Observatoire Géostratégique

numéro 244 / 19 août 2019

MEDITERRANEE POUBELLE ! QUE FAIRE ?

En Orient-ations de cette semaine, Guillaume Berlat nous rappelle opportunément le 75ème anniversaire du Débarquement de Provence et de ses héros d’Afrique : bonne opportunité pour se pencher à nouveau sur le mare nostrum et ses évolutions récentes. Mauvaise nouvelle : la Méditerranée menace de mourir et de se transformer en cloaque.

Entre les 28 minutes quotidiennes de bobologie et des soirées Thema, souvent très désorientées idéologiquement, Arte fait parfois des efforts. Ainsi, dernièrement, la chaîne franco-allemande a rediffusé un documentaire exceptionnel : « La Méditerranée va-t-elle passer l’été ? ». Paquebots de croisière de plus en plus monstrueux, nourris au fuel lourd ; trafic incessant de cargos chargés de produits dangereux ; tourisme de masse ; marinas luxueuses ; bétonnage à tout-va ; industries polluantes… La Méditerranée ne cesse d’attiser les appétits de pays en recherche de nouveaux profits. Elle renferme 10 % de la biodiversité marine mondiale. Mais – semi-fermée – elle ne renouvelle ses eaux que tous les cent ans.

Le réalisateur Alexis Marant livre ainsi un travail de deux ans : « Le rapport ‘MedTrends’ du WWF sur la Croissance bleue, paru en janvier 2016 et le doublement de la capacité du canal de Suez ont motivé notre enquête. Le business des croisières est récent, mais le nombre des passagers a été multiplié par quatre ces vingt dernières années. Les 29 pays du bassin méditerranéen n’ont pas tous les mêmes enjeux ni le même stade de développement. On a vu une mobilisation autour du thon rouge, mais aucune instance ne supervise l’ensemble du bassin. De même, il n’existe pas de vraies routes maritimes, de rails montants ou descendants. Dans le chapelet d’îles et de rochers de la mer Égée, cargos et paquebots naviguent comme bon leur semble ».

L’organisation maritime internationale (OMI) a, pourtant instauré un « Statut de zone maritime particulièrement vulnérable », dont on dénombre une vingtaine dans le monde, obligeant les États à prendre différentes mesures de protection. Au cours d’une interviouwe particulièrement surréaliste, le ministre grec des Affaires maritimes – Panagiotis Kouroumplis – avoue tout ignorer d’un tel statut, préférant nous livrer l’habituelle langue de bois : « tout va bien… ne vous inquiétez pas, nous veillons au grain ! ».

MONTENEGRO : LA MAFIA POLLUE !

L’enquête nous mène d’abord au Monténégro, où une espèce de Don Corleone local transforme le pays en nouveau Monte-Carlo. Milo Dukanovic – c’est son nom – a été successivement Premier ministre (1991-1998), président de la République (1998-2002), puis de nouveau Premier ministre (2003-2006, 2008-2010 et 2012-2016). Il est le dirigeant européen demeuré le plus longtemps au pouvoir après le président de la république de Biélorussie Alexandre Loukachenko, et le dernier homme d’État issu de la période des guerres balkaniques. Avec un cynisme sidérant, il explique qu’il vend son pays à de « puissants investisseurs » pour « favoriser des emplois » qui n’ont jamais été créés !

Dans les années 1990, il a été accusé de liens mafieux avec des trafiquants de tabac. En mai 2010, il est reconnu par le journal britannique The Independent, comme le 20ème dirigeant le plus riche au monde, sa fortune étant estimée à 10 milliards de livres (environ 11,5 milliards d’euros). Selon une enquête et un rapport interne compilé en 1997 par la Guardia di Finanza (les douanes et la police des financières italiennes), le Monténégro est le cœur de la contrebande de cigarettes en Europe, divisé en hiérarchie entre les différents familles criminelles de la mafia sicilienne, la Camorra et la Sacra Corona Unita. Le rapport affirme que la contrebande de tabac en Europe a provoqué environ 700 millions de dollars par année en pertes pour les gouvernements et les négociants légitimes.

