Observatoire Géostratégique

numéro 350 / 27 septembre 2021

L’AUSTRALIEN SCOTT MORRISON EST UN VOYOU… 

La « trahison du siècle » – l’annulation d’un contrat de douze sous-marins français pour l’Australie – révèle un complot anglo-saxon contre la France, complot mijoté depuis plusieurs années… Le maître d’œuvre de cette entreprise de démolition n’est autre que le premier ministre australien Scott Morrison, francophobe de toujours. Ancien ministre de l’Immigration, ce triste sire s’est fait l’incarnation de la ligne dure de l’Australie en la matière, notamment concernant les réfugiés tentant de rallier l’Australie par la mer, détenus indéfiniment dans des centres « offshore », où le traitement qui leur est réservé est dénoncé par de nombreuses organisations internationales. Du reste, dans son bureau ce crétin arbore fièrement un trophée en forme de bateau portant l’inscription – I stopped these – (je les ai arrêté).

Durant près de dix-huit mois, jusqu’à ce que la décision de rompre le contrat avec la France soit rendue publique, l’Australie – épaulée par les Etats-Unis et la Grande Bretagne, a tout fait pour dissimuler sa décision aux responsables français. Jamais un « allié » ne s’était encore comporté de cette façon.

A plusieurs reprises, Paris a proposé la possibilité de fournir à l’Australie des sous-marins nucléaires, mais elle n’a jamais répondu. « Ils sont menti par omission. Nous avions évoqué la question du nucléaire, car elle se posait. Ils ont affirmé qu’ils préféraient toujouts la propulsion classique », explique un diplomate français, « bref, ils nous ont baladé pendant plus d’une année ».

Il s’agirait maintenant de créer une commission parlementaire d’enquête pour déterminer précisément les responsabilités et les responsables de cette affaire afin de prendre les mesures qui s’imposent… avant de bêler que « les américains sont toujours nos amis… »

Ne manquant pas d’air dans sa dernière allocution devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président américain Joe Biden ose affirmer « nous nous trouvons, à mon avis, à un point d’inflexion dans l’histoire. Et je suis ici aujourd’hui pour partager avec vous la façon dont les Etats-Unis entendent travailler avec leurs partenaires et alliés pour répondre à ces questions. Mieux vaut entendre cela que d’être sourd…

Cette triste affaire vient opportunément nous rappeler que – de Trafalgar à Mers el-Kébir – nous avons la confirmation de qui sont nos ennemis ! Chaque fois qu’ils en ont l’occasion, les Anglo-saxons ne se privent jamais de nous faire un mauvais coup ! Ces gens ne sont pas des alliés, encore moins des amis…

Le 29 septembre dernier, l’ancien premier ministre australien Malcom Turnbull a vertement critiqué le choix de son successeur et la rupture du contrat français : « Morrison n’a pas agi de bonne foi. Il a délibérément trompé la France. Il n’a pas d’autre argument pour justifier son comportement que de dire que c’était dans l’intérêt de l’Australie », a expliqué Malcolm Turnbull devant le National Press Club à Canberra. L’ancien Premier ministre australien est celui qui avait signé en 2016 le contrat du siècle avec la France et avait reçu Emmanuel Macron à Sydney en 2018. Un déplacement au cours duquel le président français avait qualifié cette alliance avec l’Australie de pierre angulaire de sa stratégie pour l’Indo-Pacifique.

Richard Labévière

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ALLEMAGNE : MUTTI FIN DE PARTIE ET APRÈS ?

« L’Angleterre est un empire, l’Allemagne un pays, la France est une personne » (Jules Michelet).

Toutes les meilleures choses ont une fin, y compris pour l’inoxydable femme politique allemande, Angela Merkel. Après seize années passées à la chancellerie fédérale, une nouvelle page s’écrit pour une République fédérale d’Allemagne, puissance dominante de l’Union européenne face à une France affaiblie qui est déjà entrée, de facto si ce n’est de jure, en campagne électorale.

