Observatoire Géostratégique

numéro 231 / 20 mai 2019

NATHALIE LOISEAU : DU PASSÉ FAISONS TABLE RASE !

« La valeur morale ne peut pas être remplacée par la valeur intelligence et j’ajouterai : Dieu merci ! » nous enseignait Albert Einstein. C’est ce qu’Emmanuel Macron a immédiatement compris en faisant de la moralisation de la vie publique le premier chantier de son divin quinquennat. Dès le mois de septembre 2017, deux lois sont votées en ce sens par le Parlement français1. Tout est bien qui finit bien. Depuis cette date, tout a changé dans l’Hexagone. Finies les carabistouilles de l’ancien monde ! Bonjour les bonnes manières du nouveau monde Jupitérien ! Au firmament de la nouvelle galaxie macroniste, Dieu a installé une femme, jeune, intelligente, brillante, dynamique, compétente, féministe, moralisatrice, catholique de gauche, élégante2, un tantinet arrogante. En un mot, une femme au-dessus de tout soupçon à en croire nos gazettes people et autres journaux qui pensent bien. Elle a pour nom Nathalie Loiseau, née Ducoulombier. Une oie blanche symbole de l’envol de la vertu et de la chute du vice. Telle était la chanson que nos journalistes de pacotille nous chantaient en faisant les louanges de notre Sainte Nathalie, assidue de Saint-Pierre du Gros Caillou. À quand sa béatification, sa canonisation, sa sanctification ante mortem ? Mais après l’examen du devant de la scène où se joue la comédie de boulevard Le miracle Nathalie Loiseau, passons à celui de l’envers du décor ou du revers de la médaille. Et, nos folliculaires, hier encore, énamourés de notre nouvelle icône changent aujourd’hui de registre par la grâce de mediapart en s’interrogeant pour la première fois sur notre Dr. Jekill &Mr Hyde3, sur celle qui est rattrapée par son passé4. Comédie du pouvoir ou pouvoir de la comédie ?

LE DEVANT DE LA SCÈNE OU LE MIRACLE LOISEAU

Après l’acte I consacré à la valeureuse technocrate, nous passons à l’acte II dévolu à la brillante femme politique, Nathalie Loiseau née Ducoulombier.

Une valeureuse technocrate : l’exemple à montrer au bon peuple

Depuis qu’elle avait pris les rennes de la très chic école nationale d’administration (ENA) en 2012 par la grâce de Saint Hollande après avoir été écartée de son prestigieux poste de directrice générale de l’administration (DGA) du Quai d’Orsay par le rustre et machiste, Laurent Fabius, il ne se passait pas une journée sans que des folliculaires de bas étage nous vantent les multiples faits d’armes de Nathalie Loiseau. Une « success strory » à la française ! Marie Curie n’avait qu’à bien se tenir. La ministre plénipotentiaire eau froide-eau chaude (en termes militaires, cela signifie que vous avez êtes entrée dans l’ordre national du mérite et dans celui de la Légion d’honneur) volait de victoire en victoire. Rien n’était trop beau pour cette jupette (ex-conseillère d’Alain Juppé), catholique moderne (elle est pour le mariage pour tous, la PMA, la GPA…), féministe virulente (Cf. son manifeste5 universellement déclamée par les suffragettes du XXIe siècle et la création de l’Association « Femmes et diplomatie » au MAE pour se venger de tous ces messieurs machistes6)… Emmanuel Macron ne s’était pas trompé en lui confiant en 2017 le prestigieux maroquin de ministre en charge des affaires européennes au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, MEAE, en 2017. Il avait mis dans le mille. « The right woman at the right place ». Le monde, l’Europe, la France des cathédrales ne s’en porteraient que mieux grâce à l’action bienveillante et charitable de notre égérie du nouveau monde.

