Observatoire Géostratégique

numéro 270 / 17 février 2020

ORIENT-ATIONS 262

ROGER AKL NOUS DIT : « IMBECILES LES ISRAELIENS ? » Non, ce n’est pas une insulte, Car je n’insulte jamais, même mes ennemis, mais une constatation : Depuis plusieurs mois que les Israéliens et leurs alliés occidentaux et arabes cherchent à diviser les Libanais en commençant par une tentative d’assassinat d’un homme politique libanais à Kabrchmoune, puis en provoquant des incendies de forêts dans tout le Liban (même on a accusé des drones israéliens de ce crime), puis en provoquant des manifestations monstres, depuis deux mois, ”grâce” aux ”bêtises” du ministre libanais des télécommunications, et, enfin, en les infiltrant par les sbires de leurs ”protégés” politiques libanais.

Enfin, il semble que la majorité parlementaire se serait décidée à ne plus tenter de former un gouvernement impuissant d’unité nationale et va aujourd’hui désigner un Président du Conseil et un gouvernement majoritaire qui désobéira aux ordres américains de donner une partie de notre gaz maritime aux Israéliens et prenant ainsi le risque de voir l’Amérique appliquer ses menaces de destruction de l’économie libanaise, suite aux dettes faites, depuis 1992, par les gouvernements successifs, complices de ce plan machiavélique de destruction du Liban par l’économie, car la résistance libanaise a empêché sa destruction par les attaque israéliennes, vaincues plusieurs fois par cette même résistance, car l’armée libanaise en est incapable, forcée qu’elle ait par les diktat d’Occident.

Seulement, Dieu a promis par une de ses prophéties (à l’Israël d’antan) que ”prochainement le Liban redeviendra un verger et ce verger ressemblera à la forêt”. Et, comme si Israël voulait faciliter cette prophétie, il a envoyé aujourd’hui son aviation faire des semblants d’attaque au-dessus de

Beyrouth, croyant ainsi y faire peur à ses ennemis et encourager ses alliés, traîtres au Liban. Je crois et j’espère que cela va avoir un résultat contraire et réunir les Libanais derrière le nouveau Président du Conseil qui sera élu et derrière le nouveau gouvernement qui va être plus rapidement formé. Et si Israël et ses alliés occidentaux et arabes veulent détruire l’économie libanaise, la seule solution pour le Liban sera de se tourner vers la Russie et la Chine, prêtes à nous aider. Quant à la menace militaire israélienne, s’ils étaient capables et osaient attaquer, ils l’auraient fait depuis longtemps et sans nous prevenir par des menaces.
 
 
DERNIÈRES NOUVELLES DE FIN D’ANNÉE – Ai Baba. Plus ça change, plus, c’est la même chose ! Cela se passe de commentaire dans une République supposée exemplaire.

I) DE PROFUNDIS POUR LA LANGUE DE MOLIÈRE

JORF n°0295 du 20 décembre 2019

Texte n° 1

Décret n° 2019-1395 du 18 décembre 2019 abrogeant le décret n° 2017-174 du 14 février 2017 portant création d’un délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale.

Publics concernés : ensemble des acteurs concernés par la maîtrise de la langue française.

Objet : suppression du délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale.

Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication. Notice : le décret abroge le décret n° 2017-174 du 14 février 2017 portant création d’un délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale.

Références : le décret peut être consulté sur le site Légifrance (https://www.legifrance.gouv.fr).

Le Premier ministre,

Vu la Constitution, notamment son article 37,

Décrète :

Article 1

Le décret n° 2017-174 du 14 février 2017 portant création d’un délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale est abrogé.

Article 2 

Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 18 décembre 2019.

Edouard Philippe

II) ÉRIC CHEVALLIER OU LA VIE DEVANT LUI

JORF n°0296 du 21 décembre 2019

Texte n° 65

Arrêté du 19 décembre 2019 portant nomination (administration centrale)

Par arrêté du Premier ministre et du ministre de l’Europe et des affaires étrangères en date du 19 décembre 2019, M. Eric Chevallier, ministre plénipotentiaire de 2e classe, est renouvelé dans ses fonctions de chef de service à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, pour exercer les fonctions de directeur du centre de crise et de soutien jusqu’au 30 novembre 2021.

III) RIEN NE VA PLUS POUR LA MARCRONGIRL

Sylvie Goulard visée par une plainte pour son rôle de consultante dans un think tank -Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 20/12/2019 à 18:24. L’association Anticor demande à la justice d’enquêter sur de possibles faits de "corruption", "trafic d’influence" et "abus de confiance" de la part de l’ex-eurodéputée.

Anticor a porté plainte contre l’ancienne ministre MoDem Sylvie Goulard concernant ses prestations réalisées pour un groupe de réflexion américain, l’Institut Berggruen, alors qu’elle était députée européenne, a indiqué ce vendredi l’association anticorruption.  Dans sa plainte, envoyée cette semaine au parquet national financier (PNF), Anticor demande à la justice d’enquêter sur de possibles faits de "corruption", "trafic d’influence" et "abus de confiance" de la part de l’ex-eurodéputée, actuellement numéro trois de la Banque de France. L’association anticorruption s’interroge sur la réalité du travail effectué pour le think tank américain, mais aussi et surtout sur les éventuelles contreparties en échange des rémunérations versées dans le cadre de ce contrat.  Sylvie Goulard a reconnu avoir travaillé comme "conseillère spéciale" pour plus de 10 000 euros mensuels entre octobre 2013 et janvier 2016 auprès du Council for the Future of Europe, un groupe de réflexion fondé par l’Institut Berggruen, alors qu’elle était eurodéputée. Cet organisme a été fondé par un milliardaire germano-américain, Nicolas Berggruen, jadis qualifié de financier "vautour" par le magazine Forbes. Il est financé, selon le New York Times, par la fiducie de bienfaisance de Berggruen, enregistrée aux Bermudes. Reconnaissant que son salaire pouvait "soulever des interrogations", Sylvie Goulard a assuré cet automne que cet emploi, autorisé par le règlement, avait été déclaré et qu’elle n’avait "aucune relation d’aucune sorte avec les activités commerciales" de Nicolas Berggruen. "On a fait des activités qui relevaient de la réflexion, de l’animation de groupe, de l’organisation de réunions. C’est un travail qui est avéré", a insisté l’ancienne ministre des Armées à l’occasion d’une audition devant le Parlement européen.  Ce vendredi, l’Institut Berggruen a nié tout emploi fictif, évoquant notamment l’organisation d’une "table ronde à Bruxelles" et de "conférences à Paris et Madrid". D’après Anticor, l’un de ces conférences a cependant eu lieu quatre mois avant son embauche. La polémique sur cette prestation, ajoutée à l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants d’eurodéputés du MoDem, a coûté à Sylvie Goulard sa place au sein de la nouvelle Commission européenne, proposée par Emmanuel Macron.