Richard Labévière

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GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » (Oscar Wilde). Quel décalage abyssal entre l’image de puissance et de clairvoyance intellectuelle que projettent les États-Unis à l’extérieur de leur pays (« row » pour « the rest of the world » ainsi désigné de manière méprisante) et la réalité moins reluisante d’une certaine forme d’impuissance et d’aveuglement (avec une constance qui mérite louange) sur la compréhension des questions internationales ! Et, pourtant, l’Amérique exerce une fascination sans limite sur nos centres des recherche (« think tanks », cela fait plus chic et plus sérieux ») – sans parler de l’école néoconservatrice (« la secte » ou « la meute ») qui fait la pluie et le beau temps dans la diplomatie française – qui ont les yeux de Chimène pour tous les concepts provenant d’Outre-Atlantique. À tel point que l’on peut se demander si le pays des Lumières ne manquerait pas de bons esprits capables de réfléchir de manière indépendante sur les évolutions du monde d’aujourd’hui, voire de les anticiper. Et cela est d’autant plus préoccupant que les dernières décennies sont truffées d’exemples de la faillite intellectuelle américaine sur le plan géostratégique : Vietnam, Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Irak-Syrie … Un véritable inventaire à la Prévert. Notre Oncle Sam (démocrate ou républicain), qui ose encore se présenter comme l’inspirateur d’essence divine du ou des progrès de la planète, apparait de plus en plus comme un marchand d’illusions de haut vol auquel il est hasardeux de faire confiance.

VIETNAM : LA GROSSE CLAQUE ASIATIQUE

Il est indispensable de revenir au siècle dernier pour apprécier la constance dans l’erreur des États-Unis dans les crises où ils ont décidé de s’impliquer. Après s’être félicités de la débâcle de Dien Bien Phu en 1954, les Américains entendent reprendre la place laissée libre par la France – la nature ayant horreur du vide – en déroute de la Quatrième République en Indochine. Petit à petit, ils constatent que l’affaire est moins simple que prévu. Ils y dépêchent d’abord quelques conseillers militaires pour épauler les Vietnamiens du Sud (sorte de rempart de l’Occident) en proie à un harcèlement constant des Vietnamiens du Nord (sorte de cheval de Troie du communisme). Cela n’étant pas suffisant, ils y envoient un véritable corps expéditionnaire pléthorique censé infliger une véritable correction à ces pouilleux du général Giap. L’affaire tourne mal. En dépit d’une guerre sans merci, de l’utilisation à outrance de l’aviation, de défoliants et autres armes intelligentes, l’aventure tourne à la débandade pour l’invincible Amérique. Les accords de Paris signent la fin de la récréation et l’une des plus grandes défaites militaire et idéologique des États-Unis de l’après Seconde Guerre mondiale. On se souvient du départ en catastrophe de l’ambassadeur des États-Unis de Saïgon à l’arrivée des troupes du Viêt-Cong. Pas très glorieux de se faire rosser par plus petit que soi. Ce serait du genre humiliant à y regarder de plus près.

Après le séisme produit dans le pays profond par la guerre du Vietnam, l’on pensait l’Amérique vaccinée contre le mal des expéditions coloniales aventureuses pensées et conduites par le très célèbre lobby militaro-industriel dictant sa loi au Pentagone mais aussi et surtout à la Maison Blanche. Mais, c’était mal le connaître. Après une accalmie d’une vingtaine d’année, l’Amérique est rattrapée par ses vieux démons qui vont la conduire en Afghanistan d’où elle avait largement contribué à chasser l’occupant soviétique en armant le bras des Talibans (Cf. les livraisons des missiles Stingers aux Talibans). La fable de l’arroseur arrosé, du retour du boomerang, toutes choses qu’Américains mal dégrossis ne veulent ou ne peuvent pas comprendre tant l’Amérique ne veut entendre les critiques de ses alliés sur leurs aventures hasardeuses. Elle préfère faire la sourde oreille, au mieux, clouer au pilori l’intrépide qui se permet de la critiquer, au pire. C’est la diplomatie du silence dans les rangs serrés des idiots utiles, des courtisans serviles qui sont légions à Evere, le siège de l’église atlantiste qui a pour nom Alliance atlantique ou NATO dans la langue de Shakespeare.

AFGHANISTAN : LE CIMETIÈRE DES EMPIRES

L’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement en Afghanistan où les puissances étrangères (Britanniques, Soviétiques et Américains, épaulés par leurs idiots utiles) subissent échec après échec comme si régnait une sorte de malédiction sur ce pays ? Après avoir été éliminés par la coalition des suppos de Washington, les Talibans sont aujourd’hui de retour à Kaboul et ailleurs dans le pays.

