Observatoire Géostratégique

numéro 239 / 15 juillet 2019

ORIENT-ATIONS 236

LETTRE OUVERTE A ANNE HIDALGO AU SUJET DU PROJET D’UNE PLACE DE JERUSALEM A PARIS :

Paris, le 21 juin 2019

Madame la Maire de Paris,

Le 12 juin, le Conseil de Paris a décidé de créer une Place de Jérusalem.

Une belle idée pour éclairer la population sur la situation de cette ville martyre, fracturée, divisée ; pour rappeler la nécessité absolue de mettre fin à cette violation du droit international et du droit humanitaire et pour condamner sans ambiguïté le fait accompli et la loi du plus fort.

Vous auriez pu rappeler à cette occasion que nul ne peut conquérir un territoire par la force et que « la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, […] constitue une violation flagrante du droit international […] » (résolution 2334 de l’ONU).

Il semble cependant que la décision que vous avez prise ne soit pas animée par ce souci de respect du droit, du respect de l’autre, de l’amitié et de la solidarité entre les peuples.

Si l’on en croit votre échange de lettres avec le président du Consistoire, Jérusalem n’aurait d’importance que pour le judaïsme. Ce choix, vous l’avez fait en acceptant la demande du Consistoire que cette place soit située « aux abords du lieu hautement symbolique du Centre Européen du Judaïsme ». Oubliées les deux autres religions monothéistes qui la considèrent comme une ville sainte. D’où vient cette primauté d’une religion sur les autres exprimée par la Maire de la capitale de la France, État laïc ?

Alors qu’aucune rue de Jérusalem n’existait plus à Paris depuis 1883, le choix de créer une place de Jérusalem n’était pas neutre et ne pouvait pas faire abstraction de la réalité politique de l’annexion illégale de Jérusalem, notamment Jérusalem-Est, par Israël. À aucun moment vous ne vous référez à l’occupation, l’annexion et la colonisation par Israël de la partie palestinienne de la ville depuis plus de 50 ans. Et vous semblez ignorer les résolutions 476 et 478 du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui l’ont rejetée avec la plus grande fermeté.

Et c’est en choisissant de nier cette réalité – au mépris de la politique de la France – que vous pensez « rappeler les liens qui unissent la Ville de Paris à la communauté juive » !

En pratiquant la confusion entre une religion (le judaïsme représenté par le président du Consistoire) et la notion contestable de communauté (la « communauté juive »), vous mettez à mal l’idéal laïc de notre République. Et en associant cette « communauté » à un État tiers (l’État d’Israël) qui viole tous les jours le droit international et les droits de l’Homme, vous importez en France le conflit israélo-palestinien et vous rendez un bien mauvais service à cette « communauté ».

Ignorez-vous que les Palestiniens de Jérusalem n’ont pas les mêmes droits que les colons qui vivent illégalement en territoire occupé ? Ignorez-vous que certains enfants palestiniens de Jérusalem-Est ne savent pas en rentrant de l’école s’ils auront encore une maison ? Quand ils ont une école !

Ignorez-vous que chaque nuit l’armée d’occupation arrête des jeunes Palestiniens à Jérusalem-Est sans aucune justification ?

Ignorez-vous que les Palestiniens de Jérusalem sont considérés par Israël comme des « résidents » sur leur terre natale ? Et qu’ils peuvent se voir retirer leur permis de résidence pour défaut d’allégeance à l’occupant ?

Ignorez-vous qu’il est quasiment impossible pour une famille palestinienne d’obtenir un permis de construire ? Et que c’est ainsi qu’Israël justifie les destructions de maisons ?Ignorez-vous que tout cela se fait en violation du droit ?

Bien sûr, vous ne l’ignorez pas : comment pouvez-vous faire comme si tout cela n’existait pas ?

Parmi les amendements qui étaient proposés, au moins l’un d’eux évoquait la possibilité de revenir au Droit en ajoutant à la dénomination « Place de Jérusalem » : « avec le vœu qu’elle devienne la future capitale de deux États ».

À l’opposé, vous avez fait le choix de placer cette décision sous le signe exclusif de « l’amitié avec Israël » : vous cautionnez ainsi l’annexion de Jérusalem par Israël, comme l’a fait Donald Trump, en contradiction avec le droit international et la politique de la France. Et vous cautionnez aussi les choix actuels de cet État, qui a adopté une loi fondamentale raciste et suprémaciste, plaçant la colonisation au rang des valeurs nationales.

Au-delà de la violation du droit et de la loi du plus fort, vous avez choisi la division au sein de la population française, et vous prenez la responsabilité d’un double risque : celui d’exacerber les rivalités religieuses, et celui de transposer en France le conflit israélo-palestinien. Beaucoup de citoyens français, de Paris et d’ailleurs, estimaient pouvoir attendre vraiment autre chose de vous et ne sont pas près de l’oublier.

