Observatoire Géostratégique

numéro 317 / 11 janvier 2021

ISRAËL : NETANYAHOU VEUT ACCELERER LA CONSTRUCTION DE NOUVELLES COLONIES – Reuters, 11 janvier.

L’annonce a été faite par le Premier ministre israélien, ce lundi. Benyamin Netanyahu veut faire avancer la construction de plus de 800 logements dans des colonies israéliennes de Cisjordanie, territoire palestinien occupé. Cette déclaration intervient alors qu’Israël est en campagne électorale, mais elle tombe aussi à moins de dix jours d’une alternance politique aux Etats-Unis. À ce stade, l’annonce doit encore être confirmée par une commission du ministère israélien de la Défense. Celle-ci devrait se réunir la semaine prochaine. Mais le projet de faire avancer les dossiers pour la construction de plus de 800 logements dans sept colonies de Cisjordanie a reçu le soutien du Premier ministre, Benyamin Netanyahu, et du ministre de la Défense, Benny Gantz. Les deux têtes du gouvernement, en confrontation directe alors que le pays est lancé dans une nouvelle campagne électorale, veulent tous deux donner des gages aux colons et à leurs soutiens. Parmi les sept colonies concernées, l’une est celle où vivait une Franco-israélienne assassinée fin décembre. Une autre est considérée comme illégale par le droit israélien. « Nous sommes ici pour rester. Nous continuons de construire la Terre d’Israël » a écrit Benyamin Netanyahu sur sa page Facebook. Mais le chef du gouvernement veut aussi profiter de la présence à la Maison Blanche d’un président favorable au programme de la droite israélienne. Après l’élection de Joe Biden, il avait déjà lancé un appel d’offres pour la construction de logements dans une nouvelle colonie de Jérusalem-Est. Au risque de froisser d’entrée le futur président américain, hostile à la colonisation.

 

YEMEN : LES HOUTHIS FURIEUX D’AVOIR ETE CLASSES COMME « TERRORISTES » PAR LES ETATS-UNIS – RFI, 11 janvier.

Les rebelles houthis au Yémen ont condamné ce 11 janvier leur désignation comme groupe « terroriste » par l’administration américaine sortante du président Donald Trump et ont dit se réserver le droit d’y riposter. « Les Américains sont à l’origine du terrorisme. La politique et les actions de l’administration Trump sont du terrorisme aussi. Ses politiques reflètent une pensée en crise et sont condamnables et nous avons le droit d’y riposter, a déclaré sur Twitter un haut responsable des rebelles houthis, Mohamed Ali al-Houthi. Le peuple yéménite n’a que faire de toute désignation de l’administration Trump du moment qu’elle est complice dans le meurtre de Yéménites ».

Le gouvernement américain de Donald Trump a annoncé le 10 janvier, à dix jours de la fin de son mandat, qu’il allait inscrire les rebelles houthis sur sa liste noire des groupes terroristes.

L’Iran en ligne de mire

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a expliqué qu’il notifierait le Congrès de cette décision afin de renforcer « la dissuasion contre les activités néfastes du régime iranien », soutien du groupe rebelle yéménite face au gouvernement appuyé par une coalition menée par l’Arabie saoudite, pays allié de Washington. Trois chefs des Houthis sont également inscrits sur la liste noire, dont leur dirigeant Abdel Malek al-Houthi. De son côté, le gouvernement yéménite s’est félicité de la décision de l’administration américaine sortante de Donald Trump. « Les Houthis méritent d’être classés comme une organisation terroriste étrangère, non seulement pour leurs actes terroristes, mais aussi pour leurs efforts permanents pour prolonger le conflit », a déclaré le ministère des Affaires étrangères du Yémen dans un communiqué.

Un risque pour l’acheminement de l’aide humanitaire

Sur le terrain au Yémen l’urgence est toute autre : 80% de la population dépend de l’aide humanitaire internationale. C’est aujourd’hui la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU. Voilà plusieurs semaines que le secrétaire général des Nations unies exorte Washington à ne pas faire « tanguer le bateau ». L’application des sanctions envers les zones houthies risque de provoquer une paralysie de l’acheminement de l’aide humanitaire. Les contacts déjà difficiles avec les responsables houthistes pourraient se complexifier. Utiliser le système bancaire, payer le personnel médical, acheter nourriture et pétrole seront de nouveaux obstacles au quotidien.

