Observatoire Géostratégique

numéro 239 / 15 juillet 2019

ORIENT-ATIONS 235

FRÈRE LE CHOUCHEN VA À CONFESSE – Ali Baba. Ali Baba, par l’odeur alléché (celle de la pravda du Quai d’Orsay qui a pour adresse www.diplomatie.gouv.fr ) se précipite sur la dernière livraison de l’hebdomadaire le Point. Il est avide de découvrir l’entretien vérité du maître de la diplomatie française, Jean-Yves le Drian. Il va certainement éclairer le béotien qu’il est en matière de relations internationales. Le titre du madrigal est enivrant : « la grande confession du silencieux »1. Il lui donne l’eau à la bouche tant il sent qu’il va découvrir des informations, des analyses, des prospectives sur le monde de demain qu’il ne peut trouver sous la plume du journaleux de base. Vous savez, celui qui ne fait que colporter les fameux éléments de langage (EDL) que lui servent les « spin doctors » des Palais de l’Élysée et d’Orsay. Une sorte de bouillie pour les chats aussi incompréhensible qu’indigeste pour le citoyen normal. Il est clair que cela va décoiffer, preuve en est que nous découvrons la calvitie prononcée de notre barde breton. De plus, une autre photo nous dévoile notre ami, Le Chouchen derrière le bureau de Vergennes en compagnie de son directeur de cabinet (son ex-conseiller diplomatique au ministère de la Défense), Nicolas Roche, néocon bon teint dont l’humilité n’est pas la qualité première. Revenons à notre entretien trash et cash qui doit nous illuminer, nous montrer le chemin de la France dans un monde incertain. Pour faire simple, distinguons la partie traitant de la politique intérieure de celle relative à la politique étrangère/diplomatie.

POLITIQUE INTÉRIEURE : ODE À MACRON

Jean-Yves le Drian nous dévoile sa profonde pensée politique à l’issue du scrutin européen du 26 mai 2019. Rien de très original si ce n’est un exercice de cirage de pompes en bonne et due forme de son maître, Jupiter 1er. Il récuse tout idée de départ du Quai d’Orsay que laisserait présager la fuite des cerveaux de son cabinet. Sur la crise des « gilets jaunes », il nous sert quelques platitudes de bon aloi sur le thème nous n’avons pas bien compris la souffrance qui se dissimulait derrière cette protestation que l’on ne peut assimiler à un refus du changement. Toutes les leçons de cette jaquerie ont été tirées par Kim Jong-Macron avec l’audacieuse initiative qui a pour nom grand débat. De plus, Emmanuel Macron a compris « l’épaisseur de l’humus social » et « la nécessité que l’action publique soit plus proche des gens ». L’urgence est désormais à la réduction des fractures territoriales à travers un nouveau contrat social. L’heure est, après la bataille des idées gagnées par le chef de l’État, de passer à une écologie de l’action, à ne pas confondre avec une écologie de l’incantation. Il se contente de formules creuses pour décrire l’effondrement de la droite et de la gauche lors des élections du 26 mai dernier. Il récuse toute idée de droitisation de la majorité d’En marche. Mais, il entend travailler à fédérer l’aile gauche de la Macronie, démarche qu’il considère comme une nécessité. Sur ce volet intérieur de son entretien, le « doyen du gouvernement » poursuit, avec constance, son exercice de brosse à reluire en direction du Premier ministre, Édouard Philippe tout en soulignant que l’âge n’est pas un critère de compétence. En définitive, rien de très novateur, de très anticonformiste dans cette langue de bois épaisse qui ne mange pas de pain.

POLITIQUE ÉTRANGÈRE : ODE AU CHOUCHEN

Notre breton madré en vient au cœur de son propos, l’action extérieure de la France à la destinée de laquelle il préside. Au passage, on n’est jamais si bien servi que par soi-même. C’est pour cela qu’il se jette des fleurs à tour de bras. Pourquoi se priver d’un petit plaisir ? La banalité et la vacuité de notre nouveau Talleyrand est criante. Son diagnostic laisse songeur pour un homme aussi bien informé par son administration centrale, ses ambassades et consulats, les services de renseignement. Nous découvrons, abasourdis, que le « monde devient sa foi ni loi », que le monde multilatéral se délite et que les relations internationales sont dominées par les rapports de force. La confrontation l’emporte sur le compromis. Mazette ! L’Amérique privilégie l’isolationnisme, la Russie bloque le Conseil de sécurité, la Chine veut transformer les instances multilatérales en outils au service de ses ambitions. L’Europe doit changer de logiciel si elle ne veut pas sortir de l’histoire. Elle doit parler avec tout le monde et cesser d’être naïve. Elle doit assumer ses responsabilités et se progresser contre les agressions stratégiques grâce à une Europe de la défense qui progresse à pas de géants. Vaste programme, aurait dit le général de Gaulle. Jean-Yves Le Drian est ondoyant sur la question des livraisons d’armes au Yémen, prenant fait et cause pour l’Arabie saoudite qui doit se défendre contre les agressions des Houthis. Mais, la guerre doit cesser. Amen ! Il est aussi confus que possible sur la situation en Libye, sur l’opération Barkane, la mission EUTM Mali et sur le sort réservé aux français condamnés à mort en Irak. Bel exercice d’équilibrisme, de funambulisme diplomatique qui ne débouche que sur le néant, signe distinctif de la diplomatie à la sauce jupitero-le drian. En un mot, tout ceci est affligeant.

