser les acteurs publics ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 26 juin 2017.
5 Ségolène prend des gorilles, Le Canard enchaîné, 19 juillet 2017, p. 2.
6 Laurence Haïm l’incomprise, Le Canard enchaîné, 19 juillet 2017, p. 2.
 
 
BIENVENUE DANS LE MERVEILLEUX MONDE POLITICO-MÉDIATIQUE ! Guillaume Berlat. « Si les hommes savaient par quels hommes ils sont gouvernés, ils se révolteraient vite » (Talleyrand). Au fil de l’actualité, et de façon régulière dans les colonnes des magazines successifs de prochetmoyen-ch, nous avons tenté de mettre en exergue les dérives inquiétantes du monde politique français et les excès du monde médiatique qui l’accompagnent souvent. Dans la recherche, à la manière d’un Claude Bernard, il est toujours utile, si ce n’est indispensable, de confronter la théorie à la pratique pour mieux appréhender un phénomène, d’aller en permanence de l’un à l’autre. Encore faut-il disposer d’un cas pratique objectif et fiable, dans toute la mesure du possible ! Tel est le cas aujourd’hui de Jérôme Lavrilleux qui livre les leçons de son expérience politico-médiatique sous le règne de Nicolas Sarkozy (et de Jean-François Copé) dans deux pleines pages du quotidien Le Monde7. Le résultat de cet exercice de rédemption par la parole et par la vérité (sa vérité) est intéressant, attristant, glaçant, inquiétant dans un pays qui se considère comme la patrie des droits de l’Homme au sens le plus noble du terme et qui entend exporter son si brillant modèle démocratique aux quatre coins de la planète et au-delà même. Il n’est pas question de se livrer à une exégèse de cet entretien avec deux journalistes d’investigation bien connus (Gérard Davet et Fabrice Lhomme) mais simplement de mettre en exergue quelques tendances lourdes du monde politico-médiatique français au temps du très regretté Nicolas Sarkozy et, cela, à travers quelques citations choisies.

Les gaités du microcosme parisien. « Je juge ce petit univers politico-médiatique parisien comme les Français : ils sont en train de le balayer. Tous ces gens, c’est de l’endogamie, une petite élite qui prospère dans l’entre-soi ». Que dire de plus de ce monde de ces deux cents personnes qui font le microcosme germano-prattin et que l’on retrouve ne variatur au fil des alternances politiques ! Pour le changement, on repassera, y compris lorsque la République est en marche. Ce serait plutôt du genre on prend les mêmes et on recommence sous de trompeuses apparences d’un ripolinage superficiel.

La dictature des pseudo-experts (en particulier ceux qui prospèrent sur les chaînes d’information en continu). « Je tombe sur ces éditorialistes, vous savez ces types qui tous les jours donnent leur avis sur un sujet différent, les succès de Zidane, la bimbo qui essaie de poignarder son mec ou l’affaire Bygmalion. Comment ils font pour dire autant de conneries sur autant de sujets en si peu de temps ?… ». Nous nous trouvons ici au cœur de la problématique des « toutologues » si bien décrits par Régis Debray, ces Pic de la Mirandole de l’information qui n’en savent pas plus que vous et moi mais qui pérorent avec assurance à longueur de journée sur tout et n’importe quoi.

Le primat des folliculaires et des communicants. Nous abordons ainsi « les hypocrisies de la planète médiatique » dans laquelle « lorsque j’étais ‘dircab’ de Cop », pff… Vous leur vendez n’importe quoi, ils ne vérifient rien de rien ! Rien ». Ou bien « raconter des bobards à la télé, je l’ai fait des dizaines de fois, on est payé pour faire ça quand on est directeur de cabinet ! » et « Et Vincent Peillon ! J’ai envoyé des dizaines de gens lui défoncer la gueule sur les plateaux de télé lorsqu’il était ministre de l’éducation… ». En vérité, tout ceci n’est pas très joli. C’est que l’on appelle défendre l’intérêt général contre les intérêts particuliers dans le langage politique

