Observatoire Géostratégique

numéro 231 / 20 mai 2019

ORIENT-ATIONS 227

NOTRE DAME : CATASTROPHE MEDIATIQUE – Etienne Pellot/Agences. Ils ne savent rien ! Ils ne comprennent rien ! Ils n’ont plus aucune culture et c’est peu dire… Tout ce qui est historique, géographique et patrimonial leur échappe, ne les intéresse pas ! Alors pensez, une cathédrale qui brûle, et qui n’a même pas la politesse de s’écrouler pour faire de l’audience…

Heureusement que la flèche est tombée dans une gerbe d’étincelles ! C’est bon ça, coco ! Repassez-la en boucle ! Ca produit du cerveau disponible…) Pauvre Eugène Viollet-le-Duc, dont le nom est à peine prononcé. C’est qui ce duc ??? Encore un aristo fin de race… Non chers amis : l’un des architectes français les plus célèbres pour ses restaurations d’édifices médiévaux… inconnu dans les écoles de journalisme !

Sur le front de l’ignorance la plus crasse, la palme revient – sans conteste – à une certaine… Bénédicte Le Chatelier. Retenez bien ce nom – Bénédicte Le Chatelier – désormais gravé dans le marbre du grand rouleau de l’histoire universelle des plus grands moments de la télévision. Sur LCI, la présentatrice- prodige enchaîne les perles les plus étincelantes.

Juste après minuit et demi, pour lancer l’historien Franck Ferrand au téléphone, elle explique doctement que « Notre Dame n’est pas un lieu religieux, mais que les catholiques continuent de se l’approprier… » Salauds de Cathos ! Voleurs ! S’approprier une cathédrale, c’est-y-pas honteux ? Ensuite, durant la nuit, la même journaliste vole de surprises en surprises : il y a cinq messes par jour ? Ah bon ??? On y fait des ordinations ? Ah bon ??? Il y a même des baptêmes… Stupéfiant ! C’est un instant avant qu’elle ne rebaptise Mgr Aupetit « Mgr Auprêtre » et s’interroge à haute voix : « mais le bourdon, en fait, il est accroché à une poutre en bois ? » Non Madame, il est en lévitation épiphanique. C’est tout à fait magique…

Et la pauvre n’est pas la seule. Presque tous les invités, tous les journalistes, un par un, y vont de leur boulette, de leur bourde, de leur approximation, de leur dégoulinando d’émotion surjouée, aujourd’hui indissociablement médiatique de toute espèce de catastrophe. Cela pourrait être drôle, amusant même, si ce n’était tellement révélateur de l’incroyable déracinement de ces générations dont l’inculture pyramidale ne se limite  pas aux incendies de cathédrales, heureusement assez rares.

Finalement, force est de constater que Francis Blanche était un visionnaire quand, dans l’un de ses canulars téléphoniques des années 60, il proposait à l’évêché de Paris d’inclure une visite de Notre Dame à 2h du matin dans son programme touristique « Paris Folies » après une soirée arrosée au Moulin Rouge, une excursion à Pigalle et une soupe à l’oignon aux Halles…
 
 
YEMEN : LES ARMES FRANCAISES NE TUENT PAS LES CIVILS – Richard Labévière. La ministre française des Armées, Florence Parly, a déclaré jeudi ne pas avoir « d’éléments de preuve » montrant que des armes de fabrication française utilisées par l’Arabie saoudite auraient fait des victimes civiles dans la guerre au Yémen (Reuters, 18 avril). « A ma connaissance, ces armes ne sont pas utilisées de façon offensive dans cette guerre au Yémen et on ne peut donc pas de façon mécanique, en tout cas moi je n’ai pas d’éléments de preuve permettant de dire cela, que des armes françaises sont à l’origine de victimes civiles au Yémen », vient-elle de déclarer sur Radio Classique. Bien-sûr la ministre ne peut lire toute la doc produite par son administration, mais qu’un rapport classifié de la Direction du renseignement militaire (DRM) sur la guerre du Yémen ait pu ainsi échapper à son cabinet laisse quelque peu pantois. Ce qui est encore plus étonnant est qu’un tel document puisse fuiter…

La rédaction de prochetmoyen-orient.ch le répète depuis des années : l’affaire du Yémen va mal tourner et finira par nous retomber dessus. Merci Guillaume Berlat qui fut l’un des premiers analystes français à tenir ce discours ! Dans tous les cas de figures, Florence Parly réagissait là, notamment, à des informations du collectif d’investigation Disclose, qui a dévoilé lundi le fameux rapport de la DRM, classé « Secret défense ». Selon ce document, les armes exportées par la France, notamment des canons Caesar, seraient utilisées dans la guerre du Yémen en cours, y compris dans des zones de peuplements civils. « Tous nos efforts et tous les efforts de la communauté internationale sont orientés pour essayer d’arrêter ce conflit et de lui trouver une solution politique », a dit la ministre des Armées, dénonçant « une guerre sale ».

A supposer qu’il y ait des « guerres propres », il y a, aussi visiblement quelque chose qui ne tourne pas rond dans la communication de la ministre. Notre pays doit être le troisième ou le quatrième exportateur d’armes dans le monde. C’est un fait ! Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours, c’en est un autre ! Malgré la fin de la Guerre froide, les conflits – guerres ouvertes et guerres couvertes – n’ont cessé de se multiplier dans un contexte léviathanisé : celui de la guerre de tous contre tous, une guerre « hors limites » et par tous les moyens. Etats-Unis, Russie et Chine rivalisent pour vendre leurs armes. Allemands et Britanniques ne sont pas en reste… Pour financer, amortir et rentabiliser ses efforts de défense et de sécurité, notre pays est tenu de participer à cette compétition internationale sans concession où tout le monde se tient par la barbichette. C’est ainsi ! Mais notre pays se met régulièrement – de lui-même – dans les positions les plus intenables, ne pouvant s’empêcher de donner, en toutes occasions, des leçons de droit-de-l’hommisme à la planète entière. Lorsque Allemands et Britanniques vendent des canons, ils le font discrètement, vendent leur tuyaux discrètement et ne la ramènent surtout pas !

Certes, on peut affirmer que la diplomatie française participe – chaque fois qu’elle le peut – à une recherche de résolution des conflits, sans bomber le torse en parangon de vertu. Mais affirmer, sans ciller, que les armes que nous vendons dans le monde ne tuent que ceux qui le méritent – les méchants – ne fait vraiment pas très sérieux ! Ne pourrait-on pas produire une communication plus appropriée, assumant nos passations de marchés d’armements au nom du réalisme économique d’un monde globalisé sans foi ni loi ? Si ce n’est pas la France éternelle, ce seront les autres chinois, russes, américains, allemands ou britanniques… Ce n’est guère brillant, mais c’est le réel !

