Observatoire Géostratégique

numéro 123 / 24 avril 2017


SYRIE : INDIGNATION SÉLECTIVE – Jean Daspry. « Le langage est une bureaucratie qui soumet le réel à ses catégories »1. La crise syrienne en fournit un exemple frappant – à tous les sens du terme – et cela presque quotidiennement. Hier, le monde et le demi-monde étaient en émoi après l’utilisation de gaz sarin contre des populations civiles le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun, utilisation attribuée, sans la moindre preuve irréfragable, au régime de Bachar Al-Assad, le bouc émissaire tout trouvé2. Toutes les bonnes âmes – le quotidien Le Monde, avec une place de choix, sans parler de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault3 omniprésent sur le sujet4 – y vont de leur couplet sur le « boucher de Damas » et sur ses sicaires iranien et russe. La photo d’enfants suffocants brandie par la nouvelle ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, fait le buzz sur la toile. Cette dernière promet un châtiment exemplaire pour ce crime qui trouble les consciences et viole les valeurs universelles. Ainsi dit, ainsi fait ! Le Sheriff, Donald Trump dégaine aussitôt sa « petite frappe-tweet »5 sous les yeux émerveillés des idiots utiles britannique et français, sans parler de la joyeuse troupe de l’OTAN. Le monde peut enfin respirer. Justice a été rendue par un président américain, moins pleutre que son prédécesseur qui avait laissé franchir la fameuse « ligne rouge » de l’utilisation d’armes chimiques par le président syrien sans réagir. Désormais, Donald Trump est fréquentable, estimable. La fameuse « communauté internationale » lui est moralement redevable de ses frappes salvatrices. L’inénarrable François Heisbourg va jusqu’à affirmer « qu’en frappant la Syrie, Donald Trump est devenu président des États-Unis »6. Avec effarement, nous découvrons que la frappe fait désormais le président, plus que le suffrage universel. Ainsi, soit-il, psalmodient les officiants néo-con lors des messes otaniennes à la lecture du nouveau testament trumpien ! Qu’apprend-on à la lecture de nos gazettes préférées ? Le 15 avril 2017, un kamikaze se fait exploser sur un terrain en plein air transformé en parking, dans une banlieue d’Alep, contrôlée par la rébellion et tue 126 morts dont 68 enfants7. Les photos diffusées sont aussi insoutenables que celles présentées après l’attaque chimique du 4 avril 2017, soit dix jours plus tard mais l’indignation provoquée semble plus mesurée, cette fois-ci. Certes, le pape François, la France et l’ONU condamnent une « attaque ignoble » mais on sent que ces morts (proches du régime) ont moins de prix médiatique que les précédents. Nous sommes au cœur du système du deux poids, deux mesures. Pourtant, « penser n’est pas sacrifier ce qu’on éprouve, mais s’en défaire, lentement, en admettant d’abord son emprise »8. Mais, tous nos droits-de-l’hommistes bon teint – dont les plus méritants ont été heureusement honorés par la dernière promotion de la légion d’honneur – ont une excuse imparable pour récuser la critique de laxisme médiatique et moral. Ils profitaient du week-end prolongé de Pâques pour reprendre des couleurs et revenir en pleine forme pour voter utile le 23 avril 2017. Il est vrai qu’ils étaient aux abonnés absents lors du colloque organisé à l’Institut du monde arabe (IMA) sur le thème : «  Yémen : évolution de la situation actuelle et avenir de la paix »9. Qu’a-t-on entendu à cette occasion de la part de la forte délégation saoudienne venue porter la bonne parole à Paris dans le temple du roi Jack Lang ? En dépit de 10 000 morts, le Centre du roi Salman nous explique doctement qu’il a dépensé 785 millions de dollars pour dispenser une généreuse aide humanitaire aux populations de ce pays en dépit de l’obstruction des méchants rebelles houthistes. Les « bavures » regrettables intervenues lors des bombardements de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen sont bien évidemment « involontaires ». Nous voici pleinement rassurés sur les conditions de la mort de toutes ces innocentes victimes. Comme celles de Mossoul en Irak sous les bombardements de la coalition américaine, elles sont heureusement mortes pour la bonne cause et donc sans souffrance excessive contrairement aux victimes syriennes. La logique du raisonnement est implacable, on l’aura compris. La langue de bois n’est pas un mensonge, juste un léger déguisement de la réalité pour ne pas effrayer le bon peuple et les médias « mainstream » toujours prêts à s’émouvoir au quart de tour pour la bonne cause. Lorsque le président turc remporte un référendum destiné à renforcer ses pouvoirs dans des conditions contestables après avoir fait embastiller tous ses opposants et qu’il en annonce un prochain sur le rétablissement de la peine de mort, les réactions de Berlin et de Paris sont étrangement et particulièrement mesurées : appel au dialogue, au respect de l’état de droit et autres joyeusetés. Donald Trump va même jusqu’à féliciter le nouveau Sultan pour les résultats de son référendum dont les observateurs européens dénoncent les irrégularités dans le déroulement. Mais tous ces donneurs de leçons de morale devant l’éternel ont une excuse : souvent les paroles restent dans le silence parce que les mots ne savent pas les traduire. Curieusement, lors de tous ces derniers évènements, nous n’avons pas eu la chance de découvrir un tweet vengeur de notre ambassadeur à Washington si prompt habituellement à dénoncer l’injustice dans ce bas monde. Il est vrai que l’ambassadeur de France (in)dignitaire, Gérard Araud (65 ans au début 2018) est occupé à se préparer à ses futures fonctions, celles de: sherpa du candidat Macron, apprend-on de nos folliculaires bien informés10 et de son récent entretien-testament accordé à Libération11. Mais au fait, j’avais juste omis de vous signaler que tout ceci n’avait pas la moindre importance dans ce monde de l’indignation sélective, tout particulièrement en ce qui concerne la crise syrienne.

