Observatoire Géostratégique

numéro 350 / 27 septembre 2021

JOE BIDEN À LA PEINE…

« En politique, ce qu’il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c’est ce qui se passe sous nos yeux ». Le moins que l’on soit autorisé à dire est qu’Alexis de Tocqueville, auteur de De la démocratie en Amérique en connaissait un rayon sur les États-Unis ! Aujourd’hui, l’Afghanistan1 s’ajoute à la liste des sidérations dont Washington est coutumier sur la scène internationale. « Les réputations se font sur des méprises » (Etiemble). Souvent, une trop grande réputation distribuée trop tôt et trop fort est un embarras pour celui qui est en affublé. Tel est le cas aujourd’hui pour le 46ème président américain, Joe Biden qui démontre l’étendue de ses « talents » diplomatiques et militaires à l’occasion de la phase finale du retrait des troupes américaines d’Afghanistan2 qui se déroule dans le plus grand chaos3.

Les derniers jours ont été tout à fait instructifs de ce point de vue. Après le temps des louanges post-élections vient le temps des critiques à l’épreuve du feu. Nous en serions presqu’à regretter le temps honni de l’homme mèche blonde. C’est bien lui qui avait décidé d’en finir avec la fin de la présence militaire américaine d’Afghanistan avec les accords de Doha conclus avec les talibans le 29 février 2020 alors que son prédécesseur, Barack Obama avait augmenté le contingent des troupes.

Par ces temps mauvais, il n’est pas inutile de dresser un portrait – même provisoire – du vieux Joe. Il apparait, comme ce qu’il est vraiment, un piètre stratège doublé d’un parfait pleutre4.

JOE BIDEN, PIÈTRE STRATÈGE : UN CLASSIQUE DE LA DIPLOMATIE HOLLYWOODIENNE AMÉRICAINE

Si tant est que cet octogénaire soit en mesure de bien mesurer ce qui se passe devant ses yeux et d’en tirer les justes conséquences, il serait bien inspiré d’appréhender les erreurs stratégiques de débutant qu’il a commises sur le dossier avant depuis son arrivée à la Maison Blanche5. Il n’est pas inutile d’en rappeler quelques-unes pour la bonne tenue du dossier à charge contre le président Joe Biden.

La première erreur est de s’être lié les mains, par avance, par un calendrier trop rigide de retrait des troupes américaines – qui apparait aujourd’hui des plus précipités – qui était intenable. Le président américain et ses conseillers de pacotille n’avaient envisagé ni une progression rapide des talibans, ni un désir de fuite des afghans « éclairés » et des supplétifs des armées occidentales. Les talibans sont de retour comme dans les années 19966. Erreur fatale dont on mesure chaque jour les conséquences catastrophiques. Le bilan des morts aux alentours de Kaboul s’alourdit de jour en jour, sans parler des explosions du 26 août 2021 à l’aéroport de la capitale revendiqués par l’EI7. Treize militaires américains sont tués et 18 autres blessés8. Le président américain, tout en confirmant le retrait de ses troupes pour le 31 août, promet des représailles. Au fil des jours, la mollesse et l’incompétence de Joe Biden apparaissent au grand jour9. Et revoilà, l’État islamique !10

La seconde erreur est de ne pas avoir associé – c’est-à-dire Donald Trump mais Joe Biden n’a rien fait pour remédier à ce problème – le gouvernement « légal » de Kaboul aux négociations de Doha. Ce faisant, il légitimait les talibans comme seuls interlocuteurs de Washington et délégitimait leur homme de paille, feu le président Ashraf Ghani qui a dû prendre la poudre d’escampette vers les Émirats arabes unis11. On ne peut ensuite réclamer la création d’un gouvernement « inclusif » comme l’a fait, un temps, le très mal inspiré, Jean-Yves Le Drian. Tous ces gens sont de doux rêveurs qui mettent la planète à feu et à sans s’en apercevoir.