Chacun se souvient d’un François Hollande ne cessant de pérorer sur notre vente du siècle de deux porte-hélicoptères à la Russie avant que les Etats-Unis, l’OTAN et d’autres anciens pays de l’Est ne nous tombent dessus à bras raccourcis. Et pour finir de faire plier l’himalayen Hollande, l’OTAN promettait à la France que la Pologne nous achèterait une ribambelle d’hélicoptères de combat. Non seulement Varsovie n’a jamais commandé ces appareils… avant de s’empresser d’acheter… américain, mais François Hollande a cru trouver « la » solution en refilant les deux porte-hélicoptères à l’Egypte. Insolvable, Pharaon jurait alors que la facture serait payée rubis sur ongle par… l’Arabie saoudite qui, à ce jour, n’a pas versé le premier euro ! Donc, pour nous résumer : en la matière, on ferait mieux de faire preuve de réalisme et surtout de discrétion. Les conseillers en communication sont-ils capables de comprendre et de mettre en œuvre ces quelques réflexes de bon sens ? Rien n’est moins sûr !
 
 
LES MIRAGES DE LA PARITÉ AU QUAI D’ORSAY – Ali Baba. Il est urgent de ne plus se payer de mots ! Surtout lorsque le monde est traversé de multiples spasmes qui le rendent aussi volatil que dangereux. À quel constat peut-on se livrer aujourd’hui sur la situation au 37 Quai d’Orsay dans le septième arrondissement de Paris ? Faute d’avoir la moindre prise sur l’actualité internationale, quoi que prétendent certains folliculaires, la diplomatie française se paie de mots. L’accessoire se transforme en principal. Le gadget est présenté aux gogos et aux perroquets à carte de presse comme le nec plus ultra de la science diplomatique. Tel est le cas de la sacro-sainte parité brandie par tous les officiants de la bienpensance tel le Saint-Chrême ! Notre site avait, il y a peu, narré les conditions dans lesquelles le ministère Le Chouchen avait été pris la main dans le sac, ne respectant pas les objectifs du gosplan en termes de parité dans l’encadrement supérieur1. Pour se faire pardonner ses turpitudes inacceptables, le Quai des Brumes commence fort pour le Mercato 2019. Il marque un grand coup… médiatique avec la nomination du premier ambassadeur de sexe féminin (parent 1 ou parent 2 ?) auprès du Saint-Siège à Rome. Une fois la nouvelle diffusée par le ministère de l’Europe et des Affaires qui lui sont de plus en plus étrangères, le tam-tam médiatique fonctionne à plein. Ce qui signifie également que la machine à bobards fonctionne également à plein.

LE TAM-TAM MÉDIATIQUE FONCTIONNE À PLEIN

Comme toujours, dans ce genre de circonstances, les perroquets à carte de presse répètent à l’envi la divine parole pour que la France s’extasie en cette période de morosité ambiante due en grande partie à la conjonction d’une crise des « gilets jaunes » sans fin, d’un grand débat national interminable et de l’incendie à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

C’est tout d’abord au très sérieux journal Challenges de claironner la bonne nouvelle dans tous les foyers de France et de Navarre. Élisabeth Beton Delègue sera la première ambassadrice de France au Vatican2. Alléluia !

C’est ensuite à la rubrique primesautière du Figaro de prendre le relai en ces termes si bien choisis 

« Une femme pour la première fois ambassadeur de France près le Saint-Siège ? L’information, publiée par l’hebdomadaire Challenges, semble se confirmer au Vatican : Élisabeth Beton Delègue, 64 ans, aurait été choisie par le président français pour être ambassadeur de France près le Saint-Siège. Le nom de cette diplomate de carrière, dont la procédure d’accréditation serait en cours, circulait depuis longtemps parmi les candidats à ce poste, vacant depuis le départ à la retraite, il y a neuf mois, de Philippe Zeller. Énarque, Elisabeth Beton Delègue est entrée au ministère des Affaires étrangères en 1982. Elle fut conseillère au cabinet de Michel Barnier, alors ministre des Affaires étrangères. Elle a ensuite été ambassadeur au Chili, au Mexique et en Haïti. Il s’agirait de la première femme nommée par la France pour la représenter au Vatican »3.

C’est enfin au plus que fantaisiste folliculaire du Monde, Marc Semo de rapporter les ragots recueillis par radio moquette au Quai d’Orsay et cela sans la moindre distanciation par rapport au sujet4. Il nous rappelle que le mercato des ambassadeurs a commencé et que le quota de femmes est toujours aussi insuffisant. Et de nous dire qu’en dehors de Sylvie Bermann à Moscou (après Pékin où elle n’avait rien vu venir des problèmes actuelsB pas plus qu’à Londres où elle fut surprise par le « Brexit ») et de Anne-Marie Descotes à Berlin (elle n’a pu empêcher la dégradation de la relation franco-allemande bien qu’énarque et agrégée d’allemand), les femmes sont absentes des grands postes. Directrice de l’Europe continentale, Florence Mangin rejoindrait Lisbonne. Et de nous rappeler les sempiternelles jérémiades de l’ « Association Femmes et Diplomatie » créée il y a dix ans par une certaine Nathalie Loiseau, celle qui tarde à prendre son envol5. Et de conclure sur la volonté affichée du Quai d’Orsay de promouvoir les femmes et la diversité.

Toujours à la pointe de l’information, le site Acteurs publics rend compte de cette nomination historique 

Le poste, resté vacant pendant plusieurs mois après le départ de Philippe Zeller, a été dévolu à une diplomate, ancienne conseillère de Michel Barnier au Quai d’Orsay et spécialiste de l’Amérique latine. Après neuf mois de vacance, le siège d’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège a retrouvé preneur. Et c’est une femme, Élisabeth Beton-Delègue, qui, pour la première fois, vient d’être nommée à ce poste. Elle remplace Philippe Zeller, parti à la retraite en juillet dernier car atteint par la limite d’âge. Cette diplomate de 64 ans, ex-conseillère de Michel Barnier au ministère des Affaires étrangères et spécialiste de l’Amérique latine, était en mission à l’administration centrale du Quai d’Orsay depuis qu’elle avait quitté la tête de l’ambassade de France à Haïti, en juillet dernier.  Publiée au Journal officiel ce 11 avril, sa nomination, soumise à Emmanuel Macron par le ministre des Affaires étrangères, a donc reçu l’agrément de l’administration vaticane. Cette diplomate, mariée et catholique, respecte la règle diplomatique officieuse “qui exige que les ambassadeurs près du Saint-Siège ne soient ni divorcés, ni pacsés, ni militants de la cause homosexuelle”, explique le site d’information France Info. Une règle qui a, par le passé, plusieurs fois bloqué la nomination de diplomates à ce poste. Sous le quinquennat de François Hollande, par exemple, la nomination de Laurent Stefanini – dont l’homosexualité avait été révélée contre son gré –, qui intervenait aussi peu après l’adoption du mariage homosexuel en France, avait été refusée par le pape François. Ce refus avait entraîné un bras de fer de quinze mois entre Paris et le Vatican, l’ancien chef de l’État socialiste refusant alors de faire une nouvelle proposition de nomination.

