Observatoire Géostratégique

numéro 252 / 14 octobre 2019

ORIENT-ATIONS 250

OBSEQUES NATIONALES : CONTRECHAMP – Ali Baba

JORF n°0225 du 27 septembre 2019 – Texte n° 1

Décret du 26 septembre 2019 portant déclaration de deuil national

Le Président de la République, Sur le rapport du Premier ministre, décrète :

Article 1

Le lundi 30 septembre 2019 est déclaré jour de deuil national en raison du décès de M. Jacques CHIRAC, ancien Président de la République.

Article 2

Le Premier ministre est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 26 septembre 2019.

Emmanuel Macron. Par le Président de la République : le Premier ministre, Edouard Philippe

Quelle débauche médiatique depuis l’annonce, le 26 septembre 2019, du décès de Jacques Chirac, ex-président de la Cinquième République. Interruption des programmes de radio et de télévision pour permettre à nos folliculaires de consacrer de longs reportages – excessifs – à la vie du grand homme, plus par la taille que par la stature d’homme d’État. Louanges à jet continu de toute la classe politique, toutes opinions confondues, y compris de quelques vieux tromblons ressortis de leur anonymat. Ils rappellent ses grands faits d’armes incontestables : discours lors de la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv reconnaissant la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs (1995) ; déclaration sur notre maison qui brûle et nous regardons ailleurs (2002) ; opposition à la seconde guerre américaine en Irak (2003)1…. Dithyrambe éhontée de Jupiter dans nos lucarnes à 20 heures2 qui revendique l’héritage chiraquien sur le multilatéralisme3 pour mieux faire avaler ses échecs. Ouverture immédiate d’un livre de condoléances au Palais de l’Élysée. Arrêt de l’éclairage de la Tour Eiffel décidée par la Mairesse de Paris, capitale la plus sale au monde selon The Guardian. Dépôts de fleurs par les fans rue de Tournon. Mise entre parenthèses de l’actualité d’un monde inquiétant par le monde médiatique français. Cerise sur le gâteau : un jour de deuil national est décrété le 30 septembre 2019… dans la plus grande précipitation ! Du jamais vu ou presque dans l’histoire de la Cinquième République.

S’il représente une « certaine idée de la France », Jacques Chirac représente également une certaine idée de la politique… à l’ancienne. Elle ne nous semble pas très orthodoxe à différents points de vue, surtout dans ces temps de moralisation de la vie publique, d’exemplarité affichée, requise de ses grands serviteurs. C’est que les Français ont la mémoire courte sur le personnage dont on ne nous montre aujourd’hui, en ces jours de recueillement, que la face parfaite. Doit-on, en cette période de deuil, s’interdire de rappeler quelques faits objectifs qui ternissent l’image lisse que l’on veut bien nous donner du défunt ? Certainement pas quitte à en choquer plus d’un. Jacques Chirac, c’est avant tout une passion débordante, quasiment pathologique pour le pouvoir. Prêt à vendre son âme pour parvenir au château après avoir attendu en embuscade à la Mairie de Paris, carambouilles en primes. Jacques Chirac, c’est aussi une sorte d’Obélix (sa goinfrerie alimentaire restera dans les annales) et de Casanova (monsieur quinze minutes douche comprise avec les Dames) de la politique que n’aurait pas trop apprécié le général de Gaulle. C’est enfin, Jacques Chirac aux mains sales. L’homme des carabistouilles : frais de bouche et emplois fictifs de la Mairie de Paris qui lui ont valu une condamnation pénale jamais remise en cause4 ; vacances aux frais de la princesse à l’Ile Maurice, à Marrakech, à Saint-Tropez ou à Dinard, passage des résidences de la République à des appartements luxueux, pour sa fin de vie, appartenant à un ex-président libanais (Quai de Béthune), puis à milliardaire français (rue de Tournon) sans bourse déliée en dépit de ses revenus conséquents et de ceux de son épouse, née Chodron de Courcel. Ce que l’on qualifie pudiquement de « vie dans l’opulence »5.

À quand la canonisation, la béatification, l’entrée en grandes pompes au Panthéon ? Certainement mais pas dans celui qui se situe Place du Panthéon dans le Ve arrondissement de Paris mais dans le nouveau dont le lieu d’accueil reste encore à déterminer tant les candidats se bousculent au portillon. Celui sur le fronton duquel sera gravé en lettres d’or : « À ses voleurs, la patrie reconnaissante ». Méfions-nous, à trop oublier de raison gardée, que la mort de Jacques Chirac ne tourne à la farce politique ! Une sorte de deuil national pour un délinquant…

1 Laure Mandeville, Le mousquetaire du monde multipolaire, Le Figaro, 27 septembre 2019, p. 10.
2 Olivier Faye/Cédric Pietralunga, Macron loue une « certaine idée de la France », Le Monde, 28 septembre 2019, p. 4.
3 Solenn de Royer, D’un président à l’autre… un fil invisible entre deux mondes, Le Monde, 28 septembre 2019, p. 4.
4 Stéphane Durand-Souffland, L’affaire des emplois fictifs l’aura poursuivi plus de vingt ans, Le Figaro, 27 septembre 2019, p. 13.
5 Patrick Jarreau, Une vie dans l’opulence, Le Monde, 28 septembre 2019, p. 5.
 
 
EXCELLENT IFRI : AU SOMMAIRE DU RAMSES-2020, LES MERS DANGEREUSES, L’AMERIQUE LATINE EN FUSION ET L’AVENIR DU MULTILATERALISME – Richard Labévière. L’Institut français des relations internationales (IFRI) s’impose, au fil du temps, comme le meilleur « think tank » français, centre de recherches en relations internationales. Chaque année, son rapport annuel RAMSES privilégie trois thématiques dominantes de l’état du monde. Dans l’introduction générale de la dernière livraison, Thierry de Montbrial (fondateur et président de l’IFRI) explique très clairement pourquoi la compétition sino-américaine est un « phénomène structurant mais non déterminant du système international ».

En effet, si la Chine « est le seul pays au monde à afficher ouvertement, et de façon crédible, l’objectif d’atteindre ou de dépasser les Etats-Unis technologiquement mais aussi, à terme, militairement », d’autres évolutions sont à prendre en compte et « il est encore trop tôt pour parler sérieusement de dé-globalisation ». Le système international reste hétérogène, global, multipolaire et complexe avec l’Inde, le Japon, l’Australie, la Russie, l’Arabie saoudite, la Corée du Nord et l’Iran qui n’a pas dit toutes ses ruses. D’autres fronts de la guerre commerciale impliquent non seulement la Chine mais aussi une « Union européenne, secouée mais pas tout à fait réveillée ». Là aussi, la messe n’est pas dite…

Dans ce monde « multipolaire » et « décentré », Dominique David – rédacteur en chef de Politique étrangère et co-directeur du RAMSES – délimite trois enjeux d’ampleur : l’Amérique Latine, parce qu’elle est souvent la matrice et l’écho de nos propres dynamiques politiques ; le multilatéralisme, parce que le rêve d’un monde ordonné par le dialogue et la négociation semble en plein recul face au brouhaha de la puissance. Et sur ce thème on lira les constats éclairants d’Eric-André Martin, chargé de mission auprès du directeur de l’IFRI et conseiller sur les questions européennes. Enfin la mer, parce qu’« elle est l’espace, l’instrument et le vecteur de la mondialisation ».

En effet, la mondialisation, c’est la mer. Dominique David : « être une puissance, c’est contrôler son intérieur et s’imposer à l’extérieur par la projection de sa force. Or l’espace libre pour la projection de cette force, c’est la mer. Toutes les grandes puissances de l’histoire ont été, ou se sont efforcéées d’être, de grandes puissances maritimes. La compétition de puissance se fait donc aujourd’hui comme toujours, sur la mer. Et le croisement d’une domination maritime traditionnelle (Etats-Unis), d’intérêts commerciaux et énergétiques plus étendus, et d’affirmations croissantes de nouvelles puissances, redessine la géographie des stratégies maritimes ».

Chercheur au Centre des études de sécurité de l’IFRI, Morgan Paglia a parfaitement hiérarchisé les enjeux des « mers dangereuses » : une prospective du transport maritime ; une géopolitique sous-marine des câbles ; les enjeux environnementaux des ZEE (Zones économiques exclusives) et de la haute mer ; le retour et l’évolution de la piraterie ; le corridor maritime d’Asie orientale ; la montée en puissance de la marine militaire chinoise ; les espaces maritimes du Moyen-Orient et la stratégie maritime de la Russie. Soulignant que la compétition navale (militaire) est de retour, il conclut que la « Marine nationale a initié le Plan Mercator, qui vise à adapter les capacités navales à l’hypothèse d’une intervention dans les mers contestées, à l’horizon 2030. Si l’intégration systématique des drones (combat, observation, luttes antimines, etc.), des capacités de surveillance des navires dans des architectures de veille collaborative, et le renforcement des capacités offensives et défensives font partie des mesures phares, le renouvellement des plate-formes (sous-marins nucléaires d’attaque, frégates de premier rang) et la croissance quantitative de certaines classes de bâtiments (patrouilleurs, bâtiments multi-missions) seront des enjeux majeurs pour garantir l’aptitude à faire face à la diversité des scénarios d’engagement ».

