Observatoire Géostratégique

numéro 213 / 14 janvier 2019

SYRIE : AVIS DE RECHERCHE ET MISE EN GARDE – Richard Labévière.

Mais où est passé le diplomate François Sénémaud, qui avait été nommé en juin dernier « représentant personnel du président de la République pour la Syrie » ? Plus de nouvelle, aucune trace, ni en Syrie, ni au Liban, ni en Béarn ou Navarre. Est-ce à dire que le président de la République n’est plus représenté sur le dossier syrien ? C’est à Alain Juppé que l’on doit la fermeture de notre ambassade à Damas dès… mars 2012. La décision n’était pas très judicieuse, nous privant ainsi d’yeux, d’oreilles et de langue dans ce pays pivot des Proche et Moyen-Orient. On connaît la suite contrainte par les belles âmes : Bernard-Henri Lévy, Jean-Pierre Filiu et autres donneurs de leçons sélectives hurlant avec les loups américains, britanniques, saoudiens et israéliens « Bachar dégage ! », François Hollande ayant même failli nous entrainer dans une nouvelle guerre au Proche-Orient. Relire à ce sujet Robespierre, comme vient de le faire Marcel Gauchet (notre Editorient) : « la plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa Constitution. Personne n’aime les missionnaires armés… » Et voilà que, comme à son habitude, la jeune Isabelle Lasserre -, ne donnant la parole qu’à ceux qui partagent ses obsessions idéologiques – interviouwe dans Le Figaro des 12 et 13 janvier derniers un certain… Nicolas Tenzer qui préside un « centre d’études et de réflexions » que personne ne connaît et dont il doit être le seul membre actif. Cet ami de Bernard Kouchner, qui a beaucoup abusé de fonds publics pour rédiger des rapports que personne n’a lu, nous redit avec force que Bachar est un horrible dictateur (le seul de la région, bien-sûr !) et qu’il doit partir… Non content de savoir – à leur place – ce qui est bon pour les Syriens, ce gugus affirme qu’ « en Syrie la France pourrait remobiliser les pays européens ». Lesquels et pour faire quoi ? Une nouvelle guerre ? Vraiment que de papier perdu… Evidemment, Isabelle Lasserre n’a jamais donné la parole à Alain Chouet, Majed Nehmé, Michel Raimbaud, Bassam Tahhan, Ayssar Midani, Frédéric Pichon, Alain Corvez, Jacques-Marie Bourget et bien d’autres. Le journalisme est un métier bien difficile !

 

REVELATIONS DE L’EXPERT ALGERIEN RACHID BENAÏSSA SUR L’UNESCO – 12 janvier.

