Observatoire Géostratégique

numéro 127 / 22 mai 2017

TRUMP A RIYAD : CONTRATS COLOSSAUX A LA CLEF – RFI, 20 mai.

Le premier voyage de Donald Trump à l’étranger a débuté ce samedi 20 mai par un accueil chaleureux en Arabie saoudite et l’annonce de la signature de plusieurs accords d’une valeur surpassant les 380 milliards de dollars. La réception en grande pompe à Riyad contraste avec la pression qui s’accumule sur le président américain après une semaine de révélations accablantes à Washington sur les liens entre sa garde rapprochée et la Russie. Outre les rencontres bilatérales, dont celle avec le roi Salman, Donald Trump a axé la première de ses deux journées à Ryad aux investissements avec une série de colossaux contrats. « C’était une journée formidable », a lancé le président républicain. « Des centaines de milliards de dollars d’investissements aux Etats-Unis et des emplois, des emplois, des emplois ». L’agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien. « Les deux pays ont signé une série d’accords (…). La valeur des investissements dépasse les 380 milliards de dollars », a précisé le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d’Etat Rex Tillerson. Cent cinquante hélicoptères Blackhawk conçus par l’américain Lockheeed Martin seront ainsi assemblés en Arabie saoudite. D’une valeur totale de 6 milliards de dollars, ils devraient entrainer la création de 450 emplois locaux. General Electrics a signé avec le royaume pour une valeur de 15 milliards de dollars une série de protocoles portant sur des projets de diversification économique, de développement industriel et de construction de centrales électriques et un programme d’informatisation des opérations d’Aramco, le géant pétrolier saoudien. Un accord de 109 milliards de dollars de ventes d’armes a également été conclu. Le porte-parole de la Maison Blanche l’a qualifié de « plus important de l’histoire des Etats-Unis ». Ces équipements de défense visent à soutenir « la sécurité à long terme » de l’Arabie saoudite et de la région du Golfe « face aux menaces iraniennes », a précisé Donald Trump. Cette annonce est intervenue le jour de la réélection du président iranien Hassan Rohani. L’Arabie saoudite considère l’Iran comme son principal rival au Moyen-Orient. Les deux pays s’opposent notamment sur les théâtres de conflit en Syrie et au Yémen. La Maison Blanche a précisé que les contrats militaires allaient renforcer la capacité du royaume à « contribuer aux opérations de contre-terrorisme à travers la région », ce qui « réduira le fardeau » pour l’armée américaine. Washington compte ainsi voir Riyad jouer un plus grand rôle dans la lutte contre les groupes jihadistes, comme le groupe Etat islamique et al-Qaïda. Dimanche, le président américain prononcera à Riyad devant une cinquantaine de dirigeants de pays musulmans un discours soulignant ses « espoirs » pour une « vision pacifique » de l’islam. « J’exprimerai la position du peuple américain de manière franche et claire », a promis le président américain dans son allocution hebdomadaire diffusée vendredi soir. Ce sera sans doute l’un des discours les plus attendus de ce début de mandat. D’abord parce que Donald Trump a été accusé à plusieurs reprises durant la campagne électorale américaine d’avoir tenu des propos islamophobes. Ensuite, parce que l’une de ses premières mesures en tant que président a été de fermer l’accès des Etats-Unis à plusieurs pays musulmans. Bloqué par la justice américaine, le décret a heurté profondément le monde musulman. Avec ce discours, Donald Trump devrait donc tenter d’adoucir cette image anti-islam. Selon l’entourage du président américain, celui-ci devrait ainsi s’abstenir de tracer un lien entre la religion musulmane et le terrorisme. Le discours de Donald Trump sera scruté avec d’autant plus d’attention qu’il interviendra huit ans après le discours du Caire, prononcé par Barack Obama en Egypte. A l’époque, le prédécesseur de Donald Trump avait lancé un appel à un nouveau départ entre les Etast-Unis et les musulmans.

 

LE PARLEMENT EUROPEEN APPELLE TEL-AVIV A CESSER LA COLONISATION – AFP, 18 mai.

