Observatoire Géostratégique

numéro 205 / 19 novembre 2018

LA DIPLOMATIE DU FROC BAISSÉ…

« La honte, ce poison de l’âme »1. Il ait des moments où la honte d’être français saisit tout citoyen attaché à certaines valeurs surannées. Les principales sont contenues dans la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les 58 membres de l’Assemblée générale de l’ONU le 10 décembre 1948. Une sorte de bible du vivre-ensemble international2. La bande dessinée Spirou vient de lui consacrer un numéro spécial qui pourrait intéresser les lecteurs rebutés par un texte peu ludique3.

Nous en retiendrons seulement trois : le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne (article 3) ; le rejet de la torture, des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (article 5) et le refus de l’arrestation, de la détention ou de l’exil arbitraire (article 9). Il paraît à tout le moins curieux que la patrie autoproclamée des droits de l’homme, la « Grande Nation » qu’est la France s’essuie récemment les pieds sur de tels principes universels et intangibles auxquels elle semble attachée, du moins dans la théorie.

Et cela d’autant plus lorsque cette France est celle de Jupiter qui va faire le paon devant la Cour européenne des droits de l’homme à l’automne 20174. Sa diplomatie du « en même temps » se transforme en duplicité flagrante, en diplomatie à Canossa. Elle met à nu la lâcheté insupportable de certains hauts fonctionnaires français.

LA DUPLICITÉ FLAGRANTE DE JUPITER DROIT DE L’HOMMISTE

En même temps que la réaction de Jupiter marquée au sceau d’une prudence de gazelle, nous assistons à une comédie américaine faite de rodomontades et de coups de menton.

Les prudences de gazelle de Jupiter et de l’homme au chouchen : courage fuyons !

Sauf à être aveugle et sourd, c’est bien de ce dont il s’agit dans ce qu’il est convenu de qualifier d’affaire Jamal Kasogghi qui empoisonne le climat des affaires (remise en question du « Davos saoudien » ou FII pour Future Investment Initiative, Riyad, 24-26 octobre 2018)5 ainsi que la vie politique dans le pays6. Le moins que l’on puisse dire est que notre quadragénaire jupitérien et « jupiterne » n’a pas fait preuve d’un authentique courage vis-à-vis de son grand ami saoudien, MBS, le prince libéral et réformateur7. Celui à qui il baisait il y a peu la babouche, diplomatie économique oblige8. Quelques bons contrats d’armements juteux vous font subitement perdre la mémoire relative à l’attachement aux droits de l’homme et autres plaisanteries du même acabit qui ne s’appliquent qu’aux damnés de la terre qui n’ont ni pétrole, ni argent !9

Bien qu’il soit troublé et qu’il dispose d’éléments inquiétants, Emmanuel Macron réclame des preuves de l’implication de l’Arabie saoudite dans ce mauvais polar, présomption d’innocence oblige. Tout ceci n’est pas très glorieux10. Les opposants saoudiens craignent pour leur vie. Ils doivent être stressés et se faire soigner11. Quand il s’agit de Mouamar Khadafi ou de Bachar al Assad, on condamne et on exécute sans preuve, présomption de culpabilité oblige12. Les esprits chagrins qualifient ce procédé de deux poids, deux mesures. Le moins que l’on puisse dire est que tout cela n’est pas très glorieux pour la France éternelle, mère des arts, des armes et des lois.

Pour faire bonne figure, Jean-Yves Le Drian (l’homme qui a tendance à forcer sur le chouchen) et ses compères allemand et britannique publient une déclaration commune « virile » ainsi libellée :

« A cet égard, toute la lumière doit être faite sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dont les proches sont sans nouvelles depuis le 2 octobre. L’Allemagne, le Royaume-Uni et la France partagent les graves préoccupations exprimées par certains, notamment par la Haute Représentante de l’Union européenne Mme Federica Mogherini et le Secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, et prennent cette affaire très au sérieux. Une enquête crédible est nécessaire pour établir la vérité au sujet de ce qui s’est passé et, le cas échéant, pour identifier les responsables de la disparition de Jamal Khashoggi et leur demander des comptes. Nous encourageons les efforts conjoints turco-saoudiens en cette direction et attendons du gouvernement saoudien qu’il fournisse des réponses complètes et détaillées. Nous avons fait passer ce message directement aux autorités saoudiennes »13. C’est le moins que l’on puisse faire pour échapper au ridicule !

