Observatoire Géostratégique

numéro 276 / 30 mars 2020

Editorient

MUCHAS GRACIAS  CUBA !

Pour lutter contre le Covid-19, 37 pays ont fait appel à la médecine cubaine, priorité – avec l’éducation – de la Grande île depuis sa révolution de 1959. Cette crise illustre et confirme son degré d’avancement dans l’industrie biotechnologique, et ce malgré le « bloqueo », l’embargo qu’exercent les Etats-Unis contre Cuba depuis le 3 février 1962.

Dimanche passé, à la demande de la Lombardie – où le coronavirus a fait plus de morts que dans l’ensemble de la Chine -, 37 médecins cubains (des généralistes, des pneumologues, des spécialistes en maladies infectieuses et soins intensifs), ainsi que 15 infirmiers sont arrivés en renfort du dispositif sanitaire local. Comme dans les 37 pays où ils sont déployés pour lutter contre le covid-19, les médecins cubains engagés en Italie ont une solide expérience dans l’urgence sanitaire, dont celle qu’ils avaient déjà mis en pratique lors du traitement du virus Ebola en 2014.

Depuis 2003, la Chine bénéficie d’un transfert de technologie pour l’Interféron alfa 2b, un antiviral produit par la société cubano-chinoise Chang/Heber – un médicament utilisé contre des virus présentant des facteurs similaires à ceux du covid-19. En Chine, l’Interféron 2b a été administré à 1 500 patients, qui ont guéri depuis. Une quinzaine de pays ont demandé à Cuba le droit d’utiliser ce même médicament.

« FRENTE BIOLOGICO »

En 1981, le plan Frente biologico (front biologique) a permis la création du Centre de génie génétique et de biotechnologie, produisant des médicaments accessibles sur le marché intérieur et sur celui d’une cinquantaine d’autres… Continuer la lecture

COVID-19 : LE DEVOIR D’IRRESPECT…

« La critique est aisée mais l’art est difficile » (Philippe Néricault, de son nom de scène Destouches, 1732).

S’il convient de savoir raison garder afin de porter un jugement pondéré sur la gestion de la crise sanitaire d’une ampleur inconnue depuis bien longtemps, il ne saurait être question de rester coi2. En effet, le moins que l’on puisse dire est qu’entre l’imprévisible et l’impossible, il existe une marge. Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? Aujourd’hui, ce serait plutôt gouverner, c’est subir. Souvenons-nous que l’épidémie de coronavirus a débuté à la fin de l’année 2019 en Chine de manière paroxystique et nous sommes aujourd’hui, trois mois après. Il serait malhonnête de prétendre qu’elle nous a pris par surprise en ce début de printemps 2020 tant en France qu’en Europe.

Nos dirigeants n’ont, semble-t-il, pas prise la mesure d’un tel tsunami sanitaire lorsqu’ils nous prodiguaient de bonnes paroles semblables à celles que leurs prédécesseurs nous assenaient après la crise de Tchernobyl (le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière française !). L’État comme puissance d’anticipation, comme levier et ressourcerie pour les défis à venir n’existe plus3. Mais, s’il y a faute lourde indéniable de la « Grande nation », pour ne pas dire naufrage collectif de la France donneuse de leçons, il y également faillite collective qu’il s’agisse de l’Union européenne ou de la Chine.

Les mécanismes de régulation tels que la mondialisation et le multilatéralisme n’ont malheureusement pas rempli leurs fonctions. Il est vrai qu’ils sont en… Continuer la lecture

PANDE-MONDIALISATION : JEAN QUI RIT, JEAN QUI PLEURE…

La pandémie du coronavirus constitue le meilleur révélateur d’une classe dirigeante française et de sa horde de cabinards arrogants, dont le moins que l’on puisse dire, est qu’ils ne sont pas à la hauteur des multiples défis que soulève cet épisode sanitaire. Chaque jour que Dieu fait nous en administre la preuve et nous conduit à penser que le maître es-bobards (« fake news ») qui sévit à la Maison Blanche – sans parler de celui qui demeure au Kremlin – a un émule domicilié au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré. Le jeune freluquet, qui est le plus jeune président de la Vème République, sait tout sur tout et n’admet guère la contradiction, y compris celles de médecins qu’il visite dans un hôpital parisien pour leur faire la leçon et mieux les encenser le 13 mars 2020 lors de son intervention télévisée. Mais, jouer les Jean qui rit, glissant la poussière sous le tapis n’a qu’un temps. On est souvent rattrapé par la réalité, et cela plus vite qu’on ne le croit. Et, alors, dans la plus grande précipitation, Jean qui rit est contraint de se muer en Jean qui pleure, au fur et à mesure qu’il ramasse la poussière en soulevant le tapis1.

