Observatoire Géostratégique

numéro 318 / 18 janvier 2021

Encore tous nos vœux pour la nouvelle année aux lectrices et lecteurs de prochetmoyen-orient.ch, ainsi qu’aux femmes et aux hommes qui assurent la défense et la sécurité de la France, et tout particulièrement à celles et ceux qui sont en mer, loin et longtemps.

La rédaction

DIX ANS APRES, QUE RESTE-T-IL DES « REVOLUTIONS ARABES » ?

D’abord, il y a un problème de terminologie : « printemps », « révolutions », « révoltes » ? Pour sa part, la rédaction de prochetmoyen-orient.ch a, résolument adopté le qualificatif de « révoltes », qui ne sauraient se confondre avec des processus « révolutionnaires », caractérisés par des ruptures franches et radicales… Rien de tel dans les mouvements dont il est question, car on a plutôt affaire à des « ajustements » à une réalité internationale plus fluide, plus complexe et plus normative.

Retour sur image : le 17 décembre 2010, le jeune Mohamed Bouazizi – vendeur ambulant tunisien – s’immole devant le gouvernorat de Sidi Bouzid. Son geste désespéré, suite à la confiscation de sa charrette de légumes par la police, marque les trois coups d’un « big bang » géopolitique. La rue tunisienne s’embrase et fait tomber le dictateur Zine El-Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011.

Cet acte de résistance inspire les Egyptiens, qui renversent le président Hosni Moubarak le 11 février suivant. Par un effet domino fulgurant, Yéménites, Libyens, Bahreïniens et Syriens se soulèvent à leur tour. Des rassemblements de protestation de plus petite envergure ont même lieu au Maroc, en Jordanie et en Arabie saoudite. L’espérance de changement, portée par les flashs d’information trépidants d’AlJazira, galvanise le monde arabe.

Le mot d’ordre fédérateur – « Le peuple veut la chute du régime » – est tiré d’un vers d’Abou El-Kacem Chebbi, le « Voltaire tunisien ». Proclamé en arabe classique des rives de l’océan Atlantique à celles du golfe Persique, cet appel devient le cri de ralliement de populations en quête de dignité. Ces mots cristallisent l’échec accablant des structures gouvernementales en place en Afrique du Nord et au Proche-Orient : des systèmes policiers et prédateurs, devenus le principal obstacle à l’émancipation économique, sociale et culturelle de leurs populations. Mais, le renouveau tant espéré n’a pas eu lieu.

Sur les six pays pris dans la tourmente de 2010/2011, seule la Tunisie a, plus ou moins bien réussi sa transition vers la démocratie. Les autres ont sombré soit dans la guerre civile (Syrie, Libye, Yémen), soit dans la régression autoritaire (Egypte, Bahreïn), sur fond de poussée jihadiste. Mais en 2019, une seconde vague révolutionnaire balaie à nouveau la région, touchant quatre pays supplémentaires : le Soudan, l’Algérie, le Liban et l’Irak. Au total, en dix ans, près de la moitié des 22 pays arabes sont le théâtre d’un soulèvement populaire de grande ampleur.

Cette nouvelle vague de protestations « printanières » démontre que le processus d’autodétermination des peuples arabes est toujours en cours, contrairement aux affirmations des tenants d’un certain culturalisme, pressés de conclure que l’Islam et la démocratie ne seraient pas compatibles. Toujours est-il que ce mouvement d’ampleur est relativement jeune dans des pays tous aussi jeunes. La plupart des Etats arabes actuels ont émergé au début du XXème siècle, sur les ruines de l’empire ottoman, voire plus tard pour certains d’entre eux.

A la suite de la Seconde guerre mondiale, s’amorce leur marche vers l’indépendance et la souveraineté. Aujourd’hui, ils doivent s’affranchir des pouvoirs, souvent mafieux, d’autocrates locaux jouissant de la protection des grandes puissances. La fin de la Guerre froide n’a pas éclairci l’horizon, favorisant même une recomposition des anciennes tutelles coloniales. Cette reconfiguration est guidée par deux impératifs : l’accès aux zones pétrolières et gazières ; un redéploiement stratégique planétaire.

