Observatoire Géostratégique

numéro 231 / 20 mai 2019

ORIENT-ATIONS 213


PAVANE POUR UNE EUROPE DÉFUNTE – Guillaume Berlat. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Telle est l’adage qui semble avoir inspiré notre duettiste d’eurolâtres, de fédérastes, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne au Figaro1 et Michel Barnier, en charge de la négociation sur le « Brexit » au Monde2. Il est vrai que la maison brûle depuis plusieurs années et que les prochaines élections au Parlement européen (26 mai 2019) pourraient conduire à la débâcle des vieux partis de l’ancien monde. À nouveau monde, nouveaux élus. Les pompiers sont de sortie pour tenter de circonscrire le grand brasier qui consume le rêve européen. Mais, le problème se complique dans la mesure où le camion des pompiers n’a plus d’eau dans sa citerne et n’a plus de pression au bout de sa lance. C’est ce que l’on appelle la quadrature du cercle. Revenons à nos deux moutons noirs !

LE LEVEUR DE COUDE LUXEMBOURGEOIS DÉSABUSÉ

L’ex-premier ministre luxembourgeois possède l’immense mérite de mettre le doigt sur ce qui fâche après plusieurs années passées à la tête du monstre technocratique qui a pour nom commission européenne. Au cours de son entretien avec plusieurs journalistes de diverses nationalités, il marque son désarroi face à la lenteur des processus décisionnels au sein de l’Union européenne, au creusement de fossés sur le continent, à l’hypocrisie des dirigeants qui demandent à la Commission européenne de travailler à une meilleure protection des frontières extérieures tout en lui reprochant ses atteintes à la souveraineté des États, à l’hypocrisie d’une certaine partie de la classe politique britannique qui souhaite que l’Europe résolve les problèmes nés du « Brexit », à l’inflation normative, à la faiblesse de la dimension sociale de l’Union, aux dérives de la présidence roumaine (elle n’a pas encore tout à fait compris ce qu’implique la présidence de l’Union), à la poussée des démagogues (les « populistes ») … Il faut reconnaître que Jean-Claude Juncker manie parfois l’humour grinçant : « je met en garde contre la taxation de la stupidité ceux qu’inquiète l‘ampleur de la tâche ». Mais, les remèdes qu’il propose laissent pantois. Nous nous limiterons à quelques citations éloquentes. Sur la question migratoire, il « faut que des personnalités politiques dotées du sens des responsabilités aient le courage d’aborder ce thème conflictuel ». Nous sommes bien avancés. Sur les prochaines élections européennes, « je crains qu’il y ait des tentatives illicites de peser sur les élections européennes… Tous les États membres devraient unir leurs forces. L’Europe doit opposer un front uni aux trolls et aux groupes de pirates originaires de Chine ou de Russie ». Toujours la même antienne, si le résultat des élections européennes est mauvais, le bouc émissaire est tout trouvé : Vladimir Poutine avec l’aide de son cousin Xi Jinping. Mais, pas un mot sur l’Oncle Sam qui espionne sans vergogne les pseudo-ambassades de l’Union européenne aux quatre coins du monde sans parler du siège à Bruxelles. Tout cela n’est pas très sérieux pour ne pas dire que l’on est dans le ridicule achevé. Il faut arrêter de prendre les citoyens européens pour des gogos. S’ils censurent l’Europe, c’est qu’il y a des raisons plus graves tenant à l’absence de réponses aux défis qui les concernent au premier chef. Aucun diagnostic pertinent et par voie de conséquence pas la moindre idée nouvelle pour sortir l’Europe du marasme dans laquelle nos dirigeants successifs l’ont entrainée au cours des dernières décennies, en particulier dans le domaine économique et commercial3.

Et, ce monsieur dispose de milliers de fonctionnaires inutiles et incompétents qui nous coûtent un pognon de dingue pour un résultat aussi minable. À quand la commission de la hache à Bruxelles pour donner un sérieux coup de balai dans ce machin à produire quotidiennement de l’inutile ? Sans quoi, l’Union européenne est promise au même sort funeste que feu la société des nations (SDN). On comprend mieux à lire cette prose indigente que l’Europe va mal et ira de plus en plus mal dans le futur. Et dire que ce monsieur passe pour un grand expert de la chose européenne ! Encore une fausse valeur que nos médias présentent pour une authentique valeur.

Mais, nous n’avons pas tout vu, lu. Penchons-nous sur les rêveries de notre crétin des Alpes préféré qui raconte tout et surtout n’importe quoi si l’on prend la peine de prendre connaissance de l’intégralité de ses propos stupides !