Plusieurs fois ambassadrice et ex-directrice des Amériques et des Caraïbes au Quai d’Orsay

Au cours de sa carrière, Élisabeth Beton-Delègue a notamment été ambassadrice de France au Chili de 2005 à 2008 et au Mexique de 2012 à 2015, avant d’être nommée, à cette dernière date, en Haïti. Dans l’intervalle, elle a également piloté la direction des Amériques et des Caraïbes au Quai d’Orsay. Débutant sa carrière au ministère des Affaires étrangères à sa sortie de l’ENA (promotion Henri-François d’Aguesseau) en 1982, cette diplomate a notamment d’abord été première secrétaire, puis deuxième conseillère à Bagdad, en Irak (1984-1987), avant de devenir deuxième conseillère à Addis-Abeba, en Éthiopie. Élisabeth Beton-Delègue a ensuite, et entre autres, piloté la sous-direction des affectations au service du personnel à la direction du personnel et de l’administration générale du Quai d’Orsay à partir de 1994, puis a notamment été nommée première conseillère à Ankara, en Turquie, en 1994. Elle a ensuite dirigé la mission de coopération et d’action culturelle à Tananarive, à Madagascar, entre 1996 et 2000.  Promue directrice de la coopération scientifique, universitaire et de recherche au ministère des Affaires étrangères à cette dernière date, elle a par la suite notamment conseillé Michel Barnier sur les relations culturelles, scientifiques et techniques, l’aide au développement et l’audiovisuel, au Quai d’Orsay entre 2004 et 2005 »6.

Et, il appartient au JORF de nous confirmer la nouvelle7. Tout est bien qui finit bien dans le monde des bisounours.

LA MACHINE À BOBARDS FONCTIONNE À PLEIN

Comme dirait Coluche, on nous cache tout. C’est que ce brouet médiatique omet de préciser un certain nombre de choses qui ne sont pas dénuées d’intérêt pour le citoyen tant sur un plan général que sur un plan spécifique.

Sur un plan général

Cette approche comptable de la nomination aux emplois supérieurs au Quai d’Orsay ne constitue-t-elle pas un sérieux coup de canif au principe sacré de la méritocratie républicaine ? Et, c’est là où le bât blesse. Que nous dit l’article premier de notre loi fondamentale, à savoir la constitution du 4 octobre 1958 ?

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ».

Tout d’abord, égal accès ne signifie pas égalité numérique si les mots ont encore un sens dans notre belle langue française. Ensuite, la France n’est pas encore un État qui pratique, du moins de jure le communautarisme à l’américaine. Et, c’est une excellente chose. Si l’on poursuit jusqu’au bout le raisonnement qui conduit à une sanction financière, nous risquons de déboucher sur des situations inextricables à maints égards. Pourquoi ne pas exiger l’imposition de quotas dans les nominations aux emplois supérieurs pour les personnes d’origine sociale modeste, de race noire, jaune, métisse ; de religion catholique, protestante, musulmane, juive, d’athées, de francs-maçons… ? Et, pour être complet, nous devrions ajouter des quotas de LGBT ? On le constate, tout ceci est grotesque pour ne pas dire lamentable. Pour la petite histoire, Suzanne Borel, dont il est question dans l’article du Monde, a eu le courage de passer le grand concours d’accès à la diplomatie en 1930. Elle n’est pas entrée dans la Carrière par concours de circonstance. La différence est de taille. Il n’est pas certain que ce genre de sanctions profite aux femmes dans la haute Fonction publique8.

En définitive, la diplomatie n’a-t-elle rien de mieux à faire que d’organiser d’inutiles et dispendieux colloques à l’occasion de la journée internationale des femmes le 8 mars 2019 dans les salons Napoléon III du Quai d’Orsay, tout cela uniquement pour être dans le vent et pour plaire à l’Association « femmes et diplomatie » dont l’une des militantes les plus acharnées fut en son temps, Nathalie Loiseau de mauvais augure, la brillante ex-Madame Sans-Gêne de la diplomatie française, rappelons le ? Elle ne brille pas particulièrement comme tête de liste Renaissance.

Sur un plan spécifique

C’est qu’il existe plusieurs lectures de la nomination Élisabeth Beton-Delègue au Saint-Siège auxquelles ne procèdent pas nos journalistes d’investigation. Que signifie une nomination (femme ou homme) d’un diplomate né le 2 janvier 1955, c’est-à-dire nommé pour moins de deux ans compte tenu de sa date de départ à la retraite ? Ce n’est sérieux ni diplomatiquement, ni financièrement. Pourquoi une telle mesure ? Si ce n’est pour répondre à de sordides préoccupations comptables ? Pourquoi cette brillante énarque croupissait-elle dans un bureau de la direction générale de l’administration et pourquoi après avoir été ambassadrice au Mexique a-t-elle été envoyée en pénitence à Haïti ? C’est là que les choses se corsent. Élisabeth Beton-Delègue aurait de drôles techniques de management, dit-on dans les couloirs feutrés de la Maison des bords de Seine. Certains évoquent le vilain terme de harcèlement moral. En outre, son mari, qui l’accompagne tout naturellement dans toutes ses affectations, se serait acquis une sacrée réputation compte tenu des latitudes qu’il aurait prises avec les règles de la diplomatie. Enfin, le couple se serait fait connaître par la tonalité des soirées organisées dans les résidences des ambassades où l’ambassadrice était en poste… Est-ce que tout ceci, si tant est que cela ne soit pas de vulgaires bobards diplomatiques, est bien conforme aux prescriptions de la Bible et autres textes sacrés qui ont cours au Vatican ?

Tout diplomate mesquin pourrait se livrer à un raisonnement mesquin tout à fait dans l’air du temps. N’assiste-t-on pas à un déclin continu de la diplomatie française en parallèle à la féminisation de l’encadrement supérieur ? Avec assurance, on pourrait considérer que le premier est la conséquence directe de la seconde en raisonnant de manière mathématique. Par ailleurs, dans les milieux bien informés, on insiste sur le fait que cette désignation est de la plus haute importance pour la diplomatie française. Et cela au moment où nous assistons à quelques évènements mineurs tels que l’adoption par les 27 d’un report dans la date du « Brexit », la victoire de Benjamin Netanyahou aux élections législatives en Israël, la destitution du président soudanais par l’armée, le lancement de cinq semaines d’élections en Inde, la poursuite du bras de fer commercial entre Washington et Pékin, la poursuite des troubles en Algérie… Il est vrai que tout ceci n’est que peccadille insignifiante pour la diplomatie française ! C’est vrai que l’on nous raconte n’importe quoi de nos jours, en général et sur les mirages de la parité au Quai d’Orsay, en particulier.

1 Ali Baba, À l’amende, le Quai d’Orsay s’amende, www.prochetmoyen-orient.ch , 18 mars 2019.

2 Une femme ambassadrice au Vatican, www.challenges.fr , 10 avril 2019.

3 Une femme pour la première fois ambassadeur de France près le Saint-Siège ?, Figaro-ci… Figaro là, Le Figaro, 11 avril 2019, p. 39..

4 Marc Semo, Des promotions trop rares pour les diplomates françaises, Le Monde, 12 avril 2019, p. 4.

5 Loiseau sur la branche, Le Canard enchaîné, 10 avril 2019, p. 2.

6 Émilie Coste, Une femme nommée pour la première fois ambassadrice au Vatican, www.acteurspublics.com 11 avril 2019.

7 Décret du 10 avril 2019 portant nomination d’une ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Saint-Siège – Mme BETON-DELEGUE (Elisabeth), JORF n° 0086 du 11 avril 2019, texte n° 73.

