Observatoire Géostratégique

numéro 196 / 17 septembre 2018

TERRORISME : LE DRIAN ABUSE DU CHOUCHEN1

C’est proprement sidérant ! Les mots manquent… et on peine vraiment à comprendre les raisons de ce nouvel accident de la diplomatie française. Mardi dernier, le patron du Quai d’Orsay a appelé le « régime syrien » et son allié russe à la « retenue » à Idlib, craignant qu’une offensive contre cette province ne disperse les jihadistes « qui sont des risques pour demain ».

Alors que la reconquête de la province d’Idlib – à l’ouest d’Alep – a commencé (voir « Idlib : une schizophrénie occidentale » dans prochetmoyen-orient.ch de la semaine dernière), Jean-Yves Le Drian a déclaré sur une chaine de télévision en continu : « il y a un risque sécuritaire dans la mesure où dans cette zone se trouvent beaucoup de jihadistes, se réclamant plutôt d’AlQaïda, qui sont entre 10.000 et 15.000 et qui sont des risques pour demain pour notre sécurité», évaluant à « quelques dizaines » le nombre des combattants français parmi eux ». Il a ajouté qu’ils « risquent de se trouver dispersés si l’offensive syrienne et russe se mettait en œuvre dans les conditions que l’on imagine aujourd’hui ».

Évoquant aussi le risque d’une catastrophe humanitaire dans cette région où se trouveraient quelque trois millions de personnes (à voir…), il aussi affirmé que le précédent d’Alep, autre bastion terroriste libéré en décembre 2016, ne serait « rien par rapport à l’horreur que cela peut représenter ». Il s’est même trouvé un fonctionnaire illuminé des Nations unies pour prédire « la pire des tragédies humanitaires du XXIème siècle ». Diantre !

Que se passe-t-il en ce moment à Idlib ? Les civils qui ne servent pas de boucliers humains aux terroristes fuient massivement les zones de combat. Comme lors de la reconquête d’Alep, de Deir ez-Zor, de la Ghouta et de Deraa, l’armée syrienne et son allié russe ont, d’ores et déjà annoncé l’ouverture de couloirs humanitaires afin de faciliter l’exfiltration des zones de combat. Les affrontements finaux feront certainement des victimes civiles : la guerre civilo-globale de Syrie est, certainement une guerre extrêmement meurtrière, mais une fois la province d’Idlib libérée, la majorité de ses habitants regagnera la région, comme sont en train de le faire nombre de Syriens réfugiés au Liban.

Jean-Yves Le Drian s’est aussi inquiété d’un risque d’attaques chimiques à Idlib et a réitéré la « ligne rouge » française et la menace de nouvelles attaques aérienne contre la Syrie « si un recours à des armes chimiques létales était avéré (…) Il apparaît qu’il y a une espèce de préparation psychologique par certains intervenants russes d’une utilisation de l’arme chimique, qu’ils mettraient sur le compte de groupes terroristes», a encore précisé le ministre français des Affaires étrangères. A chaque nouvelle avancée de l’armée syrienne permettant de libérer une portion de son territoire national, le scénario est identique : crimes de guerre en préparation, attaques chimiques imminentes, associées à la menaces de possibles bombardements occidentaux !

De son côté, la Russie a pourtant réaffirmé, ce même mardi, que des groupes jihadistes (dont les tristement célèbres Casques blancs) préparaient la mise en scène d’une fausse attaque chimique qui serait ensuite attribuée au gouvernement syrien près d’Idlib. Le ministre français a, donc mis en garde la Russie, jugeant qu’elle avait plus à perdre qu’à gagner dans l’offensive. « Si la Russie prend le risque de renoncer à ses engagements de stabilisation de la zone d’Idlib, elle prend le risque aussi de se trouver totalement seule après un désastre dont il lui reviendra toutes les conséquences », a-t-il conclu. En guise de solitude, notre barde breton ferait mieux de faire sa propre introspection…

Un conseiller du Premier ministre syrien a, aussitôt réagi aux déclarations druidiques : « aucune déclaration des autorités françaises ne me surprend plus depuis que Le Drian a déclaré que la lutte contre les terroristes à Idlib mettrait en danger la sécurité européenne. Depuis le jour où le ministre français des Affaires étrangères a associé la sécurité de l’Europe au maintien des terroristes en Syrie, je ne m’étonne plus des déclarations de la France ».