La conclusion annonce l’importance des choix que le président de la République aura à faire, prochainement pour remplacer le Charles-de-Gaulle : « la période qui s’ouvre expose les pays européens à un dilemme qui pourrait les conduire à disperser leurs efforts. La préparation à la guerre de haute intensité en mer s’annonce à nouveau comme une tendance structurante ».  
 
 
JACQUES-MARIE BOURGET NOUS DIT (1) : BDS A MONTPELLIER ». A Montpellier la Septimanie est morte avec George Frêche, le mégalo qui l’avait promue, ne reste plus que la Septi-sale manie. Celle par exemple de pourchasser José-Louis Moraguès, un militant qui ne supporte pas la torture faite au peuple palestinien. Et qui l’affiche en réclamant le boycott de l’état d’Israël. Ce Moraguès, vous allez voir, va bientôt sortir avec sur le dos le poids de l’infamie, pour aimer la justice et le droit, mais ni Netanyahou et ses clones, il sera vite déclaré « antisémite ». Cet entêté persiste à convaincre les habitants de Montpellier de la nécessité de ce boycott. Une démarche légale pour qui n’exige pas de claironner le refus des produits sortis de l’état d’Israël. En effet l’innocent qui hurle devant un « Super U » « n’achetez pas les oranges de Jaffa », il est mort. Sa supplique entre dans un dispositif « d’atteinte à la liberté du commerce ». Ce qui est bien plus grave qu’une bombe qui pleut sur des gosses de Gaza. Vous aurez noté que la sublime Taubira, qui a naguère fait du vélo au ministère de la Justice, femme aussi de droite que de gauche façon clignotant, n’a pas abrogé la circulaire qui permet à nos procureurs de conduire en correctionnelle tout boycotteur ! Donc Moraguès est seul avec son bon droit (moral) et quelques potes à dire le bien, qui passe mal.

Pourtant Montpellier est une ville jeune moderne, ouverte à la mode, la preuve la femme de Robert Ménard y enseigne le journalisme. Mieux, en cette époque où Régis Debray associe Stendhal à Macron et sa troupe, la ville s’est donnée un maire qui se nomme Saurel. Peut-pas mieux faire pour plaire à Jupiter. Car ce Saurel, après un passage au PS incubateur de traders et banquiers, est aujourd’hui « En Marche ». Pas pour être élu mais « pour faire barrage » – non contre le Pacifique-, mais « contre le FN ». Sans se rendre compte que Macron n’est plus au pas, mais galope vers Marine, et s’il le faut, qu’il marche sur l’eau. Et c’est ce Saurel, arracheur de dents et dehors, qui martyrise José-Louis. Il lui reproche, par ses tracs, de salir la rue, avec son mégaphone de troubler la surface des tasses de thé des dames de la Comédie. Ce qui est, pour des gens à thé, une offense à la laïci-thé. Donc José-Louis et son gang « occupent l’espace public », « polluent de façon sonore, et portent atteint à la santé de l’homme » (Sic), « revêtent des tee-shirts » qui ne plaisent pas à Netanyahou… Que des choses intolérables pour une grande ville démocratique. Huit fois que le Ben Laden de Montpellier a été convoqué chez les flics qui n’ont pas que ça à faire. Pendant ce temps qui tire les LBD dans les doux yeux des Gilets Jaunes ? Cela est honteux, ridicule, haineux, grotesque. Pour faire plaisir au CRIF, mouvement passé de la Résistance au soutien des Libermann, Bibi et de leurs aimables tireurs sur civils. Souhaitons que Saurel n’a pas été invité au troisième mariage de son ancien frère de PS, Manuel Valls. Car là-bas, à Majorque sous la toile de cirque, ça en faisait de « l’atteinte à la santé de l’homme ».

Laissons ces malheureux qui, un jour, auront honte d’eux-mêmes. Allons en Allemagne où le vendredi 13 septembre 2019, le tribunal administratif de Cologne (le Verwaltungsgericht Köln) a enjoint la ville de Bonn de permettre à l’Association des femmes germano-palestiniennes d’avoir accès au Festival annuel de la culture et de la rencontre de Bonn (« Vielfalt ! – Bonner Kultur – und Begegnungsfest »). La ville en avait exclu l’association car celle-ci soutient le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens. Selon le tribunal, la ville de Bonn n’a, « en aucun cas », démontré la moindre justification à cette exclusion.

Pourtant le 14 mai 2019, le conseil municipal de Bonn a adopté une motion intitulée « Pas de place pour le mouvement BDS antisémite à Bonn ». La motion demandait à toutes les institutions municipales de Bonn de refuser leurs installations aux groupes BDS et de s’abstenir de soutenir les initiatives de la campagne BDS, ou des groupes poursuivant les objectifs du BDS.

Dans sa décision, le tribunal de Cologne clarifie le statut de cette motion, et des autres motions anti-BDS : « Les motions du conseil municipal de Bonn, comme celles du parlement de la Rhénanie-du-Nord-Wesphalie (du 20 septembre 2018) et du Bundestag allemand (du 17 mai 2019), ne constituent pas des actes législatifs mais des résolutions politiques ou des expressions d’une volonté politique. Ces motions ne peuvent à elles seules justifier, d’un point de vue juridique, la restriction d’un droit légal existant ». Paf ! Saurel, en tant qu’expert, prends-ça dans ton protège dents.

Le tribunal déclare que l’exclusion de l’Association des femmes du festival sur la base de son soutien au mouvement BDS constitue un « traitement inégal » (« Ungleichbehandlung »), qui n’est « en aucun cas justifié ». Le tribunal conclut par conséquent que la conduite de la ville de Bonn enfreint le principe d’égalité énoncé à l’article 3 de la Loi fondamentale allemande, et qu’elle viole également le droit de l’association à la liberté d’opinion et d’expression garantie par l’article 5 de la Loi fondamentale. 

Un ami -un peu approximatif et dérangé- m’affirme que l’Allemagne et la France se trouvent dans l’Union Européenne ? En tout cas c’est ce qui se passe, me dit-il, quand il s’agit d’unifier la taille des radis mis sur le marché. Mais là, pour le respect des Droits de l’Homme et contre les crimes de guerre ? Y’a pas de taille.
 
 
JACQUES-MARIE BOURGET NOUS DIT (2) : DE QUOI ZERIBI EST-IL LE NOM ? – Ma zapette est si étroite, et peu claire genre tableau de bord d’un Airbus, qu’hier soir mon doigt a dérapé sur « C News ». Le matin ce genre de fausse route peut être tragique. Nous tombons alors sur un ancien employé du FC Nantes, un club de foot, sur un certain Praud qui est à la vérité ce que la musique militaire est à la symphonie. Le soir ce n’est pas mieux puisque je me suis fracassé sur un pilier de la Sarkozy : Lolo Ferrari. Passons, si je puis dire, sur la blonde pour en venir au fait. Sur son plateau, du genre room service des établissements Macron, hurlait un type que j’ai d’abord pris pour un sosie de Karim Zéribi. Mais c’était lui. Le sujet du « débat » portait sur le passage en correctionnelle du grand délinquant Mélenchon. Capable de mettre au tapis un procureur et des flics de ses simples postillons (ce qui prouve qu’on pourrait les vendre à l’Arabie Saoudite comme arme de destruction massive).

Paralysé, je n’ai pas noté les paroles de Zéribi, ce Saint-Jean-Bouche-du- Rhône d’or. Mais il y allait au bazooka. Lui et la clique invitée de la Lolo, navigant politiquement entre la droite et l’extrême droite, ce qui est un indice d’équilibre, constituaient un peloton d’exécution, genre Goya et « Tres de mayo ». Mort le JLM. Enterré vivant. Aucun châtiment ne sera assez cruel pour cet Insoumis, injure vivante et cracheur à la gueule de la démocratie. Vincent Bolloré a ce soir-là un bon retour sur investissement.

Ce qui me fascine dans ce « journalisme » de comédie c’est Zéribi. Car je l’ai bien connu le petit jeune homme d’Avignon devenu un Rastignac de la honte. Il était alors de gauche, voulait sauver les banlieues. Mais en attendant jouait les cégétistes à la SNCF. En 1998, lassé des trains qui arrivent toujours à l’heure, notre Karim contacte Jean-Pierre Chevènement alors ministre de l’Intérieur : « Moi je peux vous retirer du pied l’épine des banlieues… ». Le Che », dont le meilleur acte politique fût de démissionner pendant la « Guerre du Golfe », engage le cheminot comme tender beur. Entre 2000 et 2002, il devient chef de la mission sur les « politiques de recrutement » à la direction de l’administration de la Police nationale. Mieux qu’un pompier, ou qu’une grenouille de météo, Zéribi sait grimper aux échelles du pouvoir.

Mais le linéaire, la platitude du rail, lui sert encore à avancer, entre 2002 et 2006 la SNCF lui confie la responsabilité de « Chef du pôle formation », chargé de « l’égalité des chances ». Tous les hommes sont égo, et Karim plus que d’autres. Devenu indispensable il garde son poste de triage sous Gallois, Idrac et Pépy. Mais s’ennuie un peu, lui qui mène un train d’enfer. Il se colle donc à la politique. A Marseille, devient le porte-parole de l’admirable Jean-Noël Guérini et, en 2008, est élu conseiller municipal.