LE CRÉTIN DES ALPES FRANÇAIS IGNORANT

Après avoir été commissaire européen, ministre des Affaires européennes puis des Affaires étrangères et aujourd’hui brillant au firmament du « Brexit » introuvable (le désormais « no deal »), Michel Barnier administre une nouvelle preuve de son incompétence notoire. Sa suffisance n’a d’égal que son insuffisance. Ne voilà-t-il pas que notre grand escogriffe, qui joue la gravure de mode, se prend à penser ! Le mot « pensée » est exagéré pour ce qui le concerne. Notre brillant esprit, négociateur en chef pour le « Brexit » découvre que l’Europe est confrontée à un double défi (générationnel et européen). Il tire cette conclusion à la lumière de la crise des « gilets jaunes », des crises, des frustrations, incertitudes, peurs, inégalités économiques et sociales, une « mondialisation féroce qui menace et précarise ». Il est vrai qu’il faut être une personnalité aussi importante pour parvenir à pareilles conclusions. Mais que propose notre diplomate hors-pair pour relever ces défis ? Pour les relever, il incite à (1) préparer nos concitoyens à l’idée que le monde qui vient est plus injuste, plus fragile, plus instable et à (2) réinventer nos pays, nos nations dans l’Europe. Mais, nous n’avons encore rien vu. Notre grand magicien européen évoque « quatre chantiers qu’il faut porter ensemble, au niveau européen, pour recoudre nos déchirures et resserrer les mailles de nos sociétés » : (1) Europe verte, (2) migration, (3) construction d’une économie bénéficiant à tous et (4) promotion de l’action extérieure et de la défense européenne. Cette excellente recette gastronomique est réhaussée d’un zeste de défense des valeurs et du modèle démocratique. Tout ceci reste bien sûr à un niveau de généralité attristant. Cela relève de la méthode du bon docteur Coué. On comprend mieux à lire cette prose indigente que l’Europe va mal et ira de plus en plus mal dans le futur. Et dire que ce monsieur passe pour un grand expert de la chose européenne ! Encore une fausse valeur que nos médias présentent pour une authentique valeur.

Au moment où la Roumanie prend la présidence semestrielle de l’Union européenne alors qu’elle est loin d’être exemplaire en termes d’état de droit4 et se trouve en pleine dérive illibérale5, le moins que l’on puisse dire est que l’avenir de l’Union européenne ne se présente pas sous les meilleurs augures. Ce ne sont pas les propos de salon à l’eau de rose de Jean-Claude Juncker et de Michel Barnier qui sont de nature à changer la donne de manière radicale. Ce serait plutôt le contraire tant nos Diafoirus semblent inaptes à poser un diagnostic pertinent et à trouver le ou les remèdes idoines. Il faudra s’y faire. La construction européenne ressemble de plus en plus à la chronique d’un échec annoncé, à la pavane pour une Europe défunte.

1 Jean-Claude Juncker (propos recueillis par Hannelore Crolly/Silke Mülhher/Christoph Schiltz), « Il n’y a aucune raison de désespérer de l’Europe », Le Figaro, 31 décembre 2018, p. 7.
2 Michel Barnier, « Réinventer notre modèle est impératif », Le Monde, 1er – 2 janvier 2019, p. 18.
3 Jean-Michel Bezat, Il faut sauver « l’usine Europe », Le Monde, 8 janvier 2019, p. 19.
4 Éditorial, Inquiétantes dérives à Bucarest, Le Monde, 3 janvier 2019, p. 20.
5 Jean-Baptiste Chastand, La Roumanie en pleine dérive illibérale, Le Monde, 1er – 2 janvier 2019, p. 3.
 
 
BOA D’OR POUR AVM – Ali Baba. D’expérience, nous savons que la fonction de porte-parole d’un homme ou d’une femme politique (parité oblige) n’a jamais été un métier de tout repos, un long fleuve tranquille. Pour la commodité de l’exposé, distinguons entre le monde politique et la haute fonction publique.

Cela ne pose pas véritablement problème, hormis quelques questions tout à fait mineures relevant d’une certaine forme de déontologie tant la pratique du bobard semble consubstantielle à la vie politique française. Ne soyons pas dupe, le concept de déontologie, d’éthique est un concept à géométrie variable, un mot-valise. En un mot, on peut lui faire dire ce que l’on veut en fonction des circonstances. Nous en avons des exemples quotidiens dans la galaxie jupitérienne avec les fadaises et autres coquecigrues que nous débite tous les mercredis, à l’issue du Conseil de Sinistres (Coluche), le très sympathique porte-parole du gouvernement qui a pour nom, Benjamin Griveaux celui qui vient de se faire enfoncer la porte de son secrétariat d’État par quelques pouilleux en goguette dans le très chic 7ème arrondissement de Paris. Les politiques changent de position sans le moindre état d’âme, sans le moindre problème de conscience. Comme le disait Romain Gary, chez eux les mots mentent comme ils respirent.