Reconnaissons volontiers à notre bien aimé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères une qualité indéniable, celle de commentateur de l’actualité ! Une sorte de folliculaire qui sévit sur les plateaux des chaines d’abrutissement en continu. Reconnaissons volontiers à notre bien aimé ministre de l’Europe et des Affaires étrangères un travers indéniable, celui de la vacuité de sa pensée stratégique, si tant est que le terme soit bien adapté. Il est vrai que deux pièces essentielles font défaut à son dispositif : un directeur des Affaires politiques et un responsable du centre d’analyse prospective et stratégiques (CAPS). On comprend mieux qu’il manque de cap, de vision, de profondeur stratégique indispensables à tout responsable de la diplomatie qui se respecte. Tout ceci est confondant de médiocrité. Autrement dit, la diplomatie de Frère Le Chouchen qui va à confesse (ce qui ne manque pas de sel lorsque l’on est adepte du tablier) est pathétique.

1 Jean-Yves Le Drian (propos recueillis par Romain Guibert/Jean Guisnel/Sébastien Le Fol), La grande confession du silencieux, Le Point, 13 juin 2019, pp. 34 à 38.
 
 
L’EUROPE SANS DÉFENSE : L’APHORISME DU GÉNÉRAL DESPORTES – Guillaume Berlat. « La diplomatie sans les armes, c’est la musique sans les instruments » (Bismarck). Au lendemain des élections au Parlement européen (26 mai 2019) revient à l’esprit (de ceux qui en ont encore) une question cruciale et lancinante : que veulent faire les Européens (leurs dirigeants) de leur Union (la désunion), demain et après-demain, gouverner étant prévoir ? De la réponse à cette interrogation dépend l’avenir du projet au XXIe siècle : exister dans l’indépendance ou disparaître dans la dépendance. Quelle est l’une des clés de lecture de cette problématique quasi-existentielle ? Elle porte un nom : « puissance ». Telle est la thèse que défend le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’école de guerre, professeur de stratégie à Sciences Po et HEC dans un entretien particulièrement documenté et réfléchi qu’il vient d’accorder au quotidien Le Figaro2. Tentons de présenter les différents axes du raisonnement développé par ce militaire qui pense, qui pense bien… parfois mieux que ses homologues diplomates, voire chercheurs et autres penseurs autoproclamés des relations internationales. Sa pensée, aussi cartésienne que réaliste, se structure autour de quelques grandes lignes de force qui nourrissent la démarche de ce haut gradé. Pour ne pas la dénaturer, nous aurons recours, autant que faire se peut, à la formule de la citation in extenso.

Le monde du XXIe siècle n’a rien à voir avec celui du XXe

« … En matière de défense, ils (les Européens) n’ont pas pris conscience de l’importance du problème. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent toujours vivre dans le monde d’hier, celui des bons sentiments. Ils ne voient pas venir ce monde de violences qui montent et qui sera dominé par les rapports de force. Les Européens se croient toujours protéger par le parapluie américain. À tort : il a été fiable mais il ne l’est plus … Le conflit de puissance entre la Chine et les États-Unis sera la grande histoire de demain ».

Le monde de ce début de XXIe siècle n’est pas le monde des bisounours. C’est une telle vérité d’évidence qu’elle ne crève pas encore les yeux de nos dirigeants aveugles et somnambules qui foncent dans le mur en klaxonnant. C’est peut-être un des plus grands dangers qui menacent la planète : inconséquence et irresponsabilité de ses élites bienpensantes.

La puissance moteur des relations internationales

« Dans les années qui viennent, les relations internationales seront basées sur la puissance ; l’Europe doit se doter de ses attributs pour faire rempart à la Chine et faire jeu égal avec son ancien allié ». Un peu plus loin, il prolonge sa réflexion en soulignant que « si l’Europe est aphone, c’est parce qu’elle ne s’est pas dotée des moyens de la puissance ». 

Comme par hasard, l’ex-ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine ne dit pas autre chose lorsqu’il insiste, au même moment dans un entretien à l’hebdomadaire Le Point, sur le fait que « l’Europe doit adopter un comportement de puissance ». C’est peu dire que nous n’en sommes pas encore parvenus à ce stade de son évolution.

L’incontournable attribut de la puissance militaire

« L’Europe doit être capable de jouer son rôle dans le monde et de participer au maintien des grands équilibres. Elle ne pourra le faire que si elle détient la puissance militaire. Car la voix des nations ne porte qu’en fonction de calibre de leurs canons ! Si la France compte davantage que les autres pays, c’est parce qu’elle a une armée digne de ce nom.

Le général Desportes met le doit sur le problème fondamental de l’avenir de la construction européenne. Les 27 veulent-ils être les acteurs d’un monde en recomposition prenant en compte leurs intérêts bien compris ou bien veulent-ils se contenter d’en être les spectateurs incrédules qui se voient imposer un modèle de gouvernance qui les affaiblit durablement ?

L’affaiblissement de l’Alliance atlantique

« L’alliance avec les États-Unis ressemble à celle qui unissait Athènes aux cités helléniques. L’OTAN est une alliance sur laquelle règnent de manière hégémonique les Américains qui offrent leur protectorat en échange de la vassalisation de leurs alliés. Le problème, c’est que ce protectoral n’est pas fiable. De Gaulle le disait déjà quant il affirmait qu’il fallait une armée française car le parapluie américain n’était pas suffisamment fiable. Il l’est encore moins aujourd’hui. L’alliance est un leurre. Elle affaiblit les Français, car elle ne leur permet pas de parler au monde et de défendre leurs valeurs ».