1 Raphaël Enthoven, Langue de bois : quand dire, c’est taire dans Little Brother, Gallimard, 2017, p. 72.
2 Jacques-Marie Bourget, Syrie-Washington : gaz et mensonges à tous les étages, www.prochetmoyen-orient.ch , en bref, 17 avril 2017.
3 Jean Daspry, Jean-Marc Ayrault l’alchimiste, www.prochetmoyen-orient.ch , en bref, 17 avril 2017.
4 Stéphanie Maupas, Utilisation « irréfutable » de gaz sarin en Syrie, Le Monde, 21 avril 2017, p. 5.
5 Richard Labévière, Trump : la petite frappe-tweet, www.prochetmoyen-orient.ch , editorient, 10 avril 2017.
6 François Heisbourg, En frappant la Syrie, Donald Trump est devenu président des États-Unis, Le Monde, 18 avril 2017, p. 19.
7 Laure Stephan, Carnage lors d’évacuations en Syrie, Le Monde, 18 avril 2017, p. 5.
8 Raphaël Enthoven, Quand l’imbécile montre la lune… dans Little Brother, Galliamrd, 2017, p. 110.
9 Karen Lajon, Les Saoudiens défendent leur action humanitaire, JDD, 16 avril 2017, p. 15.
10 Un sherpa pour l’Élysée, JDD, 16 avril 2017, p. 8.
11 Gérard Araud (entretien avec Frédéric Autran), Trump et Le Pen, Mélenchon et Sanders… L’ambassadeur français aux États-Unis se lâche, www.liberation.fr , 19 avril 2017.
 