Cela pose véritablement problème pour des hauts fonctionnaires lorsqu’ils acceptent de raconter n’importe quoi, à la manière de perroquets, sans le moindre état d’âme. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme nous rappelle Rabelais. En de début du XXIe siècle, on pourrait dire, diplomatie sans conscience n’est que ruine de l’âme ! Et c’est bien ce qui se passe régulièrement au Quai des Brumes (le ministère du machin et des affaires plus qu’étranges) avec sa porte-parole (il s’agit d’une femme). Renvoyons à ce que nous écrivions au moment où cette imposante franco-suissesse avait pris ses éminentes fonctions comme porte-parole de Jean-Yves Le Chouchen !6 Au fil des mois, cette humaniste bon teint, gauche caviar à la manière boboland, enfile les perles – à tel point qu’elle pourrait les porter en sautoir autour de son cou – pour être agréable au Lorientais désorienté, en particulier comme le relevait notre site dans l’affaire Jamal Kashoggi7. Nous sommes en présence d’une adepte de la brosse à reluire et d’une haute fonctionnaire à l’échine particulièrement souple. Et, ne voilà-t-il pas que cette péronnelle récidive en cette fin d’année. Cette fois-ci, elle crève le plafond comme le relève l’hebdomadaire Marianne en des termes que nous reprendrons intégralement pour la commodité de notre démonstration :

Début de citation :

« Par la bouche d’Agnès von der Mühll, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, la France a demandé que les deux Canadiens arrêtés en Chine après l’interpellation à Vancouver d’une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, soient traités « de façon équitable et transparente ». Encore faudrait-il être aussi intransigeant avec les autorités canadiennes qui ont arrêté Meng Wanzhou puis l’ont fait libérer sous caution en attendant son éventuel transfert vers les Etats-Unis. Son crime ? Commercer avec l’Iran malgré l’embargo américain. A en croire le Quai d’Orsay, la procédure visant Meng Wanzhou est « conforme à l’Etat de droit ». Première nouvelle. Quoi qu’on pense des pratiques de Huawei, sa dirigeante est victime de l’impérialisme juridique des Etats-Unis. La France paie également les pots cassés puisque les entreprises tricolores installées en Iran ont presque toutes fermé boutique. Dans un premier temps, certains ministres s’en sont émus, promettant de réagir. Finalement, le gouvernement d’Edouard Philippe en est revenu à ce qu’il sait le mieux faire lorsque Donald Trump tape du poing sur la table : se coucher »8.

Fin de citation

Manifestement, cette diplomate de haut vol (conseillère des Affaires étrangères hors classe, directrice de la communication et de la presse, porte-parole, cheffe de service budgétaire, représentante du ministère au conseil d’administration de l’Agence France-Presse, chevalière de la Légion d’Honneur…) ne manque pas d’air.

Elle, qui se présente et que l’on nous présente comme une éminente experte du droit international, s’autorise à raconter n’importe quoi. On peut s’étonner qu’elle se préoccupe tant du sort d’une ressortissante chinoise au Canada alors qu’elle ne semble pas mettre la même ardeur à se préoccuper d’un ressortissant français, Carlos Ghosn dont le moins que l’on puisse dire est qu’il subit un « traitement inhumain ou dégradant » au sens de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du Conseil de l’Europe (« nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou à des traitements inhumains ou dégradants ») de la part des autorités japonaises (il a perdu 11 kg et est considéré comme présumé coupable). Que fait le Quai d’Orsay pour défendre les violations élémentaires des droits de l’homme (présomption d’innocence, instruction à charge et à décharge, accès au dossier contenues à l’article 6 de la même convention) ?9 Rien ou presque. Il ne faut pas agacer les autorités japonaises qui violent allégrement les principes posés dans la déclaration universelle des droits de l’homme dont Jean-Yves Le Chouchen fêtait en grande pompe au Quai d’Orsay le 70ème anniversaire de l’adoption.

Elle, qui se présente et qu’on nous présente comme une grande experte des États-Unis (elle a servi à l’ambassade de France à Washington sous la férule du fourbe Jean-David Lévitte et sous les ordres de la conseillère de presse, Nathalie Loiseau de mauvais augure, aujourd’hui ministricule en charge des affaires européennes, encore un exemple de la société de l’entre-soi !) ignore les méfaits de l’extraterritorialité du droit américain. Régime juridique aberrant qui impose sa loi en dehors du territoire américain mais qui refuse la réciproque. Comme le souligne Marianne, cette personne n’est vraiment pas à sa place au poste de porte-parole. De deux choses l’une, soit c’est une incompétente notoire qui devrait être vigoureusement sanctionnée pour sa méconnaissance du droit et des réalités du monde, soit elle manque de la conscience élémentaire qui sied à tout haut fonctionnaire de ce nom, et devrait être également écartée de ce poste sensible. Comme le souligne justement, Michel Deléan : « On serait tenté d’ajouter que, dans le pire scénario, l’esprit de résistance ou de désobéissance devrait s’étendre à toutes les strates de l’État et de la société civile pour sauver les libertés publiques et individuelles »10.