La morale des politiques. Dans ce très sympathique panier de crabes, on pratique indistinctement. Le phénomène de transfert : « ils ont toujours tendance à projeter leurs turpitudes sur les autres ». Au lieu d’être les porteurs des souhaits du peuple dont ils ont reçu un mandat, ils n’en font qu’à leur guise, se vautrant dans la démagogie, le népotisme, l’autoritarisme, parfois la corruption… À tel point que, sous la pression des évènements, ils sont conduits aujourd’hui à leur corps défendant, d’adopter une loi sur la moralisation de la vie publique qu’ils s’empresseront de contourner, le moment venu. On ne se refait pas si facilement. Le moralisme à deux balles : « Fillon présidait cette réunion chargée de m’exclure pour atteinte à l’honneur du parti. C’est drôle quand même, non ? Lui, il est poursuivi pour avoir détourné de l’argent à son profit ; ce n’est pas mon cas ». Aucun commentaire sur l’ex-monsieur propre des Républicains, pris à son propre piège de la morale bafouée. Il est vrai que le terme de morale a été remplacé par celui de confiance… en qui et en quoi. Nous ne le savons toujours pas. L’élimination du briseur d’omerta : « Une tare rédhibitoire en politique. Je sais qu’on me reproche d’avoir brisé l’omerta… Alors il me fallait payer. Cher… On pense que je suis une cellule cancéreuse et, que, pour que tout continue, il faut me dégager ». C’est classique ! Dans tout système clanique ou mafieux, on ne badine pas avec « l’honneur » du groupe. On ne fait pas de quartier. Par peur du message, on fait taire le messager. La démolition du déviant : « j’ai personnellement, moralement, physiquement, payé. Bien plus que ce que prévoit le code pénal ». Au passage, la meute médiatique est lâchée, juge coupable avant la justice au mépris de la présomption d’innocence et démolit la vie du déviant mais aussi celle de tous ses proches. C’est le régime de la double peine dans toute son horreur pour le bouc émissaire, le lampiste qui paie pour les responsables. À la lecture de ce madrigal, dont nous n’avons aucune raison de douter de la sincérité de l’auteur, on reste profondément choqué par ce beau monde, ce demi-monde pour reprendre la formule du général de Gaulle. Il faudra volontarisme, patience, détermination sans faille à notre président jupitérien, capable à l’occasion d’un « autoritarisme juvénile »8, pour venir à bout de ce mal français. En tout cas, il faudra autre chose qu’une com’ orchestrée, que des postures martiales, exercices que le président de la République pratique à merveille pour nettoyer les écuries d’Augias de la République. Faute de quoi, la France se préparerait une crise institutionnelle grave ouvrant grande la voie à tous les populismes et à son déclin programmé sur la scène internationale. C’est dans les premières semaines et dans les prochains mois que se jouera la crédibilité du chef de l’État et de sa République en marche.

7 Gérard Davet/Fabrice Lhomme, Jérôme Lavrilleux. En liberté non surveillée, Le Monde, 19 juillet 2017, pp. 24-25.
8 Général Vincent Desportes, Un autoritarisme juvénile a fait exploser une crise latente, Le Monde, 20 juillet 2017, p. 25.
 
 
LE GRAND DAMAS SE STABILISE – RFI, 23 juillet. En Syrie, la Ghouta Est, le principal fief de la rébellion dans la région de Damas, connaît depuis samedi 22 juillet une accalmie. Le commandement de l’armée syrienne a annoncé l’arrêt des combats, tout en affirmant qu’il répondra aux violations. Une annonce intervenue quelques heures après un autre accord pour cette région annoncé par Moscou, parrain du régime. Malgré des violations, un calme fragile régnait samedi dans la Ghouta Est, selon des activistes de l’opposition présents sur place, après la cessation des combats annoncée par l’armée syrienne. Cette vaste région aux portes de Damas est contrôlée par plusieurs groupes de l’opposition et assiégée par les forces pro-régime depuis 2013. La Ghouta Est est l’un des derniers fronts de guerre dans la région de la capitale entre forces pro et anti Assad. Cette enclave avait été inclue, en mai, parmi quatre zones de désescalade dans le pays, dans le cadre des négociations d’Astana menées par Moscou, Ankara et Téhéran sur le conflit syrien. Mais jusqu’ici, si ces discussions se sont accompagnées d’une baisse des violences, elles n’ont pas permis de concrétiser le processus de désescalade. L’annonce du cessez-le-feu dans la Ghouta Est a eu lieu peu après que Moscou a expliqué, de son côté, avoir trouvé, au Caire, un accord avec des opposants syriens sur la mise en place d’une trêve dans cette enclave. Selon l’administration russe, les frontières de la zone concernée par un gel des combats ont été définies. Un site d’information pro-opposition affirme que l’accord devrait permettre l’évacuation de blessés, l’entrée de convois humanitaires et l’introduction de matériel de construction, dans une région lourdement détruite.
 
 
L’EMIR DU QATAR APPELLE AU DIALOGUE – Agences, 22 juillet. Pour la première fois depuis de la crise qui a éclaté le 5 juin entre le Qatar et certains de ses voisins du Golfe, l’émir du Qatar a pris la parole dans une allocution télévisée. Cheikh Tamim a lancé vendredi 21 juillet un appel à ses voisins pour résoudre la crise par le dialogue. Il remercie aussi plusieurs pays qui soutiennent la médiation koweïtienne. « Nous sommes infiniment reconnaissants aux efforts fournis par notre frère le Cheikh Hamad Sabah, l’émir de l’Etat du Koweït. Sa médiation, nous l’avons soutenue dès le début et nous lui souhaitons un plein succès. Nous sommes reconnaissants également au soutien apporté par les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Europe et aussi la Russie aux efforts fournis par le Koweït », a déclaré l’émir du Qatar, dans une allocution télévisée ce vendredi. Cheikh Tamim a également souligné que toute solution devrait respecter la souveraineté de chacun. Cette intervention est la première depuis la crise ouverte début juin, lorsque l’Arabie saoudite et ses alliés ont rompu avec le Qatar, accusé de soutenir le « terrorisme » et de faire le jeu de l’Iran chiite.

 

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