Les élections législatives du 26 septembre 2021 font apparaître un paysage politique fragmenté entre les trois principales forces politique : conservatrice (CDU/CSU), sociale-démocrate (SPD) et écologistes (Die Grünen)1.

Les Libéraux (FDP) et l’extrême-droite (AfD)2 apparaissent marginalisés au Bundestag. Retour en grâce des sociaux-démocrates, dégringolade des conservateurs, multiples coalitions possibles : les élections fédérales du 26 septembre 2021 sont plus incertaines que jamais3. Certains experts estiment que la campagne se joue au centre4. Les sondeurs ne s’accordent sur rien si ce n’est que les résultats vont être serrés5.

Certains y voient même la main de Moscou dans les urnes prussiennes6. Un retour en arrière s’impose sur la solidité de la chancelière, Angela Merkel après seize années de règne incontesté et sur une relation franco-allemande tumultueuse. En dernière analyse s’ouvre une période d’incertitude pour l’Allemagne et pour l’Europe.

UNE CHANCELIÈRE INCONTOURNABLE EN DÉPIT DES CRISES

Comme toujours, en pareilles circonstances, un retour en arrière s’impose pour mieux appréhender la situation allemande en ce début d’automne 2021. Qui aurait pensé en 2005 que la discrète Angela Merkel ferait une telle Carrière tant sur la scène allemande que sur la scène internationale ?

Une longévité exceptionnelle. Quel étonnant parcours depuis sa première élection comme députée en 1990 et sa nomination à la chancellerie en 2005 ? Elle est la première femme – tantôt progressiste, tantôt conservatrice7 – à occuper ce poste. Elle est celle qui aura eu une longévité exceptionnelle à cette fonction en dépit des crises traversées par l’Allemagne, l’Europe et le monde (Traité de Lisbonne, crise financière de 2008, crise grecque, crise des migrants8, Brexit, Covid…). Discrète mais redoutablement efficace, elle est celle qui inspire la plus grande confiance aux Européens9. Elle sera parvenue à transformer l’Allemagne de puissance économique en puissance politique respectée.

Celle qui distribue les bons mais surtout les mauvais points aux Grecs sommés de mettre de l’ordre dans leurs finances pour bénéficier des aides européennes et aux Hongrois, Polonais, Tchèques… sommés de respecter les valeurs de l’union pour bénéficier du plan de relance. Petit à petit, Berlin remplace Paris comme chef de file d’une Europe désunie, démunie « d’affectio societatis », sans cap ni boussole. Angela Merkel a su parfaitement utiliser le levier européen au profit des intérêts de son pays mais sans pratiquer la méthode jupitérienne du grand discours tel celui de la Sorbonne.

Une méthode en lieu d’une stratégie. Angela Merkel est avant tout une sage, une pragmatique10, une tacticienne qui sait prendre son temps, refuse la précipitation, pratique le « en même temps » avant Jupiter. Elle est capable d’accepter un million de réfugiés syriens en autres en 2015 pour laver le lourd héritage du XXe siècle11. Elle est capable de faire élire Ursula von der Leyen au poste de présidente de la Commission européenne, disposant ainsi d’un important levier à Bruxelles. Elle est capable de négocier avec le président turc le prix de son attitude bienveillante (retenir les réfugiés sur son sol). Elle est capable de tancer Moscou sur les droits de l’homme tout en menant à bien le projet gazier NordStream 2. Elle est capable de faire de même avec les Chinois tout en négociant des méga-contrats avec Pékin. Elle est capable de sortir du nucléaire civil sans en informer son partenaire français12. Elle est capable de faire des coups, sur des problématiques sociétales, comme l’adoption en 2017 du mariage pour tous. Sans elle rien n’aurait été possible13. Et l’on pourrait multiplier les exemples de succès d’Angela Merkel qui agit sur le long terme avec un objectif, redonner à l’Allemagne son rôle impérial mis entre parenthèses depuis 1945. Cet objectif semble partager par l’ensemble des partis même s’il existe des différences entre eux.