Drôle de ministère des étranges affaires au sein duquel une diplomate de haut rang peut se comporter de la sorte, indigne de ce que l’on qualifie improprement de « grand serviteur de l’État ». Servir l’État, ce n’est pas faire n’importe quoi. C’est disposer d’un minimum de libre-arbitre, de conscience. Nous en sommes loin. Cela rappelle l’attitude indigne de ces fonctionnaires zélés de tous les grands corps, de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères ayant pris leurs quartiers à Vichy. Méfions-nous ! À la faveur de la crise des « gilets jaunes », de tels comportements pourraient ne plus être tolérés. Car l’étincelle pourrait devenir incendie ! Mais, dès aujourd’hui, nous pourrions décerner le boa d’or à AVM.

6 Ali Baba, Agnès von der Mühll : la voix du Quai d’Orsay, www.prochetmoyen-orient.ch , 5 février 2018.
7 Jean Daspry, Le Breton est à l’Ouest, www.prochetmoyen-orient.ch , 19 novembre 2018.
8 Jack Dion, Le roi Trump. La gifle, Ce que Marianne en pense, Marianne, 4-10 janvier 2019, p. 18.
9 https://www.coe.int/en/web/conventions/full-list/-/conventions/rms/0900001680063776
10 Michel Deléan, Quand droit et politique font mauvais ménage, www.mediapart.fr , 5 janvier 2019.
 
 
LE SAINT-PÈRE CHAPITRE SES OUAILLES – Jean Daspry. À une époque où il est souvent malaisé au citoyen normal d’interpeller ses dirigeants sur tel ou tel aspect de leur politique, sauf à enfiler un gilet jaune ou à pousser un coup de gueule, toute voix discordante est la bienvenue. Et cela surtout si l’émetteur de la pensée iconoclaste est une autorité morale incontestable et incontestée. Tel est le cas du pape François qui cumule autorité spirituelle (chef de la chrétienté) et autorité temporelle (chef de l’État) qui conjugue raison et passion. Sa voix est peu fréquente – comparée à celle des chefs d’État et de gouvernement qui vivent au rythme des réseaux sociaux, de l’éphémère, du commentaire d’une actualité qu’ils font de moins en moins – sans être rare. Elle intervient à échéances régulières. Elle comporte souvent un message clair et parfaitement ciselé. Les festivités de Noël et du Nouvel an lui fournissent traditionnellement une occasion de s’adresser à la ville et au monde (urbi et orbi). Cette fin d’année 2018 et ce début d’année 2019 n’échappent pas à la règle. Alors que ses alter ego peinent à décrypter un monde qui leur est de plus en plus étranger, le pape argentin trace un chemin, ouvre la voie, déjouent les biais qui empêchent de se connaître. Aujourd’hui, si l’on prend la peine de lire attentivement ses différentes interventions publiques, on découvre les linéaments d’une authentique politique étrangère humaniste. Qu’en est-il au moment où « les élus français ont une peur panique de perdre la main sur l’agenda politique » ?11 En résumant à l’essentiel la pensée du souverain pontife qui s’interroge sur le thème « Qu’est-ce qu’une bonne politique ? » (message pour la Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2019)12, nous pouvons retenir les éléments suivants.

L’élection, moment privilégié de la vie publique. Pour le Saint-Père, « chaque renouvellement des fonctions électives, chaque échéance électorale, chaque étape de la vie publique constitue une occasion pour retourner à la source et aux repères ». Cette réflexion ne manque pas de pertinence alors que nos candidats aux diverses élections jouent aux bonimenteurs, prennent souvent « les gens pour des boloss » (Danièle Bonon, LFI, 21 décembre 2018), ignorant qu’ils sont les mandataires des citoyens comme le souligne la constitution française.

La politique, instrument au service de deux idéaux. Aux yeux de François, « Nous en sommes certains : la bonne politique est au service de la paix ; elle respecte et promeut les droits humains fondamentaux ». Dans la bouche du Pape, les mots de paix et de droits humains ne sont pas aussi galvaudés que dans celle de nos brillants hommes et femmes politiques pour qui ces concepts sont à géométrie très variables (Cf. dans la bouche de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires qui lui sont toujours étrangères comme le démontre amplement son entretien au Télégramme du 7 janvier 2019).