Une brillante femme politique : la morale faite femme

Plus récemment, en 2019, pour la récompenser de ses bons et loyaux services au Quai d’Orsay, Emmanuel Macron lui confie la lourde mission de conduire à la victoire la liste des godillots aux prochaines élections au Parlement européen (26 mai 2019)7. Elle n’allait faire qu’une bouchée de la valetaille « populo-nationaliste » et, ainsi, sauver l’honneur perdu de Marianne. Preuve en est qu’elle administrât une sévère leçon de démocratie à la fille du Seigneur de Montretout lors de leur duel télévisé. Plus démocrate que moi, tu meurs. Au diable, tout ce qui sent le rance issu d’une extrême droite honnie. Le camouflet fut magistral. Madame Sans-Gêne, novice en politique, était parvenue, selon la bienpensance germanopratine, à clouer le bec de la Walkyrie du Rassemblement national. Il y a peu encore, nos perroquets à carte de presse soulignaient que Nathalie Loiseau creusait l’écart en abordant la dernière ligne droite du marathon européen. Son charisme, sa prestance, sa voix, sa compétence, sa droiture… faisaient la différence. En dépit de ses 55 bougies, elle représentait toutes les qualités du monde nouveau qui terrasserait, une fois encore, la pègre populiste et la populace (celle qui n’est pas née à Neuilly et qui n’est ni fille, ni épouse de banquier). On ne mélange pas les torchons et les serviettes dans la Macronie. C’est bien connu.

Or, la réalité est bien différente de toutes ces fariboles de très mauvais goût, de ce roman que l’on nous servait à jet continu dans le régime nord-coréen de Kim Jong Macron.

L’ENVERS DU DÉCOR OU LE REVERS DE LA MÉDAILLE

Après les quelques peccadilles distillées au fil des mois, nous passons en cette fin de semaine pascale à du lourd, du très lourd, une grosse pépite médiatico-politique.

De quelques peccadilles : rien de très condamnable

Au cours des derniers mois, des dernières semaines à et à contre-courant du totalitarisme de la pensée, notre site n’a eu de cesse de signaler que Nathalie Loiseau, c’était Janus Bifrons (Cf. les articles de nos différents collaborateurs). Mais, à faire sauter le vernis posé par la médiacratie, ce que nous découvrions était loin d’être reluisant. Notre agitée du bocal n’en était pas à son coup d’essai. Nous mettions à jour le fait que sa gestion des ressources humaines au Quai d’Orsay avait été des plus problématiques (terme diplomatique pour qualifier le désormais fameux « Nathalie Loiseau m’a tuer » de Françoise Nicolas8). Nous rappelions ensuite que sa gestion financière de l’ENA avait été pitoyable en termes d’ardoise qu’elle avait laissée à son successeur9. Ce dernier, Patrick Gérard, conseiller d’État, se veut un défenseur intraitable de l’école nationale de l’arrogance10. Incidemment, nous notions que Nathalie Loiseau avait sous-évalué la valeur marchande de son appartement dans le très chic VIIème arrondissement de la capitale dans sa déclaration de patrimoine à la Haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP). Nous nous autorisions à penser que la ministre des Affaires européennes n’était pas si compétente sur les affaires européennes que nos perroquets à carte de presse nous le disaient, pas plus que sur les questions diplomatiques générales11. Elle évoquait, pour le regretter ensuite, le concept de « shopping des migrants » devant des Sénateurs et Sénatrices médusé(e)s. Nous signalions, plus récemment, que ses déclarations sur l’avenir de l’ENA étaient frappées au coin de la duplicité la plus grossière. Le moins que l’on puisse dire est que cette auguste école se porte de plus en plus mal après son passage à Strasbourg et avenue de l’Observatoire à Paris12. Et, le reste était à l’avenant tant chaque jour nous apportait son lot de plaisanteries concernant une personne qui n’a pas trop le sens de l’humour bien que d’une intelligence hors-norme.