Richard Labévière

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DES LIMITES ET DES DANGERS DE LA DIPLOMATIE DÉCLAMATOIRE !

« Il flotte une contradiction interne dans le discours officiel sur la République…. le discours s’éloigne de plus en plus de la réalité qu’il prétend décrire. Il est à craindre que plus la réalité de la République s’efface, faute de courage et de vertu, plus il devient nécessaire d’enfler le morceau de bravoure censé la décrire. Car plus les choses manquent et plus il faut des mots : on ne parle jamais tant que de l’absent »1. Comment mieux résumer que ne le fait Chantal Delsol cette République des mots censés soigner nos maux, cette République de la parole débridée ? Cette République du coup de menton permanent, de la com’ à tout-va, du slogan publicitaire. Cette République du coup d’éclat permanent.

Cette République du hiatus entre paroles et actes. Cette situation préoccupante comporte un corollaire : l’existence d’un continuum entre vélléitarisme assumé sur la scène intérieure (moins de deux ans avant la prochaine élection présidentielle) et volontarisme affiché sur la scène internationale (pour faire utile œuvre de diversion sur les problèmes internes amplifiés2 par la crise sanitaire) par nos dirigeants, président de la République en tête3.

Une sorte de diplomatie du chien fou qui est partout et nulle part à la fois. Une sorte de diplomatie du « en même temps », pour reprendre la vulgate jupitérienne.

Mais, dans un idéal qui n’est pas de ce monde, que peut et devrait être une diplomatie de puissance moyenne qui revendique son statut de diplomatie d’influence sur l’échiquier mondial ? Après avoir étudié l’idéal, il importe d’analyser la réalité de notre action internationale pour en mesurer ses résultats concrets. Une trilogie : idéal, réel, risque.

LA DIPLOMATIE DE LA PRIORITÉ AUX PRIORITÉS : L’IDÉAL

« La diplomatie, c’est la science de ceux qui n’en ont aucune et qui sont profonds par leur vide » (Honoré de Balzac, 1836).

Même pour étudier un épisode historique lointain, il est utile de comprendre où s’arrête la diplomatie et où commence la politique étrangère. L’une et l’autre ont pour objet de concilier les intérêts nationaux et internationaux. Elles se conjuguent harmonieusement au fil des siècles, l’une épaulant l’autre. En filant la métaphore marine, on pourrait dire que si la première constitue le cap, la seconde est sa route. Une politique étrangère vaut par la cohérence de son dessein, une diplomatie par l’agilité de ses mouvements, comme le note Gabriel Robin, ambassadeur de France (2004).

S’agissant de la politique étrangère il convient de souligner que pour tenir le cap, le capitaine du navire France doit voir loin et doit voir juste. La grande force de la politique étrangère française, que l’on qualifie de gaullo-mitterrandienne, c’est de ne pas vouloir plaire à tout le monde.

Elle reste marquée par plusieurs traits spécifiques cumulatifs : prise en compte du temps long dans une perspective historique, dans une vision stratégique ; recherche d’une approche globale des problèmes internationaux ; attachement viscéral à l’indépendance nationale (une France alliée des États-Unis mais pas alignée, pas servile comme en témoigne le retrait par le général de Gaulle de la structure intégrée de l’Alliance atlantique en 1966) sans que cela ne vire au nationalisme ; conjugaison harmonieuse de l’intérêt national et de l’intérêt général en raison d’une conception universelle de la mission de la France à travers ses idées, celles du siècle des Lumières et sa langue, longtemps considérée comme langue diplomatique ; triomphe de la raison, à savoir le cartésianisme sur la passion ; conviction que le droit prime la force pour défendre la construction d’un ordre mondial sans le saper en même temps par un recours inconsidéré aux méthodes coercitives ; subtil cocktail entre parole et silence (la politique étrangère se nourrit d’un certain secret) destinée à préserver au maximum ses marges de manœuvre en particulier dans la recherche d’un équilibre délicat entre intérêts économiques et droits de l’homme…

