Observatoire Géostratégique

numéro 260 / 9 décembre 2019

LES DEUX ANS D’UN TITANIC DIPLOMATIQUE…

Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. L’ex-inspecteur des Finances de Bercy, Emmanuel Macron est arrivé au château en mai 2017, précédé de « la promesse de l’aube » avec des idées à contre-temps, pour ne pas dire de fausses idées sur la diplomatie. Ses prétendus conseillers diplomatiques, une sorte de « dream team » (Philippe Etienne, Aurélien Lechevallier, Clément Beaune, Etienne de Gonneville, Alice Rufo, Franck Paris, Jean-Marc Berthon, Alexandre Adam, Marie Audouard, Pascal Confavreux, Marie Philippe, Nicolas Jegou, Jennifer Moreau1) n’entendent rien à la diplomatie tant ils chevauchent en permanence des chimères. En fait de conseillers, il s’agirait plutôt de vulgaires courtisans2.

Deux ans après la prise de fonctions d’Emmanuel Macron à la tête d’un État en faillite, le moins que l’on soit autorisé à dire est que la diplomatie d’Austerlitz ressemble comme deux gouttes d’eau à la diplomatie de Waterloo. Le navire France prend l’eau de toutes parts. Une sorte de Titanic diplomatique… Une diplomatie qui conjugue harmonieusement vrais échecs et fausses valeurs pour celui qui prend le temps d’analyser la pratique jupitéro-pinocchienne extérieure au-delà de l’écume médiatico-bling-bling.

DIPLOMATIE DES VRAIS ÉCHECS

Penchons-nous un instant sur les grandes déculottées de la diplomatie des apparences qui ne trompe plus, de nos jours, que quelques gogos naïfs ou autres folliculaires « embedded »3 ! Nous nous en tiendrons à quatre : Libye, Syrie, Mali et Brexit.

Libye ou la déflagration qui n’en finit toujours pas

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « Harmattan », contribution française à l’intervention militaire d’une coalition hétéroclite lors de la guerre en Libye (mars-octobre 2011). Déstabilisation pérenne du pays (« La Libye n’est pas divisée entre deux hommes, elle a explosé en mille morceaux »4), déstabilisation du Sahel (Mali, Burkina Faso ne s’en remettent toujours pas), contribution involontaire aux phénomènes terroristes et migratoires en Europe, risque de chute de Tripoli aux mains du maréchal Haftar5 et de déroute de notre « prétendu » poulain, Fayez al-Sarraj … tels sont les dividendes que nous tirons de l’opération médiatico-philosophique des duettistes Nicolas Sarkozy/Bernard-Henri Lévy. Compte tenu de la volatilité de ses positions6, la France est contrainte, le 8 avril 2019, de répondre à ses détracteurs qu’elle n’a ni « plan caché » ni « double discours » …7

C’est à n’y rien comprendre alors que Jupiter nous annonçait, il y a peu encore (rencontre de la Celle-Saint-Cloud et de Paris), que grâce à des élections prévues pour le 18 décembre 2018 (elles n’ont jamais eu lieu), le retour de la paix et de la sécurité était à portée de main (nous l’attendons toujours). Quelle superbe mandale pour les Occidentaux (confondus avec la folklorique « communauté internationale »8), France en tête9. Rares sont encore les journaux à l’écrire aussi crûment. Le volatil met fort opportunément les points sur les i10. Le Figaro met le doigt sur les incohérences de la politique française vis-à-vis des deux principaux protagonistes de la crise libyenne11. On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment (cardinal de Retz)12. C’est bien connu. On n’a jamais réglé un problème uniquement avec des moyens militaires13. Emmanuel Macron reçoit le 22 mai 2019 le maréchal Khalifa Haftar, qui vient de replonger la Libye dans une troisième guerre civile et de torpiller des années d’un processus de paix déjà extrêmement difficile. La France persiste dans l’ambiguïté au nom de la lutte contre le terrorisme et de « la sécurité des Français »14.