L’élimination des Talibans

Plus près de nous, après les évènements tragiques du 11 septembre 2001, l’administration républicaine se lance dans une « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, enrôlant au passage ses idiots utiles d’alliés – plutôt alignés – de l’OTAN pour bouter le barbare (ami de la veille) hors de Kaboul et des principaux centres stratégiques du pays. Une fois encore, elle met le paquet, pour employer cette expression triviale. L’ennemi abandonne ses positions mais pas son idéologie. Peu après, elle décrète que l’ennemi islamiste est terrassé et que l’Afghanistan va entrer dans une nouvelle ère de paix, de prospérité et de démocratie heureuse (la mise en place des équipes de reconstruction provinciales ou PRT). Tout va très bien madame la marquise mais à part çà un petit rien… Les choses ne tournent pas dans le sens souhaité.

Le retour des Talibans

Presque vingt après le début de l’intervention militaire, le bilan est catastrophique. Les Talibans chassés de leurs fiefs reprennent le terrain perdu en infligeant de lourdes pertes aux troupes de la coalition et en faisant à nouveau régner la terreur dans le pays. Les femmes sont les victimes expiatoires de ces fous furieux. Donald Trump, qui comprend que la force ne paie pas, négocie avec eux, se promettant de quitter ce « cimetière des empires » avant 2020, élections obligent1. Fait intéressant à noter, les États-Unis se montrent d’une grande magnanimité avec l’Arabie saoudite (son grand allié depuis le Pacte du Quincy) alors même que les terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 sont en majorité originaires de ce pays comme du reste leur cerveau Oussama Ben Laden et qu’elle diffuse dans le monde un islam rigoriste (le wahhabisme) mortifère qui inspire les apprentis terroristes de tout poil, y compris ceux qui vivent en Occident. En termes d’indignation à géométrie variable, les Américains sont hors compétition. Bien évidemment, les alliés de l’oncle Donald (y compris le gouvernement fantoche de Kaboul) ne sont pas conviés aux négociations secrètes entre Américains et Talibans. Ils seront informés le moment venu du résultat des discussions et n’auront pas leur mot à dire. Merci pour tous les morts inutiles qu’ils laisseront derrière eux et qui se seront battus pour le roi de Prusse. Mais, ne nous arrêtons pas à de pareils détails mesquins. Les fameux alliés ont l’habitude d’avaler des couleuvres, des boas sans coup férir. Ils seraient même du genre masochistes et auraient même tendance à en redemander à l’occasion. Tournons notre regard vers l’Irak, objet de toutes les attentions de l’administration républicaine.

IRAK : GUERRES SANS FIN

L’élimination de Saddam Hussein

Dans sa grande sagesse, l’Amérique décrète, au début des années 2000, qu’elle va faire du « Grand Moyen-Orient » une sorte de laboratoire de la démocratie et de la loi du marché qui va étendre ses effets bénéfiques, de proche en proche, à la région au sens large par effet de domino à l’envers. Mais, il existe dans la zone un fauteur de troubles (« trouble maker ») désigné à la vindicte publique qui aurait la fâcheuse tendance à occuper l’un de ses voisins (le Koweït) en violation du droit international (il en sera puni), à aider en sous-mains les terroristes Al-Qaeda (pour se venger de la défaite qui lui a été infligée après l’invasion du Koweït) et, pire encore, à se doter illégalement d’armes de destruction massives, les fameuses ADM ou WMD en anglais (que l’on a du reste jamais trouvées même en cherchant bien). Occasion rêvée de lui rendre gorge, une bonne fois pour toutes et au passage de mettre la main sur ses ressources pétrolières. Chose dite, chose faite. En un tournemain, en dépit de l’opposition française (Cf. le discours de Dominique de Villepin de 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU) et de l’absence d’autorisation du machin (dont l’Amérique n’a que faire), on règle son compte au tyran Saddam Hussein, on élimine tout ce qui, de près ou de loin, a collaboré avec le parti Bath et la bataille est, une fois de plus gagnée. Au passage, toute l’infrastructure administrativo-politique est mise à terre. Le pays est un bateau ivre sans capitaine, si ce n’est quelques marionnettes désignées à et par Washington mais qui ne représentent pas le pays réel. Sunnites et Chiites, sans parler des Kurdes, s’en donnent à cœur joie en commettant attentats sur attentats, plus horribles les uns sur les autres. Une sorte de surenchère permanente dans l’atrocité.

