Observatoire Géostratégique

numéro 132 / 26 juin 2017

POPULISME : C’EST COMME LES TRAINS, CA PEUT EN CACHER UN AUTRE… 

« Je m’inquiète quand je vois le populisme en Europe progresser, l’extrémisme et la contestation de ce qui est le fondement même de la République » (François Hollande, 21 février 2015). Nul citoyen français censé ne peut prendre à la légère cet avertissement lancé par « Le Président de la République (qui) veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités » (article 5 de la Constitution du 4 octobre 1958).

En quoi consiste donc ce danger, qualifié de populisme, qui minerait jusqu’au fondement même de la République et, par voie de conséquence, de la démocratie et de l’État de droit ? Rien que cela, me direz-vous ! De telles mises en garde sont lancées régulièrement à la veille de chaque grande consultation électorale, non seulement en France, mais aussi en Europe et en Occident. Qu’en penser ? Force est de constater, pour compliquer notre tâche de compréhension du phénomène, que la signification du mot populisme est relativement floue et varie selon la personne qui l’utilise1. Le moins que l’on puisse dire est que ce mot est généralement utilisé dans un sens péjoratif. Il est traditionnellement synonyme de démagogie, d’électoralisme et d’opportunisme. En un mot, il n’est jamais bon pour un homme (une femme) politique de se voir affublé du qualificatif de populiste tant il résonne mal chez le commun des mortels, assimilé qu’il est au sceau de l’infamie.

C’est une sorte de mistigri que les hommes politiques se refilent comme la patate chaude. Après avoir analysé la genèse du concept de populisme (l’amour du peuple), nous pourrons plus facilement en mesurer les évolutions passées (la haine du peuple) pour mieux en déguster son actualité la plus récente (l’élite contre le peuple).

GENÈSE DU POPULISME : L’AMOUR DU PEUPLE

Comme souvent avec des mots valise, comme l’est celui de populisme employé à tort et à travers (volontairement ou involontairement), il est essentiel de tenter de le définir avant d’en analyser la généalogie au cours de l’Histoire récente.

Définition de populisme : la parole au peuple

« Cela fait déjà quelques dizaines d’années que le terme de ‘populisme’ est entré dans le vocabulaire politique courant, avec en général des connotations négatives »2. Si l’on s’en tient à son étymologie, le terme « populisme » vient tout simplement du terme latin populus qui signifie peuple.
Historiquement, le populisme est un mouvement politique russe de la fin du XIXe siècle qui lutte contre le tsarisme en s’appuyant sur le peuple et en prônant la transformation des communautés agraires traditionnelles. En politique, le populisme désigne l’idéologie ou l’attitude de certains mouvements politiques qui se réfèrent au peuple pour l’opposer à l’élite des gouvernants, au grand capital, aux privilégiés ou à toute minorité ayant « accaparé » le pouvoir… et qui sont accusés de trahir, de manière la plus égoïste, les intérêts du plus grand nombre.

Pour ceux que l’on qualifie de « populistes », la démocratie représentative fonctionne très mal et ne tient pas ses promesses. Prônant une démocratie plus directe, ils ont donc pour objectif de « rendre le pouvoir au peuple ». Lorsqu’ils sont au pouvoir, les populistes peuvent parfois remettre en question les formes habituelles de la démocratie au profit d’un autoritarisme s’appuyant sur des institutions censées, selon eux, être authentiquement et réellement au service du peuple.

Le décor est ainsi planté. Il importe désormais, pour mieux l’appréhender, de savoir comment ce concept s’est-il développé au cours des siècles passés, dans sa dimension temporelle mais également sur quels territoires, dans sa dimension spatiale ?

Généalogie du populisme : la gauche démocratique et égalitaire

Dans son acception politique, le populisme originel n’est pas toujours « réactionnaire », comme on peut le voir à partir de l’exemple des trois « populismes fondateurs » qui se développent à partir de la fin du XIXe siècle.

Le premier courant « populiste » est celui du « narodnichestvo » russe qui renvoie aux premières générations révolutionnaires des années 1860. Ce mouvement cherche une voie nouvelle vers la transformation sociale dont le fonds commun est constitué par une approche démophile et démocrate, qui fait de la rencontre entre l’intelligentsia et le « peuple » la condition de la régénération de la Russie. La principale postérité du mouvement se situe dans le parti démocratique et socialiste des Socialistes révolutionnaires (SR) qui participe à la révolution russe, et dont une fraction accepte le coup d’État d’Octobre avant d’être écrasé par Lénine en 1918.