Syrie ou l’étrange défaite des crânes d’œuf

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « Chammal », participation de l’armée française au sein de la coalition contre l’EIIL aux actions lancées en Irak et en Syrie qui est venue s’ajouter à une diplomatie complétement irréelle du début jusqu’à la fin des « révolutions arabes » : fermeture de notre ambassade à Damas par le crâne d’œuf Alain Juppé, aide financière et militaire octroyée à une hypothétique opposition démocratique qui s’est évaporée dans la nature par l’autre crâne d’œuf Laurent Fabius, dénigrement constant de la Russie et de l’Iran qui tiennent en mains les cartes maitresses de l’avenir du pays, multiplication des déclarations à l’emporte-pièce déconnectées de la réalité du président de la République et de ses ministres de l’Europe et des Affaires étrangères et des Armées, mise à l’écart du colonel Legrier pour avoir tenté de dire la vérité qui dérange…

En définitive, la France est hors-jeu en Syrie et ne compte plus dans la région15. Perseverare diabolicum ! Alors que le navire dérivait dangereusement, le nouvel élu du peuple n’a pas su redresser la barre, s’en tenant à une diplomatie des fantasmes. C’est à n’y rien comprendre alors que Emmanuel Macron annonçait, lors de la dernière conférence des ambassadeurs d’août 2018, la nomination d’un brillant ambassadeur comme son représentant personnel sur la Syrie, François Sénémaud et la contribution active de la France au processus de paix en Syrie. Cet ambassadeur n’a pas fait mieux que ses deux prédécesseurs, Eric Chevallier et Franck Gellet bien récompensés de leurs erreurs, se succédant comme ambassadeur au Qatar. Un pays hospitalier et qui sait bien traiter ses hôtes. Question impertinente : avons-nous la moindre idée de ce qui pourrait advenir du Moyen-Orient dans les mois et les années à venir ? Avons-nous préparé quelques options crédibles pour être en mesure d’anticiper de réels bouleversements ?16 une fois encore, la réponse est dans la question. Une nouvelle surprise stratégique faute de prévoir en amont de nos réponses comme ce fut déjà le cas pour les mal nommés « printemps arabes ».

Mali ou les prémisses d’un Afghanistan de proximité

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « Barkhane » qui a succédé à l’opération « Serval » (2013-2014) ainsi que toutes les erreurs successives. Comme le soulignent justement les militaires plus éclairés que les diplomates, quand on entre sur un terrain d’opérations, il faut toujours savoir comment en sortir. Le Mali est notre « Afghanistan de proximité » comme le relevait, il y a plusieurs années déjà avec beaucoup de clairvoyance, un ambassadeur, ex-DGSE, Jean-Claude Cousseran. Chaque mois, un militaire français perd inutilement la vie. Par ailleurs, on n’a jamais pu résoudre par des solutions uniquement sécuritaires des problèmes économiques, politiques, sociaux, ethniques, religieux….

Les principaux responsables militaires français ne sont pas dupes de la sale guerre qu’on leur fait mener dans la zone. Les groupes terroristes s’implantent au Mali, au Niger, au Nigéria, au Bénin, au Burkina Faso17. L’Histoire est têtue surtout lorsqu’on s’obstine à en ignorer les leçons élémentaires18. Sans parler des sanctions financières et disciplinaires infligées aux chercheurs et autres diplomates qui osent dire la vérité dans une France aux méthodes nord-coréennes. C’est à n’y rien comprendre alors que l’on nous vantait, il y a peu encore, les vertus incommensurables du G5 Sahel, dont on mesure au quotidien les faiblesses structurelles (les armées africaines, à l’exception notable des tchadiennes ne sont que vulgaires troupes d’opérette inaptes à conduire le combat contre le terrorisme dans la région), pour mettre de l’ordre dans une région particulièrement instable19.

Les organisations internationales universelles ou régionales ont également démontré leur incapacité à rétablir la paix, la sécurité et le développement dans cette zone à risques de l’Afrique. Un récent rapport du Secrétaire général de l’ONU souligne très diplomatiquement que « le G5 Sahel n’est pas encore opérationnel »20.

Brexit ou le bal des somnambules invétérés

Nous n’en finissons pas de payer, intérêt et principal, l’addition de l’opération « crétin des Alpes ». Ce dernier qui a pour nom, Michel Barnier a amplement démontré les limites de ses compétences diplomatiques, pour ne pas dire l’étendue de son incompétence (notoire pour tous ceux qui ont eu l’immense privilège d’approcher de près ce grand benêt). Aujourd’hui, les Britanniques nous mènent en bateau21. Alors que Theresa May demande un nouveau report jusqu’à la fin juin – enjambant au passage l’obstacle des élections européennes -, Donald Tusk propose un an de plus et Emmanuel Macron s’impatiente (les 27 transigent sur six mois après un psychodrame franco-allemand22). Drôle de diplomatie qui ignore la vertu cardinale de la patience dans la négociation internationale. La négociation sur le nucléaire iranien, autrement plus facile, aura duré plus d’une décennie.