La troisième erreur est de ne pas avoir consulté, très en amont, ses partenaires de l’Alliance atlantique (à quoi sert-elle encore ?) ou de l’Union européenne (un bibelot d’inanité sonore !) pour se coordonner sur le calendrier et les modalités du retrait pour éviter les mauvaises surprises. Et Washington ose encore parler d’alliés alors qu’il s’agit de simples idiots utiles. Quand en tireront-ils les leçons qui s’imposent en termes de défense européenne, de souveraineté européenne, d’autonomie stratégique ?

La quatrième erreur est de s’être bercé d’illusions sur la parole donnée des talibans qui n’ont que faire de leurs engagements souscrits à Doha dans la mesure où ils sont en position de force. Ils installeront à Kaboul un régime islamiste, n’ayant que faire des jérémiades des Occidentaux sur l’air de leurs « valeurs » auxquelles ils n’accordent pas le moindre crédit. Nous avons également la nette impression que Washington ne s’est jamais attaché au problème de l’implication du Pakistan dans cette affaire12. Tout ceci se paie au prix fort.

La cinquième erreur est de ne pas avoir anticipé (que font ses services de renseignement ?) qu’une résistance aux talibans s’organisait dans le Panchir avec l’ex-vice-président afghan Amrullah Saleh et le fils du défunt commandant Massoud. L’Occident – c’est-à-dire les États-Unis – vont-ils aider ces opposants ou les abandonner à eux-mêmes ?13 Encore un défaut de prospective dans la gouvernance américaine. Que font tous ces brillants stratèges à la petite semaine et la communauté du renseignement de l’hyperpuissance ? Ou bien ne les écoute-t-on pas ?

La sixième erreur est de ne pas croire aux leçons douloureuses de l’Histoire, de leur Histoire en Asie. Même si comparaison n’est pas raison, l’on ne peut s’empêcher de la chute de Saïgon. « Sans vouloir comparer Kaboul et Saïgon, il n’est pas invraisemblable de rapprocher ces deux pages d’histoire dont la similitude peut frapper dans la mesure où l’histoire se met à bégayer… et cet été pourri a permis de visionner les 9 heures d’une série intitulée ‘Vietnam’ qui a le mérite de rafraîchir notre mémoire sur les ignominies de l’impérialisme américain »14. Aujourd’hui, l’ordre taliban règne à Kaboul15. Et la plus grande pagaille autour de l’aéroport, pagaille qui n’avait pas été anticipée par les experts occidentaux16.

La septième erreur est de ne pas avoir envisagé les conséquences régionales du chaos engendré par vingt ans de guerre17 dans le « cimetière des Empires »18, « piège fatal des empires »19, comme ce fut déjà le cas dans toutes les parties du monde où les Américains sont intervenus pour remettre de l’ordre… avec le succès que l’on sait et le coût extravagant qui est celui de la guerre en Afghanistan20. À titre d’exemple, parmi d’autres, le retour des talibans attise les tensions entre l’Inde et le Pakistan21. Téhéran fait le pari des talibans22 alors que les États du Golfe sont divisés sur la nouvelle donne23. Les cartes sont bel et bien rebattues.

Avec un tel flot d’erreurs stratégiques dignes d’un jeune débutant en relations internationales, on imagine aisément que le retrait américain d’Afghanistan, tourne à la débâcle, à la déroute24. Et cela d’autant plus que le président des États-Unis, passablement gâteux, apparait comme un pleutre de haut niveau.

JOE BIDEN, PARFAIT PLEUTRE : UN CLASSIQUE D’UN PRÉSIDENT AMÉRICAIN INCAPABLE DE TENIR LE GOUVERNAIL DU PAQUEBOT « AMERICA FIRST »

Piteuses ont été les deux déclarations faites à la presse, à moins de cinq jours d’intervalle, pour tenter de justifier l’injustifiable. Manifestement peu assuré, Joe Biden refuse de répondre aux questions des journalistes. Tel un lâche, il repart penaud. Est-ce digne du président de l’hyperpuissance, jamais en retard d’une condamnation morale des autocrates et des dictateurs ? Il est vrai, à sa décharge, que la cacophonie dans sa communication est impensable et entraîne des réactions critiques de ses alliés.