Une nécessité de réinventer le futur. Si elle laisse derrière elle une Allemagne prospère, elle laisse aussi une Allemagne dubitative14. À la faveur de la déroute américaine en Afghanistan, Angela Merkel confesse les erreurs d’appréciation commises (le « Vietnam de l’Allemagne ») et la nécessité de lancer une réflexion sur les raisons de cette situation. Corrélativement, resurgit le spectre de la crise migratoire de 2015 (« Wir schaffen das » pour n’y arriverons) qui n’a pas été totalement digérée et qui avait conduit à une forte poussée de l’extrême-droite (Afd)15. Est posée de manière récurrente, durant la campagne électorale, la question de la poursuite ou non de l’austérité16 ainsi que celle du tabou de la dépense publique17.

Comme toujours, la force cache souvent des vulnérabilités (infrastructures vieillissantes, retards dans la transition numérique, dans les investissements publics étranglés par l’orthodoxie budgétaire, dans le changement climatique et dans la crise sanitaire18, risques pesant sur la compétitivité allemande19…)20. Comme le souligne l’ancien patron de Siemens : « L’Allemagne doit investir davantage dans son avenir »21. La succession d’Angela Merkel ouvre la voie à toutes les spéculations mais aussi à une inquiétude des Européens, Français au premier plan22.

UNE RELATION FRANCO-ALLEMANDE TUMULTUEUSE

Angela Merkel aura connu quatre présidents de la République : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et, enfin, Emmanuel Macron. C’est peu dire qu’elle connait parfaitement les ressorts du coq gaulois et que ses successeurs putatifs font le voyage à Paris23. Le moins que l’on puisse dire est que la relation franco-allemande n’a pas été un long fleuve tranquille tant Berlin n’a eu de cesse d’affirmer sa puissance aussi bien sur l’échiquier international qu’Européen. Qu’en est-il de la relation qu’elle a entretenu avec Emmanuel Macron ? L’un était novice et impatient de bousculer l’Europe, l’autre aguerrie et conservatrice : entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui lui a rendu sa dernière visite en tant que chancelière, la relation s’est progressivement réchauffée jusqu’à une alliance inédite sur un plan de relance face au Covid. Mais, il faut aller au-delà des apparences pour juger de la solidité du pseudo-couple franco-allemand.

Une dynamique d’action présentée comme presque parfaite. Au départ, difficile de trouver beaucoup de points communs entre une chancelière de 67 ans, élevée à l’école de la prudence, et un jeune président de 43 ans qui a érigé l’audace et le mouvement comme marqueurs politiques. Mais au fil du temps, les deux dirigeants ont réussi, selon de nombreux témoins, à bâtir une solide relation de confiance. Ils se parlent quasiment chaque semaine, se tutoient et ont pris l’habitude de descendre dans le même hôtel pour y boire un verre de vin ensemble les soirs de sommets européens.

Guillaume Berlat
30 septembre 2021

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ÉCHANGES AIGRE-DOUX ENTRE JOE ET XI – Guillaume Berlat. Sa première présentation – en présentiel – devant l’Assemblée générale des Nations unies (réunie en mode « hybride »), le mardi 21 septembre 2021, était particulièrement attendue par la médiacratie et autres « toutologues ». Après ses exploits historiques lors de la chute de Kaboul dans les mains des talibans et sa duplicité malsaine dans l’annulation des contrats de livraison de sous-marins français à l’Australie réhaussée d’un zeste d’Aukus1, comment allait se comporter, le 46ème président des États-Unis ? Joe Biden s’est livré à un parfait exercice de diplomatie arrogante. Qu’allait lui opposer comme arguments son homologue chinois, Xi Jinping ? Les mêmes que dans le passé tant il est égal à lui-même et constant dans sa stratégie. Rappelons, pour mémoire, que le président de la République, Emmanuel Macron n’a pas fait le déplacement à Manhattan, préférant y déléguer son ministre de l’Europe (aussi inexistante) et des Affaires étrangères (affaires qui lui sont toujours aussi étrangères). Qu’en fût-il de cet exercice présenté comme un assaut de diplomatie des deux rivaux systémiques ? Notons, au passage, que le président iranien ne s’est pas privé de lancer quelques piques à l’endroit des États-Unis.

