Observatoire Géostratégique

numéro 165 / 12 février 2018

CRASH D’UN F-16 ISRAELIEN EN SYRIE – RFI, 10 février.

Un avion de combat F-16 israélien s’est écrasé en Israël et l’un des pilotes a été gravement blessé ce samedi, après avoir essuyé des tirs de la défense anti-aérienne syrienne. Ce fut une matinée agitée pour les habitants de la Galilée en cette journée du shabbat, raconte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Des sirènes à 4 heures 25 ce samedi matin les ont invités à descendre dans les abris après qu’un drone iranien lancé depuis la région de Palmyre dans le centre de la Syrie a pénétré l’espace aérien israélien. Un hélicoptère de combat de type Apache l’intercepte et réussit à l’abattre. Aussitôt après, l’armée israélienne riposte en frappant ce qui est qualifié ici de « systèmes de contrôles iraniens » en Syrie. Et pour la première fois un des appareils israéliens, un F-16, est touché par un missile sol-air syrien. Les deux pilotes s’éjectent et sont récupérés. L’un d’eux est cependant dans un état grave. L’appareil s’écrase quant à lui dans le nord d’Israël sans faire de blessés. Cette attaque constitue une grave violation de la souveraineté de l’Etat hébreu, affirme un porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. L’Iran, ajoute-t-on en Israël, « entraîne la région vers une escalade de violence dont il paiera le prix ». Au total, l’aviation israélienne a frappé douze objectifs, y compris trois batteries de défense anti-aériennes et quatre cibles iraniennes non précisées, a affirmé l’armée dans un communiqué. C’est, en tout cas, la première fois que l’armée israélienne annonce ouvertement avoir visé des cibles iraniennes depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, a encore indiqué le porte-parole des militaires. De leurs côtés, les forces de défense aérienne syriennes ont indiqué avoir répondu à une « nouvelle agression israélienne », selon l’agence de presse officielle Sana.

 

SYRIE : ISRAËL MENACE L’IRAN – Ouest-France, 10 février.

La situation se tend entre Israël et l’Iran allié de la Syrie après qu’un F16 israélien a été abattu. Israël explique avoir envoyé l’avion de chasse après qu’un drone iranien a été repéré dans son espace aérien. Le porte-parole de l’armée d’Israël tient l’Iran et le régime syrien pour responsables. Israël a prévenu samedi que l’Iran et la Syrie jouaient « avec le feu », alors que lui-même ne cherche pas l’escalade mais se tient prêt à toutes les éventualités après un brutal accès de tensions chez le voisin syrien. « Nous ne cherchons pas l’escalade, mais nous sommes prêts à différents scénarios », et « à faire payer cher » de tels actes, a indiqué le porte-parole de l’armée israélienne après qu’un F16 israélien s’est écrasé. L’un des pilotes a été gravement blessé. Des raids israéliens ont visé des cibles iraniennes et syriennes en Syrie après l’interception d’un drone lancé selon l’armée à partir du territoire syrien. Le F16 est tombé dans le nord du territoire israélien. C’est la première fois que l’armée israélienne dit ouvertement avoir pris pour cible des « cibles iraniennes » en Syrie depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, où l’Iran aide militairement le régime de Bachar al-Assad. Les hostilités semblaient se poursuivre. L’agence officielle syrienne Sana a rapporté que la défense anti-aérienne avait repoussé quelques heures plus tard une nouvelle attaque de l’armée de l’air israélienne près de la capitale Damas. L’accès de fièvre a commencé dans la nuit avec l’interception par l’armée israélienne d’un drone présenté comme iranien au-dessus de son territoire. « Un hélicoptère de combat a procédé à l’interception réussie d’un appareil sans pilote qui avait été lancé de Syrie et est entré en Israël », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué. « En représailles, l’armée a visé des cibles iraniennes en Syrie ». L’armée israélienne a prévenu qu’elle considérait « l’attaque iranienne et la riposte syrienne comme une violation grave de la souveraineté israélienne ». Elle surveille la situation « et est totalement prête à de nouvelles actions, en fonction de son évaluation de la situation et des nécessités ». « L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne », a tweeté le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. "L’armée israélienne a pris pour cible les systèmes de contrôle iraniens en Syrie qui ont envoyé le drone dans l’espace aérien israélien. Après des tirs massifs de la défense anti-aérienne syrienne, un F16 s’est écrasé en Israël. Les pilotes sont sains et saufs. L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne" Les avions israéliens ont essuyé « de multiples tirs de missiles anti-aériens » après que le drone a été abattu, a précisé l’armée. Les pilotes de l’un des avions ont dû s’éjecter et sont retombés en territoire israélien, où ils ont été emmenés à l’hôpital. L’un d’eux est gravement blessé. Leur avion s’est écrasé dans la région de la vallée de Jezreel, à l’est de la ville de Haïfa, dans le nord d’Israël, selon la police.