III) TOUT VA TRÈS BIEN AU MODEM – Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 20/12/2019. L’ancien vice-président du MoDem, élu au Parlement européen entre 2004 et 2014, a été mis en examen pour "détournement de fonds publics". Un de plus. Après François Bayrou, Sylvie Goulard ou Marielle de Sarnez, l’ex-eurodéputé MoDem Jean-Luc Bennahmias a également été mis en examen dans l’enquête sur les assistants parlementaires européens du parti centriste.

IV) LES FACÉTIES DE MURIEL – Par LEXPRESS.fr, publié le 20/12/2019. La ministre du Travail a renoncé à son siège au conseil d’administration du Forum économique de Davos, après avoir été interpellée par la HATVP. Quelques jours à peine après la démission de Jean-Paul Delevoye, l’affaire est embarrassante. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a demandé mercredi à la ministre du Travail Muriel Pénicaud de renoncer à son nouveau siège au sein du conseil d’administration du Forum économique mondial de Davos, selon les révélations du Monde. Ce qu’elle a consenti à faire. La ministre du Travail Muriel Pénicaud est entrée au conseil d’administration du forum de Davos le 15 novembre, selon Le Monde. Cette fondation à but non lucratif réunit chaque année en Suisse des PDG, dirigeants politiques et intellectuels pour débattre des grands sujets du moment. Conformément à la loi, la ministre en a informé la HATVP le 28 novembre, via une modification de sa déclaration d’intérêts déposée lors de son entrée au gouvernement en 2017. De très joyeuses fêtes de Noël à tous !
 
 
BRAVO RICHARD, BRAVO GÉRARD, BRAVO FRANÇOIS1, BRAVO MBS… BRAVO MANU ! Ali Baba. « La diplomatie est un métier dans lequel il faut s’exprimer avec prudence et écrire avec clarté »2. Manifestement, Emmanuel Macron et sa cohorte de courtisans ignorent l’une et l’autre. Nous en mesurons les résultats négatifs au fil de jours et de « l’étrange défaite » de la diplomatie jupitérienne.

COUP DE CHAUD ENTRE RICHARD ET MBS

« Le fonds souverain saoudien acquiert 49% du capital de la société de Richard Attias. Le Figaro, Georges Malbrunot, 21-22 décembre 2019, page 8.

Le fonds souverain saoudien, Public Investment Fund vient de s’offrir 49% de Richard Attias and Associate, la société de communication du grand manitou de la com dans le Golfe. Pour le mari de l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, Cécilia Attias, désormais au conseil d’administration de l’agence, l’Arabie saoudite est un grand marché. Le communicant organise déjà le Future Investment Forum, rendez-vous annuel qui se veut le « Davos du désert » autour du gratin de la finance mondiale, et devrait se voir confier l’organisation du prochain G20 à Riyad. « On a conclu avec l’Arabie un joint-venture qui va couvrir toute la région du Golfe », confie au Figaro Richard Attias, qui dément que Riyad lui ait imposé d’être basé dans le royaume. « L’intérêt de l’Arabie est d’avoir accès à notre savoir-faire dans l’évènementiel en Europe, mais aussi en Afrique et aux États-Unis où nous cherchons à nous développer ». D’où le recrutement à New York comme vice-président en charge de la stratégie de Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël, qui émarge auprès de la société israélienne de sécurité informatique NSO Group. Il était présent à Riyad en compagnie de Richard Attias au dernier Davos du désert ».

Toutes nos sincères félicitations à ce nouvel ensemble expert dans la communication ! Tous nos meilleurs vœux à Gérard Araud, l’ambassadeur de France (in)dignitaire de France, nouveau mercenaire des temps modernes qui pige pour le Point, vend ses mémoires3, vend son expertise à NSO Group, à Richard Attias and Associate, aux Saoudiens… et bien d’autres facettes de son immense savoir-faire. Question savoir, c’est une autre paire de manche. L’homme confesse dans ses Mémoires qu’il est trompé sur tout… Au moins, admettons qu’il partage un point commun avec le prince MBS. Ce dernier débite à la tronçonneuse ses opposants. GA débite ses jugements de pacotille à la tronçonneuse, jugements à l’emporte-pièce que la réalité dément régulièrement. C’est qui fait sa force et son succès auprès de son maitre, Emmanuel Macron 1er, le « disruptif », l’homme qui n’a rien compris ni à la France, ni au monde. Tous ces illustres personnages que le monde entier nous envie.

COUP DE FROID ENTRE MANU ET MBS

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule. Nous apprenons du même journaliste du Figaro (GM) l’existence d’un coup de froid entre la France et l’Arabie saoudite. En effet, l’Arabie saoudite, qui apprécierait peu l’ouverture d’Emmanuel Macron vers l’Iran (?) a décidé de geler sa contribution financière à la force conjointe G5 Sahel4. Et cela au moment même où Jupiter fait une tournée des popottes en Côte d’Ivoire auprès de nos pioupious qui comprennent de moins en moins le jeu qu’on leur fait jouer au Sahel5.

RIEN NE VA PLUS ENTRE MANU ET LES MOLLAHS

Par ailleurs, nous manquons de tomber à la renverse en découvrant que la médiation française sur l’Iran aurait échoué alors que l’on nous avait dit le contraire en marge du G7 de Biarritz sous présidence française6. Que nous dit Ali Vaez (chercheur du programme Iran à l’ONG International Crisis Group) à propos de cette Ersatz de médiation : « Les Français ont négligé les complexités de la politique intérieure de l’Iran et le mécanisme de décision à Téhéran » ? Rien de moins en dépit de tous les brillants experts du Proche et du Moyen-Orient qui entourent, conseillent… mais surtout encensent un président aveugle et sourd au réel. Il est vrai que « Le macronisme est une politique de l’insensible »7. Le reste est à l’avenant.

DÉBANDADE ENTRE MANU ET PIB

Mais, Emmanuel Macron, l’ex-inspecteur des Finances, ex-financier de la Banque Rothschild vient de frapper un grand coup, un de plus ! La dette publique française s’envole au-delà des 100%. C’est la première fois depuis 1945 qu’un gouvernement doit pleinement assumer d’afficher une dette publique supérieure à 100% du PIB8. Ce dérapage représente pour l’exécutif et pour tous les petits marquis de Bercy un sérieux revers politique. Mais, nous sommes pleinement rassurés en apprenant de nos crânes d’œuf que, malgré le dérapage du troisième trimestre, que Bercy reste confiant pour la fin de l’année. C’est bien connu, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. La superbe de 2017 a laissé la place à une surprenante morosité ! Il est grand temps de replacer la raison au cœur du village… »>

1 Tout le monde l’aura compris, il s’agit de l’excellent François Gouyette, l’un des meilleurs diplomates du circuit français qui a l’immense privilège de représenter Jupiter au Royaume du prince à la tronçonneuse !
2 Daniel Jouanneau, Dictionnaire amoureux de la diplomatie, Plon, 2019, p. 17.
3 Gérard Araud, Passeport diplomatique, Grasset, 2019.
4 Georges Malbrunot, Coup de froid entre la France et l’Arabie saoudite, Le Figaro, 21-22 décembre 2019, p. 8.
5 Cyril Bensimon/Olivier Faye, En Côte d’Ivoire, Macron réaffirme « Barkhane », Le Monde, 22-23 décembre 2019, p. 5.
6 Allan Kavaal/Piotr Smolar, Iran : l’échec de la médiation française, Le monde, 22-23 décembre 2019, p. 2.
7 Myriam Revault d’Allonnes, « Le macronisme est une politique de l’insensible », Le Monde, 17 décembre 2019, p. 32.
8 Audrey Tonnelier, La dette publique dépasse temporairement les 100% du PIB, Le Monde, 22-23 décembre 2019, p. 9.
 
