Observatoire Géostratégique

numéro 252 / 14 octobre 2019

ORIENT-ATIONS 238

MICHEL DUCLOS : PERSEVERARE DIABOLICUM ! Ali Baba. Décidément, le conseiller spécial de l’Institut Montaigne, conseil spécial du CAPS du MEAE, ex-ambassadeur en Syrie ne peut s’empêcher de faire la promotion de son récent ouvrage, La longue nuit syrienne, dont il est rendu compte par ailleurs1. Après avoir ouvert son cœur à Isabelle Lasserre dans le Figaro, Michel Duclos se met sur le divan du psychanalyste de jardin du quotidien Le Monde, Marc Semo. Celui qui se prend pour un expert des relations internationales, plus spécifiquement du Proche et du Moyen-Orient2. Cet entretien fait suite à un long reportage sur la situation à Rakka3. Notre diplomate de haut vol (plané) nous ressert les mêmes sornettes, les mêmes inepties que dans ses précédentes sorties. Rien de nouveau sous le soleil pour cet esprit borné ! Le raisonnement – si tant est que le terme soit approprié dans le cas de figure – est biaisé du début jusqu’à la fin tant il est construit sur une série d’a priori déconnectés de la réalité. Similitudes entre la guerre en Syrie et la guerre d’Espagne ; guerre devenue globale (approche qu’il a mis du temps à comprendre et qu’il a emprunté à certains esprits clairvoyants et éclairés) ; brutalité du régime minoritaire alaouite ; retour en force de la Russie à la faveur du retrait américain du Proche-Orient ; croyance que des frappes ciblées en 2013 auraient eu raison du régime du tyran (il n’a toujours pas médité les conséquences de l’intervention occidentale en Libye); Bachar al-Assad n’a pas gagné la guerre, seulement la guerre de la propagande ; régime syrien indécrottable en dépit des espoirs suscités par un « printemps de Damas » qui avait conduit Nicolas Sarkozy à inviter l’ex-ophtalmologiste à participer aux cérémonies du 14 juillet 2008 à Paris ( époque où Michel Duclos était ambassadeur de France à Damas !) ; régime syrien qui « changera d’autant moins qu’il pense avoir gagné la guerre »… Une fois de plus, ce brillant esprit qu’est Michel Duclos ne comprend rien à la géopolitique, encore moins à la complexité de la région où rien n’est simple et cartésien. L’Occident, dont notre penseur est l’un des meilleurs représentants, n’a toujours rien compris à la dynamique des plaques tectoniques dans la région. Tout change. Les cartes sont redistribuées. Michel Duclos semble omettre cette évolution fondée sur des réalités et non sur un concert de lamentations inefficace et pathétique. Drôle de diplomate que ce monsieur qui n’a toujours pas compris qu’il est toujours préférable de reconnaître ses erreurs d’appréciation plutôt que de continuer à faire fausse route avec obstination même si elle mérite louange. Avec Michel Duclos, c’est Errare humanum est, perserverare diabolicum !

1 Michel Duclos, La longue nuit syrienne, éditions de l’Observatoire, 2019.
2 Marc Semo (propos recueillis par), Michel Duclos : « Le régime syrien ne changera pas, d’autant qu’il pense avoir gagné la guerre », Le Monde, Géopolitique, 7-8 juillet 2019, p. 20.
3 Hélène Sallon, Syrie Rakka, meurtrie, peine à se reconstruire, Le Monde, Géopolitique, 7-8 juillet 2019, pp. 18-19.
 
 
COMPRENDRE LES GUERRES EN SYRIE – Jean Daspry. Alors que le conflit en Syrie, les trois guerres pour être plus précis (guerre locale, guerre régionale, guerre internationale), se prolonge pour parvenir à une durée d’une décennie, il n’est pas inutile de s’interroger sur ses causes, ses développements et son avenir. Tel est l’exercice ambitieux auquel viennent de se livrer, chacun de leur côté, deux anciens ambassadeurs de France à travers deux ouvrages publiés sur le sujet à quelques jours d’intervalle.

