Observatoire Géostratégique

numéro 243 / 12 août 2019

LAFARGE EN SYRIE : LE CACHE-SEXE DU QUAI D’ORSAY !

« Les feuilletons doivent être lus par petits bouts, aux cabinets » (Jules Renard). Et, c’est bien le cas de celui qui intéresse www.prochetmoyen-orient.ch depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois1. Et, le moins que l’on puisse dire est qu’il commence à être particulièrement nauséabond et qu’il doit procurer quelques menues frayeurs aux diplomates Norpois des cabinets, pas les lieux d’aisance, mais les cabinets ministériels aussi inutiles que coûteux. Le feuilleton de l’affaire du cimentier Lafarge en Syrie en pleine guerre civilo-globale dans ce pays n’en finit pas de nous livrer ses derniers secrets au rythme des révélations du Journal du Dimanche.

Tel est le cas de sa livraison du 13 janvier 2019 qui n’est pas à la gloire de ce haut lieu de la diplomatie française qu’est le Quai d’Orsay situé près de l’Assemblée nationale sur les bords de la Seine à quelques arpents de terre des Grand et Petit Palais2. On comprend mieux pourquoi le titulaire du fauteuil de Vergennes est parfois conduit à faire un usage immodéré du Chouchen et à raconter de vastes blagues pour pouvoir avaler quelques couleuvres de diamètre conséquent. Revenons sur les principaux acteurs de cette mauvaise comédie de boulevard qui ne semble pas passionner nos folliculaires traditionnellement avides de sensations fortes !

L’ABBÉRANTE MISE EN CAUSE/MISE EN EXAMEN DES DIRIGEANTS DE LAFARGE

Notons que dans notre démocratie parfaite, dans notre état de droit exemplaire, des magistrats sûrs de leur bon droit peuvent priver des citoyens de leurs droits fondamentaux.

Des magistrats sûrs de leur bon droit

D’expérience, on savait que certains magistrats instructeurs – présentés à la populace inculte juridiquement parlant, comme indépendants et impartiaux – ignoraient tout des droits sacrés de la défense tels que prévus par le droit positif français (contenus dans les excellents codes publiés aux éditions Dalloz) mais aussi par les conventions internationales ratifiées en bonne et due forme par la République française (Déclaration universelle de droits de l’homme de 1948 ; Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du Conseil de l’Europe de 1950, seulement ratifiée en 1974 en raison des réticences des membres du Conseil d’État ; Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2000). Et tout cela se passe dans la patrie autoproclamée des droits de l’homme, des farces et attrapes. Mais, les Candide ignoraient que leur faisait également défaut le sens commun élémentaire sans parler de la connaissance fine des conditions de vie dans un pays en guerre qui sied à tout fonctionnaire appelé à juger ses concitoyens en instruisant à charge et à décharge pour contribuer à la manifestation de la Vérité.

Tous ces concepts incongrus ne sont que fariboles lorsqu’on a le privilège d’avoir été formé – pour ne pas dire déformé – par les précieux enseignements prodigués à l’École nationale de la magistrature (ENM) située à Bordeaux. Tous ces Messieurs et ces Dames sont au-dessus de tout cela, au-dessus de la loi. Ils possèdent une sorte de Vérité révélée sur des situations dont ils ou elles n’ont pas la moindre idée, incapables qu’ils ou elles sont de recontextualiser des actes de la vie courante qui se déroulent dans l’Orient compliqué et complexe en période de « révolutions arabes ». Mais, il faut reconnaître à tous ces génies autodésignés une qualité irremplaçable, un manque d’humilité déroutant sur les arcanes de l’âme humaine et sur la géopolitique. Ils savent tout sur tout et sont protégés par leur statut. Cela conduit immanquablement à l’affaire d’Outreau, Iacono, Omar Raddad (« Omar m’a tuer ») et à bien d’autres dont aucun responsable n’a eu, à ce jour, à rendre compte, à être, le cas échéant sanctionné administrativement et pénalement… sans parler d’un minimum d’acte de contrition. Ainsi va la magistrature assise, debout et surtout allongée pour ne pas dire couchée dans notre Douce France, mère des arts, des armes et des lois ! Pour être complet sur le sujet, il suffit de se souvenir de l’attitude peu courageuse de tous ces pantins à Hermine sous le régime de Vichy ! Le sujet est particulièrement bien documenté par les historiens de la Seconde Guerre mondiale. Cela a laissé quelques traces indélébiles chez certains et certaines.