Nous vous demandons, Madame la Maire, de renoncer à cette décision qui divise, qui viole le droit international et qui va à l’encontre de la politique de la France. Et d’annuler l’inauguration de cette place en présence du maire de Jérusalem, le maire de l’annexion et de l’oppression des Palestiniens de Jérusalem.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Maire, l’expression de notre haute considération.

Bertrand Heilbronn

Président de l’Association France Palestine Solidarité
 
 
ROGER AKL NOUS DIT : Le recul de Trump face à l’Iran – 22 juin. Le monde entier, ses politiciens, ses peuples et ses media bruissent et répètent étonnés, certains apeurés et certains enchantés, l’histoire du recul du Président du pays le plus puissant de la planète devant la résistance victorieuse de l’Iran. Que le Liban et surtout les Libanais pro-saoudiens en tirent la leçon : L’Arabie est morte de peur et a compris qu’elle ne peut pas compter sur Trump. Déjà, l’Amérique, par ses media et l’opposition démocrate, accuse Mohammad Ben Salmane, de l’assassinat de Khachoukji, et Trump, de faute, tandis que tout le monde sait qui est le responsable de la mort du President Rafik Hariri et tout le monde raconte comment son fils a été maltraité et menacé par MBS. C’est pour cela que j’en appelle à lui, pour lui dire de ne plus avoir peur de MBS et Cie et de travailler dans l’intérêt du Liban, avant tout, et cet intérêt consiste dans le retour des relations fraternelles, avec la Syrie sœur, car c’est l’intérêt du Liban, à la fois sécuritaire, économique et politique, ainsi qu’humanitaire, permettant le retour des réfugiés syriens dans leurs foyers, chez eux, la tête haute, et gardant aux réfugiés palestiniens leur espoir et leurs droits au retour chez eux, suivant la résolution 194 des Nations Unies. Ce qui est plus important, c’est le retour du monde à la paix juste, contraire à cette politique de la force, voulue et pratiquée par une administration affolée par ses désirs de puissance, lesquels se retournent contre elle et ses alliés, comme cela se passe avec ceux qui se prennent pour Dieu, depuis la Tour de Babel jusqu’à aujourd’hui. Espérons que les potentats du Golfe et les pays européens comprendrons enfin où se trouve leur intérêt et celui de leurs populations, car "renoncer à la faute est une qualité" (dicton arabe).
 
 
DES DANGERS DE L’AFFAIBLISSEMENT DE LA DIPLOMATIE ! Guillaume Berlat. En cette période de dérision de l’Ancien monde, il est de bon ton, de bon aloi d’en railler tous ses stigmates, ses symptômes pour mieux se rengorger des bienfaits du Nouveau monde. Or, s’il est un travers du monde d’hier qui revient souvent dans les conversations, c’est bien celui d’une certaine forme surannée de pratique des relations internationales. Elle a pour nom diplomatie. Comment définir cet objet juridique non identifié ? En faisant appel à l’auteur de La Comédie humaine, Honoré de Balzac. À ses yeux, « la diplomatie, c’est la science de ceux qui n’en ont aucune et qui sont profonds par leur vide ». Pas très flatteur pour la corporation des diplomuches. Il est vrai que le général de Gaulle n’est pas tendre envers les diplomates qu’il a eu l’occasion de voir à l’œuvre durant la Seconde Guerre mondiale. Pour lui, « les diplomates ne sont utiles que par beau temps fixe. Dès qu’il pleut, ils se noient dans chaque goutte ». Mais, le procès en incompétence et en pleutrerie qui leur est fait, n’est-il pas l’arbre qui cache la forêt ? La diplomatie n’est-elle pas encore plus indispensable en temps de tensions que de calme ? Sa paupérisation (pour ce qui est de l’outil israélien), son affaiblissement (pour ce qui est de l’outil français) ne constitueraient-ils pas des signes inquiétants d’un monde qui irait dans le mur en klaxonnant ?

LA PAUPÉRISATION DE LA DIPLOMATIE ISRAÉLIENNE

Le très sérieux quotidien Le Monde nous informe qu’il s’en passe de drôles du côté des diplomates représentant le peuple élu. Ce serait plutôt du genre apocalypse tant la mode est à la dispersion diplomatique.