Les députés européens ont appelé jeudi Israël à mettre fin "immédiatement" à la construction de nouvelles colonies juives dans les territoires palestiniens, une politique qui selon eux "hypothèque" toute perspective de paix au Proche-Orient. Dans une résolution adoptée à Strasbourg, le Parlement européen "réaffirme son ferme soutien à une solution du conflit israélo-palestinien fondée sur la coexistence de deux États, sur la base des frontières de 1967". Soulignant "l’importance d’une reprise aussi rapide que possible des négociations de fond" entre les parties, le Parlement "condamne la poursuite de la politique de colonisation et demande aux autorités israéliennes d’y mettre immédiatement fin", car "les colonies de peuplement sont illégales au regard du droit international" et "hypothèquent davantage encore les perspectives d’une solution fondée sur la coexistence de deux Etats viables". Le Parlement "condamne tous les actes de violence, de terrorisme à l’égard des Israéliens", mais demande également "qu’il soit mis fin à la démolition de maisons palestiniennes et de structures et projets financés par l’Union européenne, aux déplacements forcés de familles palestiniennes et à la confiscation de biens palestiniens en Cisjordanie". Les autorités israéliennes ont donné leur feu vert fin mars à la construction d’une nouvelle colonie en plein coeur de la Cisjordanie occupée, la première établie par Israël depuis plus de 25 ans, malgré la réprobation internationale et l’appel de l’administration américaine de Donald Trump à réfréner la colonisation. La construction et l’extension d’implantations israéliennes rognent les territoires sur lesquels serait créé un Etat palestinien ou compromet la continuité territoriale, donc la viabilité d’un tel Etat. La colonisation israélienne est illégale au regard du droit international.

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

Lutte contre Dae’ch

  • L’ICTS a repris hay al-Rifay sur la rive droite de Mossoul. Abdel Wahab al-Saadi, commandant à l’ICTS, a affirmé que toutes les lignes de défense de Daech avaient été détruites à Mossoul. De son côté, le général Najem al-Joubouri a indiqué que les forces de sécurité et la Mobilisation populaire lanceraient les opérations de reconquête de Tal-Affar quand la rive droite de Mossoul sera reprise. (Sabah, p.1)
  • Le conseil du gouvernorat de Mossoul a estimé que la semaine prochaine connaitrait la libération de la rive droite de Mossoul en raison de la tactique mise en place par les forces de sécurité irakiennes. (Zaman, p.1)
  • La Mobilisation populaire a affirmé que des renforts au profit de Daech, en effectifs et en armes, en provenance de la Syrie, étaient arrivé à Mossoul lors des combats de Qayrwan. (Zaman, p.1)
  • Abou Mahdi al-Muhandes, vice-président de la commission de la Mobilisation populaire, a tenu une réunion avec le commandement des opérations de Ninive pour examiner les évolutions de la reconquête de Qayrwan. (Mada, p.1)

  • L’aviation irakienne a détruit des postes de commandement de Daech à Qaem, à l’ouest d’al-Anbar. (Mada, p.2)

Situation sécuritaire

  • La commission parlementaire de sécurité et de défense envisage d’organiser une conférence sur la sécurité à Missan pour examiner les conflits tribaux, le trafic de drogues et les assassinats. Par ailleurs, la cour pénale de Babel a condamné les responsables de l’attentat au checkpoint d’al-Athar à la peine de mort. (Zaman, p.2)
  • Un attentat à la voiture piégée en provenance d’al-Anbar à destination de Bagdad a été déjoué par la police. Par ailleurs, Abou al-Icheb, un terroriste recherché, a été arrêté à Abou Ghraib par les renseignements militaires de la 6e division. (Sabah, p.1)

  • Deux engins explosifs ont été neutralisés par les IED de la police de Bagdad à Chouela à l’ouest de Bagdad. (Sabah alJadid, p.1)