Aujourd’hui, Nathalie Loiseau fait la joie des humoristes. Tel est le cas de Laurent Gerra sur RTL le 24 avril 2019, de Tanguy Pastureau sur France Inter le 25 avril 2019 ou du caricaturiste du Canard enchaîné le même jour. Nous reprendrons les bulles de ses deux dessins. La première se lit : « Si avec ça, je ne pique pas des voix au RN ! » et la seconde : « On vient de me dire que je ne savais pas ». Quant au Huffington Post, il évoque « une tête de liste serial gaffeuse qui accumule les ‘erreurs’ ». Le caricaturiste de Marianne en rajoute une couche. Pour rester sur le terrain de l’humour si malmené par les temps qui courent, rappelons ce qu’écrivait le 17 mars 2019 Philippe Palat, directeur du développement éditorial du Midi-Libre. Il nous éclairait déjà bien sur la personnalité de Nathalie Loiseau en des termes choisis et humoristiques que nous ne résistons pas au plaisir de vous faire partager de nouveau :

« C’est l’oisillon de la politique qui déploie soudain les ailes de l’aigle conquérant… Les inconditionnels naïfs diront sans doute de Loiseau que c’est chouette. Les sceptiques penseront que la blanche colombe risque fort de se faire plumer. Les détracteurs parleront d’un canard boiteux qui a longtemps refusé le challenge avant de monter sur ses tendres ergots. Sauf que moins expérimenté et moins à l’aise que Le Pen, Loiseau, qui use de tacles surannés et manque d’efficacité dans le combat, risque d’être l’hirondelle qui ne fait pas le printemps de LREM.

Macarel – ! Coucou, Loiseau veut s’y coller. Au risque pour Macron de devenir le dindon de la farce ? ».

Avec le retour des Cloches de Pâques, nous découvrons le pot aux roses de notre péronnelle prise la main dans le pot de confiture ! Comme un vulgaire galopin, elle affirme que tout ceci n’a aucune implication pour le futur de sa campagne électorale. À voir…

Une grosse pépite : une « erreur de jeunesse »

Légère ombre au tableau au cours des derniers jours, nos grands experts de la sociologie électorale nous expliquaient fort doctement que la tête de liste LREM13 (à notre connaissance, elle est à la tête de d’une liste « Renaissance » comportant des strates de MODEM et d’écologie à la Pascal Canfin, ce qui n’est pas tout à fait la même chose !) convainc les siens mais pas les autres électorats14. Et, si ce n’était que son seul défi à relever ? Ce ne serait pas trop grave. Mais, elle a un autre de plus grave à relever, celui de la crédibilité de sa parole de femme politique. Nathalie Loiseau aurait un passé sulfureux qui s’accompagne d’une conception toute relative de la vérité et d’une remise en cause de ses allégations sur le RN. Au mieux, nous sommes en présence d’une Candide irresponsable qui devrait immédiatement retourner à ses chères études. Au pire, nous sommes confrontés à une authentique menteuse. Ses anciens amis de LR lui font le coup du coup de pied de l’âne. Revenons sur chacun de ces points pour mieux mesurer l’ampleur du tsunami Nathalie Loiseau qui s’abat sur la campagne électorale du groupe « Renaissance » qui pourrait se transformer en agonie au fil des prochaines semaines ! Rien de tout cela n’avait été envisagé par son équipe de campagne ainsi que par le président de la République qui a jeté l’oiseau de mauvais augure dans l’arène politique européenne.

Un passé sulfureux : « connerie » et manque de bon sens

En effet, il y a plus grave aujourd’hui. Ce que nous révèle le site mediapart15. Cette fois-ci, c’est du lourd. Voici comment l’affaire qui ne manque pas de sel nous est contée par les journalistes du média en ligne de monsieur moustache :