Un tableau apocalyptique. Manifestement, le politique ne veut pas de la diplomatie mise en œuvre par les diplomates professionnels et, conséquence directe de ce qui précède, l’intendance ne suit pas. Résultat, le ministère israélien des affaires étranges est au bord de l’asphyxie. En dehors de toutes considérations sur la politique étrangère de ce pays, la description sur l’état de décrépitude de la diplomatie de Benjamin Nétanyaou laisse rêveur. Ambassadeurs thématiques bloqués à Jérusalem, annulation des visites de journalistes, coopération culturelle inexistante, annulation de voyages à l’étranger et de conférences en Israël, réduction à la portion congrue des frais de représentation des ambassadeurs, locaux diplomatiques laissés à l’abandon, diplomates contraints d’avancer leurs frais divers, recours excessifs aux personnels locaux, grèves des diplomates ayant conduit en 2011 à l’annulation de la visite du président russe, Dimitri Medvedev et au blocage d’une centaine d’ambassades en 2014…

Une dispersion diplomatique. Tout est concentré dans les mains d’un seul homme, le premier ministre. Il conduit une diplomatie personnelle avec les États-Unis, (dont il obtient ce qu’il veut), effectue des visites en Afrique de l’est et en Asie centrale, cultive des relations personnelles avec l’Inde de Narendra Modi, du Brésil de Jair Bolsonaro, de la Chine…Pendant ce temps, administration centrale et représentations diplomatiques végètent à tel point qu’elles se posent de véritables problèmes existentiels. Ainsi se résume sommairement l’état de la diplomatie israélienne. « Confronté à une crise financière sans précédent, méprisé par le premier ministre qui conçoit les relations internationales comme son domaine exclusif, le ministère des affaires étrangères a été privé de titulaire véritable à sa tête pendant près de quatre ans, jusqu’à la désignation en février d’un vétéran du Likoud, Israel Katz » ou bien « il n’y a pas de crise financière au ministère car il n’y a plus de ministère »1. Certains envisageraient même le morcellement du ministère et son dépeçage au profit de structures spécialisées. Une sorte d’externalisation, d’ubérisation de la diplomatie…

Même si comparaison n’est pas raison, ne trouverait-on pas, en cherchant bien, quelques comparaisons avec la diplomatie française ?

LA DÉGRINGOLADE DE LA DIPLOMATIE FRANÇAISE

Si l’on prend le temps et la peine de se pencher sur l’état de la diplomatie française au cours des dernières décennies – ce que ne font pas nos journalistes experts des relations internationales -, on peut trouver quelques similitudes avec la situation qui prévaut actuellement en Israël. Même si comparaison n’est pas raison, nous pourrions l’organiser autour de deux axes.

La personnalisation de la diplomatie. Rangée dans la catégorie du fameux « domaine réservé » du président de la République, la définition de la politique étrangère (est-ce encore le cas ?) et sa déclinaison au quotidien à travers la diplomatie (est-ce aussi le cas ?) ne se décident plus sur la rive gauche de la Seine (Quai d’Orsay) mais sur sa rive droite (Palais de l’Élysée). Si la tendance n’est pas nouvelle, elle a été accentuée par la pratique verticale et jupitérienne de l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron. Le comédien se met en scène et ne conçoit la diplomatie que comme la célébration de sa magnificence et de sa munificence. On sait ce qu’il est advenu de l’hyperpersonnalisation de sa relation avec Donald Trump pour s’en tenir à ce seul exemple. Un flop immense2. Et l’on pourrait multiplier les exemples à l’infini. Ses propositions de réforme de la construction européenne imaginées sans la moindre concertation préalable avec ses homologues tournent à la pantalonnade. Des inconvénients de la méconnaissance de la distinction entre politique étrangère et diplomatie, de la confusion entre diplomatie et communication. Et tous ces bons apôtres viennent régulièrement nous administrer des leçons de compétence et de morale internationale. On croit rêver.

La marginalisation des diplomates. Conséquence de ce qui précède, les diplomates sont marginalisés, réduits à jouer les utilités et les VRP organisateurs des déplacements royaux. Ils en sont en partie responsables par manque de courage. De plus, l’outil diplomatique voit ses moyens humains et financiers réduits à l’os par les petits marquis de Bercy. Pour masquer la paupérisation croissante, on évoque une diplomatie d’influence (concept sans la moindre signification), d’ambassadeurs d’influence (« laptop ambassadors » qui n’ont que les yeux pour pleurer), de diplomatie de bouts de chandelles (bien réelle celle-ci), de gadgets managériaux (parité ridicule, évaluation à 360°, dialogue de gestion…). Tout se décide désormais au Château par la cellule diplomatique du PR (pour président de la République) composée d’incompétents, d’intrigants, d’opportunistes qui sont récompensés de leur médiocrité (Philippe Etienne désigné ambassadeur de France à Washington et élevé à la dignité d’ambassadeur de France). Une grande agitation peine à masquer l’absence de cap et de vision de long terme. La liste des échecs de cette « dream team » est impressionnante. Elle devrait faire l’objet d’un audit sérieux conduit par des experts reconnus des relations internationales et non par la Cour des comptes ou l’inspection des Finances. Elle réserverait des surprises surtout si l’on traînait tous ces plaisantins devant un tribunal populaire de l’incompétence notoire. Quand voudra-t-on comprendre que, si la définition de la politique étrangère (long terme) est du ressort des dirigeants politiques, sa déclinaison concrète doit être confiée à des professionnels que l’on nomme diplomate ? La France aurait tout à y gagner…

Aujourd’hui, autre exemple, le Département d’état américain est aussi mal traité par Donald Trump que le Quai d’Orsay par son homologue français.