 

EGYPTE : L’ARMEE LANCE L’OPERATION ANTI-TERRORISTE « SINAÏ-2018 » – Alexandre Buccanti, 9 février.

Le porte-parole militaire égyptien a annoncé ce vendredi 9 janvier le lancement d’une grande opération antiterroriste baptisée « Sinaï 2018 ». Le porte-parole a précisé que l’opération était « globale » et ne concernait pas uniquement la péninsule égyptienne mais inclut d’autres régions du pays. Fin novembre, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait ordonné à l’armée et à la police de restaurer la sécurité dans le Nord-Sinaï dans un délai de trois mois. Le chef d’Etat avait préconisé l’utilisation de « la force brutale » pour réaliser cet objectif. Depuis 2013, le Nord-Sinaï est le théâtre d’un conflit entre les extrémistes musulmans qui ont fait allégeance à l’Etat islamique (EI) et les forces de sécurité. Les attentats et les opérations antiterroristes y ont fait plus de deux mille morts de part et d’autre. Des attentats spectaculaires ont aussi eu lieu dans la région désertique des oasis à l’ouest de l’Egypte. L’armée réagit principalement avec l’aviation qui cible les tentatives d’infiltrer hommes et matériel à travers le désert libyque. « Sinaï 2018 » comprend donc une intensification des opérations militaires combinées ainsi qu’un renforcement du contrôle par la marine des côtes égyptiennes de la Méditerranée et de la mer Rouge.

 

DANS LA PRESSE IRAKIENNE :

Lutte contre Dae’ch

  • Les forces de sécurité ont démantelé des cellules dormantes de Daech à Diyala et à Kirkouk. 15 djihadistes ont été arrêtés. (Adala, p. 1)
  • Opération militaire menée par la Mobilisation populaire et l’armée à Touzkhormatou. (Mada, p. 1)
  • La Mobilisation populaire a repoussé une attaque de Daech dans la région de Tal-Sfouk, en provenance du territoire syrien. (Machrek du 7 février, p. 2)

  • Les forces de sécurité irakiennes et la Mobilisation populaire s’apprêtent à lancer une opération aux alentours de Kirkouk pour traquer les cellules terroristes. (Sabah du 6 février, p.3)

Situation sécuritaire

  • Selon le président de la Cour d’appel du gouvernorat de Missan, 1.800 mandats d’arrêts à l’encontre de criminels et de trafiquants de drogue ne sont pas mis en œuvre en raison de leurs appartenances tribales. Il a précisé que certaines tribus disposaient de plus d’armes que les services de sécurité. (Sabah al-Jadid du 7 février, p. 1)
  • Ali Yalmaz, professeur à l’université de Kirkouk, a été assassiné par des inconnus. La victime se préparait à présenter sa candidature aux prochaines élections avec la liste du PM al-Abadi. (Bayyna al-Jadid du 7 février, p. 1)
  • Un membre de la Mobilisation populaire tué et deux autres blessés dans l’explosion d’un engin au passage de leur véhicule à Dora, au sud de Bagdad. (Sabah al-Jadid du 7 février, p. 3)
  • La défense civile a évacué plus de 130 pèlerins iraniens suite à un incendie, déclenché dans un hôtel à Najaf. (Zaman du 6 février, p.1)
  • Une liste de 60 personnes réclamées par la justice, dont la fille de Saddam Hussein résidante à Amman, a été publiée par l’Interpol irakien. De son côté, les autorités jordaniennes a annoncé n’avoir reçu aucune demande d’extradition de leurs équivalents irakiens. (Zaman, Sabah du 6 février, p.1)

  • L’explosion d’un engin a fait cinq morts et blessés à Taji, au nord de Bagdad, selon la police. Par ailleurs, un trafiquant de drogues a été arrêté à Babel par les forces de sécurité. (Sabah al-Jadid du 6 février, p.3).