Une fois de plus, le général Desportes met dans le mille, rappelant la grave erreur commise par Nicolas Sarkozy qui a pris la décision de réintégrer la structure militaire intégrée de l’OTAN qu’avait quittée le général de Gaulle. Pour un bénéfice nul en termes de construction d’une défense européenne autonome. C’est le même Nicolas Sarkozy qui a contourné le suffrage populaire qui s’était prononcé contre l’adoption du projet de traité constitutionnel.

L’Europe jouet des Américains

« La seule Europe qui vaille pour les États-Unis, c’est une Europe en perpétuel devenir. Ils ont toujours poussé pour les élargissements, y compris vis-à-vis de la Turquie. Mais la culture européenne est trop riche pour se limiter à ce qui en a été fait aux États-Unis. Le continent européen est celui de la philosophie et des lumières. Il a aussi été meurtri par la guerre. Il faut qu’à la puissance prédatrice américaine on puisse opposer une Europe capable de raisonner un monde qui ne l’est plus par les institutions internationales, qui ont été créées en 1945. S’appuyer sur les solutions d’hier pour construire le monde qui vient est dangereux et mortifère… L’Amérique n’est pas maligne comme un cancer. Mais quand elle n’est pas régulée, elle a tendance à imposer ses intérêts avant tout ».

Toujours ce penchant européen à se vautrer dans la servitude volontaire en lieu et place de prendre son destin en mains pour être pleinement autonome, indépendant et respecté sur la scène internationale. La chimère de l’autonomie stratégique est encore loin de se transformer en réalité tant le plus dur combat est celui de l’évolution des mentalités.

Penser le monde de demain et s’y adapter

« Il faut sortir de l’illusion que les outils d’hier sont toujours pertinents pour le monde de demain… L’OTAN est devenue une menace pour les Européens. D’abord parce qu’elle est un outil de déresponsabilisation des États qui ne se croient plus capables d’assumer leur défense. Ensuite parce que son existence même est un outil de maintien et de renaissance des tensions en Europe. Il est temps que l’Europe soit remplacée par la défense européenne. La meilleure chance qui pourrait arriver à l’Alliance serait que les États-Unis s’en retirent. Ils placeraient ainsi l’Europe devant la nécessité d’avancer. Tant que l’Europe stratégique ne sera pas construite, le continent restera un protectorat à qui les États-Unis dictent leurs règles, comme le principe d’extraterritorialité dans l’affaire des sanctions contre l’Iran… Je pense que la Russie doit être intégrée à l’espace européen et que nous devons faire en sorte qu’elle ne soit plus une menace. L’avenir de l’Europe est eurasiatique. Nous avons, nous Occidentaux, contribué à faire resurgir la menace russe. Nous avons raté l’après-guerre froide car nous n’avons pas réussi à intégrer le Russie dans le jeu des démocraties ».

On mesure ainsi tout le chemin qui reste à parcourir avant que les Européens ne prennent leur destin militaire en mains et que la défense et l’armée européennes ne se transforment de rêve en réalité. Une fois encore, on perçoit l’irréalisme des propositions de réforme de l’Union européenne d’Emmanuel Macron (Cf. son discours de la Sorbonne de l’automne 2017) qui n’ont pas eu le moindre écho chez ses partenaires.

« Elle (l’armée européenne) ne peut pas exister aujourd’hui. Mais il faut assurer le plus vite possible la défense de l’Europe par l’Europe et pour l’Europe. Il faut créer un noyau dur capable de doter le continent d’une autonomie stratégique et capacitaire. Nous ne pouvons pas attendre la fin des divisions, notamment entre l’Est et l’Ouest pour agir ».

Toutes propositions raisonnables de la part d’un militaire dont nous n’avons trouvé aucune trace dans les professions de foi de nos 34 têtes de listes aux élections au Parlement européen ! Cherchez l’erreur…

La présentation du général Desportes est particulièrement rafraichissante tant elle remet en question la doxa officielle des eurobéats qui se rengorge de paroles creuses sans le moindre rapport avec une réalité dérangeante. Elle mériterait d’être méditée par tous nos bonimenteurs de foires qui n’ont cessé de nous servir des bobards sur une Europe fantasmée n’ayant aucun rapport avec la réalité au cours de la campagne écoulée. Elle mériterait d’être mise en relation avec le rapport de Louis Gauthier sur la défense européenne remis au président de la République3. La politique se fait sur la base des réalités, soulignons-le à l’intention de tous ceux qui auraient tendance à l’oublier. Entre l’impuissance et la résignation, entre la surenchère et la démagogie, entre les compromis mous et le concours Lépine des mesures miracles, une voie médiane existe. Méditer l’aphorisme du général Vincent Desportes, celle d’une Europe sans défense à tous les sens du terme…

2 Général Desportes (entretien accordé à Isabelle Lasserre), « L’OTAN est une menace pour l’Europe », Le Figaro, 25-26 mai 2019, p. 20.
3 Claude Angeli, Louis Gauthier…, Le Canard enchaîné, 29 mai 2019, p. 3.
 