Du côté des alliés, chacun y va de son petit couplet

Nous baignons dans l’idéalisme et le manichéisme25. Angela Merkel ne s’est pas trompée. Dès le 16 août 2021, elle qualifie d’« amère » la situation en Afghanistan et juge que la décision du retrait des troupes occidentales avait été prise par les Etats-Unis, entre autres, « pour des raisons de politique intérieure ». Le dirigeant du parti conservateur allemand d’Angela Merkel et candidat à sa succession à la chancellerie, Armin Laschet, qualifie le retrait d’Afghanistan des troupes occidentales de « plus grosse débâcle (…) de l’Otan depuis sa création ». On ne saurait être plus clair. Mais, immédiatement, dans une posture de servitude volontaire, l’Allemagne annonce qu’elle est en discussion avec les Etats-Unis, la Turquie et d’autres partenaires afin de garder l’aéroport de Kaboul ouvert pour les évacuations après le 31 août, date à laquelle Washington a prévu d’achever son retrait (annonce du 23 août 2021 faite par le chef de la diplomatie allemande).

Pour sa part, le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace qualifie le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan d’« échec de la communauté internationale »26. Il aurait pu dire les Occidentaux. Le Canada « n’a pas l’intention de reconnaître un gouvernement taliban », a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau. Le gouvernement espagnol avertit que certaines personnes qu’il voudrait évacuer d’Afghanistan ne pourraient pas être exfiltrées du pays en raison de la situation « vraiment dramatique » sur le terrain. Une note de réalisme dans un océan d’idéalisme27.

Après un inutile conseil de défense, Emmanuel Macron, martial, décrète que la France entend que l’Afghanistan ne redevienne pas un sanctuaire jihadiste et que l’arrivée au pouvoir des talibans après le retrait américain n’entraîne pas une vague migratoire illégale. L’on peut toujours croire au Père Noël. Ceci démontre encore une fois le manque de concertation entre prétendus alliés. En plus de cela, nous devons faire le tri parmi les réfugiés afghans28. En effet, au moins trois personnes proches du mouvement taliban sont identifiées après avoir embarqué à la faveur de la confusion qui règne à Kaboul. Cela était anticipable tant l’on peut s’interroger sur les critères retenus par les talibans pour laisser rejoindre l’Occident certains de leurs compatriotes. Celui de futurs terroristes n’est pas à écarter. D’autant que l’un d’entre eux est mis en garde à vue pour ses liens avec les talibans. La dimension humanitaire de la diplomatie n’est jamais un long fleuve tranquille29. Le pont aérien mis en place par la France pour exfiltrer de Kaboul des Afghans voulant échapper aux talibans s’achèvera le 26 août 2021 si les États-Unis se retirent comme prévu d’Afghanistan le 31 août, déclare Nicolas Roche, directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian, le 24 août 2021, en présence du premier Ministre, Jean Castex. Dans la Macronie, ce sont les cabinards qui font la diplomatie avec le succès que l’on sait. Encore un exemple de la diplomatie du cafouillage à la sauce énarque à la française. Bernard Kouchner, toujours bien inspiré, déclare : « je persiste à penser qu’il fallait aller en Afghanistan ».

Emmanuel Macron en est réduit à jouer les utilités, « condamnant avec la plus grande fermeté » les attentats terroristes du 26 août 2021 à l’aéroport de Kaboul. Il est contraint de se défendre des accusations de « naïveté ». Aussitôt après, il se rend en Irlande30 et à Bagdad pour une « conférence des voisins » pour la stabilité de l’Irak et de la région31, saisissant l’occasion de se rendre à Mossoul pour défendre les chrétiens d’Orient (il intervient au 20 heures de TF1 pour jouer au plus fin et au plus fort32). Il déclare qu’il « ne faut pas baisser la garde » contre l’État islamique. On peut toujours rêver. Nous serions heureux de savoir les conséquences qu’il entend tirer au Sahel33.

La prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan représente « le plus important évènement géopolitique » depuis la crise de Crimée en 2014 et « une nouvelle opportunité » pour la Chine34, la Russie et la Turquie35 d’« étendre leur influence » en Asie centrale, estime le chef de la diplomatie européenne. De manière plus prosaïque, les Européens sont pris au piège du retrait américain36. Quand cesseront-ils de verser dans l’angélisme ? Pour leur part, les alliés alertent sur des menaces terroristes aux abords de l’aéroport de Kaboul. Ce qui se réalisera le 26 août 2021, ravivant ainsi le spectre d’un nouveau sanctuaire terroriste37, entraînant des représailles américaines. L’’armée américaine annonce, le 27 août 2021, avoir mené une frappe de drone contre un « organisateur » de l’Etat islamique au Khorasan (EI-K), la première opération officialisée depuis l’attentat à l’aéroport de Kaboul contre ce groupe qui l’a revendiqué. Tout ceci n’est guère brillant38.

Les ministres des Affaires étrangères du G7 réclament aux talibans de garantir la « sécurité » des étrangers et des Afghans désireux de quitter l’Afghanistan après leur arrivée au pouvoir. Ils peuvent toujours prêcher dans le désert au moment où le nouvel ordre islamiste règne à Kaboul (entre talibans et Daech39) et à ailleurs. Où sont passés les tenants de la Realpolitik alors que toutes ls guerres de l’Occident ont été perdues ?40 Lors de cette réunion du G7, les Européens ont démontré, une fois de plus, leur impuissance face aux États-Unis41. Pour sa part, l’Italie, qui préside le G20, veut organiser « un sommet ad hoc » sur la crise en Afghanistan dans le cadre de cette enceinte. Il y a déjà plusieurs mois qu’il aurait fallu envisager pareille initiative car gouverner, c’est prévoir et non subir. Penser aux civils fragiles. Penser aux hypothèses les plus dangereuses le plus en amont possible42.

Du côté américain, on improvise au fil de l’eau

Que fait Joe Biden ? Il pérore dans le vide en oubliant le lourd tribut payé par les vétérans43 (les militaires français ne sont pas en reste44). Cible de vives critiques après la chute de Kaboul, il « défend fermement » sa décision de retirer les troupes américaines d’Afghanistan, en assurant que la mission de Washington n’avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans le pays instable retombé aux mains des talibans45. Peu après, ses communicants optent pour le registre incantatoire, faute de mieux. Les Etats-Unis affirment qu’ils ne reconnaîtraient un gouvernement mené par les talibans en Afghanistan qu’à condition que ces derniers respectent les droits des femmes et rejettent les terroristes. Encore une vaste blague ! L’Afghanistan est « l’archétype de la revanche de la géographie »46.

Un peu plus tard, Joe Biden déclare toujours espérer que les opérations d’évacuations à Kaboul puissent être terminées avant le 31 août, la date qui avait été fixée par son gouvernement pour le retrait complet des troupes américaines en Afghanistan. La France juge « nécessaire » un « délai supplémentaire », au-delà du 31 août, pour mener à bien les évacuations de personnes à risque d’Afghanistan (via Abou Dhabi47), après la prise de pouvoir des talibans, a indiqué, le 23 août 2021, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Celui qui se pavane et se pousse du col aux Émirats arabes unis avec sa collègue des Armées. Un ridicule et vain exercice d’auto-encensement qui n’a pas sa place dans le contexte actuel.