Guillaume Berlat
19 août 2019

1 Jacques Follorou, Afghanistan : les Américains pourraient partir fin 2020. Washington et les talibans sont engagés depuis onze mois à Doha dans des négociations de paix, Le Monde, 10 août 2019, p. 4.

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JACQUES-MARIE BOURGET NOUS DIT : « SEX-STORIES D’AUJOURD’HUI ET LES DESSOUS DE L’AFFAIRE MAXWELL ! ». L’actualité sexualo-people autour de l’affaire Epstein, après l’avatar Wenstein, n’a aucun n’intérêt pour qui ne remonte le passé. Celui de Ghislaine Maxwell, décrite aujourd’hui comme rabatteuse d’adolescentes pour le plaisir du millionnaire pédophile et celui de ses amis puissants. Intérêt encore si on remonte aussi dans la vie de son père, Robert Maxwell, tycoon de presse, mort par noyade aux Canaries le 5 novembre 1991.

La carrière de Robert Maxwell – un Tchèque de confession juive – commence en 1940 quand, parvenant à échapper à l’Holocauste, il se réfugie à Londres pour devenir interprète de l’armée britannique. Cette jeune carrière va bientôt le conduire à Prague et sur le front de l’Est, là où se rencontrent deux lames des forces de libération du nazisme : celle des Occidentaux et celle des Soviétiques. Le plus souvent l’ambiance vécu par le jeune traducteur ressemble à celle décrite dans le film « Le Troisième Homme » : espionnage, trahison, double jeu. L’habile Maxwell, devenu citoyen britannique, sait se faire l’ami et le confident de certains as du KGB. A Berlin, dans une ville qui n’est plus qu’une ombre, il lance de petits réseaux de marché noirs. Avec cet argent il peut prendre la main chez l’éditeur allemand Springer Verlag, spécialiste des publications scientifiques, mais interdit d’exercice après son engagement nazi. C’est le début d’une aventure qui va, en 1985 alors qu’il a été élu député travailliste, le conduire à la tête du groupe britannique « Mirror » journal « de caniveau » (mais « de gauche ») qui publie le « Daily » et le « Sunday » Mirror.

Pendant toutes ces années Maxwell n’a jamais perdu le contact avec ses amis vrais des services israéliens au point de devenir un homme de confiance capable d’informer et d’assister le Mossad. Et même, s’il le faut, de blanchir l’argent du service. En 1986 Maxwell aide Israël à récupérer Mardochai Vanunu, un employé de la centrale atomique de Dimona qui révèle aux journaux quelques secrets de l’arsenal nucléaire de Tel-Aviv. Maxwell et des « journalistes-agents » du « Mirror » tendent un piège à Vanunu qui s’est réfugié à Londres. Sur la route du « lanceur d’alertes », ces défenseurs d’Israël placent « Cindy », une jolie jeune femme qui travaille pour le Mossad. Elle et l’équipe du Mirror arrivent à convaincre Vanunu d’aller passer un week-end à Rome. C’est là que des barbouzes du Mossad l’attendent et l’embarquent en bateau pour Haïfa. Maxwell a bien mérité du sionisme.

Puisqu’il est de « gauche », alors que sa femme est française, Maxwell finance un morceau de la Grande Arche de la Défense voulu par Mitterrand pour qui, il devient une sorte de frère des bonnes œuvres. La vie de Maxwell semble se dérouler avec cette absence d’angoisse qui est celle des milliardaires… Quand le monde apprend, un peu éberlué, que le magnat est mort en tombant à l’eau depuis le pont de son yacht le « Lady Ghislaine », navire qui porte le nom de sa fille adorée. Le 6 novembre à l’aube je suis présent aux Canarie tentant de donner une explication à cet incompréhensible plongeon nocturne.

Dans un centre de téléphone public de l’île, je pince le commandant du yacht en conversation avec un correspondant qui, enquête faite, répond sur une ligne spéciale réservée à la CIA. Ce qui est bien étrange… Les espagnols salopent l’autopsie : Maxwell est mort noyé. Rien de plus. A Jérusalem l’homme est enterré au « Carré des Justes », celui des bienfaiteurs de l’Etat.

