Observatoire Géostratégique

numéro 277 / 6 avril 2020

LIBAN : CORONA, ARGENT, CORRUPTION ET CHANTAGES POLITIQUES INTERNATIONAUX

Depuis les débuts de la résistance libanaise aux agressions israéliennes (1983) et, surtout, depuis ses victoires contre cet agresseur, qui débutèrent il y a une trentaine d’années, tous les Etats de ladite « coalition internationale » d’aujourd’hui et leur sbires, hommes politiques libanais, commencèrent à endetter le Liban, aux banques, pour faire de grands travaux de reconstruction, qui coûtèrent très cher, surtout en commissions pour les politiciens libanais et en corruption de leurs électeurs suivant les règles « nouvelles du libéralisme ».

Ces « grands travaux » ne s’arrêtèrent jamais, car ils ne servaient qu’à endetter l’Etat et payer la trahison des partisans cachés d’Israël, sous le voile de partisans d’Etats arabes et d’Occident. Nous en avons un exemple aujourd’hui dans la scandaleuse libération du traître et criminel pro-israélien Amer Fakhoury, à double nationalité américaine

Or, à force d’exagérer, on finit par attirer une réaction et les Libanais se soulevèrent et forcèrent le président du Conseil Hariri à la démission et ce fut la création d’un nouveau gouvernement de « technocrates » qui cherche à sauver le Liban du désastre financier, en commençant par revenir sur les dettes du gouvernement aux banques libanaises.

Ces dernières avaient déjà vendu à l’étranger une partie des dettes et certaines sont accusées d’y avoir fait fuir beaucoup de l’argent des déposants et surtout des fortunes amassées par quantité de dirigeants corrompus.

Ce qui fait que le gouvernement libanais aurait interdit aux banques de virer aux déposants libanais à l’étranger l’argent nécessaire à leur dépenses vitales pour eux et leurs familles.

Aujourd’hui, le gouvernement libanais en discute pour prendre des décisions sur la question et l’association des banques ne lui en reconnait pas le droit.

C’est très sympathique de voir l’Etat et les banques se bagarrer pour qui va profiter de l’argent des déposants libanais, vivant au Liban et/ou a l’étranger, déposants qui ont besoin de leur argent pour vivre, qu’ils soient au Liban ou à l’étranger. De plus, ils discutent du secret bancaire, alors que ce secret, depuis 2016, n’existe que pour certains favoris.

Qui, au Liban, défend leurs droits, face à ces deux puissances que sont l’Etat et les banques, pour qu’au moins, on leur fournisse les moyens de vivre honnêtement de leur propre argent, là où ils se trouvent ? En fait, on ne peut que compter sur la justice du nouveau ministre des finances et du nouveau gouvernement.

Justement, ce nouveau gouvernement ne devrait-il pas déjà enquêter sur les vols et la corruption de ses dirigeants voleurs, pour leur faire rendre gorge et surtout l’argent volé ?

De plus, la Chine est en train d’aider le Liban contre le Corona. Ne peut-on pas en profiter pour demander l’aide financière de ce pays, qui pourrait être le seul désireux et capable d’aider le Liban financièrement, pour qu’il se libère des chantages qui lui sont faits, pour lui prendre son gaz, son territoire et sa liberté de choix, par rapport aux réfugiés syriens et palestiniens et au « Contrat du Siècle » de Monsieur Trump", et donc qu’enfin il retrouve son indépendance ?

Roger Akl
23 mars 2020

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