Observatoire Géostratégique

numéro 187 / 16 juillet 2018

UN MESSAGE DE RENE NABA – 15 juillet.

Message à la nation. Vous pouvez vous remettre à écouter la radio……. tranquille ! Eric Zemmour condamné en mai pour incitation à la haine religieuse a été zappé de la grille de RTL pour 2018 ( il lui reste l’émission Zemmour et Nauleau sur Paris Première). Et Frédéric Haziza le Harwey Weinstein du pauvre a été trappé de LCP. Patrick Cohen et Raphael Enthoven d’Europe 1 Un bon dégagement. Respirez à pleins poumons… En début de semaine, Bertrand Delais, le PDG de LCP, nous révélait que Frédéric Haziza ne faisait pas partie de la grille de rentrée de la chaîne. «Ça n’a rien à voir avec le fait divers dont on a entendu parler cette année, nous avait-il précisé. Il indiquait que l’absence de Frédéric Haziza à la rentrée était liée à l’arrêt de son émission politique. «À la place, nous lançons une émission commune avec Public Sénat. Et pour ne pas donner l’impression que l’une des deux chaînes avait l’avantage sur l’autre, il a été décidé de ne pas choisir le présentateur parmi nos équipes respectives. Dans ces conditions, Frédéric Haziza ne pouvait pas rester ».

 

FOUCHER : « LE REGIME SYRIEN ENTRAVE LE RETOUR DES REFUGIES » – L’Orient-la-Nuit/OLN, 14 juillet.

À l’occasion de la fête nationale française, l’ambassadeur de France Bruno Foucher choisit d’adresser des messages amicaux, mais non moins fermes, aux Libanais, dans le cadre d’une rencontre à bâtons rompus avec des journalistes de la presse écrite. Le premier message porte sur le blocage du gouvernement et ses conséquences sur la mise en œuvre de la conférence CEDRE d’avril dernier à Paris – qui prévoit de financer sur six ans des projets d’infrastructure en contrepartie de réformes structurelles devant être mises en œuvre par le nouveau cabinet – et celle de la conférence de Rome II de soutien à l’armée et aux Forces de sécurité intérieure de mars dernier. Ces deux conférences sont au cœur d’une « feuille de route entre le Liban et la communauté internationale » que la France a lancée puis construite, et pour laquelle l’ambassadeur, en mission au Liban depuis un an, a consacré la plus grande partie de son énergie. 

« Il y a une séquence de mars à avril dernier (…), celle d’un soutien international marqué pour le Liban », que celui-ci n’avait plus connu depuis un certain temps, affirme l’ambassadeur. Un soutien auquel les pays du Golfe ont été associés à l’issue de démarches faites dans les pays en question et cela en dépit des malentendus antérieurs (l’épisode de la démission forcée du Premier ministre Saad Hariri à Riyad en novembre 2017, NDLR) », dit-il, en constatant un retour à « une normalité indispensable » dans les rapports entre Riyad et Beyrouth. En atteste aussi le choix saoudien de « réactualiser sa ligne politique et diplomatique » en faveur de tels rapports. Cela pour dire que « la stabilité du Liban, son développement, la consolidation de son économie sont des sujets qui préoccupent l’ensemble de la communauté internationale », ajoute-t-il. Il est entendu en effet que le Liban est « un modèle de coexistence pour toute la région » : « Si les choses dérapent ici, on n’aura plus de raison d’espérer ailleurs. »

Un Parlement aux majorités « fluides » 

Mais ce « contrat passé entre la communauté internationale et le Liban (…) ne pourra avancer » sans la formation d’un gouvernement, condition préalable à la mise en œuvre des réformes « urgentes » prévues par la conférence de Paris. « Je trouve que le gouvernement tarde à se former », dit-il. Interrogé sur le nouvel équilibre des forces au sein du Parlement, il réfute la lecture d’une majorité acquise au Hezbollah. « Je crois que les majorités seront fluides et changeront en fonction des dossiers », dit-il. C’est sous cet angle d’ailleurs que la participation du Hezbollah, parti visé par les sanctions américaines, au sein du gouvernement ne devrait pas forcément constituer un obstacle à la mise en œuvre de CEDRE. « Nous entendons des craintes s’exprimer sur une collaboration sincère du Hezbollah à la mise en œuvre de la conférence, mais en pratique c’est avec la Primature et le CDR que les projets seront conduits », souligne-t-il.