La suite c’est la présidence du Conseil d’administration de la Régie des transports de Marseille. Puis un titre de député européen. Pas mal. Pourvu que ça dure. Mais ça va pourtant dégringoler. En dépit de son nouvel élan du cœur pour les « Verts ». Et la faute à maudit juge qui, après perquisition de son ancien local de campagne, le met en examen, en avril 2015. Le tout pour « détournement de fonds publics » et « abus de confiance ». Le magistrat vise deux associations fondées par Zéribi, chargées de la « promotion de la diversité ». Les oracles du « Monde » écrivent alors que Monsieur Z est soupçonné d’avoir « détourné 50 000 euros de subventions » Et, en janvier 2018, le parquet de Marseille a requis le renvoi de ce Karim, un innocent, en correctionnelle.

Faut-il ajouter qu’en tant qu’expert des trains et de ce qui roule, Zéribi est en 2017 devenu un homme « En Marche ». Macron est son modèle. « Marcheur », mais avec beaucoup de loisirs, Zéribi peut ratisser les plateaux de télévision. Partout là où s’exprime la plus grande vulgarité : « Les Grandes Gueules », « Super Moscato Show », et le si subtil « Balance ton post » d’Hanouna.

Mais, nous l’avons vu avec Lolo Ferrari et « C News », quand on a besoin d’un chef de peloton d’exécution on peut convoquer le centurion Zéribi. Rien de mieux qu’un mis en examen pour nous parler de la justice. Vas-y Karim la « République en marche » saura peut-être atténuer ton sort ; dans cet univers où les juges sont indépendants. Surtout quand ils cuisinent du Mélenchon. Zéribi tu me fais honte. Parce que plusieurs fois je t’ai serré la main. Entre Hanouna et Moscato, si tu as un moment de libre je te conseille de lire un bon livre de Pierre Bourdieu : « Trois études d’ethnologie kabyle ». On y parle d’honneur.
 
 
JACQUES-MARIE BOURGET NOUS DIT (3) : COMMENT PEUT-ON ÊTRE BRETON ? C’est agréable d’écrire un article facilement, sans avoir à se creuser plus creux le fond de l’âme, ni à devoir ouvrir un opus de BHL ou d’Onfray. Un papier qui tombe tout cuit. Sur Internet je découvre un interminable baratin publié il y a un an sur le site de bretons d’extrême droite, Breizh-info.com. Entre deux séquences d’admiration des sculptures de Yann Goulet, l’auteur de la chose nous décrit l’origine du mal qui nous ronge : l’immigration. Mais qui nous ronge vraiment la peau puisqu’il s’agit de maladies. Pour faire court les migrants sont responsables d’un tas de morbidités incroyables. Pas une seule seconde le titulaire du plumier de Breizh a quitté ses lunettes à verres de bois pour imaginer que si nous attrapions le palu, par exemple, c’est que des citoyens français, et même Bretons prenaient l’avion pour rencontrer un exotisme parfois mortifère. Non c’est le migrant qui rend malade. Et bientôt, en sa compagnie, nous serons tous morts.

Voilà le titre de cet article de bazar destiné à répandre haine et trouille : « Le corps médical sait parfaitement que le retour de certaines maladies en France est lié en partie à l’immigration ».

Ces propos, peu surprenants, sortent de la bouche d’un dermatologue nantais… »

Il faut que vous sachiez que le thème du migrant est obsessionnel à Breizh, et qu’à côté Marine Le Pen c’est Karl Marx. Je connaissais très bien un petit texte qui m’amuse depuis longtemps, auquel je pense quand Nantes demande à être rattaché à la Bretagne…C’est le rapport réalisé par Auguste Cherot, industriel, élu nantais et hygiéniste en 1851. Cet aspect des Bretons jadis traités comme des « Nègres blancs français » a été assez bien développé par des universitaires. Et leur littérature existe sur Internet. Mais c’est encore sur ici que j’ai retrouvé ce monument grâce à un site « Breton » qui ne confond pas Bretagne et Révolution Nationale à l’eau de Vichy.

Voici des extraits du rapport de l’admirable Cherot, en plus bon chrétien, tel que le site « Ur Skop War Ar Plastr » l’a lui-même publié (merci à eux). Titre compris.

LE BRETON, UN BOUGNOULE COMME LES AUTRES – 17 Février 2010, rédigé par Torr e Benn et publié depuis Overblog. "RAPPORT SUR LES IMMIGRATIONS BRETONNES DANS LA VILLE DE NANTES".

Monsieur le Maire,

Dans son rapport du 11 janvier, la commission pour l’assainissement des logements insalubres vous signalait ce fait : que l’insalubrité des logements, dont la raison principale était la malpropreté avait souvent pour cause première des habitudes de malpropreté invétérés chez les personnes.(…) nous devons le reconnaître, nos espérances se décourageraient, si les quartiers misérables, dont nous poursuivions l’assainissement, devaient être régulièrement infectés, le mot n’est pas trop fort, par ces invasions de mendiants qui nous viennent des campagnes de Bretagne.

Ces populations étrangères à notre département, chez lesquelles la malpropreté la plus repoussante est une seconde nature, et dont la dégradation morale est descendue à un niveau effrayant, viennent périodiquement encombrer nos quartiers les plus pauvres et les plus insalubres.

(…) Ajoutons que la plupart de ces malheureux ne comprennent que le bas-breton, et qu’il est presque impossible aux agents de l’autorité de s’en faire comprendre.

Nous ne saurions trop insister sur ce point, monsieur le maire ; chacun de leurs séjours est une véritable infection des habitations, qui doit paralyser tous nos efforts et les vôtres, si on n’apporte un remède énergique à ce fléau.

Car c’est un véritable fléau, une plaie déplorable que la présence, parmi nos populations, de ces pauvres gens, dont la dégradation morale égale la dégradation physique.

(…) les archives judiciaires révéleraient qu’ils entrent pour les trois quarts dans la population qui alimente les bancs des tribunaux de police. En général, ces ménages sont encombrés d’enfants dont l’aspect est navrant.

(… ) Ces hordes nomades, [sont] une concurrence désastreuse à notre population ouvrière à la recherche du travail.

(…) La plupart ne comprennent pas ou ne parlent que leur patois breton : ils sont donc dans l’impossibilité de pouvoir s’employer utilement, sauf le cas exceptionnel de grands travaux de terrassement. (…) Enfin, ils ont, outre la tentation, toute facilité, dans une grande ville, de s’abandonner à tous les vices auxquels les laisse en pâture l’absence du sens moral, à peu près étouffé chez eux, si jamais il y a été développé.

Nous pensons qu’à tous égards, il importe que cette facilité de quitter les campagnes pour venir croupir dans la misère d’une grande cité comme la nôtre, soit refusée à ces populations.

L’administration doit les retenir dans les campagnes. Elles y seront aussi, près du pasteur de leur paroisse, à la portée des enseignements de la religion et de la morale, dont elles n’ont pas moins besoin que de pain.

Nantes, 25 avril 1851.

Le vice-président de la commission, A. Cherot

Pourvu que les travailleurs du chapeau rond, qui publient dans Breizh, ne lisent pas ce texte, le taux de suicide est déjà assez important en Bretagne.
 
 
GÉRARD ARAUD FAIT LE BEAU – Ali Baba. Nous savions que Gérard Araud, l’unique, le sublime, le médiatique était un cabotin6. Nous en avons encore une preuve supplémentaire avec le portrait complaisant (photos glacées en prime) qu’en dresse aujourd’hui le torchon people du quotidien Le Monde (actuellement dans la tourmente) qui n’est plus que l’ombre de lui-même7. Mais, de qui parlons-nous ? Vous ne connaissez que lui tant sa réputation sulfureuse a fait le tour de la planète. Polytechnicien, énarque, homosexuel assumé et affiché, ce haut fonctionnaire, qui vient de passer quarante ans dans la diplomatie, a derrière lui l’une des plus brillantes carrière du circuit diplomatique (1982-2019). Après être passé par l’ambassade de France à Tel-Aviv, le prestigieux Centre d’analyse et de prévision (CAP) de la belle époque, Gérard Araud poursuit avec l’ambassade de France à Washington, la sous-direction des affaires communautaires à la Direction de la coopération européenne, le poste de conseiller diplomatique du ministre de la Défense, François Léotard8, celui de représentant permanent adjoint à la délégation de la France auprès de l’OTAN, de directeur des Affaires stratégiques au Quai d’Orsay, d’ambassadeur à Tel-Aviv, de directeur des Affaires politiques et, pour couronner le tout, successivement ambassadeur auprès de l’ONU à New-York et bilatéral à Washington. L’homme a toujours soigné son image médiatique, étant très actif sur son compte tweeter. La parution prochaine de ses Mémoires lui fournit une occasion supplémentaire de se mettre en valeur, en scène9. Comment définir la personnalité de Gérard Araud avant d’appréhender la pensée « araldienne » comme il y eut en son temps une pensée giralducienne (celle du diplomate-écrivain, Jean Giraudoux) ?