8 Cecilia Garcia-Penalosa, Les mesures en faveur des femmes peuvent se retourner contre elles, Le Monde, Idées, 8 mars 2019, p. 24.
 
 
LES GALÉJADES DE PASCAL BRICE – Ali Baba. Hier, nous découvrions Pascal Brice dans le rôle de diplomate écrivain9. Aujourd’hui, nous le découvrons dans le rôle de commentateur de la vie politique qui s’épanche dans les colonnes du quotidien Le Monde10. L’homme ne manque pas d’aplomb. Sa pensée ne tremble pas. Le propos est assuré mais pas très rassurant. L’énarque ne manque pas d’assurance. Ce grand défenseur d’un « droit d’humanité » enfourche son cheval de bataille favori, la problématique du droit d’asile. Notre nouvel humaniste, croisement de BHL (Bernard-Henri Lévy) et de BK (Bernard Kouchner), apparait comme un expert es-élucubrations comme nous avions pu nous en apercevoir dans son récent opus magnum, Sur le fil de l’asile. Quand Pascal Brice acceptera-t-il enfin d’en revenir à la raison pure au lieu de raconter des sornettes pour faire pleurer dans les chaumières de France et de Navarre ?

UN EXPERT ES-ÉLUCUBRATIONS PATENTÉ

Sur une bonne demie page du quotidien de référence de l’intelligentsia germanopratine, Pascal Brice nous assène ses vérités sur la question du traitement du droit d’asile dans le cadre de l’Union européenne et en France.

Il commence très fort en critiquant implicitement les récentes déclarations du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner sur le rôle ambigu des ONG en Méditerranée, estimant, ni plus, ni moins qu’elles auraient « sauvé l’honneur de l’Europe ». Cette remarque aurait pu lui coûter quelques sanctions disciplinaires (Cf. affaire Matelly). Et au surplus, il donne un petit coup de patte à l’Union européenne qui n’aurait pas assumer pleinement ses obligations d’accueil et de protection à l’égard des migrants. Et il donne un coup de griffe supplémentaire au machin européen dont les « failles sont béantes » et qui enregistrerait ainsi un « constat d’échec et de faillite ». Curieuse cette critique de la part d’un fédéraliste béat ! Au passage, Pascal Brice se couvre des plumes du paon.

Il poursuit ensuite en rejetant catégoriquement la thèse de l’appel d’air en cas d’octroi d’un droit d’asile trop libéral (« c’est indigne »). Une petite courbette au président de la République dont il loue les vertus du discours sur l’immigration (Orléans, 2017). Et de redoubler ses coups contre le ministère de l’Intérieur qui cumule les fonctions d’organisation de la politique migratoire et de la politique d’asile. Il prône une solution dans laquelle l’asile serait de la compétence d’une agence qui sorte du giron de la place Beauvau. Elle s’accompagnerait de l’élargissement de la gouvernance à d’autres ministères et à quelques acteurs de la société, aux élus, aux territoires.

Il estime que l’immigration ne constitue pas une préoccupation des citoyens. À ses yeux, le traitement de cette question par les pouvoirs successifs a évolué entre « évitement et provocation ». Et, il récuse l’instrumentalisation du thème de l’immigration pour les élections européennes. Il se prononce contre une politique des quotas en matière d’asile, motif pris que cela serait « totalement inconstitutionnel ». Pour ce qui est de l’Union européenne, il estime qu’elle a son rôle à jouer à travers la mise en place d’une agence européenne de l’asile, de la construction d’un « droit humanitaire complémentaire », en anticipant les réfugiés climatiques et organisant la migration économique légale. Comment ? Nous ne le saurons pas…. Pourquoi, ce qui était impossible à 27 jusqu’à ce jour, le deviendrait soudain ?

Il conclut son pamphlet sur la nécessité d’abolir le règlement de Dublin, cause de tous les maux de l’Europe. Il aurait fait basculer l’Italie du côté de l’extrême droite. « Dublin est un poison dont il faut d’urgence sortir… Plus on attend et plus le populisme se nourrit de ces failles de l’Europe ».

Nous sommes heureux de lire que l’Europe serait la matrice du populisme. Faudrait-il donc supprimer l’Europe pour supprimer le populisme ? Tout ceci ne manque pas de sel venant de la part de l’un des plus fervents adorateurs du Dieu Europe et de sa technocratie omnipotente et omnisciente.

UN RETOUR SALUTAIRE SUR LA VOIE DE LA RAISON ?

Outre son incapacité à penser la politique sur la base des seules réalités et non sur des émotions mauvaises conseillères, Pascal Brice, cet « homme de gauche passionné d’histoire », fait partie de la catégorie des énarques irresponsables. Tout d’abord, il oublie qu’il n’est plus directeur de l’OFPRA depuis plusieurs mois. Il a été remplacé dans ses fonctions par un jeune conseiller d’État, Julien Boucher, choisi intuitu personae par Emmanuel Macron. La présidence du conseil d’administration revient à un magistrat de la Cour des comptes. Bravo pour les grands corps ! Pascal Brice ignore qu’il n’est pas possesseur à vie de ses fonctions de directeur de l’OFPRA. Il est adepte de la célèbre formule qui a cours au Quai d’Orsay, mon prédécesseur est un incompétent et mon successeur un intriguant. Ensuite, il oublie qu’il est désormais conseiller maître à la Cour des comptes (3ème tour) depuis le 1er avril 2019 et ce n’est pas un poisson d’avril11. Et, il a d’autres chats à fouetter que de livrer des entretiens sur des domaines qui ne sont plus de sa compétence sauf à penser que son emploi rue Cambon ne serait qu’un vulgaire emploi fictif dans ce corps poubelle qu’est la Cour des comptes. Enfin, il oublie que, comme tout haut fonctionnaire, il est soumis statutairement à un devoir de réserve d’autant plus strict qu’il appartient désormais à un grand corps de l’État, qui plus est à un corps d’inspection qui a déjà enquêté dans le passé sur le fonctionnement de l’OFPRA. Un peu de retenue monsieur Pascal Brice, vous êtes un fonctionnaire qui a des droits mais aussi des obligations, la première d’entre elle est de vous taire sauf à quitter la Fonction publique.

Outre son narcissisme exacerbé12, Pascal Brice possède un défaut rédhibitoire pour un haut fonctionnaire, diplomate de formation et désormais magistrat à la Cour des comptes par la grâce de Saint Macron, il pense haut et faux. De plus, c’est un dangereux idéologue ! En outre, c’est un opportuniste bon teint, hier socialiste, aujourd’hui macroniste, et demain ? S’il s’estime investi d’une mission quasi-divine pour être le sauveur d’un droit d’asile malmené, il aurait tout intérêt à quitter définitivement la Fonction publique pour se consacrer, à temps plein, à la défense de la cause sacrée de sa vie. Il pourrait ainsi rejoindre une ONG. Il y serait plus libre de ses mouvements et de son expression. Mais, ne rêvons pas ! On est tellement bien installé et bien rémunéré à la Cour des comptes au lieu de toucher un traitement de misère au Quai d’Orsay. C’est une superbe assurance tout risque. Et, l’on a en plus la possibilité de raconter régulièrement quelques galéjades en toute impunité.

