Observatoire Géostratégique

numéro 191 / 13 août 2018

FRANCOPHONIE : DERNIERES NOUVELLES DU FRONT !

Avec notre jeune quadragénaire de président de la République, Emmanuel Macron, il faut bien le reconnaître, cela secoue en permanence. Son mot d’ordre semble être, un jour, une idée. L’Élysée fait aujourd’hui de la francophonie une « cause nationale » (qu’en sera-t-il demain ?). Nous apprenons que le gouvernement d’Édouard Philippe a lancé le site Internet « monideepourlefrancais.fr » afin de recueillir les propositions des francophones en vue de la conception d’un « grand plan » pour le français, une sorte de politique par le numérique. C’est donc que la langue de Molière en a bien besoin. Notre président jupitérien le présentera officiellement, solennellement le 20 mars 2018. Les idées déposées sur la plateforme numérique « ne resteront pas lettres mortes » et viendront « nourrir ce grand plan pour le français et le plurilinguisme dans le monde », déclare Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors du lancement du site à Paris vendredi 26 janvier 2018.

Cette initiative intervient quelques semaines après la nomination de la franco-marocaine, Leïla Slimani comme sa représentante « personnelle » (celle du président de la République française) pour la Francophonie (6 novembre 2017)1 et où Soria Blatmann (l’épouse à la ville du député PS de la Seine et Marne, Olivier Faure qui devrait se recaser à l’UNESCO grâce à la généreuse intervention d’Audrey Azoulay2, ce qui commence à faire jaser Place Fontenoy3), conseillère technique droits humains, francophonie, rayonnement culturel, société civile à la présidence de la République cesse ses fonctions pour prévenir d’éventuels conflits d’intérêt avec son époux4. Une fois de plus, l’effet de surprise est parfait, total. La com’ fonctionne parfaitement au château et à Matignon. C’est déjà une bonne même une excellente chose. Mais, tentons d’aller au-delà de l’écume des jours que nous servent nos folliculaires patentés sur un sujet qui relève souvent de la tarte à la crème ? De quoi s’agit-il véritablement ? De quoi parle-t-on au juste ?

DE QUOI S’AGIT-IL VÉRITABLEMENT ?

Si le gouvernement décide soudainement de donner la parole aux citoyens, c’est qu’il commence à y avoir péril en la demeure et qu’il faut aller au-delà du mirage des chiffres trompeurs sur la réalité de la francophonie. La cause relève à l’évidence d’une ardente obligation française.

La parole aux citoyens : le bon sens populaire

Comment peut-on qualifier cet exercice que les anglo-saxons désignent par l’expression « bottom up », c’est-à-dire de bas en haut en Français dans le texte ? De salutaire exercice de démocratie participative, de démocratie citoyenne, d’opération « bravitude ». Qui pourrait s’en plaindre au moment où la crise de confiance entre les peuples et ses dirigeants n’a jamais été aussi importante ? Qui pourrait s’en plaindre au moment où la France, sous la forte impulsion de son jeune président que la terre entière nous envie, entend retrouver toute sa place dans le concert des nations ? Qui pourrait s’en plaindre au moment où la pratique de la langue française subit de plein fouet les coups de boutoir de la langue de Shakespeare sans parler du mandarin dans les organisations internationales et dans la vie courante ? Qui pourrait s’en plaindre au moment où le chef de l’État et son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères entendent conférer, de nouveau, toutes ses lettres de noblesse à la diplomatie d’influence dont l’un des principaux vecteurs est la pratique de la langue française ? C’est pourquoi, le président de la République, très présent sur la scène internationale, fait de la francophonie une « cause nationale », alors que le nombre de locuteurs français devrait quasiment tripler d’ici à 2050, de 274 millions aujourd’hui, à 750 millions, grâce à l’explosion démographique en Afrique, indique-t-on dans l’entourage du chef de l’État (les fameux milieux bien informés). Encore faut-il établir une différence entre le quantitatif et le qualitatif dans la francophonie !