L’expert algérien Rachid Benaïssa a révélé de graves dysfonctionnements à l’Unesco, où il a travaillé durant de longues années. « Quand j’ai rejoint l’Unesco, sur les 1 200 employés que comptait l’organisation, 800 étaient des Français, 200 des Occidentaux et les 200 autres venaient du reste du monde et représentaient un milliard de Chinois, un milliard d’Indiens et un milliard de musulmans. Autrement dit, ils faisaient de la figuration », a dénoncé le linguiste connu pour ses positions tranchées sur les questions religieuses et qui anathématise les partisans du schisme sunnites-chiites. « Je répétais tout le temps que cette organisation est qualifiée d’internationale alors qu’en réalité elle est française », a-t-il dit dans un récent entretien qu’il a accordé à une chaîne de télévision étrangère. « La France avait droit à 33 employés, comment s’est-on retrouvés avec 800 ? » s’est interrogé Rachid Benaïssa, en soulignant que « les Français font ce que bon leur semble à l’Unesco ». L’expert, aujourd’hui à la retraite, a indiqué que «900 ONG reçoivent des financements de l’Unesco, toutes sont chrétiennes et juives, seules trois sont musulmanes», avant d’appeler les pays arabes et musulmans à se retirer de cette «fausse organisation internationale», exclusivement au service des intérêts occidentaux et de ceux de la France, en particulier, selon lui. « Même la Seine est classée patrimoine universel », a-t-il ironisé, en estimant que ces pays ne perdraient rien à quitter cette organisation. « La Libye a fourni 4,5 millions de dollars pour financer le programme sur l’histoire générale de l’Afrique. Nous avions réuni les meilleurs experts au niveau mondia l», a affirmé Rachid Benaïssa pour expliquer que les pays arabes et musulmans injectent des fonds faramineux au profit de cette instance onusienne en charge de l’éducation, des sciences et de la culture. Il a ajouté que le prince saoudien Al-Walid Ben Talal a déboursé la bagatelle de 5 millions de dollars pour le financement d’un département lié à la civilisation anglaise, mettant en avant, ainsi, une grande aberration. Cet expert multilingue de renommée mondiale a confié que dans une séance de formation sur la lecture rapide, quelques semaines après son recrutement à l’Unesco, une Française a dicté un texte dans lequel il est dit que «nous, les Français, sommes en droit de condamner les pratiques des émirs arabes qui confèrent au boucher le droit de couper la main du voleur». Rachid Benaïssa a, alors, répondu qu’il n’était pas venu à l’Unesco «pour être insulté». La responsable française a rétorqué qu’elle assumait pleinement le choix du texte, a-t-il témoigné, en révélant qu’il avait été menacé de licenciement pour avoir aidé les musulmans de Bosnie.

 

ISRAËL MENE UNE ATTAQUE AERIENNE PRES DE L’AEROPORT DE DAMAS – Sputnik, 12 janvier.

La défense antiaérienne syrienne est entrée en action vendredi soir pour repousser une attaque portée par l’aviation israélienne près de Damas, selon l’agence de presse syrienne Sana. Les Forces aériennes israéliennes ont tiré vendredi, aux alentours de minuit, des missiles sur les environs de l’aéroport de Damas, rapportent la chaîne de télévision syrienne Ikhbariya. L’attaque israélienne s’est produite à 23h15 (21h15 GMT), déclenchant la défense antiaérienne syrienne. Selon une source militaire citée par Sana, «la plupart» des missiles ont été abattus, mais le raid a tout de même touché un des hangars de l’aéroport. Le fonctionnement de l’aérogare n’en a pas été perturbé. Selon le site Flightradar, un vol de Syrian Air a ainsi décollé pour Bahreïn à 23h58. Par le passé, Israël a mené plusieurs bombardements en Syrie contre les installations militaires de l’armée gouvernementale ou de ses alliés, affirmant viser l’Iran et le mouvement chiite Hezbollah, de grands ennemis de l’État hébreu. Cette nouvelle attaque intervient quelques semaines après le bombardement israélien contre la banlieue de Damas, qui a fait le 25 décembre trois blessés parmi les militaires syriens. L’attaque avait été effectuée depuis l’espace aérien libanais. Il s’agissait ainsi des premières frappes menées depuis que Donald Trump a annoncé le retrait des troupes américaines de Syrie. Vendredi 11 janvier, la coalition en a engagé la procédure.

 

BETHLEEM OCCUPEE PAR LA SOLDATESQUE ISRAELIENNE – Ghada Karmi, 26 décembre.

Lieu de naissance supposé de Jésus Christ, Bethléem occupe une place centrale dans la foi chrétienne. Or, nombreux sont les fidèles qui ignorent que cette ville se trouve en Palestine et qu’elle est soumise à l’occupation impitoyable d’Israël

“O little town of Bethlehem/How still we see thee lie/Above thy deep and dreamless sleep/The silent stars go by” (« Ô petite ville de Bethléem / Tu dors tranquillement / Au-dessus de ton sommeil profond et sans rêves / Passent les étoiles silencieuses), décrit le célèbre chant de Noël anglo-saxon. La veille de Noël, la messe de minuit a retenti dans l’église de la Nativité à Bethléem, lieu de naissance légendaire de Jésus-Christ, proclamant qu’il apportera « la paix aux hommes sur la Terre ».