 
MORT D’UN SOLDAT FRANÇAIS, ÉCHEC ROYAL POUR SÉGOLÈNE – Jean Daspry. « La pire erreur n’est pas dans l’échec mais dans l’incapacité de dominer l’échec » disait François Mitterrand en son temps. Ségolène Royal aurait pu méditer cette réflexion de l’un de ses mentors en politique dans sa quête d’un recasage désespéré dans une organisation internationale à la veille de la fin du mandat de son ex-compagnon, François Hollande. En effet, on savait que la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, en charge des relations internationales sur le climat, nourrissait, depuis déjà plusieurs mois, l’ambition de se voir confier le poste de secrétaire général de l’ONU. Écartée du choix des grands au profit du portugais, Antonio Guterres, elle avait alors jeté son dévolu sur le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dont le siège est à New York. Patatras, interrogée à propos d’une probable nomination de l’Allemand Achim Steiner à la tête de cette agence de l’ONU (devenue définitive depuis le 18 avril 2017), la ministre de l’environnement reconnait qu’« il y a un jury qui s’oriente vers ça ». Elle ajoute : « Je le regrette bien sûr, ça ne correspond pas à ce qui avait été dit mais ça c’est la vie ». Elle poursuit son entretien avec France 5 en déclarant que « la procédure n’est pas terminée » et en trouvant « un peu étonnant » que ce soit un homme qui obtienne le poste alors que, selon elle, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lui aurait dit qu’il était « promis à une femme ». « C’est pour cela que j’avais posé ma candidature », dit-elle. Ségolène Royal ignore que le critère de la compétence demeure essentiel, celui du genre secondaire. « Il semble qu’un homme a été poussé par son pays étant donné que l’Allemagne est un des plus gros contributeurs du PNUD ». Elle donne la réponse à la question : l’Allemagne pèse, à tous les sens du terme, dans le concert des nations. Elle conclut sur son avenir international : « De toute façon, je trouverai l’opportunité de mettre au service du combat climatique et des enjeux internationaux ma force de conviction, a-t-elle assuré. J’ai d’autres pistes, d’autres perspectives ». Ségolène Royal omet de rappeler que ses saillies peu diplomatiques contre le fonctionnement chaotique de l’ONU au moment de la préparation de la COP21 n’ont pas été appréciées à New York où l’on a la mémoire longue. Rappelons que, le PNUD, présent dans cent soixante-dix pays, est dirigé depuis 2009 par l’ex-première ministre néo-zélandaise Helen Clark, dont le second mandat se termine à la mi-avril. Le directeur de l’agence est désigné, pour quatre ans, par le secrétaire général des Nations unies, nomination qui doit ensuite être confirmée par l’Assemblée générale de l’ONU. Agé de 55 ans, le diplomate allemand Achim Steiner est un spécialiste des questions environnementales. Il a été notamment directeur général du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) entre 2006 et 201412. Autre atout non négligeable, il parle parfaitement l’anglais qu’elle se contente de balbutier. Ce double échec de Ségolène Royal doit être mis en regard d’un double échec pour la France dans le système de l’ONU : celui de la ministre de l’environnement à l’ONU et au PNUD13 et celui de Philippe Douste-Blazy à la tête de l’OMS. Ce double échec démontre le refus constant par le système onusien des parachutages à la française d’ex-politiques à la veille d’échéances électorales. Ce qui fonctionne dans l’hexagone ne marche pas à l’international. Ce double échec, aussi et surtout, signe la perte d’influence constante de la France sur la scène internationale et européenne14. Souvenons-nous, qu’il y a encore quelques années, des ressortissants français occupaient trois postes importants : FMI, OMC et Cour européenne des droits de l’Homme. Aujourd’hui, nous n’en avons plus qu’un, le FMI en la personne de Christine Lagarde. Nul ne sait de ce qu’il adviendra de la candidature tardive de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay à la tête de l’UNESCO dont le siège est à Paris. Les pays arabes considèrent que leur tour est venu pour occuper ce poste. Force est de constater que la France n’est pas plus entendue qu’elle est attendue sur la scène mondiale. En définitive, cette blague, qui a tout d’une vulgaire pantalonnade, traduit un échec royal pour Ségolène.

12 Ségolène Royal reconnait qu’elle ne sera pas à la tête du PNUD, www.lemonde.fr , 12 avril 2017.
13 Jean Daspry, Royal impérial (e) : ONU soit qui mal y pense !, www.prochetmoyen-orient.ch , 31 octobre 2016.
14 Guillaume Berlat, Diplomatie française : de l’influence à l’effacement, www.prochetmoyen-orient.ch , 29 août 2016.
 