LA PERSONNALITÉ DE GÉRARD ARAUD : NARCISSIQUE FRIMEUR, GAFFEUR

Un narcissique. Le moins que l’on puisse dire, à la lumière de quatre décennies de l’ouragan Araud au Quai d’Orsay, est que le diplomate est d’un narcissisme exacerbé. Il suffit de découvrir l’homme qui prend la pose dans son modeste 90 m² de l’Upper East Side de New-York, ville dans laquelle le jeune retraité a pris ses quartiers pour occuper le prestigieux poste de vice-président de Richard Attias & Associates (le mari de l’ex-épouse de Nicola Sarkozy, Cécilia). On parle encore à Washington des soirées, des fêtes somptueuses de l’ambassadeur en sa résidence de France (payées avec l’argent du contribuable, ne l’oublions pas !) où le tout boboland de la Côte Est se précipitait pour découvrir les dernières facéties du couple (Gérard Araud s’est longuement épanché sur son statut de premier ambassadeur Gay à Washington). Éblouissantes pour les uns, indignes pour les autres… Pas très glorieux.

Un frimeur. L’homme recherche la lumière pour éclairer à la face du monde sa magnificence et sa munificence. Ceux qui font du mauvais esprit mais qui ont côtoyé notre star du circuit diplomatique le considèrent comme un vulgaire frimeur, une fausse valeur. Tout est dans les apparences les plus trompeuses. Il est aussi arrogant que suffisant. Il se regarde en permanence le nombril au lieu de juger à l’aune de la défense des intérêts de la France. L’homme ignore superbement le droit de réserve qui sied à tout fonctionnaire, et plus encore, à un haut fonctionnaire de son rang. L’homme ignore superbement ce qu’est la déontologie comme bon nombre de ses collègues. Pour promouvoir son opus magnum, en dehors de sa chronique hebdomadaire dans Le Point, Gérard Araud va effectuer une tournée médiatique, accompagnée d’une conférence à Sciences Po sur l’Amérique de Trump à laquelle il ne comprend toujours rien, soulignons-le. Une fois encore, nous sommes dans la diplomatie de l’esbrouffe si chère à Emmanuel Macron. La quintessence de la diplomate « araldienne ».

Un gaffeur labelisé. Mais, il y a un point sur lequel ses thuriféraires et ses détracteurs s’accordent : Gérard Araud est un gaffeur hors-pair. Drôle de qualité pour un diplomate censé agir avec discrétion et avec tact. Rappelons quelques-unes de ses frasques ayant été rapportées par les gazettes. Avant de rejoindre son poste d’ambassadeur à Tel-Aviv, il se fait remarquer par l’emploi des propos insultants envers la plus haute autorité israélienne et palestinienne. En dépit des témoins fiables présents lors du cocktail, il prétendre ne jamais les avoir tenus. Pas très courageux ! Passons sur les écarts mineurs. Son morceau de bravoure fut son tweet posté après l’élection de Donald Trump, démontrant que ce brillant esprit n’avait rien compris aux États-Unis et à la colère de l’Amérique profonde. Il reconnait aujourd’hui avoir fait une erreur qui aurait dû lui valeur un retour à Paris souhaité par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Il fut sauvé de l’humiliation par le président de la République, François Hollande. Force est de constater que Gérard Araud n’a jamais été sanctionné administrativement pour toutes ses fautes impardonnables alors que d’autres l’ont été soit pour des fautes inexistantes, soit pour quelques erreurs mineures (Eric Fournier, notre ex-ambassadeur en Hongrie au placard depuis un an) ! Pourquoi ? Parce qu’il fait partie de La Caste, celle des intouchables (elle n’existe pas qu’en Inde) à qui rien ne peut arriver : polytechnicien, énarque, figure de proue du Gay d’Orsay, néoconservateur virulent, grande gueule qui se trompe sur tout avec une assurance qui force le respect. En France, on a toujours préféré ceux qui sont dans l’aveuglement permanent à ceux qui font preuve de clairvoyance, qui ont raison trop tôt.

LA « PENSÉE » DE GÉRARD ARAUD : NÉCONSERVATEUR IMPULSIF, DANGEREUX, OPPORTUNISTE

Un néoconservateur. Gérard Araud, émule de feu la passionaria, Thérèse Delpech et de l’ex-ambassadeur de France, Gérard Errera (le père de l’actuel directeur des Affaires politiques, Philippe) appartient à « La Secte ». À savoir celles des atlantistes purs et durs qui ne croient qu’à l’usage de la force (la paix par la force au lieu de la paix par le droit) et au changement de régime pour parvenir à la paix dans le monde. Leur église se situe au Pentagone et à l’OTAN, annexe du premier. Gérard Araud reconnait qu’il était en faveur de la Seconde Guerre en Irak (lancée sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU) et de l’élimination du guide libyen (il a été à la manœuvre lors de l’adoption de la résolution 1973 qui a marqué la fin du droit d’ingérence humanitaire). Aujourd’hui, face à l’évidence en Irak et en Libye, il confesse mezzo voce quelques erreurs d’appréciation. On reste sans voix lorsque son grand ami, Dominique de Villepin dit de lui :

« Gérard fait partie des quatre ou cinq diplomates sortis du lot de ces trente dernières années. Il possède une capacité de réflexion sur le temps long et l’actualité, une force de questionnement que n’ont pas toujours les diplomates qui manquent de références politiques et idéologiques…

Il assume ses responsabilités, quitte à dire ses désaccords, mais c’est sa façon d’incarner sa mission. L’indépendance d’esprit dont il a toujours fait preuve, notamment à l’égard du monde politique, n’est pas non plus la qualité première des diplomates…. Malheureusement, avoir raison trop tôt, c’est avoir tort… ».

Tout ceci est totalement incohérent, discréditant celui qui a porté de tels jugements à l’emporte-pièce !

Un impulsif dangereux. C’est que Gérard Araud réfléchit peu. Il se fie à son instinct d’impulsif qui le conduit à dire des énormités plus grosses que lui, le diplomate montré en exemple par Jupiter à la piétaille diplomatique. Comment un diplomate aussi expérimenté peut-il encore dire : « En diplomatie, quand l’ennemi est à terre, il faut le piétiner » ? A-t-il entendu parler du traité de Versailles et de ses conséquences sur le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale ? Il n’a toujours pas compris que l’on n’humilie jamais son adversaire, on essaie de lui sauver la face. Principe cardinal de la diplomatie que notre star ignore. C’est grâce à l’entourloupe qu’il a faite aux Russes (insertion en dernière minute du membre de phrase « et toutes autres mesures » dans la résolution 1973, son chef d’œuvre) qu’il a conduit Chinois et Russes à s’opposer ensuite à toutes les résolutions d’origine occidentale, qui pourraient s’apparenter de près ou de loin, à un changement de régime. Bravo, l’artiste. Et, ainsi, conduit le Conseil de sécurité dans l’impasse dans laquelle il se trouve aujourd’hui à cause de la défiance qu’il a suscitée. Petites causes, grands effets ! Est-ce digne d’un ambassadeur dignitaire de France, surtout en cette période politiquement correct exacerbé de déclamer que « Le droit de veto, c’est comme le sexe. La première fois, on rougit, après on s’habitue ». Pour moins que ça, d’autres diplomates auraient eu maille à partir avec la hiérarchie moralisatrice du Quai des Brumes.

Un opportuniste de la pire espèce. Alors que le candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’envole dans les sondages, Gérard Araud décide de ne pas insulter l’avenir en se mettant à sa disposition. C’est que notre opportuniste se voit déjà conseiller diplomatique du futur président de la République (pourquoi pas son ministre des Affaires étrangères ?) Il signe une tribune dans Libération dans laquelle il prend clairement position pour Jupiter contre Marine Le Pen. Il rédige trois brillantes notes de synthèse sur l’avenir du monde pour le futur élu de Dieu. Mais, son orgueil démesuré le pousse une fois de plus à la faute, tel un mauvais garnement. Il fait circuler le bruit qu’il sera le prochain sherpa du président, déclenchant l’ire de la garde rapprochée d’Emmanuel Macron. Il scie la branche sur laquelle il est assis. L’affaire ne se fera pas mais le président, qui est bon prince, le prolonge d’une année supplémentaire (après des 65 ans) à Washington tant il est indispensable pour l’aider à comprendre les ressorts profonds de l’Amérique trumpienne. Pas mal comme sanction de sa fatuité. Même s’il a su voler au secours de la victoire, il n’a pas pu s’empêcher d’en faire trop. Un classique chez Gérard Araud.

Nous baignons dans les paradoxes de l’exception française dans ce qu’elle a de plus insupportable. Gérard Araud quitte la Carrière diplomatique avec la dignité d’ambassadeur de France (l’équivalent du maréchalat pour les militaires), soit avec 500 euros de plus sur sa retraite de ministre plénipotentiaire, avec l’appellation à vie d’ambassadeur et la possession d’un passeport diplomatique jusqu’à son dernier souffle. Pas mal, pour un haut fonctionnaire dont la multiplication des bourdes, impardonnables à son niveau, aurait dû au mieux le conduire dans un placard jusqu’à sa retraite, au pire être révoqué de la Fonction publique accompagnée d’une perte de sa dignité d’ambassadeur de France et de ses médailles dont la Légion d’honneur. L’antidiplomate est apprécié en plus haut lieu, Emmanuel Macron le citant en exemple d’indépendance d’esprit dans la corporation diplomatique. Il est vrai que qui se ressemble, s’assemble. Jupiter ne comprend rien à la France comme Gérard Araud ne comprend rien aux États-Unis où il a passé plus d’une décennie. Constance dans l’erreur, quel merveilleux dénominateur commun à ces deux anciens élèves de l’école nationale de l’arrogance dont on attend avec impatience les coquecigrues que doit nous livrer Frédéric Thiriez sur le sujet ! On comprend pourquoi la France va si mal avec ce genre de personnages qui ont pour principale qualité la constance dans l’erreur. Les désastres irakien et libyen n’ont, semble-t-il, pas découragé notre ambassadeur dignitaire de France à persévérer sur d’autres dossiers actuels comme la Corée du nord et l’Iran ? Mais, quand la planète est à feu et à sang, on prend des airs outragés. Comment mieux conclure ce qu’en se félicitant de constater que Gérard Araud fait le beau dans nos gazettes et va devoir apprendre la diplomatie dans ses nouvelles fonctions ?