 
BREXIT, C’EST REPARTI DE PLUS BELLE ! GOOBYE LONDON9 – Jean Daspry « Les Britanniques ont pris une décision claire… et je pense que le pays a besoin d’un nouveau leader pour prendre cette direction », déclarait l’ex-premier ministre, David Camerone, parfaitement au fait de la psychologie britannique. Lorsque le peuple a décidé, son choix – quel qu’il soit – doit être suivi d’effet. Belle leçon de démocratie à l’anglaise à destination du continent à propos du « Brexit ». Souvenons-nous que ce grand démocrate devant l’Éternel qu’est Nicolas Sarkozy avait contourné le scrutin populaire par un vote du parlement réuni en Congrès à Versailles, pour lui faire avaler le projet de traité constitutionnel de l’Union européenne qu’il avait refusé par référendum. Reconnaissons à la Perfide Albion une qualité, celle de la constance de ses choix ainsi que du respect de la parole du peuple !10 Comme le soulignait régulièrement, Theresa May « Brexit is Brexit ». Quitter l’Union européenne signifie clairement quitter l’Union européenne et non faire des acrobaties diplomatiques pour y rester. En français, cela s’appelle assumer ses choix11. C’est bien ce qu’on fait les Britanniques en se rendant aux urnes le 12 décembre 201912. Leur choix national, qualifié par certains de « populiste »13, issu de ces mêmes urnes emporte des conséquences sur le plan européen14.

LA VICTOIRE NATIONALE EN CHANTANT DE BORIS JOHNSON

Que n’a-t-on entendu, au cours des dernières semaines de la bouche de ceux qui nous expliquaient doctement avant le 23 juin 2016, du haut de leur science et de leur morgue, que le « Brexit » ne passerait pas, que l’arme de la convocation d’élections législatives anticipées par Boris Johnson se retournerait contre son initiateur farfelu ? Or, le résultat est sans appel15. Il peut se résumer ainsi. C’est un sacre pour l’homme à la mèche blonde16. Les conservateurs ont remporté une très large majorité qui consacre le triomphe de Boris Johnson17. Il obtient une majorité absolue alors qu’on lui promettait au pire et, au mieux, une majorité étriquée. Conforté dans sa démarche, le premier ministre pourrait faire adopter son projet de « Brexit » négocié avec les Vingt-Sept avant Noël18. Avec ou sans accord, là est la question ? Sur son compte twitter, Donald Trump lance un « bravo, Boris ». Angela Merkel félicite son homologue britannique. La débâcle du parti travailliste pousse son chef de file, Jeremy Corbin, vers la sortie19 tout en induisant une crise au sein du parti20. Les indépendantistes s’imposent en Écosse (ils estiment avoir un « mandat renouvelé » pour un nouveau référendum pour l’indépendance)21 et les Républicains progressent en Irlande du Nord22. Fort de ce succès, Boris Johnson est aussitôt confirmé dans ses fonctions de premier ministre par la Reine23. Il dispose d’un surplus de légitimité démocratique pour faire plier le parlement si ce dernier venait à poursuivre sa stérile politique d’obstruction envers les projets du gouvernement sur le divorce avec l’Europe. En un mot, les conservateurs britanniques ont réussi leur pari d’une campagne centrée sur le « Brexit », tandis que le parti travailliste de Jeremy Corbyn a perdu quelque 60 sièges en deux ans24. Le raz-de-marée indépendantiste en Écosse relance les scénarios d’éclatement du Royaume-Uni25. Comme dirait l’autre, les cartes sont rebattues mais l’objectif d’une sortie de l’Union européenne est plus que jamais d’actualité, y compris l’hypothèse d’un « no deal »26. Le plus dur commence pour toutes les parties, y compris pour les Européens27.

Une fois encore sur le continent, nous nous trouvons en présence d’adeptes de la méthode du bon docteur Coué qui pensent que les choses se passent comme ils le souhaitent. Ils pensaient le « Brexit » impossible. Il a eu lieu le 23 juin 2016. Ils pensaient la confirmation de ce vote par le peuple exclue. Elle a eu lieu le 12 décembre 2019. Tireront-ils les leçons de ces déconvenues à répétition, de ces surprises stratégiques à jet continu ? En France, on préfère ceux qui se trompent en permanence (Cf. l’ambassadeur de France dignitaire, Gérard Araud) à ceux qui voient juste et loin28 dans la France arrogante. Peut-être sommes-nous entrés dans une nouvelle génération Brexit ?29 Peut-être sommes-nous entrés dans une nouvelle phase de déclin du débat public ?30 Qu’en est-il au niveau européen ?31

LA CLARIFICATION EUROPÉENNE DU SCRUTIN DU 12 DÉCEMBRE 2019

Si le négociateur européen, le crétin des Alpes, Michel Barnier pensait avoir un nouvel interlocuteur britannique pour la suite des hostilités, il en est pour ses frais. Il va retrouver le gros blond, plus remonté que jamais et plus pugnace que jamais dans ses demandes à l’Union européenne32. Contrairement à ceux que nos perroquets à carte de presse nous assènent, les Britanniques s’en sortiront toujours. Leur résilience est légendaire. Souvenons-nous de leur conduite héroïque durant le Blitzkrieg en 1940 ! Ils sauront faire front et profiter de leur liberté retrouvée en s’adaptant au contexte. Ils sauront pratiquer le dumping fiscal, créant un Singapour européen. Emmanuel Macron, qui a bien saisi l’enjeu du débat, appelle les Britanniques à ne pas pratiquer une « relation, une concurrence déloyale », en marge du Conseil européen des 12 et 13 décembre 2019 à Bruxelles33. Ils sauront tirer tous les avantages du futur traité de libre-échange qu’ils vont négocier avec l’Union européenne tout en n’en supportant pas les inconvénients. Rappelons-nous que les Britanniques sont d’âpres négociateurs dont la devise est « Dieu est mon droit » ! Après trois années de négociation pour préparer le divorce, il semble que les eurocrates s’attendent à des discussions serrées pour l’après-Brexit34. Et, ils ont bien raison. Londres ne manquera pas de jouer la carte de la division des Vingt-Sept pour parvenir à ses fins. Londres ne manquera pas de faire monter les enchères, renforcé par cette seconde victoire indiscutable du « Brexit »35. Pour ses rassurer, nos europhiles béats nous annoncent un royaume désuni pour demain afin de conjurer le mauvais sort. Mais, ce n’est là qu’une des hypothèses qui se trouve sur la table. Celle d’un royaume uni n’est pas à exclure ab initio. Le bon diplomate est celui qui sait envisager toutes les options, y compris les plus improbables. Les Vingt-Sept sauront-ils faire preuve de suffisamment de lucidité pour apprécier la situation à froid et envisager toutes les options afin de s’y préparer le plus en amont possible car ils ont aussi beaucoup à perdre dans ce divorce qui ne se fera pas à l’amiable36 quoi qu’on en dise37.