Un an plus tard je parviens à me procurer l’autopsie de Maxwell. Non pas celle d’Espagne mais celle réalisée à Tel-Aviv, dans les locaux du Shin Bet, l’équivalent de notre DGSI. La musique n’est pas la même, le légiste anglais imposé par la compagnie d’assurances est formel : cet homme a été assassiné (traces de coups et de piqûres).

L’explication est la suivante. Ayant trop joué au loto du grand capital, sans moyens suffisants, c’est un Maxwell au bord de la banqueroute qui vient de dérober l’argent de la caisse de retraite de ses employés du groupe « Mirror ». Voulant se remplumer, le tycoon en déconfiture lance deux actions. La première est de récupérer une partie de l’argent qu’il a fait gagner au Mossad en le blanchissant. La seconde est de relancer ses amis, ex-Soviétiques, devenus Russes. La chute de l’empire a laissé place à un tel chaos que Maxwell est convaincu qu’un corrompu de l’appareil militaro-industriel peut mettre à sa disposition des armes de destruction massive que lui, Maxwell, peut vendre à un pays « mal intentionné », du genre Irak ou Iran.

C’en est trop ! La CIA et le Mossad décident alors de liquider leur meilleur ami. Laissant orpheline la jeune Ghislaine qui, très vite grâce à Epstein et autres réseaux va redevenir une femme puissante. Tout en continuant de cultiver des liens avec ceux qui ont tué son père, et qui fréquentent aussi Epstein. Etrange, par exemple, que sur une photo, on voit Ehud Barak, ancien premier ministre israélien, sonner à la porte du palais newyorkais d’Epstein. Un Barak qui fût longtemps le bras armé du Mossad, et même décoré pour ses « exploits ! ».


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MEDIAS : POUR LE TEMPS, LES FAUX BORGNES, C’EST MIEUX QUE LES VRAIS ! Antipress, 15 août.

Au royaume des aveugles, les faux borgnes sont rois ! C’est ainsi que Le Temps publie une « Une » dramatique avec des visages aux yeux droits bandés. Au premier coup d’œil, on pourrait penser que l’organe officiel de la bobocratie suisse romande a enfin clairement dénoncé la brutalité de la répression policière en France voisine. Mais non: il ne s’agit que de faux éclopés, des manifestants hongkongais qui «ont affiché leur solidarité avec une femme grièvement blessée à l’œil». Dans la France de Macron, on comptait jusqu’en mai une morte et 2498 blessés, dont 5 qui ont perdu une main et 24 personnes ayant perdu un œil. Largement de quoi couvrir une pleine page de vrais borgnes! Mais le Temps s’est bien gardé de trop thématiser cette violence inquiétante à ses portes. S’il a évoqué la répression policière, qui «ternit l’image de la France», c’est pour aussitôt mettre en garde contre son exploitation de propagande. Exemplaire de prudence !

Le quotidien est beaucoup moins retenu, en revanche, s’agissant de pays lointains et mal vus de l’0ccident: dramatisation sur deux pages des manifestations de Moscou et grosses bouffées d’émotions sur Hong Kong. Analyse de l’arrière-plan géopolitique, des manipulations médiatiques et des ingérences américaines ? N’y pensez pas ! Pour cela, mieux vaut lire l’Antipresse ! C’est sans doute pour avoir trop lu Le Temps que Nicolas Dufour, sur Facebook, parle de «propagande des Gilets Jaunes» lorsqu’on évoque les «vrais éborgnés de Paris», ajoutant: «je trouve les manifestants de Hongkonk (sic) bien plus important (sic) que les quarterons d’énervés français habituels». Selon cet internaute helvétique, donc, les mutilations de Gilets Jaunes seraient de la propagande, alors que même le très conformiste Obs a réfuté la minimisation du chiffre des éborgnés par Christophe Castaner. Quant à la réduction d’un profond mouvement social confronté à une répression largement abusive et illégale à des «quarterons d’énervés français habituels», on croirait presque lire un édito du Temps. Au fait, c’est normal: Nicolas Dufour est justement journaliste et chef d’édition numérique au Temps. Le déni de réalité et le mépris du populo sont compris dans l’abonnement. CQFD.

