Observatoire Géostratégique

numéro 323 / 22 février 2021

ALAIN CORVEZ NOUS DIT : « QUE RESTE-T-IL DE LA REVOLUTION IRANIENNE ? » – 10 février.

 Il est difficile en quelques minutes seulement d’exposer tous les bouleversements que la Révolution Islamique a apporté, d’abord en Iran évidemment, mais à toute la région d’Asie occidentale où est implanté ce territoire riche et varié, et enfin au monde.

Car la révolution iranienne a bouleversé tous les rapports de force, l’Iran affirmant soudain aux yeux du monde qu’il prenait en mains son destin, les élites iraniennes s’inspirant d’ailleurs pour le faire des idées du Général de Gaulle qui avait fondé la souveraineté française sur l’indépendance militaire et sur la dissuasion nucléaire afin de garantir le territoire national contre l’humiliation d’une nouvelle défaite. Tout comme la France, l’Iran se présente comme une exception culturelle ; tout comme elle, ce pays aspire à l’indépendance.

La Révolution Islamique d’Iran reste encore mal connue de l’Occident, voire incomprise ou accusée d’extrémisme parce qu’en dehors de quelques experts, peu ont pénétré ses ressorts profonds et son fonctionnement. Car il ne s’agit pas seulement d’une révolution religieuse, mais aussi de la prise de pouvoir d’élites intellectuelles animées par cette doctrine d’indépendance, indépendance qui n’empêche pas les alliances avec des pays amis.

Le philosophe Michel Foucault venu observer ce phénomène révolutionnaire dès ses origines disait à son retour en France qu’il s’agissait « peut-être de la première grande insurrection contre les systèmes planétaires. »

En cette période anniversaire, on doit constater qu’après plus de 42 ans d’assauts multiples de la première puissance mondiale et de ses alliés, le régime iranien est solide parce qu’il s’appuie sur une doctrine exhaustive de fierté nationale qui rassemble le peuple pour résister à l’impérialisme. Cette doctrine reposant sur la dignité humaine et la dignité des nations séduit, en outre, tous les opprimés de la terre qui s’allient dans un axe de résistance, sans distinctions de races, de religions et de situations géographiques.

L’Iran est renforcé dans ses positions par le soutien des grandes puissances qui partagent cette idée d’indépendance nationale et s’entendent pour dénoncer les volontés totalitaires, représentant désormais une alternative incontournable au bloc atlantique qui voudrait imposer son système au monde. Il est un exemple pour les peuples qui veulent vivre libres de toute soumission et souverains dans leurs décisions pour bâtir un avenir correspondant à leurs génies propres, en coopération amicale avec d’autres mais soumis à aucun bloc.

L’avenir du monde n’est pas dans des affrontements guerriers pour imposer des systèmes étrangers à la nature des choses, mais à la coopération amicale pour le progrès entre des nations libres et souveraines, fidèles aux valeurs qui les ont fondées, c’est-à-dire à leurs Histoires. La République Islamique d’Iran nous montre le chemin.

 

L’IFREMER COMMUNIQUE : « POUR UNE PÊCHE PLUS DURABLE

 » – Comment se portent les populations de poissons pêchées en France en 2020 ? Mieux, avec plus de la moitié des volumes pêchés issus de populations exploitées durablement. Mais l’objectif de 100% de populations en bon état est encore loin. Et la situation en Méditerranée reste préoccupante. Résoudre l’équation d’une pêche plus durable implique de mieux faire rimer exploitation des ressources et conservation des milieux marins, avec l’éclairage de la science et des équipes de l’Ifremer.

En 2020, 60 % des volumes de poissons pêchés en France sont issus de populations exploitées durablement, contre 15 % il y a 20 ans. Mais la surpêche touche encore 21% des populations, et 2 % sont considérées comme « effondrées » comme le merlu en Méditerranée.

Ce bilan a été l’occasion de présenter deux sujets complémentaires :

Impact moyen de la crise Covid sur la filière pêche. Les restrictions sanitaires liées au Covid ont entrainé une baisse d’activité de 10% pour la filière pêche en 2020. Les débarquements ont diminué de 40 000 tonnes, soit une baisse estimée à 14 % en comparaison avec les années précédentes. La réduction en valeur débarquée atteint 93,5 M€, soit une réduction de 13 % en termes de valeur par rapport aux années passées. Ces chiffres publiés début février sont issus d’une étude sur les navires de plus de 12 m, menée dans le cadre du Système d’informations halieutiques (SIH).