VIVE LE BREXIT !38

Si l’heure de vérité a sonné pour le Royaume-Uni39, elle a aussi sonné pour les Vingt-Sept dont l’activité a été presqu’entièrement mobilisée par les avatars inattendus d’un « Brexit » dont Michel Barnier nous annonçait crânement qu’il serait achevé depuis belle lurette. Cet homme coincé, qui manque d’humour faute d’intelligence, a oublié de méditer ce jugement de Pierre Dac pour qui les prévisions sont difficiles surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. Au moment où les dirigeants européens, réunis les 12 et 13 décembre 2019 à Bruxelles, ont approuvé un texte, qui fixe le principe d’une nouvelle « Conférence sur l’avenir de l’Europe », il faudra qu’ils se décident à prendre le problème à bras le corps s’ils veulent sortir l’Union de l’ornière dans laquelle elle se trouve. Annoncée en juillet 2020, dans le programme de la nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, cette conférence devrait démarrer en 2020 et s’achever en 2022. Elle réunira des représentants du Conseil (les Etats), de la Commission et du Parlement. Son but est officiellement de trouver de « nouveaux accords sur l’avenir de la démocratie européenne ». Elle est censée œuvrer « au profit de tous les citoyens » et impliquer ceux-ci dans ses travaux sur la base des « dialogues citoyens » qui se sont déroulés au cours des dernières années. Les parlements nationaux devraient également être parties prenantes dans ces travaux. Formons le vœu qu’elle ne tourne pas à l’usine à gaz et puisse donner une perspective doublée d’une stratégie à l’Europe – ce qui est loin d’être évident40 – et tirer les leçons du nouveau départ du « Brexit »41 pour lequel Boris Johnson a les coudées franches42.

9 Philippe Gélie, Goodbye London, Le Figaro, 14-15 décembre 2019, p. 1.
10 Dominique Moïsi, Boris Johnson ou la démocratie triomphante, Les Échos, 16 décembre 2019, p. 12.
11 Natacha Polony, Ces obstinés d’anglais, Marianne, 20 décembre 2019 – 2 janvier 2020, p. 3.
12 Arnaud de la Grange, L’avenir du Brexit décidé dans les urnes, Le Figaro, 13 décembre 2019, p. 8.
13 Alexandre Devecchio, Aux origines de la révolution populiste de Boris Johnson, Le Figaro, 19 décembre 2019, p. 21.
14 Arnaud de la Grange, L’avenir du Brexit décidé dans les urnes, Le Figaro, 13 décembre 2019, p. 8.
15 Marc Roche, Le rêve impérial de Boris Johnson, Le Point, 5 décembre 2019, p. 62.
16 Antoine Colonna, Le sacre du roi Boris, Valeurs Actuelles, 19 décembre 2019, p. 38-39.
17 Arnaud de la Grange, Boris Johnson triomphe, le Brexit aura bien lieu. Le triomphe dans les urnes de Boris Johnson, Le Figaro, 14-15 décembre 2019, pp. 1
18 Cécile Ducourtieux, Le triomphe de Boris Johnson. Après sa victoire, Boris Johnson en route pour sortir de l’UE, Le Monde, 14 décembre 2019, pp. 1-2-3.
19 Florentin Collomp, Déroute historique pour Jeremy Corbin, Le Figaro, 14-15 décembre 2019, p. 4.
20 Cécile Ducourtieux, Les travaillistes britanniques se déchirent, Le Monde, 15-16 décembre 2019, p. 4.
21 Julie Connan, Sturgeon engage le bras de fer pour obtenir un autre référendum écossais, Le Figaro, 14-15 décembre 2019, p. 4.
22 Éric Albert, Poussées indépendantistes en Ecosse et en Irlande du Nord, Le Monde, 14 décembre 2019, p. 2.
23 J.C. Avec « Bojo », les Britanniques vont s’envoyer en l’air, Le Canard enchaîné, 11 décembre 2019, p. 8.
24 Caroline Fourest, Adieu, la gauche Corbyn, Marianne, 20 décembre 2019 – 2 janvier 2020, p. 40.
25 Ludovic Lamant/Donatien Huet, Royaume Uni : la majorité absolue pour Johnson ouvre la voie à un Brexit en janvier, www.mediapart.fr , 13 décembre 2019.
26 Florentin Collomp, Boris Johnson réveille la peur d’un Brexit sans accord, Le Figaro, 18 décembre 2019, p. 25.
27 Catherine Nay, Pour Boris Johnson, le plus dur commence, Valeurs Actuelles, 19 décembre 2019, p. 10.
28 Guillaume Berlat, Brexit : de Gaulle avait raison, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 juin 2016.
29 Cécile Ducourtieux, Boris Johnson et sa nouvelle génération Brexit, Le Monde, 18 décembre 2019, pp. 1-2.
30 Emmanuelle Avril/Pauline Schnapper, La victoire de Boris Johnson pose la question du déclin du débat public, Le Monde, 18 décembre 2019, p. 27.
31 La Vérité sur le Brexit, Le Spectacle du Monde, n° 623, Supplément à Valeurs Actuelles, 5 décembre 2019, pp. I à XXX.
32 Arnaud de la Grange, Boris Johnson ou la politique comme un match de boxe, Le Figaro, 14-15 décembre 2019, p. 5.
33 Macron : « Le temps est venu de la clarté », Le Figaro, 14-15 décembre 2019, p. 5.
34 Virginie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, L’Europe s’attend à des discussions serrées pour l’après-Brexit, Le Monde, 14 décembre 2019, p. 3.
35 Éditorial, La deuxième victoire du Brexit, Le Monde, 14 décembre 2019, p. 32.
36 Alain Frachon, Boris Johnson doit s’européaniser, Le Monde, 21 décembre 2019, p. 29.
37 Cécile Ducourtieux/Virginie Malingre, Les chausse-trappes d’une négociation éclair avec l’Europe, Le Monde, 21 décembre 2019, p. 3.
38 Mathieu Bock-Côté, Vive le Brexit !, Le Figaro, 14-15 décembre 2019, p. 19.
39 Florentin Collomp, Le fiasco de la campagne pour un second référendum, Le Figaro, 13 décembre 2019, p. 8
40 Éditorial, Le Brexit les yeux fermés, Le Monde, 21 décembre 2019, p. 29.
41 Cécile Ducourtieux, Comment Johnson prépare son Brexit, Le Monde, 21 décembre 2019, p. 2.
42 J.-M. Th., Exit Superconfus, vive Supermenteur !, Le Canard enchaîné, 18 décembre 2019, p. 8.
 