L’affaire serait risible si le sujet n’était pas d’importance. En effet, il touche à la problématique cruciale pour la gouvernance mondiale qu’est celle de la guerre et de la paix si bien décrite de Léon Tolstoï à Raymond Aron sans parler de Thucydide3. Problématique reformulée aujourd’hui par un expert américain dont l’ouvrage a été récompensé par l’attribution en 2018 du prix Pulitzer4. En dernière analyse, souhaite-t-on, à l’avenir, privilégier une approche coopérative (la négociation, la diplomatie) à une approche coercitive (la sanction, la guerre) des relations internationales ? A-t-on plus confiance en l’efficacité de la carotte ou du bâton ?5 Veut-on mettre en avant le diplomate ou le soldat dans un monde de conflictualité croissante ? Croit-en en la vertu du dialogue ou en celle de la force ? Est-il raisonnable de ne pas inviter Vladimir Poutine aux cérémonies du 75ème anniversaire du débarquement du 6 juin 1945, le laissant tout loisir d’inviter dans le même temps son homologue chinois, Xi Jinping à Moscou comme au bon vieux temps de la guerre froide ?6 On l’aura compris, tout ceci n’est pas très sérieux. Des dangers de l’affaiblissement de la diplomatie !

1 Piotr Smolar, La grande dépression des diplomates israéliens. Evincé par Nétanyaou, le ministère des affaires étrangères est à l’arrêt, Le Monde, 6 juin 2019, p. 4.
2 Marc Semo/Cedric Pietralunga, Trump et Macron réaffirment le lien transatlantique, le Monde, 8 juin 2019, p. 3.
3 Graham Allison, Vers la guerre : l’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide ?, Odile Jacob, 2019.
4 Ronan Farrow, Paix en guerre. La fin de la diplomatie et le déclin de l’influence américaine, Calmann-Lévy, 2019.
5 Pierre de Villiers, « Depuis vingt ans, on a perdu toutes les paix », Paris Match, 12-19 juin 2019, p. 72.
6 Frédéric Lemaître/Nicolas Ruisseau, À Moscou, Vladimir Poutine et Xi Jinping célèbrent l’amitié franco-russe, Le Monde, 8 juin 2019, p. 4.
 
 
CENSURE DE L’INFORMATION (SUITE) – Jean Daspry. La semaine dernière, nous étions bien inspirés de nous interroger sur les atteintes intolérables au droit à l’information qui surgissent au fil des semaines dans notre patrie autoproclamée des droits de l’homme et des farces et attrapes7. Et cela sans que cela ne soulève la moindre émotion de nos humanistes de salon et de dîners en ville. Après des violations ponctuelles déjà intolérables et insupportables, le pouvoir macronien8, tenté par l’hégémonie9 et par la volonté de mettre l’administration au pas10, veut passer à un stade supérieur, celui de la violation structurelle11.

En effet, notre sympathique Garde des Sceaux, ex-membre du Conseil constitutionnel, agrégée de droit public qui a pour nom Nicole Belloubet entend faire un sort à la loi de 1881. En effet, nous apprenons, par le quotidien qui certifie la Vérité grâce à son Decodex (Le Monde), que la ministre a décidé de lancer un débat sur la loi sur la liberté de la presse. Elle se demande s’il faut sortir l’injure et la diffamation à caractère raciste ou antisémite de la loi de 1881 pour les inscrire dans le code pénal12. Si l’objectif de cette démarche peut paraître noble à prime abord (lutter contre les messages incitant à la haine sur les réseaux sociaux), la méthode paraît plus contestable (limiter une liberté fondamentale pour répondre à une situation ponctuelle). Comme toujours en France, le premier réflexe face à un problème est de nature normative, inventer une nouvelle loi pour tenter d’enrayer une dérive même si elle envisage de saisir pour avis la CNCDH (commission nationale consultative des droits de l’homme Pour donner plus de poids à sa démarche, elle signe – avec sept ministres ou députés de la République en godillots – une tribune dans le quotidien de référence de Boboland intitulée « Haine en ligne : vers la fin de l’impunité »13. Il est vrai que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même et ses amis, dans le cas d’espèce. Mais, si l’on n’y regarde de plus près, cette aimable plaisanterie comporte de nombreux inconvénients pour le citoyen justiciable potentiel.