Le projet de General Electric-France

S’il tempère sa mise en garde contre un retard dans la formation du gouvernement, Bruno Foucher ne manque pas de décrire les conséquences négatives qui résulteraient d’un immobilisme durable. « CEDRE a pour vocation de relancer l’économie et d’améliorer le quotidien des Libanais qui traversent des difficultés importantes. C’est pour cette raison que nous estimons que certains dossiers pourraient être mis en œuvre de façon prioritaire, comme l’électricité, la gestion des déchets ou encore l’eau qui est au cœur de la conférence de Paris », dit-il. À Paris, General Electric-France a fait des propositions concrètes pour apporter au Liban la production d’électricité dont il a besoin, cela « dans un délai de dix mois ». Même si d’autres projets sont proposés à ce niveau par d’autres entreprises étrangères, ou encore jusqu’à nouvel ordre par le ministère de l’Énergie (les barges), l’ambassadeur de France défend pour la première fois de manière officielle le projet de GE-France, qu’il pense être le moins coûteux. Mais « c’est à l’État libanais de choisir les projets de réforme les plus économiques pour lui », nuance-t-il.

Le comité de suivi de CEDRE

La mise en œuvre du comité de suivi de la conférence de Paris est également en suspens. Ce comité, rappelle l’ambassadeur, sera « chargé de suivre dans le détail la mise en œuvre des réformes et des projets listés dans le (plan national d’investissement en infrastructures – Capital Investment Program, NDLR) CIP ». C’est sur ce point que CEDRE se différencie des autres conférences (Paris 1, 2, 3) tenues dans le passé. Ce comité sera « un lieu d’échanges entre le Liban et les partenaires », non pas « un comité de suivi international contre le Liban ». Il n’a pas encore été constitué, mais il devrait l’être sitôt un gouvernement entré en fonctions.

La visite du président français

Le président Emmanuel Macron a confirmé qu’il entendait se rendre au Liban. Il a différé sa visite prévue en avril pour des raisons de calendrier français. La date de la visite n’a pas encore été fixée, mais devrait intervenir « dans les huit prochains mois, autour de la fin de l’année j’espère », confie M. Foucher. La visite de la ministre française des Armées, initialement fixée au début du mois de juillet, a elle aussi été reportée, faute d’interlocuteurs en position de responsabilité, en l’occurrence le ministre de la Défense en exercice.

Craintes pour la sécurité du Liban 

L’ambassadeur réitère « le vœu que le Liban ne se mêle pas de la crise d’un pays voisin et que le Hezbollah mette fin à sa présence en Syrie. Il y a un risque manifeste d’engrenage dont personne ne veut ici ». Et de réitérer sa position critique contre les implications du parti chiite à l’étranger, qu’il avait formulée une première fois en mars dernier : « Nous considérons le Hezbollah dans sa libanité, en tant que parti politique. Nous lui parlons comme à tout autre parti libanais. En revanche, nous ne reconnaissons pas son activité à l’étranger, qu’il conduit à son compte et sans l’accord du gouvernement libanais. » Et de préciser : « La politique de dissociation est peut-être un discours générique, mais c’est un discours que nous tenons au Hezbollah, quand nous disons qu’il n’a rien à faire en Irak, au Yémen ou encore en Syrie. Le danger d’avoir un pied en Syrie, c’est justement d’entraîner le Liban dans un conflit qui n’est pas le sien », dit-il.