9 Pascal Brice, Sur le fil de l’asile, Fayard, 2019.

10 Pascal Brice (propos recueillis par Olivier Faye et Julia Pascual, « Les ONG ont sauvé l’honneur de l’Europe en Méditerranée », Le Monde, 14-15 avril 2019, p. 5.

11 Ali Baba, Moralisation de la vie publique. Bravo Pinocchio, www.prochetmoyen-orient.ch , 1er avril 2019.

12 Ali Baba, Ah, je ris de me voir si beau en ce miroir, www.prochetmoyen-orient.ch , 25 mars 2019.
 
 
LREM OU LA RÉPUBLIQUE EN MENSONGES – Jean Daspry. Avec l’arrivée du nouveau Messie guidant le peuple vers le Monde nouveau, les citoyens de France et de la planète allaient voir ce qu’ils allaient voir. À Monde nouveau, pratiques nouvelles ! Peu de temps après avoir pris la barre du navire France, Jupiter décide de faire une chasse sans merci à ce que l’on qualifiait dans l’ancien Monde de propagande, de vulgaire bobard. Tout le monde sait que les révolutions les plus significatives sont les révolutions par les mots. Aujourd’hui, aux mots de l’Ancien Testament, on substitue tout naturellement ceux du Nouveau Testament, « fake news » dans le texte et post-vérité. Et, l’on connait parfaitement ceux qui ont le toupet de véhiculer de telles horreurs, c’est l’oncle Vladimir. Mais, l’honnête citoyen français découvre que Jupiter et sa mauvaise troupe feraient une concurrence déloyale à l’autocrate russe13. Pour agrémenter notre contribution, nous évoquerons le cas du plus grand corps poubelle de la République qui a pour nom Conseil d’État.

C’EST DE LA FAUTE À VLADIMIR !

Et, ainsi Jupiter-Pinocchio désigne à la vindicte publique les fauteurs de troubles, les essaimeurs patentés de craques, d’intox, de faits alternatifs. Ils ont une origine géographique certaine, la Russie et portent un nom Poutine. Le diagnostic est posé. Brexit, élections de Donald Trump, montée des populismes, fonte des glaciers, rejet de la mondialisation… ont une seule et unique cause, Vladou. Il ne reste alors plus qu’à trouver le remède idoine pour lutter contre ce cancer des temps modernes qui a pour support le méchant ours russe qui trouble la quiétude du monde des Bisounours. En France, tout finit par des chansons mais aussi par des lois, des décrets, des arrêtés, des circulaires d’application. Ce que les juristes qualifient de prurit normatif, le vilain mot. En un tournemain, le Parlement français, à qui le ministre de la Culture tient la main, adopte une loi de circonstance condamnant la propagation de « fake news » en période électorale. Du côté de l’Union européenne, on sévit également, désignant toujours le trouble-fête moscovite. Le Parlement européen veille au grain. La Commission, et ses commissaires politiques, dressent un cordon sanitaire infranchissable pour prévenir toute ingérence inopportune du malotru lors du scrutin du 26 mai prochain. Tous les technocrates bruxellois et apatrides sont le petit doigt sur la couture du pantalon pour éviter que le Slave mette la main dans la culotte du Zouave européen. Tout le monde peut ainsi dormir sur ses deux oreilles. Mais, Patatras ! Ne voilà-t-il pas que le site mediapart nous apprend des choses incroyables mais, semble-t-il, vraies, plus vraies que nature.

C’EST DE LA FAUTE À PINOCCHIO

Que nous dit le site de Monsieur Moustache ? Que l’Élysée ne serait autre qu’une vulgaire « usine à ‘fake news’ », dans le texte. Ni plus, ni moins ! Et, les journalistes de mediapart nous livrent sous forme de triptyque trois démonstrations pour étayer leur thèse. Tentons de résumer cette charge contre le château dont le Seigneur ne cesse d’admonester ses homologues de la planète sur les dangers gravissimes des bobards et sur les vecteurs de telles immondices !

Comment une nébuleuse LREM instrumentalise les réseaux sociaux ?14

Une étude du chercheur Baptiste Robert montre que LREM a tenté de manipuler le trafic sur Twitter, lors du premier meeting de Nathalie Loiseau, à l’opposé des discours présidentiels sur la régulation d’Internet. Sur les réseaux sociaux, le parti d’Emmanuel Macron est peuplé de « Mireille » et de « Sophie ». Des comptes anonymes à l’activité débordante, mais dont les titulaires ne sont pas identifiables. Un comble quand on sait que le président de la République plaide, depuis son discours du mois de novembre 2018 consacré à Internet, pour la fin d’un « anonymat devenu problématique » sur les réseaux sociaux. Comment LREM peut-elle imposer à la société une transparence dont elle se joue elle-même sur les réseaux ? Malgré ce bilan mitigé et ses contradictions, LREM ne semble pas disposée à changer de stratégie. Le 14 février, Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement et désormais candidat à la mairie de Paris, feignant de s’adresser à une foule de supporteurs, transmet publiquement ses félicitations aux comptes anonymes : « À tous les #MacronistesAnonymes… vraiment, MERCI !!! ». Deux ans plus tôt, le même Benjamin Griveaux, alors porte-parole de la campagne d’Emmanuel Macron, répondait ainsi à un internaute le critiquant : « Quand on a un peu de courage, on ne tweete pas anonymement. La démocratie se vit à visage découvert… » à croire que, pour les dirigeants macronistes, l’anonymat est acceptable selon le camp dans lequel il se situe.

Les dix mensonges d’Emmanuel Macron en quelques mois15

Depuis quelques mois, le président de la République et ses proches diffusent de fausses informations à la pelle, en toute connaissance de cause, alors même qu’Emmanuel Macron prétend simultanément pourfendre les « fake news ». C’est Emmanuel Macron lui-même qui s’est approprié cet anglicisme. Mais qu’on les nomme fake news, informations fallacieuses, « infox », fausses nouvelles, ou juste mensonges, l’intention est la même. Tromper en toute connaissance de cause. Et, le journaliste de mediapart d’aligner tous les mensonges du président et de sa clique (premier ministre et autres ministres. Sibeth Ndiaye, la nouvelle porte-parole du gouvernement, anciennement chargée des relations presse à l’Élysée, doit se mordre les doigts d’avoir un jour dit la vérité à L’Express à propos des bobards de l’exécutif : « J’assume de mentir pour protéger le président ». Tout ceci n’est pas très glorieux.

« La tromperie est enracinée dans la communication politique »16

Fausses infos, demi-vérités, manipulation des réseaux sociaux « déstabilisent les bases de la réalité sociale et politique », déplore Jayson Harsin, professeur de communication et spécialiste de la « post-vérité ». Les manipulations numériques en communication politique sont aussi bien extérieures qu’intérieures. Le pire, c’est peut-être le fait que la pratique professionnelle et systématique de la tromperie est enracinée dans les logiques et les théories dominantes de la communication politique, au point où celui qui a pour simple but d’informer ou de donner les faits sera taxé de naïveté ou de bêtise. Ce qui ne signifie pas qu’il est déconseillé ou malhonnête d’employer la langue et les images pour rendre une information plus intéressante ou plus accessible. Mais on peut le faire sans la couper d’un contexte dont l’absence produit un effet trompeur, ou sans exagérer les faits, les minimiser ou les façonner au point de faire disparaître l’objet, l’événement ou le processus. Peut-être Sibeth Ndiaye voulait-elle dire (scandaleusement) qu’elle mentirait pour protéger Macron dans des circonstances extrêmes (contexte que la journaliste de L’Express aurait malhonnêtement tronqué ?), mais elle serait d’accord pour tromper systématiquement les journalistes et les citoyens, parce que c’est le job ? La politique, comme le capitalisme ou l’amour, font partie d’une culture du fake et de la promotion de soi.