Le premier est Michel Raimbaud, arabisant distingué4, que nous chroniquons dans notre rubrique « Humeurs » (ci-joint). Le second est Michel Duclos, qui plus s’auto-proclame « chercheur distingué »5, que nous évoquons ci-dessous. Le moins que l’on soit autorisé à dire est que leurs points de vue sont diamétralement opposés. Ce qui n’est pas a priori pour nous déplaire si l’on se réfère à l’invitation que lance Michel Eyquem seigneur de Montaigne pour qui il faut « frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui ». Après avoir pris connaissance de ces deux démarches, l’on est confronté à une impression plus qu’ambivalente. Tout en ayant la nette sensation d’en savoir plus sur la multitude de faits qui conditionnent le déroulement de la crise syrienne, on demeure également sur sa faim tant le sujet semble échapper à toute logique cartésienne à la française. Décidément, l’Orient semble encore plus compliqué que ne le laissait entrevoir le général de Gaulle. Et, le conflit syrien n’échappe pas à la règle alors que ce pays, à l’instar de son voisin libanais sur lequel nous avons exercé un mandat, il y a un siècle environ. Il nous contraint à tenter d’appréhender un problème mathématique bien connu depuis la nuit des temps : comment résoudre une équation à de multiples inconnues, qui plus est inconnues variant avec le temps ? Qui peut prétendre posséder toutes les clés permettant de trouver une solution à un problème insoluble ? Certainement pas les Occidentaux qui se sont mis hors-jeu face à celle que l’on croyait sortie de l’Histoire, la Russie. Certainement pas la France, dont les crânes d’œuf Juppé et Fabius – tous ces petits marquis qui prétendaient détenir la Vérité, en pérorant à longueur de journée – ont brillé par leur inconséquence, par leur rôle de pyromane pompier, ouvrant un boulevard à l’État islamique et à ses affidés dans toute la région. Dans leur candeur déroutante, les Occidentaux se sont eux-mêmes enivrés par les senteurs d’un prétendu « printemps arabe » qui s’est transformé en « hiver islamiste ». Pensant exporter la démocratie clé en mains, ils ont semé le chaos. Croyant éradiquer le terrorisme islamiste, ils lui ont créé le meilleur terreau. La promesse de l’aube s’est rapidement transformée en promesse de la terreur et du désordre généralisé. Alors qu’ils ont excellé pour faire la guerre, ils démontrent à l’envie leur désarroi pour gagner la paix. Un classique du genre si l’on s’en tient aux expériences malheureuses en Afghanistan, en Irak pour les Américains et au Sahel pour les Français. L’Histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement dont nous nous évertuerions à ignorer les leçons, y compris les plus douloureuses ? Peut-être ce l’une des conclusions les plus pertinentes que nous puissions tirer de la lecture de ces deux ouvrages aussi différents dans leur conception, leur démarche que leurs conclusions ! Il appartient au lecteur d’en tirer le plus librement possible ses propres conclusions. La présentation que nous en faisons revendique sa subjectivité mais qui peut prétendre à l’objectivité absolue dans l’analyse d’une crise aussi complexe et touffue que la crise syrienne.

4 Michel Raimbaud, Les guerres de Syrie, éditions Glyphe, 2019.
5 Michel Duclos, La longue nuit syrienne. Dix années de diplomatie impuissante, éditions de l’Observatoire, 2019.
 
 
REGARD FUTILE SUR LES GUERRES DE SYRIE – Jean Daspry. L’ouvrage de réflexion de Michel Duclos sur dix années de guerre en Syrie6 fait l’objet d’une publicité importante dans le Figaro7 et d’une publication chez le même éditeur que Nicolas Sarkozy, à savoir les éditions de l’Observatoire8. Tous signes indiquant que nous avons à faire à une analyse de qualité. L’auteur n’est-il pas un homme de qualité ? Diplomate, énarque, homme de tête (il a été directeur adjoint du Centre d’analyse et de prévision ou CAP alors dirigé par Jean-Louis Gergorin, il est conseiller spécial à l’Institut Montaigne, consultant auprès du Centre d’analyse et de prospective stratégique ou CAPS au Quai d’Orsay), homme d’action (représentant permanent adjoint de la France auprès de l’ONU, ambassadeur à Damas avant la « révolution syrienne » et ensuite à Berne dans la capitale de la fosse aux ours immortalisée par Romain Gary). En un mot, un parcours sans faute qui qualifie Michel Duclos pour traiter du sujet syrien avec professionnalisme, distance, globalité et sans aucune idée préconçue. Il sait combiner les talents du chercheur et du diplomate. Qualité suffisamment rare aujourd’hui pour la souligner à l’intention de nos lecteurs fidèles. Pourtant, dans la dernière livraison de notre site, Richard Labévière faisait part de ses réserves sur le contenu – parfois délirant – de l’entretien accordé au Figaro9 par notre nouveau Talleyrand de la diplomatie française. Mais, qu’en est-il au juste de l’ouvrage de Michel Duclos ?