Lors d’un entretien accordé ce vendredi 14 septembre à la chaîne Al-Alam, Abdelkader Azouz, conseiller du Premier ministre syrien, a aussi déclaré qu’il était habitué à de telles affirmations de la part des autorités françaises : « ce n’est qu’après la reconnaissance du Front al-Nosra comme groupe terroriste par les Nations unies, que les anciennes autorités du ministère français des Affaires étrangères l’ont à leur tour reconnu comme tel », a-t-il ajouté en concluant : « malheureusement, la France est devenue un simple outil dont se servent les États-Unis. En poursuivant ses violences et sa guerre d’usure, la France sert les intérêts de Washington ». Auparavant, le représentant syrien auprès des Nations unies, Bachar al-Jaafari, avait détaillé à la tribune du Conseil de sécurité, les effectifs des différents groupes terroristes retranchés à Idlib et la décision de Damas de libérer cette dernière région de l’occupation des jihadistes du Front al-Nosra.

Richard Labévière

1 Le chouchen, historiquement proche mais pourtant différente de l’hydromel, est une boisson alcoolisée bretonne obtenue à partir de la fermentation du miel dans du jus de pomme ou du cidre, rejoignant ainsi la catégorie des œnomiels. Son abus peut provoquer une certaine ébriété !

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LA CPI EST MORTE : BOLTON L’A TUER…

On savait la Cour pénale internationale (CPI) (dont le siège est à La Haye) moribonde1 mais on ne savait pas que l’heure de lui administrer l’extrême-onction2 par la très célèbre « communauté internationale » était proche. C’était sans compter sur frère Bolton, John de son prénom, surnommé l’homme à la moustache, qui est venu près du malade (par la parole sacrée prononcée sur les bords du Potomak) pour lui faire ingurgiter un poison mortel avant de lui administrer les saints sacrements.

Il est vrai que le prédicateur John a plus d’un tour dans son sac lorsqu’il s’agit de mettre à bas le dogme du multilatéralisme, de jeter dans les poubelles de l’Histoire les saintes écritures de la juridiction internationale, surtout lorsqu’elle se pare des plumes du « pénal ».

Il est vrai que le peuple à la « destinée manifeste » – l’Amérique pour ceux qui ne le sauraient pas encore – n’a jamais trop porté dans son cœur tous les machins et bidules multilatéraux qui entendaient, de près ou de loin, le soumettre à la loi commune, comme le vulgum pecus. Horresco referens clament d’une même voix tous les néo-conservateurs aux quatre coins de la planète.

Au cas où la communauté internationale et ses principaux thuriféraires l’auraient perdu de vue, John Bolton vient de se rappeler à leur bon souvenir avec les formules choc dont il a le secret3. Au diable, la prudence du langage diplomatique. Le lance-flamme est de sortie, Washington menaçant purement et simplement les magistrats de la Cour pénale internationale des foudres trumpiennes s’il leur venait l’idée de s’en prendre à leurs alliés (ou à l’Amérique, cela va sans dire) via la CPI4. Une sorte de fatwa à l’Iranienne de la grande époque des Ayatollahs (Cf. celle lancée contre Salman Rushdie) lancée contre la prestigieuse juridiction pénale internationale. Ceci ne constitue qu’une énième manifestation de la volonté américaine affirmée et assumée de détricoter le système multilatéral qu’ils ont porté sur les fonts baptismaux après la Seconde Guerre mondiale. Après avoir examiné la fatwa de John Bolton contre les juges de La Haye qui constitue une nouvelle manifestation de l’ire américaine contre le multilatéralisme, nous rappellerons que la Cour pénale souffre de nombreux maux. Force est de constater que la saillie de John Bolton constitue le meilleur révélateur de la morale à géométrie variable des donneurs de leçons.