 

DECODEURS DU MONDE/DECODEX : LE PETIT NABIL WAKIM – Antonin Campana/Le Coin des clowns, 14 février 2017.

Nous avons tous entendu parler des « décodeurs » du quotidien Le Monde. En résumé, ce sont des journalistes, vénérables fruits de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, qui du Jardin qu’est Le Monde ont la noble ambition de nous faire profiter de leur savoir insondable. Grâce à ces pommes, pour peu que nous les croquions, nos yeux se dessilleront et nous saurons enfin discerner le vrai du faux et le bien du mal. Amen. Plus prosaïquement, l’objectif de ces sots imbus d’eux-mêmes est de rétablir insidieusement une censure qui fasse taire les sites politiquement incorrects de la « fachosphère ». Depuis le début février, l’Arbre de la connaissance du Bien et du mal a un nouveau fruit : Décodex, un moteur de recherche, financé par Google, qui juge souverainement les sites internet et les envoie qui en enfer, qui au purgatoire et qui au paradis.

Ce que l’on sait moins, c’est que l’idée d’un blog dédié au « fact checking » vient dès 2009 d’un certain Nabil Wakim. C’est lui, véritablement, qui est le créateur et le maître à penser du projet « Décodeurs ». Mais qui est Nabil Wakim ? Nabil naît à Beyrouth en 1981. Quatre ans plus tard, sa famille s’installe à Lyon. En 2003, il obtient une maîtrise d’histoire de l’université Lyon II et en 2005 un master de journalisme. Il entre au Monde en 2008 (chef du service politique en 2011, Rédacteur en chef en 2013 !). Il est aussi, depuis 2010, enseignant à l’Ecole de journalisme de Science po Paris. Nabil Wakim s’est marié le 17 mai 2014 à Collonges, avec Audrey Cerdan, une photographe de Rue89. Voilà pour le côté face.

Côté pile, Nabil Wakim est un Young leader de la French American Foundation, promotion 2012 (celle d’Emmanuel Macron ou de Fleur Pellerin !). Si l’on en croit son curriculum vitae en ligne, Wakim aurait passé l’essentiel de l’année 2012 au sein de la French American Foundation. En juin 2013 encore, Nabil Wakim se rend à Marrakech pour intervenir dans un « dialogue avec le monde arabe » organisé par la French American Foundation. Le sujet ? Le « printemps arabe » vu sous le prisme de la « Renaissance Africaine » (sic !). Wakim ne pouvait alors ignorer que les printemps arabes relèvent moins d’une prétendue « renaissance africaine » que d’une tentative de recomposition du Moyen-Orient par les Services américains (USAID, NED, Freedom House, Open Society…). Participer à ce colloque revenait donc à collaborer en toute connaissance de cause à une vaste entreprise américaine de désinformation, puissamment relayée par l’ensemble des médias occidentaux, dont Le Monde. Pas terrible pour un « décodeur » !

Mais qu’attendre de plus d’un Young Leader ? Dit un peu rapidement et de manière sans doute caricaturale, la French American Foundation est une organisation transatlantique visant à recruter des larbins de qualité pour servir le Nouvel Ordre Mondial et la Caste. N’y entre pas qui veut, la sélection est rigoureuse et le candidat doit surmonter plusieurs entretiens de motivation avant d’être retenu pour la sélection finale. A titre d’exemple ont participé au programme Young Leaders des gens comme François Hollande, Alain Juppé, Nathalie Koszciusko-Morizet, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Bill Clinton, Hillary Clinton ou le général Wesley Clark, boucher de la Serbie… De nombreux Young Leaders sont, ou ont été, parallèlement membres du Siècle (Juppé, Hollande), de la Trilatérale (Anne Lauvergeon) ou du groupe de Bilderberg (Bill Clinton)… Le Young Leader Nabil Wakim évolue donc dans un réseau de sociabilité très lié à l’oligarchie, au libéralisme économique et sociétal, au sansfrontiérisme, à la globalisation et à la juste guerre.

En juillet 2014, selon le site de la mairie de Collonges, Nabil Wakim s’envole avec sa femme vers les Etats-Unis, alors épicentre du mondialisme, pour y « étudier le journalisme à l’université de Harvard» ! De quoi tomber de sa chaise, vous ne trouvez pas ? Car enfin, pensez-y : pourquoi un homme, journaliste au Monde depuis des années, Rédacteur en chef du plus grand quotidien français, enseignant même le journalisme à Science po Paris, un homme qui frôle la connaissance absolue, irait prendre des cours de journalisme aux Etats-Unis ? A croire qu’un enseignant en journalisme en France vaut un simple étudiant en journalisme aux Etats-Unis ! Pas de quoi nous rassurer sur le professionnalisme des « décodeurs » !