 
RÉFORME DE L’ENA : LES CAVES SE REBIFFENT – Guillaume Berlat. Décidément, les énarques ne manquent pas d’air et de souffle tant ils bénéficient d’une présomption de savoir-faire. Qu’ils – et qu’elles dans le cas de figure – soient élèves de l’école nationale de l’arrogance (ENA) sise pour partie à Strasbourg (dans une ancienne prison pour femmes) et à Paris (dans les locaux de l’ex école nationale de la France d’Outre-Mer) ou bien hauts fonctionnaires en activité, le moins que l’on puisse dire est qu’ils racontent n’importe quoi. Avec une assurance qui force le respect et un gout du banal et de la vacuité, elles viennent nous faire la leçon sur l’avenir de leur chère école dans le contexte du projet de réforme Thiriez4. Comme ceci était largement prévisible, elles ont tout compris des maux qui frappent ce bijou de l’égalité républicaine qu’est cette prestigieuse école. Elles possèdent bien évidemment le remède idoine qui permettra à ce temple de l’élite française, que le monde entier nous envie, de passer sans encombre le cap du XXIe siècle. La fine fleur de l’Association 50-50 nous livre un madrigal particulièrement bien troussé en pleine page du quotidien de référence de boboland, à savoir le Monde5. Il s’agit d’élèves et de fonctionnaires en activité dont les noms méritent d’être cités : Manon Chonavel, Maelenn Ferreira-Daniel, Suzanne Feydy, Marie Grosgeorges, Marianne Héquet, Alexandra Marchand, Louise Mariani et Philippe Wen (un homme ?). Si d’une lecture rapide de ce morceau de bravoure, certains esprits faibles peuvent en déduire que le diagnostic posé est pertinent, du moins en apparence, le remède est aussi ridicule que ses auteur(e)s.

UN DIAGNOSTIC PERTINENT ?

Que nous apprennent ces suffragettes sur l’école nationale d’administration ? Se référant à la lettre de mission de l’ancien président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, elles insistent sur le membre de phra se suivant « mettre fin aux biais de sélection qui entravent l’accès à la haute fonction publique de talents issus d’horizons divers ». Sans surprise, elles en font aujourd’hui leur miel en soulignant que la question de la parité femmes-hommes est à peine effleurée. Elles constatent que les femmes sont peu représentées parmi les élèves de l’ENA, dans les grands corps et dans les postes d’encadrement en violation de la fameuse Loi Sauvadet. Et, c’est ici que se situe le mal de l’ENA en dépit de quelques actions de sensibilisation développées au cours des dernières années qui sont insuffisantes. Le salut de la République passe par trois pistes agissant sur la haute fonction publique, la formation et le déroulement des carrières. La première porte sur les modalités à la future école de formation des hauts fonctionnaires. Tout doit être fait pour corriger le « différentiel récurrent de réussite entre hommes et femmes ». La deuxième piste a trait à la formation qui « doit intégrer les questions d’égalité femmes-hommes comme des enseignements à part entière ». Est évoquée l’attention particulière au principe de budgétisation sensible au genre (« gender budgeting », les bons gadgets anglo-saxons). Un bel exemple de sabir technocratique. La troisième piste relative au modèle de l’Ecole de guerre comme débouché aux postes de direction es traitée avec distance à moins qu’elle ne corrige efficacement les inégalités qui frappent les femmes en milieu de carrière. Alors que la « haute fonction publique se trouve à la croisée des chemins », nos contestatrices de l’Association 50-50 proposent de réaliser la promotion de l’égalité hommes-femmes pour contribuer à « concevoir et réaliser un projet de société inclusif et porteur de progrès pour toutes et tous ». Fermez le ban !

UN REMÈDE RIDICULE

Si les mots ont encore un sens dans notre si belle langue française, la contribution de ces prêtresses de la bienpensance à la réforme de la haute fonction publique et de l’ENA ne veut rien dire. Ce n’est qu’un vulgaire charabia technocratique destiné à la technocratie et non aux pouilleux et autres gueux que nous sommes. Pensez que c’est par un coup de baguette magique, qui a pour nom parité femmes-hommes, que l’on va remédier aux maux de notre société relève de la pure utopie ! Au cœur du débat se trouve la question de l’avenir du système de la méritocratie à la française fondée sur le seul critère de la compétence objective et non sur celui d’un communautarisme à l’anglo-saxonne. Comme le souligne justement, Arnaud Teyssier dans le Figaro, la discrimination positive à l’ENA comme dans les autres grandes écoles est un « contresens total », une bombe à déflagration6. À quand des quotas de LGBT7, de grands, de petits, de blonds, de bruns, de gros, de maigres, de blancs, de noirs, de jaunes, de catholiques, de protestants, de juifs, de musulmans… à l’entrée à l’ENA ? C’est dans cette direction mortifère que conduit lentement mais sûrement la logique qui sous-tend le projet de cette si noble association. Nulle part dans ce poulet n’apparait le concept d’égalité des chances alors que c’est lui qui est le fondement de la méritocratie à la française. Faire en sorte que tous les enfants de la République aient une chance égale de se hisser au sommet de l’administration. C’est cela qui s’appelle « Liberté, égalité, fraternité » et non de stupides quotas à l’instar des quotas laitiers de la PAC de l’Union européenne. Avec tout le respect que nous devons naturellement à ces femmes hauts fonctionnaires, à qui l’intelligence ne fait pas défaut, nous pouvons leur rappeler qu’elles raisonnent/résonnent comme des tambours. Les « gilets jaunes » ne manquent pas de leur rappeler depuis plus de trente semaines avec trompettes et tambours. Le totalitarisme de la pensée atteint aujourd’hui ses limites avec ce texte frappé au coin du banal et de la vacuité. C’est dire l’écart grandissant entre la fiction politique de nos élites et la réalité ressentie par les citoyens normaux. L’angélisme est l’une des plaies de notre temps.