Le populisme américain repose lui aussi sur des bases « agrariennes » ou paysannes. Le People’s Party, né en 1892 à Saint-Louis, est essentiellement un mouvement agrarien issu d’une révolte contre la baisse des prix des produits agricoles et contre les crédits trop élevés. Son idéologie reprend les thèmes politiques issus de la tradition d’inspiration jeffersonienne d’une démocratie qui recherche le soutien et la participation du peuple. Ce que ces partis ont de « réactionnaires » tient au racisme, à la défense de la ségrégation, l’hostilité à l’immigration non-européenne, le zèle religieux puritain, la prohibition de l’alcool.

Le troisième « populisme fondateur », le boulangisme français, est très différent des deux précédents, et sans doute plus proche du sens contemporain (européen) du terme. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a une image plus négative que ses équivalents russe et américain. Le boulangisme est un mouvement urbain, petit-bourgeois et ouvrier et dont le programme politique est plus nationaliste et plébiscitaire que démocratique. Il s’incarne dans la figure d’un leader populaire, le général Georges Boulanger. Il se présente comme un mouvement situé au-delà de l’opposition entre la gauche et la droite, ce qui, comme chacun le sait, le situe plutôt à droite, même très à droite.3

Comme nous le verrons, le concept de « populisme » ne constitue pas un concept figé. Bien au contraire, au fil du temps, il évolue à fronts renversés. De gauche, il passe à droite. Du peuple, il s’en éloigne.

ÉVOLUTION DU POPULISME : LA HAINE DU PEUPLE

Dès le départ, nous percevons une difficulté ontologique lorsque nous voulons appréhender de manière fine la signification du concept de populisme, voire l’appréhension de ce concept dans toutes ses dimensions actuelles.

Signification du populisme : la haine du peuple

Le terme populisme est en général utilisé dans un sens péjoratif par ses opposants, c’est-à-dire les classes dirigeantes ou les politiciens au pouvoir, pour amalgamer et critiquer tous les « archaïsmes » et freins au développement de leur politique qu’ils pensent détecter parmi le peuple.
Le terme « populisme » sert aussi à dénoncer les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes ou qui flattent ses « bas instincts » comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme, l’antisémitisme la discrimination ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires.

Le contour du mot « populisme » est relativement flou et varie selon celui qui l’utilise. De nos jours, il est souvent considéré comme synonyme de démagogie, d’électoralisme, d’opportunisme. Parmi les exemples de mouvements populistes, on cite souvent le boulangisme, le poujadisme (France), le péronisme (Argentine)4. Quels sont les termes connexes du mot populisme, d’après le dictionnaire ? On cite pêle-mêle les termes de clientélisme, de démagogie, de démocratie d’opinion, d’électoralisme, d’opportunisme, de peuple, de doxocratie, de peuple.

En France, la question revient de manière récurrente à propos de la qualification politique du Front national de Marine Le Pen. S’agit-il d’un parti fasciste, populiste, nationaliste, poujadiste ou d’extrême droite ? De même, existerait-il un « populisme » d’extrême gauche dans la mesure où les partis qui s’en revendiquent font appel au peuple et dénoncent l’élite qui contournerait systématiquement le suffrage populaire (Cf. le refus du recours à la voie référendaire pour trancher les questions européennes) ?

Appréhension du populisme : la haine du nationalisme

« Le populisme est le plus dangereux des narcotiques, le plus puissant des opiums pour endormir et anéantir l’intelligence, la culture, la patience et l’effort conceptuel » écrit le philosophe Michel Onfray. On l’aura compris, il ne fait pas bon se revendiquer aujourd’hui du « populisme » de près ou de loin tant ce qui entoure le peuple est méprisable. Finis les bals populaires, les soupes populaires, les traditions populaires, les fêtes populaires, la culture populaire… À l’ère de la « mondialisation heureuse », tout ceci sent le rance. Le président, François Mitterrand n’avait-il pas déclaré que le nationalisme (synonyme de populisme), c’était la guerre ? Le président Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas cru intelligent de faire contourner par le Congrès le refus référendaire du traité constitutionnel européen ?

Plus récemment, dans une tribune publiée par le Monde le 9 mars 2017, l’ambassadeur de France à Tokyo écrit : « « Vous traiterez ce message avec mépris, en invoquant la souveraineté du peuple que personne, et certainement pas les fonctionnaires, ne voudra contester. Mais il arrive au souverain de se tromper, en particulier lorsqu’il est en colère ». De proche en proche, n’est-ce pas la souveraineté du peuple qui est mis en cause ? Pourquoi ne pas proposer de dissoudre le peuple (Bertolt Brecht) lorsqu’il vote mal, ce serait plus clair ? Ce dédain du peuple par nos élites n’expliquerait-il pas, en partie, le succès du Front national en France et de ses homologues dans les pays européens au cours de la dernière décennie ? Et voilà comment, au pays de la Révolution française, de la philosophie des Lumières, de Descartes et de Voltaire, on traite le peuple. N’est-ce pas un crime contre l’esprit qui pourrait mal finir un jour ou l’autre ? La seule manière de traiter le vent de désespoir populaire, qui enfle les voiles du Front national, consiste-t-elle à nier les problèmes pour ne pas avoir à les affronter pour mieux les résoudre ?

