Observatoire Géostratégique

numéro 248 / 16 septembre 2019

Orient-ations

ORIENT-ATIONS 248

TRUMP EGORGE LE DOCTEUR FOLAMOUR – Jean Daspry. « Il faut avoir confiance dans les surprises de la vie » Jean-Philippe Blondel. Aussi cavalièrement qu’il avait annoncé sa nomination en mars 2018, Donald Trump limoge le 10 septembre 2019 en deux messages lapidaires John Bolton, son conseiller à la sécurité nationale1. « J’ai informé John Bolton hier soir que l’on n’avait plus besoin de ses services à la Maison-Blanche », a écrit Donald Trump sur son compte Twitter, son moyen de communication favori. « Je suis en profond désaccord avec beaucoup de ses suggestions, comme d’autres membres de ce gouvernement, et c’est pourquoi j’ai demandé à John sa démission qu’il m’a remise ce matin. Je remercie John pour ses services. Je nommerai un nouveau conseiller à la sécurité nationale la semaine prochaine ». John Bolton annonce, pour sa part, qu’il a proposé sa démission la veille. Ce à quoi Trump lui aurait répondu qu’on en « parlerait demain ». Sa présence était encore programmée mardi matin à un point de presse à la Maison-Blanche, une heure avant l’annonce de son départ2. Retour sur la présence d’un conseiller pyromane, un va-t-en-guerre à la Maison Blanche, utile pour démontrer sa fermeté vis-à-vis de l’étranger Conseiller devenu très encombrant, voire nuisible lorsque le président des États-Unis veut mettre dans la colonne succès du bilan de son mandat les conflits évités ou résolus, sujet important de son programme électoral de 2016.

UN CONSEILLER UTILE POUR DÉMONTRER LA FERMETÉ DE L’ONCLE DONALD… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 247

EUROPE DE LA DÉFENSE : DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE – Guillaume Berlat. « L’européen a des velléités mai, à la fin, il fait ou Washington lui dit de faire, et s’interdit de faire là ou et quand il n’a pas la permission »1. Et, c’est bien le cœur du débat lorsque l’on aborde la question générale de la défense européenne. Nous ne parlons pas du prétendu pilier européen de l’Alliance Atlantique (un vieux serpent de mer) mais de la capacité des membres de l’Union européenne à organiser leur défense de manière autonome et indépendante sans solliciter l’aval préalable du grand frère américain (un autre vieux serpent de mer). Ce que les experts de la chose bruxelloise qualifient pompeusement d’Europe de la défense. À intervalles réguliers, nous avons tenté d’informer nos fidèles lecteurs des avatars de cette aventure, aujourd’hui sans lendemain, si ce n’est des lendemains qui chantent autant qu’ils déchantent. L’occasion de revenir sur ce sujet nous est fournie par la diffusion récente par le ministère des Armées d’une plaquette d’une dizaine de pages à vocation pédagogique intitulée tout naturellement : « Europe de la défense, un état des lieux ». Son principal objet consiste à nous fournir une photographie de l’existant en mettant en lumière les avancées du projet européen au cours des dernières années, essentiellement un maquis de procédures tatillonnes. Un grand classique bruxellois. L’objectif est atteint. Mais, en passant de la théorie à la pratique, force est de constater que cette brochure passe sur l’essentiel, un défaut de volonté… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 246

CRU 2019 DU RAOUT DES AMBASSADEURS/AMBASSADRICES : MUCH ADO ABOUT NOTHING1 – Jean Daspry. En partie éclipsée par l’ombre portée du « sublime » G7 de Biarritz, la traditionnelle grand-messe des ambassadeurs et des ambassadrices (XXVIIe édition) se tient à Paris du 27 au 30 août 2019. Cette conférence/semaine réunit la fine fleur de la diplomatie française sous les ors de la République. Elle a pour sujet de réflexion, pour ne pas dire de méditation : « Relever les défis mondiaux : responsabilités françaises et européennes »2. En lui-même, ce titre est tout un programme qui sonne faux et creux à la fois. Comment traiter sérieusement en quelques heures des défis mondiaux, si l’on exclut les incontournables discours du président de la République, du Premier ministre et du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et table rondes sur des problématiques inutiles un aussi vaste sujet, dans un si bref laps de temps ? Cela relève de l’affichage pur et simple pour ne pas dire de la com’. Quant à la seconde partie de l’énoncé, il relève de la blague si l’on sait que la diplomatie française jupitérienne est une suite d’échecs patents et que la diplomatie européenne n’existe pas hormis par la horde de fonctionnaires qui compose le Service européen d’action extérieure » (ce serait plutôt le Service européen d’inaction extérieure).