Des citoyens privés de leurs droits fondamentaux

Mais, ces personnages fort peu recommandables à bien des égards, pour beaucoup d’entre eux, ont décidé sans la moindre hésitation, que les responsables de Lafarge qui opéraient en Syrie en pleine guerre civile, ont tout bonnement financé le terrorisme. Ni plus, ni moins, des agents de l’EIIL, de Daech. Pourquoi ? Parce qu’ils ont payé leur obole à tous les groupes – et ils étaient aussi nombreux qu’incontournables – qui tenaient barrage sur les routes de la très pacifique Syrie. Cela se pratique dans tous les pays en guerre où la morale n’est pas aussi rigide qu’elle ne l’est en temps de paix et dans des pays occidentaux. Ces juges indignes se sont empressés de les mettre en examen. Certains de ces citoyens français ont perdu leur job chez leur employeur Lafarge sans parler du matraquage médiatique, sorte de délation des temps modernes qui les a frappés. Une condamnation avant jugement au mépris de la sacrée présomption d’innocence. Cela fait toujours du bien à ces magistrats peu scrupuleux de satisfaire les Dieux qui ont soif pour reprendre le titre d’un magnifique ouvrage d’Anatole France.

Et de traîner ces responsables de Lafarge qui n’en peuvent mais devant des tribunaux correctionnels déjà surchargés, comme de vulgaires délinquants alors même qu’ils n’ont fait que suivre les instructions, les conseils avisés du brillant Quai d’Orsay. Des conseils avisés de ses plus hauts diplomates aux ordres – le petit doigt sur la couture du pantalon – de ministres irresponsables, Alain Juppé (le délinquant des emplois fictifs de la Ville de Paris au temps de Jacques Chirac) et surtout Laurent Fabius (le délinquant responsable mais pas coupable dans l’affaire du sang contaminé) dont le mantra était la diplomatie économique. Vendre à tout prix les produits français pour contribuer à résorber l’énorme déficit commercial de la France, comparé aux excédents fabuleux de l’Allemagne). Les ambassadeurs étaient évalués sur leurs succès, leurs échecs dans la promotion de la marque France dans les pays où ils étaient accrédités. C’était de notoriété publique tant Laurent Gaffius le déclamait à qui voulait l’entendre.

Manifestement, nos magistrats incultes n’ont pas pensé un seul instant à cette dimension du problème sauf à penser qu’ils auraient été chapitrés en très haut lieu, pour épargner ministre des Affaires étrangères indignes, ambassadeurs courtisans pour mieux charger les cadres de Lafarge. La fameuse théorie du bouc émissaire, du fusible, du lampiste qui fonctionne toujours à merveille. Y compris sous la très Auguste République en marche vers l’abîme, celui que nous promet le grand débat national.

L’INCOMPRÉHENSIBLE PROTECTION DES AMBASSADEURS EN CHARGE DE LA SYRIE

Avant toute chose, il importe de se poser une question cruciale pour éclairer le débat et mieux appréhender l’hésitation flagrante des hauts diplomates français ayant été en charge du dossier au moment des faits incriminés et la mansuétude des autorités judiciaires à leur égard.

Une question cruciale à poser

De ce que nous savons par les médias, par quelques extraits de procès-verbaux d’audition (publiés dans la presse en violation du sacro-saint principe du secret de l’instruction !) des mis en examen et des témoins entendus par plusieurs juges d’instruction, une interrogation fondamentale vient à l’esprit. Les dirigeants de Lafarge en Syrie et au siège parisien ont-ils continué à opérer dans un pays en guerre de leur plein gré sans en informer au préalable les différentes administrations concernées (Quai d’Orsay, Bercy, services de renseignement intérieur, DGSI ou extérieur, DGSE, voire DRM) ou bien ont-ils reçu leur autorisation, leur aval, leur bénédiction, leurs encouragements pour ne pas cesser leurs activités en dépit du contexte troublé ? Tel est le cœur du problème qui conditionne la responsabilité ou l’irresponsabilité des cadres de Lafarge dans cette délicate affaire ! Or, à ce jour, le moins que l’on puisse dire est que la réponse à cette question est loin d’être évidente.

Et dans ce cas, il existe une règle de droit très souvent oubliée : le doute profite à l’accusé. Comment expliquer, dans ces conditions, qu’un juge d’instruction expérimenté (l’homme le plus puissant de France, véritable Janus du monde judiciaire », juge Renaud Van Ruymbeke) puisse procéder à une mise en examen de citoyens français compte-tenu du fait qu’il disposerait « d’indices graves et concordants » sur la culpabilité des personnes concernées ? Cela s’appelle un jugement a priori, un préjugement (une sorte de préjugé) sur la responsabilité d’un citoyen présumé innocent. Nous retrouvons là un travers bien connu de la justice française, sa capacité à transformer en un tournemain la présomption d’innocence en une présomption de culpabilité. Mais, ceci ne semble gêner en aucune façon nos droits de l’hommistes de salon, de dîners en ville. La réponse à cette simple question, du moins en apparence, conditionne le reste de ce dossier. À en croire les échos de presse, il semble que les cadres de Lafarge aient fourni aux magistrats peu instructeurs et peu regardants des échanges de courriels et autres, démontrant que le Quai d’Orsay (ambassadeurs en charge du dossier, cabinet du ministre, direction générale de la mondialisation et autres plaisanteries…) était parfaitement informé des activités du cimentier en Syrie. Ce qui change tout dans le traitement de dossier, sauf à être aveugle ou sourd. Troubles qui frappent souvent nos magistrats, faut-il le confesser !