Le mirage des chiffres trompeurs : la martingale des élites

Mais attention au mirage trompeur des statistiques auxquelles on peut faire dire ce que l’on veut. « Quand on regarde les chiffres, on peut faire ‘cocorico’, mais il n’y a aucune automaticité », met en garde le secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne appelant en particulier à un effort sur la formation et l’apprentissage du français. Un vrai travail en profondeur est de rigueur, s’impose si le français veut avoir une chance de retrouver la place importante qu’il occupait, il y a quelques décennies encore, dans le monde. « Cette plateforme donne le coup d’envoi d’un nouveau souffle pour la francophonie » abonde la gaffeuse ministre de la Culture, Françoise Nyssen. « On n’a peut-être pas encore assez fait, ces dernières années », souligne-t-elle lors du lancement du site. « Parce que des complexes, parce que des malaises flottaient. Parce que francophonie aurait pu rimer avec colonie. La seule façon de ne pas enfermer la francophonie dans une vision étriquée, c’est de soutenir ce qu’elle est réellement aujourd’hui : un vecteur de diversité. C’est l’esprit de la plateforme qui est lancée », souligne-t-elle dans un discours de très haute tenue. Ces ministres se contentent d’évoquer la partie émergée de l’iceberg (la plus sympathique) dont l’immergée (la plus dérangeante) n’a fait que grossir au fil des décennies, des années passées. Le Français est en recul préoccupant si l’on veut bien y regarder de près sur une longue période qui est la seule qui vaille d’étudier.

L’ardente obligation française : le retour au réel

En un mot, il s’agit d’une heureuse initiative intervenant en début de quinquennat. Elle pourra être développée durant les prochaines années et, surtout, on espère qu’elle contribuera à nourrir la « pensée complexe » de Jupiter. Par chance, il choisit la date du début du printemps pour présenter ses idées révolutionnaires sur le sujet. Une sorte de « printemps de la francophonie » dont tous les amoureux de la langue de Molière espèrent qu’il ne se transformera pas avec le temps en « hiver de la francophonie » (Cf. les révolutions arabes des années 2010-2011). Qu’en est-il en réalité de la substance même de cette initiative ? Les propositions déposées en ligne sont pour l’heure peu nombreuses, mais variées, nous précise-t-on. « Mon idée pour le français, c’est taxer Youtube et Facebook pour soutenir la création vidéo francophone », écrit ainsi Thomas, un Canadien, tandis que Pacom, de République démocratique du Congo, suggère de « mettre en place des kits de cinéma mobiles dans les villes et les villages ». Des idées très concrètes et frappées au coin du bon sens. Seul point noir à ce stade, dans une tribune parue sur le site de L’Obs, l’écrivain Alain Mabankou dénonce la politique de la France à l’égard de la francophonie et refuse de participer aux réflexions lancées par Emmanuel Macron.5

Attendons quelques semaines pour en savoir plus sur les grands axes de réaction des internautes et sur la manière dont en sera faite la synthèse et par qui ? Le sujet n’est pas anodin et ne peut se résumer à quelques chiffres ou à quelques formules incantatoires. Il nécessite un diagnostic sans concession pour pouvoir déboucher sur les remèdes idoines. Certains remèdes nécessiteront un engagement financier lourd (le peut-on ?), d’autres un volontarisme de tous les instants (le veut-on ?), surtout de la part de nos élites (sorties des meilleures écoles de la République) addicts à tout ce qui vient du monde anglo-saxon (on va s’y former pour faire chic) comme si elles avaient honte de notre culture, de notre langue, de notre Histoire, de nos arts, de notre système juridique (de droit romain), de notre gastronomie (Cf. l’hommage rendu à Paul Bocuse).

Mais en France, comme chacun n’est pas sans l’ignorer, des mots à la réalité, il y a souvent un gouffre. Nous pouvons le vérifier quotidiennement.

DE QUOI PARLE-T-ON AU JUSTE ?

En réalité, Jupiter veut frapper un grand coup avec ce qui ressemble à une sorte d’États généraux de la Francophonie pour tenter de combler l’abandon du navire France et palier sa lamentable pratique personnelle de l’anglais à tout-va.

Les États généraux de la Francophonie : la parole au peuple

Dans son entreprise de transformation de la France, Emmanuel Macron lance à la fois des chantiers sur le plan intérieur (réforme du code du travail, de la Justice, de l’éducation, du sacro-saint statut de la fonction publique…) et sur le plan extérieur (le plus emblématique étant celui de la construction européenne sans parler de toutes les crises qu’il entend résoudre en lieu et place des organisations internationales défaillantes). À la croisée des chemins, nous découvrons aujourd’hui celui de la pratique de la langue française par le plus grand nombre en France (il y a énormément de travail en raison du nombre de nos concitoyens qui sortent de l’enseignement sans maîtriser le minimum indispensable de notre langue) et à l’étranger (pour faire de notre langue la langue internationale, la langue diplomatique comme elle l’a été jusqu’au Traité de Versailles et comme elle l’est de moins en moins, le mauvais exemple venant d’en-haut).