Pour ce qui la concerne, la diplomatie recherche la combinaison intelligente de grands principes et de modestes mécanismes qui relèvent du possible, du réaliste. Ce n’est pas une fin en soi, ni une conception, mais un moyen, une méthode. Elle cherche, par le raisonnement, par la conciliation et le marchandage des intérêts, à empêcher les grands conflits d’éclater entre Etats souverains. Elle est confrontée à une série de défis épisodiques variés qu’elle doit tenter de relever dans la continuité et dans la cohérence en obéissant à ses propres règles. La diplomatie, c’est l’intermédiaire dont se sert la politique étrangère pour parvenir à ses buts par une entente et pour éviter la guerre. Lorsque l’accord est impossible, la diplomatie, instrument pacifique, devient inutile ; la politique étrangère, dont la sanction finale est la guerre, reste seule efficace. La guerre et la paix représentent des temps distincts de la politique extérieure : dès que les négociations débutent, l’usage de la force cesse et la diplomatie prend le relais. Ainsi, l’objectif de la diplomatie est de contribuer à l’édification d’un ordre international renforçant la paix et la sécurité internationales conformément aux objectifs de la Charte des Nations unies. Si la politique étrangère reflète des valeurs à travers une vision cohérente, la diplomatie recherche l’efficacité grâce à une méthodologie singulière.

En diplomatie rien n’est simple et ne se ramène à une formule algébrique. La véritable épreuve de la diplomatie n’est pas la gravité, mais la complexité des évènements, leur multiplicité et leur rapidité, surtout dans une époque de règne de la communication.

Le risque mortel qu’encourt aujourd’hui la diplomatie est de ne pas savoir/vouloir procéder à un salutaire exercice de hiérarchisation des priorités. Et, ainsi de se perdre dans une course sans fin à l’évènement, de passer du statut envié d’acteur de premier rang des relations internationales à celui peu enviable de spectateur passif d’un monde en pleine mutation. Face à une saturation médiatique – dont il est souvent difficile de faire la part entre le bon grain et l’ivraie – et sous la pression du dirigeant, le diplomate devient otage d’une information fourre-tout. Une information qui renonce à comprendre les causes profondes des phénomènes internationaux pour se concentrer sur leur actualité immédiate et paroxystique.

Nous avons l’impression d’une incapacité des États à s’attaquer aux causes des maux dont ils déplorent les effets, une sorte de politique de l’autruche revisitée. À trop pratiquer la diplomatie de la rustine permanente, ils parviennent de moins en moins à se consacrer à l’essentiel, à privilégier le principal par rapport à l’accessoire, les forces profondes par rapport à l’écume des jours. Les hommes politiques sont de plus en plus dominés par la tyrannie de l’instantané, soumis à la dramatisation de l’information en continu des chaînes de télévision dont ils deviennent les esclaves soumis. Nos dirigeants vivent aujourd’hui baignés dans la religion, dans le culte des mots censés agir magiquement sur les maux dont souffre un monde aussi complexe qu’imprévisible.

Force est de constater que la diplomatie jupitérienne tous azimuts tombe, à pieds joints, dans ce travers pour ne pas dire qu’elle le cultive, avec une constance qui mérite louange.

LA DIPLOMATIE DE L’INVENTAIRE À LA PRÉVERT : LE RÉEL

« Il n’y a rien de plus dangereux dans un État que de mettre en grande autorité certains esprits qui n’ont pas assez de lumière pour se conduire eux-mêmes » (Cardinal de Richelieu).

Il suffit de se plonger dans l’actualité internationale pour comprendre ce que signifie une diplomatie de l’inventaire à la Prévert du déni de réalité qui constitue la réalité de la diplomatie française d’Emmanuel Macron et de toute sa mauvaise troupe. Il ne se passe pas une journée sans que la cohorte jupitérienne n’aligne une incongruité diplomatique qui n’a aucun sens. Quelques exemples pris au hasard dans l’actualité de cette année 2020, année dystopique4 sont éloquents surtout avec le recul du temps.