C’est à n’y rien comprendre alors que l’on nous claironnait, il y a quelques semaines encore que la Perfide Albion passerait immanquablement sous les fourches caudines du plus grand négociateur de tous les temps, émissaire de la Commission européenne (celle qui n’avait rien anticipé), le farceur, Michel Barnier23. C’est la fable de l’arroseur arrosé. Comme dirait l’autre, les Anglais nous ont fait « chier » pour entrer dans l’Europe et nous font « chier » pour en sortir. « Le pourrissement du Brexit contamine désormais l’Union européenne »24. Telle est la triste réalité pour l’homme qui n’a toujours pas compris que gouverner, c’est prévoir, y compris et surtout, le pire, l’impensable, en particulier le « no deal » (l’absence d’accord). Et ceci intervient dans un contexte de grande défiance des citoyens français à l’égard de la construction européenne (Cf. les élections au Parlement européen du 26 mai 2019)25.

Grâce au ciel, le Quai d’Orsay hérite d’une femme parfaite pour prendre en charge les affaires européennes, Amélie de Montchalin, la « Sœur Sourire de la start-up nation » qui parle « cash » et ne « lâche rien »26. Cela va décoiffer dans les chaumières. La France est de retour après le tsunami de Nathalie Loiseau de mauvais augure.

Aussi vrais que sont les multiples échecs que nous subissons – la liste n’est malheureusement pas exhaustive -, les valeurs que nous défendons sont aussi fausses que la monnaie de singe. Et cela commence sérieusement à se voir comme le nez au milieu de la figure en France, mais surtout à l’étranger où notre crédit diplomatique est au plus bas.

DIPLOMATIE DES FAUSSES VALEURS

À trop clamer urbi et orbi que la France est la patrie des droits de l’homme et autres sornettes tout en faisant la promotion de la diplomatie économique – une mise en œuvre de la politique macronienne du en même temps -, la France fait apparaître au grand jour sa duplicité en sacrifiant sur l’autel du Dieu argent nos fameuses (fausses) valeurs universelles et éternelles27. Là encore, nous mettrons le doigt sur quatre dossiers emblématiques : Arabie saoudite, Yémen, Japon et Afghanistan.

Arabie saoudite ou le triomphe des droits-de-l’hommiste aveugles

Nous n’en finissons pas de tomber dans le piège que nous avons-nous-même armé dans la gestion de nos relations bilatérales avec cet État qui bafoue allègrement les droits de l’homme et les droits de la femme sans que cela n’émeuve les bonnes âmes germanopratines. On y torture, on y flagelle, on y embastille, on y découpe à la tronçonneuse toute personne qui manifeste la moindre opposition à la politique du jeune prince MBS… La France, voire l’Union européenne, a-t-elle jamais brandi une seule fois la diplomatie coercitive avec le mot sanction ? [pour leur part, les Etats-Unis ont interdit d’entrée sur leur territoire seize ressortissants saoudiens en raison de « leurs rôles dans le meurtre » du journaliste Jamal Khashoggi, a annoncé le département d’Etat américain le 8 avril 2019]. Jamais, tant le bédouin a le carnet de chèques bien rempli et achète toutes sortes d’armes des plus sophistiquées, intelligentes pour faire la chasse aux terroristes et la guerre au Yémen28.

Riyad vaut bien une messe même si le terme est impropre dans le cas d’espèce. Le moins que l’on puisse dire est que l’attitude de la France n’est pas très brillante dans le suivi du procès des pseudo-instigateurs de l’assassinat de Jamal Kashoggi29. Toutes nos félicitations à notre brillante porte-parole du Quai d’Orsay, la très droit de l’hommiste et franco-suissesse, Agnès von der Mühll (du moulin en bon français) ainsi qu’à notre aussi sémillant ambassadeur à Riyad, l’excellent François Gouyette, récemment promu au grade de ministre plénipotentiaire (plein de poussières) hors-classe !30 Il est prolongé d’une année dans ses fonctions. L’allié saoudien a les moyens de ne pas vous faire parler. C’est à n’y rien comprendre au pays des Lumières, pays qui traîne à l’occasion quelques autocrates africains devant ses tribunaux pour avoir abusé du népotisme et de la corruption. Décidément, l’argent n’a pas d’odeur surtout lorsqu’il provient des pétromonarchies du Golfe.