UNE PRÉSENTATION ATTRAYANTE, EN APPARENCE

Dans un format de poche maniable et avec des caractères lisibles, l’ouvrage comporte 240 pages. Il se présente dans une suite logique (du passé au présent en imaginant l’avenir) de cinq chapitres qui donnent le ton, le tout agrémenté d’une introduction et d’une conclusion : « Vu de New-York ; Assad sur les Champs-Élysées ; Le régime Assad, portrait de groupe ; Une guerre civile globalisée ; Portrait en pied de Bachar al-Assad ; L’heure des nouveaux autoritaires ; Huit ans après ». S’y ajoutent en fin d’ouvrage un glossaire et une chronologie bienvenus pour disposer de quelques repères historiques.

La présentation de l’éditeur en quatrième de couverture met l’eau à la bouche du lecteur potentiel :

« Connaisseur de ce pays mais aussi des affaires du monde, Michel Duclos examine les facteurs qui, en une dizaine d’années, ont mené la Syrie en enfer : la dynamique des forces sociales et des haines confessionnelles, le jeu des interventions extérieures, l’émergence de Daech et les choix personnels d’un homme, Bachar al-Assad, dont l’auteur brosse un saisissant portrait. Aujourd’hui, une autre guerre, impliquant plus directement les puissances extérieures – Turquie, Israël, États-Unis et Russie -, a succédé à la guerre civile. Les régimes néo-autoritaires ne sont-ils pas les plus grands bénéficiaires du conflit syrien, comme jadis la guerre d’Espagne avait servi de catalyseur à la montée en puissance des États totalitaires ? L’impuissance de la diplomatie est-elle une fatale ? ».

La première moitié de l’ouvrage n’est pas inutile tant elle replace la crise syrienne dans ses dimensions spatiale et temporelle à travers la pratique diplomatique de l’auteur. Dans l’Orient compliqué, il est indispensable d’en revenir aux sources : mandat français sur le pays, relations conflictuelles avec le voisin libanais, l’Iran, la Turquie, la Russie, dimension confessionnelle, relations faites de haut et de bas sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy… Le cadre conceptuel constitue la marque d’une recherche plus scientifique que journalistique. Par ailleurs, il faut reconnaître à Michel Duclos une qualité de premier plan, celui d’un agitateur d’idées. Nous découvrons au passage un grand expert de la psychologie de salon que nous ne connaissions pas. Ce qui ne manque pas de sel pour le torturé qu’est notre ambassadeur de haut vol.

La seconde partie de l’ouvrage constitue la quintessence de la pensée de notre auteur. Le moins que l’on puisse dire est que c’est là que le bât blesse.

