Observatoire Géostratégique

numéro 208 / 10 décembre 2018

G7 DE CHARLEVOIX, LA FIN D’UN MONDE !

Le mois de juin est traditionnellement un mois chargé en échéances diplomatiques : conseil européen, session ministérielle de l’OTAN au niveau des ministres de la Défense, voire sommet et surtout rencontre des chefs d’État et de gouvernement du G7. Cette année, le groupe se réunit sous présidence canadienne les 8 et 9 juin 2018 à Charlevoix au Québec à l’invitation du premier ministre, Justin Trudeau dans un climat de tensions exacerbées entre Donald Trump et ses six homologues. Au cours des dernières semaines, le président américain n’a de cesse d’irriter ses alliés par sa méthode (la diplomatie compulsive du tweet dépourvue de toute consultation de ses « alliés ») et par ses décisions (unilatérales mettant en mal le multilatéralisme comme le retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran et l’imposition de sanctions commerciales sur les importations d’acier et d’aluminium).

Le moins que l’on puisse dire est qu’il commence sérieusement à indisposer ses partenaires. Rappelons d’abord la genèse du G7 avant d’en revenir à la réunion des 8 et 9 juin 2018 et de nous interroger sur la signification de cette crise de confiance au sein du club des riches !

QU’EST-CE QUE LE G7 ?

Le G7 est avant tout le club des riches de la planète qui se réunit une fois par an pour se livrer à un panorama des grandes questions du moment. Au départ, la discussion était restreinte aux questions économiques. Au fil du temps, d’autres sujets se sont ajoutés : diplomatiques, environnementaux, sociétaux… Le groupe connaît quelques vicissitudes au cours des dernières années. Certains en contestent la légitimité.

Le club des riches

Le G8 (pour « Groupe des huit »), actuellement connu sous le nom G7 (« Groupe des sept »), est un groupe de discussion et de partenariat économique de huit pays réputés être les plus grandes puissances économiques du monde : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Russie, Royaume-Uni, Italie, Canada, dont l’un, la Russie, est suspendu depuis 2014. Les dirigeants des pays du G7 se réunissent chaque année lors d’un sommet réunissant les chefs d’État ou de gouvernement, ainsi que les présidents de la Commission et du Conseil européens (ainsi que pour certaines activités, des représentants d’autres pays ou d’autres unions internationales, invitées à participer). Durant toute l’année, le G7 a un calendrier chargé dans le pays hôte, où se rencontrent les ministres et chargés de missions (sherpas) dans chaque domaine (économie et finances, défense et sécurité internationale, éducation, développement, etc.), afin de préparer le programme du sommet annuel, puis mettre en œuvre les initiatives prises lors du sommet. Rappelons que les décisions arrêtées n’ont aucune valeur normative, uniquement valeur indicative, symbolique !

Les vicissitudes du groupe

D’abord G5 de façon informelle, puis provisoirement G6 lors de sa création en 1975 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing, et rapidement devenu G7 avec l’intégration du Canada en 1976, le groupe s’est élargi à la Russie en 1997 pour devenir le G8 . Au XXIe siècle, certains groupes ont commencé à plaider pour un élargissement du groupe pour inclure les « cinq », c’est-à-dire les cinq pays émergents : Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil et Mexique. Ceci a mené à la formation d’un groupe parallèle, connu sous le nom de « G8+5 ». À partir de l’annexion de la Crimée à la fédération de Russie, en mars 2014, les pays membres du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni + Union européenne) ont temporairement suspendu de pays du groupe économique1.

Le groupe est donc redevenu G7 (« Groupe des sept ») en mars 2014 avec un sommet exceptionnel à La Haye, aux Pays-Bas2. Se pose de manière récurrente, la question de la réintégration de la Russie dans le groupe. À la veille du sommet et à titre de provocation, Donald Trump plaide pour pareille réintégration (« Ils ont expulsé la Russie. Ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table des négociations »). Demande rejetée par les Européens même si le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte avait dit, dans un premier temps, dans un tweet être d’accord avec Donald Trump1.

La contestation du groupe

Ces rencontres sont contestées par des mouvements altermondialistes qui remettent en cause la légitimité du G7 et l’accusent de vouloir « diriger le monde », au mépris des autres pays, pour imposer selon eux une politique d’inspiration néolibérale. Toutefois, ces sommets constituent une plate-forme de discussion informelle et régulière entre chefs d’État, favorisant la coopération au plus haut sommet et la définition d’objectifs communs2. On se souvient de quelques scènes de guérilla urbaine ayant émaillé le déroulement de certains G7/G8 en dépit du périmètre de sécurité installés pour ne pas troubler la quiétude des travaux.

