Observatoire Géostratégique

numéro 348 / 13 septembre 2021

LE LIBAN SE TOURNE VERS LES PAYS ARABES POUR SE FOURNIR EN ELECTRICITE – Paul Khalifeh, 9 septembre.

Le Liban se tourne vers les pays arabes pour essayer d’atténuer les effets de la crise énergétique qui paralyse son économie. Les ministres de l’Énergie jordanien, égyptien, syrien et libanais se sont entendus, mercredi 8 septembre, sur une feuille de route pour acheminer du gaz égyptien vers le Liban « via » la Syrie et la Jordanie.

Lors d’une réunion à Amman mercredi, les ministres de l’Énergie des quatre pays ont convenu d’un « plan de travail » pour acheminer du gaz égyptien et de l’électricité de Jordanie vers le Liban via la Syrie.

Ce projet est vital pour le pays du Cèdre. L’État ne fournit pas plus de deux heures de courant par jour et les générateurs privés, qui comblent le déficit en production de courant électrique sont eux aussi contraints de rationner drastiquement la distribution en raison de la pénurie de mazout.

Les infrastructures pour ce projet existent depuis des décennies mais la guerre en Syrie et les sanctions américaines, qui pénalisent toute coopération économique ou commerciale avec Damas, ont stoppé l’importation du gaz égyptien.

L’interdit a été partiellement levé à la mi-août par Washington pour court-circuiter l’importation par le Hezbollah de carburant iranien. Damas s’est dit disposé à faciliter la mise en œuvre de ce projet lors d’une visite le 4 septembre d’une délégation ministérielle libanaise. Une première depuis le début de la guerre en 2011.

Mais la réhabilitation des infrastructures électriques en Syrie et la réparation du gazoduc qui achemine le gaz égyptien, sévèrement endommagés pendant la guerre, nécessiteraient des mois de travaux.

 

ISRAËl : L’ARMEE INTERPELLE LES FAMILLES DE PALESTINIENS EVADES D’UNE PRISON – Sami Boukhelifa, 8 septembre.

Deux jours, après l’évasion de six détenus palestiniens d’une prison israélienne, l’État hébreu tente de comprendre comment ces six prisonniers ont réussi à creuser un tunnel pour sortir de cette prison de haute sécurité de Gilboa, dans le nord du pays. Les forces israéliennes ont appréhendé des membres des familles des fugitifs.  

Humiliées par une évasion spectaculaire, – un tunnel creusé à la petite cuillère dans une prison réputée inviolable -, les forces israéliennes déploient d’importants moyens pour tenter de retrouver les fugitifs : hélicoptères, drones et désormais arrestations des frères, père ou amis des six évadés. Qadura Fares, président du Club des prisonniers palestiniens, une association de défense des droits des détenus, condamne avec force « ces interpellations injustifiées », selon lui.

 

SYRIE : NOUVELLE TRÊVE A DERAA APRES DE VIOLENTS COMBATS ENTRE L’ARMEE ET LES REBELLES – Paul Khalifeh, 5 septembre.

Une nouvelle trêve qui expire lundi à 7 heures TU a été conclue dans la ville de Deraa, après de violents combats dimanche entre l’armée gouvernementale syrienne et les rebelles. Un précédent cessez-le-feu s’était effondré après l’échec d’un accord visant à mettre un terme aux affrontements qui durent depuis fin juillet dans cette ville du sud de la Syrie, berceau de la récolte en 2011.

Le cessez-le-feu conclu dimanche en fin de journée à Deraa ressemble plus à ultimatum qu’à une trêve. Conclu sous l’égide de la Russie, il est assorti de conditions imposées aux rebelles sous peine d’une reprise des opérations militaires à grande échelle dès ce lundi matin, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

L’accord conclu par l’intermédiaire de notables de Deraa exige le désarmement total des insurgés, l’installation de barrages militaires de l’armée syrienne dans les zones rebelles et une vaste fouille maison par maison. Une partie des rebelles refuse l’application de certains points, notamment l’évacuation vers le nord de la Syrie des combattants jugés dangereux par Damas.

Avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, la journée de dimanche a été marquée par des affrontements aux armes lourdes et légères. Après avoir violemment pilonné le quartier contrôlé par les rebelles dans la ville de Deraa, l’armée syrienne a lancé un assaut pour tenter d’avancer sur le terrain. Les insurgés ont opposé une forte résistance.

Le quartier rebelle de Deraa al-Balad compte plus de 50 000 habitants. Il est totalement encerclé par l’armée syrienne et soumis à un blocus depuis près de 70 jours. Les vivres et l’approvisionnement y sont acheminés au compte-gouttes.      

L’armée syrienne essaie de reprendre le contrôle de villes qui avaient obtenu un statut d’autonomie en juillet 2018, lorsque l’armée syrienne, aidée par les Russes et les Iraniens, a repris le sud de la Syrie… Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie.

 

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