Pense-t-on sérieusement un seul instant que c’est en taxant de complicité avec les faits que certains ont le courage de décrire que l’on réglera un problème durable comme celui de la montée du « populisme » en Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Slovaquie…) ?

ACTUALITÉ DU POPULISME : L’ÉLITE CONTRE LE PEUPLE

En dépit des commentaires intervenus après les élections, du 15 mars 2017, aux Pays-Bas (sorte de victoire à la Pyrrhus), les élections futures en France, en Allemagne pourraient réserver quelques surprises, au premier rang desquelles la dénonciation de la trahison des élites.

Les élections néerlandaises : une victoire à la Pyrrhus

À la veille d’un scrutin serré qui met son parti en compétition avec celui de Geert Wilders, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte – surnommé téflon tant les critiques le laissent indifférent – stigmatise « Le mauvais populisme » et en appelle au « vote utile » contre son adversaire5. Nous découvrons, à l’occasion des élections législatives néerlandaises du 15 mars 2017, que le populisme, ce serait comme le cholestérol, il y aurait le bon et le mauvais, d’une part et qu’il y aurait des votes utiles (lesquels ?, on imagine venant des électeurs qui votent pour lui) et des votes inutiles (lesquels ?, on pense à ceux qui voteraient pour le parti du dirigeant d’extrême-droite). Mark Rutte se réjouit, après le vote, que ses concitoyens aient « dit stop au populisme de mauvais aloi ». Mais personne ne nous dit quelle autorité morale, quelle conscience universelle définirait la notion de vote utile, de bon populisme, de populisme de mauvais aloi ? Là, les choses se corsent pour le cartésien que nous sommes.

Mais, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles : Mark Rutte remporte les élections même en perdant un certain nombre de députés. Les médias « mainstream » comme Le Monde n’ont pas assez de superlatifs pour saluer cette victoire du Bien contre le Mal : « Défaite de l’extrême droite aux Pays-Bas »6 (le journaliste se félicite de ce que le « printemps des populistes » n’ait pas commencé à La Haye), « Pays-Bas, la digue européenne tient bon »7 (l’éditorialiste y voit une nouvelle preuve de la vigueur de la résistance démocratique à la montée du populisme). Les présidents du Conseil et de la Commission semblent toujours aussi aveugles que sourds aux préoccupations des peuples, estimant le danger définitivement écarté. Le nouveau président du parlement européen, Antonio Tajani semble le seul à vouloir poser la bonne question, à savoir : « Répondons aux populismes par une Europe des actes »8. Reste désormais à savoir ce que seront ces actes dans les mois à venir !

Les élections futures : la trahison des élites

Les dirigeants européens (François Hollande salue une « victoire claire contre l’extrémisme ») et l’élite europhile et mondialiste (au moment où l’Amérique tourne le dos à la mondialisation, François Hollande pourfend le protectionnisme à Singapour9) auraient tort de se réjouir trop tôt. Pas plus que les médias qui s’avancent un peu vite, comme ils l’avaient fait avec la clairvoyance que l’on sait sur le « Brexit » et sur Donald Trump. Dans une approche idéologique, les éditorialistes du Monde et de Libération voient la réalité avec des œillères.

Le Monde décrète doctement : « La crise de croissance des populismes européens »10 tout en reconnaissant « Le génie populiste »11. Une hirondelle ne fait pas le printemps, c’est bien connu. Ils pourraient déchanter dans les mois à venir. En effet, par ces temps de grosse tempête, rien n’est jamais stabilisé. Comme le souligne justement, Geert Wilders (après son semi-échec) : « On ne remet pas si facilement le génie dans la lampe ». L’effet domino n’est pas à exclure à tout jamais12. L’affaire néerlandaise est le signe d’un désamour croissant entre les peuples européens et leurs élites sur des problématiques fondamentales qui tournent autour du périmètre acceptable de la mondialisation, de la construction européenne13. Que voulons-nous faire de l’Europe soixante ans après son lancement ?14