Le régime syrien « trie » les réfugiés 

En parallèle, sur le dossier des réfugiés syriens, M. Foucher estime que Damas entrave le retour de ceux qui ont exprimé le souhait de rentrer. Preuve en est, dit-il, la récente expérience de Ersal (nord-est de la Békaa), où, sur les 3 000 inscrits auprès de la municipalité pour rentrer, seuls 449 ont été retenus par le régime. Il souligne « l’exercice de tri » conduit par le pouvoir syrien. L’ambassadeur précise que la France « ne lie pas le retour des réfugiés à une solution politique en Syrie (…). Ainsi, lorsque les réfugiés expriment une vraie volonté de rentrer dans une zone qui est à peu près stable, on ne s’y oppose pas, tant qu’un minimum de paramètres de sécurité est vérifié », explique-t-il. C’est cette vérification conduite par le HCR qui a été « comprise à tort comme une opposition au retour », créant « des malentendus et des crispations entre le gouvernement et le HCR », juge-t-il. Il précise également que le HCR et les autorités locales qui proposent des initiatives de retour « se retrouvent sur le fond de la question », à savoir que l’avenir des Syriens est en Syrie. Or, « le principal point de blocage des initiatives locales libanaises est l’opacité de la position de Damas. C’est Damas qui ne veut pas qu’ils rentrent ou qui choisit qui rentre » dit-il. Par ailleurs, les réfugiés qui rentrent ne peuvent être suivis par le HCR qui n’obtient pas d’autorisation d’accès aux zones syriennes vers lesquelles reviennent ces réfugiés. S’il dit prendre acte des initiatives locales de retour, l’ambassadeur n’y inclut pas toutefois l’initiative prise par le Hezbollah de créer des bureaux dans ses zones d’influence au Liban pour y inscrire les réfugiés désireux de rentrer en Syrie sous son parrainage. « Cette initiative mérite d’être clarifiée. En tout état de cause, il revient au gouvernement libanais de coordonner toutes les initiatives qui doivent rester placées sous son entière responsabilité », dit-il. Par ailleurs, compte tenu du fardeau que représente la présence des réfugiés syriens au Liban, l’ambassadeur ne manque pas de rappeler que « la priorité de l’aide internationale française est au Liban, qui est le premier pays récipiendaire de notre assistance dans la région avec 440 millions de dollars US d’aide pour 2018 à 2020 ».

Francophonie

C’est enfin un renouveau que promet l’ambassadeur en faveur de la francophonie au Liban. Il s’est attelé depuis un an à la tâche d’élaborer une feuille de route, en réponse au souhait du président français. Une feuille de route devenue « extrêmement ambitieuse ». Axée notamment sur l’éducation, elle prévoit « le doublement des effectifs des écoles françaises, l’augmentation des bourses, le doublement des labels ». Est aussi prévue une amélioration qualitative de l’enseignement au Liban : une meilleure formation des enseignants, grâce à l’Institut de formation pédagogique de l’ESA, créé il y a un an ; une amélioration des outils d’apprentissage du français, notamment dans les zones rurales, comme, possiblement, dans le Hermel ou dans le Liban-Sud. De ses visites dans ces régions, M. Foucher a pu constater que l’intérêt des élèves pour le français est grand mais desservi par l’absence, en dehors des salles de cours, de toute référence à la langue française. Faciliter l’accès aux médias français dans le but de consolider un environnement francophone qui n’existe pas toujours pourrait être une solution, estime le diplomate, qui ne perd pas de vue le fait que « le Liban occupe la première place mondiale en termes d’élèves scolarisés dans le système français, loin devant le Maroc, qui est à la deuxième place ».

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

En Bref

Moqtada al-Sadr a reçu, à Nadjaf, une délégation française conduite par le directeur d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient du MEAE (Machrek, Sabah al-Jadid, p. 1). 

Point de presse hebdomadaire du PM al-Abadi : service public, économie, politique et sécurité (Sabah, p.3)

Après quatre ans de rupture, Maliki et Abadi se seraient réconciliés et mis d’accord sur une éventuelle alliance politique, parrainée par Hadi al-Ameri, chef de Fateh. (Mada, p.1)

La haute Commission électorale indépendante (IHEC), chapeautée par les juges délégués du CSM, procède au recomptage manuel partiel de six gouvernorats du sud (Sabah, p.1)

Le Parlement du GRK a voté en faveur de l’annulation des élections présidentielles régionales dans cette région (Zaman, p. 1). Emission dedix mandats d’arrêt à l’encontre d’anciens députés et directeurs généraux juste après la fin de la 3ème législature (Sabah al-Jadid, p.1).

Moqtada al-Sadr : Les blocs politiques doivent rompre le dialogue avec les Américains et les pays voisins sur la formation des alliances politiques […] (Sur la Toile).

Politique intérieure

·  Nous suivons de près la crise de l’électricité. Les compagnies d’électricité iraniennes ont cessé d’alimenter l’Irak ces derniers jours en raison de la hausse de consommation en Iran durant cette période.

·  Depuis deux ans, nous avons augmenté le quota d’électricité de Bassora, mais la coupure iranienne a eu des conséquences sur le réseau électrique dans le gouvernorat.