 
LA LEÇON DE DIPLOMATIE DE DENNIS ROSS – Jean Daspry. « La diplomatie, c’est la science de ceux qui n’en ont aucune et qui sont profonds par leur vide, science d’ailleurs fort commode, en ce sens qu’elle se démontre par l’exercice même de ses hauts emplois ; que, voulant des hommes discrets, elle permet aux ignorants de ne rien dire, de se retrancher dans des hochements de tête mystérieux ; et qu’enfin l’homme le plus fort en cette science est celui qui nage en tenant sa tête au-dessus des évènements qu’il semble alors conduire, ce qui devient une question de légèreté spécifique. Là, comme dans les arts, il se rencontre mille médiocrités pour un homme de génie ». (Honoré de Balzac).

QUI EST DENNIS ROSS ?

Dans la sphère de la diplomatie, la récitation de la pensée conforme fait souvent fi des brutales évidences du réel. Cette incapacité à se libérer des tabous est une des raisons du déclin diplomatique de la France dans le monde et de sa perte de capacité d’influence des grands principes de la grammaire des relations internationales au XXIe siècle. Pour une fois, une pensée construite nous vient d’Outre-Atlantique. L’homme qui pense juste a pour nom Dennis Ross. Peu connu du grand public, son nom l’est plus des coutumiers de la chose extérieure. Expert des questions du Proche-Orient, ancien émissaire américain dans cette région sous les présidents Bush père, Bill Clinton et Barack Obama, il est aujourd’hui conseiller du cercle de réflexion « Washington Institute for Near East Policy ». Accessoirement, il a participé à la deuxième conférence internationale, organisée en novembre 2019 à Paris par le « Think Tank Elnet », qui œuvre au rapprochement entre la France et Israël.

QUE PENSE-T-IL DE LA SITUATION ACTUELLE ?

Sur une pleine page de la rubrique « Géopolitique » du quotidien Le Monde, Dennis Ross livre sa vision de la diplomatie américaine de Donald Trump au Moyen-Orient, du retrait de Washington de l’accord nucléaire avec l’Iran, de la méfiance croissante des alliés de l’Amérique et de la perte de crédibilité des États-Unis dans ses anciennes fonctions de médiateur des crises régionales43.

Du retrait américain du Proche-Orient

À ses yeux, Donald Trump incarne à la fois l’isolationnisme (poussé à l’extrême, il devient du pacifisme, refusant toute intervention) et l’unilatéralisme (le refus d’alliances et des obligations que celles-ci impliquent, il s’agit de privilégier ses intérêts dans le court terme), tendances récurrentes dans l’histoire américaine. Dennis Ross rappelle que les États-Unis ont effectué un repli aux lourdes conséquences après la première guerre mondiale. À la suite de la guerre du Vietnam (1955-1975), le pays s’est recentré sur des enjeux intérieurs. Ce « syndrome vietnamien » a pesé jusqu’à la guerre du Golfe en 1991. Aujourd’hui, le repli opéré par Donald Trump s’inscrit comme un contrecoup des interventions américaines en Afghanistan (2001) et en Irak (2003) dont les effets sont profonds. Dans ce contexte, Donald Trump estime que les États-Unis n’ont aucun intérêt à se maintenir au Proche-Orient. Il considère que cette présence, fort coûteuse, est d’autant moins justifiée qu’Iraniens et Russes s’occupent de la Syrie. En ce sens, il est en ligne avec une bonne partie de l’opinion publique américaine. Pour Dennis Ross, ce retrait est dommageable, créant un vide immédiatement comblé par des forces hostiles représentant une menace pour la sécurité des États-Unis et de ses alliés. Il pense que l’Amérique devra intervenir à nouveau sur des durées plus longues, dans des conditions plus difficiles et plus coûteuses. Il estime que les Européens devraient plus s’investir dans la zone pour compléter l’action de Washington.

De la politique américaine vis-à-vis de l’Iran

Dennis Ross consacre de très longs développements aux suites du retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien (Vienne, 14 juillet 2015). S’il estime utile d’exercer des pressions maximales (sanctions) sur Téhéran pour conduire les Iraniens de changer de politique dans les domaines nucléaire et balistique et d’en finir avec sa déstabilisation de la région, il n’en épouse pas pour autant la démarche de Donald Trump. Ce dernier confondrait les moyens et les objectifs de sa diplomatie. La politique de l’administration viserait moins à faire changer l’Iran de politique qu’à obtenir un changement de régime. Dennis Ross se félicité qu’Emmanuel Macron ait admis la nécessité d’inclure un volet balistique et sécurité régionale (cessation des ingérences en Irak, au Liban, voire dans son propre pays) dans un futur paquet nucléaire avec les Iraniens. Mais, la faiblesse des réactions américaines après les bombardements des installations pétrolières saoudiennes, les incursions turques dans le nord de la Syrie affaiblissent la main américaine, Téhéran ayant des raisons de douter de la fermeté de Washington. Pour autant, Dennis Ross estime que nous sommes face à une tendance lourde de la diplomatie américaine qui a peu de chances d’être infléchie en cas de changement à la Maison Blanche. Les États-Unis exigeront plus que jamais un partage plus équitable du fardeau financier, mais aussi du fardeau stratégique.

De la crédibilité américaine dans la région

Il va de soi que les derniers avatars de la diplomatie trumpienne contribueront à accroître le sentiment de méfiance de ses alliés. La crédibilité américaine a été mise à mal et pour longtemps. Cela vaut en priorité pour les États de la région qui en tirent les conséquences qui s’imposent, Emiratis et Saoudiens ouvrant des canaux de dialogue direct avec Téhéran. Ce faisant, les Américains perdent au passage leur capacité d’être des garants, des partenaires équitables, des intermédiaires impartiaux dans le règlement des conflits au Proche et au Moyen-Orient. Il ne peut y avoir d’accord sérieux et durable si un camp est satisfait à 85% et l’autre seulement à 15%. Chacun doit pouvoir se dire qu’il a abandonné telle ou telle chose mais en a obtenu d’autres. À titre d’exemple, Dennis Ross estime que les chances de succès du soi-disant plan de paix de Donald Trump pour le conflit israélo-palestinien sont plus faibles aujourd’hui qu’elles ne l’auraient été il y a un an. Il renvoie dos à dos Donald Trump et Barack Obama, ce dernier n’ayant pas respecté la « ligne rouge » qu’il avait lui-même fixée en cas d’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. Il conclut ainsi sa démonstration : « Mais, ce qui compte dans le monde d’aujourd’hui, c’est la perception des choses. Le message retenu a été qu’on ne pouvait plus lui faire confiance pour tenir ses engagements. Concernant Trump, le sentiment général est qu’il est prêt à abandonner et à trahir ses alliés. De telles perceptions ne vont pas changer avant longtemps ». Toutes ces acrobaties diplomatiques, au cours des dernières années, ont une conséquence évidente : « la parole de Washington est réduite à néant »44.