Cette crise de confiance n’est pas parvenue à son terme. On ne peut la juguler en faisant comme si de rien n’était après chaque élection qui voit une défaite (relative et non absolue) des partis « populistes ». Les questions pertinentes qu’ils mettent sur la table n’auront pas disparu d’un seul trait de plume ou de tribunal médiatique (arme de destruction idéologique massive). Les peuples sont là pour le rappeler à chaque occasion qui lui est donnée de le faire. À titre illustratif de ce mépris de la souveraineté du peuple, nous rappellerons que l’ex-président de la Catalogne (Espagne), Artur Mas est condamné, le 13 mars 2017, à deux ans d’inégibilité pour avoir organisé une « consultation » sur l’indépendance de la région15. Qui du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

Continuons à lire et à entendre que les Français votent mal et qu’il faut que le microcosme bien-pensant ait à corriger leurs erreurs pour affaiblir encore plus la crédibilité de notre démocratie16. Refuser l’existence d’une menace n’a jamais apporté la moindre protection contre elle. Au contraire, aurait pu écrire Marc Bloch.

« La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent » nous avertit Daniel Defoe dans Robinson Crusoe. Vous connaissez la nouvelle ? Il y aurait, parait-il, un danger populiste, un danger Marine Le Pen. De la droite à l’extrême gauche, ce ne sont que cris d’orfraies : attention, stop ! Heureusement que ces derniers ne croient pas un mot de ce qu’ils racontent. Autrement, ils formeraient une grande coalition pour écarter le danger. Il faut écouter nos élites. Il faut, lire et relire leur déclaration sur le nationalisme, le populisme, l’europhobie. Un gigantesque bras d’honneur à la démocratie et aux électeurs. Un indécrottable racisme à l’égard des classes populaires. Souvenons-nous que l’article de la Constitution française du 4 octobre 1958 décrète que « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants pu par referendum ». Il semble que cette exigence soit souvent perdue de vue par ceux qui en sont normalement les gardiens.

« Le seul danger, c’est la bêtise ou l’incompétence » nous rappelle Isabelle Hupert. Entre les lignes du débat – si tant est que l’on puisse utiliser ce terme dans le cas d’espèce -, se joue une question majeure. Comment éviter les raccourcis, les approximations, les anathèmes sur le « populisme » ? Ils menacent la démocratie, l’État de droit et la liberté de penser dans notre pays.

Quand acceptera-t-on de débattre sereinement dans notre pays des questions que se pose le peuple, y compris celles qui ne sont pas politiquement correct. Le même aveuglement des dirigeants, de leurs communicants, des élites risque aujourd’hui d’achever ce qui reste d’esprit critique dans notre pays. Sous le prétexte fallacieux de défendre la démocratie, certains ne sont-ils pas en train de l’attaquer insidieusement ? En définitive, se pose la question fondamentale de savoir où se situe la frontière entre le « populisme » de bon et de mauvais aloi ?

Guillaume Berlat
10 avril 2017

1 Les grosses ficelles du populisme, Les dossiers du Canard enchaîné, avril 2017.
2 Philippe Raynaud, Le populisme existe-t-il ?, dans Questions internationales, Populismes et nationalismes dans le monde, La documentation Française, n° 83, janvier-février 2017, pp. 8-15.
3 Philippe Raynaud précité.
4 www.toupie.org/Dictionnaire
5 Jean-Pierre Stroobants, Pays-Bas : Rutte appelle au vote utile contre Wilders, le Monde, 15 mars 2017, p. 3.
6 Jean-Pierre Strobants, Défaite de l’extrême droite aux Pays-Bas, Le Monde, 17 mars 2017, p. 2.
7 Éditorial, Pays-Bas, la digue européenne tient bon, Le Monde, 17 mars 2017, p. 24.
8 Antonio Tajani, Répondons aux populismes par l’Europe des actes, Le Monde, 19-20 mars 2017, p. 28.
9 Solenn de Royer, La philosophie douce-amère de François Hollande en Asie, Le Monde, 29 mars 2017, p. 9.
10 La crise de croissance des populistes européens, Le Monde, 18 mars 2017, pp. 1-2-3.
11 Sylvie Kauffmann, Le génie populiste, Le Monde, 19-20 mars 2017, p. 30.
12 Éditorial, Dominos européens, Le Figaro, 15 mars 2017, p. 1.
13 José Maria Aznar (entretien avec Mathieu de Taillac), « Vouloir plus d’Europe ferait exploser l’Union européenne », Le Figaro, 14 mars 2017, p. 16.
14 Natacha Polony, Europe : mourir à soixante ans, Le Figaro, 11-12 mars 2017, p. 17.
15 Sandrine Morel, Deux ans d’inégibilité pour l’ex-président catalan, Le Monde, 15 mars 2017, p. 4.
16 François Lecointe, La crédibilité de la démocratie, Marianne, Courrier des lecteurs, 17-23 mars 2017, p. 54.

 

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