Dans un entretien au quotidien La Croix du 17 juin 2020, Jean-Yves Drian, l’idiot du village diplomatique déclare : « La France refuse un monde bipolaire ». La France a-t-elle le pouvoir de s’opposer à une situation objective que plus personne ne conteste ? De quel droit porte-t-elle pareil jugement de valeur ? Quels sont les moyens concrets dont notre pays dispose pour refuser la réalité du monde et ses données géopolitiques ? Aucun. Ce ne sont que paroles en l’air qui n’ont que peu de prise sur la réalité et qui font la risée des chancelleries.

Après la mort de deux militaires français au Mali en septembre 2020 (et il y en a eu d’autres depuis), le même Lorientais désorienté qui nous sert de ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian déclare : « Il n’est pas question de lever la garde », réaffirmant l’engagement de la France dans la lutte anti-terroriste au Mali, assène-t-il avec la morgue des imbéciles.

Guillaume Berlat
18 janvier 2021

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POUR HOURIA BOUTELDJA – 17 janvier. Les commentaires antisémites qui ont visé la dauphine de Miss France 2020, April Benayoum, ont été unanimement, et évidemment à raison, déplorés et condamnés. Pourtant, l’une de ces réactions a valu à son auteure de se retrouver la cible d’accusations d’antisémitisme : sous la pression, Mediapart a dépublié le texte incriminé. Ces attaques viennent principalement des personnes et groupes qu’en général on retrouve en première ligne chaque fois qu’il est question de défendre l’État face aux avancées de l’antiracisme politique. Ces détracteurs ont-ils raison ? Houria Bouteldja, antisémite ?

À cette question, nous répondons sans hésitation : non. Que les idées qu’elle défend plaisent ou non, cela relève du débat démocratique. Mais l’antisémitisme, lui, est un délit qui relève du pénal. Ceux qui, la main sur le cœur, accusent Houria Bouteldja de tenir publiquement des propos antisémites, alors que précisément elle pointait dans son article les dérives antisémites à l’encontre de Miss Provence ainsi que l’hypocrisie des puissances occidentales qui s’abstiennent de voter une résolution de l’ONU proposant de combattre le néonazisme, sont de vulgaires tartuffes. Force est de constater que tout ce bruit n’aura été qu’une campagne diffamatoire profitant à un certain courant d’idées (qui essaime du Printemps républicain à Valeurs Actuelles en passant par l’extrême droite) et desservant la lutte politique contre l’antisémitisme.

Houria Bouteldja s’est déjà expliquée, notamment sur la phrase qui aura servi d’étincelle : « On ne peut pas être Israélien innocemment. » Résumons la lecture fallacieuse et indigne qui en a été faite par nos inquisiteurs : tout Israélien serait par essence coupable des crimes de la colonisation israélienne ; donc tout juif le serait aussi ; donc il serait permis de les haïr en tant qu’ils sont Israéliens, donc en tant qu’ils sont juifs. Si rien ne va dans cette lecture, c’est qu’elle fait mine d’ignorer la longue tradition littéraire et politique dans laquelle s’inscrit Houria Bouteldja, reprenant quelques fils qu’ont suivis des penseurs comme Aimé Césaire, Albert Memmi ou encore Jean-Paul Sartre. Réfléchissant à la manière dont les structures de domination (notamment coloniales) agissent sur les rapports sociaux entre groupes et entre individus, et sur les représentations collectives qui en découlent, ils en ont tiré la conséquence suivante : nul n’échappe à ces rapports sociaux, aux profits ou aux désavantages qu’ils confèrent. Mais dans la mesure où existe la liberté de se positionner, nul ne peut s’en déresponsabiliser.

Sauf à considérer les Israéliens comme des cas à part, ou bien à nier la réalité de la situation coloniale en Palestine, il n’y a pas de raison de s’émouvoir lorsque cette analyse leur est appliquée. Le bât blesse plus douloureusement pour nous, antiracistes, lorsque les accusations de nos détracteurs sont soutenues par l’amalgame entre judaïsme et sionisme, entre juifs et sionistes – là où il s’agirait plutôt de déconstruire et d’expliciter cette confusion dangereuse, ce que Houria Bouteldja a justement le courage de faire. Mais cette assimilation redoutable semble insufflée par une certaine doxa dominante depuis les plus hauts sommets de l’État, comme l’a montré la détermination d’Emmanuel Macron à faire entrer l’antisionisme dans la définition de l’antisémitisme.