La vraie Bethléem

Rien n’est plus éloigné de la vérité que l’image d’une Bethléem calme et tranquille véhiculée par ce chant de Noël issue de la pieuse imagination d’un chrétien occidental à l’époque victorienne. Des générations d’enfants chrétiens l’ont apprise et son pouvoir mythique est tel que peu d’entre eux savent où se trouve Bethléem et quelle est sa véritable situation.

Une amie anglaise très cultivée que je connais depuis des années a récemment été surprise d’apprendre que Bethléem se trouve en Palestine. Dans son esprit, la ville était plus une légende qu’un lieu réel et, si elle devait l’associer à une communauté, ce serait aux juifs.

La ville que j’ai vue lors d’une visite en Palestine plus tôt cette année était un simulacre du lieu évoqué par ce chant de Noël et une mise en cause sans appel du christianisme occidental pour avoir abjectement échoué à soutenir l’un de ses sanctuaires les plus sacrés

Cette idée, encore largement répandue, a fortement contribué à maintenir les chrétiens dans l’indifférence face au sort de la véritable Bethléem et à ne pas se soucier de sa lutte pour la survie.

Or, la ville que j’ai vue lors d’une visite en Palestine plus tôt cette année était un simulacre du lieu évoqué par ce chant de Noël et une mise en cause sans appel du christianisme occidental pour avoir abjectement échoué à soutenir l’un de ses sanctuaires les plus sacrés.

Dans la Bethléem d’aujourd’hui, le sommeil « sans rêve » s’apparente davantage à un cauchemar, et la ville ne pourra être « calme » que lorsque l’occupation israélienne prendra fin.

Le vandalisme brutal d’Israël

Bethléem et les villages situés à sa périphérie, Beit Jala et Beit Sahour, comptent traditionnellement parmi les lieux les plus chrétiens de Palestine, même si Bethléem est habitée aujourd’hui par une majorité de musulmans.

Avant l’occupation israélienne en 1967, la ville était un important centre social, culturel et économique ainsi que l’une des plus anciennes localités de Palestine. Son nom, Beit Lahem (maison de Lahem), remonte à l’époque cananéenne, lorsqu’elle abritait le sanctuaire du dieu cananéen Lahem.

Des Palestiniens déguisés en père Noël manifestent contre l’occupation israélienne à Bethléem, en Cisjordanie occupée, le 23 décembre 2018 (AFP)

L’architecture de Bethléem témoigne de sa riche histoire. À la période romaine puis byzantine, dont date la construction de l’église de la Nativité par l’impératrice Hélène au-dessus de la grotte où serait né Jésus en 327, firent suite les conquêtes musulmanes de 637, l’occupation des croisés de 1099 jusqu’à la reconquête de la Palestine par Saladin en 1187, puis la domination au début du XVIe siècle des Ottomans, qui construisirent les remparts de la ville, jusqu’au mandat britannique de 1922 à 1948.

En 1967, Israël occupa Bethléem et le reste de la Cisjordanie lors de la guerre des Six Jours et en 1995, suite aux accords d’Oslo, la ville fut transférée à l’Autorité palestinienne, bien qu’elle restât sous le contrôle général d’Israël. Aucune des périodes historiques qui ont précédé l’occupation israélienne n’a vu un niveau de vandalisme et de destruction similaire à ce qui se produit actuellement.

Aucune des périodes historiques qui ont précédé l’occupation israélienne n’a vu un niveau de vandalisme et de destruction similaire à ce qui se produit actuellement

Alors que je parcourais en voiture les 9 kilomètres qui séparent Jérusalem de Bethléem, je me suis trompée de route et me suis retrouvée sur une autoroute moderne où aucun autre conducteur palestinien n’était en vue. J’étais tombée par hasard sur une route de contournement réservée aux juifs, l’une des deux qui bordent Bethléem pour desservir les colonies environnantes.