Yémen ou la complicité de multiples crimes horribles

Nous n’en finissons pas de nous couvrir de ridicule avec la question du Yémen. Liée à la précédente la question, celle de la guerre au Yémen conduite par l’Arabie saoudite à la tête d’une coalition improbable constitue une véritable honte sur le plan moral et sur le plan juridique. Contrairement à nos partenaires allemands, nous livrons larga manu nos plus belles armes intelligentes à l’Arabie saoudite pour qu’elle écrase la rébellion houthie31. Le seul problème est quelques ONG responsables assimilent la sale guerre conduite par MBS hors de ses frontières à un crime de guerre doublé d’un crime contre l’humanité, voire à un génocide. Et, la France (Emmanuel Jean-Yves, Florence et quelques autres), si prompte à traduire à La Haye tous les délinquants de la terre, pourrait bien un jour se retrouver à moisir dans les sympathiques geôles de la Cour pénale internationale (CPI) de la charmante station balnéaire néerlandaise qui a pour nom La Haye [Elle y est accusée de complicité de crime de guerre, de crime contre l’humanité, de génocide].

Cela tombe à point nommé, certains prisonniers célèbres comme Laurent Gbagbo venant d’être libérés au grand dam de la procureure qui avait oublié que l’on ne pouvait condamner sans preuve, sans parler de la présomption d’innocence. Cela fait de la place. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas, que nous n’avions rien vu de cette guerre humanitaire saoudienne au Yémen. C’est à n’y rien comprendre au pays des défenseurs acharnés des droits de l’homme du nom de Bernard Kouchner ou de Bernard-Henri Lévy. Aux dernières nouvelles, sous la pression salutaire des ONG, un cargo qui devait faire le plein d’armes humanitaires pour l’Arabie saoudite a dû rebrousser chemin et repartir cales vides.

Japon ou le triomphe de la présomption de culpabilité

Nous n’en finissons pas d’être en-dessous de tout dans le cas de Carlos Ghosn. Comme notre site l’avait souligné, dès le début de l’affaire de l’ancien PDG de Renault-Nissan, la réalité dépasse la fiction32. Il ne s’agit bien évidemment pas de nous prononcer sur la culpabilité ou non de Carlos Ghosn, n’ayant pas accès aux pièces du dossier. Il s’agit tout simplement de s’assurer que l’intéressé, comme tout être humain quel qu’il soit, bénéficie du droit à un procès équitable comme tout citoyen français et que les autorités judiciaires japonaises appliquent les multiples conventions internationales onusiennes auxquelles elles ont souscrit volontairement et qu’elles bafouent sans foi, ni loi. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dit avoir appeler le Japon à respecter les droits et la présomption d’innocence de Carlos Ghosn lors d’un entretien avec son homologue nippon en marge du G7 à Dinard le 6 avril. Dans quels termes, nous ne le saurons jamais ?

Nous avons l’impression que Carlos Ghosn bénéficie de moins de protection des autorités parisiennes (service minimum de l’Élysée après la demande de l’épouse du proscrit) que quelques djihadistes que nous voulons rapatrier en France en dépit de la gravité de leurs crimes. Les déclarations de l’épouse de Carlos Ghosn au JDD (7 avril 2019) donnent froid dans le dos à écouter les procédés staliniens de la justice d’un pays membre du G7. Nous devons féliciter l’ambassadeur de France au Japon, Laurent Pic, dont tout le monde s’accorde à penser qu’il a été particulièrement digne de la France dont nous vantons les mérites hors de l’hexagone. C’est à n’y rien comprendre alors que le président de la République faisait le beau devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) du Conseil de l’Europe située à Strasbourg en octobre 2017, montrant la France en exemple de protectrice naturelle des droits de l’homme à la terre entière. Aujourd’hui, c’est courage fuyons alors que Carlos Ghosn clame son innocence33.