LA FATWA DE JOHN BOLTON CONTRE LES PETITS JUGES DE LA HAYE

La formulation explicite de graves menaces contre la CPI, et fait plus rare et plus grave encore contre ses magistrats, doit être replacée dans le contexte des risques d’implication des États-Unis (en relation avec la guerre en Afghanistan) et d’Israël (en relation avec la Palestine) devant la Cour pénale internationale.

La formulation explicite de menaces contre la CPI et ses magistrats

Intervenant le 10 septembre 2018 à Washington devant la très conservatrice « Federalist Society », le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump s’est livré à un réquisitoire d’une virulence extrême contre la Cour pénale internationale. Rappelons, pour mémoire, que les États-Unis ont refusé, dès l’origine d’être partie au Statut de la Cour, pour éviter que ses ressortissants y soient un jour traduits. Aux yeux de l’hyperpuissance, on ne traduit devant la Cour que les autocrates africains (tel Laurent Gbagbo), des Balkans (les Milosevic, Mladic, Karadzic), du Proche et du Moyen-Orient (ils verraient bien, comme du reste Jupiter, Bachar Al assad faire un tour par la case rafraîchissante de La Haye).5 Pour ce qui est des crimes de guerre perpétrés par l’Arabie saoudite au Yémen ou des poursuites éventuelles d’Israël, voire des États-Unis en Afghanistan, on préfère détourner pudiquement le regard ailleurs.

John Bolton a dénoncé la possibilité d’une enquête contre des militaires américains ayant servi en Afghanistan, mais aussi d’éventuelles enquêtes contre Israël à l’instigation de l’Autorité palestinienne. « Si la Cour s’en prend à nous, à Israël ou à d’autres alliés des Américains, nous n’allons pas rester silencieux », a averti le conseiller à la sécurité nationale annonçant une série de mesures de rétorsion possibles, dont les sanctions contre le personnel de la CPI. « Nous allons interdire à ces juges et procureurs l’entrée aux États-Unis. Nous allons prendre des sanctions contre leurs avoirs dans le système financier américain, et nous allons engager des poursuites contre eux dans notre système judiciaire », a mis en garde le conseiller du président Donald Trump. La juridiction qui siège à La Haye, aux Pays-Bas, a répondu « agir strictement dans le cadre légal défini par le Statut de Rome », et être « attachée à l’exercice indépendant et impartial de son mandat ».

« À tout moment, la CPI pourrait annoncer l’ouverture d’une enquête formelle contre ces patriotes américains », a explicité John Bolton. « Aujourd’hui, à la veille du 11 Septembre » et de l’anniversaire des attentats de 2001 qui avaient déclenché l’opération en Afghanistan, « je veux adresser un message clair et sans ambiguïté de la part du président des États-Unis : les États-Unis utiliseront tous les moyens nécessaires pour protéger nos concitoyens et ceux de nos alliés de poursuites injustes de la part de cette cour illégitime », a-t-il martelé. Il a qualifié la juridiction pénale internationale de « d’inefficace, irresponsable et carrément dangereuse ».

« Le but non avoué mais central des partisans les plus vigoureux » de la CPI « a toujours été de corseter les Etats-Unis ». Un dessein d’autant plus néfaste que cette institution est incapable, selon lui, du moindre effet de dissuasion sur les Etats voyous et les dictateurs. « L’histoire a prouvé que le seul moyen de dissuasion est (…) la puissance juste des Etats-Unis et de leurs alliés », a assuré le conseiller à la sécurité nationale. « Nous n’allons pas coopérer avec la CPI, nous n’allons pas lui fournir d’assistance, nous n’allons pas adhérer à la CPI. Nous allons laisser la CPI mourir de sa belle mort », car « pour nous, la CPI est déjà morte », a-t-il insisté. Le message est on ne peut plus clair.