Aussi, à la question complotiste de Marianne « Qui protège Houria Bouteldja ? », nous répondons : pas les médias mainstream, pas les institutions, pas les structures de pouvoir, pas les intellectuels de salon, pas des pouvoirs occultes et encore moins des forces honteuses d’elles-mêmes. Ceux et celles qui la soutiennent, c’est nous : des militantes et militants antiracistes et anti-impérialistes qui savent parfaitement reconnaître l’antisémitisme même sous ses formes les plus sophistiquées, comme nous savons reconnaître une authentique militante décoloniale.

Finalement, la polémique qui a suivi la publication du papier de Houria Bouteldja en dit bien plus sur le contexte de sa réception que sur son auteure. De son côté, elle n’a jamais cédé ni à l’essentialisation, ni au judéocentrisme. Au contraire, elle mobilise les idées indissociables de liberté et de responsabilité, pour elle-même comme pour les autres. Antisémite, Houria Bouteldja ? En aucun cas. Et l’en accuser relève non seulement de la calomnie mais aussi de la diffamation.

En revanche, nos détracteurs n’en finissent plus de se radicaliser dans la défense de l’État, de ses pratiques racistes et de ses structures inégalitaires comme ils sont tolérants vis-à-vis des discours islamophobes et négrophobes. Nous déplorons que, dans le contexte d’un débat sciemment saboté, la chasse aux sorcières ait toujours cours. Contre la calomnie et la diffamation, nous soutenons Houria Bouteldja.

Gil Anidjar, professeur, Columbia University (États-Unis)

Simon Assoun, éducateur spécialisé, militant Union juive française pour la paix

Eric Aupol, photographe, enseignant

Ariella Aïsha Azoulay, professeure de culture moderne (États-Unis)

Ludivine Bantigny, historienne, universitaire

Omar Benderra, économiste

Mounia Bennani-Chraïbi, professeur ordinaire de politique comparée, Université de Lausanne

Amal Bentounsi, militante contre les violences policières

Elise Bernard, intermittente du spectacle

Judith Bernard, enseignante et metteuse en scène

Omar Berrada, écrivain, chercheur

Julie Billaud, professeur associée d’anthropologie, The Graduate Institute, Genève

Daniel Blondet, CGT Educ’action, militant anti-impérialiste

Patrick Bobulesco, libraire

Félix Boggio Ewanjé-Epée, professeur de philosophie

Mathieu Bonzom, universitaire

Marion Bordessoulles, CGT Spectacle

Alain Brossat, professeur émérite

Sébastien Budgen, éditeur Verso Books

François Burgat, politologue

Delphine Cerisuelo, enseignante

Ismahane Chouder, militante féministe

Thomas Coutrot, économiste, militant altermondialiste

Julie Crenn, historienne de l’art

Julien Crépieux, artiste

Alain Damasio, écrivain

Querelle Delmas, militant queer

Mathias Delori, chercheur CNRS en sciences politiques

Christine Delphy, sociologue, féministe

Laurent de Wangen, militant associatif

Daphné Dolphens, militante antiraciste

Tal Dor, sociologue

Baudouin Dupret, Sciences Po Bordeaux

Ali El Baz, militant de l’immigration

Annie Ernaux, écrivaine

Hervé Falcetta, maçon, CGT SLCBA

Olivier Fillieule, professeur ordinaire de science politique à l’Université de Lausanne et directeur de recherche au CNRS

Caroline Gay, comédienne 

François Gèze, éditeur

Anahita Grisoni, Sociologue et urbaniste

Georges Gumpel, Union juive française pour la paix, Partie Civile au procès de Klaus Barbie