Les législations adoptées en France et ailleurs sont insuffisantes pour au moins deux raisons. D’abord, les propositions pour guérir les médias des fake news partent du principe qu’elles se résument à une espèce de proposition « vrai ou faux », qui ne serait pas ouverte à l’interprétation. Quand, par exemple, Sarkozy prétend (pendant la campagne de 2012) que 700 mosquées ont reçu un appel à voter François Hollande, ce qui est sous-entendu, c’est que les fidèles de ces 700 mosquées ont reçu un appel explicite à voter Hollande. Des journalistes ont découvert « une vingtaine de recteurs incitant les musulmans à “faire entendre leurs voix en participant massivement à ces élections” et à exercer “leur droit de vote en leur âme et conscience”, aucun nom de candidat ou de parti n’est cité dans leur texte daté du 17 avril, aucune allusion partisane n’y est décelable » Incitation à voter tout court, et une vingtaine, pas 700 ! Doit-on parler de fake news ou d’hyperbole irritante, mais finalement acceptable ? Où est la ligne entre une déclaration totalement fausse et mensongère et une déclaration employant des mots qui invitent à des interprétations en fonction de nos propres partis pris ? Ensuite, il y a le problème du contexte tronqué et des montages d’éléments qui sont vrais isolément, mais qui veulent dire autre chose quand on les met ensemble. C’est ce qu’on voit avec la vidéo postée sur Twitter par Pierre Le Texier dans le but de disculper Alexandre Benalla : des images illégales et montées de façon trompeuse pour construire une fausse accusation.

Cerise sur le gâteau, Twitter oppose la loi « fake news » à l’État. En effet, le réseau social a bloqué une publicité du gouvernement en faveur du vote aux élections européennes17. Quant à Facebook, il ne peut garantir l’absence d’ingérence pour le scrutin européen18. Tout cela pour rien. Et, en dépit de tout ce qui précède, la France de Jupiter se permet de donner des leçons de morale à la terre entière en termes de bobards, en particulier à la Russie qui n’est pourtant pas un ange dans ce domaine.

PETIT RAPPEL : LE CONSEIL D’ETAT, UN GRAND CORPS POUBELLE

Nous avions cru que le préfet de Police de Paris, Michel Delpuech avait été écarté pour avoir commis deux fautes lourdes : avoir menti devant la commission d’enquête du Sénat dans l’affaire Benalla et n’avoir pas su assurer l’ordre public dans le cadre des manifestations des « gilets jaunes » (dégradation sur les Champs-Elysées). Dans la Fonction publique, cela s’appelle une sanction déguisée. Quelle n’est pas notre surprise en découvrant dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 10 avril 2019 ce que suit :

« Sur proposition de la garde des sceaux, ministre de la justice :

– M. Michel DELPUECH, préfet hors classe, est nommé conseiller d’État en service extraordinaire ».

Un haut fonctionnaire sanctionné atterrit dans le plus prestigieux grand corps de l’État, un véritable corps poubelle au sens propre du terme sans que cela ne gène personne. Qui sait, il sera peut-être associé, de près ou de loin, à un contentieux de l’un ses propres actes. Décidément, la déliquescence de l’État est bien avancée en Macronie ! Cela va mal finir… y compris avec la suppression de l’ENA… le moment venu.

AUTRE RAPPEL : RENAISSANCE DES INCOMPÉTENTES

Que nous dit Emmanuel Macron à propos de celle qu’il a choisi pour être sa première ministre en charge des Affaires européennes et sa première tête de liste aux élections européennes du 26 mai 2019, Nathalie Loiseau, dans un grand élan de sincérité :

« Commentaire de Macron, la semaine dernière, devant des visiteurs qui s’inquiétaient du peu de rayonnement de Nathalie Loiseau, tête de liste des Marcheurs aux européennes :

On ne peut pas être ébloui par les prestations de notre candidate, mais cela n’a qu’une importance relative. Clairement, le vote aux européennes aura lieu pour moi ou contre moi. En ma faveur, il y a une liste, et, contre moi, toutes les autres. Comme tout est entremêlé, la sortie du grand débat sera décisive : si nous sommes convaincants, on peut gagner des voix, sinon, on sera derrière le RN’.

Voilà qui devrait enlever à Nathalie Loiseau quelques illusions. Et aussi un peu de pression… »19.

CHAOS DU MONDE ET FAILLITE DE LA VÉRITÉ

Après le temps du coup d’état permanent cher à François Mitterrand, nous vivons dans « l’État du mensonge permanent » d’Emmanuel Macron. « Pour plaire au Président, pour se montrer digne de confiance, pour conserver leur place, pour se défendre, les ministres bien sûr, mais aussi les préfets, les procureurs de la République, les policiers mentent effrontément, devant les caméras, devant les citoyens, les yeux dans les yeux. Les serviteurs de l’Etat se font serviles, inféodés à une cause qui ne correspond pas à la défense du service public, ils trahissent leurs fonctions. Les mensonges s’enchaînent se complètent, s’entretiennent, se renforcent et se supportent mutuellement. Il faut prétendre servir la République quand on est inféodé à une petite oligarchie, prétendre respecter l’état de droit quand les droits élémentaires sont bafoués quotidiennement, prétendre débattre en imposant des réformes contestées , etc.  Bientôt le Président tirera tous les enseignements du Grand débat. Sibeth Ndiaye pourra déployer tous ses talents de communicante »20. La Macronie marche sur la tête. Elle risque d’en payer le prix fort le moment venu et elle aura le toupet de dire qu’elle ne savait pas. La République des irresponsables qui conduisent le navire France sur l’iceberg en toute légalité et en toute quiétude. Sans le moindre doute, la LREM, c’est bien la République en mensonges.

13 Soazig Quéméner/Louis Hausalter, « Grand débat ». De l’effet waouh à l’effet pschitt, Marianne, 19-25 avril 2019, pp.24-25.

14 Géraldine Delacroix. Antton Rouget, Comment une nébuleuse LRM instrumentalise les réseaux sociaux, www.mediapart.fr , 9 avril 2019.

15 Michael Hajdenberg/La rédaction de mediapart, Emmanuel Macron, roi des « fake news », www.mediapart.fr , 9 avril 2019.