L’anticipation de risques contre Washington et Tel Aviv

Pour tenter de comprendre les raisons de la colère de John Bolton, souvenons-nous qu’en novembre 2017, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait annoncé qu’elle allait demander aux juges l’autorisation d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis dans le cadre du conflit afghan, notamment par l’armée américaine. En Afghanistan, les États-Unis sont toujours à la tête d’une coalition militaire qui a renversé le régime des talibans fin 2001. Et nombreux sont les exemples d’action contraires au droit de la guerre conduites par les militaires américains dans ce pays. Un classique du genre dans tous les États où l’Amérique a conduit des guerres le plus souvent illégales (Cf. l’exemple de la guerre de 2003 en Irak). Tout ceci ne manque pas de sel lorsque l’on sait que Washington tente par tous les moyens de se sortir du bourbier afghan (« le cimetière des empires »). Nous venons d’apprendre que Washington vient de nommer le général Scott Miller, spécialiste des opérations militaires au poste de commandant des forces de l’OTAN à Kaboul pour tenter de prolonger un cessez-le-feu avec les Talibans et de lancer des négociations de paix directes et sans conditions avec ces derniers6.

A plusieurs reprises, M. Bolton a évoqué les risques que la CPI ferait également peser sur Israël, compte tenu de la volonté régulièrement affichée par l’Autorité palestinienne de la saisir pour enquêter sur les « crimes de guerre » perpétrés selon elle par l’armée israélienne dans les territoires occupés. Sous les applaudissements de l’assistance, lundi, il a d’ailleurs confirmé la décision du département d’Etat de fermer le bureau de la délégation palestinienne à Washington. Moins de deux semaines après la suppression de la quasi-totalité de l’aide américaine aux Palestiniens, cette mesure, mise sur le compte du refus palestinien de négocier avec Israël, constitue un signe supplémentaire de l’alignement de l’administration de Donald Trump sur les positions israéliennes, et d’une agressivité redoublée contre les Palestiniens. John Bolton s’est indigné que ces derniers aient envisagé de saisir la CPI à propos de la poursuite de la colonisation en Cisjordanie. Depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, Washington s’abstient de critiquer les constructions de logements supplémentaires. Contraires au droit international, elles ne font pourtant que compliquer le « processus de paix direct et solide » que John Bolton a appelé de ses vœux. Nous sommes impatients de découvrir le plan Kushner (le gendre de Donald) à ne pas confondre avec Bernard, notre Thénardier national, président et docteur honoris causa d’Affaires sans frontières.

UNE NOUVELLE MANIFESTATION DE L’IRE AMÉRICAINE CONTRE LE MULTILATÉRALISME

Du général au particulier : de l’ONU à la CPI

La Cour pénale internationale est régie par le Statut de Rome, un traité entré en vigueur le 1er juillet 2002 et ratifié depuis par 123 pays. Son procureur peut déclencher ses propres enquêtes sans permission des juges à la condition qu’elles impliquent au moins un pays membre, c’est le cas de l’Afghanistan. Les relations entre Washington et la juridiction ont toujours été tumultueuses. Les États-Unis ont toujours refusé d’y adhérer et ont tout fait, notamment par la conclusion d’accords bilatéraux avec de nombreux pays, pour éviter que des Américains puissent être visés par ses enquêtes. Mais John Bolton a déploré que certains pays, notamment membres de l’Union européenne, aient jusqu’ici refusé de tels accords. Selon lui, « l’objectif tacite, mais toujours central », des « plus fervents partisans » de la CPI « était de limiter l’action des États-Unis », en ciblant avant tout « ses dirigeants politiques ». Il a qualifié la Cour d’instance partisane, menant une « attaque contre les droits constitutionnels du peuple américain et la souveraineté des États-Unis ». Cette attaque en règle s’inscrit dans le programme « America First » (L’Amérique d’abord) de Donald Trump, qui a déjà mené au retrait des États-Unis de plusieurs organisations ou accords internationaux. Comme l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, qui avait promis dès son arrivée à New York de « prendre les noms » des Etats jugés hostiles, John Bolton a assuré que Washington se souviendrait « de cette coopération lors de l’établissement des niveaux d’assistance, d’assistance militaire et de partage des renseignements avec les Etats-Unis ».