Le pouvoir, corollaire de l’abus de pouvoir. Pour le souverain pontife, derrière l’idéal, il existe des dérives : « la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et des injustices. La politique est un moyen fondamental pour promouvoir la citoyenneté et les projets de l’homme, mais quand elle n’est pas vécue comme un service à la collectivité humaine, elle peut devenir un instrument d’oppression, de marginalisation, voire de destruction ». La crise des « gilets jaunes », au-delà des excès qu’elle recèle, porte un message convergent à celui du pape. Les termes « abus » et « injustices » à tous les sens du terme, parlent aux oreilles des représentants de la France d’en bas qui stigmatisent l’autisme et l’aveuglement de l’élite de la France d’en haut13. En cette période de vœux et de bonnes résolutions pour l’année 2019, Emmanuel Macron gagnerait à lire et à méditer cette intervention du pape François.

La démocratie, malade de ses vices. Avec le sens aigu de l’observation qui le caractérise, François décrit parfaitement la liste des « vices » des politiques. On pourrait penser qu’il les a énumérés en ayant à l’esprit les dérives de la démocratie jupitérienne : « corruption » (sous ses multiples formes d’appropriation indue des biens publics ou d’instrumentalisation des personnes) ; « négation du droit » (France, patrie des violations des droits de l’homme !) ; « non-respect des règles communautaires » ; « enrichissement illégal (un classique de la vie politique française) ; « la tendance à s’accrocher au pouvoir » (suivez mon regard…) ; « la xénophobie et le racisme » (sans commentaire) ; « le refus de prendre soin de la Terre » (nous pensons naturellement à l’affaire portée devant le Conseil d’État mettant en cause l’inertie climatique de Jupiter alors qu’il voudrait nous faire croire le contraire) ; « l’exploitation des ressources naturelles en raison du profit immédiat » (il n’y a qu’à porter notre regard sur le continent africain afin de mesurer la justesse du propos) ; « le mépris de ceux qui ont été contraints à l’exil » (vaste programme aurait dit le général de Gaulle)… Et de conclure avec pertinence : « Les vices de la vie politique ôtent de la crédibilité et de l’autorité… Ces vices qui affaiblissent l’idéal d’une authentique démocratie et mettent en danger la paix sociale ». Afin de combattre tous ces vices, le pape propose de s’inspirer sur la « pratique des vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique » : « justice, équité, respect réciproque, sincérité, honnêteté, fidélité ». Quelle magnifique leçon de vie !

Le nationalisme, gangrène du monde. Le souverain pontife conclut son message par un appel à impliquer davantage les « jeunes » dans la vie de nos sociétés mais aussi à vaincre le « nationalisme ». Il ajoute : « nous vivons ces temps-ci dans un climat de méfiance qui s’enracine dans la peur de l’autre ou de l’étranger, dans l’angoisse de perdre ses propres avantages, et qui se manifeste malheureusement aussi, au niveau politique, par des attitudes de fermeture ou des nationalismes qui remettent en cause cette fraternité dont notre monde globalisé a tant besoin ». Quel parfait tableau de la crise des principaux États (France comprise), Union européenne, ONU…Sans rétablissement d’un minimum de confiance, la communauté des nations ne parviendra pas à surmonter la grave crise de gouvernance internationale qu’elle traverse actuellement.

Le respect, source de stabilité. Pour François, deux messages forts parachèvent son argumentaire : la prolifération des armes (« Nous réaffirmons que l’escalade en termes d’intimidation et la prolifération incontrôlée des armes son contraires à la morale ainsi qu’à la recherche d’une vraie concorde ») et les migrants (« Les discours politiques qui tendent à accuser les migrants de tous les maux et à priver les pauvres de l’espérance ne sont pas justifiables », relevant d’une « stratégie de la peur »).

Rappelons que, sous une forme voilée, le pape a stigmatisé (24 décembre 2018) les méfaits d’une mondialisation débridée (« voracité consumériste de l’humanité ») !

Ce discours de la méthode, conjugué à un rappel aux fondamentaux d’une politique internationale humaniste et responsable, devrait inspirer les réflexions de nos dirigeants, de leurs équipes (cabinets ministériels), de leurs technocrates au moment où la France traverse une grave crise de la démocratie, de la représentativité… s’ils veulent retrouver un minimum de crédibilité auprès de leurs citoyens. Cela vaut en particulier, mais pas seulement, pour les prochaines élections au parlement européen. Telle pourrait être la morale de cet exercice au cours duquel le Saint-Père vient de chapitrer ses ouailles !

11 Pauline Graulle, « Les élus ont une peur panique de perdre la main sur l’agenda politique », www.mediapart.fr , 4 janvier 2019.
12 Jean-Marie Guénois, L’appel du pape François aux politiques. Dans son message annuel pour la Journée mondiale de la paix, il aborde l’usage du pouvoir et ses « vices », Le Figaro, 31 décembre 2019, p. 10.
13 Collectif, Face à la crise de la démocratie, adoptons une éthique de l’humilité, Le Monde, 8 janvier 2019, p. 17.
 