16 Géraldine Delacroix, « La tromperie est enracinée dans la communication politique », www.mediapart.fr , 9 avril 2019.

17 Chloé Woitier, Twitter oppose la loi fake news à l’État, Le Figaro, 4 avril 2019, p. 28.

18 Ingrid Vergara, Européennes : Facebook ne peut garantir l’absence d’ingérence, Le Figaro, 4 avril 2019, p. 28.

19 Peu importe Loiseau, Le Canard enchaîné, 17 avril 2019, p. 2.

20 Jean-Luc Gasnier, L’État du mensonge permanent, Blog de Jean-Luc Gasnier, www.mediapart.fr , 7 avril 2019
 
 
NATHALIE LOISEAU ET L’ENA : UN MENSONGE DE PLUS ! Ali Baba. On sait d’expérience que les campagnes électorales constituent des moments privilégiés pour la diffusion de bobards, de « fake news », de calembredaines, de sottises, de sornettes, voire de mensonges. Ce qui est encore plus grave, de nos jours, dans un contexte de discrédit croissant de la parole publique. La fringante tête de liste du mouvement Renaissance – une sorte de faux nez de la République en Marche -, Nathalie Loiseau vient de se faire prendre la main dans le sac. La question porte sur l’École nationale d’administration (ENA) qu’elle a dirigée d’une main de fer de 2012 à 2017, laissant à son successeur, Patrick Gérard un lourd passif, résultat d’une gestion financière hasardeuse. Revenons à nos moutons ! Quelques fuites savamment distillées par des communicants du château sur les résultats du grand débat national nous apprennent que le président de la République envisagerait, à terme, de supprimer l’école de l’élite de la nation. Parmi les nombreuses réactions à ce projet, il importe de s’arrêter sur celle de notre ex-ministre des Affaires européennes. Ses déclarations publiques mettent à jour l’étendue de sa duplicité, de ses contradictions sur ce dossier. Il y a loin de la coupe aux lèvres.

UN APPUI SANS CONDITION AU PROJET JUPITÉRIEN

Immédiatement, Madame Sans-Gêne se félicite sur les ondes de cette décision courageuse de son maître à penser Kim Jong-Macron. Comme toujours, tenons-nous en à ses déclarations telles que nous les relate le très sérieux site Acteurs publics.

Début de citation :

« L’ancienne directrice de l’École nationale d’administration, qu’Emmanuel Macron envisagerait de supprimer, a critiqué “les résistances de l’administration et parfois une manière pour (elle) de dire aux politiques : « cause toujours, je serai là plus longtemps que toi »”. La tête de liste de la majorité présidentielle aux élections européennes, Nathalie Loiseau, ancienne directrice de l’ENA, a estimé jeudi qu’il fallait “donner un coup de pied dans la fourmilière” à propos de la suppression de la prestigieuse école, mesure envisagée par Emmanuel Macron. Le chef de l’État est favorable à un changement de “la formation, la sélection, les carrières” de l’élite “en supprimant l’ENA [École nationale d’administration, ndlr] et plusieurs autres structures”, selon le projet de l’allocution qu’il devait prononcer lundi 15 avril en réponse au grand débat et à la crise des “gilets jaunes”, mais qui a finalement été annulée, et dont l’AFP a obtenu copie mardi. “On verra ce que le président choisit” mais, s’est félicitée Nathalie Loiseau au micro de Radio Classique, “je suis contente que les choses bougent”. Pour elle, il faut “s’attaquer vraiment sérieusement à l’égalité des chances” dans la sélection des élites. “J’ai été accueillie au départ par certains conservatismes, par certains corporatismes, en étant une femme de moins de 50 ans n’ayant pas fait ENA, à peu près comme une saltimbanque”, a raconté celle qui a dirigé l’ENA entre 2012 et 2017, avant de faire son entrée au gouvernement comme ministre des Affaires européennes. “Ça vous donne une idée de ce à quoi on se heurte en essayant de bouger cette école”, a-t-elle poursuivi, en précisant avoir fait “ce qu’(elle a) pu, sans être suivie à l’époque ni par la volonté politique ni accompagnée par les moyens qu’il fallait”.

Ce n’est pas mon influence”

Interrogée sur un article de L’Opinion qui lui prête une influence sur Emmanuel Macron sur le sujet, Nathalie Loiseau a reconnu en avoir parlé avec le chef de l’État, lui-même issu de l’ENA. Mais “ce n’est pas mon influence, a-t-elle précisé. Je pense qu’il sait très exactement ce qu’il doit à la méritocratie parce qu’un garçon qui venait d’Amiens, peut-être que sa carrière n’était pas toute tracée s’il n’y avait pas eu des concours”. “Mais il sait exactement aussi ce que c’est que les résistances de l’administration et parfois une manière pour l’administration de dire aux politiques : « cause toujours, je serai là plus longtemps que toi »”, a ajouté celle qui fut aussi directrice générale de l’administration et de la modernisation du ministère des Affaires étrangères. “Pour accéder à ces responsabilités, à cette élite et avoir une plus grande diversité, on pourrait supprimer l’ENA”, avait approuvé plus tôt sur France 2 le député du Val-d’Oise Aurélien Taché, figure de l’aile gauche du parti présidentiel, évoquant un enjeu de “justice”. L’élu a ironisé sur la première “réaction de l’ENA sur Twitter” qui “était de se justifier en disant qu’ils avaient 14 % de petits-enfants d’ouvriers, 6 % de petits-enfants d’employés”. “Quand on en est à se justifier sur plusieurs générations et à parler des petits-enfants, c’est quand même qu’il y a un problème”, a-t-il estimé. Un autre député LREM, Sacha Houlié, membre du conseil d’administration de l’ENA, a rappelé sur Sud Radio qu’“un grand plan de transformation est à l’œuvre” et a mis l’accent sur “une refonte profonde de la formation” »21.

Fin de citation

On ne saurait être plus clair. Nathalie Loiseau a de tout temps été favorable à la suppression de l’ENA, du moins à une réforme en profondeur. Mais, elle aurait prêché dans le désert.

UN BOBARD SUPPLÉMENTAIRE

À comparer ses dernières déclarations avec d’autres plus anciennes, il apparait que Nathalie Loiseau n’a pas toujours tenu la même ligne sur la pérennité de l’école nationale de l’arrogance. Il revient au Point de stigmatiser les contradictions de Dame Ducoulombier en ces termes :

Début de citation

L’ancienne directrice de l’ENA avait accordé, en 2017, un entretien à la revue « Le Débat ». Elle y défendait alors la pérennité de l’école.

« Cela permettra de donner un coup de pied dans la fourmilière. » Ce fut donc, au micro de Radio classique, la réaction de Nathalie Loiseau à la proposition d’Emmanuel Macron de supprimer l’ENA. La tête de liste LREM aux européennes, qui a dirigé l’école durant cinq ans, fait preuve, au cours de cette interview radio, d’un enthousiasme et d’une audace qu’on ne lui connaissait pas il y a encore peu. Et pour cause : au printemps 2017, avant l’élection présidentielle, celle qui était encore à la tête de l’ENA répond aux questions de la revue Le Débat sur ce thème précis : « À quoi sert l’ENA ? » Un entretien instructif qui montre à quel point Loiseau était attaché à l’établissement, louant son efficacité et plaidant pour sa pérennité.