Ces déclarations ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd afghan. Les Etats-Unis et leurs alliés s’exposent à des « conséquences » s’ils retardent leur départ d’Afghanistan, prévu pour le 31 août, afin de poursuivre les évacuations à Kaboul, a prévenu, le 23 août 2021, un porte-parole des talibans interrogé par la chaîne de télévision Sky News. Quelle meilleure réponse à la plaidoirie du Royaume-Uni du ministre britannique de la Défense auprès des Etats-Unis pour une poursuite des opérations d’évacuation à Kaboul au-delà de la date limite du 31 août, lors du sommet virtuel du G7 (24 août 2021) consacré à l’Afghanistan.

Aucun de ces brillants stratèges n’avait véritablement envisagé cette hypothèse, preuve supplémentaire de leur sens aigu de l’impréparation et donc de l’improvisation. Joe Bien fait machine arrière en annonçant la mobilisation de compagnies privées pour aider l’évacuation qu’il espère toujours finir avant le 31 août48. Pour faire bonne figure et montrer qu’elle existe, la vice-présidente américaine Kamala Harris promet, le 23 août 2021, un « engagement pérenne » des Etats-Unis en Asie au moment où la débâcle américaine en Afghanistan suscite des appréhensions chez ses alliés49. Quel est encore le crédit de la parole américaine après ce « brillant » succès en Afghanistan ?50 La Chine accuse aussitôt les Etats-Unis de jouer du droit pour « asseoir leur hégémonie », en réponse à des critiques contre Pékin de la vice-présidente américaine Kamala Harris, en visite à Singapour. En un mot, un tout faux sur toute la ligne à mettre au crédit du 46ème président des États-Unis ! Un expert de la bourde élevée au rang de l’art de la diplomatie de pacotille. L’humiliation infligée à la première puissance militaire mondiale, les erreurs d’évaluation et opérationnelles commises par les Etats-Unis soulèvent une série de questions de fond sur leur rôle dans le monde. Il est grand temps que Le Monde s’en aperçoive51. C’est un classique du genre que notre clergé médiatique a tendance à perdre de vue. Les Occidentaux démontrent, une fois de plus, leur incapacité à construire le monde d’après.

LA MAUVAISE RÉPUTATION52 : UNE « APOCALYPSE STRATÉGIQUE »

« La réputation est une fleur qui ne porte pas toujours du fruit » (Chauvot de Beauchêne). L’Afghanistan constitue la première fleur qui n’apportera pas de fruit aux États-Unis. L’Afghanistan constitue la première épreuve du feu pour Joe Biden. Fini le temps des rodomontades et autres déclarations à l’emporte-pièce de celui qui se croyait le maître du monde. Le moins que l’on puisse dire est que le président en sort fragilisé53, abîmé, déconsidéré, lui qui mettait en avant sa solide expérience politique pour vendre sa candidature54. Les médias avaient confondu l’expérience politicienne à Washington et le sens politique sur le grand échiquier international. Il n’aura pas fallu plus de huit mois pour que le président des États-Unis apparaisse sous son vrai visage, faible, « légèrement » amorti, fragilisé, « passablement » imprévoyant et incompétent55. Où sont donc passés ses thuriféraires du début de l’an 2021 ? Ils sont muets. Pour faire dans la litote diplomatique, Joe Biden est à la peine sur le dossier afghan qui tourne à la catastrophe… comme cela était largement prévisible en raison de son absence de culture historique, de culture de l’anticipation, de culture stratégique56. L’Amérique ne se porte pas mieux aujourd’hui (Cf. la situation en Irak57) malgré ce qu’en pense, l’ambassadeur qui s’est toujours trompé, Gérard Araud58. Elle est l’homme malade du monde de 2021 et donne le la à ses alliés59.