Comme avant la Révolution française avec les cahiers de doléances, un appel à idées est ainsi adressé aux Français, aux étrangers francophones, mais également aux non-francophones. Il sera complété par une conférence internationale qui se tiendra à Paris les 14 et 15 février 2018. Elle réunira personnalités et acteurs de la société civile de différentes nationalités. L’ensemble fera l’objet d’une synthèse et alimentera le plan présenté par le président de la République le 20 mars prochain (juste avant il aura reçu un rapport de l’inoxydable ambassadeur dignitaire, Pierre Vimont). Entre temps, le président de la République a participé au sommet de l’éducation (« Partenariat mondial pour l’éducation » ou PME6) à Dakar les 2 et 3 février 2018 à l’issue de sa visite à Tunis à l’occasion de laquelle il a vanté le modèle tunisien dans le cadre des « printemps arabes » et vertement critiqué l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Les « fulgurances » du président de la République sont rassurantes même si elles sont tardives. Il est vrai que la visite du président de la République au Sénégal (Dakar et Saint Louis) avait des allures de bonne vieille françafrique alors même qu’elle entendait rompre avec ce vestige d’un passé colonial tant décrié en France et en Afrique. Heureusement, la présence de la chanteuse de la Barbade, Rihanna qui ne parle pas un traitre mot de français (amie de Brigitte Macron) a permis à Jupiter de faire des annonces financières courageuses… avec des euros dont nous ne disposons pas. Dans ce domaine, un idéalisme de principe n’exclut en rien une adaptation constante aux circonstances.

L’abandon du navire France : le mauvais exemple des décideurs

Les exemples de désertion du combat pour la défense de la langue française sont si nombreux et si quotidiens qu’ils pourraient donner lieu à l’écriture d’une nouvelle version de L’étrange défaite de Marc Bloch. Nous ne sommes pas dans des causes conjoncturelles (comme certains voudraient nous le faire croire) mais dans des raisons structurelles face au tsunami ininterrompu de la langue anglaise. Il n’y a pas plus d’écoles de commerce dans notre pays. Elles ont cédé la place aux « Business Schools ». La compagnie publique Air France ne trouve pas mieux de trouver comme slogan que « Air France. France is in the Air », pensant conquérir des parts de marchés avec ce genre de publicités à deux balles. Le monde des affaires et du commerce est gangréné par le globish alors que les mots français existent et sont parfois plus élégants à entendre et à comprendre. La diplomatie française a capitulé depuis belles lurettes, ayant désormais honte de parler français dans les réunions internationales, laissant le soin de le faire à leurs collègues africains déboussolés par cette défaite en rase campagne. À l’Union européenne, le Français est en train de se transformer en langue vernaculaire. Pourquoi ne pas profiter du « Brexit » pour réclamer que les deux langues officielles de l’Union soient le Français et l’Allemand ? Pourquoi ne pas refuser les candidatures au poste de commissaire européen de tous ceux qui n’auraient pas un niveau suffisant de Français et s’engageraient à l’utiliser ? Que fait Michel Barnier, le piètre négociateur européen lorsqu’il se rend à Londres pour prolonger ses discussions sur le « Brexit » ? Il ahane ses fiches d’entretien (« speaking notes ») préparées par ses collaborateurs dans un mauvais anglais. A-t-il honte de parler sa langue maternelle ? Honteux pour pareil triste sire qui se revendique de l’héritage gaulliste !

Le fonctionnement des structures relevant plus ou moins du ministère des Affaires étrangères en charge de la promotion de notre langue (Alliances françaises, instituts français…) disposent de moins en moins de moyens et ne trouvent pas mieux que de se lancer dans des guerres de tranchée, des guerres d’ego pendant que nos partenaires jouent à plein leur partition sans le moindre état d’âme (Goethe-Institut, British Council, Instituto Cervantès, Institut Confucius)7. Il est vrai que les Alliances françaises tremblent aujourd’hui sur leurs fondations8. Cela commence à se voir, à se savoir et à se dire et à s’écrire !9 Ne parlons pas des sommets de la Francophonie qui se transforment en vulgaires moulins à paroles10. N’oublions pas au passage les vivres coupés aux artistes francophones !11 Cette mesure commence à inquiéter les dirigeants de cette « scène internationale francophone » qui reste d’être sacrifiée sur « l’autel d’une politique gestionnaire de réduction des coûts »12. La liste de toutes ces dérives, de tous ces abandons successifs n’est malheureusement pas exhaustive… Méfions-nous de la pratique jupitérienne qui peut se révéler catastrophique ! Après son passage à Calais et à Sandhurst, la situation des migrants est pire qu’elle ne l’était avant. Les pompiers peuvent être les meilleurs pyromanes à y regarder de plus près. La pratique systématique du « en même temps » commence à annoncer des vents mauvais, des déconvenues car gouverner, c’est aussi savoir trancher. Rien n’est pire, en politique comme dans la diplomatie, que la célèbre politique du chien crevé au fil de l’eau.