J’ai vite compris le but de l’opération : prétendre que personne d’autre que les juifs ne vit dans la région.

Un triste endroit

Vingt-deux colonies israéliennes encerclent Bethléem, coupant ses sorties et confisquant ses terres agricoles. Surplombant les collines environnantes, ces colonies abritent plus d’habitants que tout Bethléem et ses environs. Au nord se trouve Har Homa, une colonie construite en 2000 sur une colline autrefois densément boisée, Jabal Abu Ghneim.

Israël a déraciné les arbres de Jabal Abu Ghneim et les a remplacés par de mornes maisons toutes identiques, menaçant en outre de transformer le lieu en un sosie de Bethléem pour touristes. Nokidim, à l’est, est le lieu de résidence actuel de l’ancien ministre de la Défense israélien, l’ultranationaliste Avigdor Lieberman.

Des chrétiens palestiniens prient à l’intérieur de l’église de la Nativité à Bethléem, en Cisjordanie occupée par Israël, le 24 décembre 2017 (AFP)

Depuis 2015, Israël a barré l’accès de la fertile vallée de Bethléem, Crémisan, à ses propriétaires palestiniens et a annoncé, en juin dernier, un développement massif des colonies situées le long de la route reliant Jérusalem à Bethléem.

La tombe de Rachel, monument historique de Bethléem sur la route principale menant à Jérusalem et une zone traditionnellement animée par nombre de boutiques et de restaurants, est maintenant réservée exclusivement aux juifs et son accès est bloqué aux Palestiniens par le mur de séparation.

Les fidèles musulmans qui vénéraient le tombeau (et l’ont construit) ne peuvent plus y aller. C’est un endroit triste, désert, sans vie. Dans l’ombre du mur, la plupart des commerces ont fermé leurs portes et, à mesure que le nœud se resserre autour de Bethléem, il n’en restera bientôt aucun.

La pénétration implacable d’Israël au cœur de Bethléem est sans appel. La ville est délibérément isolée derrière l’impressionnante barrière de séparation, entourée de checkpoints, et son économie est étranglée. Autrefois, sa principale ressource était le tourisme, se prévalant de deux millions de visiteurs par an et d’un marché prospère de souvenirs, notamment des sculptures faites main en bois d’olivier et en nacre.

C’était aussi une riche région agricole dotée d’une industrie viticole prospère. Aujourd’hui, la plupart de ces terres ont été confisquées par Israël et les restrictions draconiennes imposées aux déplacements à destination et en provenance de Bethléem par les autorités israéliennes ont considérablement réduit le nombre de touristes et de pèlerins.

À présent, avec une population de 220 000 habitants, dont 20 000 réfugiés, Bethléem a le taux de chômage le plus élevé des territoires palestiniens occupés, juste derrière Gaza.

Sauver Bethléem !

Lors de mon dernier séjour à Bethléem, je me suis rendue à l’hôtel Walled Off, à l’entrée de Bethléem. J’ai eu là une expérience saisissante de l’occupation israélienne. L’hôtel est en fait une œuvre d’installation créée par l’artiste britannique Banksy pour mettre en lumière le sort tragique de Bethléem.

La seule vue que l’on puisse contempler depuis les fenêtres de l’hôtel est celle du mur hideux construit par Israël, dont les immenses dalles grises ne sont qu’à quelques mètres. En se penchant en avant, on peut presque les toucher. Je me souviens comment ses sinistres tours de guet et ses caméras de surveillance m’avaient opprimée. C’était une scène sortie tout droit d’un film d’horreur.

À ce jour, et malgré les délégations de l’Église, les visites papales et les expressions publiques d’inquiétude, rien de ce qu’ont fait les chrétiens n’a freiné ou arrêté la destruction par Israël d’une ville particulièrement sainte pour la chrétienté. Alors s’ils ne peuvent rien faire pour sauver Bethléem, qu’ils cessent au moins d’entonner un chant qui se moque de la triste réalité de la ville.