Revenons-en au psychodrame canadien !

QU’EST-CE QUE LE G6 + 1 ?3

Une ambiance électrique

À la veille du G7, Emmanuel Macron et Justin Trudeau manifestent à Ottawa leur volonté de ne pas en rester là et d’en découdre avec le magnat new yorkais de l’immobilier. Ils gardent à l’esprit l’indifférence marquée par Donald Trump lors du précédent sommet de Taormine en 2017 (n’écoutant pas les traductions des propos de ses homologues, délaissant certaines sessions, ne prenant aucun engagement sur le climat, refusant les formulations contraignantes sur le commerce international, refusant de signer la déclaration finale…). Le quarteron de rebelles européens (ajoutez Jean-Claude Juncker et Donald Tusk) décide de se coordonner avant le début des festivités. Pendant ce temps, Donald Trump multipliait les tweets décalés, racontant tout et n’importe quoi, démontrant ainsi le peu de cas qu’il faisait de cette enceinte et de ses laborieuses discussions inutiles.

Plus importante paraissait à ses yeux sa prochaine rencontre (Singapour, 12 juin 2018) avec son homologue, nord-coréen, Kim Jong un, destinée à solder un différend vieux de plus de six décennies. Elle le conduit à quitter la réunion avant la fin de la réunion et à déclarer que ce G7 a été un « succès » … pour lui certainement, ses collègues ayant essuyé ses foucades, son intransigeance. Il a même eu le toupet de proposer la mise en place d’une vaste zone de libre-échange.

Les raisons de la colère

C’est que Donald Trump n’apprécie pas cette instance symbolique d’’une coopération multilatérale qu’il abhorre (il n’assistera pas à la séance consacrée au climat). C’est que les sujets de discorde ne manquent pas !4 Ils ont pour nom commerce international, Iran, climat au sein d’un inventaire à la Prévert (éducation des filles, pollution des océans par les plastiques, intelligence artificielle, lutte contre les ingérences étrangères dans les processus démocratiques)5. Le moins que l’on puisse dire est que les positions sont éloignées. Donald Trump piétine les règles de droit élémentaires telles que Pacta sunt servanda, suscitant l’ire de l’autre côté de l’Atlantique. C’est que les Européens sont désemparés et n’ont pas encore trouvé la réponse idoine aux foucades américaines.

Depuis Ottawa, Emmanuel Macron souhaite faire bloc contre Donald Trump sans transiger sur les désaccords mais en évitant une rupture. Il entend profiter de l’occasion pour « reforger le front européen ». Il s’entretient à plusieurs reprises avec son homologue américain, faisant preuve d’une candeur rafraichissante : « Nous avons eu un début de discussion sur des sujets d’actualité comme le commerce, qui ont permis de lever, je crois, beaucoup de possibles malentendus ». Jupiter ne semble rien avoir appris de sa dernière escapade à Washington et des limites de la méthode Coué. Le rencontre de Charlevoix constitue une utile piqûre de rappel.

Un résultat a minima

Faute d’accord sur la substance (Iran, climat, commerce) tant les positions de départ sont antinomiques, il n’était guère raisonnable de se faire trop d’illusions sur les résultats concrets de ce cénacle. Au pire, pas d’accord sur une déclaration finale. Au mieux un accord comportant de telles formulations vagues ou de réserves que le texte était vidé de tout contenu réel. C’est finalement l’option qui a été retenue comme l’ont expliqué Justin Trudeau comme Emmanuel Macron durant leur conférence de presse respective6. Le texte dénonce le protectionnisme et appelle à réformer l’OMC (vaste programme !). Du reste, tout ceci n’a pas la moindre importance. Mais que pèsent ces quelques lignes négociées à la virgule près par des experts au bord de la crise de nerfs face à un Donald Trump qui s’est encore livré samedi 9 juin 2018 une diatribe féroce sur le commerce avant de quitter le Québec pour rejoindre l’Indonésie et participer à un sommet (avec son homologue nord-coréen) auquel il attache la plus grande importance ? « Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser », a dit le président américain.

