Observatoire Géostratégique

numéro 205 / 19 novembre 2018

LA VACANCE DE MONSIEUR HULOT…

Si l’on part du principe que le souci écologique ne saurait faire l’impasse sur un contrôle du monde de l’économie par les puissances publiques, au nom de l’intérêt général, il est sans doute clair que les écologistes français sont plus dans une posture que dans un combat politique digne de ce nom.

Si l’on admet que M. Macron, fidèle préfet de la Région France au service de l’UE et des oligarchies occidentales est lui-même dans une posture, celle de « président » d’une république qu’il n’a ni la volonté, ni les moyens de « présider », la démission de Nicolas Hulot apparaît pour ce qu’elle est, un non-événement.

Dans le monde de la « narrative » comme paraît-il on dit dans les milieux bien informés, ces épiphénomènes ne pèsent en rien sur le réel, celui que les citoyens affrontent jour après jours, suite aux mesures de régression sociale que les présidents et les gouvernement successifs infligent à la France depuis 1983.

Aussi, pourquoi évoquer la démission de notre Don Quichotte de l’écologie ? Parce que, pour la « médiasphère », cet événement est un cataclysme, et qu’il annoncerait les pires malheurs pour le macronisme, etc.

Qui dit cela ? Ceux qui depuis des décennies ont appliqué des mesures comparables à celles mises en œuvre par M. Macron et son gouvernement (dont M. Hulot) pour tenter de faire entrer au forceps la France dans la logique européiste, oligarchique, austéritaire que nos amis Grecs ont longuement expérimenté in vivo. La Grèce est à ce titre un démenti absolu au discours sur les « valeurs européennes ».

Moralité, si l’on peut user d’un tel vocable ? Le théâtre politique français perd un acteur peu talentueux, pas moins certes que notre président, ce qui secoue le « tout Paris » et la sphère médiatique. Et, en outre, une place se libère !

Au fond, on peut se demander, si l’on s’ennuie, de quoi il retourne : retournement de veste, affaire d’ego contrariés, querelles de préséance ? Qui cela concerne-t-il vraiment ?

On sait en tout cas que M. Hulot n’a pas manqué de faire fortune avec son business écologique et ses royalties télévisuelles.

Ce dont nous sommes sûrs, c’est que rien d’essentiel ne se joue dans cette palinodie. Le pays est en perdition, les perspectives politiques sont, pour le moins, improbables, Bruxelles continue de faire la loi, l’austérité s’appesantit, les problèmes dits sociétaux ne cessent de faire des remous, la France s’en va-t-en guerre sous l’égide l’OTAN. Avec ou sans M. Hulot.

Les citoyens chagrins pourront ainsi se demander si, quand les médias concentrent l’attention sur cette péripétie téléphonée, ils ne poursuivent pas leur éternel « job » de détourner l’attention des citoyens sur des sujets futiles.

 
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Ah, le mot, ces gens qui font semblant de gouverner le pays sont futiles. Mais riches, cruels, inconséquents… Les « salauds sartriens » ont décidément de beaux jours devant eux.

Alain Pucciarelli
3 septembre 2018

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