·  Nous tenons à réitérer notre attachement aux droits des citoyens à manifester pacifiquement conformément à la Loi. Une commission d’enquête a été mise en place, suite aux incidents qui se sont produits à Bassora. Nous mettons en garde ceux qui souhaitent semer la discorde entre les forces de l’ordre et les manifestants.

·  Le Conseil des ministres a décidé d’allouer des fonds d’urgence aux services publics de Bassora et d’y envoyer une délégation de haut niveau en vue d’élaborer un plan de réponse à la crise.

Economie et politique

·  Nous allons bientôt entrer dans une phase d’investissement pour doper l’économie et créer des emplois, mais également favoriser de bonnes conditions de travail et sécuritaires en vue d’encourager les entreprises.

·  Les quatre prochaines années seront consacrées au développement de l’économie.

·  Nous appelons la haute Commission électorale indépendante (IHEC) à accélérer les procédures de dépouillement manuel pour une proclamation des résultats définitifs. (Sabah d’hier, p.1).

Sécurité

·  Une réunion sur la lutte contre le terrorisme se tiendra à Bruxelles. L’Irak y participera afin de solliciter plus de soutien dans le domaine sécuritaire.

·  Nous avons déjà étudié la question de la diminution du nombre d’instructeurs étrangers étant donné que l’Irak combat désormais Daech différemment. Le renseignement militaire et l’aviation sont les outils essentiels de la lutte contre Daech en Syrie.

·  Nous ne souhaitons pas nous ingérer dans les affaires intérieures syriennes, mais avons pour but d’anéantir Daech. Les conflits en Syrie pourraient contribuer à la réémergence de Daech.

·  Nous célébrons le 1er anniversaire de la libération de Mossoul et la déclaration de la grande victoire contre Daech. Des opérations ont été lancées pour mettre fin aux attaques de Daech contre les civils.

·  La peine capitale sera appliquée à l’encontre des condamnés à mort.

·  Notre visite à Diyala s’inscrit dans le cadre de notre action en faveur de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Nous avons tenu une réunion avec le gouverneur et les membres du conseil du gouvernorat et donné des recommandations relatives aux services publics et au retour des déplacés dans leurs régions.

·  Nous appelons la Justice irakienne à poursuivre les corrompus et à ne pas permettre à la corruption d’entraver son action. La Justice ne doit pas être politisée.

Elections législatives et tractations politiques

·  Après quatre ans de rupture, Maliki et al-Abadi se seraient mis d’accord sur une éventuelle coalition, grâce à une médiation d’Hadi al-Ameri, chef de Fateh pour que l’alliance tripartite, « Naser, Fateh et Etat de droit », puisse voir le jour. (Mada d’hier, p.1).

·  Les juges délégués par le CSM, chargés de la supervision de l’IHEC, commence, aujourd’hui à Bagdad, le recomptage manuel partiel des urnes de six gouvernorats du sud. (Sabah d’hier, p.1).

·  Aujourd’hui, début du recomptage manuel à Erbil (Sabah, p. 1). Fin du recomptage manuel dans six gouvernorats du sud et les résultats correspondent à 100% aux résultats du dépouillement électronique. (Sabah al-Jadid, p. 1).

·  Le conflit relatif aux postes du président du Parlement et sept ministères bloque les pourparlers au sein des partis sunnites. Les chiites auraient imposé leur véto sur la candidature de Khamis al-Khanjar à tout poste important. (Mada d’hier, p.1).

·  Ammer al-Fayez, membre de Fateh, a affirmé que le recomptage manuel à Kirkouk avait été transparent et évalue à  3% la différence par rapport au dépouillement électronique. (Machrek d’hier, p.1).

·  Pour se démarquer de l’UPK et du PDK, six partis kurdes envisagent de former une alliance, selon une députée de Goran. (Machrek d’hier, p.1).

·  A l’issue de la fin de la 3ème législature, 10 mandats d’arrêts ont été émis à l’encontre d’anciens députés et directeurs généraux. (Sabah al-Jadid, p.1).

Politique générale

·  Le Parlement de la région autonome du Kurdistan a voté en faveur de l’annulation des élections présidentielles dans cette région. (Zaman, p. 1).