Politique intérieure

  • Le président du Parlement a ordonné la suspension de la participation de trois députés kurdes, Massoud Haydar Rustam de Goran, Sirwan Abdullah Ismaël et Shakhwan Abdullah Ahmed du PDK, pour avoir agressé le député Jabbar al-Abadi leur du débat sur le budget. (Alem, p. 1)
  • Mada consacre son supplément au coup d’Etat du 8 février 1963 et à l’exécution du général Qassem. Le quotidien Sabah publie (p. 19) un article sur ce sujet en qualifiant cet événement de « terrorisme baathiste ». Dans son point de presse hebdomadaire, le PM a promis de gagner la « bataille de la construction ». (Sabah du 7 février, p. 1) – Budget : Le PM al-Abadi a appelé le Parlement à voter le budget 2018. « Cette question ne doit pas faire l’objet de chantage à des fins électorales ». – Conférence du Koweït : « Nous avons reçu des confirmations d’une large participation à cette conférence. Des pays importants et de grandes entreprises sont enthousiastes. Nous voulons faire de l’Irak un pays qui attire les investissements. La corruption et la bureaucratie sont des éléments préoccupants pour les investisseurs. Nous gagnerons la bataille de la construction ». – Déplacés et petits projets : « Nous œuvrons à faciliter le retour volontaire des déplacés. Nous encourageons un partenariat entre les secteurs privé et public ». – Coalition internationale : Il y a un plan pour réduire progressivement les forces de la Coalition internationale. Les groupes terroristes sont encore à nos frontières et sur le territoire syrien. Nous avons besoin d’un grand soutien aérien ». (Sabah du 7 février, p. 3)
  • L’Alliance nationale irakienne (chiite) a annoncé qu’elle pourrait faire passer le vote sur le budget sans la présence des députés kurdes. De son côté, Arize Abdallah, chef du bloc parlementaire de l’UPK, a menacé de saisir le Tribunal fédéral et le FMI. (Sabah du 7 février, p. 1)
  • « Le gouvernement fédéral n’est pas responsable des contrats pétroliers signés par Erbil sans l’accord de Bagdad. Les autorités du Kurdistan doivent en assumer les conséquences » a affirmé Saad al-Hadithi, porte-parole du PM. (Zaman du 7 février, p. 1)
  • Le Parlement devrait débattre d’une seconde série d’amendements de la loi électorale portant sur l’adoption d’un quota de 20% au profil des candidats ne disposant que du baccalauréat. Cet amendement vise également à exclure les candidats possédant une double nationalité, ainsi que les condamnés pour corruption. Des députés exigent du PM al-Abadi le report des élections provinciales. (Sabah du 6 février, p.1)
  • Le Parlement envisage de soumettre les propositions de modification sur le projet de budget de 2018 au PM al-Abadi avant de le ratifier. (Zaman du 6 février, p.1)
  • « Le gouvernement fédéral n’est guère responsable des contrats pétroliers, signé par le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) avec les sociétés étrangères. Le GRK devrait assumer toutes les conséquences qu’elles soient juridiques ou matérielles. (Sabah al-Jadid du 6 février, p.1)
  • Les députés kurdes se sont retirés lors de la 2ème lecture du projet de loi relatif au budget 2018 afin que le quorum légal ne soit pas atteint. (Machrek du 6 février, p.1)
  • « La Banque mondiale aurait exigé une allocation de 14% du budget à la Région du Kurdistan pour soutenir l’Irak dans la conférence de Koweït », selon le député kurde Zana Saeiyed. (Zaman du 6 février, p.1)
  • Le ministère des Télécommunications a indiqué qu’un nouveau câble internet sous-marin avait été sectionné, entrainant des interruptions de service en Irak. (Sabah du 6 février, p.1)

  • Le gouvernement aurait contraint les déplacés, notamment les fonctionnaires, à regagner leurs domiciles pour assurer l’organisation des élections, selon des déplacés. (Mada du 6 février, p.1)

Situation au Kurdistan

  • Manifestation des enseignants à Soulaïmaniyah pour le versement de leurs salaires. (Zaman du 7 février, p. 1)

  • Les partis kurdes de l’opposition, Goran, groupe islamique et de la démocratie et justice, ont tenu une réunion pour évoquer une éventuelle formation d’une alliance kurde en vue des prochaines élections. (Sabah al-Jadid du 6 février, p.1).