 
MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE. ET C’EST REPARTI DE PLUS BELLE – Jean Daspry. Chassez le naturel, il revient au galop ! Avec la République en marche à la trique, la République des prébendes pour la Noblesse d’État, cela continue de plus belle. La trêve des confiseurs a été de courte, de très courte durée pour notre Jupiter-Pinocchio préféré. L’homme, qui place la Vérité en tête de ses préoccupations le 31 décembre 2018 lors de ses vœux au peuple français), mais qui prend des libertés avec elle lorsqu’il s’agit de ses vacances ou de son ex-nervi, Alexandre Benalla. Une fois encore, le nouveau monde ressemble étrangement à l’ancien mais en pire. Une fois encore, la dernière livraison du volatil nous fournit quelques exemples particulièrement instructifs des mœurs de nos élites donneuses de leçon de morale au petit peuple qui doit se serrer d’un cran supplémentaire la ceinture pour permettre à la crème de la crème d’élargir d’un cran sa martingale14. D’abord, les faits, ensuite quelques explications utiles à la compréhension du phénomène du « pantouflage », pratique bien connue chez les très hauts fonctionnaires qualifiés improprement de grands serviteurs de l’État. Cerise sur le gâteau, nous évoquerons la bonne fortune de Chantal Jouanno ainsi que la capitis diminutio d’Agnès Pannier-Runacher. Nous finirons par les caprices de Mounir Mahjoubi.

LES FAITS DE PANTOUFLAGE

En écho aux dernières informations parues dans Les Échos, le Canard enchaîné parvient à la conclusion fort logique que dans les promotions les plus récentes des principaux dirigeants des grandes entreprises, la moitié des personnalités citées sont d’anciens hauts fonctionnaires, en général énarques, partis améliorés leurs fins de mois dans le privé. Notre hebdomadaire du mercredi épingle cette pratique du « pantouflage » en décernant des médailles comme aux Jeux Olympiques. En or, pour Corso Bagnavoli (venant de la direction générale du Trésor rattachée à Bercy) nommé associé gérant à la Banque-Lazard (salaire au moins trois fois plus élevé) et pour Jean-Baptiste Nicolas, ancien de la Mairie de Paris qui rejoint comme directeur financier de Suez, groupe qui fait une grande partie de son chiffre d’affaires avec les collectivités locales. En argent, pour Morgane Weil qui vient de quitter Bercy à 30 ans pour devenir directrice de cabinet d’un autre ancien énarque, devenu patron de Carrefour, Alexandre Bompard. En bronze, pour Mathias Vicherat, directeur-adjoint de la SNCF qui va rejoindre le groupe Vinci. Voilà pour le palmarès des brillants énarques pantoufleurs de cette fin d’année 2018. Il vient compléter le tableau de l’année 2018, fort riche en « pantouflages » de toute nature.

LES RÈGLES DU JEU

C’est que ce mercato des forts en thèmes cache une réalité plus glauque qu’il n’y parait en apparence. Tous ces mercenaires ont plusieurs points en commun : ils sont tous sortis de l’ENA, école nationale de l’arrogance ; un tiers vient de l’inspection des finances ; ils sont de plus en plus jeunes à vouloir faire fructifier leur carnet d’adresses enrichi dans la Fonction publique pour aller se vendre au plus offrant ; ils sont de plus en plus à la limite de la déontologie sans que les déontologues d’opérette et autres commissions de déontologie à la noix ne trouvent à redire ; ils sont formés avec l’argent du contribuable à l’ENA mais ils vont s’enrichir dans le secteur privé sans la moindre honte ou sans le moindre sentiment de culpabilité. À ce jour, la fameuse loi sur la moralisation de la vie publique (restauration de la confiance dans les acteurs publics) n’a pas réglé ce problème, véritable cancer de la démocratie française en dépit des comités Théodule mis régulièrement en place pour faire semblant de faire quelque chose. Et, c’est la France, patrie des violations des droits de l’homme, qui va dénoncer le népotisme et la corruption dans certains pays du tiers-monde ou dans quelques démocratures bon teint. Nos élites ne manquent décidément pas de toupet.

