Observatoire Géostratégique

numéro 244 / 19 août 2019

L’ARDOISE DE LOISEAU À L’ENA

« Si les donneurs de leçons pouvaient commencer par se les appliquer à eux-mêmes, on les entendrait moins !! » (Foozine). Vieille leçon tirée de l’expérience de la vie. Et des exemples nous en avons tous les jours pour celui qui veut faire preuve de sagacité et de mémoire. Car, dans notre civilisation de l’essuie-glaces, on aurait trop tendance à omettre le passé par excès de présentisme. Un cas avait déjà attiré notre attention en 2017. C’était celui de la brillante directrice de l’ENA (2012-2017), la très peu diplomate, Nathalie Loiseau, née Ducoulombier. Vous savez, cette Juppé Girl (elle qui vénère toujours le délinquant récemment intronisé au Conseil inconstitutionnel1) qui a pris en marche le train de la République en godillots. Elle en a été largement récompensée par un maroquin, celui de ministre en charge des Affaires européennes auprès du Breton armé. Elle va conduire la liste de la LREM pour les élections au Parlement européen le 26 mai 20192. Un retour en arrière s’impose sur sa gestion catastrophique de l’ENA de 2012 à 2017 qui conduit à une sérieuse remise à flot par son successeur, Patrick Gérard. Quelques réflexions iconoclastes sont nécessaires qui nous changent des portraits à l’eau de rose, version conte de fées de notre future députée au Parlement européen3.

LA SAGA DE L’ÉCOLE DE L’ELITE MAL GÉRÉE PAR LOISEAU

Quelques mois après son départ de Strasbourg, nous attirions l’attention sur la situation financière catastrophique dans laquelle sa directrice de 2012 à 2017 avait laissé l’école nationale de l’arrogance (ENA) à son départ de Strasbourg, avant de rejoindre le Quai d’Orsay. Rappelons ce que nous écrivions à l’époque.

Début de citation

« Un léger retour en arrière s’impose. Pour succéder à Bernard Boucault (énarque) – nommé au prestigieux poste de préfet de police de Paris – à la direction de l’école nationale d’administration (ENA) à l’été 2012, François Hollande désigne une femme de qualité, Nathalie Loiseau (née Ducoulombier), ministre plénipotentiaire, issue du corps d’Orient qui a brillé dans ses dernières fonctions au ministère des Affaires étrangères, successivement comme directrice des ressources humaines et directrice générale de l’administration. Pour compléter le tableau, elle est jeune (elle n’a pas 50 ans), féministe (elle préside avec poigne l’association « Femmes et diplomatie »)4, gestionnaire reconnue (elle est énergique, voire brutale5), possède une expérience des cabinets ministériels (celui d’Alain Juppé) et surtout est disponible en cet été 2012. Laurent Fabius, le nouveau chef de la diplomatie l’a sèchement remerciée, la trouvant trop encombrante. Dès sa prise de fonctions à Strasbourg (la plupart du temps, elle occupe son autre bureau à Paris dans les locaux de l’ancienne école de la France d’Outre-mer, rue de l’Observatoire), elle multiplie les déclarations publiques dans lesquelles elle précise sa vision de la gestion6, ses souhaits pour l’école7. Elle devient vite le chouchou des médias. Nous allons voir ce que nous allons voir. Une femme ne peut que bien penser, bien agir. En 2012, elle livre sa pensée profonde sur la condition de la femme au XXIe siècle dans un ouvrage qui connaitra un énorme succès8. En 2017, elle contribue à un ouvrage pour la jeunesse intitulé « La démocratie »9.

Nathalie Loiseau, qui a pris en route le train de la République en Marche (pour être femme de conviction elle n’en est pas moins clairvoyante), est récompensée par le nouveau président de la République qui la désigne ministre en charge des Affaires européennes (qu’elle n’a jamais traitées durant sa carrière diplomatique) auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian. Il est vrai, comme le constate Le Canard enchaîné dans son édition du 6 décembre 2017 (page 2), que Nathalie Loiseau est « la très injustement méconnue ministre des Affaires européennes veut que le parlement reste à Strasbourg ». Quelques mois avant son départ de l’ENA, nous apprenions, qu’à l’occasion d’un conseil d’administration, la gestion financière de l’école laisserait à désirer : on dépenserait plus qu’on recevait. Certains vont jusqu’à mettre en cause la directrice : coût exorbitant des deux sites (Paris et Strasbourg), de la scolarité des élèves dans les ambassades, multiplication de programmes peu utiles… Ne vient à sa rescousse que le président du Conseil d’administration de l’ENA, Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’État qui demande à la tutelle d’éponger le déficit. Nous n’en serons pas plus sauf qu’aujourd’hui (Cf. la brève de la Lettre A) on demande à l’ENA de se serrer la ceinture, fortes contraintes budgétaires obligent. Certains mauvais esprits en viennent à penser que le mandat de l’ex-directrice (2012-2017) n’aurait pas été aussi brillant qu’elle voulait bien le dire, que l’on peut être une féministe brillante et vocale mais une piètre gestionnaire. La parité existe également dans l’insuffisance. Elle n’est le privilège d’aucun sexe… »10.