Eric Hazan, éditeur

Choukri Hmed, maître de conférences, Université Paris-Dauphine

Rachid Id Yassine, sociologue, Université Gaston Berger, Sant-Louis

Philippe Jouary, cadre associatif

Saad Jouni, rédacteur en chef de Decolonial News

Stefan Kipfer, professeur, Université York, Toronto

Safi Khatib, syndicaliste

Farhad Khosrokhavar, sociologue

Anna Knight, traductrice

Richard Labévière, journaliste, rédacteur en chef de prochetmoyen-orient.ch

Thierry Labica, Université de Nanterre

Baptiste Lanaspeze, éditeur

Thomas Lancelot, militant antisioniste et féministe

Gaëlle Le Fur, sociologue

Alana Lentin, Western Sidney University

Raphaël Liogier, professeur des universités, Sciences Po Aix-en-Provence

M’baïreh Lisette, militant décolonial et anticolonialiste

Franco Lollia, Brigade antinégrophobie

Pierre Magne, professeur agrégé de philosophie et maître de conférences à l’École Polytechnique

Joëlle Marelli, traductrice

Joseph Massad, Columbia University

Gustave Massiah, économiste, altermondialiste

Pascal Menoret, professeur titulaire, Brandeis University (Massachusetts)

René Monzat, militant antiraciste

Dominique Natanson, animateur du site Mémoire juive & éducation

Melanie Ngoye Gaham, militante

Annie Ohayon, productrice

Tristan Petident, militant NPA

Alexandre Piettre, philosophe et sociologue du politique et des religions, Université de Lausanne

Charles Poitevin, écrivain

Geneviève Rail, professeure émérite, Institut Simone-De Beauvoir 

Ben Ratskoff, éditeur en chef de PROTOCOLS

Gianfranco Rebuccini, anthropologue, chargé de recherche au CNRS et militant queer

Jonathan Ruff-Zahn, UJFP, rappeur

Nordine Saidi, militant décolonial et membre de Bruxelles Panthères

Catherine Samary, économiste altermondialiste

Raphaël Schneider, co-fondateur de Hors-Série

Khadija Sendhaji, militante antiraciste, décoloniale (Bruxelles)

Michèle Sibony, militante antiraciste, Union Juive Française pour la Paix

Maboula Soumahoro, Présidente Black History Month

Isabelle Stengers, philosophe

Julien Théry, historien

Gavan Titley, University of Maynooth

Enzo Traverso historien

Karim Van Dromme, bénévole à l’Unafam et militant contre le validisme et la psychophobie

Ghyslain Vedeux, militant antiraciste, président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN)

Françoise Vergès, politologue, féministe décoloniale

Marianne VL Koplewicz, éditrice

Michel Warschawski, militant anticolonialiste israélien

Sarah Youbi, interne en médecine générale

Hela Yousfi, maître de conférences, Université Paris-Dauphine.


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L’ARABIE SAOUDITE ET LE QATAR VONT ROUVRIR LEURS AMBASSADES RESPECTIVES – RFI, 18 janvier.

Pendant plus de trois ans, l‘Arabie saoudite et ses alliés avaient rompu unilatéralement leurs relations diplomatiques et économiques avec le Qatar. Le minuscule émirat gazier était accusé d‘une trop grande proximité avec l’Iran et les Frères musulmans. Depuis l‘annonce du dégel entre l‘Arabie saoudite et le Qatar, les signes d‘ouverture entre les deux monarchies du Golfe s‘intensifient. Ce week-end, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan, a annoncé la réouverture d‘une ambassade au Qatar dans les prochains jours. Une « affaire de logistique » selon lui qui marquera, en tout cas, la reprise de relations diplomatiques complètes entre Riyad et Doha. La semaine dernière, les deux pays avaient déjà rouvert leurs frontières communes après trois ans et demi de fermeture. Les liaisons commerciales directes assurées par Saudia et Qatar Airways ont par exemple repris. De leur côté, deux des alliés de l‘Arabie saoudite dans cette crise du Golfe – à savoir les Émirats arabes unis et Bahreïn – ont aussi annoncé la réouverture de leur espace aérien avec le Qatar. Mais pour l‘instant, seule la compagnie à bas prix Air Arabia a promis officiellement la reprise des vols vers Doha depuis l‘émirat de Charjah.