6 Ali Baba, Gérard Araud : de la vie devant soi au mal français !, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 mai 2019.
7 Alexandre Duyck, Les sorties de l’ambassadeur, M. Le magazine du Monde, 17 septembre 2019, pp.46 à 51.
8 Fabrice Arfi/Karl Laske, Karachi : le procureur général Molins réclame un procès pour Balladur et Léotard, www.mediapart.fr , 20 septembre 2019.
9 Gérard Araud, Passeport diplomatique. Quarante ans au Quai d’Orsay, Grasset, octobre 2019.
 
 
MONSIEUR LE PRESIDENT, NOUS DEMANDONS LA LIBERATION IMMEDIATE ET SANS CONDITION DE GEORGES IBRAHIM ABDALLAH – La rédaction de prochetmoyen-orient.ch. Georges Ibrahim Abdallah est détenu en France depuis 1984. Ce héros de la Résistance palestinienne est le plus ancien prisonnier politique d’Europe. Condamné en 1987 à la perpétuité avec une peine de sûreté de quinze ans, il est libérable depuis… 1999 ! La Justice a accepté sa demande de libération en janvier 2013, mais le ministère de l’Intérieur s’y est opposé, obtempérant ainsi aux ordres des Etats-Unis et du régime de Tel-Aviv. Monsieur le Président, nous réitérerons cet appel solennel tant que l’indépendance de la Justice française n’aura pas été respecté en ce qui concerne la vie de Georges Ibrahim Abdallah. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch.
 
 
CONTRE LA PLACE « JERUSALEM » D’ANNE HIDALGO : UN RECOURS CONJOINT DE L’AFPS, EELV, LE PCF ET LE PG – 23 septembre. Par un recours déposé le 14 août auprès du Préfet de Paris, l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et trois partis politiques représentés au Conseil de Paris – Europe Écologie Les Verts (EELV), le Parti Communiste Français (PCF) et le Parti de Gauche (PG) – ont demandé l’annulation de la délibération du Conseil de Paris portant création de la place de Jérusalem à Paris. Il ne s’agit évidemment pas de contester l’intérêt d’une place de Jérusalem à Paris, mais le choix qui en a été fait et les modalités de la décision prise. En nommant la place de Jérusalem à proximité immédiate du futur lieu d’une seule religion – le Centre européen du judaïsme -, cette décision va à l’encontre de l’universalité de Jérusalem, qui est un patrimoine commun des trois religions monothéistes, comme l’ont rappelé conjointement le pape et le roi du Maroc le 30 mars dernier. En faisant référence à la seule amitié avec Israël, et en n’invitant officiellement que le « maire » de la ville de Jérusalem illégalement annexée, cette décision bafoue le droit international et les résolutions de l’ONU, et va à l’encontre de la position de la France solennellement rappelée par le président de la République face aux décisions unilatérales de Donald Trump. Ce déni du droit a été dénoncé de manière particulièrement forte par l’ambassadeur de Palestine en France et par le Conseil des ambassadeurs arabes accrédités en France réuni en session extraordinaire. Le Consul Général de France en Palestine a officiellement réagi par un communiqué. Tout aussi grave, les dossiers dont disposaient les Conseillers de Paris pour préparer leur vote ne mentionnaient, ni la proximité du centre européen du judaïsme, ni la référence exclusive à l’amitié avec l’État d’Israël. Les motivations réelles de cette décision n’ont été connues que quelques heures après le vote, par un tweet de Gabriel Mergui, le président du Consistoire de Paris, qui dévoilait son échange de lettres avec la maire de Paris, Anne Hidalgo. Alors que Jérusalem a la vocation de devenir la capitale partagée de deux États, Israël et la Palestine, les événements de l’été ont mis en évidence le déni du droit et les menaces d’expulsion que subissent les Palestiniens : des immeubles entiers construits en « zone A » par des familles palestiniennes ont été dynamités par les autorités israéliennes, et les expulsions de familles palestiniennes se poursuivent, notamment dans le quartier de Silwan. Des événements gravissimes se sont produits sur l’esplanade des mosquées le jour de l’Aïd al-Adha, ils montrent que les colons les plus extrémistes, soutenus par le pouvoir et l’armée israélienne, sont prêts à en découdre au mépris de tous les accords existants et au mépris du droit international. La situation à Jérusalem est explosive, les colons et les autorités israéliennes se croient tout permis, et des prises de position comme celle de la maire de Paris peuvent inciter les plus extrémistes à intensifier leurs exactions. La décision prise par la maire de Paris n’est pas digne de la capitale de la France. Le préfet doit annuler cette délibération, et la maire de Paris doit rechercher une autre localisation pour la place de Jérusalem, qui doit clairement apparaître à la fois comme la future capitale des deux États et ville universelle des trois religions du livre. C’est à ces conditions qu’elle pourra devenir le symbole de la paix et de la coexistence, valeurs qui devraient guider nos représentants politiques.

Communiqué conjoint de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Europe Écologie Les Verts (EELV), le Parti Communiste Français (PCF) et le Parti de Gauche (PG).
 
 
L’ADIEU AUX ARMES OU LA DIPLOMATIE DU EN MÊME TEMPS – Jean Daspry. « On ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment » (Cardinal de Retz). Cela est d’autant plus visible que lorsque ce sont les autres qui démasquent au grand jour votre ambigüité, votre duplicité. Cela est d’autant plus évident que lorsque l’on conduit une politique marquée au sceau de l’équilibrisme permanent. Au fil des mois, au fil des années, nous n’avons eu de cesse de démontrer les limites, les dérives, les dangers d’une diplomatie qui fait le grand écart permanent entre une diplomatie des valeurs ostensiblement affichée (la France, patrie autoproclamée des droits de l’Homme à la face du monde) et une diplomatie économique habilement dissimulée (la France, patrie des armes les plus sophistiquées vendues à quelques États problématiques). C’est que ces carabistouilles diplomatiques explosent régulièrement à la figure du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères10 mais aussi et surtout, à celle du président de la République (sans parler des services du premier ministre comme le SGDSN), discréditant au passage la confiance dans la parole de la France éternelle11. Un ambassadeur s’était déjà fait l’écho en son temps des inconvénients d’une diplomatie des valeurs déraisonnable12. Qu’en est-il aujourd’hui ?

LES MAINS SALES DE LA FRANCE AU YÉMEN/ARABIE SAOUDITE

Au cours des derniers mois, le sujet des ventes d’armes de la France à l’Arabie saoudite qui les utilise dans sa guerre au Yémen revient de manière récurrente sur la table13. L’affaire est loin d’être anodine, la France – à l’instar d’autres pays occidentaux – est accusée, par quelques ONG qui connaissent le droit international sur le bout des doigts, de complicité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité. Ces balivernes pourraient conduire le président de la République, ses ministres de l’Europe et des Affaires étrangères et des Armées à répondre de leurs actes devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, voire à être jugés et, qui sait, être condamnés. Rappelons, pour la petite histoire, que l’Allemagne, plus clairvoyante, a suspendu ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite depuis les révélations de l’affaire Khashoggi, du nom de cet opposant saoudien découpé à la scie dans les locaux du consulat général d’Arabie saoudite à Istanbul. Mais, la France moralisatrice fait la sourde oreille en dépit des réalités, des évidences, des preuves de ses violations du droit international humanitaire sans parler du droit des ventes d’armes (Traité sur le commerce des armes ou TCA). Elle préfère s’en prendre à l’Iran quand des missiles atterrissent sur les sites pétroliers en Arabie saoudite qui n’ont pas tué de civils et jouer les princesses outragées devant cet acte insupportable. Elle le fait savoir haut et fort en marge de l’Assemblée générale de l’ONU avec l’Allemagne et le Royaume-Uni. De l’indignation sélective…

LES MAINS SALES DE LA FRANCE AUX QUATRE COINS DU MONDE

Or, voilà que l’affaire des ventes d’armes de la France à quelques régimes peu regardants en matière de protection des droits de l’homme resurgit à la veille de l’ouverture de la 74ème Assemblée générale de l’ONU à New-York. Elle fait l’objet d’une enquête approfondie d’un consortium de médias comprenant, entre autres, Mediapart, Arte, Disclose… Et, le moins que l’on puisse dire est que tout ce que nous apprenions n’est pas à mettre dans la colonne crédit de la « Grande Nation », toujours aussi arrogante que prête à faire la leçon de morale à la terre entière sans la moindre retenue. Qu’apprenons-nous à travers toutes ces investigations que les autorités françaises ne semblent pas contester ? La France vend des armes qui sont utilisées par leur acquéreurs soit pour guerroyer avec leurs voisins (Arabie saoudite au Yémen14, Indonésie en Papouasie15), soit pour réprimer des contestations internes (Cameroun16, Égypte17, Libye18). Le moins que l’on puisse dire est que tout ceci n’est pas très glorieux pour un pays qui confond morale et droit.