LA BONNE FORTUNE DE CHANTAL JOUANNO

Une affaire de Clochermerle

Depuis mars 2018, cette ancienne karatéka et femme politique française, membre de l’UMP puis de l’UDI, ancienne collaboratrice de Nicolas Sarkozy, secrétaire d’État qui a annoncé son retrait de la vie politique en 2017, est présidente de la commission nationale du débat public. Par décret du 22 février 2018, elle est nommée membre du conseil d’administration de l’Agence française de développement (pourquoi et en raison de quels services rendus ?). À ce titre, elle est chargée par l’exécutif, mi-décembre de la même année, de coordonner le « grand débat national » voulu pour répondre à la crise du mouvement des « Gilets jaunes » et qui doit durer jusqu’au 1er mars 2019. Or, nous apprenons qu’elle va toucher, en 2019, plus de 176.000 euros, soit un salaire brut mensuel de 14.666 euros… Un salaire presque aussi important que celui d’Emmanuel Macron ou d’Edouard Philippe. Stigmatisée sur le niveau de cette rémunération « aucune rémunération spécifique pour cette mission. Je touche un salaire de présidente de la CNDP dont les missions sont plus larges que le Grand débat », s’est défendue Chantal Jouanno, sur Twitter. Et de préciser « Cela ne dépend pas de moi ». Alors que le « grand débat national » (grand débat qui risque de tourner à la grande débâcle) est contesté par une partie des « gilets jaunes »​, l’annonce de la rémunération de Chantal Jouanno rajoute de l’huile sur le feu, déclenchant un flot de réactions sur les réseaux sociaux15. Devant le tollé suscité par cette information, ce bel esprit rétropédale en jetant l’éponge (elle se retire du pilotage du grand débat national)16, mettant au passage les pieds dans le plat à propos des salaires dans les autorités indépendantes17. C’est que le scandale Jouanno en cache beaucoup d’autres18.

Une affaire d’État

Ce dénouement était amplement prévisible sauf pour ces gens qui n’ont pas le moindre bon sens ! Manifestement, cette Dame n’a aucun sens des convenances au moment où elle va débattre avec des personnes qui ont préféré la fin du mois à la fin du monde. Dans quelle monde ces énarques vivent-ils ? Ils ne comprendront jamais rien à la France d’en bas, la France des fins de mois difficiles. Celle dont on ne leur parle pas à l’ENA ! Ils ne comprendront jamais que leur attitude est le meilleur carburant de la jaquerie des « gilets jaunes ».

Pour la petite histoire, rappelons que Chantal Jouanno (née Paul) est ancienne élève de l’ENA (promotion Cyrano de Bergerac, 1997), l’école nationale de l’arrogance. Cela n’a rien d’étonnant de la part de cette société de caste, cette société de l’entre-soi qui ne fonctionne qu’à coup de renvois d’ascenseur qui se permet tout en toute impunité et en toute légalité. Bonjour la morale, la déontologie des grands serviteurs de l’État dont la devise bien connue est « Se servir ». Le fameux adage popularisé par Benjamin Constant : « Servons la bonne cause et servons-nous » qui n’a pas pris la moindre ride dans le nouveau monde cher à Emmanuel Macron, « un Jupiter au petit pied »19 !

LA CAPITIS DIMINUTIO D’AGNÈS PANNIER-RUNACHER

Agnès Pannier-Runacher connaît bien les domaines de ski gérés par La Compagnie des Alpes et le fournisseur d’électricité Engie. Elle a été directrice générale déléguée de la première, quand son époux dirige les opérations d’une filiale de la seconde. Mais la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances ne pourra plus traiter avec ces entreprises dans l’exercice de ses fonctions. Pour éviter les risques de conflits d’intérêts, elle s’est vue déchargée de tout rôle auprès d’elles, par décret paru le 8 janvier 2019 au Journal officiel et repéré par « Chez Pol ». Sont aussi concernées les sociétés anonymes Elis et Bourbon corporation, dont elle est administratrice indépendante, et le groupe Macquarie20.

Avant elle, l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen a déjà vu son périmètre réduit. Compte tenu de ses anciennes fonctions à la tête d’Actes Sud, la régulation économique du secteur de l’édition – un levier stratégique de son ministère – lui échappait en juillet 2018r. Nommée au ministère de la Santé, en mai 2017, Agnès Buzyn s’était aussi vu ôter par décret toute autorité sur l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), alors dirigé par son époux.

Un grand classique de la confusion des genres à la française !

LES CAPRICES DE MOUNIR MAHJOUBI

Notre brillant secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi ne badine pas avec les symboles attachés à ses hautes fonctions. Désormais rattaché au ministre de l’Économie (auparavant, il relevait de Matignon), l’intéressé ne compte avec l’argent public, vraisemblablement au titre de la République exemplaire. Sur un coup de tête, il a sèchement renvoyé au garage de Bercy son ancien calèche de fonction, une Renault Talisman. Il est vrai qu’il a craqué pour une automobile de plus grand standing, une DS7 Crossback de Citroën au modeste prix de 48 500 euros auquel il convient d’ajouter 6 000 euros pour quelques gadgets indispensables à un véhicule ministériel. Son ministre de tutelle a dédaigné sa Renault Espace à laquelle il avait droit pour une Peugeot 3008 hybride, bientôt commercialisée en version hybride de 300 CV. Sans parler, pour notre secrétaire d’État au numérique, des aménagements pour la décoration de son bureau…21 Dans quel monde évoluent ces personnages importants de la Révolution en Marche censés représentés le peuple des gueux et des « gilets jaunes » ? Ne comprennent-ils pas que leur manière de vivre exaspère les citoyens-contribuables et constitue le meilleur carburant des « populistes » ?