Le ridicule ne pourra que croître avec le temps. À découvrir la prose de ces péronnelles – vraisemblablement inspirée de la doctrine de l’ex-directrice de l’ENA, Nathalie Loiseau – étalée en pleine page de l’immonde, on comprend parfaitement pourquoi la France va mal, de plus en plus mal sous le régime autoritaire de Kim Jong-Macron. Ce régime gouverné par la Caste des énarques, qui établit une claire distinction entre les « sachants et les subissants »8, n’a rien compris à la composition du tissu social de notre pays. En particulier à ceux qui privilégient « la fin du mois à la fin du monde » et qui sentent « la clope et le diesel ». Tous ces gens de haute extraction chevauchent en permanence quelques chimères qui conduisent la France droit dans le mur en klaxonnant. Emmanuel Macron reconnait aujourd’hui publiquement des erreurs de méthode dans le traitement de la « crise des gilets jaunes ». C’est le moins que l’on soit autorisé à dire sauf à se voiler la face. Autant dire que le remède proposé par ces inconscientes pour sauver l’ENA, fait de généralités et d’illusions, s’apparente à un cataplasme sur une jambe de bois. Lire la prose de toutes ces Dames, sans conteste dotées d’une intelligence au-dessus de la moyenne, nous ramène quelques décennies en arrière. En un mot, la réforme de l’ENA vue par le gente féminine signifie, à la manière de Michel Audiard, que les caves se rebiffent.

p.m. : du genre au Quai d’Orsay !

La désignation du futur directeur des affaires politiques du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères – l’un des postes les plus prestigieux de l’administration centrale – est en attente d’être tranché au plus haut niveau de l’État. Deux candidats, qui activent tous leurs réseaux (l’Association « femmes et diplomatie » pour la Belle Hélène, amie intime de Nathalie Loiseau qui est à l’origine de ce bidule) sont encore en lice : Philippe Errera, le digne fils de son père et Hélène Duchêne qui ont des profils assez voisins (deux néocons assumés : le premier est passé par le Département d’État, l’ambassade de France à Washington, la Secte et notre Représentation à l’OTAN, la seconde par l’OTAN à deux reprises et par la secte). Si nous comprenons bien le cœur du débat, la question n’est pas tant celle de la compétence réelle ou supposée des deux prétendants aux profils voisins) mais une question de « genre ». Ne faut-il pas privilégier la candidature d’une femme pour remplir les critères de quota de femmes dans l’encadrement supérieur (40%) que de s’en tenir au seul critère d’adéquation du fonctionnaire aux responsabilités qu’il devra assumer ? Voilà à quoi conduit le critère de parité ou de « diplomatie féministe », concept ledrianesque !9 Tout ceci est grotesque.

Pour la petite histoire (ce qu’ignore le sagace journaliste du Monde, Marc Semo), au siècle dernier fut nommée la première femme directrice des affaires politiques. Elle avait pour nom Joëlle Timsitt. Ce fut une catastrophe. Au bout de quelques mois, elle fut exfiltrée vers Matignon pour occuper le poste moins exposé de conseiller diplomatique du Premier ministre, Edith Cresson. Démonstration pas très probante surtout après l’explosion en vol de la grande amie d’Hélène Duchène qui a pour nom Nathalie Loiseau comme indiqué plus haut). Elle avait réclamé une « standing ovation » lors de la conférence des ambassadeurs de 2012 après que Laurent Fabius ait écarté Nathalie Loiseau de son poste de DGA où elle excellait dans les catastrophes humaines. »>

4 Guillaume Berlat, Réforme de l’ENA : une vaste blague, www.prochetmoyen-orient.ch , 10 juin 2019.
5 Association ENA 50-50, Construire une haute fonction paritaire, Le Monde, 12 juin 2019, p. 28.
6 Olivier Babeau, La discrimination positive à l’entrée des grandes écoles : une bombe à déflagration, Le Figaro, 1er-2juin 2019, p. 16.
7 Cécile Chambraud, Le Vatican contre « l’idéologie du genre », Le Monde, 13 juin 2019, p. 3.
8 Termes employés par le président de la République, Emmanuel Macron lors de son intervention à l’occasion du centième anniversaire de l’OIT (Genève, 11 juin 2019).
9 Marc Semo, Bataille pour la direction des affaires politiques au Quai d’Orsay, Le Monde, 14 juin 2019, p. 6.
 
 
ÉLECTIONS, PIÈGE À CONS. DU RIFIFI À LA FAO – Jean Daspry « Elections, piège à cons » est le titre d’un article d’inspiration libertaire de Jean-Paul Sartre dans les Temps modernes en janvier 1973. Déjà, dans Etatisme et Anarchie (1873), Mikhaïl Bakounine mettait en cause le recours aux institutions représentatives pour changer la société : « N’est-il pas clair que la nature populaire de ce pouvoir ne sera jamais qu’une fiction ?» La logique de la « procuration » consisterait à confier le pouvoir à quelques-uns « pour les représenter et pour les gouverner, ce qui les fera retomber sans faute dans tous les mensonges et dans toutes les servitudes du régime représentatif ou bourgeois »10. Éternel débat que celui sur le meilleur – le moins mauvais – système assurant la représentation idéale du peuple dans les organes dirigeants. Problème au niveau national mais également au niveau international.