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Pour s’éviter une déchéance humiliante, le président sorti Trump déclara : pas de violences. Netanyahou passa outre en rebombardant violemment la Syrie, car Pompeo lui avait déjà donné son feu vert. On est 30 ans après le début de la guerre du Golfe, ses 105000 sorties destructrices d’une coalition fabriquée par Georges Bush, un texan du pétrole, ancien patron de la CIA, qui avait eu le feu vert de Mitterrand : « Quoique que vous fassiez, nous serons avec vous » selon un aveu tardif de son réticent ministre Chevènement. Le 12 août 1990, le président irakien avait repris l’initiative : « L’Iraq est prêt à se retirer du Koweït, il vous revient d’obtenir le retrait de l’armée israélienne des territoires palestiniens occupés ». Vingt-trois plans de paix, publiés en mars1991 par le regretté Edgard Pisani, furent sabotés au profit de la violence programmée, imposée par une propagande mensongère, malgré des millions de manifestants.

Bernard Cornut

 

  1. Parce que l’Etat français est incapable de distribuer des masques, des tests et des vaccins (conçus par d’autres pays), on dit qu’il n’existe plus. C’est faux. Trois décrets lui permettent désormais de collecter des informations confidentielles (opinions politiques, religieuses etc.). Et l’ARS distribue aux 2500 rappeurs d’une soirée illégale un flyer expliquant comment se protéger du Covid après la fête. A quand McKinsey à l’Elysée ?
  2. On croyait Macron vacciné (c’est bien le seul) avec la ‘Convention citoyenne sur le climat’, ses 150 pékins tirés au sort et leurs propositions débiles. C’est donc logiquement qu’il récidive avec 35 zozos qui vont donner leur avis sur la stratégie de vaccination. Cela étant, à écouter les bobards des Cressonex et autres Salomon, peut-être pas idiot ?
  3. Le plus préoccupant de l’héritage Trump n’est pas tant son mépris du droit, sa paranoïa, son égotisme vulgaire, croire que tout s’achète (Soudan, Sahara Occidental), ou se vole (votes en Géorgie). C’est sa capacité à mentir inlassablement, convaincu qu’à force les gens finiront par le croire. Car au final, aucune parole politique n’en sortira indemne.
  4. Anwar Gargash, le ministre des AE des EAU, surnommé Pinocchio pour sa propension à mentir, déclare que « lorsque nous avons réalisé qu’il était possible d’obtenir le gel de l’annexion de la Cisjordanie par Israël, nous avons décidé de franchir le pas ». A quoi le ministre israélien du Renseignement Cohen répond que « l‘annexion se fera, tout simplement parce que Israël est la terre du peuple juif et que la Judée-Samarie en fait partie ». D’autres questions ?
  5. Sans doute l’habitude d’enfiler les perles dans l’ancienne Côte des Pirates, le même Gargash nous en livre deux rares. A propos de l’Iran : « Force est de constater que l’accord nucléaire n’a pas marché ». Ça c’est ben vrai ! Et sur l’assassinat de Kashoggi : « Nous avons dit très tôt que nous avions confiance dans le système saoudien ». Sacré Pinocchio !

Dinall’uill

 

GEORGES HABACHE, FIGURE DE LEGENDE DU COMBAT NATIONAL PALESTINIEN

Ce papier est publié à l’occasion du 13 me anniversaire de la mort de Georges Habache, le 26 janvier 2008, à 82 ans, à Amman. Il est dédié à AHMAD SAADATE. Successeur de Georges Habache à la tête du FPLP (Front Populaire pour la Libération de la Palestine).

Ahmad Saadate a été emprisonné le 15 Janvier 2002 par l’Autorité Palestinienne à la prison de Jéricho (Cisjordanie), soupçonné d’avoir commandité le meurtre de Rehavam Zeevi, ministre israélien du tourisme. Un accord conclu sous l’égide des États Unis et du Royaume-Uni entre Israël et l’Autorité palestinienne, prévoyait l’incarcération d’Ahmad Saadate dans la prison palestinienne de Jéricho et la responsabilité de sa surveillance confiée aux Américains et aux Britanniques. Le 8 mars 2006, les gardiens américains et britanniques quittent leur poste rompant de facto l’engagement de Londres et de Washington d’assurer la surveillance de la prison de Jéricho. Une semaine plus tard, le 14 Mars 2006, l’armée israélienne lançait un assaut contre la prison de Jéricho.