« Tête de liste LREM aux européennes, Nathalie Loiseau se présente comme le principal barrage à l’extrême droite. Dans sa jeunesse pourtant, elle fut candidate aux élections étudiantes de Sciences-Po Paris, sous l’étiquette de l’UED, un syndicat né sur les cendres du GUD et prônant l’union des droites. Elle assure n’avoir à l’époque « pas perçu » la couleur politique de ce syndicat. Elle a fait de la lutte contre les « nationalistes » en général, et contre l’extrême droite française en particulier, son cheval de bataille pour les élections européennes. Depuis son passage au Quai d’Orsay, et plus encore aujourd’hui qu’elle conduit la liste La République en marche (LREM) pour le scrutin du 26 mai, Nathalie Loiseau ne rate jamais une occasion de se présenter comme le principal rempart au parti de Marine Le Pen. Dans sa jeunesse pourtant, l’ancienne ministre s’est engagée, le temps d’une élection, aux côtés de militants d’extrême droite, pour certains issus des rangs du Groupe union défense (GUD). C’était en 1984, à Sciences Sciences-Po Paris. À l’époque, Nathalie Loiseau s’appelle encore Nathalie Ducoulombier. Entrée rue Saint-Guillaume en 1980, diplômée trois ans plus tard, la jeune femme de vingt ans enchaîne alors sur une quatrième année dans la filière dite « Prép. ENA » (École nationale d’administration) de Sciences-Po, tout en passant une grande partie de son temps à étudier le chinois l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), afin de préparer le concours du Quai d’Orsay ».

Une vérité toute relative : une affabulatrice professionnelle

On reste sans voix en lisant ce morceau de bravoure. La suite démontre, au surplus de sa duplicité inadmissible pour cette donneuse de leçons de morale devant l’Eternel, que cette Grande Dame a une conception à géométrie variable de la Vérité. C’est que face à l’évidence (des preuves écrites), Madame Nathalie Loiseau semble ignorer aujourd’hui ce que faisait au siècle dernier Mademoiselle Nathalie Ducoulombier à lire Mediapart.

« La première fois que Mediapart a interrogé ses équipes au sujet de ce document, fin mars 2019, leur réponse fut catégorique : « C’est un faux. ». « Elle n’a jamais été sur cette liste, elle n’a jamais été engagée à l’UED. Elle était membre des États généraux des étudiants d’Europe [une association qui ne sera formellement créée qu’en 1985, soit un an plus tard – ndlr] », avait immédiatement démenti son entourage, nous invitant à « bien vérifier » notre information. Dans un entretien accordé à Mediapart le 22 avril, elle explique : « À ce moment-là, j’ai été, d’après mes recoupements – parce que pour être tout à fait honnête j’avais complètement oublié cet épisode –, approchée pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme à Sciences-Po, alors quasi inexistant, et qui cherchait des femmes. J’ai dit oui. » L’ancienne ministre assure ne pas s’être « plus que cela intéressée à cette liste » et affirme qu’elle ne connaissait qu’un de ses colistiers, inscrit comme elle en « Prép. ENA », et qui « n’était pas d’extrême droite ». « J’aurais sans doute dû regarder de plus près de quoi il s’agissait », admet-elle, précisant que si elle avait « milité, tracté, fait campagne », elle « [s’]en souviendrai[t], et ce n’est pas le cas ». « Si ceux qui étaient sur la liste avaient un agenda extrémiste, je ne les ai pas fréquentés, je ne l’ai pas perçu, et si c’est le cas c’est une erreur. Si j’avais identifié des membres du GUD sur cette liste, évidemment que je n’aurais pas accepté d’y figurer. Je regrette d’avoir été associée à ces gens-là », poursuit-elle. Elle explique aussi avoir été, après son baccalauréat, inscrite en droit à l’université de Paris-II-Assas et en être partie « au bout de deux semaines, parce que c’était irrespirable » :« La fachosphère y était visible, assumée dans ces années-là, pas à Sciences-Po. » ».

Nathalie Loiseau ne fait pas exception à la règle qui veut que quand ils se trouvent en position d’accusés, à tort ou à raison, les responsables politiques fabriquent trop souvent des vérités successives. Une vieille ficelle de l’ancien monde qui ne fonctionne pas dans le nouveau monde que notre héroïne est censée incarner à la perfection.