Rappelons que John Bolton est coutumier des méthodes brutales et des menaces personnelles. Les mêmes qu’il avait formulées contre la famille (vivant aux États-Unis) du premier directeur général de l’Organisation internationale des armes chimiques ou OIAC (elle aussi basée à La Haye), le brésilien Jose Bustani dont il a fini par avoir la peau. Et tout cela, parce que ce brillant diplomate brésilien avait eu l’outrecuidance d’être indépendant et de ne pas répondre aux injonctions réitérées de l’homme à la moustache7. Avec John Bolton, l’histoire n’est qu’un éternel recommencement, faut-il le reconnaître !

Guillaume Berlat
17 septembre 2018

1 Qui est prêt de mourir
2 Sacrement de l’Église destiné aux fidèles en péril de mort.
3 Jean Daspry, De quoi John Bolton est-il le nom ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 16 avril 2018.
4 Attaque sans précédent de Washington contre la Cour pénale internationale, www.lepoint.fr , 10 septembre 2018.
5 Gilles Paris, Pour les États-Unis, la Cour pénale est « illégitime » et « déjà morte », le Monde, 12 septembre 2018, p. 4..
6 Rémy Ourdan, Un général des forces spéciales pour parvenir à la paix en Afghanistan, Le Monde, 5 septembre 2018, p. 4.
7 Richard Labévière, Jose Bustani : l’homme qui a dit non aux Américains !, www.prochetmoyen-orient.ch, septembre 2017.

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SYRIE : DROIT INTERNATIONAL BAFOUE ET IMPOSTURE MISE A NU – Michel Annequin, 16 septembre. En Syrie, les États-Unis et leurs alliés agissent en dehors des règles posées par le droit international. Leurs actions menées sans l’aval du Conseil de sécurité violent la charte de l’ONU. Les frappes coordonnées d’avril dernier ne sont que la partie visible de l’iceberg. Si l’on y ajoute les actions des forces spéciales et les coups tordus visant à faire croire que le gouvernement syrien utilise des armes chimiques, il s’agit de la plus grande opération de déstabilisation orchestrée depuis la chute de Saddam Hussein. Les actes commis par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France en Syrie sont des crimes. Dernièrement, sept experts internationaux en droit de la guerre ont estimé qu’il s’agissait d’une agression qui portait en elle «le germe des pires crimes, comme l’avait noté le tribunal militaire international de Nuremberg», au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Une partie de l’opinion publique a semble-t-il commencé à ouvrir les yeux. Le rapatriement grotesque des casques blanc, faux humanitaires mais véritable force supplétive des combattants du Front al-Nosra, vers la Jordanie avec l’aide d’Israël, a levé un coin du voile sur une imposture qui a trop duré. «On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps», disait le président américain Abraham Lincoln. Pour rappel, es Casques blancs ont notamment mis en scène la présumée attaque chimique du 7 avril 2018 dans la ville syrienne de Douma, dont un extrait vidéo a été publié par les Casques blancs sur les réseaux sociaux. Par la suite le 20 avril, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déclaré qu’il y avait « beaucoup de preuves » de l’implication du Royaume-Uni dans la mise en scène de cette attaque chimique. Il avait souligné que, sur la vidéo des Casques blancs, on voyait parfaitement que les personnes qui avaient prétendument survécu à cette attaque chimique présumée n’avaient pas de protection, et que seulement « quelques-uns avaient des bandes de gaze ».