Débattre sans se battre : des lycéens impliqués sur le thème de la pêche durable. Est-ce qu’il y aura encore des poissons dans la mer en 2050 ? Comment limiter les impacts de la pêche sur les écosystèmes ? Les labels actuels sont-ils satisfaisants ? Voici quelques-unes des questions qui sont discutées entre chercheurs et lycéens dans le cadre du nouveau projet de médiation scientifique de l’Ifremer « Débattre sans se battre », mené avec les Petits Débrouillards, sur le thème de la pêche durable.

 

WASHINGTON RETIRE LES HOUTHIS DE SA LISTE DES GROUPES TERRORISTES – Agences, 12 février.

C’est un dossier de plus sur lequel le nouveau président américain revient sur les décisions de Donald Trump. L’administration Biden a annoncé, ce vendredi 12 février, que le groupe rebelle yéménite houthis sera retiré de la liste noire des États-Unis des groupes soutenant le terrorisme. La décision sera effective dès mardi prochain.

La décision n’est pas une surprise. L’intention de revenir sur cette classification des rebelles yéménites comme organisation terroriste avait été annoncée par l’administration Biden dès le jour de l’investiture du nouveau président. La semaine dernière, le département d’État avait formellement notifié au Congrès son intention d’annuler cette inscription décidée seulement quelques semaines plus tôt. La décision de l’administration sortante avait été vivement critiquée, aux États-Unis comme sur la scène internationale, pour le coût humanitaire qu’elle pouvait avoir.  La désignation exposait en effet toute personne et organisation faisant des transactions avec les rebelles à des poursuites judiciaires aux États-Unis. Or, les ONG intervenant dans le pays soulignaient leur obligation de traiter avec les Houthis alors que la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. Selon plusieurs agences de l’ONU, « la malnutrition aiguë menace la moitié des enfants de moins de cinq ans » cette année au Yémen.

Des dizaines de milliers d’entre eux pourraient mourir, préviennent-elles. « Nous avons entendu les mises en garde des Nations unies, des groupes humanitaires et des membres des deux partis politiques représentés au Congrès », a affirmé le nouveau secrétaire d’État, Antony Blinken, dans un communiqué. Mais si le groupe est retiré de la liste, les principaux chefs Houthis, eux, y restent à titre personnel. L’administration Biden veut inciter à une reprise du processus politique pour mettre un terme à ce conflit mais elle dénonce l’intensification des attaques, ces derniers jours, par le groupe rebelle.

 

TEL-AVIV/WASHINGTON : NETANYAHOU ATTEND UN SIGNE DE JOE BIDEN – RFI, 11 février.

Chouchoutés par l’ancien président Donald Trump, oubliés par la nouvelle administration américaine de Joe Biden, les Israéliens expriment leur frustration. Mercredi 10 février, le représentant permanent de l’État hébreu aux Nations unies a interpellé publiquement le nouveau locataire de la Maison Blanche sur Twitter, pour lui demander d’appeler le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Canada, Mexique, France, Russie, Japon… Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, liste presque un par un les dirigeants déjà contactés par Joe Biden depuis sa prise de pouvoir. « Il serait peut-être temps, d’appeler le plus proche allié des États-Unis », s’énerve le responsable israélien, qui va jusqu’à publier sur son compte Twitter, le numéro du bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

Biden-Netanyahu, des relations fraîches depuis longtemps

Cette distance affichée par Joe Biden peut s’expliquer par plusieurs raisons. Depuis des années, le Premier ministre de l’État hébreu multiplie les défiances à son encontre. Le nouveau président démocrate est opposé à la colonisation. Et comme cadeau de bienvenue, Benyamin Netanyahu a annoncé la construction de nouveaux logements dans les colonies à chaque fois que Joe Biden est sur le devant de la scène. Cela a été le cas juste avant l’investiture de Joe Biden, mais aussi il y a plusieurs années, alors que ce dernier était vice-président des États-Unis et était en visite en Israël.

 

YEMEN : LES HOUTHIS POURSUIVENT L’OFFENSIVE ET ATTAQUENT UN AEROPORT EN ARABIE SAOUDITE – Agences, 11 février.