LA LOYAUTÉ DU PROCESSUS ÉLECTORAL MULTILATÉRAL

Si cette expression désormais entrée dans le domaine courant concerne essentiellement le système électoral au niveau étatiques, la question se pose aujourd’hui au niveau supraétatique. En effet, depuis la mise en place d’une gouvernance internationale multilatérale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, il n’est pas interdit de s’interroger sur les conditions du déroulement du processus électoral conduisant à la désignation des plus hauts fonctionnaires à l’échelon régional (Union européenne, OSCE, OTAN, Conseil de l’Europe…) ou universel (ONU et nombreuses institutions spécialisées de la famille des Nations unies…). D’expérience, nous savons que ces processus donnent lieu à des batailles au couteau entre États désireux de voir l’un de leurs ressortissants accéder à ces hautes responsabilités internationales. Il s’agit d’une question de prestige sur l’échiquier international mais parfois de prééminence d’intérêts moins nobles. Dans cette hypothèse, la légitimité de la personne choisie se trouve entachée d’une légitime question d’indépendance et d’impartialité (subjective et objective) durant tout son mandat. L’heureux élu agirait-il pour l’intérêt général de la fameuse et hypothétique « communauté internationale » ou pour l’intérêt de quelques groupes de pression qui n’ont que faire avec le bien commun.

L’INSINCÉRITÉ DU PROCESSUS ÉLECTORAL À LA FAO

Le cas de la FAO (Food and Agriculture Organization ou en français, Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) est éclairant à maints égards. En effet, la bataille est rude pour l’accession au poste de directeur général de cette organisation (son siège est situé à Rome) qui doit intervenir le 23 juin 201911. Quatre candidats sont en lice : Chine (qui sort le carnet de chèques), Inde, France, Géorgie (qui fait état de l’appui de plusieurs États du tiers-monde). La candidate française, Catherine Geslain-Lanéelle était donnée favorite pour plusieurs raisons : compétence, première femme à diriger la FAO, ancienne directrice de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), appui américain… Mais, Patatras ! La candidate française est fragilisée par les révélations d’une note du gouvernement américain par le Guardian. Selon ce document, la candidate française aurait, lors d’une visite au Washington, apporté une série de garanties au gouvernement américain en échange de leur lâchage du candidat géorgien : engagement à nommer un directeur adjoint américain mais surtout engagement à ne pas défendre les positions européennes sur la question des biotechnologies et des OGM, défense d’un projet mondial incluant les intérêts américains… En dépit de ses dénégations, la candidate française, ces révélations sèment le trouble dans les rangs européens où l’appui à la France est remis en cause. L’affaire est ennuyeuse pour notre pays, stigmatisé pour sa duplicité dans le cas d’espèce. La suite au prochain numéro.

Le diable est dans les détails. Question peu abordée dans les revues savantes de relations internationales mais pourtant au cœur de la crédibilité du système multilatéral dont notre président de la République ne cesse de nous vanter les immenses mérites alors qu’il traverse une crise sans précédent ! Ce genre de révélations porte préjudice à la candidate française, à la crédibilité de la France, à la pertinence du multilatéralisme pour relever les défis du XXIe siècle. Elle donne du grain à moudre à tous ceux – et ils sont nombreux dans le monde – à prôner un retour au protectionnisme, à la fin d’une mondialisation malheureuse. Et, il n’y a qu’un pas à franchir pour dire haut et fort : élections, piège à cons, y compris à la FAO.

10 Philippe Corcuff, Élections, pièges à cons ? Pas si sûr…, www.liberation.fr , 18 janvier 2017.
11 Marie Bourreau/Stéphane Foucart, Guerre diplomatique pour la présidence de la FAO, Le Monde, 8 juin 2019, p. 6.
 
 
LES NOUVELLES AVENTURES DE NATHALIE : LOISEAU DANS LA MOUISE – Ali Baba. Errare humanum est, Perseverare diabolicum est (l’erreur est humaine, persévérer dans son erreur est diabolique) ! C’est le moins que l’on puisse dire de notre fringante ex-directrice de l’ENA. La tête de liste française au Parlement européen de la mal nommée Renaissance, Nathalie Loiseau n’en finit pas de défrayer la chronique médiatique à défaut d’alimenter celle de la clairvoyance stratégique. Elle n’a pas si tôt mis le pied Outre Quiévrain, pour rejoindre son nouveau poste de parlementaire européenne, qu’elle crée – volontairement ou involontairement – la polémique tant avec ses alliés du groupe centriste (ALDE) dont elle réclame l’appui pour se faire désigner présidente qu’avec les autres partis (droite et gauche confondues). En un mot comme en cent, la machine à bourdes estampillée Nathalie Loiseau de mauvais augure fonctionne à plein régime. Ainsi, en tombant à pieds joints dans le piège du politiquement correct12 qu’elle a elle-même armée, Loiseau se brûle joyeusement les ailes à Bruxelles. Elle est contrainte de renoncer à briguer la présidence du groupe centriste au Parlement européen dès le 13 juin 2019.

LA MACHINE À BOURDES CONTINUE DE TOURNER À PLEIN RÉGIME13

À peine débarquée sur le sol belge (plus précisément à Bruxelles), Nathalie Loiseau retrouve sa forme olympique, celle de sa campagne électorale14. Lors d’une conférence de presse en « off » le 5 juin 2019, la grande Dame se lâche. Elle décoche ses flèches sur tout ce qui bouge – qu’ils soient adversaires ou alliés – comme si elle avait des comptes à régler avec l’autre mais surtout avec elle-même. Tout le monde en prend pour son grade tant Nathalie est parfaite et tous les autres imparfaits par nature et par essence.