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UNE GUERRE D’INTERMEDIAIRES DANS L’OMBRE DE PIERRE MAUDET – Alain Jourdan/Tribune de Genève, 17 septembre.

Les révélations d’Éric Stauffer jettent une lumière crue sur les jeux d’influence autour du conseiller d’État. Qui a-t-il de si inavouable dans le déplacement que Pierre Maudet a effectué en 2015 à Abu Dhabi ? « Rien! Niente! » vient expliquer aujourd’hui Éric Stauffer. Depuis le Valais où il a pris sa retraite politique, l’ancien patron du Mouvement citoyen Genevois (MCG) s’érige en défenseur de la moralité du conseiller d’État face « à la meute qui veut sa peau ». Le tribun n’a rien perdu de sa verve. Trop content de s’inviter dans le feuilleton de l’affaire Maudet et de se retrouver sous le feu des projecteurs, il balance une autre partie de l’histoire, encore ignorée celle-là. Mais riche d’enseignements sur le mode de fonctionnement de Pierre Maudet et la chronologie de l’affaire.

Au cours des deux dernières années, des élus se sont interrogés sur les dessous de ce qui ressemblait à une lune de miel entre l’ancien patron du MCG et le chef de l’exécutif genevois. L’interview publiée aujourd’hui livre un début de réponse. Elle contribue à éclairer d’un jour nouveau les coulisses de ce déplacement litigieux aux Emirats arabes unis.

En expliquant avoir été le premier à œuvrer à la rencontre entre Pierre Maudet et Mohammed ben Zayed ben Sultan, avant d’être coiffé sur le poteau par « les Libanais », Eric Stauffer nous apprend que deux réseaux d’intermédiaires ont été en concurrence dans l’entourage du magistrat pour lui ouvrir les portes d’Abu Dhabi.

Pour prouver ses dires, l’ancien patron du MCG dispose de plusieurs documents dont un courriel dans lequel Pierre Maudet s’adresse, sur ses recommandations, au premier ministre d’un pays européen très lié à Mohammed ben Zayed ben Sultan, pour solliciter son appui. Faire passer des messages par des tiers et activer des réseaux pour obtenir des rendez-vous avec des chefs d’États, il n’y a rien de plus courant en diplomatie, surtout à Genève. Éric Stauffer affirme donc avoir mobilisé ses amis pour que Pierre Maudet puisse rencontrer Mohammed ben Zayed ben Sultan en tête à tête. Un scénario qui, même s’il n’a pas abouti, balaie définitivement la thèse initiale d’un voyage privé.

L’ancien patron du MCG ne bluffe pas lorsqu’il prétend avoir de l’entregent. La liste de ses mécènes publiée lors des dernières élections genevoises en avait surpris plus d’un. Éric Stauffer soutient que la démarche de Pierre Maudet s’inscrivait dans le cadre des efforts déployés par le magistrat pour faire revenir Bank of China à Genève. Pourquoi, diantre, demander à un pays tiers d’intervenir auprès des Émirats pour aider à arracher une décision qui paraît du seul ressort de la Chine ? De quel levier disposait le premier réseau actionné par Pierre Maudet ?

Le conseiller d’État nous dément avoir évoqué la question du retour de Bank of China à Genève lors de son entretien avec Mohammed ben Zayed ben Sultan à Abu Dhabi. En revanche, il confirme que «dans les efforts déployés en matière de promotion économique, il s’est vu proposer par Monsieur Stauffer une série de contacts auxquels il n’a pas donné suite». Le conseiller d’État ne dément pas, en outre, avoir eu un échange avec le pays tiers mentionné par Éric Stauffer et dont plusieurs sources nous affirment qu’il s’agit du Monténégro qui joue actuellement un rôle central dans le rapprochement stratégique opéré par la Chine et les Emirats arabes unis. Un rapprochement qui est de nature à peser sur ce qui se passe au Yémen, en Syrie mais aussi en Palestine.