Le milliardaire a ensuite enfoncé le clou sur Twitter (son mode de communication favori) au moment même où son hôte canadien clôturait le G7, estimant que les Etats-Unis avaient « subi des abus commerciaux pendant des décennies » et que « ça suffit ». Donald Trump a mis en garde les partenaires tentés de répondre à ses taxes : « S’ils répliquent, ce sera une erreur », a-t-il dit, alors même que l’Union européenne ou le Canada ont confirmé l’imposition de tarifs douaniers de représailles, dès le mois de juillet 2018. Emmanuel Macron a vanté « l’efficacité d’un front européen » lors de cette réunion. À voir dans les prochains jours et dans les prochaines semaines ! Le chef de l’État a confirmé que les leaders du G7 avaient « réussi à avoir une déclaration conjointe sur le commerce », qui « néanmoins ne règle pas tout ». C’est le moins que l’on soit autorisé à dire dans ce contexte.

Pour ce qui est du reste des principaux sujets mis à l’ordre du G7, et comme lors de précédents grands sommets, Washington a fait bande à part sur le climat, ne s’associant pas à un passage qui redit le soutien des Six à l’accord de Paris. Sur l’Iran, autre grande ligne de fracture, le « Groupe des Sept » s’engage à empêcher Téhéran de développer l’arme nucléaire. Mais sans mentionner l’accord sur le nucléaire iranien de Vienne du 14 juillet 2015, que les Etats-Unis ont quitté. Le G7 appelle aussi la Russie à « cesser de saper les systèmes démocratiques » et à abandonner « son soutien au régime syrien » (ce que l’on qualifie de vœu pieu qui ne mange pas de pain). Mais nulle mention dans la déclaration finale de la proposition « provocatrice » de Donald Trump de réintégrer Moscou à ce club qui l’avait exclu après l’annexion de la Crimée en 2014.

Telle est la dure loi de la négociation diplomatique. L’ambiguïté constructive atteint vite ses limites lorsque le fossé est abyssal entre les approches des différents partenaires. D’un côté, les Européens et les Japonais privilégient le multilatéralisme, de l’autre, les Américains privilégient l’unilatéralisme. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que c’est là que le bât blesse ! Et, c’est bien pour cette raison que le G7 de Charlevoix restera dans les annales de l’Histoire comme un échec retentissant dans la mesure où il ne règle rien et n’efface pas les mesures prises par l’administration américaine dans le domaine commercial (imposition de droits de douanes sur l’acier, l’aluminium et les automobiles par les Américains7. Pour être complet, rappelons que lors du G7 Finances qui s’est achevé le 2 juin 2018 à Whistler, station de ski de l’ouest du Canada, les six autres ministres des Finances du groupement ont tous fustigé la politique commerciale mise en place par l’administration Trump. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, les États-Unis ont décidé de ne pas employer le terme de « libre-échange ». Nous venons de loin. En un mot, « on éteint un incendie pour en rallumer un autre ailleurs »8.

Un élément résume à lui seul la confusion extrême qui a marqué cet inoubliable G7 ou G6+1. Effectivement, le G7 a commencé à 6+1 et se termine à 6+1. 6+1 : il ne pouvait y avoir de plus belle preuve à ce sujet que ces tweet vengeurs de Trump, envoyés depuis Air Force One, pour se dissocier du communiqué final9. Selon le président américain, il s’agissait de dénoncer le comportement « mesquin » de Justin Trudeau qui s’arrogeait la victoire d’un sommet réussi. Mais on voit bien que ce qu’il n’a pas supporté, c’est d’avoir perdu la bataille de Malbaie, du moins en termes d’image10. Mais, en dernière analyse, la bataille de la communication semblait plus importante que la bataille diplomatique. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Nous le verrons dans un avenir proche en mesurant le fossé entre les paroles et les actes. En dernière analyse, la méthode de Donald Trump semble aussi peu orthodoxe tant sur le plan diplomatique que de la courtoisie élémentaire qui sied à ce genre de rencontres à haut niveau !

Comment dresser un bilan complet de ce G7 de la discorde ?

QUE CELA SIGNIFIE-T-IL POUR DEMAIN ?

La réponse à cette question très générale mérite d’être située à deux niveaux.

La problématique spécifique du G7

Elle interpelle au moins à trois titres.