·  Poursuite des manifestations à Bassora contre la détérioration des services publics pour la troisième journée consécutive. (Mada, p. 1).

·  Le PM al-Abadi a émis un décret relatif à la nomination d’Izet Toufiq Jaafer, président de la commission de Déontologie. (Machrek d’avant-hier, p.1).

·  La Cour pénale de Missan a condamné l’ancien directeur de la Banque agricole de Missan à 10 ans de prison pour son implication dans des actes de corruption. (Sabah al-Jadid d’hier, p.3).

Affaires sécuritaires

·  Le PM al-Abadi s’est rendu à Diyala et a tenu une réunion avec le gouverneur et les membres du conseil du gouvernorat. Il a donné pour instructions un renforcement des actions de renseignements pour anéantir Daech dans ce gouvernorat. (Sabah d’avant-hier, p.1).

·  La Mobilisation populaire renforce ses positions à al-Qaem, à la frontière syrienne. (Adala, p. 1) Elle a également déclaré avoir déjoué une tentative d’attaque de Daech au sud de Samarra. (Mada d’hier, p.1) La Mobilisation populaire a tué le responsable de sécurité de Daech et ses assistants lors de bombardements visant leurs bases en Syrie, à proximité de la frontière irakienne. (Zaman d’hier, p.1).

·  Poursuite des opérations militaires au nord de Bagdad pour traquer des cellules terroristes. (Mada, p. 1).

·  Manifestations à Bassora, Diyala et Wasset contre le manque de services publics, notamment l’électricité. (Zaman, p.1).

·  Le ministère de l’Intérieur a ouvert une enquête sur la mort d’un manifestant à Bassora. La commission chargée de l’enquête a arrêté les policiers qui avaient ouvert le feu contre les manifestants. (Zaman, p.1, Sabah d’hier, p.2).

·  Le Tribunal pénal de Dhi-Qâr a condamné à mort deux terroristes. Un trafiquant de drogue a été condamné à 10 ans de prison. (Zaman, p. 1).

·  La défense civile a éteint quatre incendies à Bagdad, Missan et Najaf. (aman d’hier, p.1).

·  Deux femmes philippines, enlevées sur la route Bagdad-Kirkouk, ont été libérées. (Mada d’hier, p.3).

Politique étrangère

·  Al-Abadi se rend à Bruxelles pour participer à la conférence de la Coalition internationale contre Daech (Sabah, p. 1). L’OTAN examine les efforts possibles en faveur de l’Irak pour la consolidation d’institutions militaires. (Zaman, p. 1).

·  Faeq Zidan, président du Conseil suprême de la Magistrature, a évoqué avec l’ambassadeur de Turquie à Bagdad le dossier des détenus en Irak accusés de terrorisme. (Sabah d’avant-hier, p.2).

·  Massoud Barzani, président du PDK, a reçu à Erbil Brett McGurk, envoyé spécial du Président américain pour la Coalition internationale. Les échanges ont porté sur les alliances politiques. (Adala d’hier, p.1).

·  Maliki, vice-président de la République, a reçu l’ambassadeur britannique en Irak. (Sabah, p. 2)

·  Irfan al-Hiali, ministre de la Défense, représente l’Irak à l’investiture du Président turc. (Sabah d’hier, p.2).

·  Lors de son entretien avec l’ambassadeur de Russie à Bagdad, Moqtada al-Sadr, chef du courant sadriste, a appelé la Russie à jouer un rôle important sur les questions humanitaires et l’amélioration des conditions des déplacés. (Sabah al-Jadid d’hier, p.1).

 

BOLTON VEUT BOMBARDER L’IRAN – Gareth Porter, 23 juin.