Afghanistan ou une véritable honte pour la France des Lumières

Nous n’en finissons pas de nous couvrir de honte avec le traitement inepte des anciens interprètes afghans ayant servi l’armée française dans ce cimetière des Empires que Donald Trump veut quitter en redonnant la clé de Kaboul aux Talibans à qui l’OTAN l’avait prise34. Quelle différence de traitement entre les simples migrants venus de ce pays jusqu’en France sans avoir sollicité le moindre visa des autorités françaises et accueillis chez nous avec maints égards et les anciens interprètes dont les dossiers de visas sont enterrés à l’ambassade de France par nos brillants ambassadeurs successifs ? Une véritable honte pour la France éternelle35. Ces personnes risquent leur vie pour avoir servi la France, et nous ne faisons rien pour les exfiltrer. Tout ce ci ressemble au sort réservé aux malheureux Harkis après la guerre d’Algérie en 1962. La France a toujours privilégié les traitres aux héros. Le général de Gaulle a été condamné à mort par contumace le 2 août 1940 par le régime de Vichy sans que cela ne dérange nos magistrats collabos, recyclés à la fin de la guerre. No comment, comme dirait l’autre. C’est à n’y rien comprendre au pays qui se vante d’avoir une politique d’asile libérale en accueillant en France toutes les personnes persécutées dans leur pays36.

« La plupart des dévots dégoutent de la dévotion » (La Rochefoucauld). Deux ans après son arrivée au pouvoir, les résultats diplomatiques du président de la République ne sont pas au rendez-vous. En jouant avec le feu sur la scène intérieure, la Macronie suscite la jacquerie des « gilets jaunes » et la restitution du « grand débat » (le « fake » débat ou la grande débâcle) du 8 avril 2019 et risque plus d’attiser que d’éteindre37. En jouant avec le feu sur la scène internationale, la Macronie suscite la rebuffade de partenaires que la multiplication des tribunes lyriques et des discours enflammés agace plus qu’elle ne convainc (en particulier sur la scène européenne). Un nouvel épisode du film du pompier pyromane avec dans le rôle principal, notre menteur inné, Pinocchio-Macron qui se retrouve aujourd’hui bien seul après le départ des « Mormons », sorte de cercle des conseillers disparus38 !

Mais dans cet environnement international comme national, tout aussi glauque, notre valeureux ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian vient, après plusieurs hésitations légitimes, de sauter le pas pour le plus grand bien des penseurs des relations internationales. En effet, en la présence auguste de Michel Barnier, notre breton madré a lancé le 7 avril 2019 à Ploufagran, près de Saint-Brieuc, son mouvement des « progressistes bretons ». Il espère faire de la Bretagne un laboratoire au service d’un renouveau démocratique39. L’IFRI de Thierry de Montbrial, qui vient de fêter son quarantième anniversaire, n’a qu’à bien se tenir40.

 
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Notre ami Le Chouchen a mieux à faire que d’être derrière le bureau de Vergennes à réfléchir en toute quiétude à l’avenir du monde. Il préfère prendre soin de son propre avenir breton en se livrant à un exercice de « philosophie ». C’est pourquoi, pour l’instant, la diplomatie française n’est que diplomatie du pschitt, diplomatie des illusions perdues !