En termes de composition du groupe, d’abord. Quel intérêt réel peut bien présenter une rencontre de ce niveau dont sont exclues la Russie et la Chine ? Il est curieux d’entendre les Occidentaux s’époumonaient sur l’air du multilatéralisme fort et inclusif alors qu’ils pratiquent l’inverse, un multilatéralisme mou (le chacun pour soi) et exclusif (parlons entre nous pour éviter la contradiction !). Telle n’est pas la moindre des contradictions de cet aéropage dont les réunions paraissent de plus en plus décalées et anachroniques. Preuve en est que Chinois et Russes se retrouvent en Asie pour discuter des mêmes questions quasiment au même moment

En termes de méthode de travail, ensuite. On frise le ridicule. Des tonnes de sujets inscrits à l’ordre du jour d’une réunion dont la durée effective se limite à quelques heures pour régler des problèmes importants (la délégation américaine comporte un millier de personnes). On comprend bien que le travail se fait en amont au niveau des sherpas qui passent des nuits à se quereller sur des points, des virgules, des mots valises, des formulations tellement vagues qu’elles perdent toute signification réelle. Le reste n’est qu’affichage et communication, chacun essayant de tirer la couverture à lui. Tout ce cirque est à repenser de la cave au grenier. Ce serait à l’honneur de notre Jupiter d’y réfléchir, lui qui accueillera en France – plus précisément à Biarritz – la cuvée 2019 du G7. Il serait grand temps d’inventer le monde de demain11.

En termes de priorités, enfin. On reste confondu à entendre Jupiter, lors de sa conférence de presse impériale, nous informer que les chefs d’État et de gouvernement des pays les plus riches de la planète réunis pour traiter de l’avenir d’un monde traversé de spasmes dangereux et qui se délite lentement et sûrement, ont consacré de longs moments à traiter certains sujets. Telle était, semble-t-il la volonté de la présidence canadienne, mais tout de même. Citons pêle-mêle : l’égalité hommes-femmes (la tarte à la crème du moment), l’éducation des jeunes filles (encore une approche communautariste), toutes les formes de harcèlement (moral, sexuel) qu’elles interviennent dans la réalité quotidienne ou sur la toile… Mais de qui se moque-t-on ? Pour importants qu’ils soient sur un plan sociétal et national, ces sujets n’ont pas du tout leur place dans ce genre de barnum. Une fois encore, nous sommes dans la confusion intellectuelle la plus totale. Confusion entre l’essentiel et l’accessoire, entre le stratégique et le tactique, entre le diplomatique et le médiatique ! Le G7 cède aux sirènes de la bienpensance et du politiquement correct de l’époque. À ce rythme, la réforme de la gouvernance mondiale n’est pas encore pour demain.

La problématique globale du multilatéralisme

La question posée dépasse largement le cadre du G7. Elle est le signe tangible d’une crise grave de nature différente qui porte sur l’organisation des relations internationales au XXIe siècle et sur l’avenir du multilatéralisme au moment où certains prônent le « repli sur soi » et « le chacun pour soi » et alors que la coopération multilatérale répond à des nécessités fonctionnelles (lutte contre le terrorisme, contre le réchauffement climatique, contre la prolifération nucléaire et balistique, contre la dérégulation financière, contre les phénomènes migratoires incontrôlés…) Donald Trump conteste le principe même d’un ordre international fondé sur la concertation multilatérale12.

Bilatéralisme (avec la Chine, l’Allemagne), coercition (amendes, sanctions) et extraterritorialité de la loi américaine (s’imposant à tous) sont les mantras du magnat de l’immobilier. Et, les exemples ne manquent pas des distances, de diatribes contre le monde d’hier : retrait de l’accord sur le climat, de l’accord sur le nucléaire iranien, défiance à l’égard des règles du libre-échange édictées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), distance prise avec l’ONU, l’UNESCO, critique de l’OTAN, mépris de l’Union européenne…

La puissance américaine est consacrée face à l’impuissance européenne. Face à l’isolationnisme protectionniste américain, les Européens et le Japon défendent le cadre néolibéral multilatéral façonné depuis trente ans qui nourrit pourtant les replis nationaux et identitaires à l’origine, notamment, de l’élection de Donald Trump et du Brexit sans parler des résultats des récentes élections en Europe (Autriche, Allemagne, Hongrie, Italie, Slovénie). Ils entretiennent ainsi le mal qu’ils prétendent combattre. En effet, force est de constater que ces promesses d’une mondialisation créatrice d’emplois et source du bonheur généralisé (« la mondialisation heureuse »), sans cesse renouvelées et contredites par les faits et le ressenti des populations concernées, tournent à vide.

Sauter comme un cabri avec un discours mille fois rabâché ne fait pas une politique, ne constitue pas une stratégie d’avenir ! Que veulent au juste Européens, Canadiens et Japonais pour faire pièce aux errements répétés américains ? Comment entendent-ils contribuer à la stabilité du Proche et du Moyen-Orient (Syrie, Irak, Liban, Jordanie, conflit entre Chiites et Sunnites) ? Sauver le monde d’hier ou imaginer, dès aujourd’hui, le monde de demain, telle est la question cruciale qui leur est posée ?