UNE ANALYSE PITOYABLE, EN RÉALITÉ

Que nous dit Michel Duclos ? Face au criminel de guerre qu’est Bachar al-Assad, l’Occident a fait preuve d’une lâcheté coupable. Alors qu’en 2012-2013, le régime était aux abois sous les coups de boutoir de l’opposition démocratique, quelques frappes sélectives sur des installations militaires auraient eu raison de la bête immonde. Et le cours de la guerre en aurait été changé. Un avenir irénique s’offrait au peuple syrien. Barack Obama porte sa part de responsabilité dans cette situation insupportable. Michel Duclos instruit le procès des empêcheurs de tourner en rond qui ont refusé de livrer des missiles sol-air à l’opposition de crainte de les voir tomber entre de mauvaises mains (Cf. précédent des Talibans en Afghanistan) et de services de renseignement qui ont plaidé le maintien de contacts avec leurs homologues. Une lâcheté occidentale qui a laissé le champ libre aux affreux iraniens et russes. Tout ceci manque à l’évidence de nuance. Les options qu’ils proposent pour la suite du processus sont délirantes tant elles sont irréalistes et méconnaissent la réalité du rapport de force sur le terrain. La sempiternelle question du retour de l’Occident par le biais de la reconstruction du pays. Il n’est nul besoin de s’appesantir sur ces options tant elles sont frappées au sceau de l’a priori et des schémas intellectuels préétablis d’un individu qui ne connaît rien à la réalité locale en dépit des nombreux séjours qu’il a fait dans la région. L’homme nourrit une aversion à l’endroit des Russes et de Vladimir Poutine. La diplomatie ne se fait pas sur des chimères mais sur des réalités. Il n’oublie pas de nous citer tous les colloques auxquels il a participé à travers le monde. Si la solution de la crise syrienne s’ébauchait dans ces cénacles, cela se saurait. C’est un itinérant des conférences où l’on réclame le départ de Bachar al-Assad et sa traduction devant une juridiction pénale internationale… Et, Michel Duclos ose écrire que le responsable de la montée des populismes dans le monde ne serait autre que le sanguinaire Bachar. Les c. ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait comme dirait Michel Audiard !

Que nous tait Michel Duclos ? Il faut savoir que le taiseux Michel Duclos est un grand cachotier qui nous dit que ce qu’il veut bien nous dire. Ses prudences de gazelle diplomatique l’honorent. Nous aurions apprécié quelques développements bien sentis sur la débâcle de la diplomatie française sur le sujet. Jamais, le nom de Laurent Fabius n’est prononcé, pas plus que ses phrases choc qui alimentent le sottisier du Quai d’Orsay. Alors qu’il y aurait eu beaucoup à dire. Nous aurions apprécié de voir exposer les thèses de ceux qui ont critiqué notre position avec des arguments pertinents. L’homme est peu porté à la contradiction. Curieusement, lorsqu’il joue les droits de l’hommiste, il est très rapide sur les pétromonarchies du Golfe et sur les complicités de crimes de guerre et de crime contre l’humanité de la France dans la guerre aussi horrible que celle de Syrie qui se déroule sous nos yeux au Yémen. Un bel exercice d’indignation à géométrie variable. Il est clair que le consultant du CAPS qu’il est se garde bien de cracher dans la soupe. Cela nuit à l’indépendance et à l’impartialité de sa démonstration biaisée sur de multiples sujets.

Le moins que l’on puisse dire est que Michel Duclos raisonne/résonne comme un tambour. La fin de l’ouvrage est encore plus frappante que le début par sa confusion intellectuelle et son manque de rigueur et son parti pris. Pour ajouter crédit à sa démonstration, l’homme – qui écrit avoir reçu en héritage de ses parents « bon sens et sens moral » – n’hésite pas à citer une grande experte de la Syrie, Isabelle Hausser (il précise qu’il s’agit de son épouse). Mais, pire encore, pour étayer ses démonstrations bancales et qui n’ont qu’un lointain rapport avec la réalité, Michel Duclos a le culot de citer ses articles parus dans la revue Commentaire. Il est vrai que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Le moins que l’on puisse dire est que Michel Duclos est un narcissique typique. Michel Duclos n’a rien compris aussi bien à l’Orient compliqué qu’à la Syrie où il a vécu reclus dans son bureau pendant trois ans. Il serait amusant de retrouver à la Direction des archives du ministère des Affaires étrangères située à La Courneuve trace des télégrammes diplomatiques qu’il a rédigés à l’époque. Nous aurions de sacrées surprises tant le personnage est retors et franc comme un âne qui recule de l’avis de ceux qui l’ont fréquenté au Département. On ne se change pas facilement. Chassez le naturel, il revient au galop. En dernière analyse, nous déconseillons vivement à nos lecteurs la lecture de ce regard futile sur les guerres de Syrie.

6 Michel Duclos, La longue nuit syrienne. Dix années de diplomatie impuissante, éditions de l’Observatoire, 2019.
7 Isabelle Lasserre, Michel Duclos : « La guerre en Syrie est un Tchernobyl géopolitique », Le Figaro, 18 juin 2019, p. 18.
8 Nicolas Sarkozy, Passions, éditions de l’Observatoire, 2019.
9 Richard Labévière, Syrie encore : Duclos/Lasserre, choc des deux Titans de la pensée, www.prochetmoyen-orient.ch , n° 236, 24 juin 2019.
 