Rappelons qu’il s’est fallu du peu que la France ratifie la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires du Conseil de l’Europe (elle vise à protéger et à promouvoir les langues régionales ou minoritaires en tant que telles) qu’elle avait signée en 1999 sous la présidence de Chirac ! En effet, le Conseil constitutionnel (1999) et le Conseil d’État (2015) ont utilement mis en garde contre les risques d’éclatement de notre République qu’entraînerait l’adoption d’un tel texte comportant des clauses contraires à la Constitution. Elle « porterait atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français » (décision du 15 juin 1999). Attention à ce que l’exécutif corse ne nous entraine vers de pareils dévoiements ! Surtout lorsque l’on sait que « Les séparatistes veulent le beurre et l’argent du beurre, tout en crachant sur la crémière »13. Sans parler de tous ceux à qui cela pourrait donner l’idée d’abandonner la pratique de la langue française dans l’hexagone.

La lamentable pratique jupitérienne : le parler anglais permanent

À tout seigneur, tout honneur. L’exemple vient d’en haut. Qu’en est-il de la pratique jupitérienne de la langue française et de la défense de la francophonie ? Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, le moins que l’on puisse dire est que nous sommes saisis par l’arrogance du pouvoir jupitérien surtout dans la maltraitance (terme particulièrement à mode de notre langue avec la situation dans les EHPAD)14. Emmanuel Macron ne peut s’empêcher de s’exprimer dans la langue anglaise au cours des conférences internationales (« One Summit Planet » à Boulogne, à la rencontre avec les chefs d’entreprises à Versailles ou au sommet de Davos, il prononce la moitié de son exposé d’une heure en anglais), de ses conférences de presse, dans ses entretiens avec les médias étrangers (à l’occasion de ses visites à l’étranger). La « France est de retour » est écartée au profit de « France is back » alors que le déficit commercial est abyssal15 et que la Cour des comptes demande à Jupiter de mieux maîtriser la dépense publique16. Choisir la France fait ringard, il préfère scander devant l’élite de la finances « Choose France ». Emmanuel Macron restera dans l’histoire de la Cinquième République comme le président qui a le plus fait d’entorses à l’utilisation de la langue de Molière dans ses interventions publiques et dans la prolifération inégalée à ce jour de hashtag en anglais (#MakeOurEconomyGreatAgain). Et tout cela alors que le président de la République devrait être le premier ambassadeur de la langue française dans le monde surtout s’il se souvient de l’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 qui se lit ainsi : « La langue de la République est le français ». Par ailleurs, il est important de rappeler que « le président de la République veille au respect de la Constitution » selon l’article 5 de ce même texte 17. Comme nous l’avons souligné plus haut, l’influence de la France passe inévitablement par la pratique constante du Français à l’étranger mais surtout dans notre pays. Elle en est son support. Elle est consubstantielle à notre rayonnement international. Elle en est le baromètre qui est aujourd’hui dans la tempête. Les faits sont têtus.

Mais, nous pouvons désormais dormir sur nos deux oreilles en apprenant par la voix de son porte-parole, Benjamin Griveaux que le chef de l’État veut désormais une « information propre, sourcées, fiable »18. Nous serons pleinement rassurés le jour où l’information officielle sur la francophonie correspondra pleinement à ces trois qualificatifs. Si tel n’était pas le cas nous serions en présence d’une « fake new », voire d’un simple bobard ou, plus grave encore, d’un « mensonge d’État » ! Sera-t-il puni par la prochaine loi en préparation sur le sujet au titre de l’exemplarité de la pratique présidentielle ?