Fin de citation

On mesure ainsi comment on peut être une piètre gestionnaire et ne pas être pénalisé pour autant. Mieux encore on peut être récompensé par le Messie Macron-Jupiter-Pinocchio.

LA REMISE À FLOT DE L’ENA PAR SON SUCCESSEUR

Qu’apprend-on par la pravda de l’administration qui a pour nom Acteurs publics ?

Début de citation

« L’École nationale d’administration (ENA) enregistre un déficit de 339 000 euros en 2018, contre 2,842 millions en 2017, selon le compte financier 2018 présenté lors du conseil d’administration, le 13 mars, et que s’est procuré Acteurs publics. Le renversement d’une mauvaise tendance apparue depuis 2013 et qui a dégradé l’image de l’école. Un assainissement financier substantiel, mais pas encore un retour complet à l’équilibre. Critiquée pour la dérive de ses comptes amorcée depuis 2013, l’École nationale d’administration (ENA) commence à engranger le bénéfice de ses efforts de redressement. »La mise en perspective du compte financier 2018 sur les dix dernières années conduit à confirmer un redressement de la situation financière de l’École si certains paramètres sont réunis”, observe le compte financier 2018 présenté lors du conseil d’administration du 13 mars et que s’est procuré Acteurs publics. Dans le détail, l’école enregistre un déficit de 339 000 euros en 2018, contre 2,842 millions en 2017.

»D’importantes mesures conservatoires ont été prises en milieu d’année pour accélérer le processus de redressement des comptes (diminution des investissements, politique de recouvrement plus agressive, maîtrise des rémunérations, effort sur le fonctionnement malgré l’augmentation de l’enveloppe par les différents projets internationaux)”, détaille le compte financier. Un abondement spécifique (366 000 euros) de la subvention pour charges de service public (laquelle représente 79 % des recettes totales) a aussi compensé de nouvelles charges imputées à l’école.

Baisse des dépenses de fonctionnement

Malgré une revalorisation du compte d’affectation spéciale pensions de retraites (de 50 à 74,61 %), conjuguée à une hausse de la valeur du point d’indice et à une augmentation du nombre d’élèves (passé de 80 à 90), décidée sous l’ère Hollande et mise en œuvre de 2015 à 2018, les rémunérations ont décru de 835 000 euros en dix ans, note la synthèse financière. Elles passent de 30 524 000 euros en 2008 à 29 689 000 euros en 2018 (- 835 000 euros). Comment ? Essentiellement grâce à deux facteurs : la suppression de 42 postes d’agents permanents sur dix ans et la baisse des préparationnaires (stagiaires des cycles préparatoires aux concours de l’ENA) de 149 équivalents temps plein en 2008 à 80 en 2018. En 2018, le nouveau directeur de l’école, nommé par le pouvoir macronien à l’été 2017, Patrick Gérard, ancien maire de Vincennes, a par ailleurs serré la vis sur les dépenses de fonctionnement : dépenses de voyages, hébergements et missions (- 248 000 euros).

Réduction du nombre d’élèves

L’école engrange aussi logiquement les effets de la réduction du nombre d’élèves de 90 à 80 par promotion, décidée par Bercy dès l’été 2017, mais qui n’a pas encore produit tous ses effets. Sous la Présidence Hollande, les promotions avaient augmentée de 80 à 90. L’exercice 2018 est le dernier comportant des effectifs de promotion différents (90 et 80). Au final, l’économie générée en rémunération par rapport à 2017 du fait de la réduction du nombre d’élèves est de 536 132 euros. Un gain non négligeable. Pour autant, l’école a encore quelques défis devant elle. Elle doit notamment retrouver une capacité d’autofinancement de son investissement, aujourd’hui pris en charge via son fonds de roulement. L’insuffisance d’autofinancement passe de – 1 312 000 euros à – 347 000 euros. L’école, implantée sur deux sites (Paris et Strasbourg), a aussi devant elle quelques sujets immobiliers. Au final, l’ENA commence à retrouver de l’air et une crédibilité qui lui permettra sans doute de négocier plus confortablement ses futurs budgets. Pour l’école, déjà objet d’un procès permanent depuis sa création, il s’agit de mettre fin à une séquence qui a dégradé son image. L’image d’une école en déficit chargée de former la crème de la haute fonction publique française. Une situation que les tutelles politiques ont négligée sous la Présidence Hollande »11.