John Bolton a peut-être renoncé à vouloir bombarder l’Iran, disant que ce n’est pas lui qui décide, mais il n’a pas vraiment renoncé à essayer de convaincre Trump de remplacer le régime de Téhéran, comme l’explique Gareth Porter. Maintenant que l’administration Trump a fait dérailler l’accord nucléaire iranien, la vieille question du changement de régime en Iran est de retour. Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton est évidemment le principal défenseur du changement de régime au sein de l’administration, et il y a toutes les raisons de croire qu’il a commencé à faire avancer cette politique auprès de Donald Trump au cours de son premier mois à la Maison-Blanche. Bolton faisait partie de la puissante faction néoconservatrice des responsables de la sécurité nationale dans l’administration de George W. Bush qui avait un plan pour soutenir le changement de régime en Iran, pas très différent de celui que Bolton favoriserait maintenant. Mais il s’agissait d’un stratagème farfelu qui impliquait l’organisation terroriste exilée moudjahidin du peuple iranien [Mujaheddin-e-Khalq ou MEK, NdT] qui n’a jamais eu le soutien de Bush. Bolton pourrait voir l’histoire se répéter, et Trump résister à son plan de changement de régime, tout comme Bush l’a fait en 2003. Trump a semblé flirter avec l’idée d’un changement de régime iranien dans le passé. Lors des manifestations de décembre en Iran, il a déclaré sur Twitter qu’il était temps pour un changement, notant : « Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années ». La liquidation par Trump de l’accord nucléaire, cependant, s’est arrêtée avant que la rhétorique ne signale l’objectif de renverser la République islamique. Au lieu de cela, Trump a suggéré que les « dirigeants iraniens » vont « vouloir conclure un accord nouveau et durable, un accord qui profite à l’ensemble de l’Iran et au peuple iranien ». Il a ajouté : « Quand ils le feront, je suis prêt, disposé et capable ». Quelques jours après l’annonce de Trump, un fonctionnaire anonyme du Conseil de Sécurité Nationale (NSC) a évité toute allusion à un changement de régime, disant au journal néoconservateur Washington Free Beacon : « Notre politique déclarée est de changer le comportement du régime iranien ». Maintenant, Bolton a émis un déni encore plus explicite, disant à ABC News : « Ce n’est pas la politique de l’administration. La politique de l’administration est de s’assurer que l’Iran ne se rapproche jamais d’une action nucléaire délivrable ». Et dans l’émission L’État de l’Union sur CNN, il a dit : « J’ai écrit et dit beaucoup de choses quand j’étais un agent complètement libre. Je me tiens certes à ce que j’ai dit à l’époque, mais c’était mon opinion à l’époque. Ma situation actuelle est que je suis le conseiller du président en matière de sécurité nationale. Je ne suis pas le décideur en matière de sécurité nationale ». Il n’est pas difficile de lire entre les lignes : le message implicite est que son point de vue sur le changement de régime n’a pas prévalu avec Trump – jusqu’à présent. Bolton a longtemps été l’un des plus ardents partisans d’une telle politique, bien qu’il soit mieux connu comme le principal défenseur des bombardements en Iran. Il a été l’un des membres les plus enthousiastes parmi les anciens fonctionnaires américains qui se sont associés à la MEK, qui cherche à renverser le régime de Téhéran avec le soutien des États-Unis. Bolton n’est pas seulement apparu aux rassemblements de la MEK à Paris, avec d’autres anciens fonctionnaires américains ayant la mainmise sur cette organisation paramilitaire bien dotée. En juillet 2017, il a déclaré que l’administration Trump devrait adopter l’objectif de changement de régime en Iran, qualifiant la MEK d’alternative « viable » au régime. Et sa dernière phrase, prononcée en haussant dramatiquement le ton, indique que « avant 2019, nous qui sommes ici feront la fête à Téhéran ». Il semble que Bolton promouvait encore l’idée au sein de l’administration plus tôt ce mois-ci. The Washington Free Beacon a rapporté le 10 mai qu’un document de trois pages décrivant une stratégie de changement de régime d’une petite organisation d’extrême droite appelée le Security Studies Group, avec lequel Bolton aurait des liens étroits, a été distribué aux responsables du NSC. Les citations du journal dans l’article montrent clairement que la stratégie est basée en grande partie sur l’exploitation des conflits ethniques et religieux en Iran. Le journal ferait valoir que les minorités ethniques – comme les Kurdes, les Azéris, les Arabes Ahwazi et les Baloutches – représentent un tiers de la population iranienne, et soutient que l’oppression du régime iranien à l’égard de ses minorités