Guillaume Berlat
30 août 2021

1 L’Afghanistan, une enclave au tracé arbitraire, Le Monde, 29-30 août 2021, p. 18.
2 Piotr Smolar, (propos recueillis par), James F. Jeffrey : « L’armée américaine a fait un boulot catastrophique », Le Monde, 29-30 août 2021, p. 19.
3 Alain Constant, Plongée dans le chaos afghan avant la chute finale, Le Monde, 25 août 2021, p. 18.
4 Guillaume Berlat, Afghanistan : étrange défaite et grande illusion, www.prochetmoyen-orient.ch , 23 août 2021.
5 Éditorial, Afghanistan : les erreurs et les questions douloureuses, Le Monde, 17 août 2021, p. 24.
6 Bruno Philip, Afghanistan, 1996. L’an I des talibans, Le Monde, 22-23 août 2021, pp. 14-15.
7 Kaboul : deux attentats de l’EI font des dizaines de morts, www.mediapart.fr , 26 août 2021.
8 Des kamikazes frappent l’aéroport de Kaboul, Ouest-France, 27 août 2021, p. 2.
9 Piotr Smolar, Après Kaboul, les limites du repli stratégique de Biden, Le Monde, 26 août 2021, pp. 2-3.
10 Bruno Ripoche, L’État islamique du Khorasan, ennemi juré des talibans, Ouest-France, 27 août 2021, p. 2.
11 Bruno Philip, Ashraf Ghani, un président prisonnier de son déni de réalité, Le Monde, 17 août 2021, p. 3.
12 Jacques Follorou, Derrière l’avancée des talibans, l’ombre du Pakistan, Le Monde, 12 août 2021, p. 5.
13 Jacques Follorou/Ghazal Golshiri, Les talibans assiègent les derniers résistants de la vallée du Panchir, Le Monde, 25 août 2021, p. 3.
14 Vingtras, La cruelle leçon du Vietnam, Le Blog de Vingtras, www.mediapart.fr , 23 août 2021.
15 Jacques Follorou/Ghazal Golshiri, La vie au jour le jour sous la férule talibane, Le Monde, 24 août 2021, pp. 1-2-3.
16 Jacques Follorou, Chaos autour du pont aérien au départ de l’aéroport de Kaboul, Le Monde, 24 août 2021, p. 3.
17 Mouna El Moktari, Les Afghans, premières victimes d’une guerre de vingt ans, Le Monde, 27 août 2021, p. 18.
18 Sylvie Kauffmann, L’onde de choc géopolitique de la débâcle, Le Monde, 24 août 2021, p. 2.
19 Bruno Philip, Afghanistan. Piège fatal des empires, Le Monde, 29-30 août 2021, pp. 16-17.
20 Claude Angeli, Le fabuleux budget des défaites américaines, Le Canard enchaîné, 25 août 2021, p. 3.
21 Sophie Landrin, Le retour des talibans attise les tensions entre l’Inde et le Pakistan, Le Monde, 24 août 2021, p. 5.
22 Ghazal Golshiri, Téhéran fait le pari des talibans, Le Monde, 27 août 2021, p. 4.
23 Hélène Sallon, Un succès pour le Qatar, une inquiétude pour Riyad et Abou Dhabi, Le Monde, 27 août 2021, p. 4.
24 Arnaud Leparmentier, Le retrait tourne à la déroute pour Joe Biden, Le Monde, 17 août 2021, p. 4.
25 Le manichéisme, une religion devenue un adjectif, Le Monde, 27 août 2021, p. 25.
26 Cécile Ducourtieux, La crise afghane souligne l’isolement de Londres, Le Monde, 25 août 2021, p. 3.
27 Isabelle Piquer, En Espagne, l’accueil des évacués afghans, Le Monde, 27 août 2021, p. 5.
28 Antoine Albertini, Des rapatriés afghans en France placés sous surveillance en raison de leurs liens avec les talibans, www.lemonde.fr , 23 août 2021.
29 Justine Brabant, Afghanistan : les humanitaires dans l’expectative face aux talibans, www.mediapart.fr , 23 août 2021.
30 Claire Gatinois, À Dublin, Emmanuel Macron promet aux Irlandais de « ne jamais les lâcher », Le Monde, 28 août 2021, p. 5.