Fin de citation

À prendre connaissance des statistiques particulièrement éloquentes fournies plus haut, on mesure les conséquences irrémédiables du Tsunami Loiseau sur le budget de l’ENA et sur sa (déjà très mauvaise) réputation. Il est vrai que ses fonctions de DRH puis de DGA au Quai d’Orsay lui avaient déjà permis de dévoiler ses immenses talents de gestionnaire incompétente et nocive, sa personnalité de prédatrice.

DE QUELQUES REMARQUES ICONOCLASTES

Que ce soit à l’ENA ou au Quai d’Orsay, le moins que l’on puisse dire est que Nathalie Loiseau ne laissera pas un souvenir impérissable ! Elle va prendre place à bord du bateau ivre qui a pour nom Union européenne.

Une piteuse gestion hasardeuse de l’ENA (2012-2017)

Le courageux journaliste – est-ce bien le terme idoine ?- auteur de l’article d’Acteurs publics réussit l’exploit de ne jamais citer le nom de Nathalie Loiseau surtout lorsqu’il écrit que « Le renversement d’une mauvaise tendance apparue depuis 2013 et qui a dégradé l’image de l’école » comme, du reste, son collègue du Canard enchaîné12. Or, Nathalie Loiseau a pris ses fonctions de directrice de l’ENA en septembre 2012 et les a quittées en mai 2017. Drôle de coïncidence ! Pourquoi une prudence de gazelle de ce folliculaire ? Vraisemblablement pour ne pas déplaire en haut lieu en ménageant une planche passablement vermoulue et ainsi être gavé des fameux éléments de langage (EDL). Ce journaliste a soit la mémoire courte, soit la mémoire sélective. Dans une authentique démocratie qui garantit efficacement l’utilisation de l’argent public, Nathalie Loiseau aurait dû faire l’objet de poursuites administratives devant la Cour de discipline budgétaire et financière de la Cour des comptes et de poursuites pénales diligentées par le parquet national financier (PNF) ainsi que tous les membres du Conseil d’administration de l’ENA, vice-président du Conseil d’État en tête de liste. On se souvient du cas d’Agnès Saal et de ses notes faramineuses de taxi. Mais, dans le nouveau monde dans lequel nous a fait pénétrer le Dieu Jupiter, il en va tout à fait autrement. On préfère récompenser les courtisans couchés et sanctionner les courageux indépendants comme le colonel Legrier qui dit la vérité sur la sale guerre que nous conduisons en Syrie. Dans la Macronie triomphante, une intrigante peut prospérer à sa guise. C’est vraisemblablement cela que l’on qualifie de République exemplaire (un beau slogan, mais rien qu’un slogan), de moralisation de la vie publique ou d’autres sornettes que l’on nous sert à longueur d’année. Mais, pire encore.

Un portrait peu flatteur de la ministresse des Affaires européennes (2017-2019)

Toute cette mascarade ne soulève pas la moindre indignation à l’époque du grand débat national et de la remise à plat de tous les privilèges des grands de France, de la noblesse d’État, de La Caste…. Hormis peut-être, un portrait bien senti et très peu flatteur de notre chère ministre des Affaires européennes dans le Volatil dont nous avons sélectionné quelques perles du genre : « Elle a le charisme d’un bigorneau », « Même Pierre Lellouche, qui était un de ses prédécesseurs aux Affaires européennes les plus contestés et clivants, faisait mieux le job », « elle ne conçoit de parler d’Europe qu’en termes ‘stratégiques’ et à horizon de cinquante ans », « L’Europe de la défense a plus progressé en un an qu’en soixante », « Je gagne à être connue », « directrice de l’établissement (l’ENA) jusqu’en juin 2017, elle laisse une école qui affiche un déficit de 2,8 millions de déficit », « la candidate a des vues sur la présidence du Parlement européen : ‘c’est un poste qui ne demande aucune compétence particulière et où l’on voyage beaucoup »…13. Le reste est à l’avenant !

Une Union aux bords de la désunion

Si nous tournons notre regard vers les débuts de la construction européenne, les Pères fondateurs de l’Europe ne sont pas aussi irréprochables que l’on veut bien nous le dire si l’on prend soin d’y regarder de plus près14. Parfaitement alignés sur l’Oncle Sam, ils n’ont jamais eu le désir de faire de la nouvelle construction une Europe puissance à la Française, tout juste une annexe de l’OTAN. Aujourd’hui, le constat est sans appel. L’Europe ava mal. Elle est proche de l’implosion faute d’avoir été réformée en profondeur. Elle est un « processus combiné de juridification et de financiarisation étalé sur demi-siècle… L’UE est une aimable feuille de vigne, un stop over pour rejoindre l’OTAN… La fuite en avant fédérale provoquant le retour en arrière féodal »15. Une Europe qui pourrait se laisser acheter faute d’un contrôle efficace des investissements étrangers16.