UN PARFAIT EXERCICE DE DIPLOMATIE ARROGANTE DE L’ONCLE SAM

Joe Biden est égal à lui-même, aussi bête qu’arrogant sans parler de sa fourberie (il se serait implicitement engagé à ne pas rééditer la « trahison » dénoncée par la France !2 Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent). Il est avant tout américain, sûr et dominateur, jamais porté à la remise en question après ses échecs mais toujours prompt à les répéter sans retenue. Son discours prêterait à sourire s’il n’engageait les affaires du monde. Il s’est payé le luxe de faire la morale à la planète et de donner des leçons de droit. Cela ne manque pas de piquant pour cet homme incolore et inodore3. Il a souhaité se démarquer de son prédécesseur, Donald Trump et sa croisade contre les institutions multilatérales. C’est pourquoi, il s’est présenté en chantre et promoteur du multilatéralisme, usant et abusant des termes « « coopération », « développement », « investissement », innovation », « diplomatie », « solidarité ». Sait-il au moins ce que ces concepts signifient-ils dans le reste du monde ? Loué, il y a six mois pour cette approche coopérative, son discours est légèrement tombé à plat dans le contexte de son silence sur les affaires de sous-marins et de conclusion discrète du Pacte Aukus. « Aujourd’hui, les bonnes intentions paraissent fortement compromises par les faits ». Gêné aux entournures, Joe Biden a manié la langue de bois épaisse chère à certains diplomates, faisant, tel un VRP, la promotion d’une « diplomatie sans relâche » et se livrant à la défense du club des démocraties libérales, au nom des valeurs partagées (lesquelles ?). Sa présentation s’organise autour de trois révisions : celle des priorités de l’Amérique (engagement contre la pandémie et le réchauffement climatique), celle de ses engagements militaires (justification de son retrait d’Afghanistan et proclamation de la fin des conflits dénués d’objectifs inatteignables) et celle des relations avec ses alliés (il veut les réchauffer). Joe Biden a fait assaut de bonnes intentions en déclarant « ne pas vouloir de nouvelle guerre froide et d’un monde divisé » (que fait-il aujourd’hui ?). Le recours aux solutions militaires devait être « une solution de dernier recours, pas de premier recours » (cela ressemble étrangement au concept français d’utilisation de l’arme nucléaire). Le président américain s’est livré, ensuite, à un exercice vain visant à donner des gages à ses alliés de l’Union européenne (qualifiée de « partenaire fondamental ») et de l’OTAN (que nous qualifions « d’idiots utiles »). Joe Biden a défendu sa politique d’endiguement de la Chine, sans la nommer. Il réunissait, quelques jours plus tard les participants du Dialogue quadrilatéral pour la sécurité (Quad) : États-Unis, Inde, Australie, Japon. Voici tout ce que l’on pouvait dire d’un discours qui n’a rien de stratégique et de révolutionnaire pour celui que l’on nous présentait, il y a peu encore, comme le « Phénix des hôtes de ces bois ».

Qu’en est-il de son homologue chinois ?