 

LE CONSEIL MUNICIPAL De QUIMPER S’ENGAGE POUR SALAH HAMOURI – Agences, 8 février.

Il a été voté par  49 pour, 3 contre, 1 abstention. Les 3 élus de droite ayant voté contre n’ont pas dit un mot pour expliquer leur position, l’abstentioniste non plus. Monsieur Salah Hamouri, 32 ans, demeurant à Jérusalem, avocat spécialisé dans la défense des Droits de l’Homme, est emprisonné en Israël depuis le 23 août 2017 sans aucune inculpation et sans qu’aucun motif ne lui ait été signifié, ni à ses avocats.  Il s’agit là d’une procédure arbitraire, héritée du mandat colonial britannique sur la Palestine au début du siècle dernier, qu’applique le gouvernement de Tel-Aviv et qui peut conduire à des emprisonnements sans procès par périodes de 6 mois renouvelées indéfiniment. Les autorités européennes et françaises ont exprimé leurs vives préoccupations à ce sujet. L’arbitraire a déjà marqué la vie de notre compatriote, né à Jérusalem d’une mère française et d’un père palestinien, ancien élève des « Frères des Écoles Chrétiennes ». Il a dû subir en effet de 2005 à 2011, alors qu’il était étudiant, 7 longues années de prison reposant sur des accusations infondées, les faits qui lui étaient reprochés n’ayant jamais, et pour cause, été établis. Le Président Nicolas Sarkozy et le Ministre des Affaires Étrangères de l’époque, Monsieur Alain Juppé, avaient pris acte de cette absence totale d’éléments à charge, et étaient intervenus auprès du gouvernement israélien pour obtenir sa libération. Suite à ces démarches, Monsieur Salah Hamouri avait été libéré, et le Ministère des Affaires Etrangères s’en était « réjoui » dans un communiqué. Présentement, cela fait près de 6 mois que  Monsieur Salah Hamouri est en détention administrative. Les autorités françaises ont demandé publiquement sa libération, et sa femme, qui est française, a été reçue plusieurs fois à l’Elysée. Le Chef de Cabinet du Président de la République, Monsieur François-Xavier Lauch, dans une lettre à notre collègue Piero Rainero, a tenu à préciser que « l’ensemble des services français sont mobilisés sur ce dossier » et que « la France continuera à demander la libération de Monsieur Hamouri lors de tous les contacts qu’elle aura avec les autorités israéliennes ». Le Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, s’en est entretenu personnellement avec le Premier Ministre israélien. De très nombreuses associations, la LDH, Amnesty International, l’Association France Palestine Solidarité, l’Union Juive pour la Paix, une Autre Voix Juive, le Syndicat des Avocats de France,  par exemple, ont demandé la libération de notre compatriote, ainsi que des personnalités aussi diverses que M. Michel Warschawski (historien israélien, fils de l’ancien Grand Rabbin de Strasbourg), Mme Christiane Hessel (veuve de M. Stéphane Hessel), MM. Jean Ziegler (vice-président du comité consultatif des Droits de l’Homme de l’ONU), Rony Brauman (fondateur de Médecins sans Frontières), les cinéastes Robert Guédiguian et Ken Loach, M.M. Richard Falk (professeur de droit international aux USA), Dov Kénin député de Tel Aviv à la Knesset, etc…. Dans cet esprit, le Conseil Municipal de Quimper, fidèle à la tradition de défense des Droits de l’Homme qui anime la population de notre ville, exige luiaussi, comme de nombreuses municipalités dans notre pays parmi lesquelles Morlaix, Douarnenez, Carhaix, la libération immédiate de notre compatriote Monsieur Salah Hamouri.

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