UN UTILE DISCOURS DE LA MÉTHODE

« Aujourd’hui, le monde est devenu trop complexe pour se contenter d’appréciations floues ou de remarques vagues »45. Il est bon que des diplomates de la trempe de Dennis Ross fassent, à l’occasion, entendre leur voix pour nous aider à comprendre le monde d’aujourd’hui afin de mieux anticiper le monde de demain. Car gouverner, c’est prévoir et non pleuvoir, pour reprendre la boutade de François Hollande. Cela nous change des pseudo-analyses de notre clergé médiatique abreuvé aux fameux éléments de langage (EDL) et des pseudo-experts – sorte de « toutologues » ou mieux encore de « rienologues – qui courent les plateaux des chaînes d’abrutissement en continu. Toutefois, Dennis Ross reste profondément américain dans sa manière d’appréhender le Proche et le Moyen-Orient. Comment pourrait-il en être autrement ? Il traduit à l’évidence les tendances de fond de la diplomatie américaine dans la zone partagée par démocrates et républicains. Mais, en dernière analyse, il a l’immense mérite de nous donner une belle leçon de diplomatie. Avis aux amateurs !

43 Marc Semo (propos recueillis par), Dennis Ross : « Les États-Unis ont perdu leur crédibilité au Proche-Orient », Le Monde, 15-16 décembre 2019, p. 21.
44 Sylvie Kauffmann, La parole de Washington réduite à néant, Le Monde 17 octobre 2019, p. 31.
45 Jean-Paul Dubois (prix Goncourt 2019), Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, éditions de l’Olivier, 2019, p. 64.
 
 
RÉFORME DE L’ENA : UNE NOUVELLE USINE À GAZ – Guillaume Berlat. Réformons, réformons, il en restera toujours quelque chose. Telle pourrait être la doctrine du plus jeune président de la Cinquième République ! Dès son entrée en son palais de l’Élysée, sis 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, notre fringuant quadragénaire s’est fixé un objectif clair : réformer un pays allergique à la réforme. Quoi de mieux que de se lancer dans cette tâche de Sisyphe en confiant à d’éminentes personnalités le soin de rédiger moultes rapports destinés à orienter la réflexion jupitérienne, le moment venu ! Comme dans un feuilleton à épisodes, le citoyen avide de sensations fortes attend avec une patience non feinte la date de publication de ces opus magnum, sorte de bulles pontificales républicaines. Le nec plus ultra de la technocratie parisienne. Après un détour par la pratique de la monarchie républicaine46 des rapports, nous nous attarderons sur le fameux rapport Thiriez consacré à la réforme de la haute fonction publique, enrobant la question de l’avenir de l’ENA.

LA RÉPUBLIQUE DES RAPPORTS

Il en va de certains rapports comme des roses, ils vivent ce que vivent les rapports, l’espace d’un matin. Excellente pratique d’une France arrogante ! Dans cette catégorie, on se souviendra du rapport Borloo sur les banlieues, jeté dans les poubelles de l’Histoire par un caprice de Jupiter. Dans le genre, il en aurait appris plus sur le sujet grâce à une projection privée du film Les Misérables, nous dit-on. Personne ne se souvient du rapport Gautier sur la défense européenne renvoyé prestement à son expéditeur pour cause d’erreur de doctrine47. Tout le monde garde en mémoire, l’inoubliable rapport sur les retraites. Sa rédaction est confiée à un homme de l’art, ex-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ex-maire de Bapaume. L’homme est de grande taille. Il a pour nom, Jean-Paul Delevoye.

Après les moulinets du grand homme sur la mise à l’écart de la clause grand-père, il est vertement recadré par l’Élysée et Matignon, ravale ses propositions et se couche devant l’exécutif. Après les révélations sur son opacité, ses multiples cachoteries, il est renvoyé dans ses foyers d’autant plus promptement que son œuvre maîtresse contribue au blocage de la France48. Encore un coup de génie de Jupiter en matière de ressources humaines. La liste est longue de ses erreurs : Benalla, Loiseau, de Rugy, Ferrand, Goulard, Bayrou, de Sarnez, Nyssen… Le chef de l’État n’a pas la main heureuse, faut-il le reconnaître à l’usage. Question gestion des ressources humaines, Emmanuel Macron, le disruptif n’est pas le premier de la classe. Mais, nous n’avons encore rien vu. Il y a mieux, le rapport qui devait sortir pour les fêtes de Noël mais dont on nous promet qu’il sera disponible sur la toile à l’an neuf. Celui qui va décoiffer dans le monde fermé de la très haute fonction publique, sorte de noblesse d’État.

LA RÉVOLUTION DE LA HAUTE FONCTION PUBLIQUE

Les premières fuites

Il s’agit du rapport portant projet de réforme de l’ENA, mais aussi de la très haute fonction publique, confié à l’un des proches du président de la République, issu du Conseil d’État, Frédéric Thiriez. Ce dcernier devrait rendre prochainement le résultat de ses élucubrations. Nous avions procédé à une analyse de ce projet au mois de juin 2019, formulant quelques réserves sur l’objectif de cet exercice49. Peu après le lancement de ce monument de la réforme jupitérienne, quelques suffragettes dénoncent les faiblesses de la réflexion sur la question du genre50. On nous rassure. Le texte est dans sa phase de rédaction finale, des derniers arbitrages. Les bonnes feuilles circuleraient déjà dans les dîners en ville. C’est aujourd’hui au très sérieux quotidien Le Monde de se les procurer et de nous en faire largement profiter, en exclusivité51. Il va sans dire, mais cela va mieux en le disant, que nous ne boudons pas notre plaisir dans ces temps de morosité météorologique et sociale.

Un objectif ambitieux

Le moins que l’on puisse dire est que le rapport Thiriez, c’est du lourd. Il dépasse largement le cadre d’une réforme de l’ENA – annoncée par tous les candidats à l’élection présidentielle mais remisée dans un profond placard par le nouvel élu du suffrage universel tant le sujet est inflammable – puisqu’il s’agit d’une remise à plat de toute la question du recrutement et de la formation initiale de tous les hauts fonctionnaires de France et de Navarre. Même le lecteur averti peine à comprendre les tenant et aboutissants de ce morceau d’anthologie administrative. Il est vrai que ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement comme nous le rappelle Nicolas Boileau. Nous n’en sommes pas là. L’on nous avertit que « c’est bien une réforme d’ampleur qui se prépare et plusieurs piliers de l’administration française devraient vaciller sur leurs bases ». Une véritable nuit du 4 août de la Fonction publique ! Tout y passe. L’ENA, dont le président de la République avait annoncé la suppression, devrait connaître une évolution profonde.