« Appuyez-vous sur les principes, ils finiront bien par céder » (Oscar Wilde). Tel semble être le mantra de la diplomatie des ventes d’armes telle que pratiquée depuis des décennies par de marchands de canons avec la bénédiction des plus hautes autorités de la République. Mais, cette diplomatie de gribouille atteint rapidement ses limites dans le monde rêvé de la transparence (« Open Data »). Il existe toujours quelques pinailleurs qui vous prennent au mot et vous mettent face à vos contradictions. On peut les ignorer conformément à la politique bien connue des politiques qui a pour nom politique du chien crevé au fil de l’eau. Mais, à force de faire le dos rond, vous vous retrouvez un jour cloué au pilori du tribunal médiatique avant de l’être devant quelques juridictions pénales internationales. On peut aussi, ce qui suppose un minimum de courage et de volonté, changer de cap pour mettre ses actes en conformité avec ses paroles. Tout ceci devrait nous conduire à décider d’un adieu au droit de l’hommisme et d’un adieu aux armes dans le même temps. Nous n’en sommes malheureusement pas encore là dans le nouveau monde.

10 Guillaume Berlat, Ventes d’armes, diplomatie des valeurs, mensonge d’État…, www.prochetmoyen-orient.ch , 29 avril 2019.
11 Guillaume Berlat, L’illusionniste Macron : défense des valeurs, marchand de canons… en même temps, www.prochetmoyen-orient.ch , 2 septembre 2019.
12 Jean Daspry, Bravo Jean de Gliniasty pour votre diplomatie des valeurs, www.prochetmoyen-orient.ch , 22 mai 2017.
13 Eric David/Benoît Murraciole/Daniel Turp, Vendre des armes à l’Arabie saoudite pour bombarder le Yémen est contraire au droit international, Le Monde, Idées, 26 septembre 2019, p. 30
14 Antton Rouget/Yann Philippin, Blocus du Yémen : des vidéos prouvent la participation de navires vendus par la France, www.mediapart.fr , 17 septembre 2019.
15 Antton Rouget/Yann Philippin, Des hélicoptères français facilitent la répression indonésienne en Papouasie, www.mediapart.fr , 19 septembre 2019.
16 Thomas Cantaloube/Antton Rouget/Yann Philippin, Au Cameroun, les basses œuvres d’une unité spéciale équipée par la France, www.mediapart.fr , 19 septembre 2019.
17 Yann Philippin/Antton Rouget, Des blindés français équipent les forces égyptiennes accusées d’exaction dans le Sinaï, www.mediapart.fr , 20 septembre 2019.
18 Yann Philippin/René Backmann/Antton Rouget, Libye : quand les Rafale vendus à l’Égypte aidaient le seigneur de guerre Haftar, www.mediapart.fr , 20 septembre 2019.
 
 
LA MONDIALISATION EST MORTE, VIVE LA DÉMONDIALISATION ! Guillaume Berlat. À plusieurs reprises au cours des dernières années, des derniers mois, nous avons tenu la chronique des dérives de la « mondialisation heureuse » que nos dirigeants sourds aux peurs des peuples tentaient maladroitement de dissimuler19. Nous sommes en présence d’un phénomène structurel qui n’a plus rien de marginal. Pourra-t-on l’ignorer encore longtemps ? Saura-t-on trouver les réponses qui s’imposent à court terme pour sauver le monde d’une crise sans précédent ? Rappelons que nous assistons à une montée sans précédent de la contestation de la mondialisation qui n’a rien de folklorique. Deux voix concordantes sur les méfaits de la mondialisation nous parviennent. Elles méritent d’être prises en compte par nos dirigeants afin de mieux préparer l’avenir en l’anticipant du mieux qu’ils peuvent.

LA MONTÉE DE LA CONTESTATION DE LA MONDIALISATION

Se multipliant au des derniers mois, les manifestations de rejet de la mondialisation (elles ne sont plus seulement le fait d’altermondialistes agités) prennent différentes formes qui la rendent moins attractives dans un monde où la perception compte autant que la réalité. Les damnés de la mondialisation, qui sont de plus en plus nombreux au Nord et au Sud de la planète, ne souhaitent pas en devenir les idiots utiles. Ils déclinent à l’envi les travers de cette « mondialisation de l’indifférence » (Pape François). Tour à tour, et d’une manière générale, ils dénoncent « la mondialisation de la criminalité » particulièrement documentés par un expert dans trois de ses dimensions : crise de 200820, dérives du capitalisme21 et guerre financière22 ; la mondialisation des ravages écologiques, essentiellement dans les pays du Sud ; plus grave encore pour leur sécurité, la mondialisation du terrorisme23… toutes choses qui débouchent sur la mondialisation du chaos. En un mot, la mondialisation ne fait plus rêver. Elle donnerait plutôt des cauchemars à ceux qui la subissent de plein fouet qu’à de doux rêves d’enfant. Le libéralisme débridé s’attaque aujourd’hui aux classes moyennes qui n’en peuvent mais24… si ce n’est se retourner vers les partis dits populistes. La mondialisation s’est faite sur leur dos25. En France, la « crise des gilets jaunes » en est en partie l’illustration. Les discussions autour des accords de libre-échange conclus par l’Union européenne avec le Canada et les pays du Mercosur en fournissent une nouvelle illustration à tel point qu’Emmanuel Macron prend le prétexte du non-respect par le Brésil de ses engagements environnementaux pour menacer de ne pas ratifier le second. Fait inédit, la critique vient désormais des États-Unis ! Comme un certain nombre de ses compatriotes, le milliardaire, Donald Trump, candidat républicain à la présidentielle de novembre 2017, récuse la mondialisation. Le président Donald Trump lance le débat sur les méfaits de la mondialisation sur l’économie américaine et se lance dans une guerre commerciale avec la Chine. Au passage, il vilipende l’incurie de l’OMC. Élection après élection, le rejet de la mondialisation se traduit par celui d’une Europe ouverte aux quatre vents mais qui ne sait pas se protéger des prédateurs dans un monde sans maîtres et sans règles si ce n’est celles des GAFAM. Rejet de l’Europe qui trouve sa meilleure expression dans le vote dédaigneusement qualifié de « populiste » ; Allemagne, Autriche, Hongrie, Italie, Pologne, Slovénie, Espagne… Et la contagion touche aussi l’Amérique du nord (Donald Trump) et du sud (Brésil avec Jair Bolsanoro26) sans parler des autres continents : Philippines, Turquie, Russie… Y compris au Forum économique mondial de Davos, à la faveur du vent populiste, le doute s’instille27. En un mot, la colère monte aux quatre coins de la planète.

L’ÉCHO DE DEUX VOIX CONCORDANTES SUR LES MÉFAITS DE LA MONDIALISATION

Et, la contestation ne semble pas prête de prendre fin tant le doute s’est installé dans les cœurs mais aussi dans les esprits. Aujourd’hui, ce sont deux personnalités différentes qui marquent leur distance avec la mondialisation dont ils s’étaient toujours montrés critiques auparavant.

Dans un long entretien au quotidien Le Monde, Arnaud Montebourg, retiré de la vie politique, entrepreneur dans le miel nous fournit un éclairage utile fort de son expérience d’ex-ministre de l’économie et du redressement économique28. Il instruit le procès d’une mondialisation fondée sur la concurrence effrénée pour produire au moindre coût qui est déloyale et instable, organisant la contagion des crises. À ses yeux, nous assistons au chant du cygne de cette mondialisation. En effet, le monde ne pourra supporter l’explosion des inégalités, la destruction des ressources naturelles, l’inquiétude sur le dérèglement climatique, l’appauvrissement des classes moyennes, la colonisation numérique par les États-Unis et la Chine… La multiplication des échanges mondiaux n’est pas synonyme de croissance. Il y a antinomie entre mondialisation et écologie. Il faudra bien que nous prenions conscience de ce que le retour du protectionnisme va rétrécir le monde par un rééquilibrage des échanges et un retour inévitable à la souveraineté économique des nations. Il conclut par cette flèche adressée au président de la République : « Emmanuel Macron a un talent de metteur en scène dont on pas assez fait l’éloge » et par ce rappel : « la politique, ce sont des propositions grandioses pour des résultats trop souvent minuscules ».

Constant dans son discours, le Pape François saisit l’occasion de son déplacement dans l’Océan Indien (Mozambique, Madagascar, Maurice) pour rappeler sa lecture du monde d’aujourd’hui29. Il a réitéré ses diverses critiques contre « la mondialisation économique dont les limites sont toujours plus évidentes », limites qui ont pour nom accaparement des ressources aux mains de quelques-uns, marginalisation croissante des plus pauvres privés de travail, corruption des élites, pillage des ressources naturelles, appauvrissement culturel des peuples. Elles se situent dans le droit fil de ses différentes encycliques, en particulier « Laudato si’ : lettre encyclique sur la sauvegarde de la maison commune » (2018).