Politique intérieure

  • En présence du chef de la MANUI, d’Ammar al-Hakim, président de l’ANI, de Salim al-Joubouri, président du Parlement et des députés, la conférence sur l’avenir des Turkmènes en Irak a été tenue à Bagdad. (Sabah, p.2)
  • « Nous n’avons pas besoin de prendre l’autorisation de quiconque pour libérer notre pays. Notre mission principale est donc de libérer tout le territoire irakien sans prendre en considération la couleur de la population » a confié Hadi alAmeri, SG de Badr, lors d’une conférence de presse. (Sabah, p.3, Bayna al-Jadid, p.1)
  • Ammar al-Hakim, président de l’ANI, a mis en garde contre les atteintes à la liberté de la presse et a appelé à tenir une conférence régionale pour faire face aux exactions à l’encontre des journalistes. (Adala, p.1, Zaman, p.2)
  • Les trois présidences ont tenu une réunion délibératoire avec les chefs des blocs parlementaires pour discuter des prochaines élections. Ils se sont accordés sur un consensus selon lequel les élections se dérouleraient en avril 2018 après la destitution de la Haute commission électorale. (Mada, p.1)
  • Le bloc parlementaire de Fadhila a proposé un projet politique post-Daech de onze points. (Mada, p.3)

  • Les troupes de la Coalition internationale se seraient interposées pour interdire un accrochage entre la Mobilisation populaire et les Peshmergas à proximité de Sinjar après les combats de Qayrwan. La Mobilisation populaire a suspendu ses opérations à l’ouest de Ninive jusqu’à ce que les différends soient réglés avec les Kurdes. De son côté, un député de Mossoul a estimé que 70% de Mossoul avaient été détruits. (Mada, p.1).

 

AFRIQUE DU SUD : LE VICE-PRESIDENT EN GREVE DE LA FAIM AVEC LES PRISONNIERS PALESTINIENS – AFPS, 18 mai.

Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a entamé une grève de la faim pro-palestinienne de 24 heures dimanche alors que le sort des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes attirait de plus en plus d’attention internationale. M. Ramaphosa a été rejoint par le ministre des Communications Ayanda Dlodlo et le ministre de la Santé, Aaron Motsoaledi. Il a mangé son dernier repas avant la grève de la faim dimanche et ensuite, il ne prendra que de l’eau salée dans les 24 heures à venir. Il a fait savoir qu’il s’agissait d’un geste de solidarité avec environ 1.600 prisonniers palestiniens qui sont en grève de la faim dans 200 prisons israéliennes depuis le 17 avril pour exiger de meilleures conditions de vie dans les prisons. Les anciens combattants sud-africains anti-apartheid et plusieurs organisations ont lancé une campagne nommée "DignityStrikeSA" en solidarité avec les prisonniers palestiniens. M. Ramaphosa est considérée comme l’homme politique le plus âgé qui appuie les revendications des prisonniers palestiniens. Plus tôt ce mois-ci, le Congrès national africain (ANC, au pouvoir en Afrique du Sud) a jugé que le modèle israélien d’arrestations arbitraires et de détention sans procès des Palestiniens, "porte les caractéristiques de l’apartheid Afrique du Sud".

 

NOUVEAUX AFFRONTEMENTS DANS LES TERRITOIRES OCCUPES – AFP, 19 mai.

Alors qu’entre 900 et 1500 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes sont en grève de la faim depuis plus d’un mois pour réclamer une amélioration de leurs conditions de détention, des heurts ont éclaté ce vendredi 19 mai en Cisjordanie mais aussi à Gaza. Deux membres des forces israéliennes et des dizaines de Palestiniens ont été blessés. Ce sont des scènes désormais très fréquentes, quasi quotidiennes depuis une semaine mais qui ont pris plus d’ampleur ce vendredi, jour de la grande prière. Des centaines de Palestiniens descendus dans les rues pour manifester leur soutien aux prisonniers en grève de la faim ont mis le feu à des pneus et lancé des pierres sur les forces israéliennes. En Cisjordanie, les heurts les plus violents ont éclaté dans le nord, dans la région de Naplouse. Mais des affrontements ont eu lieu également dans le centre, à quelques kilomètres de Ramallah ainsi que dans les villes de Bethléem et Hébron au Sud. Les forces israéliennes ont répondu en tirant des balles en caoutchouc. Et près de vingt Palestiniens ont été arrêtés. Dans la bande de Gaza, des affrontements ont eu lieu tout au long de la frontière avec Israël. Là aussi, les manifestants – mobilisés par le Hamas au pouvoir dans ce territoire – ont incendié des pneus et lancé des pierres sur les forces israéliennes. Elles ont répondu avec du gaz lacrymogène, des grenades assourdissantes et ont ouvert le feu près de la ville de Khan Younès dans le sud. A trois jours de l’arrivée de Donald Trump, la tension est de plus en plus vive dans les territoires palestiniens.

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