Un résultat complexe

D’une manière générale, l’une des ambitions du chef de l’État est de créer un nouvel établissement qui formerait tous les les hauts cadres de l’État pour leur donner une culture commune. Élément novateur de cette nouvelle architecture futuriste, la structure à deux étages. Le premier sera un tronc commun cogéré par sept écoles : ENA (administrateurs civils), ENM (magistrats), INET (cadres de la territoriale), ENSP (police), EHSP (cadres de la santé). Après le concours, les élèves seront réunis pour « voir la réalité du terrain ». Après ce tronc commun, qui devrait durer de 6 à 12 mois, les élèves rejoindraient leur école spécifique. Nouveauté, l’ENA accueillera, outre les futurs administrateurs, les ingénieurs des grands corps de l’État. Tout ce beau monde, qui s’ignore mais ne s’aime pas, est censé découvrir le grand amour… L’ENA accueillerait désormais 240 élèves contre 80 aujourd’hui. Le concours des administrateurs serait réservé pour moitié à des étudiants, pour moitié à des professionnels ayant quelques années d’expérience dans le public ou dans le privé. Ils seraient également remaniés afin de supprimer l’épreuve de culture générale et de mettre en avant plus le savoir-faire que le savoir. Le concours d’accès aux tribunaux administratif serait supprimé. Une vingtaine de classes préparatoires serait créée sur tout le territoire. Le second élément novateur serait d’en finir avec la rente de situation. Le classement de fin de scolarité à l’ENA serait supprimé. Finie l’affectation directe dans les grands corps que sont le Conseil d’État, la Cour des comptes et l’Inspection des finances. Désormais, il faudra d’abord faire ses classes et attendre quatre ans avant de les rejoindre. Un « jury indépendant » désignera les heureux élus. Un deuxième étage sera ajouté à la fusée, inspiré de l’exemple de l’école de guerre pour les cadres de l’armée. Enfin, le rapport Thiriez devrait proposer une « vraie direction des ressources humaines de l’État » (?).

Ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Attendons de voir ce que figurera exactement avant de nous prononcer sur la pertinence ou l’impertinence du propos de la « dream team » Thiriez. L’on sait déjà que de fortes oppositions sont apparues tant de la part des magistrats de l’ordre judiciaire qui ne veulent pas que l’on se mêle de leurs petites affaires que des membres des grands corps qui crient au scandale si on touche à leurs privilèges. On connait leur capacité de nuisance légendaire et leur force d’inertie sur la place de Paris. De tout ce que nous découvrons, nous attendons de savoir ce qui sera retenu, étant entendu qu’il existe souvent un hiatus entre les paroles et les actes dans notre Douce France. De prime à bord, cette réforme de l’ENA et de la haute fonction publique ressemble à s’y méprendre à une véritable usine à gaz typiquement française. Affaire à suivre.

46 Guy Konopnicki, La monarchie républicaine se meurt, Marianne, 20 décembre 2019 – 2 janvier 2020, p. 37.
47 Guillaume Berlat, Louis Gautier ou le rapport introuvable, www.prochetmoyen-orient.ch , 25 novembre 2019.
48 Étienne Girard/Laurent Valdiguié, Delevoye. Portrait d’un looser, Marianne, 20 décembre 2019-2 janvier 2020, pp. 24-25.
49 Guillaume Berlat, Réforme de l’ENA : une vaste blague, www.prochetmoyen-orient.ch , 10 juin 2019.
50 Guillaume Berlat, Réforme de l’ENA : les caves se rebiffent, www.prochetmoyen-orient.ch , 17 juin 2019.
51 Benoît Floc’h, Haute fonction publique : la réforme-choc, Le Monde, 17 décembre 2019, p. 13.
 
 
LE DOCTEUR RUFIN AUSCULTE LES DIPLOMATES – Ali Baba. Nombreuses sont les fables qui circulent, depuis la nuit des temps, sur la diplomatie et sur les diplomates ! Littérature, science-fiction, cinéma, théâtre, bande dessinée, publicité, voire universitaires et chercheurs… véhiculent, consciemment ou inconsciemment, une image déformée de la discipline et de la fonction, faute de les connaître intimement de l’intérieur. Comment, dans ces conditions, tenter de mieux cerner une activité humaine et ses serviteurs pour en donner une photographie exacte ou, du moins, se rapprochant le plus possible de l’objectivité visuelle ? La première réponse qui vient à l’esprit est de se retourner vers les Mémoires de ministres des Affaires étrangères ou, mieux encore, des diplomates. Cela tombe très bien dans la mesure où les diplomates ont une réputation de bonne plume et n’hésitent pas à livrer leurs souvenirs dans des Mémoires. Mais, le risque est grand que l’exercice tourne promptement à l’hagiographie (biographie particulièrement élogieuse). Et c’est bien le travers dans lequel sombrent les souvenirs des diplomates trop souvent frappés du mal de la clairvoyance rétrospective. Comment faire pour contourner l’obstacle ? Se tourner vers la forme romanesque qui, parfois, recèle des analyses plus vraies que nature du milieu décrit. On pense à Rastignac d’Honoré de Balzac, à Lantier d’Émile Zola, au commissaire Maigret de Georges Simenon… Et, l’on pourrait multiplier les exemples à l’envie. Pour en revenir à la diplomatie et aux diplomates, nous disposons d’un excellent outil d’analyse qu’est la littérature de Jean-Christophe Rufin, en particulier avec son dernier roman qualifié de policier52.

UN CLINICIEN AVISÉ DE L’HUMAIN

Qui de mieux placé qu’un non diplomate pour parler objectivement des diplomates ? Qui plus est lorsque l’intéressé a eu la chance de fréquenter de plus près la diplomatie – sans parler des ministères comme ceux des droits de l’homme ou de la Défense, y compris de la DGSE -, une première fois comme attaché culturel et de coopération au Brésil, une seconde comme ambassadeur au Sénégal et en Gambie (2007-2010) ! Qui plus est lorsque l’intéressé est médecin de formation, habitué à la pratique de l’auscultation du corps et de l’âme humaine et à la rédaction d’examens cliniques ! Qui plus est lorsque l’intéressé dispose d’un riche passé dans la sphère humanitaire au sein d’ONG comme Médecins sans frontières ! Qui plus est lorsque l’intéressé manie à la perfection la langue française écrite (prix Goncourt 2001 avec Rouge Brésil), ce qui lui vaut d’être élu à l’Académie française en 2008 (au fauteuil d’Henri Troyat). Vous l’aurez reconnu, il s’agit bien évidemment de Jean-Christophe Rufin. L’homme ne manque pas de courage dans ses fonctions d’ambassadeur au Sénégal, pays faisant partie du pré carré de la France. Rappelons, pour mieux cerner sa personnalité, qu’en décembre 2008, il déclare lors d’une conférence de presse : « Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets. Tout le monde sait tout, ou tout le monde croit tout savoir, donc dit n’importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente. » Cette remarque ne passe pas inaperçue, tant et si bien que la vice-présidente du Sénat sénégalais, Sokhna Dieng Mbacké, lui demande des excuses publiques pour ces propos « choquants, voire méprisants et insultants ». L’ambassadeur publie aussitôt un communiqué dans lequel il insiste sur « le caractère ironique et affectueux » de ces paroles « tenues sur le ton de la plaisanterie ». Pour être en paix avec sa conscience, il décide de quitter ses fonctions d’ambassadeur au Sénégal le 30 juin 2010 afin de ne pas organiser la cérémonie du 14 juillet à la Résidence de France en l’honneur de ses compatriotes, mais surtout, des plus hautes autorités sénégalaises.