Nathalie Loiseau, sans peur et sans reproche, rétorque sèchement en accusant mercredi 23 avril 2019 le site d’information d’être « l’idiot utile » du Rassemblement national. Elle renvoie son fondateur Edwy Plenel, qu’elle range parmi « les petits procureurs journalistiques », à son passé trotskiste16. Pas très élégant pour une démocrate attachée aux valeurs, à l’état de droit, à la liberté d’expression. Pourquoi ne pas poursuivre Mediapart et l’homme à la moustache en diffamation devant la XVIIème chambre du tribunal correctionnel de Paris ? Aux dernières nouvelles, François Asselineau envisage de la poursuivre sur ce motif en raison des propos mensongers qu’elle a tenus à son endroit. À bout d’argument, elle met en cause Minute. La main de l’extrême droite dans la culotte de Mediapart. Nous frisons le baroque et le loufoque…

Une prétendue adversaire du RN : les carambouilles des communicants

Rappelons les paroles mémorables de notre Mimi Pinson de service ! « Battre le RN serait la première victoire. Je ne peux pas continuer à vivre avec le RN premier parti de France au Parlement européen », assurait-elle ainsi dans un entretien au Figaro le 25 mars dernier. Ne rigolez pas, c’est bien elle qui l’a dit. De programme pour la future législature, elle n’en a aucun puisqu’elle ne pense pas ! Elle est trop intelligente pour cela. Interrogée par l’AFP, l’entourage de la candidate LREM a affirmé que « cette histoire est complètement tirée par les cheveux ». « Nathalie Loiseau a toujours combattu les idées de l’extrême droite. Son engagement politique ne souffre d’aucune forme d’ambiguïté contre toutes les atteintes aux valeurs républicaines », a-t-on ajouté. Pendant ce temps-là, Nathalie Loiseau évoque une « erreur de jeunesse et une vraie connerie ». Pitoyable comme défense pour une personne si brillante et si excellente communicante !17 On peut donc être jeune, femme et intelligente mais faire n’importe quoi. Comme le chantait Guy Béart en son temps :

« Aujourd’hui les filles s’émancipent
Et vous parlent de leurs grands principes
Puis elles font comme leur maman
En vertu des grands sentiments.
Elle aussi avait ses phrases types
Et me parlait de ses grands principes
Puis n’agissait n’importe comment
En vertu des grands sentiments
. »

Une Candide irresponsable : une aveugle et sourde rue Saint-Guillaume

De proche en proche, nous découvrons une toute autre Nathalie Loiseau que celle au profil lisse que l’on voulait bien nous présenter dans les médias moutonniers. Elle a la mémoire qui flanche. Elle nous avait caché qu’elle préparait l’ENA. Elle n’avait pas compris qui étaient vraiment ses colistiers. Elle ne saurait donc pas lire. Quelle candeur rafraichissante pour une personne aussi brillante et intelligente ! Nathalie Loiseau serait tombée dans le mauvais nid. Comment avoir désormais confiance en la parole de cette diplomate de renom ? Une prédatrice de haut vol sans foi ni loi doublée d’une opportuniste patentée… qui ose qualifier de « révoltant » ce mauvais procès qui lui est fait. La duplicité du personnage, cela se voit comme le nez au milieu de la figure, cela commence à se dire, cela commence à s’écrire. À trop jouer avec le feu, on finit par se brûler. Après Alexandre Benalla, Nathalie Loiseau risque d’être le second sparadrap du capitaine Haddock-Macron. Au rythme où vont les choses, nous n’en sommes qu’au premier acte de cette comédie de boulevard qui inaugurera (mal) le deuxième acte du quinquennat de Jupiter.

Un coup de pied de l’âne : méfions-nous de nos « amis » !