 
UNE FREGATE RUSSE EN ROUTE POUR LA MEDITERRANEE – Sputnik, 7 avril. AMBASSADEUR (DRICE) : LE BON CHOIX ? Jean Daspry. « Choix et conscience sont une seule et même chose » écrit Jean-Paul Sartre dans L’être et le néant. Cette pensée vaut pour tous les choix, y compris lorsqu’il s’agit pour un chef d’État de désigner l’ambassadeur qui va représenter la France dans un pays étranger. Sans faire de mauvais jeu de mots, il s’agit de faire un choix en conscience. Or qu’apprend-on, une fois de plus, par la rubrique « Figaro-ci… Figaro-là » du 3 avril 2017 ? Que François Hollande a décidé, lors du conseil des ministres du 28 février 2017, de désigner une diplomate, Eva Nguyen Binh au poste d’ambassadeur de France au Cambodge15. Quel est le problème, me direz-vous, avec cette nomination permettant au ministre des Affaires étrangères et du développement international (MAEDI), Jean-Marc Ayrault, de démontrer son souci constant de féminiser les hauts cadres de son administration ? Un tout petit rien, comme dans la chanson « Tout va très bien madame la marquise ». Cette diplomate française est d’origine vietnamienne et a servi dans le passé à l’ambassade de France à Hanoï. Or, les relations entre le Vietnam et le Cambodge sont « tumultueuses » depuis plusieurs années. De plus, un sérieux différend les oppose sur l’épineuse question du tracé de leurs frontières. Et dans ce cadre, le Cambodge a sollicité l’aide technique de la France. Le choix de cette diplomate vient remettre en cause la confiance que met Phnom Penh en la France. Que va-t-il se passer dans les semaines, les mois à venir ? Nul ne le sait sauf dans les milieux bien informés chers à Coluche. Théoriquement, trois options s’offrent au gouvernement cambodgien. D’abord, accepter cette candidature soumise à son agrément même de mauvais gré tout en ne facilitant pas le travail quotidien du représentant de la France, une fois sur place. Ensuite, la refuser purement et simplement pour inadéquation du profil du candidat aux spécificités du poste (risque de partialité objective et subjective). Enfin, s’inspirer de la pratique du Vatican avec l’affaire Stefanini, à savoir pratiquer la politique du chien crevé au fil de l’eau en ne répondant pas à la demande française afin que Paris se lasse et, de guerre lasse, retire la candidature contestée16. Le moins que l’on puisse dire, à ce stade, est que les autorités françaises – l’administration du Quai d’Orsay, au sens le plus large du terme – a fait une sérieuse « erreur de casting » en n’anticipant pas que ce choix pourrait poser problème. Ce n’est pas très sérieux pour un ministère qui est censé analyser la situation dans tous les États où la France dispose des ambassades. La direction générale de l’administration et de la modernisation (qui se vante de ses qualités managériales) et le cabinet du ministre (qui comporte la fine fleur du Quai d’Orsay) auraient-ils été aveugles ou aveuglés ? Il est vrai qu’ils sont coutumiers du fait. Nous avons évoqué plus haut le refus essuyé pour notre candidat au poste d’ambassadeur auprès du Saint-Siège, pour les raisons que l’on connait. Nous pourrions citer le cas de notre actuel ambassadeur à Téhéran dont l’acceptation a traîné durant de longs mois. Il est vrai que les autorités iraniennes avaient ressenti le choix de François Sénémaud comme une provocation, l’intéressé occupant précédemment le poste de directeur du renseignement à la DGSE. Il aurait été plus simple de le nommer à Riyad et de nommer à Téhéran, François Gouyette qui l’a été en Arabie saoudite. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Décidemment, en cette fin de mandature, le Quai d’Orsay brille plus par sa « diplomatie pour acrobates »17 que par sa diplomatie de la clairvoyance ! En diplomatie, il n’est pas toujours aisé de faire le bon choix.

15 Colère contre la France à Phnom Penh, Figaro-ci… Figaro-là, Le Figaro, 3 avril 2017, p. 42.
16 Guillaume Berlat, Avec le Saint-Siège, élever la voix ne donne pas raison, www.prochetmoyen-orient.ch , 18 avril 2016
17 Claude Angeli, Trump impose à ses alliés la « stratégie du Tomahawk », Le Canard enchaîné, 12 avril 2017, p. 3.
 