UN PRÉSIDENT CHINOIS ÉGAL À LUI-MÊME

Pour sa part, intervenant en distanciel devant une peinture de la Grande Muraille (tout un symbole), le président chinois, Xi Jinping n’a pas boudé son plaisir en épinglant les dernières facéties du vieux Joe, en utilisant les ressorts de l’actualité internationale la plus récentes au profit de sa démonstration. Tout en évitant les attaques frontales (à la méthode asiatique), l’homme a procédé de manière allusive. Mais, son message était clair : « La démocratie n’est pas un droit spécifique réservé à un pays en particulier, mais un droit pour les peuples, partout dans le monde » » avant de se montrer plus spécifique à propos de la situation en Afghanistan : « Des récents développements dans la situation globale montrent une nouvelle fois qu’une intervention militaire de l’extérieur et une situation prétendument démocratique n’apportent rien sinon le mal ». Il en a profité pour se délivrer un brevet d’autosatisfaction : « La Chine n’a jamais envahi et n’envahira jamais ». Superbe retour à l’envoyeur américain ainsi pointé du doigt pour son décalage entre paroles et actes ! Afin d’être certain que son message était perçu cinq sur cinq, il a martelé qu’il n’existe « qu’un seul ordre international, celui des institutions internationales ». Xi Jinping est réaliste. Il s’inquiète tout autant de la guerre commerciale que lui a déclarée l’Amérique que des alliances stratégiques que cette dernière, à travers Joe Biden, noue pour contrer l’influence chinoise dans l’Indo-Pacifique. C’est pourquoi, il a déclaré, s’inspirant de la lettre et de l’esprit de la Charte de San Francisco : « Nous devons bâtir un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité, la justice et la coopération gagnant-gagnant » Et de poursuivre sur ce thème : « Nous devons plaider pour la paix, le développement, l’équité, la justice, la démocratie et la liberté qui sont des valeurs communes à l’humanité et rejeter la pratique de former des petits cercles ». Les Européens seraient bien inspirés de le prendre au mot dans leur dialogue stratégique avec les Chinois. Pour ce qui est de la pandémie, Xi Jinping s’est démarqué du président américain en prônant une « réponse globale coordonnée », en fustigeant l’inégalité dans l’accès au vaccin. Pour sa part, Pékin s’engageait à fournir « deux milliards de doses » d’ici la fin de l’année. Plus multilatéraliste que moi, tu meurs.

UN PRÉSIDENT IRANIEN POIL À GRATTER

Intervenant en distanciel depuis Téhéran, le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi (successeur du guide Hassan Rohani) n’a pas pris de gants pour attaquer Washington. Évoquant l’accord nucléaire de 2015, dont Donald Trump s’est retiré en 2018, il a exigé le retrait préalable de toutes les sanctions qui ont été imposées à son pays, dans le cadre d’un éventuel compromis. Il les a qualifiées de « nouvelle façon de faire la guerre aux nations du monde ». Il a poursuivi ainsi : « ce que nous constatons dans notre région est que non seulement l’hégémonie, mais aussi le projet d’imposer l’identité occidentale ont échoué lamentablement ». On ne saurait mieux dire à l’intention des Américains qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour déstabiliser le Shah d’Iran et gagner en prime les Ayatollahs. Ils en ont fait autant avec les talibans qu’ils ont armés pour chasser les Soviétiques d’Afghanistan. On connait la suite.

Pour sa part, le Premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé, le 24 septembre 2021, l’Inde à l’ONU de « faire régner la terreur » sur les musulmans, ce qui a entraîné une vive réaction de la délégation indienne.

LE MACHIN PREND L’EAU

Qui peut croire encore, un seul instant, à l’efficacité d’une Assemblée générale des Nations pour relever les multiples défis du XXIe siècle et en finir avec cette diplomatie inefficace du moulin à paroles, mais surtout, à « Fake News » ? Les meilleures venant du pays hôte du machin, les États-Unis qui méritent parfaitement leur réputation d’État voyou. Quand les pensionnaires de ce théâtre politico-médiatique voudront-ils bien se décider à réformer profondément l’édifice avant qu’il ne s’effondre comme feu la SDN ? Et, en premier lieu travailler au rétablissement de la confiance entre ses membres, sans quoi rien ne sera possible. Les réformes institutionnelles font l’effet de cataplasmes sur une jambe de bois. Les réformes fondées sur des idées sont plus utiles, permettant d’aborder les questions qui fâchent mais sont incontournables. Les postures martiales, les discours n’y changeront rien. Alors que nous sommes face à l’effondrement, il faut à tout prix penser de nouvelles représentations diplomatiques pour remplacer le paradigme éculé de la paix par le droit. Saurons-nous tirer, intelligemment et utilement, la substantifique moëlle de ces échanges aigre-doux entre les président américain et chinois ?