Guy Verhofstadt, ex-premier ministre belge, vieux routier du parlement, qui serait disposé à lui céder sa place de président de groupe, est démoli, qualifié de « vieux de la vieille qui a des frustrations rentrées depuis quinze ans ». En matière de frustration, Nathalie Loiseau en connait un rayon. Le suédois Frederick Federley n’est pas épargné : « l’élire serait donner les clés du groupe à la droite allemande ». S’agissant de droite, Nathalie Loiseau en connait également un rayon, elle qui est passée de l’extrême droite à la droite juppéiste. L’influente néerlandaise, Sophie in’t Veld a droit au dédain de notre diva : « ça fait quinze ans qu’elle perd toutes les batailles qu’elle perd ». Nathalie Loiseau en connait aussi un rayon en matière de claque après celle qu’elle a reçue du RN. Et, ce n’est pas fini. Nicola Beer, cheffe de la délégation du FDP, elle aussi candidate à la présidence, est habillée pour l’hiver : « Du haut de ses 5%, elle se comporte comme une Allemande au Parlement européen ». Et une pique à Angela : « Le problème en Europe, c’est Merkel ». Nathalie Loiseau en connait un rayon sur l’Allemagne, elle qui vantait, il y a peu encore les vertus du couple franco-allemand mais dont on sait qu’elle ne parlait plus à son homologue allemand en charge des affaires européennes. Jean Arthuis, qui avait soutenu sa candidature comme un vulgaire rabatteur de voix pour Loiseau, a droit à sa ration de quolibets : « Cette intelligence brillante est malheureusement un homme totalement aigri ». Jean Arthuis a salué cette sortie avec ironie sur Twitter : « je reconnais l’intelligence politique de Nathalie Loiseau et la sincérité de ses démentis. Entrée prometteuse au Parlement européen »15. Il est regrettable qu’un politicien aussi expérimenté que lui ait mis autant de temps avant de s’apercevoir qui était véritablement Nathalie Loiseau. Le chef de la droite, Manfred Weber est écorné : « Il n’a jamais bien réussi, ça ne les dérange pas de mettre un ectoplasme à la tête de la commission ».

Pour finir, Nathalie Loiseau taille en morceaux le bilan de l’actuelle équipe dirigeante du groupe libéral en termes peu amènes : « Ce groupe doit apprendre à parler politique et non juste problèmes pratiques et cas individuels. Y a tout à faire » …16 Jamais, l’on avait assisté à une telle débauche d’invectives, d’insultes, d’anathèmes de la part d’une personne si raffinée et si intelligente ! Une spécialité maison Ducoulombier qui marche à plein régime.

LOISEAU SE BRÛLE JOYEUSEMENT LES AILES À BRUXELLES17

C’est que cette joyeuse blague risquait de porter préjudice à notre buse qui souhaite se voir porter à la présidence du groupe ALDE (alliance des libéraux et des démocrates européens) ! Et cela commençait même à inquiéter le château à Pairs, Jupiter et toute sa mauvaise troupe en tête. C’est que les parlementaires européens ont la mémoire longue et la rancœur tenace. Mais, qui pourrait les en blâmer tant la charge de notre douce colombe fut rude et sans pitié. Il est vrai que notre catholique pratiquante à Saint Pierre du Gros Caillou a la dent dure et la charité chrétienne faible. « C’est un suicide politique en direct », commente un eurodéputé encore estomaqué après avoir pris connaissance de la diatribe de la péronnelle en verve. Courageuse mais pas téméraire, Nathalie Loiseau n’a que l’arme du déni à opposer à ses détracteurs. « Pire invention », écrit-elle alors que ses propos ont été fidèlement retranscrits par les spectateurs de son entretien avec les médias ! Personne ne l’a cru, bien entendu.

L’histoire est d’autant plus savoureuse, que deux heures avant son exploit mediatico-comique, notre buse reconnue avait diffusé une note – sorte de remake du Discours de la méthode de Descartes – leur expliquant avec une candeur rafraichissante qu’il fallait savoir être modeste : « la motivation et l’humilité sont les maîtres mots. Le métier de député européen s’apprend. Un conseil : la jouer modeste et pas arrogant ». Sait-elle au juste ce que les mots veulent dire et sait-elle vraiment s’en tenir à sa propre ligne de conduite ? La réponse est dans la question. Elle fait honte à elle-même (ce qui ne semble pas lui poser un quelconque problème de conscience), à la gente féminine dont elle se veut le meilleur défenseur (Cf. son œuvre magistrale intitulée Choisissez tout), à son second mentor en politique, Emmanuel Macron/Jupiter-Pinocchio après Alain Juppé (ce qui n’a pas la moindre importance) mais surtout elle salit l’honneur de la France (ce qui est gravissime pour l’avenir de la diplomatie française au sein des institutions européennes, la fameuse diplomatie d’influence). Nous aurions apprécié que Nathalie Loiseau nous parle des défis que doit relever l’Union européenne (celui de la « mondialisation folle » pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron à Genève le 11 juin 2019 devant l’OIT) et des solutions qu’elle propose à son groupe, et plus largement, au Parlement européen pour que l’organisation européenne retrouve un minimum de confiance auprès des citoyens de tous pays18.