 

SYRIE : RECONFIGURATION POLITIQUE DE LA PROVINCE D’IDLIB – Pierre Barbancey/L’Humanité, 9 janvier.

Pour éviter une invasion turque, les Kurdes se tournent vers Damas. La Russie est plus que jamais une puissance incontournable. De leur côté, les États-Unis, qui ont annoncé un retrait de leurs troupes, tentent de ne pas perdre la main.

Alors qu’un sommet réunissant les présidents russe, iranien et turc a été annoncé pour le début de l’année 2019, aucune date n’a encore été fixée, reflet de la nouvelle ­situation créée par la décision du président américain de retirer ses troupes du nord de la Syrie. Lors du précédent sommet, qui s’était tenu en septembre en Iran, les divergences entre Vladimir Poutine, ­Hassan Rohani et Recep Tayyip Erdogan concernant le sort de la province d’Idleb (nord-ouest) étaient alors apparues au grand jour. Depuis, non seulement la question est loin d’être réglée, mais s’est ajoutée la menace d’Ankara d’envahir les zones sous contrôle des Kurdes. Menace renforcée par le possible retrait américain. Ce qui a poussé les forces kurdes des unités de protection du peuple (YPG) et les Forces démocratiques syriennes (FDS, composées de combattants kurdes des YPG et de milices arabes) à chercher une nouvelle alliance avec Damas.

Le 28 décembre 2018, l’armée syrienne s’est déployée aux environs de la ville de Minbej (nord), répondant à un appel à l’aide des YPG, qu’Ankara considère comme des « terroristes ». Mais cette ville, où sont stationnées des troupes américaines et françaises de la Coalition internationale anti« État islamique » menée par Washington, est toujours tenue par le conseil militaire de Minbej, une faction des FDS majoritairement arabe. Citant un diplomate arabe à Moscou, le quotidien syrien progouvernemental Al-Watan, a rapporté l’existence d’une « entente » entre la Turquie et la Russie sur le sort de Minbej, qui doit retourner « sous la direction totale de l’État syrien ». Concernant les autres régions kurdes, leur sort sera discuté lors du fameux sommet tripartite, selon ce quotidien.

« Il est inévitable que l’administration autonome kurde parvienne à une solution avec le gouvernement, car nos régions font partie de la Syrie », a assuré à l’AFP Redur Khalil, un commandant des FDS. « Si une solution réaliste, qui préserverait les droits de ses habitants, était trouvée à Minbej, cette ­expérience serait généralisée au reste des zones à l’est de l’Euphrate », a-t-il déclaré, en allusion aux secteurs contrôlés par les FDS dans la province orientale de Deir Ezzor. Il a aussi fait état de « signes positifs » dans les négociations entamées en juillet avec le pouvoir central. « Le déploiement de l’armée à la frontière nord avec la Turquie n’est pas à exclure. » Il a relevé néanmoins des « divergences avec le gouvernement, qui nécessitent des négociations avec un appui international », et a plaidé en faveur d’un rôle de « garant » de la Russie. Tout en appelant à « une nouvelle Constitution qui garantira les droits de tous les citoyens, notamment ceux du peuple kurde », il n’écarte pas la possibilité d’une « intégration (des forces kurdes) dans l’armée nationale syrienne ».

Autour de Donald Trump, la consternation due à l’annonce soudaine du retrait militaire a vite fait place à un aggiornamento. « Nous allons discuter de la décision du président Donald Trump sur le retrait, mais il faut faire cela (…) de telle sorte que l’organisation de l’“État islamique” soit défaite (…) et que la défense d’Israël et d’autres amis dans la région soit absolument assurée », a affirmé John Bolton, conseiller pour la sécurité nationale de la Maison-Blanche, à l’occasion d’entretiens avec le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Il a également souligné que le retrait tiendra compte de « ceux qui ont combattu avec nous contre l’organisation de l’“État islamique” et d’autres groupes terroristes ». Pour sa part, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, qui entame aujourd’hui une tournée au Moyen-Orient, a tenu à réaffirmer « l’importance de faire en sorte que les Turcs ne massacrent pas les Kurdes ».