N.B. Nous apprenons qu’au Quai d’Orsay, il se passe des choses importantes que nos perroquets à carte de presse nous cachent. Les diplomates français auraient reçu une instruction impérative des hautes sphères : il leur est désormais proscrit d’utiliser le concept de « droit de l’homme », trop sexiste et discriminatoire. Ils doivent désormais employer le concept jugé plus neutre et plus politiquement correct de « droits humains ». Si nous comprenons bien, le pouilleux de Jamal Kashoggi doit vraisemblablement ne pas entrer dans la catégorie labellisée des « droits humains ». Pour faire bonne mesure, nous apprenons dans le même temps que la haute hiérarchie de la fine fleur de la diplomatie française serait courroucée par la désignation de la candidate rwandaise à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Connaissant le courage légendaire de nos diplomuches, on imagine que cela doit secouer sur les bords de Seine. Du grabuge au Quai !

Les rodomontades de l’oncle Sam : un pas en avant et deux pas en arrière

Donald Trump promet des réactions adaptées si l’opération Monsieur Bricolage des barbouzes saoudiennes au Consulat général d’Arabie saoudite à Istanbul était démontrée. Il bande ses muscles et nous promet que l’on va voir ce que l’on va voir14. Toutefois, il dépêche à Riyad son secrétaire d’État, Mike Pompeo pour obtenir une sorte de mea culpa version sunnite afin de désamorcer la bombe à fragmentation, modèle Kasshogi. Le président des États-Unis Donald Trump, après s’être entretenu au téléphone avec MBS qui nie être au courant, envisage la possibilité de « tueurs voyous » qui n’en auraient fait qu’à leur tête15. Dans la foulée, une « personne familière avec les plans des dirigeants saoudiens » entreprend une tournée des médias américains afin de vendre l’idée que la responsabilité du meurtre de Khashoggi incombe à un officier des services de renseignement saoudiens qui aurait outrepassé les ordres du prince héritier Mohammed ben Salmane. Censé interroger le journaliste saoudien critique du pouvoir, voire le ramener par la force à Riyad, l’espion dévoué aurait dérapé puis cherché à camoufler sa bavure.

Cette explication bien commode du subordonné trop zélé est probablement aussi vraie que les démentis apportés pendant quinze jours par le régime saoudien, durant lesquels ses porte-parole assurent que Jamal Khashoggi était sorti vivant du poste diplomatique et qu’ils priaient pour sa réapparition saine et sauve. Mais ce nouveau mensonge a l’avantage d’être plus crédible que le précédent et il a déjà trouvé un promoteur en la personne du président américain. Gageons qu’il saura convaincre de nombreux autres dirigeants, à commencer par les Turcs eux-mêmes, qui ont révélé les indices du meurtre initiant l’affaire16.

Il fallait y penser. De qui se moque-t-on sérieusement ? C’est le bal des faux-culs dans toute sa splendeur17. Aujourd’hui, tout le monde sait que Jamal Kashoggi aurait été torturé, puis décapité dans des conditions épouvantables. Toutes choses – ce MBS, faux messie de l’Arabie18 – qui ne semblent pas émouvoir nos bonnes âmes habituellement si promptes à défendre la veuve et l’orphelin.

Il est vrai que tant sur la disparition du président chinois d’Interpol, organisation basée en France19 que sur les ventes d’armes à l’Égypte servant à la répression de l’opposition20 sans parler des ventes d’armes à l’Arabie saoudite pour mener sa guerre horrible au Yémen21, Paris est aux abonnés absents. Silence radio assourdissant des dirigeants politiques français que complète la lâcheté de certains hauts fonctionnaires de la République.

LA LÂCHETÉ INSUPPORTABLE DES HAUTS FONCTIONNAIRES

Côté courage et clause de conscience de la fine fleur de la haute fonction publique française, vous repasserez.

La pleutrerie de la porte-parole du Quai d’Orsay : pas vu, pas pris

Grâce à prochetmoyen-orient.ch, nos lecteurs sont déjà au fait du parcours diplomatique sans faute du perroquet de Jean-Yves Le Drian, l’imposante franco-suissesse, Agnès von der Mühll22. Cette âme de gauche à la fibre droit de l’hommiste sait, à l’occasion, avoir l’échine souple. Elle en a déjà été récompensée et le sera encore à l’avenir. Dans l’affaire Kasshogi, le ministère des Affaires étrangères a reçu des consignes très strictes du style pas de zèle cher à Talleyrand. « C’est la chape de plomb qui explique l’absence de toute remarque critique qui serait une mise en cause du président » ! C’est le règne du circulez, il n’y a rien à voir au pays de Kim Jong-macron. Tous les fonctionnaires sont le petit doigt sur la couture du pantalon. Pour en revenir à Agnès von der Mühl, certains de ses collègues s’étonnent de son subit embonpoint…