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YEMEN : AFFRONTEMENTS MEURTRIERS AUTOUR DE MARIB – RFI, 29 septembre.

Au moins 100 combattants, dont 68 rebelles houthis et 32 membres des forces pro-gouvernementales, ont été tués ces dernières 48 heures dans des affrontements autour de la ville de Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord du Yémen, ont déclaré, mercredi 29 septembre, des sources militaires gouvernementales.

Des centaines de combattants de tribus locales ont rejoint les rangs des forces gouvernementales pour repousser l’avancée des Houthis, annoncent des sources militaires gouvernementales, qui précisent que la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite a mené plusieurs frappes aériennes pour appuyer les loyalistes. Le bilan d’une centaine de victimes a été confirmé par des sources médicales. Les rebelles houthis, qui communiquent rarement sur leurs pertes, ont confirmé que 59 raids aériens avaient frappé Marib au cours des dernières 48 heures, selon la chaîne pro-rebelles Al-Massirah.

Marib, la cible des Houthis depuis février

Les rebelles proches de l’Iran tentent depuis février d’arracher Marib. La prise de la ville leur donnerait le pouvoir sur tout le nord du Yémen, qu’ils contrôlent déjà largement. Ces dernières semaines, les Houthis ont intensifié leur campagne, les combats ayant fait des centaines de morts. Selon les observateurs, les rebelles houthis seraient en passe de changer le cours de la guerre au Yémen en se rapprochant progressivement de Marib, chef-lieu de la région éponyme, riche en pétrole et géographiquement stratégique, entre le nord et le sud.

La guerre au Yémen a éclaté en 2014 avec la prise de la capitale Sanaa (nord) par les rebelles. Depuis, le conflit a provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU, avec des millions de déplacés et une population au bord de la famine.

 

TURQUIE : LA « QUESTION KURDE » REVIENT DANS LE DEBAT PUBLIC – Agences, 28 septembre.

Pour le président Recep Tayyip Erdogan, qui a échoué à la résoudre malgré 19 années de pouvoir, cette question a tout du piège… C’est même carrément un tabou depuis que son parti est allié à la droite ultranationaliste. 

C’est Kemal Kiliçdaroglu, dirigeant du principal parti d’opposition – le CHP, qui se revendique social-démocrate – qui a relancé le débat. Il y a dans ce pays « une question kurde que l’autorité politique n’arrive pas à résoudre depuis 35-40 ans », a déclaré Kemal Kiliçdaroglu, avant de soulever LE point qui cristallise tous les débats : « Avec qui discuter et résoudre cette question kurde ? »

Diviser l’opposition, la stratégie d’Erdogan

Kemal Kiliçdaroglu a reproché au pouvoir d’avoir tenté de négocier directement entre 2012 et 2015 avec le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan – donc avec un groupe armé classé terroriste – alors que, selon lui, seul le Parlement devrait accueillir de tels débats. Et, au sein du Parlement, Kemal Kiliçdaroglu a désigné le parti prokurde, le HDP, comme un interlocuteur légitime. Or, la stratégie de Recep Tayyip Erdogan pour les élections de 2023 consiste à diviser l’opposition en présentant le HDP comme un parti lié au terrorisme.

Il est d’ailleurs actuellement menacé de fermeture par la Cour constitutionnelle. Ce genre de déclaration peut mettre en difficulté Recep Tayyip Erdogan pour au moins trois raisons. D’abord, elle montre que sa stratégie pour diviser l’opposition ne fonctionne pas vraiment. Le Bon parti, une formation d’opposition ultranationaliste peu susceptible d’être accusée de sympathies pro-kurdes, a réagi en soulignant lui aussi la légitimité du HDP au sein du Parlement.

Ensuite, elle met le chef de l’État en difficulté vis-à-vis de son principal allié depuis 2015-2016, le parti ultranationaliste MHP, pour lequel il est hors de question de relancer le débat.