Le premier est que les injures diffusées sur les réseaux sociaux ne relèvent plus de la loi de 1881 mais des procédures ordinaires comme cela est déjà le cas pour la diffamation (Cf. les déclarations à Libération de la procureure générale de Paris, Catherine de Champrenault). Contrairement à ce qu’affirment les promoteurs de ce projet, la loi de 1881 n’assure aucune impunité aux excités du clavier. Les procédures existent, il suffit de les mettre en œuvre. Comme souvent, le pouvoir politique veut réinventer la roue.

Le second et le plus grave est, que si la loi était adoptée, traiter les délits de presse comme s’il s’agissait de délinquance ordinaire reviendrait à octroyer aux procureurs – comme on le sait depuis deux arrêts de 2010 de la CEDH ayant condamné la France – qui ne sont pas des magistrats indépendants et impartiaux un pouvoir exorbitant sur les médias. Cette réforme donnerait au parquet la possibilité d’engager lui-même des poursuites sous prétexte de diffamation ou d’injure. La loi de 1881 avait réservé aux seules victimes, histoire de limiter les pressions du pouvoir sur la liberté de la presse14. Cet important verrou pourrait sauter. Pour quels objectifs non avouables ?

Maitre François Sureau, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation (conseiller d’État de formation) évoque au sujet de ce texte : « les lois liberticides qui prospèrent sur notre démission collective », « ici l’inculture des gouvernés rencontre l’inculture des gouvernants » et « Dans le cas de la proposition de loi, on voit bien comment son dispositif constitue un puissant encouragement à la censure… »15.

En conclusion, on peut affirmer qu’il ne s’agit donc pas d’une simple querelle de juriste mais d’une question de principe importante qui touche aux fondements mêmes de la démocratie et de l’état de droit.

Que diraient nos dirigeants et leur clergé médiatique si de pareils coups de canif à l’état de droit et à la démocratie survenaient à l’est du continent européen, dans des démocratures et autres démocraties illibérales à qui nous aimons faire la leçon !16 Ce seraient des cris d’orfraie à longueur de journée sur nos chaînes d’abrutissement en continu. Mais en France, tout finit par un pardon (grand dans le cas de figure) dès qu’il s’agit de Dieu et de ses anges. Surtout lorsque nous apprenons que le président de la République entend peaufiner sa stature de chef d’État en se « chiraquisant » et s’impliquant dans la défense des grandes causes. C’est ainsi qu’il entend parler à la gauche « sensible aux questions des droits de l’homme et aux combats pour les libertés dans le monde » selon un membre du gouvernement17. Alléluia ! »>

7 Jean Daspry, Censure : après le secteur de la recherche, c’est au tour de l’information, www.prochetmoyen-orient.ch , 17 juin 2019.
8 Bernard Dollez (sous la direction de), L’entreprise Macron, Presses universitaires de Grenoble, 2019.
9 Albert Zennou, La tentation hégémonique de Macron et des siens, Le Figaro, 13 juin 2019, p. 19.
10 Benoît Floc’h, La valse des directeurs d’administration centrale se fait attendre, Le Monde, 22 juin 2019, p. 10.
11 Natacha Polony, Un pouvoir qui privatise même la censure, Marianne, 21-27 juin 2019, p. 3.
12 Jean-Baptiste Jacquin, Nicole Belloubet ouvre un débat sur la loi sur la liberté de la presse, Le Monde, 19 juin 2019, p. 11.
13 Nicole Belloubet/Jean-Michel Blanquer/Christophe Castaner/Franck Riester/Marlène Schiappa/Cédric O/Gabriel Attal/Laetitia Avia, Haine en ligne : vers la fin de l’impunité, Le Monde, 20 juin 2019, p. 28.
14 J.C., 1881, l’odyssée de Belloubet, Le Canard enchainé, 19 juin 2019, p. 8.
15 Vincent Trémolet de Villers, François Sureau : « Les lois liberticides prospèrent sur notre démission collective », Le Figaro, 18 juin 2019, p. 6.
16 Nicolas Vigne, Les médias russes sont-ils libres ?, Le Figaro, 17 juin 2019, p. 19.
17 Emmanuel Macron bientôt droit-de-l’hommiste ?, Valeurs actuelles, 20 juin 2019, p. 12.
 
 
LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES. LA RÉPUBLIQUE DES BONIMENTEURS – Jean Daspry « La prospérité montre les heureux, l’adversité montre les grands » (Pline Le Jeune). Or, l’adversité est le danger qui guette tout dirigeant politique qui se prend pour Dieu tout puissant et peine à comprendre la détresse humaine. Et cela d’autant plus que les temps sont durs tant à l’intérieur de l’Hexagone (crise des « gilets jaunes », crise de confiance croissante contre les élites, crise économique et sociale, crise migratoire, crise sécuritaire…) qu’à l’extérieur (crise de l’Union européenne, de l’ONU, de l’OTAN, crise climatique, nouvelle guerre froide, guerre commerciale, guerre contre le terrorisme…). C’est qu’il n’existe pas, à ce jour y compris grâce au truchement de l’intelligence artificielle, de remède miracle pour lutter efficacement contre l’adversité. L’histoire enseigne quelques rudiments de remèdes plus pragmatiques que théoriques. Après une approche conceptuelle, nous nous tournerons vers la pratique récente en nous en tenant aux faits.