ethniques et religieuses a créé les conditions d’une campagne efficace pour scinder l’État iranien en plusieurs composantes. Il ajoute : « Le soutien des États-Unis à leurs mouvements indépendantistes, tant ouvertement que secrètement, pourrait forcer le régime à se concentrer sur eux et limiter sa capacité à mener d’autres activités malveillantes ». Ces minorités ont toutes des organisations qui ont mené des actions violentes, y compris des attentats à la bombe et des assassinats contre des responsables iraniens, au cours de la dernière décennie, et une telle stratégie impliquerait vraisemblablement de soutenir une intensification de ces activités – en d’autres termes, le soutien des États-Unis aux activités terroristes contre des cibles du gouvernement iranien. Mais rien de tout cela n’est nouveau. C’était la ligne officielle de la puissante alliance entre les néoconservateurs et l’axe Cheney-Rumsfeld au sein de l’administration Bush. En 2003, Douglas Feith, l’ancien sous-secrétaire à la défense pour la politique, avait développé un plan pour donner aux MEK, dont l’armée avait été capturée par les troupes américaines en Irak, un nouveau nom et les utiliser pour une opération paramilitaire secrète en Iran. Pendant ce temps, l’Iran proposait de fournir des noms et d’autres données sur les responsables d’Al-Qaïda qu’il avait capturés en échange d’informations américaines sur la MEK. Lorsque l’ancien secrétaire à la défense Donald Rumsfeld a cherché à protéger la MEK d’un tel accord, la réponse de Bush a été : « Mais nous disons qu’il n’y a pas de bon terroriste ». Malgré la fixation néoconservatrice sur le soutien à la MEK, la CIA et les Israéliens ont longtemps considéré comme ridicule l’idée qu’elle pourrait être un instrument de changement de régime en Iran. Après que l’organisation a aidé le régime de Saddam Hussein à réprimer les soulèvements chiites et kurdes, elle a perdu tout semblant de légitimité à l’intérieur de l’Iran. Après sa relocalisation en Irak, elle a d’ailleurs été transformée en un culte autoritaire. L’ancien ambassadeur d’Israël en Iran, Uri Lubrani, à qui on a donné carte blanche pour organiser un programme de déstabilisation de l’Iran, a reconnu il y a longtemps, comme il l’a dit à deux journalistes israéliens, que la MEK n’a aucune capacité à faire quoi que ce soit à l’intérieur du pays. C’est Lubrani qui a été le premier à avancer l’argument selon lequel environ un tiers de la population iranienne totale était constitué de minorités ethniques et que la promotion de leurs activités anti-Téhéran pourrait contribuer à déstabiliser le gouvernement. Ces groupes ont mené des attentats terroristes à la bombe et d’autres actions armées dans diverses parties de l’Iran au fil des ans, et il est bien documenté qu’Israël soutenait et conseillait l’organisation extrémiste baloutche Jundallah sur de telles opérations. Mais les Israéliens ont surtout utilisé la MEK pour diffuser de la désinformation sur le programme nucléaire iranien. Le document d’orientation Bolton pousserait explicitement les États à inclure dans la politique de changement de régime le recours à la force militaire contre l’Iran si nécessaire. C’était les prémices du plan Cheney-Bolton pour le changement de régime en Iran, comme l’ancien conseiller du vice-président Dick Cheney pour le Moyen-Orient, David Wurmser, l’a révélé plus tard. Et c’est le jeu auquel Bolton, le passionné de bombardements de l’Iran, semble toujours jouer.

 

COOPERER AVEC LA MARINE ISRAELIENNE ? AFPS, 9 juillet.

Pour la 1ère fois depuis 55 ans, deux bâtiments de la marine de guerre israélienne ont participé à Toulon à des manœuvres communes avec la flotte française en présence du chef de la marine israélienne. La déclaration israélienne, rapportée par l’AFP, précise qu’elles ont visé à faire face à des attaques « asymétriques » venant de petits bâtiments et à « tester nos communications en vue d’une attaque commune ». Il s’agit d’une démarche inacceptable qui rompt avec la politique initiée par le général de Gaulle en 1967 et renoue avec la « fraternité d’armes » de la calamiteuse expédition coloniale de Suez en 1956. Un message particulièrement choquant à l’heure où la France se ridiculise en empêchant les petits bateaux de la flottille de la liberté de mener à bien leur mission vers Gaza. Que signifie aujourd’hui en effet « une attaque commune » avec cette marine de guerre, qui sème la terreur de façon récurrente à Gaza en y menaçant ou attaquant chaque jour les pêcheurs ? Qu’est-il donc arrivé à la France à l’heure où Israël, encouragé par Trump, vise ouvertement l’Iran et risque de mettre toute la région à feu et à sang ?

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