D’autres, moins charitables, l’attribuent à toutes les couleuvres, pour ne pas dire tous les énormes boas qu’elle avale quotidiennement avec une abnégation qui mérite louange. Mais, soyez rassurés, la digestion de sœur Agnès est facilitée par l’absorption de quelques verres d’eau de Vichy ! Cette directrice gagnerait à lire ou à relire l’ouvrage de l’un de nos ex-ambassadeur à Riyad (arabisant distingué passé par le service de presse comme on l’appelait au siècle dernier), Jean Bressot écrit en 1995 (sous le pseudonyme de Jean-Marie Foulquier), publié aux éditions Albin Michel, qui a pour titre éloquent : « Arabie séoudite. La dictature protégée ». Il y dénonçait, en s’inspirant largement de sa correspondance diplomatique, toutes les graves dérives de ce pouvoir à qui l’Occident laissait tout passer. Rien n’a donc changé depuis. Il fut un temps, pas très éloigné, où les diplomates écrivaient ce qu’ils voyaient et non ce que l’on pensait à Paris dans les bureaux et au château pour plaire au prince. Vive la servitude volontaire.

La fourberie de la secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale : la réflexion sur « l’inflexion »

Grâce à prochetmoyen-orient.ch, nos lecteurs sont parfaitement au fait du parcours administrativo-juridique parfait de la conseillère d’État, Claire Landais, aujourd’hui secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN)23. Alors que la France est de plus en plus mise en cause par quelques ONG sérieuses pour ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite, qui se livre à de véritables crimes de guerre et de crimes contre l’humanité contre la population civile au Yémen (vraisemblablement passibles un jour de la Cour pénale internationale), Claire Landais dit des choses intéressantes. Auditionnée le 3 octobre 2018 par la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, elle confirme qu’elle est chargée d’une réflexion sur une « inflexion » de la politique des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis qui incombe au SGDSN en qualité de responsable de la commission interministérielle pour les importations et exportations de matériels de guerre (CIEMG).

Cela ne manque pas de sel si un jour ce membre éminent du Conseil d’État (cette juridiction administrative qui n’est ni indépendante, ni impartiale), qui a sévi à plusieurs reprises au sein de la section du contentieux, devait rendre des comptes à La Haye devant la Cour pénale internationale !

Elle apprendrait à ses dépens ce qu’il en coûte d’oublier de penser et d’ignorer le devoir de désobéissance des fonctionnaires. Les fonctionnaires doivent se conformer aux instructions de leurs supérieurs hiérarchiques en application des dispositions de l’article 28, alinéa 1er de la loi n° 83-634, 13 juillet 1983 (Titre premier du statut des fonctionnaires). Une réserve doit cependant être faite lorsque les ordres sont manifestement illégaux et de nature à compromettre gravement un intérêt public24. Cette représentante brillante de La Caste gagnerait à lire ou à relire l’ouvrage de Philippe Fabre, Le Conseil d’État et Vichy : le contentieux de l’antisémitisme, Travaux de l’école doctorale de droit public et de droit fiscal. Université de Paris I (Panthéon Sorbonne), Publications de la Sorbonne, 2001. Elle y trouverait matière à réflexion sur le passé peu glorieux de l’institution qu’elle a choisie à la sortie de l’ENA en raison de son classement dans les premiers de sa promotion. Ce que l’on qualifie de privilège de sortir dans la botte, c’est-à-dire dans les grands corps de l’État. Il est vrai que depuis plusieurs années, elle est absente des locaux du Palais Royal…

RETOUR AUX FONDAMENTAUX DU QUAI DES BRUMES

Notre transgresseur réformateur de plus jeune président de la Ve République n’a pas perdu de temps depuis qu’il a pris possession d’un palais sis au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré. Vous ne pouvez pas vous tromper même si vous êtes un provincial peu dégourdi. Il suffit de traverser la rue et vous trouvez aussitôt un boulot plus rapidement qu’en allant faire la queue chez Pôle Emploi. Emmanuel Macron met à bas les fondamentaux de la politique et de la diplomatie, rompant avec les traditions dépassées de ses rois fainéants de prédécesseurs. La diplomatie fait l’objet d’un sacré coup de jeune, d’un superbe ravalement de façade.

Désormais, la diplomatie jupitérienne présente un visage nouveau aux mille facettes : diplomatie du « en même temps », diplomatie de l’essuie glaces, diplomatie du coup de com’ permanent, diplomatie du verbe, diplomatie du ventriloque, diplomatie du perroquet, diplomatie du gadget, diplomatie des faux pas, diplomatie de Paris Match, diplomatie de l’intelligence artificielle, diplomatie des sommets, diplomatie de l’esbrouffe, diplomatie du coup de menton, diplomatie de l’exclusion, diplomatie de la pipolisation25, diplomatie des mains vides, diplomatie du boomerang, diplomatie de la contradiction, diplomatie du tweet, diplomatie théâtrale, diplomatie du narcissisme…. et plus récemment encore, diplomatie du câlin, diplomatie du déshonneur26.