APPROCHE CONCEPTUELLE : HUMILITÉ VERSUS HUBRIS

Et, face à l’adversité, une alternative simple s’offre à notre Guide suprême.

La plus exigeante et la plus prometteuse. Elle suppose que l’intéressé adopte une posture d’humilité pour se livrer à un authentique exercice d’introspection pour porter le juste diagnostic sur ses mésaventures depuis deux ans et cela sans le moindre tabou. De ce temps incontournable du diagnostic, il pourra ensuite passer à celui du remède idoine. Le moins que l’on puisse être autorisé à dire, à la lumière de l’expérience la plus récente, est que rares sont ceux qui acceptent de se plier à cette démarche délicate. Par nature, les arrogants-sachants, style Jupiter rechignent à la besogne réservée aux « subissants ». Vous n’imaginez pas notre fringuant chef de l’État se livrer à un exercice public de contrition. Il en a esquissé une très modeste lors de son récent discours à l’OIT (Genève, 11 juin 2019) en admettant, mezzo voce, avoir commis une simple erreur de méthode dans le traitement de la crise des « gilets jaunes ».

La plus facile et la plus dangereuse. Elle est celle de la démagogie, voire de la désignation du bouc émissaire18 [Un bouc émissaire est un individu, un groupe, une organisation, etc., choisi pour endosser une responsabilité ou une faute pour laquelle il est, totalement ou partiellement, innocent. Le phénomène du bouc émissaire peut émaner de motivations multiples, délibérées (telles que l’évasion de responsabilité) ou inconscientes (telles que des mécanismes de défense internes)], toujours utile pour passer entre les gouttes. On l’aura compris, c’est celle la plus prisée par les hommes et les femmes politiques français(e) qui pratiquent avec brio la déresponsabilisation permanente. Le fameux, c’est pas moi, c’est l’autre bien connu de l’enfant pris la main dans le pot de confiture et qui jure les grands dieux qu’il n’est pour rien dans cette facétie.

Et cette bien de cette seconde branche de l’alternative qui a la faveur des princes qui nous gouvernent.

APPROCHE FACTUELLE : VÉRITÉ VERSUS ABSURDITÉ

Or, que constatons-nous au cours des dernières semaines ? La France, mais aussi l’Union européenne, ont trouvé le bouc émissaire idéal des maux de notre société. Il a pour nom Russie et pour visage Vladimir Poutine19. Nous en tiendrons à trois simples exemples qui en disent pourtant long sur les dérives jupitériennes et européennes.

Pour ce qui est de l’Union européenne, nous avons droit à quelques révélations intéressantes sur le déroulement du scrutin du 26 mai 2019. Comme ceci était largement prévisible, la cellule dédiée au « problème » a trouvé ce qu’elle cherchait. Elle aurait détecté une désinformation soutenue par des sources russes lors des élections européennes. Quelle surprise ! On comprend tout. Si les affreux partis nationalistes, souverainistes et autres « populistes » ont réalisé un tel score, c’est grâce aux menées subversives des services de l’Oncle Vladimir. Tout le monde sait que les citoyens européens ne bénéficient pas de leur libre-arbitre. On peut leur dicter, via internet et les réseaux sociaux, pour qui ils doivent voter. C’est à mourir de rire si l’on y réfléchit bien.

Pour ce qui est de la France, nous avons également droit à quelques révélations sur l’activisme russe qui tombent à point nommé. Le très sérieux quotidien Le Monde consacre deux pleines pages à l’affaire des « MacronLeaks » vieille de plus de deux ans20. Il s’agit des fichiers du parti du candidat d’En Marche qui auraient été piratés. Et devinez, qui se trouve derrière cette magouille ? La Russie21. CQFD ! Précisons que cette fraude n’aura pas empêché le jeune ex-ministre de l’Économie de l’emporter haut la main à la présidentielle de mai 2017. Ceci semble n’être qu’une simple coïncidence. Le plus grand quotidien Le Monde a eu accès à des informations classifiées. Bizarre ! Cela ne devrait-il pas valoir aux deux journalistes un petit entretien à Levallois, siège de la DGSI pour violation du secret de la défense. Ce même quotidien a été nourri de source judiciaire. Qui a violé le sacrosaint principe du secret de l’instruction ? Tout ceci ressemble à s’y méprendre à une vulgaire opération d’enfumage. Comme par un autre hasard, nous avons droit à moultes reportages, vraisemblablement nourris à la même source, sur le sort d’un homme d’affaires français, le banquier Philippe Delpal, embastillé à Moscou depuis plusieurs mois. Tout ceci ressemble à une étrange manœuvre de diversion pour mettre la poussière sous le tapis. Nous en sommes même parvenus au point de nous interroger sur le cas de Nathalie Loiseau. N’aurait-elle pas été soudoyée par le méchant ours russe pour accumuler les bourdes, incompréhensibles pour une personne de son niveau intellectuel ?22

« Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas » (Napoléon). Il nous semble que le pas a été franchie par la Macronie aux abois. Ces évolutions pittoresques de doivent pas masquer l’essentiel : la nécessité d’une politique, vigilante et active, de protection de nos infrastructures critiques contre les intrus de toutes provenances, Est mais aussi Ouest. Rappelons au passage que les Américains et les Chinois, rarement cités en la matière, ne sont pas des enfants de chœur. Nous avons la très nette impression que « l’espion français observe ces milieux étranges, dont les linéaments lui échappent quelques peu »23. Peut-être est-il sous instruction contraignante du politique ? En matière de diffusion de « bobards » (« fake news »), la Macronie est assez mal placée pour s’ériger en donneuse de leçons de morale. Elle devrait d’abord commencer à balayer devant sa porte et pratiquer une politique de responsabilisation exigeante. Pour ce qui est de l’implication russe, le hasard fait parfois bien les choses dans notre République des bobards.

18 René Girard, Le bouc émissaire, Le livre de poche, 1986.
19 Jean Daspry, RCA : C’est de la faute à Vladimir, www.prochetmoyen-orient.ch , 12 novembre 2018.
20 Damien Leloup/Martin Untersinger, Les coulisses du piratage des « MacronLeaks », Le Monde, 16-17 juin 2019, pp. 10-11.
21 Damien Leloup/Martin Untersinger, Quand presque toutes les pistes mènent à l’Est, Le Monde, 16-17 juin 2019, p. 11.
22 Mathieu Morel, Loiseau : erreur de casting ou choix délibéré ?, www.vududroit.com , 16 juin 2019.
23 Bruno Fuligni, Secrets d’État. 1870-1945. Les grands dossiers du ministère de l’intérieur, L’iconoclaste, 2018, p. 60.
 
 
BICORNES ET BRELOQUES AU QUAI D’ORSAY (SUITE) – Jean Daspry. À mesure que la trêve estivale approche, les esprits s’échauffent dans les couloirs feutrés du Quai d’Orsay et des ambassades. D’importantes questions y sont posées. Qui seront les prochains nominés dans le prochain mercato aux postes d’ambassadeurs/d’ambassadrices ?24 Mais aussi qui seront les heureux élus qui viendront grossir le club fermé des ambassadeurs dignitaires de France, sorte de maréchalat de la Maison des bords de Seine. Cette plaisanterie républicaine vaut à son destinataire quelques menus avantages : appellation à vie du titre d’ambassadeur, octroi à vie d’un passeport diplomatique et coquette somme de 500 euros en supplément de sa retraite de ministre plénipotentiaire hors-classe (MP HC). Lors du dernier Conseil des ministres (19 juin 2019), les dés sont jetés pour une poignée de diplomates de haut vol. Pour en savoir plus, il convient de se reporter au très sérieux Journal officiel de la République française du 20 juin 2019 sous ses textes 52, 53, 54, 55 et 5625. Il nous fournit quelques précieuses informations qui dépassent le stade du simple ragot, du bruit de couloirs26.

DIGNITÉ OU INDIGNITÉ D’AMBASSADEUR DE FRANCE ?

Pour le conseiller diplomatique du président de la République, les bonnes nouvelles tombent à jet continu. En effet, Philippe Etienne, puisque c’est de lui dont il s’agit, vient, après avoir été accrédité comme ambassadeur de France à Washington, de bénéficier de l’élévation à la dignité d’ambassadeur de France. Le graal de tout diplomate, une sorte de bâton de maréchal. Cette distinction interpelle celui qui suit l’actualité internationale. Au moment où les experts s’interrogent sur les raisons du Titanic de la diplomatie jupitérienne, il parait curieux de distinguer Philippe Etienne. De deux choses l’une, soit il a très mal conseillé son Prince et il ne mérite pas tant d’honneur, soit il ne servait à rien et pourquoi le récompenser de son emploi fictif ? Voilà où en est aujourd’hui le système de la méritocratie républicaine qui honore les médiocres, les insignifiants et les opportunistes.