Recep Tayyip Erdogan a d’ailleurs fini par répondre qu’il n’y avait « pas de question kurde » en Turquie. Enfin, en tenant de tels propos, Recep Tayyip Erdogan se discrédite encore un peu plus au sein d’une large partie de l’électorat kurde, qui jouera pourtant un rôle clé aux prochaines élections.

Quelle place pour les Kurdes en Turquie ?

Ce débat donne-t-il déjà le ton de la campagne qui précédera les élections, censées se tenir en juin 2023. 

La Cour constitutionnelle pourrait se prononcer début 2022 – peut-être même avant – sur l’interdiction du HDP. En affirmant qu’il n’y a « pas de question kurde », qu’elle a déjà été résolue, Recep Tayyip Erdogan assimile et réduit la question kurde à la lutte contre le PKK lequel est effectivement acculé en Turquie ces dernières années.

Mais ce que le HDP représente, ce que le principal parti d’opposition (CHP) suggère et ce que beaucoup d’électeurs entendent par « question kurde », c’est un débat beaucoup plus large sur la place, les droits et les libertés des citoyens kurdes en Turquie, qui représenteraient plus ou moins 15 % de la population. Et c’est ce débat-là que Recep Tayyip Erdogan ne veut plus, ne peut plus tenir.

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Le gouvernement israélien a promu brigadier général l’ancien pilote de bombardier Aviem Sella, en retraite depuis 1992 ! Condamné pour espionnage aux Etats-Unis, il en avait fui après l’arrestation en 1985 de l’espion américain qu’il supervisait, Jonathan Pollard, posté à la Navy, là où sont logés des ordinateurs cartographiant par satellite le monde entier. Pollard pouvait ainsi y désigner les mines de phosphate d’Al-Qaïm comme usine de phosphore, la fabrique de lait en poudre d’Abu Ghraïb, comme installation d’évaporation sous vide. Aviem Sella avait été le chef d’escadrille ayant bombardé le centre iraqien de recherches nucléaires civiles. Menahem Begin ayant menti pour obtenir un coup d’éclat juste avant les élections de juin 1981, Sella avait refusé de lui serrer la main à sa base de Tel Nof au Néguev. Ces jours-ci, d’autres avions israéliens bombardent en Syrie en toute impunité.  Macron président va parler aux Talibans, mais, complice passif et occupant, ne parle toujours pas au gouvernement syrien.

Bernard Cornut

 

1. « Petit Emmanuel, quand tu viendras à Marseille,
Avec des jouets par milliers, n’oublie pas, ton p’tit Muselier
Mais, avant de partir, il faudra bien te couvrir
Dehors, tu vas avoir si froid
C’est que j’ai pas, toujours voté pour toi… »

2. Véran annonce que la contraception jusqu’à 25 ans sera désormais remboursée par l’Etat (qui pour cela s’endette). Le Parlement italien propose d’autoriser aux particuliers la culture du cannabis ‘pour usage personnel’. On réfléchit à une 3è dose de vaccin quand le ‘3è monde’ attend toujours la 1ère. On ne sait pas où va le monde mais il accélère.

3. Votre épouse est injoignable et ne répond pas sur son portable : pas de problème, le mahram vous la passe. Vous affrontez un concours difficile à l’université : ça tombe bien, la moitié des candidats a disparu (de surcroit des femmes – qui réussissent mieux).. La vie n’a pas que des désagréments dans l’environnement taliban.

4. A l’occasion des commémorations du 11 septembre, des proches de victimes relancent leur demande d’enquête sur une cassette qu’aurait égarée le FBI et qui tendrait à prouver la collusion entre terroristes et Ambassade d’Arabie Saoudite. Complotisme. Si cela continue, on va bientôt nous expliquer que les qatariens soutiennent les talibans.