Avec le sens de la formule (ancien de l’ENS et de l’ENA) et de l’excès (formé à l’école de Nicolas Sarkozy) qui le caractérisent, Laurent Wauquiez résume à merveille le dilemme auquel est confrontée, la tête de liste de la « Renaissance » et son guide suprême, Emmanuel Macron : « On vient donc d’apprendre que la tête de liste En Marche, Nathalie Loiseau, a en réalité été par le passé une militante d’extrême droite. La même personne qui depuis le début de la campagne ne porte qu’un seul mot d’ordre : ma seule raison d’être c’est de battre l’extrême droite » [Laurent Wauquiez à la presse, après une visite du port de Ouistreham (Calvados)]. « Je laisse chaque Français juge de se demander si après de telles révélations, on peut encore faire confiance à une personne comme Nathalie Loiseau, et si après un tel double discours il peut y avoir encore le moindre crédit qui s’attache à ses paroles », a poursuivi le président de LR. « Nathalie, paye ta cotis » ! », a ironisé Jordan Bardella, tête de liste Rassemblement national, invité du groupe Nice Matin. « Cela démontre surtout l’imposture autour de ces gens », a-t-il ajouté. « On a le droit de changer d’avis, mais pour une formation politique qui fait toute sa com » autour de l’idée qu’elle constitue LE rempart face à l’extrême-droite, ça fait drôle… », a abondé la tête de liste PCF Ian Brossat.

Et, c’est bien là que le bât blesse. Jean-Pierre Raffarin-Quasimodo (RTL, 24 avril 2019) vient au secours de la belle de jour en excipant la mise en œuvre une « stratégie de l’embrouille » contre sa protégée. Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a salué une « femme d’honneur ». Elle reçoit le soutien inattendu du leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon qui a tweeté : « Madame Nathalie Loiseau a le droit de changer d’avis. Plenel sait bien que ça peut arriver, lui qui a embauché le chef de la fraction armée rouge en Argentine Paulo Paranagua. » Avant de supprimer son message peu après, évoquant une publication involontaire.

Rien ne va plus : la fable de l’arroseur arrosé

Comme par un effet du hasard, un sondage d’opinion donne le parti de Marine Le Pen en tête des intentions de vote aux Européennes, avec 24% contre 21% pour la majorité présidentielle18. « Un écart minime, mais symbolique » comme le relève le journaliste du Monde. Loiseau bat de l’aile19. Que pense Jupiter des dernières facéties de Demoiselle Ducoulombier ? Vraisemblablement le plus grand mal, elle qui lui casse la barraque dans cette séquence particulièrement difficile pour lui. Des inconvénients d’une politique de la parité menée sans discernement par notre plus jeune président de la Cinquième République, maître des horloges et meilleur rempart contre les « vents mauvais » !20

« L’HONNEUR PERDU DE NATHALIE LOISEAU »21

 
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« La vérité, l’âpre vérité » (Georges Jacques Danton). La vérité finit toujours par éclater. Ce n’est qu’une question de temps et de circonstance. Heureusement, la vie se charge souvent d’administrer des leçons aux présomptueux. François Fillon, qui vient d’être renvoyé en correctionnelle en compagnie de son épouse, vient de l’apprendre à ses dépens22. La baudruche de celle qui est « un peu la Richard Virenque de la politique, candidate à l’insu de son plein gré » (Ian Brossat, PCF) commence sérieusement à se dégonfler. Nathalie Loiseau, qui se présente à qui veut l’entendre, comme une catholique sincère et pratiquante, a tout oublié des enseignements de sa religion (la charité chrétienne et la bienveillance) et du Pape (qui suis-je pour juger ?). Elle oublie le temps béni des Dieux où elle jetait quotidiennement l’anathème sur tous ceux qui ne pensaient pas comme elle et administrait des leçons de morale, par tweets interposés, aux affreux dirigeants populistes italiens. Quand on donne des leçons de morale, il faut soi-même être irréprochable. Un peu d’humilité chère Madame vous ferait le plus grand bien surtout lorsque vous prétendez avoir une mémoire défaillante23. Peut-être existe-t-il une Justice immanente sur cette Terre qui rappellera, le moment venu, à Nathalie Loiseau, ce Fouquier-Tinville à la petite semaine, que l’on est souvent puni par où on a péché ? In fine, dans notre société de la transparence, de « l’Open Data », que nous vantait encore hier, Nathalie Loiseau, il est bien difficile de faire table rase du passé… « connerie » ou pas.