D’emblée, elle est invitée à commenter l’image décriée de l’institution, précisément celle que reprend aujourd’hui à son compte Emmanuel Macron, énarque, comme Bruno Le Maire, qui avait, parmi les premiers, proposé d’en finir avec cette école. « Il existe en effet toute une mythologie autour de l’ENA qui la désigne à la critique du personnel politique comme de l’opinion », explique-t-elle, avant de relativiser le pouvoir conféré aux énarques : « Le périmètre d’action de l’État au sens strict s’est fortement réduit ces dernières années, mais le discours politique n’en a pas forcément rendu compte. » La revue l’interrogeait, plus loin, sur la multiplication des livres critiques, notamment rédigés par d’anciens élèves : « C’est devenu un genre littéraire ! » ironisait-elle, ajoutant avoir dit à certains de ces auteurs, pour ceux qui ont écrit ou déclaré ne rien avoir appris à l’ENA, « qu’ils endossaient sans s’en rendre compte le costume caricatural de l’énarque ».

« Fantasme » et « réputation romanesque »

L’ancienne secrétaire d’État aux Affaires européennes n’est pas dupe. Elle sait d’où vient le discours anti-ENA, qui s’est diffusé dans l’opinion et au-delà : « Avec sa noblesse d’État [un essai paru en 1989, NDLR], Pierre Bourdieu a abondamment nourri l’imaginaire collectif en visions simplificatrices caressant dans le sens du poil la passion égalitaire des Français. » Dans cet entretien-fleuve, elle n’épargne cependant pas l’institution qu’elle dirige, déplorant, par exemple, que la mission des énarques en service, ces fameux « technos », ne soit pas mieux connue. Ceci s’expliquerait, selon elle, en partie « par le souhait de laisser au politique la primeur des annonces et de la visibilité médiatique, lorsqu’il s’agit de décisions dont on suppose qu’elles seront populaires ». Loiseau pointe également les fantasmes qui entourent certains grands corps de l’État, dont certains jouissent « d’une réputation romanesque, comme le corps diplomatique ».

« On croit savoir ce qu’est un diplomate parce qu’on a lu Romain Gary, dans le meilleur des cas. » Combative, elle relativise encore le nombre d’énarques présents dans l’appareil de l’État. « Le débouché des grands corps représente douze à quinze personnes par promotion. Si l’on se fonde sur une durée maximale de quarante ans de carrière pour chaque fonctionnaire, cela donne tout au plus un total de six cents hauts fonctionnaires sortis dans les grands corps et aujourd’hui en activité en France. Mettez ce chiffre en regard d’une seule promotion d’HEC, qui représente à peu près cinq cent soixante-dix personnes », indique-t-elle. S’agissant de la sélection, elle dit interroger « les valeurs » des candidats à l’occasion du grand oral, de même que « leur esprit critique et la manière dont ils parviennent à se forger un jugement ». En outre, elle regrette que bien des ministres accusent leur administration de traîner des pieds dans l’application des réformes. Elle pointe, pour expliquer les éventuels blocages, la taille des cabinets ministériels qui s’est « démultipliée », « au point de constituer une couche de plus en plus opaque entre les responsables politiques et leur administration ».

« Une exception de l’excellence »

Sur le fond, elle met en garde contre les atteintes portées à l’ENA et prend l’exemple des États-Unis et de son « spoil system », qui fait qu’une administration est entièrement partisane, quand elle n’est pas limitée dans ses compétences du fait de « son absence de culture interministérielle ». Elle poursuit : « Quelques pays ont fait le choix de ne plus avoir aucune école, aucune formation, par exemple le Royaume-Uni […] On est arrivé tellement près du désastre qu’aujourd’hui le Foreign Office a recréé une académie de formation de ses diplomates. » Loiseau va plus loin en expliquant que si Theresa May a tardé à déclencher l’article 50 qui ouvrait au Brexit, c’est parce que « son administration n’était pas prête, qu’elle n’avait plus d’experts sous la main pour négocier. C’est quand même ennuyeux ! » Pour finir, Loiseau affirme que l’ENA est une source d’inspiration pour de nombreux pays. Elle en veut pour preuve les témoignages de ses pairs lors de conférences à l’étranger. « L’exception qui nous est reconnue dans ce type de rencontre, c’est l’exception de l’excellence, pas celle de la bizarrerie. » »22.

Fin de citation

On ne saurait être plus clair. Nathalie Loiseau a de tout temps (celui où elle présidait aux destinées de cette école) été une grande défenderesse de la pérennité l’ENA. Mais, au-delà des réactions émotionnelles de la Caste23, il est vrai que ce projet n’est pas encore sur les rails tant les résistances des énarques en général sont fortes24, des grands corps en particulier le sont encore plus25.

De toute évidence, Nathalie Loiseau a la mémoire qui flanche, elle ne se souvient plus très bien comme dans la chanson immortalisée par Jeanne Moreau. Cinquante-cinq ans, c’est un peu tôt pour un début d’Alzheimer26. Peut-être est-ce le résultat de la fatigue consécutive à son long voyage à la Réunion où elle avait commis une bourde sur sa participation à la messe dominicale ! Peut-être est-ce le souhait de ne pas déplaire à Pinocchio 1er, son mentor en politique fiction en le caressant dans le sens du poil et de la démagogie ambiante ! Peut-être ne s’est-elle pas rendue compte de ce qu’elle disait réellement, ayant perdu le sens des mots !

Elle, la première de la classe, qui a eu son bac à seize ans, fille de banquier et épouse de banquier élevée à Neuilly (bonjour la mixité sociale27), ignore peut-être la célèbre phrase du prix Nobel de littérature, Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ». Quelle est l’hypothèse la plus plausible ? Les experts se perdent en conjectures. Nathalie Loiseau gagnerait en crédibilité – celle qui lui fait tant défaut – en évitant d’utiliser des artifices de joueurs de bonneteau. Au rythme où vont les choses et surtout les bourdes de notre oiseau de mauvais augure qui n’a pas encore pris son envol européen, les âmes sensibles s’inquiètent : dans quel état physique et psychologique va-t-elle finir la campagne au soir du 26 mai prochain ? Nathalie Loiseau et l’ENA : un mensonge de plus !

21 Pierre Laberrondo, Nathalie Loiseau « contente » que soit donné « un coup de pied dans la fourmilière de l’ENA, www.acteurspublics.com , 18 avril 2019.

22 Said Mahrane, Suppression de l’ENA : les contradictions de Nathalie Loiseau, www.lepoint.fr , 18 avril 2019.

23 Benoît Floc’h, Le blues des énarques, « touchés au cœur », Le Monde, 20 avril 2019, p. 7.

24 Adeline Baldacchino, L’ENA ne doit pas servir de bouc émissaire, Le Monde, idées, 20 avril 2019, p. 28.

25 Louis Hausalter, Ce que cache la suppression de l’ENA, Marianne, 19-25 avril 2019, p. 26.

26 La maladie d’Alzheimer résulte d’une lente dégénérescence des neurones, débutant au niveau de l’hippocampe (une structure cérébrale essentielle pour la mémoire) puis s’étendant au reste du cerveau. Elle est caractérisée par des troubles de la mémoire récente, des fonctions exécutives et de l’orientation dans le temps et l’espace. Le malade perd progressivement ses facultés cognitives et son autonomie.

27 Camille Stromboni, À l’ENA, une faible mixité sociale, Le Monde, 20 avril 2019, p. 7.

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