Il parait bien loin le temps où Jacques Chirac déclarait (2002) : « La mondialisation est un nouveau visage de l’aventure humaine ». Il faudra bien un jour que les dirigeants français, européens et Occidentaux se posent la question de la pertinence de la mondialisation ancienne formule et de son éventuelle adaptation aux réalités du nouveau monde30. Faute de quoi, de nouvelles catastrophes (humaines, économiques, financières, sociales, géopolitiques) ne sont pas à exclure dans la décennie à venir, et peut-être plus vite qu’on ne l’imagine. On ne peut pas en même temps diagnostiquer les dangers d’une mondialisation échevelée au nom d’une posture gaullienne et se contenter dans les rencontres internationales de prôner le libre-échange sans réciprocité au nom d’une posture libérale dépassée. Un constat s’impose : la mondialisation est morte. Vive la démondialisation !

19 Guillaume Berlat, Mondialisation heureuse, balkanisation furieuse, www.prochetmoyen-orient.ch , 11 mars 2019.
20 Jean-François Gayraud, La grande fraude : crime, subprimes et crises financières, Odile Jacob, 2011.
21 Jean-François Gayraud, Le nouveau capitalisme criminel : crises financières, narcobanques, trading de haute fréquence, Odile Jacob, 2014.
22 Jean-François Gayraud, L’art de la guerre financière, Odile Jacob, 2016.
23 Richard Labévière, Terrorisme et mondialisation : crise ou normalité ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 9 mai 2016.
24 François Darras, Comment le néo-libéralisme détruit les classes moyennes, Marianne, 28 septembre – 4 octobre 2018, pp. 8 à 11.
25 Natacha Polony, La grande trahison, Marianne, 28 septembre – 4 octobre 2018, p. 3.
26 Lamia Oualalou, Brésil. La Samba de l’extrême droite, Marianne, 26 octobre – 1er novembre 2018, pp. 30 à 34.
27 J.-M. Th., À Davos, le capitalisme en descente, Le Canard enchaîné, 30 janvier 2019, p. 8.
28 Abel Mestre/Sylvia Zappi (propos recueillis par), Arnaud Montebourg : « Pour moi, la mondialisation est terminée », Le Monde, 8-9 septembre 2019, p. 8.
29 Cécile Chambraud, Le Pape dénonce la mondialisation, Le Monde, 10 septembre 2019, p. 5.
30 Julien Bouissou, Une mondialisation sommée de se réinventer, Le Monde, Économie & Entreprise, 12 septembre 2019, p. 13.
 
 
MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE : SÉGOLÈNE ROYAL NE PERD PAS LE NORD – Jean Daspry. Décidément, nos femmes et nos hommes politiques ne manquent pas d’air dès qu’il s’agit de justifier l’injustifiable. Tous les bobards, tous les mensonges sont permis pour tenter de protéger leur (mauvaise) réputation. Au diable, la moralisation de la vie publique. Elles et ils ont une drôle de conception de la loi. À leurs yeux, la loi, c’est pour les autres, le vulgum pecus, certainement pas pour eux qui sont hors-la-loi. Ils en oublieraient même les termes de la constitution française du 4 octobre 1958 qui précise en son article premier : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne manque pas de culot et d’assurance. C’est au tour de Ségolène Royal de mentir effrontément pour justifier qu’elle ne remplit pas ses fonctions d’ambassadrice pour les pôles comme elle devrait le faire si elle avait le sens de l’État et du service public, vertu que l’on est censé enseigner à l’ENA dont elle est une ancienne élève. Suivons le feuilleton ridicule, mais ô combien instructif de ses mensonges à jet continu rapportés par le quotidien Le Parisien. Comme toujours, il y a les faits bruts et l’interprétation que l’on peut leur en donner.

LA NARRATION DES FAITS BRUTS PAR LE PARISIEN

Ambassadrice des Pôles : la fragile défense de Ségolène Royal

Depuis une semaine, l’ambassadrice pour les pôles assure qu’elle représentait en personne la France à certains rendez-vous diplomatiques. Qui dit vrai ? Depuis plusieurs jours, Ségolène Royal et différents médias s’écharpent sur sa présence, ou non, à des réunions diplomatiques sur l’Arctique. L’ancienne candidate à la présidentielle 2007 a été nommée, en septembre 2017, ambassadrice de la France chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique. À ce titre, elle est censée participer aux travaux du conseil de l’Arctique, une instance diplomatique officielle à laquelle la France a un siège d’observatrice. Ségolène Royal n’est par contre pas rémunérée pour cette fonction. On fait le point.

Acte 1 : l’élément déclencheur

Tout commence samedi 14 septembre 2019. Sur le plateau d’On n’est pas couché, Ségolène Royal explique qu’elle était présente aux différentes réunions du Conseil de l’Arctique. « Qu’est-ce que je dis au nom de la France dans ces instances, et notamment dans ce qu’on appelle le Conseil de l’Arctique, c’est d’attirer l’attention sur les conséquences du dérèglement climatique », détaille-t-elle. Mikaa Mered, chercheur à l’Institut libre d’étude des relations internationales (Ileri) et spécialiste des pôles, réplique quelques heures plus tard sur Twitter que Ségolène Royal « ne s’est jamais rendue à la moindre réunion de la moindre instance diplomatique arctique officielle ». De quoi parle-t-on ? Depuis la prise de fonctions de Ségolène Royal, en septembre 2017, quatre réunions d’experts et une réunion ministérielle ont eu lieu, selon le site du Conseil de l’Arctique.

Acte 2 : Royal persiste (ou s’enfonce ?)

Mardi, le cabinet de Ségolène Royal indique à Checknews, qui s’est emparé du sujet, que celle-ci n’était en effet pas présente à ces réunions, même si la France était représentée par d’autres responsables. Jointe au téléphone le 18 septembre 2019 au soir par Le Parisien, Ségolène Royal dément toutefois catégoriquement ne pas y être allée et nous invite une nouvelle fois à vérifier les listes. Pourtant, un simple coup d’œil aux listes de participants, publiées sur le site du Conseil de l’Arctique, infirme sa version. Que ce soit pour chacune des quatre réunions d’experts ou pour le rendez-vous ministériel, le nom de Ségolène Royal n’apparaît pas. En revanche, un ou deux représentants de la France sont bien présents. « Ce sont des réunions entre diplomates, qui ont eu lieu tous les six mois pour faire un point sur l’avancée des travaux. La présence d’ambassadeur n’y est pas obligatoire dans les textes, mais de nombreux équivalents de Ségolène Royal à l’étranger y vont », nous indique une source qui connaît bien le dossier. On retrouve en effet dans les listes l’Italien Carmine Robustelli ou le Polonais Piotr Rakowski, par exemple.

Acte 3 : l’argument du « bilan carbone »

Tout en assurant être allée aux dites réunions, Ségolène Royal met en place une autre ligne de défense, ce 18 septembre 2019 mercredi soir. Elle explique ainsi sur Twitter faire « attention au coût et au bilan carbone [de ses déplacements] » et « décider d’aller là où c’est vraiment utile », renvoyant sur la liste de ses actions sur son site. Vs auriez dû vérifier av. de reprendre cette « fake news ». Vs pouvez voir toutes mes actions sur l’Arctique sur mon site. Et je fais attention à leur coût et au bilan carbone et je décide d’aller là où c’est vraiment utile. Sérieux de relayer un grincheux qui twit sous un faux nom ? Or, sur l’adresse en question, la page recensant son activité pour les pôles est alors vierge avec indiqué « espace en cours de construction ». C’est ce qu’on peut voir dans la version archivée par Google.

Acte 4 : mauvaise foi face caméra

Vendredi, soir, interrogée par Quotidien, Ségolène Royal récidive : « Vous avez mal regardé, parce que je suis dans les listes ». Rebondissant sur son argument du « bilan carbone », la journaliste l’interroge alors sur sa présence à l’inauguration, en juillet 2018 et en Islande, d’un paquebot de luxe de la société Ponant. L’ancienne candidate à la présidentielle a fait l’aller-retour dans la journée en jet depuis Paris, selon les factures obtenues par l’émission de TMC. Interrogée sur ce déplacement en « jet privé », Ségolène Royal dément dans un premier temps : « absolument pas ». Avant de poursuivre, reconnaissant donc s’être rendue à cette inauguration : « C’est pas aux frais de l’Etat, contrairement à ce que vous insinuez. […] C’est un avion de l’entreprise, ce n’est pas un avion payé par le contribuable français ». De bonne guerre mais pas honnête. Après m’avoir reproché de ne pas voyager assez, Valentine insinue que je fais payer des jets privés. C’est cela que je déments fermement. On pardonne parce que c’est l’esprit Quotidien. Concernant le possible paradoxe à utiliser un jet pour faire un aller-retour en Islande alors qu’on souhaite faire « attention à leur coût et au bilan carbone », Ségolène Royal estime alors qu’il s’agit d’un « bon équilibre » avec « l’aide au développement économique ».

Acte 5 : des éléments, enfin !

Ce 21 septembre 2019 enfin, la rubrique du site de Ségolène Royal apparaît remplie avec une vingtaine de déclarations ou d’actions, depuis avril 2018. Le 30 mai 2018, Ségolène Royal était par exemple en Argentine, à l’occasion de la 41ème Réunion Consultative du Traité sur l’Antarctique. Une publication datée de ce jeudi mentionne également une rencontre à Saint-Pétersbourg… qui a pourtant eu lieu en avril dernier. « Ce sont de simples conférences publiques, des colloques ou des réunions de travail avec les scientifiques concernant l’Arctique », maintient notre source. Il y a par contre un compte-rendu d’une événement officiel, mais à propos de l’Antarctique : la réunion des parties consultatives au traité sur l’Antarctique (RTCA), en Argentine, en mai 201831.