Cet assaut a fait deux morts et 20 blessés tous palestiniens (gardiens et prisonniers). Vers la fin du mois d’Avril 2006, le procureur israélien annonçait qu’Ahmad Saadate ne sera pas poursuivi pour l’assassinat du ministre Rehavam Zeevi, mais jugé pour « atteintes à la sécurité d’Israël », tandis que ses quatre compagnons, capturés en même temps que lui, seront jugés pour le meurtre. En décembre 2008, un tribunal militaire israélien a condamné Ahmad Saadate à 30 ans de prison pour être à la tête d’une « organisation terroriste illégale » et pour sa responsabilité dans toutes les actions terroristes menées par son organisation.

Dans cette affaire, M. Mahoumd Abbas, chef de l’Autorité Palestinienne, aura fait la preuve d’un parfait garde chiourme, justifiant le verdict du grand orateur de la Révolution française, le Comte Honoré Gabriel Mirabeau, selon lequel «Il existe quelqu’un de pire qu’un bourreau, son valet».

1 – Au commencement, le Mouvement Nationaliste Arabe MNA

Si Yasser Arafat, chef du Fatah, est l’artisan de la renaissance du combat palestinien, Georges Habache, fondateur du Mouvement Nationaliste Arabe (MNA), puis du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), en sera sa figure de légende.

Sa voix de stentor, loin de toute théâtralité, la précision de son verbe d’une haute tenue, sa sobriété ascétique, loin de toute extravagance, feront de ce médecin chrétien palestinien diplômé de l’Université Américaine de Beyrouth, l’idole absolue des Palestiniens et de leurs nombreux partisans à travers le monde; une vénération amplifiée par les actions d’exploit de son organisation.

Une popularité comparable à celle du discret N0 2 du mouvement palestinien, Khalil Al Wazir, alias Abou Jihad, le chef militaire de la guérilla palestinienne, qui en fera le Numéro Un BIS du mouvement national palestinien.

Discret et modeste, ce pédiatre, fils d’une famille aisée de Palestine, disposait de deux cliniques à Amman, l’une pour la clientèle huppée dont il tarifait les prestations à taux plein, l’autre dans le camp de réfugiés de Wahadate, à la périphérie d’Amman, pour les démunis, qu’il traitait à titre gracieux. A son engagement dans le militantisme, il renoncera à sa vocation médicale pour se consacrer exclusivement au combat anti-impérialiste, mais gardera son titre «Al Hakim», qui deviendra son nom de guerre.

Tout au long de sa vie, il se contentera de son salaire modique de l’ordre de 300 dollars par mois pour subvenir à ses besoins de première nécessité. Une vie d’une grande frugalité, à l’opposé des ripailles pétro monarchiques. Un exemple rarissime dans le Monde arabe. Une règle que seule la nouvelle figure emblématique arabe Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah Libanais, observera par la suite et auparavant l’égyptien Gamal Abdel Nasser.

Fer de lance du combat contre le colonialisme européen au lendemain de la II me guerre mondiale (1939-1945), le Mouvement Nationaliste arabe (Harakat al-Qawmiyyin al-Arab) a longtemps constitué la «bête noire de l’Occident» et son cauchemar.

Au point que les tenants d’une idéologie pan-arabe, compensatoire d’une balkanisation excessive de l’espace arabe étaient criminalisés d’un terme qui se voulait infamant « nationaliste » en suggérant un relent de chauvinisme xénophobe.

L’un des plus illustres de ces délateurs de l’ombre n’est autre que Jean Yves Camus, membre de la Fondation Jean Jaurès, un organe satellite du Parti socialiste français désespéré par les analyses en contrechamps du signataire de ce texte, n’hésitera pas à la qualifier de «nationaliste arabe» comme si la recherche d’un seuil critique du Monde Arabe à l’effet de faire contre-poids aux grands ensembles régionaux induits par la Mondialisation, tel l’Union Européenne ou le Mercosur, constituait une tâche infamante ; ou la défense de la cause palestinienne, une souillure morale indélébile.

René Naba

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