Pendant ce temps, dans la province d’Idleb, les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS) affrontent une alliance de groupes rebelles soutenue par la Turquie, le Front national de libération (FNL), pour le contrôle des territoires. Combats faisant plus de 120 morts en quatre jours. Et puis, preuve certaine d’un changement de climat, les Émirats arabes unis et le Bahreïn viennent de rouvrir leurs ambassades à Damas et la Ligue arabe vient de rétablir le contact avec le pouvoir syrien.

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

En bref :

Points de presse hebdomadaire du PM Adel Abdel Mahdi (Sabah d’hier, p.3)

La conclusion de la formation du gouvernement ne figure pas à l’ordre du jour de la séance parlementaire d’aujourd’hui, jeudi (Sabah al-Jadid, p.1)

Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain, s’est entretenu avec le Président Saleh, le PM Abdel Mahdi et Mohammed al-Halboussi, président du Parlement (Sabah, p.1)

Le ministre iranien des Affaires étrangères devrait arriver en Irak lundi prochain (Zaman d’hier, p. 2)

Le PM Abdel Mahdi a démenti l’arrivée de nouvelles troupes américaines sur les bases militaires d’Ain al-Assad, à al-Anbar, et K1, à Kirkouk (Sabah d’hier, p.3). 

Une source sécuritaire a révélé que Bagdad lancerait prochainement une opération militaire de grande envergure sur le territoire syrien, avec la participation de l’armée syrienne, pour anéantir les cellules de Daech opérant en Syrie à proximité de la frontière irakienne (Mada, p.1).

Politique intérieure :

Points de presse hebdomadaire du PM Adel Abdel Mahdi (Sabah d’hier, p.3).

Sécurité :

Nous avons œuvré pour la levée des blocs de béton et la réouverture des rues à Bagdad. Pourtant, notre objectif ne se limite pas à faciliter la circulation dans la capitale, mais à la croissance économique car cette ouverture prouve au monde entier que l’ordre et la sécurité ont été rétablis.

La situation sécuritaire est stable dans toutes les régions. En revanche, Daech tente de passer à l’action de temps à autre en vue de remonter le moral à ses troupes. Les forces de sécurité contrôlent la situation grâce aux efforts de renseignements et des mesures de sécurité préventives. Nous avons tenu la réunion du Conseil interministériel pour la sécurité nationale et avons fait une évaluation de la situation sécuritaire au niveau national. Toutefois, Il est vrai que nous devons donner plus d’importance à certaines régions, comme Kirkouk, Saleh-Eddine, Diyala et Ninive. 

Nous poursuivons de près les évolutions sécuritaires sur la frontière avec la Syrie, notamment la zone occupée par Daech. Des frappes aériennes y ont été effectuées. Une délégation irakienne a effectué une visite en Syrie à ce propos. Des consensus ont été trouvés avec la Turquie et la Syrie ainsi qu’avec l’allié américain, représenté par la Coalition internationale.

Lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale, nous avons évoqué le transfert au ministère de l’Intérieur de dossiers de sécurité confié jusqu’à maintenant au ministère de la Défense.

Situation politique :

Nous avons constaté une hausse des visites de délégations étrangères ces dernier temps. C’est un très bon signe. Nous avons également reçu la cheffe de la MANUI.

Nous avons remis aux principaux blocs politiques une nouvelle liste des candidats aux ministères vacants pour leur permettre de trouver un consensus à ce propos. Nous ne voulons pas présenter les candidats directement au Parlement, comme cela fut le cas la dernière fois, avant de se mettre d’accord. (Sabah d’hier, p.3).