 

VACCINATION DES PALESTINIENS : AMNESTY DENONCE UNE « DISCRIMINATION INSTITUTIONNALISEE » – AFP, 9 janvier.

Alors qu’Israël vaccine à un rythme effréné, les 2,8 millions de Palestiniens en Cisjordanie occupée et les 2 millions qui vivent dans la bande de Gaza n’ont toujours pas accès au vaccin. L’Autorité palestinienne n’a pas officiellement demandé d’aide à Israël, mais l’État hébreu, en tant que puissance occupante, est obligé d’aider les Palestiniens à obtenir le vaccin selon le droit international, précise un rapport publié cette semaine par Amnesty International. « Israël doit agir immédiatement et fournir équitablement des vaccins aux populations sous occupation en Cisjordanie et à Gaza », peut-on lire dans un rapport publié par Amnesty International. Car il s’agit d’une obligation légale du droit international, selon les troisième et quatrième convention de Genève. Pour l’État hébreu, la vaccination des 4 400 détenus palestiniens en Israël n’est pas non plus une priorité. Ils seront vaccinés « ensuite », précisait le procureur général israélien, c’est-à-dire après le personnel pénitentiaire et une fois que la population israélienne sera vaccinée.

« Pas de date précise » pour la vaccination

Ces disparités révèlent une « discrimination institutionnalisée », selon Amnesty International. Le reste de la population palestinienne aura probablement accès au vaccin entre fin février et début mars. « Il n’y a aucune date précise », confie ce samedi 9 janvier la ministre de la Santé, Mai Al-Kaileh, qui ajoute que l’Autorité palestinienne est déjà en contact avec quatre laboratoires.

 

VACCIN CONTRE LA COVID : L’IRAN SE TOURNE VERS CUBA PLUTÔT QUE LES ETATS-UNIS – Siavosh Ghazi, 10 janvier.

Après la décision du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, d’interdire l’entrée des vaccins américains et britanniques contre le coronavirus, les autorités ont annoncé un accord avec Cuba pour tester un vaccin fabriqué dans ce pays en Iran. Après la décision du Guide suprême d’interdire l’entrée des vaccins américains et britanniques contre le coronavirus, le Croissant-Rouge iranien a annoncé qu’il renonçait à importer 150 000 doses de vaccins de la société Pfizer offerts à l’Iran. Le ministre de la Santé a approuvé la décision de l’ayatollah Khamenei, en affirmant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux Américains qui ont bloqué ces derniers mois toutes les transactions bancaires de l’Iran pour acheter des médicaments ou vaccins via le programme Covax mis en place par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Vaccin local en développement

Sur les réseaux sociaux, certains approuvent la décision du Guide suprême mais d’autres affirment que chacun doit être libre de pouvoir utiliser le vaccin qu’il désire. Téhéran travaille d’arrache-pied sur la production de plusieurs vaccins localement. Le test humain d’un de ces vaccins a déjà commencé sur un petit nombre de personnes.

 

QATAR : LE TRAFIC REPREND TIMIDEMENT VERS L’ARABIE SAOUDITE – RFI, 10 janvier.

Après la réouverture de la frontière samedi, les Qatariens ont continué de se rendre vers l‘Arabie saoudite, ce dimanche. L‘accord conclu mardi dernier entre les acteurs de la crise du Golfe met un terme à trois ans et demi de boycott contre le Qatar. Malgré la réouverture, la frontière qui sépare le Qatar de l‘Arabie saoudite est encore calme. Selon l‘Agence France-Presse, moins de 200 voitures immatriculées au Qatar sont entrées en Arabie saoudite depuis samedi par le poste-frontière de Salwa. Dans le contexte du Covid-19, des mesures sanitaires strictes ont été mises en place de part et d‘autre. En plus d‘un test PCR négatif qui doit être présenté, les voyageurs doivent se soumettre à un nouveau test sur place. Puis, observer une période d‘isolement. Il y a trois ans et demi, la frontière terrestre entre les deux pays avait été fermée dans le cadre des sanctions prises par Riyad et ses alliés contre Doha. La signature d‘un accord mardi dernier entre les protagonistes de la crise du Golfe permet donc la reprise progressive des échanges.
 

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