Une hésitation flagrante des diplomates

Une parole peu crédible. Le moins que l’on puisse dire est que les deux ambassadeurs successivement en charge du dossier syrien à Paris, Éric Chevallier (le sinistre Kouchnerboy, médecin intégré à vie dans le corps des ministres plénipotentiaires par la grâce du président d’Affaires sans frontières) et Franck Gellet (l’onctueux Lévitteboy passé un temps relativement bref par notre service de contre-espionnage !) jouent sur les mots pour échapper à leur responsabilité, à d’éventuelles poursuites, à d’éventuelles condamnations pénales qui devraient s’ajouter à d’éventuelles sanctions disciplinaires. Le premier a fait volte-face après sa première audition, se souvenant juste après et fort à propos, qu’il avait été en contact avec les cadres de Lafarge. Une petite lettre recommandée adressée au magistrat instructeur, vraisemblablement préparée par les juristes Maison, vient confirmer cette évolution. Un simple oubli sans conséquence. Ce médecin malgré-lui serait-il prématurément frappé par la maladie d’Alzheimer ? Le second, plus madré en apparence, n’est que le perroquet du cabinet du ministre. Cela lui a valu sa deuxième ambassade, au Qatar après le Yémen (il mène parfaitement sa barque sur la mer déchaînée). Il s’en explique auprès du même juge d’instruction avec moultes contorsions diplomatiques dont il a le secret.

Un style diplomatique emberlificoté. Il est vrai que Proust a parfaitement décrit, au début du XXIe siècle, les prudences de gazelle des diplomates à travers son personnage du Marquis de Norpois de La recherche du temps perdu. Au fil des mois, des auditions devant le magistrat instructeur, le propos des distingués diplomates français est moins assuré, moins tranché. Après les dénégations formelles d’une quelconque instruction, information donnée au cimentier à Lafarge viennent les formules diplomatiques controuvées, floues comparables à celles d’un gamin pris la main dans le pot de confiture. Et, Franck Gellet de trouver cette formule admirable, vraisemblablement concoctée dans les hauts lieux du Quai des Brumes : « La protection de l’investissement et la lutte contre le terrorisme ne sont pas exclusives l’une de l’autre ». Il fallait y penser. Ce qui en langage courant signifie bien évidemment, nous étions bien informés des activités de Lafarge en Syrie et cela d’autant plus que c’est nous qui les avons incités à rester sur place pour nous fournir de précieux renseignements de la situation in situ dont nous pouvions disposer depuis la fermeture de notre ambassade en 2012 par une décision stupide d’Alain Juppé. Tout ceci est corroboré par le contenu d’un télégramme diplomatique de 2014 repris dans l’article du JDD :

« Lafarge ne traite pas directement avec les acteurs présents sur le terrain (le parti kurde PYD, l’état islamique… Ses transporteurs locaux se mettent en quête de laissez-passer leur permettant d’acheminer la production de ciment mais sans impliquer l’usine… le résultat opérationnel de Lafarge est positif ».

Un sauve-qui-peut général. Nous sommes en présence d’un monument d’hypocrisie diplomatique dans lequel on peut trouver tout et son contraire, la version Quai d’Orsay de l’actuel en même temps macronien ! Les experts du Département (l’appellation labélisée de la Maison) sont passés maîtres dans l’art de balancer leurs correspondances. Le fameux plan en deux parties enseigné sur les bancs de la rue Saint-Guillaume : thèse, antithèse et synthèse qui permet de couvrir tous les cas de figure sans trop se mouiller. Sans parler de la pratique audacieuse consistant à prendre l’attache des hautes autorités du ministère pour connaître leur sensibilité sur un dossier délicat au préalable et reprendre ce que veut entendre et lire le Prince dans ses correspondances officielles quitte à écrire le contraire dans un courriel séparé. Un exercice de haute voltige et de grand courage ! Telle est la vie quotidienne au Quai d’Orsay sous les règnes successifs d’Alain Juppé, de Laurent Fabius, de Jean-Marc Ayrault et, aujourd’hui, de Jean-Yves Le Chouchen, le lorientais désorienté qui mise sur l’Irak pour lutter efficacement contre l’EIIL3.