Ces éléments de contexte ne dédouanent en rien Pierre Maudet. Au contraire. Ils interrogent encore plus sur les raisons qui ont poussé le magistrat à préférer le circuit de ses amis libanais à celui d’Éric Stauffer. Mais dans cette histoire de réseaux qu’on actionne pour s’ouvrir des portes au Proche et Moyen-Orient, qu’il s’agisse de ceux d’Éric Stauffer ou de ceux des amis libanais de Pierre Maudet, les experts sont unanimes pour dire qu’il faut bien regarder où on met les pieds. «On ne peut pas s’aventurer sur ce terrain sans une solide expérience diplomatique internationale», explique notamment le politologue Daniel Warner pour qui ces affaires de réseaux sont «beaucoup trop complexes pour un simple conseiller d’État». «Dans son entourage des personnes en avait pris conscience mais il ne les a pas écoutées», confie un proche de Pierre Maudet.

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La Cour Pénale Internationale (CPI) veut enquêter sur des militaires américains accusés de crimes en Afghanistan, si les Etats-Unis ne les jugent pas. John Bolton, conseiller de Trump, a vu rouge et menace de sanctions les juges de la CPI. Recherché par cette cour, le fils aîné de Kadhafi a transmis à la justice française une longue lettre chargeant N. Sarkozy « artisan principal de l’intervention militaire en Libye » selon C. Guéant (intervention injustifiée et abusive selon Rony Brauman), en lien avec le financement de sa campagne électorale de 2007. La France a mis 61 ans à reconnaître un crime de torture et à autoriser l’ouverture des archives d’alors. Les EU mirent 56 ans à s’excuser d’un coup d’état provoqué en Iran. Le père Bush a bouclé les archives de sa guerre du Golfe pour 80 ans. Historiens et victimes, patientez, la justice prend son temps.

Bernard Cornut

 

WALID PHARES, LE JOHN BOLTON’S BOY PAR EXCELLENCE

OU LES DERIVES MORTIFERE DE L’IRREDENTISME MARONITE…

Une grande honorabilité bardée d’expertise. Des postes prestigieux dans la haute administration américaine républicaine : La vitrine d’exposition est parfaite, mais sous le vernis de la respectabilité, une façade lézardée, un personnage gangréné. Contrairement à ce que suggère son nom patronymique en arabe, Walid Pharès n’est pas le fils d’un preux chevalier, mais plutôt le parfait exemple d’un dévoiement par sectarisme. Libanais d’origine, naturalisé américain, il est en fait « UN ISRAELIEN d’ORIGINE LIBANAISE », comme l’a très justement qualifié le quotidien libanais « Al Akhbar».

« La propulsion de Walid Pharès au poste de conseiller du président Donald Trump ne constitue pas, loin s’en faut, une reconnaissance du savoir faire libanais encore moins un succès diplomatique pour le Liban, mais plutôt une percée majeure de la stratégie israélienne par la promotion d’un des affidés libanais de l’État Hébreu dans le cercle décisionnaire du pouvoir à Washington.(…) Preuve est faite qu’il est plus aisé pour les Forces Libanaises (milices chrétienens) de décrocher un poste regalien à Washington qu’à Beyrouth », poursuit Al Akhbar dont le portrait de l’ancien milicien se trouve sur ce lien pour le lectorat arabophone.

UN ISOLATIONNISTE VINDICATIF

La biographie en langue française de cet isolationniste vindicatif est lisse. Sa biographie en langue anglaise, éditée par le site Mother Jones, est infiniment plus caustique et toxique.

René Naba

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