31 Philippe Ricard/Hélène Sallon, Une « conférence des voisins » en Irak pour la stabilité de la région, Le Monde, 28 août 2021, p. 5.
32 Afghanistan : Macron plaide pour une zone protégée dans Kaboul, AFP, 29 août 2021.
33 Amaury Coutansais Pervinquière/Elisabeth Pierson, Sahel : quelles leçons la France doit-elle tirer de la crise afghane ?, www.lefigaro.fr , 28 août 2021.
34 Brice Pedroletti, Pékin veut exploiter le fiasco américain, Le Monde, 19 août 2021, p. 3.
35 Zafer Sivrikaya, Erdogan tente de se concilier les talibans, www.mediapart.fr , 24 août 2021.
36 Philippe Ricard/Maria Udrescu, Les Européens pris au piège du retrait américain, Le Monde, 16 août 2021, p. 5.
37 Matthieu Suc, Afghanistan : le spectre d’un nouveau sanctuaire terroriste, www.mediapart.fr , 21 août 2021.
38 Éditorial, À Kaboul, le pire scénario, Le Monde, 28 août 2021, p. 24.
39 Jacques Follorou, Les talibans à leur tour face au défi terroriste, Le Monde, 29-30 août 2021, p. 2.
40 Claude Angeli, Trois guerres pour sauver des corrompus, Le Canard enchaîné, 18 août 2021, p. 3.
41 Cécile Ducourtieux/Philippe Ricard, Au G7, les Européens impuissants face à Washington, Le Monde, 26 août 2021, p. 3.
42 Jacques Follorou/Ghazal Golshiri, À Kaboul, l’évacuation vire au carnage, Le Monde, 28 août 2021, p. 2.
43 Patricia Neves, Afghanistan : des vétérans américains entre colère et amertume, www.mediapart.fr , 26 août 2021.
44 Nathalie Guibert, Pour les vétérans français, « un vrai gâchis », Le Monde, 29-30 août 2021, p. 3.
45 Renaud Girard, Afghanistan : le mensonge de Biden, www.espritsurcouf.fr , 9 août 2021.
46 Eugène Boilait (propos recueillis par), Fabrice Balanche : « L’Afghanistan est l’archétype de la revanche de la géographie », www.lefigaro.fr , 19 août 2021.
47 Philippe Ricard, À Abou Dhabi, escale de la difficile opération d’évacuation des réfugiés afghans, Le Monde, 25 août 2021, p. 3.
48 Madjid Zerrouky/Thomas Wieder, Dix bases américaines mobilisées pour les réfugiés, Le Monde, 28 août 2021, p. 4.
49 Hélène Sallon, Les yézidis toujours en quête de justice, Le Monde, 25 août 2021, p .4.
50 Mathieu Duchâtel, Pour Pékin, l’Afghanistan montre l’affaiblissement des États-Unis, Le Monde, 27 août 2021, p. 26.
51 Sylvie Kauffmann, L’onde de choc géopolitique de la débâcle en Afghanistan, www.lemonde.fr , 23 août 2021.
52 Titre d’une chanson bien connue de Georges Brassens
53 Piotr Smolar, Biden fragilisé par les pertes américaines, Le Monde, 28 août 2021, p. 3.
54 Éditorial, Afghanistan : Biden face à son premier échec, Le Monde, 24 août 2021, p. 25.
55 Piotr Smolar, Joe Biden justifie le retrait américain. La victoire éclair des talibans met à mal l’image de professionnalisme que le président s’était forgée, Le Monde, 18 août 2021, p. 4.
56 Mathieu Bock-Côté : « Afghanistan : la fin d’une grande illusion », www.lefigaro.fr , 20 août 2021.
57 Hélène Sallon, La débâcle de Kaboul instille le doute sur le maintien des Américains en Irak, Le Monde, 27 août 2021, p. 5.
58 Gérard Araud, L’Amérique s’en remettra, l’Europe, peut-être pas, www.lepoint.fr , 22 août 2021.
59 Roland Hureaux, Deux défaites que l’Occident a bien cherchées, www.comite-valmy.org , 23 août 2021.

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