JEAN QUI RIT : ON MET LA POUSSIÈRE SOUS LE TAPIS

Que n’a-t-on pas entendu de la part de la bien-pensance de la « Grande Nation » au moment de l’annonce de l’épidémie en Chine ! Les Français feraient mieux que les Chinois pour prévenir, traiter ce… Continuer la lecture

CYBER-GUERRE/SOUVERAINETE NATIONALE : ARROGANCE, TRAHISONS ET RESISTANCE…

A en croire certains journalistes pressés et analystes aux idées tranchées, la Russie serait aujourd’hui notre principale menace numérique. Ses « hackeurs1 » seraient en capacité de cibler – quotidiennement – nos entreprises les plus performantes, nos administrations les plus sensibles, nos secrets les mieux gardés, alors que nous serions pratiquement désarmés, incapables de nous protéger, sinon de riposter. Récurrentes, depuis que Vladimir Poutine a remis son pays sur les rails d’une politique de puissance, ces assertions réactivent toutes les raisons de détester la Russie2.

Ressurgissent les poncifs de la Guerre froide, mâtinés de cet anticommunisme qui s’enracine dans la Révolution d’octobre de 1917 ; du Communisme de guerre à la crise des missiles de Cuba (1962)3 jusqu’à la chute du Mur de Berlin en 19894 et après…

Récurrente, cette figure de l’idéologie dominante marche sur trois jambes : 1) une appartenance au « monde libre », qui aurait définitivement affirmé sa supériorité avec l’effondrement du Bloc de l’Est ; 2) une suprématie économique, qui repose sur les mécanismes du libéralisme, néo-libéralisme et ultra-libéralisme imposés par les Etats-Unis et la Grande Bretagne ; 3) enfin, un racisme profond, dont on retrouve quelques racines, notamment dans Mein Kampf, qui assimilait les peuples slaves à des « sous-races incultes descendant des Tatar-Mongols, acquis à la juiverie bolchevique… ».

Ce type de figure « essentialiste » vide la réalité de toute dimension historique pour la transformer en une « essence », autrement dit une « nature » quasiment géologique, résultant davantage du « bon sens populaire » et de ses « mythes » que… Continuer la lecture

EN ROUTE VERS 2020 !

Une partie de la rédaction de prochetmoyen-orient.ch a pris la mer. Mais, la publication de votre lettre numérique hebdomadaire reste assurée, paraissant chaque lundi comme d’habitude. Par conséquent, nous ne pourrons répondre aux demandes et autres sollicitations qu’à partir du 18 mars prochain.

La rédaction


EN ROUTE VERS 2020 !

« Nous entrons dans l’avenir à reculons » (Paul Valéry). Et, c’est bien le drame de notre époque focalisée sur le présent immédiat, médiatique, incapable de tirer les leçons du passé pour mieux anticiper, mieux préparer l’avenir. Malheureusement, gouverner, c’est de moins en moins prévoir, c’est de plus en plus improviser. Après cette année 2019 « semée d’embûches » pour reprendre la formule employée par la reine d’Angleterre dans son discours du 25 décembre 20191, que peut-on espérer raisonnablement, attendre de l’an neuf, le cru 2020 ? La réponse à cette question est loin d’être simple tant le monde dans lequel nous évoluons est complexe, imprévisible soumis à de multiples aléas internes (les révoltes des peuples) et externes (le choc des supergrands) auxquels les mécanismes traditionnels de gestion des crises ne sont plus en mesure de répondre2. Un constat d’évidence s’impose : le monde va mal, de plus en plus mal au fil des ans. Nous évoluons dans une époque de multiplicité des crises (Cf. le coronavirus). Or, les médecins, qui se penchent au chevet de la planète (comme ce fut le cas à Madrid à l’occasion de la COP25 en dépit de la mobilisation de la jeunesse et de… Continuer la lecture