 
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Le président de la République est seul, partout et tout le temps, pour délivrer de belles images et décliner une politique dite du « en même temps ». Le chef de l’État sature l’espace public d’images léchées, soigneusement produites et sélectionnées par ses équipes de communication. L’illusion est parfaite mais la réalité est triviale19. Car pendant que le président séduit en anglais « fluent » les grands de la planète économique, les affaires continuent et la compétitivité de la France ne cesse de se dégrader. La situation de la langue française dans le monde est de plus en plus préoccupante. Beaucoup de clignotants sont à l’orange avant, vraisemblablement, de passer au rouge. Nous touchons au cœur de la contradiction permanente dans laquelle baigne la politique macronienne et aux limites du plaire, sans déplaire. Le pire est que l’exubérance anglophile – une forme d’hybris, en grec, qui signifie la démesure d’un orgueil sans limites – ne risque pas de se calmer. Un danger que l’on ne saurait conjurer par des politiques contradictoires ou par des silences honteux. Il y a les mots… Il y a enfin la réalité20. Il ne suffit pas de pousser des cris d’orfraie pour résoudre le problème. « On peut toujours rêver. Cependant, il est plus prudent de regarder la réalité en face, quand bien même obligerait-elle les belles âmes à sortir du confort intellectuel qui assure leur sommeil réparateur »21. C’est pourquoi, et en dernière analyse, il importe que Macron d’Orsay se livre à un examen sérieux, sans concessions de la situation, faute de quoi sa dernière initiative risque de faire pschitt, de tourner au dernier avatar de la francophonie !

Guillaume Berlat
12 février 2018

1 Guillaume Berlat, La francophonie ou l’art du gadget, www.prochetmoyen-orient.ch , 13 novembre 2017.
2 Aziz Zemouri, Conseillère de Macron, l’épouse d’Olivier Faure quitte l’Élysée, www.lepoint.fr , 4 février 2018.
3 Dans les couloirs de l’agence onusienne, les nominations autour de la directrice générale sont scrutées de près, www.LaLettreA.fr , 8 février 2018, p. 3/9.
4 Arrêté du 2 février 2018 portant cessation de fonctions à la présidence de la République, JORF n° 0029 du 4 février 2018, texte n° 1.
5 Frédéric Lemaître, Les tribunes qui ont fait débat ces derniers mois, Le Monde, 4-5 février 2018, p. 6.
6 Aide et Action, À Dakar, Emmanuel Macron tourne la page d’une aide à l’éducation française en baisse, Le Blog d’Aide et Action, www.mediapart.fr , 5 février 2018.
7 Michel Guerrin, Francophonie ou cacophonie ?, Le Monde, 27 janvier 2018, p. 24.
8 Antton Rouget, Derrière les démissions en série. Les Alliances françaises tremblent sur leur fondation, www.medipart.fr , 6 février 2017.
9 Marie-Estelle Pech, La représentation française à l’étranger en crise, Le Figaro, 2 février 2018, pp. 2-3.
10 Guillaume Berlat : Sommet d’Antananarivo : abîme de la Francophonie, www.prochetmoyen-orient.ch , 28 novembre 2016.
11 Les invités de mediapart, Le théâtre de la francophonie sur l’échafaud ? Lettre ouverte au président de la République, www.mediapart.fr , 1er février 2018.
12 Laurent Carpentier, Micmac au Tarmac, Le Monde, 4-5 février 2018, p. 21.
13 Michel Franceschi, « Les séparatistes veulent le beurre et l’argent du beurre, tout en crachant sur la crémière », www.lefigaro.fr , 5 février 2018.
14 Guillaume Berlat, La Francophonie est morte : Macron l’a tuer, www.prochetmoyen-orient.ch , 31 juillet 2017.
15 Elise Barthet, Pourquoi le déficit commercial se creuse. Le pétrole et la reprise creusent le déficit commercial. Commerce extérieur : la France n’est toujours pas de retour, Le Monde, 8 février 2018, pp. 1, 27 et le Monde Économie & Entreprise, pp. 1 et 3.
16 Didier Migaud (entretien avec Julia Pascual, « La croissance ne dispense pas d’efforts sur la dépense », Le Monde, 8 février 2018, pp. 8-9.
17 www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958
18 Ivan Rioufol, Les silences du président Macron, Le Figaro, 12 janvier 2018, p. 17.
19 François Bonnet/Romaric Godin/Manuel Jardinaud/Ellen Salvi, Le Roi-Soleil, la France sommeille, www.mediapart , 28 janvier 2018.
20 Marie-Estelle Pech, Francophonie : des paroles et des actes, Le Figaro, 27-28 janvier 2018, p. 17.
21 Jack Dion, Emmanuel Macron contre Macron Emmanuel, Marianne, 2-8 février 2018, pp. 54-55.

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