QUELQUES MOTS À PROPOS DU PROGRAMME DES EXCELLENCES HOMMES ET FEMMES

Reportons-nous à la présentation du site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères !

Début de citation

XXVIIe édition de la… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 245

HOMMAGE A PIERRE PEAN – JEAN-PIERRE CHEVENEMENT :

Avec Pierre Péan nous perdons l’un des grands éclaireurs de notre temps. Il était l’un des plus remarquables journaliste d’investigation et un essayiste d’un immense talent dont chaque ouvrage, fruit de ses recherches exigeantes, était attendu avec impatience. Chacune de ses œuvres a marqué un moment de la conscience de la vie politique française suscitant des débats passionnés. C’était un homme de gauche assurément mais avant tout, pour lui, il y avait l’exigence de la vérité.

Noires fureurs, blancs menteurs a éclairé d’une vive lueur le drame du Rwanda, ébranlant les vérités toutes faites.

Une jeunesse française, qu’il a complétée et partiellement corrigée par un second ouvrage, reste une pièce majeure pour comprendre le parcours de François Mitterrand.

La face cachée du Monde, véritable bible co-écrite avec le regretté Philippe Cohen, autre plume rebelle à toutes les formes de la bien-pensance, n’a pas peu contribué à remodeler le visage de la presse française.

Partout Pierre Péan a jeté un regard décapant sur les forteresses de l’ordre établi, jetant bas les nouveaux conformismes, il a été sur ce point de vue un grand républicain. Nous devons beaucoup à l’acuité de son esprit et à la puissance de son travail. Nous devons beaucoup à son courage, il a été une conscience civique qui a balisé notre route. À titre personnel, je perds un ami très cher qui me manquera toujours.

J’adresse à sa femme Odile, à son fils Grégory, à sa fille Raphaëlle,… Continuer la lecture

ORIENT-ATIONS 244

JACQUES-MARIE BOURGET NOUS DIT : « SEX-STORIES D’AUJOURD’HUI ET LES DESSOUS DE L’AFFAIRE MAXWELL ! ». L’actualité sexualo-people autour de l’affaire Epstein, après l’avatar Wenstein, n’a aucun n’intérêt pour qui ne remonte le passé. Celui de Ghislaine Maxwell, décrite aujourd’hui comme rabatteuse d’adolescentes pour le plaisir du millionnaire pédophile et celui de ses amis puissants. Intérêt encore si on remonte aussi dans la vie de son père, Robert Maxwell, tycoon de presse, mort par noyade aux Canaries le 5 novembre 1991.

La carrière de Robert Maxwell – un Tchèque de confession juive – commence en 1940 quand, parvenant à échapper à l’Holocauste, il se réfugie à Londres pour devenir interprète de l’armée britannique. Cette jeune carrière va bientôt le conduire à Prague et sur le front de l’Est, là où se rencontrent deux lames des forces de libération du nazisme : celle des Occidentaux et celle des Soviétiques. Le plus souvent l’ambiance vécu par le jeune traducteur ressemble à celle décrite dans le film « Le Troisième Homme » : espionnage, trahison, double jeu. L’habile Maxwell, devenu citoyen britannique, sait se faire l’ami et le confident de certains as du KGB. A Berlin, dans une ville qui n’est plus qu’une ombre, il lance de petits réseaux de marché noirs. Avec cet argent il peut prendre la main chez l’éditeur allemand Springer Verlag, spécialiste des publications scientifiques, mais interdit d’exercice après son engagement nazi. C’est le début d’une aventure qui va, en 1985 alors qu’il a été élu député travailliste, le conduire à la tête du groupe britannique « Mirror »… Continuer la lecture