En fait, Wakim ne va pas n’importe où. Il a été « sélectionné » par la Nieman Foundationpour apprendre à adapter son journalisme aux « médias numériques et sociaux ». LaNieman Foundation fait partie de ce réseau orwelien qui s’est institué en Ministère de la Vérité. Elle est notamment financée et travaille en partenariat avec la Knight Foundation, dont le président (Paul Steiger) est membre du CFR (Council on Foreign Relations) et président exécutif de ProPublica, un réseau de journalistes financé par le « mécénat » (fondations Ford, Carnegie, Soros, Knight…). Plusieurs membres du conseil consultatif deProPublica ont d’ailleurs la même fonction chez Nieman. Parmi les administrateurs de laNieman Foundation on trouve aussi Jennifer 8. Lee qui occupe un poste similaire à la Knight Foundation et au Center For Public Integrity financé par les fondations Soros, Ford, Knight ou MacArthur, cette dernière finançant aussi la Nieman Foundation. Tout ce petit monde, dont la fondation Nieman n’est qu’une pièce, fonctionne donc en réseau fortement interconnecté mais aussi ouvertement politisé (défense de la « société ouverte », de la « démocratie », de l’immigration, des « avancées sociétales », du multiculturalisme, de la globalisation…). Le Young leader Nabil Wakim est ici à bonne école, il va pouvoir transmettre en France les méthodes modernes de censure qu’il aura apprises aux Etats-Unis.

Le projet Décodeur et Décodex est donc une arme politique au service d’un monde qui pue : celui des néoconservateurs américains, des Soros, du CFR, des fondations « philanthropiques » mais aussi des multinationales. Dans la création des « Décodeurs », Nabil Wakim n’a certes été qu’un pion télécommandé. Mais son parcours nous montre les vrais commanditaires du « fact checking » et la nature réelle de ces journalistes « vérificateurs de faits » : des pommes certes, mais empoisonnées.

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Il y a 31 ans, le 20 août 1988, un cessez-le-feu enfin accepté par l’Iran et l’Iraq terminait une guerre arrangée dès 1979 et 1980 par des attentats à Bagdad attribués alors au parti Dawa, par 524 provocations aux frontières et le coup d’état militaire en Turquie le 12 septembre 1980, et ensuite longuement entretenue, y compris par des bombardements de puissances tierces, des ventes ciblées d’images satellitaires et d’armes pour soutenir le plus faible au bon moment. L’Etat israélien Likoud s’était profondément impliqué dans l’Iran-gate, par des proches conseillers du Premier Ministre. Reçu ce jour par le jeune président Macron à Brégançon, le président Poutine devrait lui raconter tout cela pour lui ouvrir les yeux sur les turpitudes de la criminelle connivence entre Likoud et Neo-cons américains depuis que l’Iraq a nationalisé son pétrole en 1972, peu après un accord stratégique avec l’URSS.

Bernard Cornut

 

  1. Paris, plein été. « Il y a urgence à reprendre les travaux de consolidation de ND de Paris. Il ne faut pas que l’on prenne trop de retard », s’exclame le bon curé ‘Monsignor’ Patrick Chauvet. ‘Ainsi certaines gens, faisant les empressés, s’introduisent dans les affaires ; ils font partout les nécessaires et partout importuns, devraient être chassés…’
  2. Un sous-secrétaire d’Etat votant au Sénat italien une résolution favorable à la grande vitesse quand son collègue du même gouvernement appelle à voter contre, cela fait évidemment désordre. La commedia dell’arte ‘giallo-verde’ se conclut donc un an plus tard en farce, avec un Salvini qui part seul contre tous – en jouant à l’apprenti-sorcier.
  3. Tel un mort-vivant sorti de son formol, Silvio Berlusconi, élu député européen, torpille son parti Forza Italia, crée un nouveau rassemblement du centre ‘Altra Italia’ (‘une autre Italie’ – soit pour les humoristes ‘une Italie qui n’existe pas’) et négocie avec Salvini. On dira ce qu’on voudra mais le ‘bunga-bunga’, ça vous tient un homme en forme.
  4. Le chinois est inventif, travailleur et persévérant. Mais il a tendance à prendre les autres pour des imbéciles. Les chinois de Hong Kong n’étant pas plus bêtes que ceux de Pékin, les évènements actuels étaient donc à prévoir. Mais le chinois est également patient et à ce jeu-là, c’est souvent, dans le temps, le plus nombreux qui gagne.
  5. L’Occident (le Figaro dixit) a plus besoin d’un prince saoudien ‘sûr de lui’ comme MBS – qui vient de permettre aux femmes de voyager sans tuteur, plutôt que ‘d’un personnage falot soumis aux ulémas’. A voir le désastre yéménite, la fessée syrienne, l’humiliation qatarienne et la prise d’Aden par l’ancien allié émirati, il n’a besoin ni de l’un ni de l’autre.