Présence militaire étrangère :

Abdel Mahdi a démenti l’arrivée de nouvelles troupes américaines sur les bases militaires d’Ain al-Assad, à al-Anbar, et K1, à Kirkouk et a indiqué que le nombre de troupes américaines et étrangères était en baisse. Ils sont passés de 11.000 militaires en septembre à 8.000 ce mois-ci. (Sabah d’hier, p.3).

Conseil des ministres :

Le conseil des ministres a donné son feu vert à l’octroi d’un crédit à la Compagnie pétrolière de Dhi-Qar. La priorité d’embauche sera donnée aux orphelins. Il a évoqué également l’harmonisation des taxes dans tous les postes frontaliers.

L’adhésion de l’Irak à la Convention de 1976 sur la limitation de la responsabilité en matière de créances maritimes, modifiée par le protocole de 1996, a été également approuvée par le conseil des ministres. (Sabah d’hier, p.3).

Autres :

Le conseil de Karbala a voté en faveur du limogeage du gouverneur Aqil al-Terihi. (Machrek, p. 1).

La séance parlementaire se tiendra aujourd’hui jeudi et devrait reprendre l’examen du projet de loi du budget de 2019. En revanche, le vote de confiance sur les ministères vacants ne figure pas à l’ordre du jour, selon un communiqué du Parlement. (Sabah al-Jadid, p.1).

Le PM Adel Abdel Mahdi a félicité la police et a salué leurs victoires lors de la guerre contre Daech à l’occasion de la fête de police irakienne. Il a affirmé que la corruption était un ennemi aussi féroce que le terrorisme. (Sabah, Sabah al-Jadid, p.1).

Mohammed al-Halboussi, président du Parlement, a tenu une réunion avec la commission parlementaire des finances pour évoquer le projet de loi du budget de 2019. (Sabah, p.2).

Le poste du gouverneur de Bagdad fait toujours l’objet d’un conflit entre Falah al-Jazaeri, membre de l’Etat de droit de Maliki, et Fadhel al-Chouili, membre de Sa’iroun, de Moqtada al-Sadr. Et ce, sachant que les conseils de gouvernorat, chargés d’élire le gouverneur, ne disposent plus de légitimité étant donné que leur mandat est officiellement arrivé à l’échéance en avril 2017. (Alem, p.1).

Un éditorial dans Alem (p. 6) revient sur la récente promenade du PM Abdel-Mahdi dans la rue Rachid et sur sa décision de faire lever les blocs de béton installés dans la plus ancienne rue à Bagdad. Le PM a pris une tasse de café d’un marchand ambulant, pour l’éditorialiste ce geste symbolique ne suffit pas pour faire revivre et pour réhabiliter cette rue. Abdel Mahdi doit profiter de son long séjour en France pour transférer l’expertise française dans le domaine de la préservation et la restauration de monuments patrimoniaux.

Un éditorial dans Zaman (p. 10) affirme que le PM Abdel Mahdi doit lutter contre « l’Etat profond » formé par des personnalités religieuses, tribales et partisanes. Cette « entité nébuleuse » est influente et présente partout. Elle s’efforce d’assurer ses propres intérêts, au détriment de ceux de l’Etat. « Si Abdel Mahdi ne sait y faire face, alors mieux vaut qu’il démissionne » affirme l’éditorialiste.

Affaires sécuritaires :

A l’une de Mada (p.1), une source sécuritaire a révélé que Bagdad lancerait prochainement une opération militaire de grande envergure sur le territoire syrien, avec la participation de l’armée syrienne, pour anéantir les cellules de Daech opérant en Syrie à proximité de la frontière irakienne. Les troupes irakiennes devraient pénétrer, de plusieurs kilomètres, le territoire syrien. 

Les forces de sécurité irakiennes ont démantelé une cellule de Daech à Kirkouk. (Adala, p.3).