Jean Daspry
27 mai 2019

1 Treize Pieds Nickelés qui forment une sorte de mini-Quai d’Orsay et qui nous coûtent « un pognon de dingue » pour un résultat dérisoire, https://www.elysee.fr/la-presidence/cabinet-du-president-de-la-republique-et-services-de-l-elysee
2 Dominique de Villepin, De l’esprit de cour. Les malédictions françaises, Perrin, 2010.
3 Journalistes embarqués dans la caravane Macron au prix de leur servitude volontaire, adeptes de l’hagiographie et de la brosse à reluire.
4 Ghassan Salamé (propos recueillis par Maryline Dumas), « La Libye n’a est pas divisée entre deux hommes, elle a explosé en mille morceaux », Le Figaro, 6-7 avril 2019, p. 18.
5 Maryline Dumas, Libye : le maréchal Haftar tente de prendre Tripoli, Le Figaro, 6-7 avril 2019, p. 9.
6 Marc Semo, Paris embarrassé par son soutien au maréchal Haftar, Le Monde, 9 avril 2019, p. 6.
7 Maryline Dumas, En Libye, Haftar tient tête à ses parrains, Le Figaro, 8 avril 2019, p. 8.
8 Éditorial, L’échec de la communauté internationale, Le Monde, 16 avril 2019, p. 27.
9 Marc Semo, En Libye, un désaveu pour la médiation occidentale, Le Monde, 9 avril 2019, p. 6.
10 Claude Angeli, La guerre de Libye était prévisible, Le Canard enchaîné, 10 avril 2019, p. 3.
11 Isabelle Lasserre, Libye : le jeu ambigu de Paris avec Haftar, Le Figaro, 12 avril 2019, p. 11.
12 La rédaction de mediapart, Libye : des militaires français auprès du général Haftar ?, www.mediapart.fr , 14 avril 2019.
13 Ghassan Salamé (propos recueillis par Frédéric Bobin), « En Libye, nous continuons à rechercher une solution politique », Le Monde, 16 avril 2019, p.4.
14 Rachida El Azzouzi, « Libye : la guerre civile initiée en avril par Haftar cause déjà de profonds dégâts », www.mediapart.fr , 23 mai 2019.
15 Jean-Pierre Perrin, Syrie, an neuf, www.mediapart.fr , 14 avril 2019.
16 Georges Malbrunot Trump et Netanyahou vont-ils embraser le Moyen-Orient ?, Le Figaro, 15 avril 2019, p. 19.
17 Claude Angeli, L’inquiétant « djihad sans frontières » au Sahel, Le Canard enchaîné, 3 avril 2019, p. 3.
18 Renaud Girard, La France au Mali : retour du piège colonial, Le Figaro, 9 avril 2019, p. 19.
19 Bernard Lugan, Les guerres du Sahel. Des origines à nos jours, 2019.
20 Claude Angeli, La faillite du projet antiterroriste de Macron, Le Canard enchaîné, 22 mai 2019, p. 3.
21 Florentin Collomp, Les Vingt-Sept face au Brexit à rallonge, Le Figaro, 6-7 avril 2019, p. 7.
22 Cécile Ducourtieux/Thomas Wieder/Cédric Pietralunga, Macron et Merkel, les nerfs à vifs sur le Brexit, Le Monde, 13 avril 2019, p. 7.
23 Alain Constant, Michel Barnier en mode commando, Le Monde, 16 avril 2019, p. 23.
24 Aurélien Antoine, Le pourrissement du Brexit contamine désormais l’Union européenne, Le Monde, Idées, 10 avril 2019, p. 28.
25 Bruno Cautrès, La France de moins en moins favorable à l’Europe, Le Monde, Idées, 10 avril 2019, p. 27.
26 Anne-Sophie Mercier, Amélie de Montchalin. Scoute que coûte, Le Canard enchainé, 10 avril 2019, p. 7.
27 Jean de Gliniasty, La diplomatie au péril des valeurs, L’inventaire, 2017.
28 Disclose, Armes françaises au Yémen : itinéraire d’une livraison secrète, www.mediapart.fr , 15 avril 2019.
29 Vite dit, Le Canard enchaîné, 10 avril 2019, p. 8.
30 Benjamin Barthe, Silence radio autour du procès Kasshoggi, Le Monde, 6 avril 2019, p. 5.
31 Disclose, La France et le Yémen : cartographie d’un mensonge d’État, www.mediapart.fr , 15 avril 2019.
32 Jean Daspry, Ca désghon(ne) à pleins tubes, www.prochetmoyen-orient.ch , 26 novembre 2018.
33 Éric Béziat, Carlos Ghosn se dit « victime d’un complot », Le Monde, Économie & Entreprise, 10 avril 2019, p. 16.
34 Jacques Follorou, Responsables afghans et talibans vont se réunir, Le Monde, 10 avril 2019, p. 5.
35 Brice Andlauer/Quentin Müller, Tarjuman. Une trahison française, Bayard, 2019.
36 Pascal Brice, Sur le fil de l’asile, Fayard, 2019.
37 Benoît Floc’h, L’administration sous pression pour mettre en musique les réformes, Le Monde, 9 avril 2019, p. 9.
38 Jacques Julliard, Solitude de Macron, Marianne, 5-11 avril 2019, p. 4.
39 Didier Gourin, Progressistes bretons. Jean-Yves Le Drian lance son mouvement, www.ouest-france.fr , 7 avril 2019.
40 Marc Semo, Thierry de Montbrial, influenceur très diplomate, Le Monde, 9 avril 2019, p. 27.

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