BERTRAND BESANCENOT, LA VIE DEVANT SOI

Notre ex-ambassadeur en Arabie saoudite (cet ex collaborateur de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Défense a presque passé une décennie à Riyad) occupait jusqu’à son départ à la retraite les fonctions de Conseiller diplomatique du gouvernement. Une sucette permettant à des ambassadeurs en fin de course de toucher de rondelettes primes en échange de quelques menus ménages. Dans le cas de figure, quelques missions dans le Golfe pour le compte de Jupiter. Or, qu’apprenons-nous ? Que ce monsieur, très imbu de son éminente et auguste personne, va se reconvertir dans la consultance pour arrondir sa modeste retraite de ministre plénipotentiaire. Celui que le Figaro qualifie de « l’un des meilleurs connaisseurs du Golfe » vient de créer sa propre société de conseil, Palmelys destinée à aider toutes les entreprises voulant travailler dans la zone.22 En un mot, il monnaie son carnet d’adresses abondé lorsqu’il était ambassadeur dans le privé. A-t-il obtenu un avis favorable de la commission de déontologie du Quai d’Orsay ? Dans l’affirmative, a-t-on connaissance du contenu de la décision de cette commission ? Qui siégeait dans cet auguste cénacle ? Alors que certains, qui trouvent à redire aux activités de consultant d’Alexandre Benalla, qui était sans emploi après son éviction de l’Élysée, estiment tout à fait normale la situation de Bertrand Besancenot. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre Douce France sans que cela n’interpelle nos élites bienpensantes.

Le nouveau monde est peut-être pire que l’ancien ! Il faut que tout change pour que rien ne change dans la République Potemkine du sparadrap du capitaine Benalla. Ceux qui devraient donner le bon exemple sont les premiers à s’essuyer les pieds sur la morale, la déontologie, l’éthique, et cela sans la moindre hésitation. Quand sera-t-il mis fin à ces pratiques inadmissibles dans un authentique état de droit ? Cela passerait nécessairement par la suppression de l’ENA et, d’ici là, par la mise au pas de tous ces gangsters des grands corps (Conseil d’État, Cour des comptes, Inspection des Finances) et autres grands serviteurs de l’État (à l’instar des anciens ambassadeurs qui se ruent dans le privé dès l’âge légal de la retraite atteint) en leur supprimant tous leurs privilèges exorbitants du droit commun au nom du principe d’égalité entre les citoyens. Tout passage par des cabinets ministériels ou par des hauts postes de l’administration devrait leur valoir exclusion définitive des grands corps, de la Fonction publique. Ce serait simple mais dissuasif. Mais, ce n’est pas encore pour demain. Comment demander à la mafia de se faire Hara Kiri ? Beau sujet de réflexion pour les prochaines consultations citoyennes ! Pour l’instant, le moins que l’on soit autorisé à dire, est que la (démoralisation) de la vie publique, c’est reparti de plus belle.

14 Un sport en plein développement : le pantouflage, Le Canard enchaîné, 2 janvier 2019, p. 2.
15 H.L., Un sale air de provoc, Le Canard enchaîné, 9 janvier 2019, p. 3.
16 Emmanuel Galiero, Grand débat national : les raisons de la démission de Chantal Jouanno, www.lefigaro.fr , 9 janvier 2019.
17 Sophie de Ravinel, Ces salaires dans les autorités indépendantes qui font débat, www.lefigaro.fr , 9 janvier 2019.
18 Laurent Muaduit/Donatien Huet, Le scandale Jouanno en cache beaucoup d’autres, www.mediapart.fr , 9 janvier 2019.
19 Un Jupiter au petit pied, Le Canard enchaîné, 9 janvier 2019, p. 2.
20 Décret 2019-11 du 7 janvier 2019 pris en application de l’article 2-2 du décret 59-178 du 22 janvier 1959 relatif aux attributions des ministres, JORF n° 0006 du 8 janvier 2019, texte n° 11.
21 A.G., Mahjoubi : tintouin en numérique, Le Canard enchaîné, 9 janvier 2019, p. 3.
22 Bertrand Besancenot quitte le Quai d’Orsay, Figaro-ci… Figaro-là, Le Figaro, 9 janvier 2019, p. 38.

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