Force est de constater qu’elle n’a pas été abordé à Charlevoix si ce n’est de manière incidente. On n’avait la très nette impression de se retrouver à la fin des années 1930 sur les bords du Lac Léman dans les locaux de la SDN où l’on débattait du sexe des anges pendant que la guerre, une des guerres les plus meurtrières de l’Histoire (relire à cet égard Belle du seigneur d’Albert Cohen), se préparait lentement mais sûrement. L’Histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement ? À Jupiter de nous démontrer le contraire, lui qui entretient les meilleures relations avec son excellent ami Donald Trump !

« Ce qui m’inquiète, est de voir que l’ordre mondial se retrouvé défié non par les suspects habituels, mais par son principal architecte et garant : les États-Unis » déclare, à la veille du G7, le président du Conseil européen, Donald Tusk. La rencontre de Charlevoix était utile si ce n’est indispensable pour mettre carte sur table plus d’un an après l’entrée en fonction de Donald Trump et la déclinaison concrète de son slogan de campagne « America First ». Désormais, les choses sont claires ! Les Américains n’ont que faire du prêchi-prêcha des Européens et autres Canadiens et Japonais (sur le climat, leur attitude est loin d’être exemplaire13).

 
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Ces derniers ne font-ils pas fausse route en défendant bec et ongles un multilatéralisme de façade, de carton-pâte plutôt que de le réinventer sur la base des réalités telles qu’elles sont et non pas telles qu’ils voudraient qu’elles soient ? Que devraient-ils faire ? Reconnaître cet état de fait, assumer le caractère désuet du G7, accepter sa disparition et défendre le seul multilatéralisme qui puisse être réellement multilatéral, à savoir des discussions et négociations au sein d’une ONU modernisée et démocratisée. Défendre le G7 et le néolibéralisme contre Trump, c’est défendre le siècle passé. À tout le moins, le G7 de Charlevoix marque la fin d’un monde. Quant au nouveau, il reste à inventer au moment où la Chine accueille le sommet de l’Organisation de Shangaï sur fond de rivalités régionales croissantes avec la participation du russe Vladimir Poutine et de l’iranien Hassan Rohani !14

Guillaume Berlat
11 juin 2018

1 François Clémenceau, G7 : baptême diplomatique pour Giuseppe Conte, www.lejdd.fr , 9 juin 2018
2 www.wikipedia.org
3 Marc Semo, Au G7, Donald Trump, seul contre tous, Le Monde, 8 juin 2018, p. 2.
4 Marc Semo/Arnaud Leparmentier/ Gilles Paris, Au G7, sourires de façade, mais profondes divergences, Le Monde, 10-11 juin 2018, pp. 1, 2 et 3.
5 Morgane Rubetti, Quels sont les dossiers brûlants du G7 qui s’ouvre au Canada ?, www.lefigaro.fr , 8 juin 2018.
6 AFP/Reuters agences, Sommet du G7 : Trudeau annonce une déclaration commune malgré des divergences, www.lefigaro.fr , 9 juin 2018.
7 Alexis Boisselier, G7 : un communiqué qui ne règle pas le conflit avec Donald Trump, www.lejdd.fr , 9 juin 2018.
8 Guillaume Devin, Nous devons renforcer le multilatéralisme, Le Monde, 10-11 juin 2018, p. 23.
9 AFP, Sommet du G7 : Trump retire son soutien au communiqué commun sur le commerce, www.lefigaro.fr , 9 juin 2018.
10 François Clémenceau, G7 : quand Donald Trump joue et perd, 9 juin 2018, www.lejdd.fr , 9 juin 2018.
11 Maxime Combes, G7 : face à Trump, les trois erreurs d’Emmanuel Macron (et Justin Trudeau), Blog : Sortons de l’âge des fossiles !, www.mediapart.fr , 8 juin 2018.
12 Marc Semo, Au G7, les Européens veulent faire front face aux États-Unis, Le Monde, 9 juin 2018, p. 5.
13 Clémence Dubois/Anne-Céline Guyon, Macron et Trudeau, unis par leur faible engagement pour la planète, Le Monde, 10-11 juin 2018, p. 23.
14 Brice Pedroletti, La Chine accueille le sommet de l’Organisation du sommet de Shangaï sur fond de rivalités régionales, www.lemonde.fr , 9 juin 2018.

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