L’INTERPRÉTATION DES FAITS

Manifestement, la madone des glaciers se paie la tête du monde comme souvent32. Ou bien elle ne sait pas ce que les mots veulent dire, ou bien elle ment sans la moindre retenue. Ce qui est d’autant plus grave lorsque l’on a été formée à l’ENA, que l’on a été députée, plusieurs fois ministres, président d’un Conseil régional et candidate parvenue au stade de second tour de l’élection présidentielle de 2007 face à Nicolas Sarkozy. De qui se moque-t-on à l’heure où tout se sait grâce à la transparence de la toile et aux murs des chiottes que sont les réseaux sociaux ? C’est une réalité dont on doit – heureusement ou malheureusement – tenir compte en ce début de XXIe siècle qui manque de cap et de boussole. Ségolène Royal aurait dû se souvenir que l’on ne se prépare pas à avoir du talent. Manifestement, nos femmes et nos hommes politiques paraissent jouer avec les mots et croire que ce sont des idées (Georges Pompidou). Ils devraient commencer à comprendre que les postes d’ambassadeurs thématiques ou transversaux ne sont pas nécessairement des sinécures pour les recalés du suffrage universel, des sucettes que l’on distribue aux enfants sages pour prévenir leurs agitations. Est-ce digne d’une personnalité à l’orgueil aussi mal placé de croire que le métier de diplomate s’exerce à son bon gré, à son bon vouloir ? Il est contingent de l’actualité internationale. De plus, c’est toujours – du moins, cela devrait l’être – un immense honneur de servir son pays à l’étranger où nos partenaires scrutent les faits et gestes des diplomates avec la plus grande attention. Ce genre de carabistouilles royales ne leur échappent pas. Ils en font leur miel pour stigmatiser les errements constants de la « Grande Nation ». Ségolène Royal, vous êtes indigne de la mission qui vous a été confiée alors que la question des océans figure en tête des enjeux de 2020 selon l’Institut français des relations internationales (IFRI)33.

Chaque année, avec une précision de métronome et animée du souci légitime du contrôle du bon usage de l’argent public, la sénatrice Nathalie Goulet s’interroge sur l’utilité de bon nombre de postes thématiques. Pour être franc, elle s’intéresse plus à ceux tenus par des diplomates qu’à ceux confiés à des hommes ou des femmes politiques recasés par leurs amis en cour. Ces derniers savent, que de tout temps, le Quai d’Orsay a toujours été une maison très tolérante, pour ne pas dire une maison de tolérance. Il serait opportun que cette Dame s’interroge sur l’utilité – souvent marginale – de ces postes d’ambassadeurs thématiques créés sur mesure pour être agréable à ses amis, les ex-ministres en déshérence. La France apparait de plus en plus comme une monarchie républicaine où prébendes et autres sinécures sont la règle, comme dans l’ancien monde, en dépit des promesses du nouveau monde chères à Jupiter de moraliser la vie publique en profondeur. Le dernier avatar du feuilleton Ségolène Royal en fournit une excellente illustration. Cette madone de l’environnement ne perd pas le nord… Reconnaissons-lui au moins cette qualité !

31 Nicolas Berrod, Ambassadrice des pôles : la fragile défense de Ségolène Royal, www.leparisien.fr , 21 septembre 2019.
32 Jean Daspry, Royal impérial (e) : ONU soit qui mal y pense, www.prochetmoyen-orient.ch , 31 octobre 2016.
33 Les mers dangereuses dans Un monde sans boussole ?, Ramses 2020, Rapport annuel sur le système mondial et les stratégies (sous la direction de Thierry de Montbrial et Dominique David, Dunod, septembre 2020.
 
 
UN TRIBUNAL ALLEMAND STATUE EN FAVEUR DU MOUVEMENT BDS – Agences, 23 septembre. Le vendredi 13 septembre 2019, le tribunal administratif de Cologne (le Verwaltungsgericht Köln) a enjoint la ville de Bonn de permettre à l’Association des femmes germano-palestiniennes d’avoir accès au Festival annuel de la culture et de la rencontre de Bonn (« Vielfalt ! – Bonner Kultur – und Begegnungsfest »). La ville en avait exclu l’association car celle-ci soutient le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens. Selon le tribunal, la ville de Bonn n’a, « en aucun cas », démontré la moindre justification à cette exclusion. L’Association des femmes germano-palestiniennes avait saisi la justice après son exclusion par la ville de Bonn du Festival « Vielfalt ! Bonner Kultur und Begegnungsfest » qui se tiendra le 29 septembre prochain, en raison de son soutien à la campagne conduite par la société civile palestinienne pour le mouvement de Boycotts, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui vise à mettre fin aux violations par Israël du droit international et des droits des Palestiniens. Le 14 mai 2019, le conseil municipal de Bonn a adopté une motion intitulée « Pas de place pour le mouvement BDS antisémite à Bonn ». La motion demandait à toutes les institutions municipales de Bonn de refuser leurs installations aux groupes BDS et de s’abstenir de soutenir les initiatives de la campagne BDS, ou des groupes poursuivant les objectifs du BDS.

Dans sa décision, le tribunal de Cologne clarifie le statut de cette motion, et des autres motions anti-BDS : « Les motions du conseil municipal de Bonn, comme celles du parlement de la Rhénanie-du-Nord-Wesphalie (du 20 septembre 2018) et du Bundestag allemand (du 17 mai 2019), ne constituent pas des actes législatifs mais des résolutions politiques ou des expressions d’une volonté politique. Ces motions ne peuvent à elles seules justifier, d’un point de vue juridique, la restriction d’un droit légal existant ». Le tribunal déclare que l’exclusion de l’Association des femmes du festival sur la base de son soutien au mouvement BDS constitue un « traitement inégal » (« Ungleichbehandlung »), qui n’est « en aucun cas justifié ». Le tribunal conclut par conséquent que la conduite de la ville de Bonn enfreint le principe d’égalité énoncé à l’article 3 de la Loi fondamentale allemande, et qu’elle viole également le droit de l’association à la liberté d’opinion et d’expression garantie par l’article 5 de la Loi fondamentale. La liberté d’expression inclut la liberté de discuter et de promouvoir des campagnes de boycott, et elle est également protégée par les articles 10 (liberté d’expression) et 11 (liberté de réunion et liberté d’association) de la Convention européenne des droits de l’homme (ECHR), que l’Allemagne a intégrés dans sa législation nationale. Avec sa décision, le tribunal administratif de Cologne fait suite à deux décisions antérieures rendues par le tribunal administratif d’Oldenburg (dossier 3 A 3012/16) et le haut tribunal administratif de la Basse-Saxe à Lüneburg (dossier 10 ME 48/19) qui protègent, elles aussi, l’accès des militants BDS aux installations publiques qui leur ont été refusées par les autorités locales.

L’Association des femmes germano-palestiniennes était représentée par l’avocat Ahmed Abed, de Berlin, qui avait déposé une requête en urgence devant le tribunal administratif de Cologne, demandant au tribunal de permettre au groupe de participer au Festival de la culture et de la rencontre de Bonn. L’action juridique était menée en coopération avec le Centre européen d’assistance juridique (ELSC) et avec le soutien de l’Association internationale des juristes démocrates (IADL). Parmi les pièces déposées par l’avocat Abed figure un avis d’expert rendu par le professeur Moshe Zuckermann, professeur émérite à l’Université de Tel Aviv, Israël. Son opinion est que l’antisémitisme, l’antisionisme et la critique d’Israël sont trois catégories distinctes qui doivent être traitées séparément, et que la tentative de présenter le mouvement BDS comme antisémite est « manipulatrice et guidée par des intérêts idéologiques ». Le Festival de la culture et de la rencontre de Bonn est un évènement public, qui met en valeur la diversité culturelle et linguistique de la ville et où des organisations interculturelles, ainsi que des groupes culturels, musicaux et de danse, présentent leurs travaux et activités. Deux autres organisations locales, la Société germano-palestinienne et la Communauté palestinienne de Bonn, ont été exclues du festival pour les mêmes raisons que l’Association des femmes germano-palestiniennes. Elles ont elles aussi saisi la justice contre la ville de Bonn. Le tribunal administratif de Cologne devrait statuer sur leur dossier dans les jours à venir. Les trois associations ont participé au festival les années précédentes.
 
 
ETIENNE PELLOT NOUS DIT : « Consternation planétaire : des sites pétroliers saoudiens ont été bombardés ! Ce qui est très étonnant, c’est qu’ils ne l’aient pas été plus tôt… La dictature wahhabite finance l’islam radical et le terrorisme depuis des décennies. Elle détruit méthodiquement le Yémen – l’un des pays les plus pauvres du monde – depuis 2015. Ses instruments financiers, « culturels » et autres « ONGs caritatives » continuent à être les vecteurs de l’expansion mondiale de l’une des interprétations les plus réactionnaires et fascisantes d’une religion qui prétend régir, en toutes choses, la vie quotidienne des individus. Alors que les Houthis ou d’autres résistants s’en prennent à cette ploutocratie morbide, dangereuse et inutile ne va pas nous tirer une larme. Bien au contraire !

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