 
LE CONSEIL MUNICIPAL DE QUETIGNY (CÔTE D’OR) a adopté (24 votes pour, 4 contre, 1 abstention) un vœu proposé par Pierre ABECASSIS membre du Groupe de la Gauche alternative, soutenu par Kheira BOUZIANE-LAROUSSI, députée de la Côte d’Or, conseillère municipale de Quetigny – 20 avril. « Depuis l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza et l’annexion de Jérusalem-Est et du plateau du Golan, en 1967, Israël viole quotidiennement le droit international et les résolutions des Nations Unies. Parmi ces violations, dont certaines constituent des crimes de guerre, mentionnons la construction de colonies de peuplement dans les territoires occupés et celle du mur de séparation, le recours à des emprisonnements sans jugement, à des mauvais traitements et à des conditions de détention des Palestiniens contrevenant à la Quatrième Convention de Genève, le non-respect des règles sur la conduite des hostilités lors d’offensives contre Gaza et les entraves aux missions médicales dans les territoires occupés, etc. L’Europe, plutôt que de sanctionner l’État d’Israël pour ces violations, l’y encourage pratiquement par une coopération politique, économique, militaire et sécuritaire intense. L’expression la plus significative de cette coopération et celle dont Israël tire le plus grand profit est sans doute l’Accord d’Association Union Européenne-Israël. Signé en 1995, l’Accord implique une totale détaxation des produits exportés d’Israël vers l’Union européenne, à l’exclusion de ceux des colonies des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est (article 83). En 2013, Israël a importé pour 55 milliards d’Euros de biens, surtout des matières premières (38%), des hydrocarbures (20%) et des produits de consommation (16%), cependant qu’il exportait pour 43 milliards d’Euros de biens, principalement des produits informatiques, des composants électroniques et du matériel aéronautique. En conséquence de cet accord, Israël a scellé en 2003 sa participation au 6e programme cadre de recherche, développement et technologie, le PCDR, bénéficiant ainsi de subventions européennes pour ses chercheurs. Il est grand temps que l’Union Européenne exerce les pressions nécessaires en vue du respect du droit international par l’État d’Israël et suspende l’Accord d’Association qui le lie à lui. Il est temps de mettre fin à l’impunité d’un Etat qui viole les droits de l’homme. L’article 2 de l’Accord d’Association stipule d’ailleurs que « Les relations entre les parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques qui inspire leurs politiques internes et internationales et qui constitue un élément essentiel du présent accord ». L’article 79 stipule une suspension possible « si une partie considère que l’autre ne satisfait pas à une obligation découlant du présent accord… ». C’est pourquoi le Conseil municipal en appelle à la suspension sans délai, par l’Union européenne, de l’Accord d’Association qui la lie à Israël.
 
 
LIBAN : SAAD HARIRI CRITIQUE LE HEZBOLLAH – RFI, 21 avril. Au Liban, une visite de presse organisée par le Hezbollah à la frontière avec Israël, pour y montrer les fortifications entreprises par Tsahal, fait polémique. Devant des journalistes, le parti chiite armé, bête noire d’Israël, a affirmé qu’il ne « veut pas la guerre », mais qu’il se tient « prêt ». Une visite âprement critiquée par le Premier ministre libanais Saad Hariri, alors que les spéculations sur les risques d’un nouveau conflit ont redoublé depuis plusieurs semaines. C’est avec le ministre de la Défense et le chef de l’armée que le Premier ministre Saad Hariri s’est rendu d’urgence vendredi 21 avril à Naqoura, à la base de la Finul, la Force des Nations unies au Liban-Sud. Le but : désamorcer la colère des Casques bleus, alors que, la veille, le Hezbollah s’était livré à une démonstration de force dans cette région. Lors d’une visite organisée pour des journalistes jeudi, le « parti de Dieu » a en effet brièvement déployé des combattants, munis de RPG ou de fusils automatiques, le long d’un axe proche de la base de la Finul, dont des blindés parcouraient la route au même moment. Difficile de ne pas y voir un geste de défi : selon la résolution 1701 de l’ONU, seules les armes destinées à l’armée libanaise sont autorisées dans la région frontalière d’Israël. Durant cette visite, le Hezbollah a montré des fortifications érigées par Tsahal à la frontière. Il a aussi envoyé un message : le parti chiite armé est occupé par le conflit en Syrie, où il combat aux côtés du régime, mais il garde le contrôle de tout ce qui se passe au Liban-Sud, où il a plusieurs fois combattu Israël, la dernière guerre remonte à 2006. Lors de son déplacement hier, Saad Hariri a réaffirmé que son gouvernement souhaite voir le calme se maintenir à la frontière.

 

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