Mais, cette question n’a pas le moindre intérêt pour cette donzelle qui ne sait pas que gouverner, c’est prévoir et non insulter ses adversaires et ses alliés. À ce stade, tout ceci ressort du pathologique, du psychanalytique, du psychiatrique au sens propre et figuré de ces termes. Nous l’avions relevé dans nos récents articles sur le sujet. Ces fous (folles) qui nous gouvernent…

Il se murmurait, après son coup de génie, qu’au sein du groupe en Marche, ce serait panique à bord. Certains envisageaient même un plan « Débrancher Loiseau » afin de ne pas compromettre des Français de mettre la main sur l’ALDE (« Renew Europe »). Et, c’est finalement ce qui se produit le 13 juin 2019 lorsque nous apprenons que notre bécasse nationale renonçait à briguer la présidence des centristes, vraisemblablement sous d’amicales pressions venues de France et de l’étranger où sa capacité d’insultes commençait à sérieusement irriter19. La vie se charge souvent d’administrer des leçons aux présomptueux ! À défaut de justice des hommes, il y a parfois une justice immanente. Nathalie Ducoulombier l’arrogante vient de l’apprendre à ses dépens. En tirera-t-elle les conclusions qui s’imposent ? Rien n’est moins sûr.

« Les géants rabelaisiens l’avaient compris : l’excès appelle l’excès, et ‘très’ n’est finalement jamais suffisant. À tel point qu’aujourd’hui l’adverbe ‘trop’ rencontre un succès qui menacerait son doublon ‘très’, qui semble parfois en voie d’extinction, notamment dans le langage des plus jeunes »20. Trop, c’est trop pourrait-on dire pour notre politicienne de haut vol et diplomate de bas étage ! Décidément, Madame Sans-Gêne est une gaffeuse chronique dont les saillies permanentes interpellent, interrogent sur sa santé mentale, son intelligence, son bon sens. Le moins que l’on puisse dire de cette experte auto-désignée de la communication est que son comportement irresponsable frise l’inconscience et la méconnaissance totale de la machine européenne. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle a été successivement choisie par Jupiter pour être ministre en charge des Affaires européennes et tête de liste de la République en godillots pour battre le Rassemblement national lors du scrutin du 26 mai dernier… un choix hautement pertinent s’il en est. Echec cuisant sur toute la ligne (22% des suffrages exprimés et 10% du corps électoral !) en dépit des balivernes que nous servent en continu les communicants du château et de l’heureuse élue. À ce stade d’incompétence et d’irresponsabilité, la seule remarque de bon sens qui vienne à l’esprit est que les nouvelles (dernières) aventures de Nathalie démontrent – pardonnez la trivialité de l’expression – qu’elle a pété les plombs et que, tout naturellement, elle a explosé en vol. Loiseau est dans la mouise. Il faut bien appeler un chat un chat et refuser la litote diplomatique pour qualifier cette nuisible.

SUPPLIQUE À JUPITER.

Voici l’autoportrait que Nathalie Loiseau dressait encore il y a peu de sa sérénissime personne au regard des autres :

« Vingt-six ans de diplomatie active et de capacité à faire du multilatéral, l’atout d’être nouvelle…, de faire forcément du collectif par rapport aux vieux de la vieille qui, par définition, ont dix ou vingt ans de frustration rentrées. Il faut bien que tout le monde se sente bien dans le groupe mais aussi, pour cela, que tout le monde se comporte bien dans le groupe ».

À découvrir ce morceau de bravoure, l’honnête femme ou l’honnête homme tombe à la renverse. Formons le vœu que nous n’entendrons plus parler, à l’avenir, de cette buse qui a fait tant de mal à la diplomatie française depuis plus de deux ans ! Regrettons qu’il ait fallu autant de temps à nos perroquets à carte de presse pour découvrir qui était vraiment cette Madame Sans-Gêne, cette mère foldingue ! Ce que notre site ne cessait de proclamer dans le désert depuis bien longtemps déjà, simplement en prenant connaissance de ses déclarations publiques, en les analysant à la loupe et en s’informant sur son héritage au Quai d’Orsay. Cela s’appelle du journalisme d’investigation à l’opposé du journalisme superficiel pratiqué par des folliculaires qui tiennent le haut du pavé dans le microcosme parisien en racontant n’importe quoi au bon peuple.

12 Pierre-Yves Gomez, Méfions-nous du politiquement correct, Le Monde, 13 juin 2019, p. 18.
13 Anne Rovan, Premiers ratés pour Loiseau à Bruxelles, Le Figaro, 8-9 juin 2019, p. 10.
14 Ali Baba, Les malheurs de Nathalie (5) : l’idiot(e) (in)utile, www.prochetmoyen-orient.ch , 3 juin 2019.
15 Nathalie Loiseau tire à vue sur ses alliés européens, wwweuractiv.fr , 13 juin 2019.
16 Cécile Ducourtieux/Jean-Pierre Stroobants, Le crash de Nathalie Loiseau au Parlement européen, Le Monde, 15 juin 2019, p. 3.
17 Le réquisitoire à huis clos de Loiseau contre ses homologues européens. Loiseau se brûle les ailes à Bruxelles, Le Canard enchaîné, 12 juin 2019, pp. 1-2.
18 Marion van Renterghem, Mon Europe, je t’aime moi non plus. 1989-2019, Stock, 2019.
19 Anne Rovan, Comment Loiseau a raté son atterrissage à Bruxelles, Le Figaro, 14 juin 2019, p. 7.
20 Clara Cini, Trop, histoire d’une notion, Le Monde, 13 juin 2019, p. 29.

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