 
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Mais, force est de constater que l’un des volets de sa diplomatie moins médiatisé que les précédents, se situe dans le droit fil d’une longue et grande tradition du Quai d’Orsay. Elle a été immortalisée par une tirade de Jean-Paul Belmondo dans le film Le marginal (1983) : « C’est une vieille tradition du Quai d’Orsay de baisser son froc ». Ce que l’on peut qualifier trivialement de diplomatie du froc baissé !

Ali Baba
22 octobre 2018

1 Boris Cyrulnik, Mourir de dire. La honte, Odile Jacob, 2010.
2 http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/
3 Un numéro humaniste, Spirou défenseur des droits de l’homme #Spirou4rights, en partenariat Nations Unies Droits de l’homme, Haut-Commissariat, n° 4200, 10 octobre 2018, 81ème année, www.spirou.com
4 Guillaume Berlat, Jupiter fait la cour à Strasbourg, www.prochetmoyen-orient.ch , 13 novembre 2017.
5 Benjamin Barthe/Véronique Chocron/Guy Dutheil/Nabil Wakim, L’affaire Khashoggi affaiblit le « Davos saoudien », Le Monde, Économie & Entreprise, 18 octobre 2018, p. 8
6 Georges Malbrunot, Crise en Arabie : Les Saoud en conclave, Le Figaro, 18 octobre 2018, p. 7.
7 Claude Angeli, Macron sans aucun courage face aux Saoudiens, Le Canard enchaîné, 17 octobre 2018, p. 3.
8 Guillaume Berlat, Jupiter baise la babouche de MBS, www.prochetmoyen-orient.ch , 16 avril 2018.
9 Hedy Belhasine, La fin de Ben Salman pour un mort de trop, www.prochetmoyen-orient.ch , 15 octobre 2018, https://hybel.blogspot.com/2018/10/la-fin-de-ben-salman-pour-un-mort-de.html
10 Natacha Polony, Une piètre idée de la France, Marianne, 19-25 octobre 2018, p. 3.
11 Georges Malbrunot, La peur des opposants saoudiens après la disparition de Jamal Khashoggi, Le Figaro, 16 octobre 2018, p. 8.
12 La rédaction/Jean-Paul Pancracio, Du sang au consulat !, www.prochetmoyen-orient.ch , 15 octobre 2018.
13 https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/arabie-saoudite/evenements/article/disparition-de-jamal-khashoggi-declaration-conjointe-des-ministres-des-affaires
14 Sylvie Kaufmann, Pourquoi Khashoggi ?, Le Monde, 18 octobre 2018, p. 24.
15 Gilles Paris, La diplomatie du cynisme de Donald Trump, Le Monde, 19 octobre 2018, p. 3.
16 Thomas Cantaloube, Affaire Kashoggi : la nouvelle stratégie de la faute avouée à moitié pardonnée, www.mediapart.fr , 16 octobre 2018.
17 Benjamin Barthe, Le jeu ambigu de Trump et Erdogan dans l’affaire Kashoggi, Le Monde, 17 octobre 2018, p. 4.
18 Martine Gozlan, Affaire Kashoggi. Mohamed Ben Salmane, faux messie de l’Arabie, Marianne, 19-25 octobre 2018, pp. 32-33.
19 Les invités de LLC- Serge Sur : Un homme disparait : mais que fait Interpol ?, www.libertescheries.blogspot.com , 9 octobre 2018.
20 Hélène Sallon, L’Égypte réprime avec des blindés français, Le Monde, 18 octobre 2018, p. 5.
21 F.P., MBS est tombé sur un os, Le Canard enchaîné, 17 octobre 2018, p. 8.
22 Ali Baba, Agnès von der Mühll : la voix du Quai d’Orsay, www.prochetmoyen-orient.ch , 5 février 2018.
23 Ali Baba, Claire Landais, SGDSN ou la triple tyrannie, www.prochetmoyen-orient.ch , 12 mars 2018.
24 https://blog.andreicard.fr/a-propos-du-devoir-de-desobeissance-des-fonctionnaires/
25 J.-M. Th., Mimi-m’a-dit, la marchande de Macron, Le Canard enchaîné, 17 octobre 2018, p. 8.
26 Pierre Péan, Secrétariat général de la francophonie. Déshonneur français et bras d’honneur français, Marianne, 19-25 octobre 2018, p. 34.

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