Les autorités judiciaires mettent en garde contre l’aggravation du fléau du trafic et de la consommation de drogue. Aqil Nadhum, juge, a affirmé que 308 personnes ont été arrêtées en 2018, pour vente ou consommation de drogue. Selon ce juge, l’Iran et le Liban constituent les premières bases d’exportation de drogue vers l’Irak, notamment dans les régions des marais au sud du pays. Il a également annoncé le démantèlement de réseaux de trafiquants et de consommateurs dans un établissement scolaire et deux universités privées à Bagdad. Dans ces réseaux, des personnalités influentes sont impliquées. Ces réseaux sont présents à Sadr city et dans ses alentours, la rue Palestine, Jadiriya et Karrada, situés à Rassafa, la rive gauche de Bagdad. Ces réseaux s’étendent également dans les gouvernorats du sud (Zaman, p. 1).

Par ailleurs, ce même journal publie (p. 2) un reportage sur les réseaux de trafic des êtres humains.

Dans un premier bilan, trois blessés dans l’explosion d’une voiture piégée à Tikrit. (Machrek d’hier, p. 3).

Politique étrangère :

Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain, s’est entretenu, séparément, avec le Président Saleh, le PM Abdel Mahdi et Mohammed al-Halboussi, président du Parlement.Pompeo a indiqué que les Etats-Unis considéraient l’Irak comme un partenaire important et stratégique dans les domaines politique, économique et sécuritaire et que les troupes américaines se retireraient progressivement de Syrie en coordination avec Bagdad. De son côté, le PM Abdel Mahdi a réaffirmé l’importance des relations irako-américaines, notamment dans la lutte contre Daech et la coopération dans les domaines économique et énergétique. (Sabah, p.2). 

Mohammed Ali al-Hakim, ministre des Affaires étrangères, a confié, lors d’une conférence de presse, que les Irakiens, titulaires d’un visa iranien sur leurs passeports, étaient interdits d’entrer en Jordanie et dans certains pays du Golfe. Le porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères a démenti ces allégations. (Sabah al-Jadid, p.1).

Suite au débat sur la prétendue visite de certains politiciens irakiens en Israël, Tareq Harb, juriste, a affirmé que la Constitution irakienne n’interdisait pas aux Irakiens de se rendre en Israël. (Machrek, p. 1).

Le Président Barham Saleh se rend au Qatar jeudi. (Machrek d’hier, p. 1).

En présence de l’ambassadeur britannique en Irak, le Président Barham Saleh a reçu le conseiller du ministre de la Défense britannique pour les affaires du Moyen-Orient. (Adala d’hier, p. 1).

Le ministre iranien des Affaires étrangères devrait arriver en Irak lundi prochain. (Zaman d’hier, p. 2).

Le Président du Parlement a reçu l’ambassadeur américain en Irak. (Adala d’hier, p. 1).

Un éditorial dans Zaman (p. 12) revient sur les informations faisant état de visites de personnalités politiques irakiennes, chiites et sunnites, en Israël. Pour l’éditorialiste, ces politiciens cherchent à donner des garanties aux Israéliens que l’Irak ne constitue plus une menace pour Tel-Aviv. La classe politique irakienne a mollement protesté après cette visite vu qu’elle est elle-même incapable de « normaliser » ses relations avec son propre peuple, si bien qu’elle cherche un soutien extérieur. De même, les politiciens irakiens sont conscients qu’Israël bénéficie d’une place très privilégiée dans la politique américaine. Ainsi, une réconciliation avec Tel-Aviv rassurerait Washington.

Un éditorial dans Alem (p. 6) tourne en dérision les appels de certains députés à allouer un dollar par citoyen pour chaque baril de pétrole vendu, alors que ces mêmes députés ont payé des millions de dollars pour acheter des voix afin d’être élus. Il vaut mieux allouer des fonds pour réhabiliter ou créer des projets producteurs et non promouvoir uniquement la consommation.

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