UN OBSERVATEUR PERSPICACE DU DIPLOMATE

La lecture de son dernier roman policier précité peut donner lieu à deux interprétations qui sont complémentaires : (1) le dénouement d’une intrigue policière qui se déroule à Maputo, capitale du Mozambique que nous ne dévoilerons pas (2) mais aussi les traits de caractère de diplomates : ambassadeur de France, numéro deux, consul général et consul (le héros de sa série qui a pour nom Aurel, diplomate français d’origine roumaine). Retenons-en les principaux à travers des citations reprises de son ouvrage !

Le diplomate incasable et roué : un spécimen de NAC

« Aurel s’était organisé pendant ce séjour une petite vie bien à lui. Il se rendait au consulat en taxi et prenait prétexte du fait qu’il n’était pas encore installé pour n’accepter aucune responsabilité. C’était sa technique dans chaque poste où il arrivait : démoraliser immédiatement ses supérieurs et leur faire comprendre qu’il n’y avait rien à tirer de lui. Sa Carrière déjà longue lui évitait d’avoir à expliquer cela longtemps : il était précédé par sa réputation […].

Aurel Timescu traînait un dossier catastrophique qui faisait de lui un casse-tête pour la direction des Ressources humaines. Entré tard au Quai d’Orsay, et par un concours subalterne, il aurait pu s’élever dans les échelons en travaillant très dur et surtout en redoublant d’obséquiosité. Il en était incapable. À plus de cinquante ans, il n’obtenait donc que des affectations de début de Carrière dans des endroits dont personne ne voulait. Agent impossible à licencier car titulaire, il était nommé dans des postes censés le décourager. Aurel n’avait cependant aucune intention de quitter la Carrière. C’était plutôt ceux qui devaient le supporter dans leur équipe qui connaissaient d’intenses périodes de dépression : son affectation quelque part équivalait à une sanction qu’il infligeait au poste qu’il rejoignait. Les diplomates chevronnés savaient éviter ce piège. La seule chance qu’avaient les Ressources humaines de le caser quelque part était de le noyer ans un train de nominations anonymes comme on en affecte aux très grandes ambassades ou, au contraire, de le fourguer subrepticement à un jeunot. Ce qui s’était produit au Mozambique […].

La plupart du temps dans ses autres postes, son attitude bizarre jugée négative entraînait comme seule sanction son enfermement dans un placard ».

Le numéro deux arrogant et inutile : l’archétype de l’énarque

« Pendant les fréquents déplacements de l’ambassadeur, le premier conseiller assurait l’intérim. C’était un jeune énarque sans expérience, timide et autoritaire, qui s’était mis tout le monde à dos. Montereau n’avait que deux ans de plus que lui mais il parlait avec la condescendance d’un vieux routier de la diplomatie ».

L’ambassadeur dilettante et prudent : un monsieur pas de vague

« Jocelyn du Pellepoix de la Neuville, l’Ambassadeur était rentré discrètement la veille d’un voyage en Afrique du Sud avec sa femme. Il ne souhaitait pas que ses mouvements soient trop connus de ses collaborateurs. Il les avait habitués à fonctionner sans lui et à ne jamais savoir quand il pourrait éventuellement débarquer.

C’était un homme d’une cinquantaine d’années qui nourrissait de grands espoirs pour sa carrière. Entré au Quai d’Orsay après des études de chinois, il comptait bien obtenir un jour l’ambassade de Pékin. Cela supposait patience et habileté. Il ne devait pas commettre d’impair et capitaliser sur les fautes des autres. Cela se traduisait par une règle inflexible : ne pas faire de vagues.

Depuis son arrivée à la tête de ce poste africain qu’il considérait comme un purgatoire, Pellepoix avait mis une distance protectrice entre lui et ses collaborateurs. Ils avaient rapidement compris qu’ils ne devaient pas le déranger pour lui soumettre des problèmes mais seulement des solutions. Il était enfermé dans son bureau protégé par une batterie de secrétaires qui filtraient ses accès. Sa résidence était encore plus inaccessible. La seule sortie régulière qu’il s’autorisait était pour le golf […]

L’ambassadeur voulait également éviter de rencontrer des compatriotes. Ils avaient sans cesse des problèmes administratifs à lui soumettre et des envies de médailles les démangeaient tous […].

De ce galimatias il ne retenait qu’une seule chose : un scandale était possible. Il fallait l’étouffer sur-le-champ, qu’il fût le fait de ce trublion ou le résultat d’évènements plus complexes qu’il ignorait. Peu importait, l’urgence était de désamorcer la bombe […].

Il se tut et tenta sans grand succès de composer un sourire qu’il avait vu arborer par l’Ambassadeur quand la situation était incertaine : la commissure droite se soulevait tandis que la gauche s’abaissait, prête à entraîner le visage dans une moue réprobatrice […].

Il y eut un moment de grande tension. L’Ambassadeur Pellepoix de la Neuville s’était parfaitement rendu compte que son idéal professionnel était menacé. Ce qu’il avait par-dessus tout en horreur se préparait : il allait y avoir des vagues […].

Neuville comprenait que s’il s’était trompé ; ce n’était pas une vague, c’était un tsunami. Il imaginait la réaction des autorités mozambicaines, la crise diplomatique, la colère du Quai d’Orsay. Il lui était impossible d’accepter l’idée d’un tel désastre […].

L’Ambassadeur réfléchit longuement. Puis, avec mauvaise humeur, il lâcha : « Ce qu’on ne peut empêcher, il faut le vouloir » (Machiavel) ».

Que dire de plus vrai !

« La réalité dépasse la fiction, car la fiction doit contenir la vraisemblance, mais non pas de la réalité » (Marc Twain). À une simple différence près qui tient au fait que dans les romans de Jean-Christophe Rufin, la fiction est la réalité. Manifestement, les descriptions des diplomates évoluant dans Les trois femmes du Consul sont plus vraies que nature. Leur réalisme ne peut s’expliquer que par une transposition romanesque au cas d’une petite ambassade de France en Afrique lusophone (Mozambique) de celui de la réalité d’une plus grande en Afrique francophone (Sénégal), justement celle qu’a dirigée Jean-Christophe Rufin pendant trois ans. L’observateur de la réalité diplomatique, économique, culturelle, géopolitique, sécuritaire l’est aussi de la réalité humaine dans ce qu’elle a de plus complexe mais aussi de plus simple. En un mot, les moteurs de l’âme humaine dans un milieu déterminé, celui du monde feutré de la diplomatie examinée par un clinicien qui travaille en deux temps successifs : diagnostic et remède (dans le cadre présent, il ne propose pas le second). Le moins que l’on puisse dire est que le résultat est plus vrai que nature tant le connaisseur de la diplomatie française croit deviner quelques figures emblématiques croisées dans les couloirs du Département ou du réseau diplomatique et consulaire. Et cela pour notre plus grand plaisir, et, peut-être, celui des sociologues et des historiens de la diplomatie avides de témoignages de première main. Un grand bravo à l’écrivain-diplomate-médecin-humaniste-académicien, Jean-Christophe Rufin pour son brillant roman policier qui permet au docteur qu’il est d’ausculter les diplomates.

52 Jean-Christophe Rufin, Les trois femmes du consul, Flammarion, 2019.

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