Comme un signe des tensions ravivées entre l’Arabie saoudite et les rebelles Houthis au Yémen, un avion de ligne a pris feu mercredi 10 février à l’aéroport d’Abha, dans le sud de l’Arabie saoudite. Sans faire de victime, l’incident a été immédiatement attribué au groupe rebelle yéménite. « Un crime de guerre », dénonce la coalition dirigée par Riyad pour lutter contre les Houthis. Ce mercredi matin, la coalition militaire menée par Riyad a annoncé avoir intercepté des drones armés dans le sud de l’Arabie saoudite. Ces drones visaient l’aéroport international d’Abha, selon le mouvement rebelle Houthi. Ces derniers affirment qu’ils avaient comme cible les aires de stationnement d’avions militaires, l’aéroport d’Abha étant utilisé pour lancer des opérations aériennes contre leurs troupes, selon les rebelles yéménites. Mais d’après les autorités saoudiennes, l’assaut de mercredi 10 février a touché un avion civil, qui a pris feu. La coalition dénonce alors une « attaque terroriste lâche » et évoque « un crime de guerre ». Depuis le début de la semaine, plusieurs attaques de drones ont pris pour cible cet aéroport, et pour la coalition, celles-ci « mettent en danger des passagers civils ». Mardi 9 février, les Houthis s’étaient dit prêts à cesser ces assauts, contre l’aéroport comme dans la province de Marib, un bastion loyaliste dans le nord du Yémen. Mais ils demandaient à l’Arabie saoudite de mettre d’abord un terme aux attaques les visant. Si le message du mouvement rebelle se disait adressé à Ryad, il visait également Washington : la nouvelle administration américaine veut privilégier une solution diplomatique à ce conflit. « La guerre au Yémen doit cesser », avait déclaré Joe Biden le 4 février dernier.

 

LA BANQUE DU LIBAN ACCEPTE DE « COOPERER » AVEC L’AUDIT INTERNATIONAL – Paul Khalifeh, 13 février.

La Banque du Liban a affirmé vendredi 12 février vouloir « coopérer positivement » avec le cabinet de conseil Alvarez & Marsal qui devrait réaliser l’audit juricomptable de la banque centrale, après une première tentative infructueuse. Cette expertise est exigée par la communauté internationale pour débloquer de l’aide et tenter de sauver le pays de la pire crise économique de son histoire. C’est avec plus d’un mois de retard que la Banque du Liban a finalement répondu positivement à la demande de coopération présentée par Alvarez & Marsal, vendredi 12 février. Le cabinet international, mandaté par le gouvernement libanais pour procéder à un audit juricomptable de la banque centrale, avait jeté l’éponge en novembre. La cause : le manque de transparence de la Banque du Liban, qui ne lui avait fourni que 40 % des documents réclamés, se barricadant derrière la loi sur le secret bancaire en vigueur depuis les années 1950. L’audit juricomptable de la banque centrale et des institutions publiques est pourtant exigé par la communauté internationale pour débloquer une aide au Liban, frappé par la pire crise économique et financière de son histoire : la livre a perdu 80 % de sa valeur, les banques manquent de liquidités, les caisses de l’État sont vides, les prix se sont envolés et le chômage a explosé. Face aux pressions internes et internationales, le Parlement a adopté fin décembre une loi levant le secret bancaire sur les comptes de la Banque du Liban et des institutions publiques, permettant au gouvernement de reprendre contact avec Alvarez et Marsal. Une partie de la classe politique s’oppose à l’audit juricomptable. Cela de crainte qu’il ne dévoile les mécanismes de corruption et la dilapidation au fil des ans de dizaines de milliards de dollars.

 

Covid : les experts de l’OMS demandent à Pékin « plus de données » – AFP, 13 février.

Le chef de la délégation de l’OMS qui s’est récemment rendue en Chine pour enquêter sur les origines de la pandémie a exprimé sa frustration samedi sur le manque d’accès aux données brutes pendant cette mission, déclarant qu’il en fallait plus pour détecter d’éventuels cas précoces du Covid-19.

Le chef de la délégation de l’OMS qui s’est récemment rendue en Chine pour enquêter sur les origines de la pandémie a exprimé sa frustration samedi sur le manque d’accès aux données brutes pendant cette mission, déclarant qu’il en fallait plus pour détecter d’éventuels cas précoces du Covid-19.

« Nous voulons plus de données. Nous avons demandé plus de données », a déclaré dans un entretien avec l’AFP Peter Ben Embarek, qui est allé avec son équipe pendant un mois à Wuhan, où le coronavirus responsable de l’épidémie a été découvert en décembre 2019.

« Il y a un ensemble de frustrations mais aussi d’attentes réalistes quant à ce qui est faisable dans un délai donné », a-t-il ajouté, avant d’espérer que les données réclamées seraient fournies, permettant d’aller plus loin.

Ces experts de l’Organisation mondiale de la santé ont achevé leur mission au début de la semaine sans parvenir à des conclusions définitives.

Ils pensent que le Covid-19, qui a déjà fait environ 2,4 millions de morts dans le monde, a son origine dans les chauves-souris et pourrait avoir été transmis à l’homme via un autre mammifère.

Ces experts ne savent pas en revanche où et quand la pandémie a réellement commencé, même si aucun foyer d’importance n’a été signalé à Wuhan ou ailleurs avant décembre 2019.

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