Ali Baba
29 avril 2019

1 Loi organique n° 2017-1338 du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique et loi n° 2017-1339 du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique, JORF n° 0217 du 16 septembre 2017, texte n° 1 et n° 2.
2 Marc Beaugé, Le grand défilé. Nathalie Loiseau, M. Le magazine du monde, 23 mars 2019, p. 22.
3 Alexandre Lemarié, La mémoire à géométrie variable de Nathalie Loiseau, Le Monde, 25 avril 2019, p. 11.
4 Loiseau rattrapée par sa présence sur une liste d’extrême droite, https://www.euractiv.fr/section/elections/news/loiseau-rattrapee-par-sa-presence-sur-une-liste-dextreme-droite/24 avril 2019.
5 Nathalie Loiseau, Choisissez tout, JC Lattès, 2014.
6 Ali Baba, Les mirages de la parité au Quai d’Orsay, www.prochetmoyen-orient.ch , 22 avril 2019.
7 Anne-Sophie Mercier, Nathalie Loiseau. L’élèvement d’Europe, Le Canard enchaîné, 20 mars 2010, p. 7.
8 Françoise Nicolas, Nathalie Loiseau m’a tuer, Le Blog de Françoise Nicolas, www.mediapart.fr , 28 août 2017.
9 Ali Baba, Nathalie Loiseau et l’ENA : un mensonge de plus !,, www.prochetmoyen-orient.ch , 22 avril 2019.
10 Patrick Gérard, Non, les élèves de l’ENA ne sont ni cooptés, ni coupés des réalités, ni détestés à l’étranger, Le Figaro, 24 avril 2019, p. 16.
11 Al Baba, Les Balivernes de Nathalie Loiseau, www.prochetmoyen-orient.ch , 4 mars 2019.
12 Anne-Sophie Mercier, ENA. Querelle d’école, Le Canard enchaîné, 24 avril 2019, p. 7.
13 Jean Daspry, LREM ou la République en mensonges, www.prochetmoyen-orient.ch , 22 avril 2019.
14 Marcelo Wesfreid, Européennes : l’agenda compliqué de Nathalie Loiseau, Le Figaro, 23 avril 2019, p. 2.
15 Ellen Salvi/Marine Turchi, Etudiante, Nathalie Loiseau a figuré sur une liste d’extrême droite, www.mediapart.fr , 22 avril 2019.
16 Loiseau accuse Mediapart d’être « l’idiot utile du RN », Agence Reuters, 24 avril 2019.
17 Ellen Salvi/Marianne Turchi, Oublis, mensonges et revirements : la laborieuse défense de Nathalie Loiseau, www.mediapart.fr , 23 avril 2019.
18 Grégoire Poussielgue, Européennes : le Rassemblement national prend la tête à un mois du scrutin, Les Echos, 26-27 avril 2019, p. 4.
19 Louis Hausalter, Européennes : Loiseau bat de l’aile, Marianne, 26 avril-2 mai 2019, p. 25.
20 Mathilde Siraud, Le camp Loiseau déstabilisé, Le Figaro, 25 avril 2019, p. 7.
21David Corman, « L’honneur perdu de Nathalie Loiseau »,

https://www.nouvelobs.com/politique/20190424.OBS12038/tribune-l-honneur-perdu-de-nathalie-loiseau.html
22 Simon Piel, Les époux Fillon renvoyés devant la justice, Le Monde, 24 avril 2019, p. 10.
23 Loris Boichot/Pierre Lepelletier, La mémoire défaillante de Nathalie Loiseau, Le Figaro, 24 avril 2019, p. 4.

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