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« Il n’y a pas que des salauds au gouvernement, il y a aussi des incompétents » déclarait il y a bien longtemps déjà l’humoriste Guy Bedos. Telle est l’une des principales qualités du gouvernement du conseiller d’État à l’échine souple, Édouard Philippe. Avec sa ministre des Affaires européennes – auxquelles elle n’a toujours rien compris quoi qu’en disent et écrivent nos perroquets à carte de presse serviles sur sa prétendue connaissance des dossiers – , il dispose d’un spécimen rare. Elle constitue un subtil cocktail d’arrogance, de fatuité, d’incompétence, de narcissisme – pervers diraient quelques psychiatres avertis -, de morgue et de manque d’éducation (Cf. son débat du 14 mars 2019 avec Marine Le Pen17). Pour jouer les Grandes Dames, il faut en avoir les qualités et l’étoffe18. Ce qui ne s’improvise pas surtout lorsqu’on joue sur le registre de l’anathème et de l’invective permanente. Telle pourrait être la morale à tirer de l’ardoise laissée par Nathalie Loiseau en héritage de son brillant passage à la tête de l’ENA !

Jean Daspry
25 mars 2019

P.S. : Philippe Palat, directeur du développement éditorial du Midi-Libre nous éclaire sur la personnalité de Nathalie Loiseau en des termes choisis et humoristiques que nous ne résistons pas au plaisir de vous faire partager :

« C’est l’oisillon de la politique qui déploie soudain les ailes de l’aigle conquérant… Les inconditionnels naïfs diront sans doute de Loiseau que c’est chouette. Les sceptiques penseront que la blanche colombe risque fort de se faire plumer. Les détracteurs parleront d’un canard boiteux qui a longtemps refusé le challenge avant de monter sur ses tendres ergots. Sauf que moins expérimenté et moins à l’aise que Le Pen, Loiseau, qui use de tacles surannés et manque d’efficacité dans le combat, risque d’être l’hirondelle qui ne fait pas le printemps de LREM.

Macarel – ! Coucou, Loiseau veut s’y coller. Au risque pour Macron de devenir le dindon de la farce ? »19


1 Jacques Morin, Juppé me fait honte, Valeurs Actuelles, 7 mars 2019, p. 87.
2 Virginie Malingre, La campagne des européennes, prélude à un remaniement, Le Monde, 23 mars 2019, p. 11.
3 Paul Véronique, Européennes : qui est Nathalie Loiseau, la probable tête de liste LREM ?, https://www.lexpress.fr/actualite/politique/europeennes-qui-est-nathalie-loiseau-la-probable-tete-de-liste-lrem_2068424.html , 20 mars 2019
4 Marianne Gomez/Denis Peiron, Nathalie Loiseau, une féministe catholique au Quai d’Orsay, www.LaCroix.fr , 25 juin 2017.
5 La rédaction de Mondafrique, « Nathalie Loiseau m’a tuer », www.mondafrique.com , 13 juillet 2017.
6 Nathalie Loiseau, « L’idée que le management se pratique du haut vers le bas est bouleversée », www.acteurspublics.fr , 1er avril 2015.
7 Nathalie Loiseau, « L’ENA n’est pas une école de la pensée unique », www.atlantico.fr , 9 octobre 2015.
8 Nathalie Loiseau, Choisissez tout, JC Lattès, 2014.
9 Nathalie Loiseau, La démocratie, Casterman, collection Jeunesse BD (8-11 ans), 2017.
10 Jean Daspry, L’ENA prend l’eau, www.prochetmoyen-orient.ch , 18 décembre 2017.
11 Pierre Laberrondo, L’ENA réduit son déficit, www.acteurspublics.com , 15 mars 2019.
12 L’ENA apprend la bonne gestion, Le Camard enchaîné, 20 mars 2019, p. 8.
13 Anne-Sophie Mercier, Nathalie Loiseau. L’élèvement d’Europe, Le Canard enchaîné, 20 mars 2019, p. 7.
14 Philippe de Villiers, J’ai tiré sur le fil et tout est venu, Fayard, 2019.
15 Régis Debray, L’Europe fantôme, Gallimard, 2019.
16 Eric Martin, L’Union européenne va-t-elle se laisser acheter ? Le filtrage des investissements étrangers en Europe, Études de l’IFRI, https://www.ifri.org/fr/publications , mars 2019.
17 Débrief d’après-match, Le Canard enchaîné, 20 mars 2019, p. 2.
18 Marc Beaugé, Nathalie Loiseau, M. Le Magazine du Monde, 23 mars 2019, p. 22.
19 Philippe Palat, Edito, www.lemidilibre.fr , 17 mars 2019.

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