Dinall’uill

 

RUSSIE : L’ATTERRRISSAGE INESPÉRÉ DE JUPITER

En dépit de la pause estivale, le bulldozer à communication de la présidence de la République s’est mis en marche, mettant à contribution son clergé médiatique répétant ad nauseam les fameux éléments de langage concoctés par les excellents « spin doctors » de Jupiter. Après avoir fêté le 75ème anniversaire du débarquement des troupes françaises en Provence le 15 août 2019 à Saint-Raphaël, Emmanuel Macron reçoit en son Fort de Brégançon, le 19 août 2019, le président russe, Vladimir Poutine. Il entend procéder avec lui à un tour d’horizon complet de la situation internationale à quelques jours du G7 de Biarritz dont il est la puissance organisatrice (cénacle dont la Russie a été exclue depuis l’invasion de la Crimée). Un indispensable retour en arrière s’impose pour comprendre les raisons qui poussent Emmanuel Macron à passer d’une phase des grimaces et d’ostracisme à l’égard du méchant Poutine à une phase de sourires à l’endroit du bon Poutine.

LE TEMPS DES GRIMACES : LE MÉCHANT POUTINE

La dernière visite du Tsar à Versailles, peu après la présidentielle de mai 2017, s’était mal passée. Jupiter avait publiquement humilié son hôte à Versailles, l’accusant explicitement d’être à l’origine des informations malveillantes le concernant diffusées sur les réseaux sociaux pendant la campagne électorale. Ni très fair play, ni très diplomatique comme façon de traiter ses invités. Une longue période de glaciation diplomatique s’en suivit. Toutes les occasions étaient bonnes pour déverser des tombereaux d’injures sur l’autocrate russe. Fort de sa relation privilégiée avec Donald Trump, de son rôle de leader autodésignée d’une Europe qu’il décidait de refonder à sa main (Cf. son discours de la Sorbonne), de ses excellentes relations avec Angela Merkel, il n’avait que faire de ce mal dégrossi qui occupe le Kremlin. Toutes les occasions étaient bonnes pour le punir de son invasion de la Crimée, de le vilipender pour sa façon de transformer la Russie en démocrature, de lui faire savoir qu’il ne jouait aucun rôle en Syrie. De minimis non curat praetor, pourrait résumer sa pensée et sa posture diplomatique. Lorsque l’on est le leader du monde du XXIe siècle, on ne s’abaisse pas à traiter avec une telle brute que Vladimir Poutine qui sent la barbouze à plein nez, l’autocrate de bas étage.

Mais, au fil des mois, les mouches ont changé d’âne comme le disait l’ex-commentateur de matchs de football, Thierry Roland. C’est que le nouveau leader du monde libre se voit contester dans son rôle. Donald Trump le considère comme quantité négligeable, multipliant les avanies à son endroit. Angela Merkel évoque une atmosphère de confrontation avec Jupiter. Xi Jinping s’adresse à la chancelière lorsqu’il veut parler Europe. Au sein de l’Union européenne, la voix de Jupiter est de plus en plus inaudible. En Syrie, c’est Vladimir Poutine qui mène le branle avec Iraniens et Turcs, Emmanuel Macron se contentant de regarder passer les trains. En Libye, la duplicité diplomatique française saute aux yeux. En Afrique, la Chine tisse ses routes de la soie et la Russie nous supplante en RCA.

Guillaume Berlat

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