Des mises en examen indispensables. Tout ce qui précède n’aurait-il pas du valoir, par application de la théorie du parallélisme des formes, de mettre ces deux diplomates, voire leur tutelle, en examen pour une raison simple : au départ, ils ont fait un faux témoignage. De plus, par leurs encouragements, n’auraient-ils pas, eux aussi, contribué au financement du terrorisme ? Il est vrai que les magistrats et la logique ne font pas toujours bon ménage en France surtout pour l’un d’entre eux qui ne jouit pas d’une très bonne réputation parmi ses collègues. Et, c’est le moins que l’on puisse dire dans le cas de figure.

Mais, que dire des politiques qui, en dernière analyse, sont responsables des propos et des actes de leurs subordonnés, de leurs ouailles ?

Une irresponsabilité coupable des ministres

Au pays de l’irresponsabilité des puissants, tout est permis. Nous en avons eu un exemple avec la très distinguée directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Poursuivie devant la Cour de justice de la République (CJR seule en charge de juger les ministres pour les actes commis dans l’exercice de leurs fonctions) dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, elle a été déclarée coupable mais dispensée de peine pour ne pas nuire à la réputation internationale de la France. Car, aujourd’hui, et si nous étions dans un état de droit digne de ce nom, deux ministres auraient dû être entendus depuis belle lurette sur le sujet : Alain Juppé et Laurent Fabius. Mais, à titre tout à fait utopique, imagine-t-on un seul instant le président du Conseil constitutionnel mis en examen dans cette affaire de Clochermele ?

Rappelons que Laurent Fabius exerce, outre ses éminentes fonctions au Palais-Royal (au Conseil constitutionnel et non à la Comédie française, il va sans dire), d’autres au titre de la protection de l’environnement dans le cadre de l’ONU. Est-il imaginable, concevable que des magistrats de l’ordre judiciaire (Laurent Fabius est issu du Conseil d’État) puisse être traité comme un gueux, un « gilet jaune » de la diplomatie ? Dans sa fable, Les animaux malades de la peste avaient bien vu le problème avec sa célèbre maxime : « Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Sans commentaire, l’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement dans la patrie autoproclamée des droits de l’homme ?

Dans sa Lettre aux Français du 14 janvier 2019, le président de la République écrit deux choses intéressantes qui ne sont pas sans rapport avec notre sujet, les prétendus agissements délictueux de certains dirigeants de Lafarge en Syrie en pleine guerre civile. La première est « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites » Dont acte ! « Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs »4. Sous-entendu en France, l’on déteste l’injustice. À l’occasion du grand débat national lancé par Jupiter-Pinocchio pour tenter d’apaiser la grogne du peuple (les « gilets jaunes »)5, il serait grand temps que les citoyens commencent à mettre leur nez dans les affaires pas toujours très reluisantes de la Justice française. Il faut rappeler qu’en France, la justice est rendue au nom du peuple français et non en celui des magistrats si brillants soient-ils et si politisés soient-ils !6 Précision qui n’est pas sans importance.

Il est grand temps que l’institution judicaire française rende des comptes au peuple souverain sur la manière dont certains juges rendent la Justice au mépris des règles de droit dont ils/elles sont censé(e)s, en théorie, être les gardiens scrupuleux. Et, en réalité, s’essuient allégrement les pieds sur les droits de l’homme et les libertés fondamentales comme dans de vulgaires démocratures, de minables démocraties il-libérales. Quand cela va-t-il cesser une bonne fois pour toutes ? Toujours dans sa même Lettre aux Français, le chef de l’État indique qu’il « entend transformer les colères en solutions ».

 
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À cet effet, il serait bien inspiré, dans le cadre de cette regrettable affaire des activités du cimentier Lafarge en Syrie, de veiller à faire sanctionner lourdement les louvoiements de la crème, de l’élite du Quai d’Orsay. D’autant que dans cette même missive, il décrète qu’il nous faut y répondre par des idées claires ! Il ne tient qu’aux citoyens épris de justice de le prendre au mot.

Jean Daspry
21 janvier 2019

1 Jean Daspry, Lafarge en Syrie : la faute à Juppé et à Fabius, www.prochetmoyen-orient.ch , 31 décembre 2018.
2 Guillaume Dasquié, Affaire Lafarge ; le Quai d’Orsay dans la ligne de mire, Le Journal du Dimanche, 13 janvier 2019, p. 17.
3 Marc Semo, Le Drian mise sur l’Irak pour lutter contre l’EI, Le Monde,16 janvier 2019, p. 3.
4 Emmanuel Macron, Lettre aux Français, « Pour moi, il n’y a pas de questions interdites », Le Monde, 15 janvier 2018, p. 10.
5 Décret n° 2019-23 du 14 janvier 2019 instituant une mission d’organisation et de coordination du grand débat national, JORF n° 0012 du 15 janvier 2019, texte n° 1.
6 Denis Salas, La justice doit garder sa dimension démocratique, Le Monde, 15 janvier 2019, p. 23.

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