Pour notre ambassadrice de France à Moscou, à quelques mois de retraite, la nouvelle – pas un scoop pour les diplomates avertis – elle pourra mettre du beurre dans les épinards avec ces 500 euros qui viendront gonfler sa modeste retraite de MP HC. En effet, Sylvie Bermann, qui a successivement occupé trois prestigieuses ambassades du circuit diplomatique, n’a pas brillé par sa clairvoyance et son courage. À Pékin, elle n’a rien vu venir de l’impérialisme chinois comme en témoigne son ouvrage à l’eau de rose sur le sujet27. À Londres, elle n’a rien vu venir du « Brexit ». À Moscou, elle n’a pas su ou voulu contribuer à une normalisation de la relation bilatérale. Mais la donzelle est ondoyante et opportuniste à souhait. Elle a su faire jouer à plein l’objectif de parité pour bénéficier de ce hochet28.

Conclusion provisoire : au Quai d’Orsay, la compétence n’est pas ou plus le critère retenu pour bénéficier de promotions et de distinctions en tous genres. Le copinage est la règle. Courageux, s’abstenir ! Il suffit de se référer à la promotion expresse de Nathalie Loiseau avant son explosion récente en vol. Les imbéciles ont encore de beaux jours devant eux à la condition expresse de figurer dans les bons réseaux d’influence.

BICORNES PRESTIGIEUX

À la nouvelle distribution des prix, trois nouveaux noms apparaissent sur nos écrans radar.

Xavier Sticker, conseiller des affaires étrangères hors classe, est nommé ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies et des organisations internationales à Vienne, à compter du 1er août 2019, en remplacement de M. Jean-Louis Falconi, appelé à d’autres fonctions. Pour une fois, cette nomination est dans l’ordre des choses et n’appelle donc aucun commentaire particulier si ce n’est qu’il n’est pas très au fait des questions traitées par l’AIEA.

Muriel Domenach, conseillère des affaires étrangères hors classe, est nommée ambassadrice, représentante permanente de la France au conseil de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord à Bruxelles, à compter du 1er août 2019, en remplacement de Mme Hélène Tréheux-Duchên, appelée à d’autres fonctions. Fille du sinisant, Jean-Marie Domenach – cela peut aider, Muriel Domenach bénéficie à plein de l’effet parité. La personne est très agitée, manque de la retenue élémentaire et n’est pas faite pour la diplomatie. À sa sortie de l’ENA, elle est affectée au ministère de la Défense, puis intégrée au Quai d’Orsay. Elle en a gardé quelques mauvaises habitudes. Le duo choc Domenach-Escorcia va faire des étincelles à Evere.

Jean-Pierre Jouyet, inspecteur général des finances, est nommé ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques, à compter du 1er août 2019, en remplacement de Mme Catherine Colonna, appelée à d’autres fonctions. Après Londres, où il n’aura passé que deux ans, c’est le retour à Paris alors qu’il a déjà 65 ans. Cette « hallucinante » nomination ressemble à s’y méprendre à une sucette du Prince à celui qui l’a fait entrer comme secrétaire général adjoint de l’Élysée sous François Hollande puis comme ministre à Bercy. Ces derniers mois, notre ambassadeur à Londres se plaignait de l’absence de réponses à ses SMS du chef de l’État alors même qu’il avait soutenu sa candidature à la magistrature suprême. Une fois de plus, le copinage style république bananière fonctionne à plein régime.

« La macronie, c’est le bal des frustrés » (Marc Endeweld). Rien ne peut désormais nous surprendre en Macronie et dans les actes du candidat disruptif ! Emmanuel Macron évolue dans une certitude qui frôle l’inconscience ou la mégalomanie. Ne l’a-t-on pas constaté avec le feuilleton de Nathalie Loiseau dont il a été abondamment rendu compte dans ce site au cours des dernières semaines ! Emmanuel Macron cherche à se donner l’apparence de l’intellectuel responsable alors qu’il est incapable de s’affirmer autrement que par son arrogance et par son creux, signes de l’irresponsable. Sauf à nous voiler la face, avec ce dernier épisode de notre feuilleton « Bicornes et breloques au Quai d’Orsay », nous disposons du révélateur d’une curieuse conception de la politique qui écrase tout le système de la méritocratie républicaine authentique et menace à terme tout l’édifice démocratique. La crise des « gilets jaunes » ne semble pas lui avoir servi de leçon. Perseverare diabolicum !

24 Jean Daspry, C’est parti avec le mercato des diplomates, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 mai 2019.
25 MESURES NOMINATIVES. Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, www.legifrance.fr , JORF n° 0141 du 20 juin 2019.
26 Jean Daspry, Derniers ragots du Quai des brumes, www.prochetmoyen-orient.ch , 10 juin 2019.
27 Sylvie Bermann, La Chine en eaux profondes, Stock, 2017.
28 Ali Baba, Parité, breloques et bicornes, www.prochetmoyen-orient.ch , 3 juin 2019.

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