 
SUITE DU MERCATO : BONNE PIOCHE POUR LA GENTE FÉMININE AU QUAI D’ORSAY – Ai Baba. À l’évidence depuis que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) a été condamné à 450 000 euros d’amendes pour n’avoir pas respecté les quotas de fonctionnaires de sexe féminin dans l’encadrement supérieur (40%), son chef, Jean-Yves Le Chouchen fait assaut de grâces en direction de nos « diplomatesses » (en écriture inclusive ?). Rien n’est trop beau pour remplir la case parité, y compris parfois au mépris des critères de compétence et du principe d’égalité contenu dans la devise de la République française. Après l’élévation à la dignité d’ambassadrice de France – pour la première fois dans l’Histoire du Quai d’Orsay -, Sylvie Bermann qui achève sa carrière à Moscou sans avoir des étincelles dans ses affectations précédentes (Pékin et Londres). Nous en avons une nouvelle preuve avec les nominations annoncées lors du Conseil des ministres du 3 juillet 2019. Que lit-on dans ce document divin ?

Début de citation :

« Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du ministre de l’Europe et des affaires étrangères :

– Mme Hélène TRÉHEUX-DUCHÊNE, ministre plénipotentiaire de 1ère classe, est nommée directrice générale de l’administration et de la modernisation à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à compter du 1er août 2019 ;

– Mme Laurence HAGUENAUER, ministre plénipotentiaire de 2ème classe, est nommée directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à compter du 2 septembre 2019 ;

– M. Christophe FARNAUD, ministre plénipotentiaire de 2ème classe, est nommé directeur d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à l’administration centrale du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à compter du 15 juillet 2019 »10.

Fin de citation

Aujourd’hui, c’est du deux tiers, largement au-delà de la barre fatidique des 40% prescrits par la stupide loi Sauvadet. Qui se souvient encore de ce triste sire si ce n’est les suffragettes qui brûlent chaque jour un cierge à sa gloire ?

Dans le cas d’Hélène Tréheux-Duchêne, aucun argument objectif ne peut être mis en avant pour critiquer sa nomination à l’un des postes le plus prestigieux de l’administration centrale (hormis le fait que le choix a été vraisemblablement fortement influencé par le lobbying de l’association Femmes et Diplomatie créée en son temps par une certaine Nathalie Loiseau). Manifestement, le poste de directrice générale des Affaires politiques et de sécurité lui passe sous le nez. Il n’en va pas tout à fait de même pour Laurence Haguenauer, bureaucrate à l’esprit étroit qui n’a jamais brillé par sa sagacité et par son sens politique. Mais qui a toujours fait preuve d’une grande ambition peu en rapport avec ses réels talents. Parmi le personnel féminin du grade de ministre plénipotentiaire, il y avait certainement d’autres agents plus méritants qui auraient largement mérité ce poste prestigieux au sein de la Maison des bords de Seine. Christophe Farnaud est légitime dans ses nouvelles fonctions au de son expérience passée et de son dernier poste à Prétoria.

Ainsi va le mercato 2019 avec son lot d’incongruités consécutives à une mise en œuvre arithmétique du principe de la parité au Quai d’Orsay (administration centrale et étranger). In fine, il s’agit, une fois de plus d’une bonne pioche pour la gente féminine quoi qu’elle dise.

10 https://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2019-07-03/mesures-d-ordre-individuel
 
 
LA DERNIÈRE MYSTIFICATION DE LOISEAU MIGRATEUR – Ali baba. Décidément, l’ancienne tête de liste de La République en Marche ne cessera de nous étonner. On la croyait intelligente, elle est sotte. On la croyait habile, elle est gaffeuse. On la croyait humaine, elle est impitoyable. On la croyait charmeuse, elle est désagréable. On la croyait fidèle (à ses convictions), elle est inconstante (structurellement) Nathalie Loiseau, née Ducoulombier n’est jamais où on l’attend. Alors que nous pensions ne plus entendre parler d’elle en raison de toutes ses bourdes à répétition, elle refait surface accablée par la canicule qui sévit sur l’est de la France, au bord du Rhin11. Elle opère une mue soudaine vers le fédéralisme européen alors qu’il y a peu encore elle marquait son désaccord avec cette approche. Encore un nouveau changement de pied. Encore n nouveau reniement magistral.