5. Exit le ‘ministère des Affaires relatives aux femmes’, retour du ‘ministère de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu’. « Il n’y aura aucun système démocratique, ni aucune discussion sur le système politique à adopter, car ce dernier est très clair : c’est la charia et c’est tout » déclare à Reuters un responsable taliban. Il n’y a plus qu’à attendre la réactions autorités religieuses saoudiennes, qatariennes, émiriennes, égyptiennes, algériennes, marocaines etc. etc.

Dinall’uill

 

DE L’INEFFICACITÉ DE LA DIPLOMATIE BAVARDE !

« La diplomatie doit se montrer sinon secrète, du moins discrète » (Camille Barrère). Tel n’est pas le tour que prend la diplomatie française en cette fin d’été 2021, chaud à tous les sens du terme. Décidemment, les diplomates et leur chef, le Lorientais désorienté, n’ont jamais été aussi loquaces qu’au cours des dernières semaines. Il est vrai que l’actualité internationale leur fournit matière à bavardage qu’il s’agisse de la crise afghane ou de celle des sous-marins1. Le Guide suprême Macron 1er est, lui aussi, à la manœuvre médiatique. Le moins que l’on soit autorisé à dire est que la France ne sort pas grandie de ces pantalonnades2.

De même que Joe Biden loué en janvier par le Paris germanopratin est aujourd’hui cloué au pilori par les mêmes pour sa duplicité, sa brutalité vis-à-vis de ses alliés européens, France en tête de liste3. Il a toujours considéré la France comme un petit pays. Notre vénéré clergé médiatique, toujours en retard d’une guerre, raisonne comme un tambour4.

Notre ambassadeur à Kaboul (désormais depuis Paris) David Martinon, après avoir été encensé par le Figaro pour ses hauts faits d’armes5, enfile ses godillots d’ex-porte-parole de l’ex-président Nicolas Sarkozy pour nous faire part de ce qu’il a vécu dans les derniers jours de son séjour à Kaboul sur une pleine page du Monde, devenu une succursale de la presse people6. Que nous dit-il ? Il aurait compris que Kaboul allait tomber aux mains des Talibans dès le 6 août 2021, plus certainement le 12 août 2021 (soit trois jours avant la date fatidique !). Notre Sauveur nous raconte comment il a pris en charge Français, représentants d’ONG et autres venus trouver aide et réconfort à l’ambassade de France à Kaboul. En raison d’un blocage des talibans sur la route de l’aéroport, l’option de l’évacuation par hélicoptère a été choisie. En raison d’un afflux d’afghans dans la zone verte où se trouvait l’ambassade, David Martinon est contraint de tweeter que l’ambassade était évacuée. L’ambassadeur de France nous livre un scoop : « Il y a eu mille situations dangereuses. Nous avons pu nous installer dans des containers livrés par Thalès. On entendait les détonations jour et nuit… ». Base américaine où sont invités Britanniques et Turcs, l’aéroport s’est rapidement transformé en camp de réfugiés.

David Martinon évoque le nombre de personnes évacuées par les différents pays occidentaux, dressant des couronnes de lauriers à notre équipe de sécurité relativement réduite. Il élargit le débat à la question de l’importance de la menace terroriste d’Al6 Qaida et de l’EI-K (qu’il estime affaiblie). En un mot, une pagaille totale. David Martinon aborde le problème par le petit bout de la lorgnette. Il ne se livre à aucune analyse stratégique alors qu’il vient de passer trois ans à son poste d’ambassadeur en Afghanistan. Soit, il s’en tient au traditionnel devoir de réserve, réservant ses réflexions aux plus hautes autorités de l’État, soit, terré dans son ambassade, il n’a rien vu venir et n’a pas été en mesure de prendre la hauteur nécessaire pour juger de la gravité et de la détérioration de la situation au cours de la dernière décennie. En fait, David Martinon est à l’image d’une majorité de ses collègues, un vulgaire commentateur de la situation dans son pays de résidence sans se livrer à un salutaire exercice de réflexion, de prospective, avec tous les aléas qui l’accompagne. Ceci explique cela !

Jean Daspry

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