UN NOUVEAU CHANGEMENT DE PIED

Nathalie Loiseau assistait-elle à une réunion de son groupe « Renew Europe » pour préparer la rentrée parlementaire pendant que son mentor ferraillait dur contre la chancelière à Bruxelles, ? Que nenni ? Mais, où pouvait-elle bien vendre sa science ? Vous ne le devinerez jamais. Elle était présente à un événement organisé le 1er juillet 2019 au soir par l’Union des fédéralistes européens (UEF). Cet événement était organisé à l’Assemblée parlementaire européenne par l’Union des fédéralistes européens avec 200 participants de l’association. Étaient présents 25 eurodéputés de différents groupes politiques, comme Marie-Pierre Vedrenne (LREM), Sven Giegold (Verts), Brando Benifei (S & D). Raphaël Glucksmann (S & D) et Pierre Larrouturou (S&D) étaient annoncés mais ont dû annuler leur venue en raison de réunion de groupes. L’association organisait également le 2 juillet 2019 une manifestation avec 250 personnes devant le Parlement européen pour dire son soutien au système des « Spitzenkandidaten » (système rejeté par Emmanuel Macron), les têtes de liste des partis politiques européens qui prétendent à prendre la présidence de la Commission12. Pourquoi cette prestation pose-t-elle problème ?

UN NOUVEAU RENIEMENT MAGISTRAL

Tout ceci ne manque pas de sel. En effet, Nathalie Loiseau avait pourtant marqué son opposition au fédéralisme durant la campagne. Comment justifie-t-elle cette énième volte-face ? Elle prétend montrer la voie à la possibilité d’un rassemblement entre proeuropéens. L’ancienne ministre aux Affaires européennes a souhaité marquer un geste d’amitié pour le président de l’organisation, l’Italien Sandro Gozi, qui était sur la liste de La République en Marche. Ce dernier est l’un des deux eurodéputés « fantômes » de LREM, ces « élus » qui attendent le départ des Britanniques avec le Brexit pour pouvoir siéger. Sandro Gozi s’est dit « très touché » par ce geste, a-t-il confié à Ouest-France, même s’il sait qu’elle ne devient pas fédéraliste pour autant. Qu’ajoute-t-elle pour faire ce saut idéologique important ? « Non, je n’ai pas changé », explique Nathalie Loiseau, « je pense toujours qu’il y a des domaines de souveraineté qui ne peuvent pas être transférés au niveau européen et que l’intergouvernementalisme est le meilleur levier pour certaines décisions. Mais en plus d’un geste d’amitié, comme je défends une Europe des solutions, pragmatique, je viens pour montrer que les proeuropéens sont rassemblés, même si nous ne sommes pas d’accord sur tout ». Nathalie Loiseau a par ailleurs confirmé à Ouest-France sa volonté de s’investir dans la sous-commission défense, notamment pour porter les projets liés à une industrie de la Défense plus intégrée au niveau européen. Rappelons que les questions de défense lui sont tout à fait étrangères quoi qu’elle raconte avec l’aplomb qui constitue son ADN !

Manifestement, Nathalie Loiseau n’a pas de convictions solidement ancrées à sa solide personne. Curieux, pour une personne qui se présente comme une catholique fervente et pratiquante qui a la foi ! Elle serait plutôt du genre sans foi ni loi. Outre son opportunisme débordant, notre perverse narcissique souffre à l’évidence de sérieux troubles psychologiques qui mériteraient un traitement médical approprié dans une structure spécialisée. Et dire, que cette affabulatrice patentée a fait illusion au cours de la dernière décennie comme diplomate de haut vol, comme directrice de l’ENA, comme ministre en charge des affaires européennes, comme tête de liste de la République en godillots européens ! Cela en dit long sur les mécanismes de sélection, d’abord, sur les mécanismes d’évaluation continue des élites de la République. Voici la dernière mystification de Loiseau migrateur !

11 D.F., Canicule, Le Canard enchaîné, 3 juillet 2019, p. 8.
12 https://www.ouest-france.fr/politique/nathalie-loiseau/quand-nathalie-loiseau-se-retrouve-une-reunion-federaliste-strasbourg-6426550 , 2 juillet 2019.

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